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mise à jour 16 décembre 2008 - Bienvenue à Pierre Beaulieu
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LES 7 AIGUILLES D'OR aka GOLDEN NEEDLES aka THE CHASE FOR THE GOLDEN NEEDLES - Robert Clouse, 1974, États Unis A Hong-Kong, un détective privé Américain à la retraite (Joe Don Baker) est chargé de mettre ses grosses mains sur une statuette en or contenant sept aiguilles d'acuponcture en or qui, plantées selon un schéma très précis, ouvrirait la porte de la jeunesse éternelle; en revanche, mal utilisées, elles provoqueraient la mort. Voyageant de Hong-Kong à Los Angeles pour ensuite revenir à Hong-Kong, notre héros s'essouffle rapidement entre un passage dans un tripot miteux tenu par une ancienne gloire hollywoodienne (Anne Sothern, FOOTLIGHT PARADE avec James Cagney), une scène d'amour peu glamour (avec Elizabeth HAPPINESS Ashley, encore jolie à cette époque) et quelques bastons mollassonnes dans les rues de la métropole. Ce film d'aventure fait office d'affreux petit canard dans la filmo de Robert Clouse. Malgré une scène d'introduction efficace où des types débarquent dans une maison en cramant tout le monde à l'aide de lance-flammes, l'action apathique au service d'un scénario creux comme un ballon fait de la chose un sommet de médiocrité, d'autant plus que Clouse ne semble pas spécialement impliqué dans sa mise en scène remplie de raccords douteux et de scènes inutiles. Le script n'est qu'un prétexte à quelques scènes de bastons où le réalisateur se montre nettement moins inspiré que sur son précédent film (OPERATION DRAGON, quand même). Il est vrai que le bedonnant Don Baker n'est pas Bruce Lee et qu'il manque méchamment de grâce quand il s'agit de lever le pied, du coup sa spécialité est de balancer du chinois à travers les fenêtres... Quant au passage à Hollywood, il semble avoir été greffé artificiellement sur l'histoire de base afin de justifier la présence anecdotique de Jim Kelly (portant une fausse moustache mais une vraie afro) en sidekick ad intérim. L'occasion de quelques bagarres purement gratuites où une fliquette chinoise vient prêter main forte au duo. Il est vrai que ces quelques minutes sur sol californien permettent de faire connaissance avec le commanditaire à la recherche d'immortalité, un vieux rabougri incarné par Burgess Meredith qui cabotine à mort aux côtés de son gigantesque garde du corps noir. Seule la scène finale relève un (petit) peu le niveau, où Don Baker, faussement accusé par ses ennemis d'avoir assassiné un enfant, se fait prendre en chasse par une centaine de chinois furieux dans les rues étriquées de Hong-Kong. Une mobilisation de figurants qui force le respect, malheureusement le résultat est bien loin d'en valoir la peine.... Kerozene |
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A L'INTÉRIEUR - Alexandre Bustillo & Julien Maury avec Béatrice Dalle, Alysson Paradis, 2007, France, 83m Après avoir perdue son mari dans un accident de voiture, une jeune femme enceinte est harcelée par une psychopathe qui veut littéralement lui extirper son bébé. Avec une prémisse pareille on peut définitivement s'attendre à tout et c'est ce que nous réserve ce film. Un festival gore a souhait mais aussi une maîtrise absolue dans un huis clos étouffant et vraiment flippant. Au lieu de tomber dans les sempiternelles jeux du chat et de la souri comme souvent au cinéma nous avons plutôt droit a une confrontation entre deux femmes aux antipodes l'une de l'autre; la prédatrice Beatrice Dalle (37.2,qui ne se rappelle pas de son érotisme torride)nous offre une performance d'actrice a la limite de la folie et Alysson Paradis, si fragile au début se débat tant bien que mal pour échapper aux griffes de cette femme prête a tout pour pouvoir elle aussi être mère...Disons le tout de suite, ce film choque et provoque mais pour les amateurs d'horreur et de gore le mandat est rempli haut la main. Pour un scénario qui aurait pu tomber dans les abîmes de la série b, les réalisateurs nous font plutôt partager leur amour de l'extrême et du cinéma tout court. Tourné avec le budget craft d'un film de Michael Bay, ils réussissent à nous faire passer des moments d'effroi qui, il faut bien l'avouer, est devenu une denrée rare avec tout ces "torture flick" insipide américain qui pullulent dans nos salles. A voir de toute urgence. Pierre Beaulieu |
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The BEAST IN SPACE (version XXX) aka La Bestia nello spazio - Alfonso Brescia alias Al Bradley, 1980, Italie De durée variée selon les coupes ou ajouts cette bête est en est une qui nous rappelle à quel point le prolifique cinéma italien de cette époque allait du B au Z en passant par le X à notre plus grande joie ou déception... En gros, Brescia nous offre un space opéra du pauvre pimenté de scènes x plus ou moins réussies a l'échelle érectile, on y suit les tribulations d'astronautes, en costume bleu poudre d'un chic fou, en mission sur la planète Lorigon a la recherche d'un minerai: l'Antalium. Des décors en carton, des costumes caoutchouteux a la chibouki, une bête risible et je ne vous parle pas des interprètes qui en font une tonne. Malgré tout, je dois dire que j'ai passé un bon moment, c'est psychotronique au possible, des stock shots, des scènes de cul (du Sirpa Lane a son meilleur)... à regarder avec les chums accompagné de votre boisson favorite pour partager ensemble une époque révolue ou l'on pouvait transformer un film en patchwork incroyable....so bad it's good, moi je suis partant. Pierre Beaulieu |
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BUFFET FROID - Bertrand Blier avec Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmel, 1979, France, 89m Le destin tordu de trois hommes vivant dans une société dont les rapports humains sont impossible. Absurde, drôle et pathétique sont les trois mots qui me sont venus a l'esprit après avoir vu ce film il y a longtemps, il est devenu depuis, culte et indispensable pour tout cinéphile qui se respecte. Avec son casting 4 étoiles (Depardieu, Blier père, Carmet, Bouquet et sans oublier Serreault qui, dans un court rôle dans la première séquence du film, nous offre un caméo réjouissant), Buffet Froid fait parti de ces rares films dont ont ne sort pas indemne après le visionnement. Le scénario a tiroir fonctionne tambours battants avec une intelligence et un a propos a toute épreuve, Bunuel est l'influence majeure de Blier et on le sent, son film rempli de séquences d'anthologie se regarde comme une de ces sucreries filmiques dont le cinéma a le secret mais qui n'arrivent que rarement en ces années de C.G.I., de remakes insipides et de Majors incapable de nous offrir des scénarios a la hauteur de nos attentes et de nos neurones. Pierre Beaulieu |
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Les CASSEURS DE GANGS aka BUSTING - Peter Hyams avec Elliott Gould, Robert Blake, Allen Garfield, Antonio Fargas, Cornelia Sharpe, Sid Haig. 1974, États Unis, 1h28 Les inspecteurs Keneely et Farrel de la Brigade des Murs de Los Angeles, sont sur la piste de Carl Rizzo, un gros bonnet du crime. Les deux flics ayant découvrent que le caïd bénéficie de complicités en haut lieu, leurs supérieurs classent l'affaire. Les deux poulets se retrouvent affectés à des enquêtes de routine. Mais ils n'abandonnent pas et poursuivent leurs investigations pendant leur temps de loisirs... Production United Artists de 1974, cette série B nerveuse est le premier film de cinéma réalisé par Peter Hyams, qui tournera par la suite des uvres plus ambitieuses, telles OUTLAND, CAPRICORN ONE ou LA NUIT DES JUGES. Le réalisateur fait déjà preuve d'une main ferme et sûre. Constitué d'une alternance de scènes de dialogues truculents (notons l'excellente qualité de la VF riche en saillies argotiques bien senties) et de séquences d'action, l'ensemble s'avère extrêmement " badass " et se suit avec un réel plaisir. Ces CASSEURS DE GANGS constituent un concentré de polar urbain millésimé 70's. Rien ne manque : une bande-son funky (signée Billy Goldenberg, on dirait du Lalo Schifrin), des courses-poursuite pétaradantes (la meilleure scène du film : une fusillade très violente et étirée, sur un marché couvert, au beau milieu de la population), des trognes savoureuses dans les seconds rôles (mentions spéciales à Antonio Fargas, le " Huggy les bons tuyaux " de STARSKY ET HUTCH, et à Cornelia Sharpe, qui ne laisse rien ignorer de ses charmes dans le rôle d'une escort-girl très bandante) et enfin un duo de comédiens au petit poil. Dans le cas présent, Elliott Gould et Robert Blake : la classe ! Et, comme si cela ne suffisait pas à notre bonheur, Sid Haig, échappé des films de Jack Hill, est présent pour faire le coup de poing (et de feu) derrière ses grosses lunettes noires... Le thème de la guerre des polices sert une nouvelle fois de toile de fond, ce qui n'est certes pas très original, mais permet de justifier des scènes de perquisition sans mandat et un quota de morts violentes rarement vu dans les polars de série actuels ! Stelvio |
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La CHAMBRE DES OFFICIERS - François Dupeyron avec Eric Caravaca, Sabien Azéma, 2001, France, 135m En 1914, après une dernière nuit d'amour avec une inconnue, un jeune et beau lieutenant part sur les sentiers de la guerre...il y reviendra défiguré. Ne réussissant qu'à communiquer que par grognements et avec un tableau, son véritable combat ne fait que commencer. Avec une direction-photo qui vas chercher l'émotion, un solide groupe de comédien et une maîtrise des enjeux de l'histoire ,La Chambre ne tombe jamais dans le mélo et la facilité, c'est la que réside la force du film ,tout y est en demi-teinte et filmé sans artifices et c'est tout a l'honneur de Dupeyron. En cette période ou nos soldats reviennent d'Afghanistan les pieds devant, ce superbe film laisse matière à réflexions... Pierre Beaulieu |
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CHARLY - Ralph Nelson avec Cliff Robertson, Claire Bloom, 1968, États Unis, 103m Un simple d'esprit fait l'objet d'une opération qui le transforme en génie mais la réussite est de bien courte durée. Tiré d'un roman de Daniel Keyes (Flowers for algernon), Charly est littéralement transporté par le jeu inspiré et émouvant de Cliff Robertson (oscar bien mérité). Rien de bien spectaculaire a retenir du film cependant; une love story basique; une science qui perd le contrôle de ses expérimentations, mais une performance d'acteur vraiment poignante et d'une finesse rarement égalée, pour une fois les vieux croutons de l'académie ne se sont pas trompés. Pierre Beaulieu |
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CHILD
BRIDE 0 Harry Revier avec Shirley Mills, Bob Bollinger, États
Unis, 1938. 62m Un avertissement nous raconte que l'histoire qui suit ne vise pas è dénigrer les habitants des montagnes, ou rednecks, mais bien à dénoncer des pratiques contre nature. Dans un coin reculé de la campagne américaine une jeune professeur tente de convaincre les paysans qu'il n'est pas bon de marier les filles si jeunes. On parle ici par exemple de Jennie, à peine âgée de dix ans, qui est convoitée par un vieux bonhomme libidineux qui par surcroît va manigancer un affreux chantage envers sa mère, qu'il aura rendu veuve. L'institutrice fait pression sur son fiancé pour qu'il convainque le gouverneur de changer la loi pour augmenter l'âge légal de consentement pour un mariage légal Vision d'un autre âge, ces hillbillies font office de caricature aujourd'hui, et pourtant, l'inclusion de soi-disant acteur amateurs de souche semble réel. On exclut les rôles principaux, comme la petite Shirley Mills, que l'on retrouve dans THE GRAPES OF WRATH. Les quelques scènes de nudité lors d'une baignade sont dérangeantes tout comme l'horrible mélodrame entourant la mort de son paternel. Ca se veut éducatif, ca sent l'exploitation, on s'en doutait et on termine sur une drôle de note, une loi est bien passée, mais la prof est trop contente pour avertir Jennie, un comble. Mario Giguère |
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CHLOE LOVE IS CALLING YOU - Marshall Neilan avec Olive Borden, États Unis, 1934, 54m Une grosse madame noire qui est très mauvaise actrice, retourne dans une plantation où elle croit que le propriétaire BLANC, a tué son mari. Elle va donc appliquer sa vengeance sur la fille du propriétaire grâce à la terrible technique du voodoo. Bon pas grand chose à dire sur cet étron, outre qu'à part une scène hilarante où un mec se bat avec un alligator déjà mort et du mauvais acting à tous les coins de rues, c'est chiant à fond la caisse. L'intérêt est LÉGÈREMENT titillé dans les cinq dernières minutes mais trop peu trop tard, c'est du caca. J'imagine que le sujet peut avoir un certain intérêt historique mais bon, j'ai mes limites. 54 minutes de ma vie que j'aurais pu utiliser pour étudier un peu en cette fin de session. Abba |
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Le COUPERET - Costa-Gavras avec José Garcia, Karin Viard, 2005, France, 122m Employé-cadre dans une usine de papier, un père de famille se fait mettre a la porte... il convoite un poste dans une grosse corporation, mais pour se faire élimine tout ceux qui ont une meilleure feuille de route que lui. Porté par le jeu très solide de Garcia, ce film est un délice d'humour noir et de situations loufoque et une charge acide contre le milieu impitoyable du travail. Il faut voir comment notre homme s'y prends pour arriver a ses fins, avec son vieux pistolet de la deuxième guerre mondiale, le chemin est pour le moins tortueux mais réjouissant pour le spectateur. Tiré d'un roman de Donald Westlake, adapté par Costa-Gavras qui n'a rien perdu de son sens du rythme et de son grand talent pour la direction de comédien, le film est à mes yeux l'une des meilleures comédies noires des dernières années... Pierre Beaulieu |
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CRAZY LOVE - Dominique Deruderre avec Josse de Pauw, Geert Hunaerts , 1987, Belgique, 90m Il y a de ces films qui vont nous chercher la ou ça fait mal et CRAZY LOVE est l'un de ceux la. On y suit le parcours tortueux de l'enfance à l'âge adulte d'un homme a la recherche de l'amour impossible, mais tout cela sur une période de 3 jours. Librement inspiré d'une nouvelle de Charles Bukowski, Deruderre amène une finesse au récit avec une force visuelle rare. Émouvant sans être mélo, on y retrouve la naïveté : l'enfant cherche l'amour et le trouve au travers d'une photo volée dans un cinéma, le rejet quand, adolescent, l'acné le ravage il s'affuble de bandelettes au visage pour pouvoir feinter être quelqu'un d'autre que ce garçon timide et laid. Dans le chapitre final, que je vous ne dévoilerai pas, il trouve l'amour mais a sa manière... Ce film nous hante longtemps après coup. Mondo Macabro nous le refait découvrir avec une copie contrastée et de qualité, qu'il me tarde de faire découvrir aux amateurs qui n'ont pas vus cette perle du cinéma indépendant et qui malheureusement est retombé bien vite dans l'oubli. Pierre Beaulieu |
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DÉFENSE DE SAVOIR aka Forbidden to Know aka Uomo in basso a destra nella fotografia - Nadine Trintignant avec Jean-Louis Trintignant, Michel Bouquet, Charles Denner, Juliet Berto, Bernadette Lafont, Pierre Santini, Carlo de Mejo, Norma Bengell. 1973, France (coproduction italienne), 1h36 L'avocat Jean-Pierre Laubray est chargé de la défense de Simone Hild, accusée d'être mêlée à la mort de son compagnon, un certain Ravier. Au cours de son enquête, le commis d'office apprend que l'homme assassiné avait tué un barman au cours d'un cambriolage la nuit précédente. Il découvre également qu'il travaillait comme homme de main pour le compte de Christiani, un politicien en campagne électorale. Laubray contacte Juliette, la fille de Christiani, et apprend que Bruno, le frère de cette dernière, est mort la même nuit dans un accident de voiture... Tombé sur ce film au hasard d'un zapping sur les chaînes Cinéma du câble, je l'ai suivi avec plaisir jusqu'au bout. J'ai un instant pensé me trouver en présence d'une uvre méconnue d'Yves Boisset : mêmes interprètes savamment distribués dans les rôles principaux, même méfiance envers la police, même description sans complaisance des compromissions et du cynisme des puissants. Seule la mise en scène, certes nerveuse mais pas aussi inspirée, me détournait de cette idée. Il s'agit en réalité, sur un script cosigné Alain Corneau, de l'une des rares incursions dans le polar de Nadine Trintignant, généralement portée sur le film de famille à tendance psychologique. Quoique DÉFENSE DE SAVOIR, construit en flash-backs, reste éminemment " familial " : le rôle principal est tenu par Jean-Louis Trintignant, qui n'est autre que le frère de la cinéaste, et l'on retrouve également, dans l'une de ses premières apparitions sur grand écran, Marie Trintignant, décédée dans les circonstances que l'on sait... Comme à son habitude, Charles Denner se montre excellent, en paumé dépassé par les événements. Michel Bouquet fait du Michel Bouquet, c'est-à-dire qu'il est génial, dans le personnage du politicien pompidolien complètement véreux. On sent que, cinq ans après mai 68, la France se trouve en pleine remise en question. Le tout sur une remarquable trame sonore de Bruno Nicolai. Un concentré d'époque... Stelvio |
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DOGORA aka Dagora The Space Monster aka Dagora aka Uchu Daikaijû Dogora - Inoshirô Honda avec Yosuke Natsuki, Yôko Fujiyama, Hiroshi Koizumi, Nobuo Nakamura, Robert Dunham, Akiko Wakabayashi, Jun Tazaki, Susumu Fujita, Seizaburô Kawazu, 1964, Japon, 83m
Alors
que plusieurs satellites de l'espace disparaissent
mystérieusement, quelques gangsters oeuvrant dans le vol et le
trafic de diamants au Japon sont happés dans les airs par un
phénomène étrange. Tandis que les scientifiques
essaient de trouver une explication sur la disparition des
satellites, la police japonaise tente d'arrêter le fameux gang
du diamant en y infiltrant un de leurs agents. Or, il se trouve que
les deux affaires sont liées lorsqu'une étrange
créature prenant la forme d'une méduse tentaculaire,
baptisée Dogora, apparaît dans le ciel du Japon. Cette
créature, qui a subie une "DOGORA" propose certainement l'un des monstres japonais les plus étranges du bestiaire de la compagnie "TOHO". On pourrait le décrire visuellement comme une sorte de méduse de l'espace vivant dans les nuages. Les trucages pour y donner vie sont intéressants au plan visuel, mais aussi au niveau sonore alors que sa présence nous est signalée par une sorte de battement cardiaque, crée d'ailleurs musicalement par le compositeur Akira Ifukube. L'intrigue, quant à elle, essaie de mélanger les codes du film de Kaiju avec les recettes du cinéma policier ou d'espionnage situé au niveau de la série B. C'est ainsi que des gadgets et quelques scènes de "gunfights" trouvent leurs places dans le métrage pour maintenir l'intérêt du spectateur avant l'arrivée du monstre attendu. Le récit se révèle donc plutôt simpliste, en plus d'avoir quelques préoccupations naïves de surface portant sur les conséquences environnementales que provoque l'exploitation sans vergogne des richesses minérales de notre planète. Toutefois, la mise en scène d'Inoshiro Honda est honnête et assez vigoureuse pour que le public passe un très bon moment, à défaut de prendre le tout au sérieux. Au bout du compte, c'est cependant le monstre qui retient visuellement l'attention, et non le jeu des acteurs, bien que ceux-ci aient souvent des réactions amusantes face aux situations abracadabrantes. Mathieu Lemée |
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DON'T LOOK NOW - Nicolas Roeg, 1974, Angleterre Après la noyade de leur fillette, un couple décide de faire le vide en se rendant a Venise, mais leurs chemins croiseras celui d'une voyante qui entre en contact avec l'esprit de la morte, l'espoir renaît, mais au prix de cauchemars et de visions. Dans la plus pure tradition du film d'horreur des 70's, sans les excès sanglants, c'est l'atmosphère étouffante et l'imagerie magnifique qui nous tiennent en haleine du début à la fin. L'idyllique Venise devient l'endroit ou la peur a élue domicile, et les protagonistes (le duo Donald Sutherland et Julie Christie excellent) tenteront de se défaire de son emprise. Roeg s'en sert d'une main experte, les canaux deviennent des labyrinthes pleins de secrets. Ce film nous fait regretter l'époque ou les frissons et l'horreur n'avait nullement besoin d'artifices et d'effets appuyés pour apprécier le spectacle, un bon scénario, de bons comédiens, c'est une recette qui fonctionne mais que nos cinéastes d'aujourd'hui semblent, bien souvent, avoir oublié... Pierre Beaulieu |
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END OF THE LINE - Maurice Devereaux, 2006, Canada, 95m En 1976, ce bon vieux Larry Cohen faisait parler de lui avec son GOLD TOLD ME TO dans lequel un policier enquêtait sur une vague inexpliquée de meurtres, touchant d'innocents passants New-Yorkais. 30 années plus tard, Maurice Devereaux coupable du très médiocre SLASHERS reprend une trame identique et nous livre un film d'horreur moderne, lourd de sens et très punchié, pour notre plus grande joie. Et pourtant, l''histoire tient sur un ticket de "métro" ! Un petit groupe d'hommes et de femmes se retrouve piégé dans un tunnel à la merci de fanatiques catholiques, ayant reçu le message tant attendu, de libérer enfin l'âme humaine de ses tourments... Pour nos survivants, le mot chaos va enfin avoir un sens... END OF THE LINE opte pour un réalisme froid et des scènes de terreur citadine pure avec cette sensation flippante d'une menace permanente et indétectable qui peut frapper n'importe où, n'importe quand. Sous couvert d'un divertissement gore, le film remet allègrement en cause les fondements de l'Église et de la légitimité de la croyance. Un gros pied de nez à une époque ou intégrisme et fanatisme font les choux gras de nos journaux télés. Outre des scènes gores plutôt saisissantes, ce qui rend le tout si dérangeant, c'est que Deveraux établit dès le début que les disciples armés de poignards ne sont pas réellement de mauvaises personnes. Seulement des gens, qui en toute bonne foi, sont convaincus de contribuer à l'amélioration du monde dans lequel ils vivent. Métaphores sur les leaders charismatiques de la foi occidentale ainsi que sur les fondamentalistes du Moyen-Orient, Devereaux atteindra sans peine son objectif : faire réfléchir. Alors on pardonnera les similitudes scénaristiques avec GOLD TOLD TO ME et l'on appréciera l'un des meilleurs films d'horreur canadien de ces dernières années... Marc Evil |
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The FALL - Tarsem Singh avec Catinca Untaru, Justine Waddell, 2007, États Unis/Inde/Royaume Uni, 117m Gagnant de prix à Berlin et Sitges, je dois dire que j'étais vraiment impatient de découvrir ce film. Dans les années 20, un cascadeur de cinéma est victime d'un accident sur un plateau. Pendant sa convalescence il fait la rencontre d'une fillette de 5 ans avec qui il va partager un conte fantaisiste qui va changer leurs vies. Raconté comme ça, le synopsis donne moyennement le goût de le voir....c'est mal connaitre Tarsem Singh, (réalisateur du moyennement bon The Cell, a part un visuel décoiffant). Car servis à merveille par des locations toutes plus exotiques l'une que l'autre, il réussit le pari de rendre ce conte pour tous émouvant et surtout d'une beauté à couper le souffle. Les interprètes ne tombent jamais dans le "gnan gnan", ce qui souvent est le cas dans ce genre de production. Mal distribué ici parce que ce n'est surtout pas un film pop corn, The Fall mérite d'être vu et dégusté comme une de ces perles qui malheureusement n'ont pas leurs places méritées dans les salles obscures. Pour ma part après un visionnement en DVD, je me dis que c'est frustrant de voir autant de mauvais films avec des campagnes publicitaire qui coûtent des millions quand, pendant ce temps, un film comme celui la est passé inaperçu. Découvrez le, séance tenante. Pierre Beaulieu |
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FENG SHUI - Chito S. Rono - 2005, Philippines, 107m Joy Ramirez, mère de famille bien conservée, rentre un soir dans sa nouvelle demeure, avec un Bagua, un miroir très ancien, made in China, oublié par un passager d'un bus. Selon les dires de sa commerçante préférée, cet objet est sensé apporter bonheur et prospérité aux siens, en l'occurrence à son mari Inton et à ses deux charmants bambins, Denton et Ingrid. Aussi, à peine le petit miroir accroché au mur de sa maison, la prédiction ne tarde pas à se réaliser... mais comme souvent, forcer la chance comporte souvent un revers. Joy va commencer à le comprendre, quand certains de ses amis proches disparaissent dans de bien curieux accidents... Dès les premières minutes, le film du prolifique Chito S. Rono nous renvoie à nos bons souvenirs laissés par certains épisodes de la TWILIGHT ZONE. Tout y est, ou presque : un objet merveilleux et maléfique à la fois, des personnages charismatiques, des effets scénaristiques et des rebondissements et quelques bons frissons en guise de bonus. Bien interprété pour un film Philippin (films souvent involontairement drôles, voire caricaturaux), Rono, par de petites touches anodines, mais bien sentie, va créer une atmosphère pesante qui va ne va plus quitter son métrage, jusqu'au petit coup de massue finale. La douce psychose s'emparant de l'héroïne et de ses amies, les apparitions fantomatiques toutes saisissantes car peu nombreuses, la touche dramaturgique amplifiée par la présence de jeunes enfants sont d'autant de crédits à porter à ce petit film fort sympathique. Et même si cette histoire n'apporte finalement pas grand-chose de nouveau au genre, elle a le mérite de se démarquer d'une production locale importante mais somme toute assez faiblarde...sur ce que j'ai pu en voir cela va de soi... En tout état de cause, ce miroir mérite un petit coup d'oeil.... Marc Evil |
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H 6- DIARY OF A SERIAL KILLER - Martin Garrido Baron, 2005, Espagne Antonio Frau sort de prison après avoir brutalement assassiné sa petite amie mais, plusieurs années plus tard, il est loin d'être guéri. Ayant hérité d'une vieille maison close dans un quartier malfamé, il commence la rédaction de son journal de bord, celui d'un tueur en série. Je suis toujours inquiet lors du visionnement d'un film de ce genre car la déception est souvent au rendez-vous, car pour un ''Henry PORTRAIT OF A SERIAL KILLER'' le formidable film de McNaughton, combien de daubes...mais la surprise est de taille avec H6. Transporté par les jeux habités de Fernando Acaso, on est vraiment dans la peau du tueur. Doté d'une force visuelle et une maîtrise du scénario de tous les instants, Baron évite de tomber dans le délire gore et nous invite à partager le quotidien de cet homme qui ne manque pas d'imagination pour la torture et le châtiment, la chambre H6 étant le théâtre de ces élucubrations morbides. Tartan Video nous offre le film dans une copie contrastée qui rend hommage a l'excellente direction-photo, l'atmosphère étant tellement importante avec un sujet pareil. Espagne terre promise? Oui, plus que jamais. Pierre Beaulieu |
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INTERNATIONAL GUERILLAS aka International Gorillay - Jan Mohammed, 1990, Pakistan [Cette riviouw contient de nombreux SPOILERS] - Parler d'INTERNATIONAL GUERILLAS a quelque chose de périlleux. Car si sa forme prête à rire, son fond s'avère au contraire terriblement douteux. Le récit du film se déroule juste après que Komeni lance une fatwa contre Salman Rushdie pour avoir écrit "Les Versets sataniques". Le peuple musulman promet alors de mettre le chien à mort, mais c'est un commando improvisé, composé de trois frères pakistanais, qui va vraiment faire la différence et se sortir les pouces du derrière pour débusquer l'infâme mécréant réfugié dans un villa-forteresse protégée par une armée de soldats juifs dirigés par l'ignoble chef moustachu Batu-Batu. Et des moustaches, il y en a pléthore dans ce film. Tellement qu'on se retrouve rapidement perdu au milieu de tous ces moustachus que l'on peine à différencier. Mais ce n'est là qu'un détail car on est avant tout complètement subjugué par l'hystérie générale de la chose puisque le film combine des dialogues ahurissants à des gunfights fous furieux le tout entrecoupé de séquences musicales d'une kitscherie renversante. C'est qu'on est en plein film lollywwodien et que comme le veut la tradition - similaire à celle des voisins indiens - le film dure près de trois heures et se trouve truffé de chansons plus ou moins supportables à l'instrumentalisation parfois surprenante (on passe du disco à une sorte de techno old school toute moisie). C'est dépaysant, c'est kitsch, c'est relativement mal foutu dans l'ensemble (les acteurs cabotinent tous à l'extrême, le montage est ultra cut et donc parfois peu lisible) et donc très drôle par moment, mais le but de la chose est de brandir bien haut la supériorité de l'Islam et d'hurler à tue-tête que tout le reste ne mérite que la mort. L'insistance est d'ailleurs telle que ça en devient complètement abrutissant. Le film se regarde donc comme une sorte de curiosité batarde, un hybride peu engageant entre le cinéma populaire et l'arme de propagande. S'attaquer de manière aussi frontale et brutale à une personne contemporaine relève de la pure diffamation. Rushdie, interprété par un homme qui ne lui ressemble que très peu (il est grand et chevelu) est dépeint comme un sadique pervers prenant un malin plaisir à exécuter à l'arme blanche des musulmans crucifiés dans son jardin. Son but: l'éradication des pays islamique, et par conséquent de l'Islam en général. De plus, il emploie d'étonnants stratagèmes pour échapper à ses chasseurs, comme l'emploi de clones. En témoigne une scène ahurissante où quatre Salman Rushdie s'assoient l'un à côté de l'autre afin de semer le trouble auprès de nos justiciers pour le coup déguisés en Batman! Déguisement totalement inattendu et pas vraiment justifié - bien que nos héros s'avèrent pro du déguisement - mais qui offre un des moments les plus marquants du métrage. Un métrage trop long - 2h40 de propagande crasse, ça use - et qui se termine sur un "hommage" involontaire à LA VIE DE BRIAN de Monty Python après quoi le vilain auteur se fait foudroyer par des corans volants surgis des cieux!! La commission de censure Britannique voulait au départ interdire la diffusion du film en Angleterre, où se trouve une large communauté pakistanaise. Mais c'est Rushdie lui-même qui insista pour lui donner le feu vert et ainsi tuer la polémique dans l'uf. INTERNATIONAL GUERRILAS, gros succès dans son pays d'origine, connut une carrière ultra-courte dans une salle anglaise. Une seule journée, paraît-il, où personne où presque ne pointa son nez... Kerozene |
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L'INVASION FINALE aka Scratch aka Ratten 2 - Sie kommen wieder! - Jörg Lühdorff avec Talph Helforth, Daniela Preuß, 2004, Allemagne, 85m, TV Réunit dans un petit village pour le mariage de leur ami, une équipe qui a jadis affrontée une invasion de rats doit faire face à une nouvelle attaque. C'est que le Docteur Mattei (sapristi, bonjour le clin d'oeil au réalisateur des Rats de Manhattan), nanti d'une bonne bourse, a modifié génétiquement des rats pour qu'ils meurent à basse température. Bonne idée, sauf qu'une dizaine de rats se sont échappés il y a quelques mois, ils sont maintenant plus de 1000 et ils deviennent agressifs lorsque la température baisse trop, attaquant les humains qui se tiennent à la chaleur. J'ai été surprit d'apprendre qu'il s'agissait d'.un téléfilm, malgré que cela explique les effets gore hors caméra. Cependant le sort de quelques personnages est loin d'être enviable. Si le début est donc intéressant et la progression pique la curiosité, l'obligatoire idylle contre nature qui se développe entre une féministe toute menue avec un lourdaud militariste est beaucoup trop convenue. Le rythme est bon, les rats en quantité importante et les touches d'humour nombreuses. Sans renouveler le genre, loin de là, ca se laisse regarder et en plus y a pas de rats à l'ordinateur, m'enfin rien qui se ferait remarquer. Mario Giguère |
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L'INVASION SECRÈTE aka THE SECRET INVASION - Roger Corman, 1964, États Unis, 95m Une fois n'est pas coutume: c'est trois ans avant LES 12 SALOPARDS que Roger Corman nous livre un film au pitch très similaire. Durant la deuxième guerre mondiale, l'armée anglaise recrute une poignée de détenus aux passés divers (meurtres, terrorisme, espionnage, etc...) pour une mission top secrète contre l'armée allemande. La mission: libérer la ville de Dubrovnik, en Croatie, mettre la main sur un officier italien emprisonné par les nazis et faire en sorte que l'armée transalpine se rallie à la cause alliée. Mais derrière tout cela se cache une histoire de vengeance personnelle, puisque le Major Mace (Stewart Granger) cherche également le meurtrier de son frère.... Corman a réuni pour l'occasion une brochette de tronches allant de l'irlandais bourru amateur de whiskey (Mickey Rooney) au psychopathe sanguinaire (Henry Silva), en passant par le playboy italien (Raf Vallone). Nos salopards, au départ réticents, acceptent bien évidemment la mission et se révéleront être de courageux bonshommes, serviables et prêts à tous les sacrifices... Air connu donc, emballé en vitesse par un Roger Corman toujours soucieux d'en dépenser un minimum, bâclant ainsi certains passages relativement importants. Mais si la narration est loin d'être exemplaire, il fait tout de même l'effort de s'attacher à ses personnages, à développer leur personnalité un minimum, et tout particulièrement celle de l'assassin campé par Henry Silva qui bénéficie des meilleures scènes du film. L'une d'elle s'avère même terriblement atroce et risque de bouleverser tous bons pères de famille qui se respecte lors d'un passage dramatiquement perturbant, une scène à l'impact qui détonne drôlement avec le reste de ce film routinier et bon enfant où parties de cache-cache et batailles aux flingues rythment gentiment cette pelloche guerrière doucement divertissante. Kerozene |
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Le MARAIS - Kim Nguyen avec Gregpru Hlady, Paul Ahmarani, Gabriel Gascon, 2002, Québec, 85m Europe de l'Est, 19ème siècle. Un petit village et son marais qui inspire la peur chez ses voisins. Gilberte, épouse d'un homme ultra religieux, est tuée accidentellement. Le coupable va la cacher dans le bois ou elle est découverte par Alexandre, qui va la couler dans le marais. Tout cela est incompréhensible et pourtant, le spectateur est fasciné par ces personnages d'un autre temps. Alexandre va donc rejoindre Ulysse, qu'il a élevé dans le marais car il est déformé, avec des bosses sur le front et un pied de bouc. Trop rapidement, les villageois vont soupçonner les deux étrangers qui vivent dans le marais d'être coupable de la disparition de Gilberte et si Ulysse ne comprend pas complètement ce qui se passe, Alexandre, au lourd passé, préfère envisager la fuite plutôt que d'affronter l'obscurantisme. Premier long métrage impressionnant pour le jeune Kim Nguyen. Le montage permet de reconstituer le casse-tête petit à petit et ce n'est qu'au final que tout devient plus clair. Fable fantastique, on y met en scène l'elfe ou la sirène que seul Ulysse peut voir. Un fatalisme pèse lourd sur l'ensemble des personnages, bien interprétés. Le seul bémol qui m'a quelque peu dérangé est le glissement des accents parlés qui laissent parfois pointer quelques syllabes plus naturelles dans la bouche des acteurs du Québec. Mais c'est peu et rare, dans un film retravaillé au complet par le réalisateur-scénariste aussi spécialisé en effets, qui a retouché le travail de photographie pour un résultat qui enchante l'oeil. On ne l'avait recommandé pour ses créatures imaginaires, je ne m'attendais pas à ce conte sur l'exclusion de la différence et la répression presque puritaine. Le rythme est tout de même lent, voire contemplatif, les âmes sensibles peuvent être troubles par les actes contre nature évoqués, mais l'amateur éclairé peut découvrir un film différent, beau et hypnotisant. Mario Giguère |
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MAREBITO aka The Stranger From Afar - Takashi Shimizu, scénario Chiaki Konaka avec Shinya Tsukamoto, Tomomi Miyashita et Kazuhiro Nakahara, 2004, Japon, 92 m, couleur/Betacam Attention, évitez lire si vous n'avez pas encore vu le film. Matsuoka est un obsédé de l'image. Cameraman de profession, il examine à répétition la scène d'un suicide en direct pour comprendre d'ou vient la terreur lisible dans le regard du dépressif. Lorsqu'il croit savoir, il prend deux décisions: descendre dans les sous-sols de la ville et secundo cesser de prendre son prozac. Erreur. Lorsqu'il découvre les montagnes de la folie alias The Mountains of Madness, la référence semble directe avec Lovecraft, mais on retiendra celle, plus simple, de la folie. Il fait aussi référence à Richard Shaver en disant tout simplement: Shaver avait raison. Richard Shaver écrit après la deuxième guerre mondiale une longue lettre au magazine Amazing Stories. L'éditeur Ray Palmer retravaille le texte et le présente comme basé sur des faits vécus. Ce qu'on appellera désormais le mystère Shaver est la découverte d'un monde souterrain ou sévissent les Deros, que l'on verra dans le film, les descendants décadents d'une race d'anciens, de l'Atlantide ou de Lemuria, qui vivent au centre de la terre, craignant les radiations du soleil. Shaver prétend avoir entendu les scènes d'orgie et de torture de ces êtres qui nous espionnent constamment et qui sont responsables de nos malheurs. On sait que Shaver a passé un certain temps en institution psychiatrique et ses récits ont tout du délire schizophrénique paranoïaque. La jeune dame, qu'il appelle simplement F, ne parle ni en mange ou boit et n'est réveillée que trois heures par jour. Matsuoka est harcelé par un homme en noir qui le somme de retourner la jeune dame s'il ne comprend pas comment s'en occuper. Les indices s'accumulent et il appert que la voisine que Matsuoka surveillait est son épouse, qu'il ne reconnait pas et que F est en réalité Fumiki, leur fille. Le réalisateur n'hésite pas à nous montrer que cet inconnu qui vient de parler au protagoniste n'est tout simplement pas dans la cabine téléphonique d'ou il est censé avoir répondu à son appel. Plus intriguant, mais plus évident après coup, la dernière randonnée de Matsuoka dans la ville montre une vision objective ou les badauds ont des effets éclairs vidéos qui accentuent le décalage du personnage de la réalité. Loin d'une oeuvre Lovecraftienne, MAREBITO est plus proche de RÉPULSION de Polanski que de DAGON de Stuart Gordon. À partir des délires d'un auteur connu pour ses théories étranges sur les habitants du centre de la terre, Shimizu nous offre une descente aux enfers dans la psyché d'un personnage dérangé. On imagine avec difficulté la vie tragique de cette jeune femme et de ce qui a pu la mener dans cet état. Je ne connaissais pas Richard Shaver, mais le film m'a amené à me renseigner sur l'homme, ce qui permet d'éclairer le film sous un angle nouveau et différent. À découvrir ou à redécouvrir. Mario Giguère |
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MESRINE, L'INSTINCT DE MORT- Jean-François Richet avec Vincent Cassel, Gérard Depardieu, Gilles Lellouche, Cécile de France, Michel Duchaussoy, Myriam Boyer, Roy Dupuis, Florence Thomassin, Elene Anaya, 2008, France (coproduction Italie, Canada), 1h55 Région parisienne, 1959 : de retour de la guerre d'Algérie, Jacques Mesrine rompt avec sa famille. Le jeune homme renoue avec quelques amis, dont le fidèle Paul (excellent Gilles Lellouche) et commence une existence de voyou. Vols, saucissonnages d'appartements, braquages de banques : le truand, qui s'est marié avec une Espagnole (Elena Anaya), " monte en gamme " peu à peu, sous la coupe de Guido (Gérard Depardieu, dans son meilleur rôle depuis très longtemps), un homme qui compte dans le Milieu. Au début de l'année 1968, il quitte la France pour le Canada avec Jeanne Schneider (Cécile de France, méconnaissable et bluffante), maîtresse rencontrée après son divorce. Le couple se met au service du milliardaire Deslauriers. Après avoir échoué à le kidnapper, Mesrine bascule dans la grande criminalité. D'évasions en cavales, il sèmera la violence dans la " belle Province ", avec son complice Jean-Paul Mercier, avec lequel il s'échappera de la prison haute sécurité de Saint-Vincent-de-Paul. Début 1973, il décide de rentrer en France... Dire que ce diptyque était attendu avec impatience par les amateurs d'Eurocrime et de poliziotteschi relèverait du plus doux des euphémismes. Autant le dire d'entrée : la première partie ne déçoit pas notre attente. Près de trente ans après être tombé sous les balles de la police, Jacques Mesrine revit littéralement devant la caméra de Jean-François Richet et sous les traits du comédien Vincent Cassel. Si l'on se trouve d'emblée absorbé et captivé par cette épopée criminelle, c'est avant tout grâce à lui. La gestuelle du jeune gangster, son parler de titi parisien endurci par la sale guerre, son panache confinant à la violence sadique : rien ne manque dans la composition de Vincent Cassel. On est loin, très loin des bouffonneries tarantinesques du DERNIER GANG d'Ariel Zeïtoun, dans lequel les braqueurs des années 80 s'expriment avec des mots du 21ème siècle... Le script, cosigné Richet et Abdel Raouf Dafri, a l'intelligence de ne pas se perdre en hypothèses psychologiques a posteriori. La scène durant laquelle Mesrine brise les ponts avec sa famille est brève et intense. " Les couilles ont sauté une génération dans cette famille ", hurle le bandit à son père (Michel Duchaussoy), dont on comprend qu'il versa dans la collaboration pendant l'occupation. Loin pourtant d'exalter le romantisme du hors-la-loi, ce premier épisode nous offre une alternance de séquences nerveuses et brutales et de moments de calme, dans lesquels se révèle la personnalité, plus complexe qu'il n'y paraît du gangster. La violence augmente au fur et à mesure que le personnage gagne en consistance et nargue l'ordre établi. Elle éclate à la figure du spectateur, dans des scènes d'action filmées avec une impressionnante maîtrise, pour culminer lors de la partie canadienne du film. Située au début des années 70, celle-ci n'a absolument pas à pâlir de la comparaison avec les thrillers d'action de l'époque. Inspiré comme jamais, Richet envoie la sauce de manière dévastatrice lorsqu'il reconstitue l'évasion de Mesrine et Mercier (interprété par Roy Dupuis, une agréable découverte) de la prison de Saint-Vincent-de-Paul. Une fois dans la nature, les deux truands reviennent sur place armés jusqu'aux dents pour délivrer leurs ex-codétenus. Le gunfight qui en découle donne lieu à cinq bonnes minutes de défourraillage absolument dantesques, dignes de Kirk Wong ou Enzo G. Castellari. Jubilatoire, à l'image de cette première partie ! Stelvio |
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MESRINE - L'ENNEMI PUBLIC N°1 - Jean-François Richet avec Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Olivier Gourmet, Samuel Le Bihan, Gérard Lanvin, Anne Consigny, Georges Wilson, 2008, France (coproduction Italie-Canada), 2h12 1973 : de retour en France, Jacques Mesrine recommence ses braquages et ne tarde pas à être arrêté. Alors qu'il doit comparaître pour une petite affaire de chèques sans provisions, il s'évade du tribunal de Compiègne en prenant en otage le président du tribunal, grâce à une arme dissimulée dans les toilettes par un complice, Michel Ardouin, dit le Porte-Avion (Samuel Le Bihan). Sa cavale prend fin quelques mois plus tard, quand il est arrêté pour la première fois par le commissaire Broussard (Olivier Gourmet), non sans lui avoir offert le champagne... Mesrine est incarcéré à la prison de la Santé, en plein Paris. Il y rencontre François Besse et finit, comme il l'avait juré, par s'en échapper en mai 1978. Définitivement consacré " ennemi public n°1 ", il sème le désordre et multiplie les braquages spectaculaires. Plusieurs fois à deux doigts de l'arrêter, la police a raison de lui le 2 novembre 1979 à l'issue de ce qui apparaît de plus en plus comme une exécution délibérée... Si le premier épisode du diptyque mettait en lumière une époque et des faits peu connus de la vie de Jacques Mesrine, le second s'attarde au contraire sur ses dernières années, qui élevèrent le gangster au rang de célébrité. A cette époque, l' " ennemi public n°1 " nargue l'ordre établi, devient un personnage important du débat public en France et multiplie les actions d'éclat, en prison comme en dehors. C'est également durant cette décennie que Mesrine consacre définitivement sa réputation et son surnom d' " homme aux mille visages ". Les traits vieillis, la ligne épaissie, le truand se glisse dans la peau de nombreux personnages fictifs, joue à merveille des déguisements et des usurpations d'identité. Un caméléon du banditisme en somme, auquel Vincent Cassel donne une nouvelle vie avec une aisance presque troublante. L'acteur, qui a pris une dizaine de kilos pour le rôle dans une posture à la De Niro, tend parfois vers le cabotinage. Heureusement, Jean-François Richet veille à ce que ces dérapages restent ponctuels. La part belle faite aux scènes d'action l'y aide grandement. Servies par une reconstitution fastueuse et sans erreur, les séquences de traque de Mesrine et de son compagnon de cavale François Besse (Mathieu Amalric, crédible) exploitent à merveille les décors campagnards. Soulignons également la remarquable composition de Ludivine Sagnier, qui donne beaucoup d'épaisseur au personnage, assez superficiel au départ, de Sylvia Jeanjacquot, la dernière compagne de Mesrine. Complètement à côté de la plaque en revanche, Gérard Lanvin ne convainc pas en Charlie Bauer, le complice gauchiste de Mesrine. Trop âgé pour le rôle, accentuant excessivement un accent méridional de pacotille, l'acteur plombe en partie la fin du film. La scène finale rattrape heureusement le coup in extremis." Les deux films ne sont pas pro-Mesrine ou anti-flics, explique Richet. C'est une certaine vision de cette époque à travers son personnage... Ce n'est pas d'où l'on vient qui est important, c'est où l'on va. " Dont acte : pour Mesrine, l'issue fatale est connue d'avance, mais n'empêche pas un cinéaste talentueux de nous offrir deux films gorgés de suspense et de moments mémorables. Un must ! Stelvio |
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NIGHT OF THE SHARKS aka La Notte degli Squali - Tonino Ricci avec Treat Williams, Janet Agren, Antonio Fargas, 1987, Italie/Espagne/Mexique, 86m David Ziegler (Treat Williams) mène la vie paisible avec Paco, son associé, sur une plage de Cancun. Ça va changer. Son frère a soutiré deux millions de dollars en diamants à un riche industriel (John Steiner) en échange de conversations qu'il a captées et gardées sur cd. Naturellement il en a gardé une copie qu'il a envoyée à son frère David. Si le monsieur floué n'est pas content, ses instructions sont mal interprétées par ses sbires qui veulent tuer tout le monde au courant de l'affaire. On va aussi utiliser l'ex épouse de David (Janet Agren) pour tenter de lui soutirer le cd, qu'il a bien caché puisqu'il l'a fait bouffer par le requin qui le nargue depuis des années. David, qui déteste les armes, va devoir se défendre contre les méchants qui veulent sa peau. Requin, chantage, romance, action, on mélange un peu tout dans ce scénario alambiqué souvent prévisible. N'empêche qu'il fait plaisir de revoir les tronches de John Steiner et Janet Agren, d'entendre la musique de Stelvio Cipriani, bref de voir un film de fin de vague bis italien, À tout le moins plaisant. Tant qu'à Trémat Williams, il est correct sans plus et il est difficile de comprendre le personnage qui prend ses distance d'une belle espagnole tout en couchant avec son ex sans vergogne. Curieux aussi le méchant qui veut juste qu'on fasse peur au maître chanteur, plus de méchanceté assumée aurait amplifié le personnage un peu fade. Tant qu'au requin, il aura le temps de bouffer une bonne partie du générique, il n'est pas à plaindre, mais on rigole lorsqu'il part avec la chaloupe de David, l'entraînant par la corde de son ancre, le malin ! Mario Giguère |
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The PARADINE CASE aka Le Procès Paradine - Alfred Hitchcock avec Gregory Peck, Alida Valli, Ann Todd, Charles Laughton, 1947, États Unis, 115m
Mme
Paradine (Alida Valli - Suspiria) est informée qu'elle est
suspecte dans la mort de son mari, empoisonné. Elle appelle
son avocat qui lui recommande un jeune avocat brillant, Anthony Keane
(Gregory Peck). Keane tombe Drôle d'exercice que ce scénario ou tout pointe vers la culpabilité de Mme Paradine. Ce que Keane va découvrir sera très difficile car les indices prometteurs se retournent tous contre la présumée coupable. Le mystère est donc de comprendre ce qui s'est passé exactement et malgré que le tout reste et demeure intéressant, on s'attend à autre chose de la part d'Hitchcock. Ceci étant dit, le réalisateur fétiche y va d'une photographie remarquable. Deux scènes m'ont étonné particulièrement. Lorsque Keane doute pour la première fois de sa belle, l'éclairage provenant de la fenêtre se trouble simultanément, efficace. Dans un deuxième temps, pendant l'arrivée du valet en cour, témoin dont le témoignage est crucial, la source d'éclairage suit le valet, passant de gauche à droite et derrière Aldila Valli. Le procès s'étale sur la deuxième moitié du film et là aussi, Hitchcock fait preuve d'une maitrise de la mise en scène et de l'éclairage pour rendre intéressant des personnages nécessairement statiques. La musique de Franz Waxman (Bride of Frankenstein) est très présente et appuie fortement le drame. Louis Jourdan est très efficace dans son premier grand rôle. Un film différent qui ne plaira pas forcément à tous les amateurs. Mario Giguère |
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PUSHER - Nicolas Winding Refn, 1996, Danemark Trois histoires de destins tordus, sans liens apparents l'une de l'autre, mais qui, au final, nous présentent un portrait dur et impitoyable du milieu de la drogue au Danemark. Refn nous fait partager le quotidien des dealers bas de gamme ,une entreprise qui n'est vraiment pas de tout repos...ça joue des bras et ca cogne fort...un portrait qu'il trace avec justesse et avec une caméra a l'épaule qui virevolte dans tout les sens, sans jamais que ce ne soit dérangeant cependant. Tourné sur une période de presque 10 ans, cette trilogie nous permet de découvrir toute une gamme de comédiens de talent avec des looks incroyable. Celui qui ressort du lot est certainement Mads Mikkelson (le chiffre dans Casino Royale) qui dans le deuxième film est vraiment hallucinant avec son skinhead et une tendance élevée a l'impatience. De bons scénarios, des comédiens solides, une caméra qui nous fait pénétrer dans l'histoire et un réalisateur qui crois en son projet, que dire d'autre sinon qu'il faut voir PUSHER. Pierre Beaulieu |
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REVOLT OF THE ZOMBIES - Victor Halperin avec Dorothy Stone, Dean Jagger et Roy D'Arcy, 1936, États Unis, 65m Durant la première guerre mondiale, un scientifique fou trouve la formule pour ramener les morts à la vie et s'en sert pour créer des super soldats intuables. Comme ses patrons trouvent ces expérimentations dégoûtantes, le scientifique se retrouve à être emprisonné à vie mais trouve quand même le moyen de cacher sa formule avant d'être derrière les barreaux. Après la guerre, une expédition formée de deux jeunes hommes, un général et sa fille sont envoyés au Cambodge pour retrouver la fameuse formule. Alors si vous faites l'équation de la découverte de la formule avec en plus un triangle amoureux qui se forme entre les deux jeunes hommes et la fille du général, vous devinerez qu'on s'enligne vers du tragique. Victor Halperin avait offert ce qui était fort probablement le premier film de zombies avec WHITE ZOMBIE, voilà qu'il tentait sa chance quatre ans plus tard avec REVOLT OF THE ZOMBIES qui n'est malheureusement pas l'ombre de son prédécesseur. Évidemment il faut toujours mettre les choses en contexte, mais néanmoins, il faut comprendre qu'un film de zombies où on a droit à deux minutes de zombies, qu'on soit dans les années trente ou 2000, c'est toujours décevant. Le meilleur moment et probablement un des seuls est le flashback avec les morts vivants durant la guerre, qui s'amènent lentement et insensibles aux balles vers l'ennemi. Sinon, c'est très ennuyeux et surtout très mou. L'idée du triangle amoureux aurait pu être intéressante mais c'est si peu entraînant que ça tombe dans l'agacement. On a hâte au dernier dix minutes où on va finalement voir ce qu'on nous promet dans le titre, pour finalement être encore déçu devant le genre de zombies qu'on nous donne. Si vous devez tout voir ce qui s'est fait au cinéma mettant en scène les bouffeurs de cervelles, vous serez sans doute intéressé. Sinon, je vous suggère vivement de passer votre tour. Abba |
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RUE DE LA VIOLENCE aka The Violent Professionals aka Police parallèle en action aka Milano trema - la polizia vuole giustizia - Sergio Martino avec Luc Merenda, Richard Conte, Martine Brochard, 1973, Italie, 98m
Giorgio
Caneparo (Luc Merenda), policier en quêteur suspendu pour
avoir froidement abattu des prisonniers échappés qui
ont tuées plusieurs de ses collègues, est
estomaqué quand son ami commissaire, en pleine enquête,
est froidement abattu dans la rue. Il infiltre alors le groupe
terroriste dont les motivations sont obscures. S'éloignant de
plus en plus de Inspiré du meurtre en plein jour d'un commissaire en pleine période des années de plomb, ou la violence devient le pain quotidien des italiens, RUE DE LA VIOLENCE offre du très bon travail du scénariste Ernesto Gastaldi avec une mise en scène efficace de Sergio Martino avec les moyens qu'il a. Il a de bons acteurs, premier rôle majeur de Luc Merenda, qui aurait bien cadré avec la version plus rude de James Bond, un Richard Conte qui profite de son auréole suite au tournage du Parrain ou une Martine Brochard émouvante en ex-mannequin junkie désabusée de la vie. On est généreux en cascades réglées par l'équipe de Rémy Julienne et de nombreux combats rudes. Si l'explication finale de cette montée de violence urbaine semble peu solide, elle était dans l'air du temps à l'époque, témoin du désespoir et de l'incompréhension généralisée. Une bonne musique des frères Angelis rythme le tout pour notre plus grand plaisir. J'ai regardé la version originale sous-titrée de l'édition de Neo Publishing, qui offre aussi la version française, plus courte de 3 minutes. Un excellent entretien avec le réalisateur d'une vingtaine de minutes replace le film dans le contexte et témoigne de l'humilité de l'homme, toujours sympathique en entrevue. Un très bon cru pour découvrir le genre, apprécier Luc Merenda ou voir tout simplement un bon film d'action. Mario Giguère |
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RUNAWAY, L'ÉVADÉ DU FUTUR aka RUNAWAY - Michael Crichton avec Tom Selleck, Gene Simmons, Cynthia Rhodes, Kirstie Alley, G.W. Bailey, Chris Mulkey, 1984, États Unis Dans un futur pas très lointain, le monde occidental est assisté de robots ménagers ou destinés aux travaux les plus pénibles. Ces robots entretiennent les maisons, font la cuisine, construisent des immeubles ou moissonnent les champs. A chaque tâche son modèle, et hormis le fait que ces machins ressemblent plus à des photocopieuses à roulettes ou à des pompes à essence clignotantes elles ont l'air carrément utiles. Évidemment, il arrive qu'un de ces engins grille un fusible ou deux et commence à agir à l'encontre de ce pourquoi il est programmé. Dans le jargon du film, c'est ce qu'on appelle un déviant. Et pour contrer les déviants, il existe une unité de police spéciale dans laquelle bosse Jack Ramsay (Tom Selleck et son éternelle moustache), un ancien flic " normal " reconvertit dans l'électronique de pointe à cause d'un traumatisme causé par son immense peur du vide. Et ça lui convient plutôt bien, à Jack, de débrancher les fusible des mixers détraqués. C'est tranquille. Sauf lorsqu'un trafiquant d'armes transforme ces machines en armes meurtrières. Ce salaud, c'est Luther (Gene Simmons, la langue de Kiss), psychopathe grillé aux UV qui n'hésite pas à sacrifier femmes et enfants si cela peut lui permettre de parvenir à ses fins. S'en suit une chasse à l'homme où robots-arachnides explosifs et mini-roquettes à tête chercheuse vont donner bien du fil à retordre à ce bon vieux Jack qui va devoir finir le film en haut d'un building en construction, et donc affronter sa plus grande phobie, avant de rouler une galloche bien méritée à sa nouvelle et charmante co-équipière incarnée par la danseuse Cynthia Rhodes, vue dans FLASHDANCE, STAYING ALIVE, DIRTY DANCING et... le rip-off d'Indiana Jones CURSE OF THE CRYSTAL EYE... Les films (ainsi que les scripts et les livres) de Michael Crichton, qui traitent le plus souvent des dangers liés à l'évolution technologique, partent toujours d'un postulat attachant. Et lorsque le bonhomme réalise, le résultat n'est que très rarement convaincant, et surtout pas dans ce bis d'action tout juste bon à faire frémir les ménagères fanas des chemises hawaïennes de Magnum, troquées ici pour l'uniforme de flic et le gilet pare-balle. Mise en scène mollassonne, bestiaire robotique obsolète pour l'époque (on se croirait au début des 70's) et musique électro cheap signée par un Jerry Goldsmith bien éloigné de ce à quoi il nous a habitué : RUNAWAY n'a finalement pas grand-chose pour séduire hormis la présence de Gene Simmons qui roule très bien des yeux, une critique facile mais juste des médias télévisés (un caméraman perd la vie pour vouloir suivre l'action au plus près), une sympathique poursuite en voiture et deux ou trois séquences d'attaques robotiques malheureusement peu crédibles. Soulignons aussi la présence de Kirstie Alley dans un petit rôle ingrat de secrétaire pétasse. Kerozene |
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SATANIC - Dan Golden avec Annie Sorell, Angus Scrimm, Jeffrey Combs, 2006, États Unis, 88m Un accident d'automobile. Au réveil dans un hôpital. Michelle a le visage couvert, il faut quelques mois pour le reconstruire. Victime d'amnésie et n'ayant que des souvenirs épars et des cauchemars récurrents ou son père lui en veut, elle va sortir pour se retrouver en maison de transition pour jeunes adultes en difficulté. Mais partout ou elle est, des gens meurent et l'inspecteur de police commence à la soupçonner. Ses séances de Ouija n'aident en rien la dame qui semblait adepte de satanisme. Si les noms d'Angus Scrimm et de Jeffrey Combs peuvent attirer le fan d'horreur, ils ont une présence minime et le scénariste, réalisateur, producteur Dan Golden a visiblement misé sur leur réputation pour l'aider à vendre une histoire très banale, mise en scèen sans inspiration. L'amateur le moindrement éclairé aura deviné une heure à l'avance le dénouement. Le montage imite sans le talent des films plus efficaces. Les clichés s'accumulent en cascade, évidemment la rousse a la libido dans le plafond et va mourir, évidemment qu'utiliser la planche de Ouija pour parler aux morts est signe de catastrophes, évidemment il y a une scène de douche, mais à un moment incongru et trop visiblement avec une doublure. Bref, une pâle imitation de film d'horreur qui ne vaut peut-être que pour le plaisir de revoir Angus Scrimm en contre-emploi dans le rôle du médecin bienveillant. Mario Giguère |
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SHOCK! SHOCK! SHOCK! - Arn McConell et Todd Rutt, 1987, États Unis, 54m Dès le départ on nous montre un petit petit petit garçon jouant avec ses blocs qui doit assister au meurtre horrible de ses parents. Beaucoup de sang et d'année plus tard, le petit garçon devenu un homme s'évade d'un hôpital psychiatrique et s'empare d'une voiture où il ramasse une jeune femme sur la route. Cette dernière lui donne un cadeau, une montre qui possède en elle l'étoile de Barthos qui apparemment aurait des pouvoirs magiques. Mais ça se gâte quand un trio d'extraterrestres vraiment pas gentil ce met sur le cas du couple pour récupérer la puissante étoile. Que dire sur ce film? Eh bien c'est un bel effort, on sent que ça été fait par simple plaisir par des fans qui avaient un Super 8 à leur disposition. On s'attaque à beaucoup de genres, le thriller, le slasher, le film de science-fiction et aussi les films de superhéros du style Ultraman! On ne se donne aucune limite mais on reste surtout dans des hommages qui passent bien avant le scénario qui n'est ici que prétexte. Tous les sons et dialogues sont en post-synchro et les effets spéciaux sont fait sur la pellicule. On aura même droit à un monstre qui a des yeux en balle de Ping Pong! Incroyable! On notera aussi la présence d'une créature en plasticine à l'allure plus sympathique que effrayante qui va venir se balader en stop-motion. Il n'y a pas grand chose à dire finalement outre que ce sera un petit plaisir pour ceux qui aiment voir des passionnés faire quelque chose avec rien. Et saluons au passage la durée de 54 minutes qui nous empêche de nous emmerder. Abba |
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SLEEP DEALER - Alex Rivera avec Luis Fernando Peña, Leonor Varela, Jakob Vargas, Tenoch Huerta, 2008, Mexique, 1h30 " Tous les jours, Memo Cruz accompagne son père qui doit acheter à un prix prohibitif les quelques litres d'eau assurant la survie de leur famille. Toutes les nuits, grâce à une radio qu'il a lui-même bricolée, Memo écoute les conversations de ceux qui ont rejoint les grandes villes. En fait, le jeune paysan rêve de faire comme eux et de quitter son village pour faire fortune en travaillant dans une de ces usines délocalisées, proche de la frontière, où l'on manipule à distance des robots sur des chantiers situés aux États-Unis. Repéré à cause de sa radio par les forces militaires et pris à tort, pour un terroriste, Memo déclenche une attaque téléguidée qui détruit sa maison et tue son père. Désespéré, Memo part pour Tijuana, la ville du Futur... " Premier long-métrage de cinéma du vidéaste Alex Rivera, primé au festival du film fantastique de Neuchâtel, SLEEP DEALER décrit un monde futuriste. Dans cet avenir proche, la mondialisation aurait pris un tour nouveau et passerait par des fils. Connectés aux entreprises multinationales par des " nodules ", les employés low-cost pourrait subvenir aux besoins du Village global, sans franchir les frontières du Tiers monde, matérialisées par des murs infranchissables. Plus que jamais, les États-Unis sont les prédateurs des pays du Sud. Loin de se contenter de sa proposition de départ, Rivera, né en 1973 d'un père péruvien et d'une mère originaire du New Jersey, donne chair à son histoire via quelques personnages bien troussés, incarnés par des jeunes comédiens charismatiques. Memo (Luis Fernando Peña), le fils de paysan contraint de quitter sa terre asséchée par l'exploitation des ressources aquatiques et Luz (Leonor Varela), la " coyotek " (dealeuse de nodules), qui devient son amie, incarnent avec force ces personnages contraints de vivre un destin qu'ils ne se sont pas choisis. Faute de budget, SLEEP DEALER ne peut évidemment tenir la comparaison avec les grandes fresques futuristes du passé (BLADE RUNNER en tête). Et cela ne frustre en rien le spectateur, tant son univers se suffit à lui-même. En fin de métrage, le goût évident du cinéaste pour le space-opera donne lieu à quelques séquences de bataille spatiale aux effets spéciaux grossiers. Jusqu'alors très bien mené, le film bascule dans le bis involontaire et déplacé, nous laissant une impression d'inachevé. Mais Rivera a du talent. Stelvio |
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SINGAPORE SLING aka Singapore sling: O anthropos pou agapise ena ptoma - Nikos Nikolaidis avec Panos Thanassoulis, Meredyth Herold, 1990, Grèce, 111m Un détective désespérément à la recherche d'un amour perdu tombe sous l'emprise d'un duo mère-fille qui va lui faire subir atrocités et tortures autant physique que mentale. Sans trop en dévoiler la teneur, disons que certaines scènes sont a la limite du supportable.Tourné sur une pellicule noir et blanc du plus bel effet, ce film méconnu mérite sérieusement notre attention. Il fait parti de ces films culte (un mot employé a toutes les sauces et souvent pour des films qui ne le sont pas) qu'il faut l'avoir vu au moins une fois, histoire de faire connaissance avec ce duo infernal. Les deux comédiennes (surtout la mère) ne manquent pas d'imagination pour nous faire partager leurs fantasmes qui ne sont heureusement pas ceux de toutes les femmes. Leur hospitalité se transforme vite en jeux sexuel et la villa est bientôt le théâtre de plaisirs bien particuliers, a la limite du SALO de Pasolini et des DIABOLIQUES de Clouzot la dégradation physique de Singapore Sling (le surnom du protagoniste) n'a d'égal que la folie meurtrière de nos deux hôtes. Synapse Films nous offre ce film singulier dans une copie nickel, rendant hommage à la superbe photo noir et blanc et a la direction artistique de tout premier ordre. Décidément à mettre entre toutes les mains, mais assurément pas pour les personnes sensibles. Pierre Beaulieu |
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STONE aka URBAN WARRIORS - Sandy Harbutt, 1974, Australie STONE, c'est l'histoire de Stone, un flic qui porte mal son nom puisqu'il est flic et qu'il ne se drogue pas, et qui, vêtu de ses habits blancs immaculés, se déplace sur sa grosse moto. Et Stone intègre un gang de Hell's Angels - les Grave Diggers - dans le but de les protéger contre un tueur à l'identité mystérieuse - du moins pour les motards car le spectateur sait de qui il s'agit depuis la scène d'ouverture. Un peu dépités de devoir accepter un keuf en leur sein, les Grave Diggers décident malgré tout d'être raisonnables d'autant plus qu'il a prouvé sa bonne foi en sauvant deux des leurs. Notre policier intègre alors le gang, n'évite pas le bizutage de rigueur, troque sa tenue de preux chevalier contre un blouson pourri, sympathise avec le chef, apprend les règles du milieu et finit par se fondre au sein de cette communauté d'hurluberlus satanistes consommant drogues et alcool comme on se beurre des tartines. Ce film semble avoir un petit statut de film culte, principalement en Australie. Il est vrai qu'il se distingue du commun de la bikesploitation en bien des points puisqu'il prend soin de plonger au sein du quotidien des Hell's Angels plutôt que de se complaire dans un étalage de violence gratuite les dépeignant sous leur plus mauvais jour. Sandy Harbutt n'évite pas les clichés pour autant, principalement en ce qui concerne l'attitude impulsive et sur-machiste des motards ou lors des funérailles d'un Hell's Angel qui vire à la caricature lorsque le Grave Digger improvisé prêtre pour l'occasion est coiffé d'un haut de forme, porte un bandeau sur l'il et hurle gloire à Satan toutes les deux phrases. Avant cela, le film possède quelques beaux moments, dont l'impressionnante procession funèbre, à laquelle participent des centaines de motards formant une colonne de pétoires sur quelques kilomètres, ou la scène d'ouverture montrant la vision subjective d'un Grave Digger défoncé sur de la musique psychédélique. Un beau moment d'exploitation pure auquel vient rapidement s'ajouter une impressionnante cascade (un motard se jette d'une énorme falaise pour s'écraser en mer) qui, d'après les commentaires glanés sur Internet (déjà rien que sur le forum d'imdb consacré au film), semble avoir marqué les anales du genre. Et nul doute que cette prouesse en est pour quelque chose dans la réputation du film. Mais la deuxième partie du film s'essouffle, manque de dynamisme et se montre avare en rebondissements. On découvre que ces barbus ne sont pas si méchants, qu'ils aiment se baigner nus dans l'eau, et qu'après tout, si personne ne les emmerdait, ils seraient prêt à vivre d'amour et de bière fraîche. Une manière de faire baisser la tension avant le final brutal qui donna au film une réputation quelque peu exagérée de pelloche ultra-violente. Autrement dit, STONE sait caresser les bikers dans le sens du poil, mais laissera les autres spectateurs un peu sur leur faim. Kerozene |
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The VIKINGS aka Les Vikings - Richard Fleischer avec Kirk Douglas, Tony Curtis, Janet Leigh, Ernest Borgnine, James Donald, Alexander Knox, Maxine Audley, Frank Thring, 1958, États Unis/France/Allemagne, 116m
Dans
les années 900, les Vikings font plusieurs raids successifs
en Angleterre qui est divisé en plusieurs petits royaumes. Le
roi des Vikings, Ragnar, et son fils Einar, décident alors de
kidnapper la princesse Morgana du royaume de Northumbria en vue de se
faire payer une rançon par son fiancé, le roi Aella.
Grâce au cousin d'Aella, protégé par les Vikings,
ceux-ci réussissent à enlever la princesse. Einar
cherche alors à gagner son amour, mais un jeune esclave, Erik,
parvient à la libérer et à la ramener en
Angleterre avec le roi Ragnar. Morgana ne tarde pas à avoir
des sentiments envers son sauveur, qui éprouve également
de l'amour pour elle. Le roi Aella est cependant cruel, et parce
qu'Erik a offert à Ragnar une mort digne d'un Viking, il lui
fait couper la main et l'abandonne en pleine mer. Revenu chez les
Vikings, Erik réussit à convaincre Einar d'attaquer le
royaume du roi Aella et de reprendre la princesse. Les Vikings
ignorent Les amateurs de films épiques à grand déploiement seront contents de visionner ce film de Richard Fleischer. Grâce à de somptueux éclairages, à l'emploi habile de la largeur de l'écran Technirama et à son tempo mesuré pour donner plus de poids et de force aux scènes de batailles, "THE VIKINGS" représente un modèle de réussite du genre. Ce n'est certainement pas pour rien que Mario Bava et d'autres réalisateurs italiens s'en sont directement inspirés pour concevoir plusieurs longs-métrages racontant les aventures de guerriers vikings, prenant parfois la forme de suites déguisées. Le plus surprenant est que malgré son côté spectaculaire, qui rappelle par moments les bandes dessinées de luxe, Fleischer a su instaurer discrètement dans sa mise en images et au récit une certaine poésie lyrique, afin de donner un souffle inaltérable à l'ensemble. L'auteur rompt également avec le manichéisme usuel de ce type de production dans la conception de ses personnages, en leur attribuant une certaine densité. Quant aux décors et aux costumes, on sent un parfum d'authenticité devant le souci du détail de leurs confections, comme quoi Fleischer et son équipe ont fait leurs devoirs en effectuant des recherches historiques sérieuses sur le sujet. Pour ce qui est de la violence, elle ne paraît peut-être pas poussée au maximum à prime abord, mais on sent une forme de sadisme tranquille dans son illustration qui lui confère autant d'impact qu'un simple étalage complaisant. Les acteurs se prêtent au jeu avec un plaisir évident, incluant le difficile Kirk Douglas. Mathieu Lemée |
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VIOLENT SATURDAY aka Les Inconnus dans la ville - Richard Fleischer avec Victor Mature, Richard Egan, Stephen McNally, Virginia Leith, Tommy Noonan, Lee Marvin, Ernest Borgnine, Sylvia Sidney, Margaret Hayes. 1955, États-Unis, 90m Trois bandits se faisant passer pour des représentants arrivent dans la ville minière de Bradenville avec l'intention d'en attaquer la banque. De leur chambre d'hôtel, ils étudient le comportement des habitants afin de mettre au point leur plan. Ils conviennent tous les trois d'attaquer la banque le samedi au matin cinq minutes avant midi, heure de la fermeture, et ils choisissent comme relais une ferme amish pour changer de voiture. Au jour prévu, les trois bandits attaquent la banque, non sans avoir auparavant pris en otage un mineur considéré comme un lâche par son fils, et la famille amish de la ferme devant leur servir de relais. Le mineur parvient toutefois à se libérer et à donner du fil à retordre aux bandits lorsque ceux-ci reviennent à la ferme. Toujours à l'aise dans le film policier et le film de gangsters, Richard Fleischer fait à nouveau flèche de tout bois en choisissant de porter à l'écran une intrigue intéressante privilégiant la création d'atmosphère, où la vie d'un petit village est bouleversée par l'arrivée d'un groupe de bandits. Pour y arriver toutefois, il fallait s'assurer que la psychologie des personnages soit décrite avec minutie, ce qui s'est avéré évidemment le cas ici. La mise en scène devait également éviter d'ennuyer le spectateur ou d'enfoncer l'intrigue dans le mélo. Le réalisateur a su toutefois utiliser les ressources du format Cinemascope pour bien entremêler ces nombreuses tranches de vie qui s'entrecroisent sans s'éparpiller, et dont l'ordre des choses est chaviré par le hold-up, qui sert de révélateur dans le récit. Il n'est donc pas étonnant que la violence qui éclate lors de la conclusion ait autant d'impact, puisque la réalisation technique a su privilégier avec habileté les dilemmes moraux des protagonistes plutôt que l'action elle-même, afin de faire monter la tension. Passionnant et mené de main de maître, "VIOLENT SATURDAY" est donc un autre petit bijou signé Richard Fleischer à découvrir. Bien qu'il n'était pas encore une star à l'époque, Lee Marvin n'a aucun mal à s'imposer dans le rôle d'un des voleurs. Mathieu Lemée |
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VISIONS OF SUFFERING - Andrey Iskanov avec Igor Anikin, Alexandra Batrumova, 2006, Russie, 120m Un homme fait des cauchemars psychédéliques qui hantent ses jours et ses nuits. Avec un résumé comme celui-là, disons le tout de suite, ça donne pas mal de marge de manoeuvre pour un réalisateur. Et on peut dire qu'Iskanov s'en sert à toutes les sauces... Trip d'acide est la première chose qui me vient à l'esprit après le visionnement de ce véritable ovni cinématographique. Écrit, monté, maquillé même par Iskanov, je ne peux pas dire que j'ai vraiment embarqué la dedans mais, une chose est sûre, c'est expérimental et weird et ça s'assume.L'imagerie est possiblement la seule chose a sauver de ce naufrage, car le Russe est aussi sans surprise le directeur photo et c'est la que notre homme a définitivement le plus de talent... mini dv, hd, pumping, et combien d'autres choses pour donner un look bien particulier a tout ces tableaux. Malheureusement c'est bien peu quand on passe près de 2 heures à tenter de compre |