mise à jour le 31 novembre 2007

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DOG SOLDIERS - Neil Marshall, 2002, Angleterre

Une troupe de militaires en exercice de combat en écosse rencontre un ennemi qui n'était pas prévu, une bande de loups-garous. Quelques survivants, planqués dans une maison de campagne avec une biologiste essaieront de comprendre ce qui se passe tout en se défendant des attaques répétées de la meute.

Petit budget anglais, scénario serré et efficace, réalisation nerveuse, effets spéciaux réussis, DOG SOLDIERS, produit par l'équipe du film Hellraiser, nous apporte du sang neuf qui est le bienvenue. Si l'intrigue comporte sa part de lieux communs, les surprises sont assez nombreuses, les acteurs convaincants et le rythme effréné pour nous donner une bonne tension soutenue. Sans révolutionner le genre, DOG SOLDIERS est efficace. On en redemande. Le dvd à prix modique contient les bandes annonces, court métrage, et piste de commentaire et la version plein écran ou écran large. Mario Giguère

 www.dogsoldiers.co.uk

DOOMWATCH - Peter Sasdy avec Ian Bannen, Judy Geeson, George Sanders, 1972, Grande Bretagne, 88m 

Un petit village isolé reçoit la visite d'un membre de l'organisation DOOMWATCH, spécialement créé pour lutter contre les problèmes de pollution. Un an auparavant il y a eu déversement de pétrole sur les côtes, et le Dr Del Shaw doit y passer une journée, le temps de ramasser des échantillons. La méfiance des villageois et quelques traits physiques et mentaux anormaux le poussent à rester plus longtemps. Le tout se corse lorsqu'il découvre le corps d'une fillette enterrée...

Doomwatch était au départ une série télévisée britannique qui a connu un certain succès, le studio Tigon a donc misé sur une adaptation au grand écran. Peter Sasdy, habitué de la Hammer et futur réalisateur de THE STONE TAPE, réalise correctement un scénario très convenu tournant autour d'une maladie déjà connue des amateurs de film fantastique. En effet, en 1944, Sam Newfield se servait déjà de l'acromégalie, de manière beaucoup plus psychotronique, certes, mais de manière plus intéressante. Car rien ici n'est vraiment surprenant et les réactions des villageois parfois incompréhensibles dans ce film au rythme lent. Pas de quoi en faire un plat. Mario Giguère

 

DREAM DEMON - Harley Cokeliss, 1988, Angleterre, 89m

Diana (Jemma Redgrave) est une jeune femme pleine de vie et d'espoir, elle a de bonnes raisons: elle est sur le point de se marier avec un playboy militaire bien décoré, ses parents lui ont offert un immeuble en guise de cadeau de fiançailles (pas à la rue la madame quand même) et son emploi de professeur la complète parfaitement. Mais rien n'est jamais aussi beau pendant bien longtemps. Des cauchemars la hantent inlassablement et les décorations militaires de son fiancé attirent l'attention des médias anglais, reconnus pour leur ténacité et leur invasion de la vie privée, qui bien sûr ne se gêneront pas pour suivre Diana à la trace à la recherche de potins bien juteux. Deux de ces journalistes en particulier, plus féroces et dédiés que les autres, s'acharnent continuellement sur Diana qui sera sauvé de la situation par Jenny (Kathleen Wilhoite, arborant le style d'un Robert Smith) et sa touche magique (un bon coup de pied dans les couilles du photographe). Après cette rencontre, Diana et Jenny se lieront d'amitié rapidement alors que les cauchemars de Diana deviennent de plus en plus mystérieux et cruels, particulièrement lorsqu'un des journalistes disparaît juste au moment où Diana a rêvé sa mort... Est-ce un rêve ou la réalité ?!

Ce petit film méconnu vous accroche dès le départ avec une scène très efficace et nous annonce un film beaucoup plus sérieux qu'on aurait pu le croire. Je m'attendais à quelque chose de " cheap " et probablement ennuyeux (le titre n'aidant pas), mais je fus incroyablement surpris de tomber sur une réussite qui mérite d'être découverte par quiconque est intéressé au cinéma mélangeant le rêve et la réalité. Mon résumé ne fait qu'effleurer la surface de tout le cauchemar qui s'enchaîne par la suite, ne voulant pas en révéler trop (une chose que je déteste). La barrière entre le rêve et la réalité devient intentionnellement confuse et nous entraîne dans un monde parsemé d'images cauchemardesques, poussant à la folie la pauvre Diana qui s'y perd avec sa complice, Jenny. Quelques légères similitudes peuvent être associées avec la série des NIGHTMARE ON ELM STREET (une personne entraînée et assassinée dans un rêve de quelqu'un, peut-elle mourir dans la réalité?), mais ça s'arrête là, on se dirige ailleurs pour explorer d'autres terrains et ceci sans gâcher la magie de la surréalité avec des explications trop faciles.

Cokeliss tourne de façon classique tout en gardant un rythme lent qui laisse à l'ambiance le temps de s'installer et demeurer fermement présente jusqu'à la dernière image, ce qui n'est pas peu dire avec les frissons qu'elle entraîne à quelques reprises. Les acteurs ne sont pas tous d'un grand calibre, mais font le nécessaire demandé et c'est ce qui compte. Un film à découvrir pour les curieux avant qu'il ne retourne sous la poussière. Bad Feeble

EARTH DIES SCREAMING - Terence Fisher, 1964, Angleterre 

Film en noir et blanc de Terence Fisher, il met en scène un groupe d'humains qui se retrouve seuls dans une petite ville d'Angleterre où tout le monde est mort, sauf eux (mais je l'ai vu en VO et j'ai pas capté pourquoi). Toutes les communications sont coupées et ils n'ont plus de lien avec l'extérieur. Le seul acteur connu est Dennis Price qui joue le méchant parmi les bons. Car en effet, des méchants il y en a, comme des extraterrestres en combinaisons qui tuent les imprudents, et surtout des morts-vivants très bien rendus dans des scènes qui ont dû être assez flippantes pour l'époque. Effix

L'ESCLAVE DE SATAN / SATAN'S SLAVE aka SATANA LOVE aka EVIL HERITAGE - Norman J. Warren, avec : Micheal Gough, Martin Potter, Gloria Walker, James Bree et Candace Glendenning, 1976, Angleterre, 86 min.

Le film débute par un sacrifice rituel. Une femme nue s'allonge sur l'autel, apparemment de son plein gré. Le maître de cérémonie coiffé d'un masque de chèvre aux cornes anormalement grandes, approche, couteau à la main, et éventre la victime.

De nos jours, une jeune fille à l'aube de ses 20 ans se rend chez son oncle en compagnie de son père. Oncle qu'elle n'a jamais vu. Manque de pot, en arrivant dans la propriété, ils font un accident. Elle sort chercher de l'aide, et la voiture explose.

Dès lors, elle sera encadré de son oncle, être glacial incarné par cet increvable Michael Gough, son cousin, dont elle tombera amoureux, et la maîtresse de celui-ci, qui continue à vouvoyer son amant. Personne n'est dupe, et on sait rapidement que les interminables babillages qui s'en suivent ne sont là que pour retarder l'inévitable: le futur sacrifice de la belle. Sacrifice au nom d'une grande prêtresse afin de la réincarner.

On s'ennuie fortement tout au long de ce film qui aurait gagné à être plus court de 75 minutes. Et ce ne sont pas les quelques scènes gores qui justifient cette longue attente au bout de laquelle on n'est même pas surpris de s'apercevoir que le père n'est pas mort dans la voiture... Kerozene

Norman J. Warren, l'infâme tacheron et réalisateur crapuleux de THE PREY (aka LE ZOMBIE VENU D'AILLEURS) frappe encore. Mais, cette fois-ci le film bénéficie d'une bonne distribution et offre quelques meurtres gores du meilleur effet dont une scène où le fils du leader de la secte tue une jeune femme en lui donnant des coups de couteaux dans la gorge et entre les cuisses. Beaucoup moins ennuyant que THE PREY, ce film se laisse voir avec plaisir. Il est à noter que Micheal Gough avec sa longue moustache, ressemble au Moustachu de la Poire du Vidéo ! Mouhahah ! ! Pendant tout le film, je ne pouvais pas penser à quelqu'un d'autres que lui! Un film convenable pour amateur de films qui ont pour thème le satanisme. Une surprise agréable. Black Knight

L'ESPRIT DE LA MORT aka The ASPHYX - Peter Newbrook, 1973, Angleterre/États Unis

Sir Hugo Cunningham cherche a devenir immortel en capturant son asphyx, la créature qui est ni plus ni moins le souffle de vie qui nous quitte à notre mort.

Ca faisait des années que je l'avais vu et je n'ai pas changé d'idée, ça ne lève pas haut. On ne comprends pas trop bien les motivations des personnages et la tension ne monte pas souvent, la fin est quelconque. L'idée de base n'est pas mauvaise, mais un meilleur scénario aurait aidé. Mario Giguère

L'ETRANGLEUR DE RILLINGTON PLACE aka 10 RILLINGTON PLACE - Richard Fleischer, 1971, Grande-Bretagne 

Trois ans après L'ETRANGLEUR DE BOSTON, Richard Fleischer remet le couvert et s'intéresse à un nouveau serial killer, John Reginald Christie. A la fin des années 1940, cet homme simple et perturbé issu de la classe ouvrière et ancien militaire au passé judiciaire relativement chargé, a éliminé plusieurs femmes en les étranglant lors de tentatives de viols vite stoppées par son impuissance. Prétextant des connaissances médicales, il attirait des femmes en détresse dans ses filets afin d'assouvir ses pulsions meurtrières et faisait disparaître les corps dans son jardin ou les emmurait carrément.

C'est Richard Attenborough qui incarne Christie. Avec un physique de petit chauve rondouillard, il livre ici une performance étonnante. D'abord en tant que manipulateur parvenant à convaincre un couple de locataires sans le sou qu'il peut pratiquer sans trop de difficultés un avortement, puis comme victime tentant de se défendre lamentablement face à un tribunal qui finira par lui donner raison. John Hurt incarne le mari de la fille enceinte (Judy Geeson) - déjà parents d'une petite fille. Il est excellent lui aussi dans son rôle d'ouvrier illettré mythomane qui finira piégé par ses propres mensonges après la mort de sa petite famille.

Fleischer transpose là un fait divers réel et morbide avec beaucoup de talent. Son intérêt, il le porte avant tout sur ses personnages plutôt que sur les agissements meurtriers de Christie. Ce sont donc ces cas socieux totalement largués et incapables de faire face à la situation à laquelle ils sont confrontés qui sont le véritable sujet du film. Le traitement est quant à lui très froide, voire clinique, provoquant par moment un léger frisson d'angoisse et un malaise certain tant les situations s'avèrent pathétiquement dramatiques. Le film fut tourné sur les lieux mêmes du drame, à Rillington Place, dont le nom fut changé en Ruston Mews après la découverte des meurtres. Puis, en 1972, le quartier fut détruit, laissant aujourd'hui la place à une autoroute. Kerozene

EVIL ALIENS - Jake West avec Chris Adamson, Emily Booth, Sam Butler, 2005, Angleterre 

Un couple qui s'envoie en l'air dans un champ de dolmens se fait attaquer par des extraterrestres qui n'ont rien de gentil. La jeune femme a contacté Michelle Fox, présentatrice d'une émission bidon sur les phénomènes paranormaux et trucs de l'espace. Menacée de perdre son émission, elle file vers le coin rejoindre la fille enceinte des aliens. Avec le cameraman, le preneur de son, un geek du genre et une bimbo pour recréer les scènes, l'équipe, avec les frangins déments du coin, sont très rapidement confrontés aux méchants aliens !

Dès le prologue, le sang et les tripes vont tout éclabousser dans un délire rappelant avec joie les excès du BRAINDEAD de Peter Jackson. Plus grivois, West multiplie les jets de liquides nombreux et diversifiés, les scènes de gore et de jambes en l'air, culminant avec la scène de la faucheuse d'Aliens. Rien de foncièrement original au demeurant, mais un festival de gore tout ce qu'il y a de plus hilarant, l'humour étant en avant plan et les effets réussis. J'avais pour ma part apprécié le deuxième film de West, son RAZOR BLADE SMILE, petit budget sympathique, alors j'attends avec plaisir anticipé sa réalisation de PUMPKINHEAD 3, en cour de production. Mario Giguère

EXPOSÉ aka THE HOUSE ON STRAW HILL aka TRAUMA - James Kenelm Clarke avec Udo Kier, Fiona Richmond, Linda Hayden, 1975, Angleterre, 1h22

"Reclus dans sa maison de Straw Hill, Paul Martin s'atèle avec difficulté à l'écriture de son second roman. Pour rompre sa solitude et se faire aider dans son quotidien il engage Linda, une secrétaire aussi jeune et jolie qu'ingénue. Dès lors il s'instaure une atmosphère vaporeuse aux relents libidineux qui déstabilise Paul, déjà hanté par de violents cauchemars récurrents. Le retour de son amie Suzanne le pousse vers un gouffre où la folie rime avec érotisme et violence. Entre rêve et réalité, où se cache la vérité, quel est donc le terrible secret ?"

Ce résumé-jaquette est tiré de la récente réédition (de qualité très honorable) du film, par Bach Films, jeune structure déjà bien connue des amateurs de bis. Il résume bien le contenu sulfureux de cette jouissive petite bande, entourée en Angleterre d'une aura scandaleuse. EXPOSÉ fait en effet partie des "videonasties", films interdits au Royaume Uni parce qu'ils développent à la fois des scènes de sexe et de violence. A ce niveau-là, le menu d'EXPOSÉ s'avère copieux : lesbianisme, masturbation, viol ponctuent le cauchemar éveillé dans lequel se débat le personnage principal, interprété par un Udo Kier au regard plus inquiétant et fiévreux que jamais. La porn-star anglaise Fiona Richmond et la starlette de films d'épouvante Linda Hayden, dans le rôle de la secrétaire (qui passe beaucoup de temps à se caresser), complètent ce remarquable casting.

Paranoïa, voyeurisme malsain et hallucinations morbides se mêlent en un cocktail capiteux et bien dosé. Issu du documentaire, James Kenelm Clarke garde toujours la haute main sur sa mise en scène : son film reste chiadé d'un bout à l'autre. Le rythme est lent et la violence se veut autant psychologique que graphique, aussi on se demande parfois ce que les censeurs pouvaient trouver de si scandaleux à ce film, même si l'Angleterre est un pays très puritain. Baigné dans une lumière très estivale, situé dans un cadre champêtre il n'en est pas moins assez claustrophobe et étouffant. Le tout donne une sorte de prolongement déviant de STRAW DOGS de Sam Peckinpah, les deux œuvres présentant plus d'un point commun, outre la paille du titre. Une réjouissante découverte ! Stelvio


Max Pecas

EUROTIKA ! documentaire britannique de la Chaîne 4 en 9 parties

Voilà un documentaire anglais produit pour la télévision et dont j'ai vu trois parties: EUROCINÉ - LES SAVANTS FOUS et MAX PECAS pour un total d'environ une heure. Entretiens et plein d'extraits vidéos, l'ambiance est décontractée, la présentation très "pop" années 70. J'ai particulièrement apprécié les propos de Lesoeur sur Eurociné et l'entretien avec Max Pecas, que, ma foi, je connais plus que je ne le croyais. J'étais fort jeune lorsque ses classiques: JE SUIS UNE NYMPHOMANE et JE SUIS FRIGIDE, POURQUOI ? passaient tard le soir à la télé. On aperçoit brièvement Michel Lemoine qui, en 1999, grisonne, mais semble en grande forme. Mario Giguère

FEAR IS THE KEY aka SEPT MINUTES POUR MOURIR - Michael Tuchner avec Barry Newman, Suzy Kendall, John Vernon, Ben Kingsley, Dolph Sweet, Ray McAnally, Peter Marinker, Elliott Sullivan, Roland Brand, Tony Anholt, 1972, Grande-Bretagne, 103m

Alors qu'il est au tribunal pour être jugé suite à une bagarre en Louisiane, John Talbot réussit à s'enfuir en prenant comme otage Sarah Ruthven, la fille d'un important exploiteur pétrolier. Après une poursuite tumultueuse, Talbot échappe à ses poursuivants mais est finalement retrouvé dans les bayous par un ex-policier, Jablonski. Celui-ci amène Talbot au père de Sarah qui avait offert une récompense pour la capture du responsable de l'enlèvement de sa fille. Ruthven et son associé Vyland offrent à Talbot la liberté en échange d'une mission: réparer un bathyscaphe pour ensuite plonger dans une crevasse sous-marine afin de retrouver l'épave d'un avion possédant une fortune en diamants. En réalité tout cela n'est qu'un trompe-l'oeil puisque Talbot a manoeuvré pour obtenir cette mission afin de se venger de Vyland. En effet, l'avion renfermant les diamants s'était écrasé en mer suite à un détournement accompli par les hommes de Vyland alors que la femme et le fils de Talbot étaient à bord et ont été tués sur le coup. L'aventure est donc loin d'être terminé et restera fertile en dangers pour le héros.

Thriller d'action pur style des années 70, "FEAR IS THE KEY" ne décevra pas les fans du genre. Tiré d'un roman d'aventure du prolifique auteur britannique Alistair MacLean, le récit est fertile en péripéties mouvementées, à commencer par cette époustouflante poursuite en bagnoles d'une durée de 10 minutes située au commencement du métrage. Après ce démarrage en trombe, le risque de voir l'intérêt du spectateur s'effriter était grand, mais le film n'ennuie jamais et reste assez solide grâce à l'expertise technique de la mise en scène et à la qualité des rebondissements imaginés dans l'intrigue (bien que parfois décelables). Le suspense n'est peut-être pas entièrement fignolé et les personnages manquent de profondeur mais le tout divertit et captive quand même notre attention car les scènes spectaculaires sont réussies (surtout celles sous-marines) en plus de susciter grandement l'implication des cascadeurs qui sont sûrement plus omniprésents que les acteurs sur la pellicule. L'ensemble profite d'une trame sonore culte rythmée et rafraîchissante du compositeur Roy Budd (à avoir dans sa collection de CD's) qui nous met dans l'ambiance dès le générique du début. Quelques comédiens de valeur ont l'occasion de montrer leur talent, en particulier John Vernon, toujours habile dans un rôle de méchant et Ben Kingsley, qui en était ici à sa première apparition à l'écran. Bref, malgré ses lacunes, ce film d'action est à ne pas manquer! Mathieu Lemée

FRIGHT - Peter Collinson, 1971, Angleterre 

Un couple décide de se faire une petite virée resto, laissant le fils de la femme aux mains d'une jeune et jolie baby sitter (délicieuse Susan George). La maison est grande et spacieuse, isolée et luxueuse, elle est même un peu inquiétante. Peu tranquille, la mère pense à son ex mari, père de son enfant, un type pas bien dans sa tête qui a essayé de les assassiner parce qu'il avait peur qu'elle le quitte. Mais son mec la tranquilise.

La baby sitter s'occupe comme elle peut, elle surveille le mioche, elle se tape des petites frayeurs inutiles, reçoit une visite d'un copain, fout dehors son copain, regarde un film de zombies, se tape des frayeurs, son copain se fait péter la gueule dehors par un inconnu, un voisin s'introduit dans la maison, le voisin s'avère être le mari de l'autre, et le gars n'est pas bien, mais alors vraiment pas bien dans sa tête.

Simple et efficace, le film distille une atmosphère plaisante pour tous les amateurs de thriller horrifique. Collinson a fait un beau boulot et nous gratifie d'une étonnante photographie, le travail au niveau de la caméra est discret mais efficace, celle ci bougeant quasiment sans cesse sans forcément qu'on le remarque. Le scénario est quant à lui sobre et plutôt prévisible, seul défaut majeur du film. A voir. Kerozene

 

GHOSTWATCH - Lesley Manning, 1992, Angleterre, TV 

En 1992, le soir d'Halloween, la chaîne britannique BBC présente en direct un programme spécial sur une maison présumément hantée. Spécialiste du paranormal en studio avec l'animateur, reportage en direct de la maison, caméras à l'extérieur pour interroger les voisins et une équipe qui prend les appels en studio. On décrit les symptômes de poltergeist ou esprit tapageur qui agressent deux filles et leur mère et on passe la soirée dans la maison, animatrice, cameraman et preneur de son prêts à tout entendre, a tout filmer si un phénomène quelconque se produit... et petit à petit, l'incroyable se produit...

Comme pour l'invasion des martiens racontée à la radio par Orson Wells, une grande partie de l'Angleterre n'a pas vu tous les signes qui annoncent une pièce dramatique et ils ont cru au reportage. Tant et si bien qu'il y a eu un suicide, finalement non relié par le coroner et des enfants traumatisés à la pelle. L'émission est devenue tabou pour la BBC, qui ne l'a jamais rediffusée. Jusqu'à il y a peu de temps, c'est par le biais des collectionneurs que l'on pouvait penser se procurer copie du programme maudit. La sortie dvd rend enfin disponible ce moment de terreur particulièrement réussi !

Il faut dire que le scénariste, Stephen Volk, a très bien fait les choses, graduant la montée de terreur avec panache. Et le réalisateur aussi, nous montrant furtivement des choses que personne en studio ne semble remarquer. Le grand frisson. Par surcroît, quatre des principaux animateurs sont de véritables artisans de la télé, jouant leur propre rôle:

Michael Parkinson, Sarah Greene, Mike Smith et Craig Charles. Les enfants sont aussi très naturels. Évidemment ça se termine d'une manière douteuse, mais le voyage est incroyable. Si on se laisse aller à l'histoire, si on embarque le moindrement, c'est plusieurs moments de terreur qui nous attendent. À voir. Mario Giguère

HELLBREEDER aka Maléfique - James Eaves/Johannes Roberts avec Lyndie Uphill et Dominique Pinon, 2003, Angleterre, 81m

Il y a cinq ans, le fils d'Alice (Lyndie Uphill) est décédé. Depuis ce temps elle est à la poursuite du meurtrier, assaillie par des cauchemars permanents. Est-ce que le détective Weiss (Dominique Pinon) arrivera à trouver la clé de l'énigme et comprendre quelque chose avant le spectateur ?

Voici un bel exemple de réalisateurs qui attirent l'attention, toute l'attention sur eux au détriment d'une histoire, si scénario il y a ! On peut se demander si la forme est si étriquée pour refléter l'état mental d'Alice ( oui, elle se regarde dans le miroir Alice). Car il n'y a qu'effets de style, comme un mauvais vidéoclip, effets de caméra, passages du noir et blanc à la couleur, solarisation lors de la scène d'amour obligatoire, effets vidéo lors de la présence du clown maléfique et répétition en boucle des accusations de sa famille. La photographie blafarde n'aide en rien les choses. Il faut prendre le temps d'expliquer que la musique, composée par Johannes Robert, co-réalisatrice, entre John Carpenter et Goblin, est absolument omniprésente ! À tel point que l'on se prend à rêver de quelques secondes de silence. C'est symptomatique. À vouloir rechercher le maximum d'effets, on en oublie que la force des effets de style n'en serait que plus fort s'ils apparaissaient par surprise dans un récit plus linéaire.

Quand à l'histoire, ou le prétexte, c'est justement la folie, oui ou non, et le tueur qui est surnaturel ou non. Malheureusement, on s'en fout. À éviter. Mario Giguère

THE HOUND OF THE BASKERVILLES aka Le CHIEN DES BASKERVILLE - Douglas Hickox, 1983, Angleterre

Cette adaptation pour la télévision britannique de la plus célèbre des aventures de Sherlock Holmes par le réalisateur de THEATRE DE SANG ne parvient pas à faire oublier celle de Terence Fisher, mais elle mérite tout de même le coup d'oeil. Ian Richardson, qui incarne pour la deuxième et dernière fois le détective anglais (après THE SIGN OF FOUR) fait preuve d'un flegme malin des plus savoureux. Exit les décors à la Hammer donc, nous sommes ici en présence d'une approche plus conventionnelle à ce niveau. Par contre, les scènes tournées dans la Lande sont plongées dans un brouillard épais les rendant parfois difficilement perceptible. Quant au fameux chien maléfique, ses apparitions sont peut-être rares mais très efficaces. On retrouve également Denholm Elliott dans le rôle du distrait Dr. Mortimer. Notons aussi la belle partition signée Michael J. Lewis. Kerozene

HORROR EXPRESS aka Pánico en el Transiberiano aka Panic in the Trans-Siberian Train - Eugenio Martin avec Christopher Lee, Peter Cushing. Alberto de Mendoza, Telly Savalas, 1973, Royaume Uni/Espagne, 90m

Le Professeur Alexander Saxton (Christopher Lee) ramène dans le train trans-sibérien ce qu'il croit être le chaînon manquant, dans la glace depuis 2 millions d'années. Également à bord le Dr Wells (Peter Cushing) très curieux devant ce colis mystère, le comte et la comtesse Petrovsky avec leur moine familier, une jeune et jolie russe comme passager clandestin et l'inspecteur de police. Les morts se multiplient à bord, les yeux devenus blancs comme neige, alors que la créature, dégelée et vivante, a disparue. Les caractéristiques surprenantes de la bête détonnent, ses yeux brillent dans le noir, rendent ses victimes aveugles, en fait résultat du transfert de connaissance du cerveau, ces yeux sont bouillis ! Ca ne s'arrête pas là, mais un commando de Kozaks monte à bord, compliquant le tout et on ne vous en dira pas plus !

J'avait un souvenir mitigé de ma première vision de ce petit classique du genre, il y a bien longtemps. Force est de reconnaître que les origines du monstres, qui tiennent plus de la science fiction que de l'horreur gothique, détonnent encore. L'arrivée tardive de Telly Savalas, qui cabotine au maximum, n'aide pas la fin du film, loin de là, et détonne avec les performance plus que respectables et très sérieuses du tandem Lee-Cushing. Les actrices sont belles, Sylvia Tortosa et Helga Liné jouant avec bonheur les femmes fatales. Alberto de Mendoza, au look proche d'un Paul Naschy détonne un peu dans une interprétation dramatique qui se révèle juste. Sans être un incontournable, le film vaut le détour, ne serait-ce que pour une bonne prestation de Lee-Cushing et un monstre très différent dont on oubliera les implications quelque peu farfelues. Mario Giguère

HOTEL - Mike Figgis, 2001, Angleterre/Italie

Ce film a tout pour plaire : il a de superbes split screens pour Choucroute et il a Valentina Cervi pour moi. Un chef-d'oeuvre. Ceci étant dit, c'est un film qui ne plaira pas nécessairement au spectateur commun : c'est un film "weird" et "fucked up", mais jamais sans les guillemets, c'est aussi un film complexe qui laissera perplexe les esprits faibles. Moi par exemple, je n'y ai pas pigé grand chose.

Du côté du récit : on tourne un film dans un hôtel de Venise où les employés sont soit des vampires, soit des cannibales qui profitent de quelques faux raccords pour se déplacer rapidement dans de nombreuses scènes angoissantes (autant préciser que ce commentaire est ironique, les blood suckers sont plutôt effacés - et comme autre chose, on ne comprend que plus ou moins leur intérêt). Alors donc on tourne un film dans un hôtel de Venise, une adaptation DOGME de La Duchesse de Malfi de John Webster (qu'il faudrait sans doute lire pour espérer comprendre le film de Figgis, chose que je n'ai pas l'intention de faire) et ça tourne mal : on tente d'assassiner le réalisateur et Salma Hayek vient faire chier tout le monde.

De l'autre côté : jolis split screens, production numérique à éclairages pourris (ce qu'on rigole avec ces quelques renvois au DOGME pour justifier l'esthétique crappy) - exceptées les images du film dans le film qui elles sont trop léchées. Tout de même, Figgis sait cadrer, il sait faire tout plein d'autres choses, il a par contre un peu de difficulté à diriger les comédiens (sans doute que plusieurs scènes sont -pauvrement- improvisées), dont la brochette est des plus impressionnantes.

Au total : y a des tétons, y a de la bite, y a du sang, y a des dialogues que je suppose improvisées et d'autres de facture "classique" plus ou moins bien rendus, y a même des membres humains qui pendouillent dans la cave, y a aussi John Malkovich dans un prologue collé là pour le mettre quelque part et y a bien sûr cette lourde autoréflexivité (peu convaincante à la première écoute, mais pas dénuée d'intérêt). Bref, artsy fartsy. Memorial BBQ

HOT FUZZ aka Super Flic - Edgar Wright avec Simon Pegg, Nick Frost, Jim Broadbent, Timothy Dalton, Paul Freeman, Stuart Wilson, Bill Bailey, Paddy Considine, Rafe Spall, Kenneth Cranham, Billie Whitelaw, 2007, Royaume-Uni, 121m

Nicholas Angel est sans doute le meilleur flic londonien de sa génération. Il est si bon que ses supérieurs et ses collègues, craignant d'être mis au chômage, le font transférer à Sandford, une petite ville anglaise de la campagne réputée pour être la plus paisible du pays, car aucun meurtre n'y a été commis depuis vingt ans. Peu enthousiasmé par ce transfert, Angel a du mal à se déconnecter de son métier, qu'il a l'habitude d'exécuter avec beaucoup de zèle. Le fils du chef de la police de l'endroit, Danny Butterman, qui est le partenaire d'Angel, essaie de le détendre tout en lui faisant part de sa passion pour le cinéma d'action policier hollywoodien. Lorsqu'une série de morts se produit dans la petite ville, Angel est persuadé qu'il s'agit de meurtres reliés par un mobile coïncidant vers un suspect, le propriétaire du supermarché Scott Skinner, mais son supérieur et ses partenaires croient plutôt dur comme fer que ces morts sont accidentelles. Ayant échappé à son tour à la mort des mains d'un tueur, Angel est bien décidé à faire la lumière sur ces crimes. Ce qu'il découvre est cependant d'une envergure si incroyable qu'il devra se résoudre à utiliser la grosse artillerie pour régler cette sombre affaire.

Après "SHAUN OF THE DEAD", où ils ont parodié avec talent les films de zombies, le tandem formé du réalisateur Edgar Wright et de l'acteur et co-scénariste Simon Pegg se sont tournés vers les films d'actions américains, et particulièrement les "buddy movies" policiers, pour signer un nouveau pastiche divertissant. Les clins d'oeil sont ouvertement inspirés vers des oeuvrettes aussi diverses que la série des "LETHAL WEAPON", les produits pleins de testostérone conçus par Michael Bay et Jerry Bruckheimer du type "BAD BOYS" et le succès-culte "POINT BREAK" avec Patrick Swayze, tant dans le récit que dans la mise en scène. Au lieu toutefois de verser dans une parodie facile du type de celles des frères Zucker, Wright et Pegg ont su insérer leurs clins d'oeil au sein d'une intrigue critiquant avec ferveur certaines moeurs britanniques conservatrices, jumelées parfois à un conflit entre les générations sur la façon de voir la culture (même cinématographique) dans ce pays. L'humour du métrage a donc un ton truculent bien british qui se lit à plusieurs niveaux (qui s'inspire autant du sitcom anglais que de l'esprit des Monty Python), et cela n'empêche jamais les scènes d'action d'être efficaces et percutantes, bien que réunies surtout en finale. Quant aux scènes de meurtres, elles sont plus gores que ce que le genre nous livre d'habitude, mais cela va de pair avec les intentions des auteurs de ne jamais diluer leur travail. Il s'agit donc d'une autre réussite décoiffante peu banale de Wright et de ses potes, malgré la comparaison avec Tarantino dans leur approche. Simon Pegg et Nick Frost forment à nouveau un duo en pleine forme à l'écran et ils sont soutenus par des acteurs anglais connus (que l'on s'étonne de voir impliqués dans ce genre d'entreprise) tous remarquables. Soulignons l'apparition de Peter Jackson en tueur sauvage déguisé en Père Noël au début du film. Mathieu Lemée

L'ILE AU TRESOR aka TREASURE ISLAND - John Hough & Andrea Bianchi, 1972, Grande-Bretagne/France/Italie/Allemagne de l'Ouest/Espagne

Cette adaptation du Roman de Stevenson dégage un petit quelque chose d'attachant. Tout d'abord, le ton adopté est différent de celui attendu. Malgré la présence d'un gamin héros, la direction empruntée est celle d'un film d'aventure certes familiale, mais non enfantin. Les décors naturels sont joliment mis en valeur, les autres un peu moins, mais surtout nous bénéficions de la présence d'Orson Welles dans le rôle du vil pirate unijambiste Silver qui est paraît-il incompréhensible dans la version anglaise. Plutôt cabotin, Welles donne la réplique à Lionel Stander dans un petit rôle de voyou alcoolique balafré et à un Jean Lefebvre méconnaissable en ermite insulaire hirsute. Si l'ensemble n'est pas franchement excitant pour cause de manque de rythme et de crédibilité (la mutinerie mollassonne, la chasse au trésor qui manque de conviction), cela est probablement dû à une production légèrement chaotique.

En effet, Welles, peut-être pas très heureux de son scénario, le signa sous le pseudonyme de O.W. Jeeves. Le film est officiellement signé John Hough dans les pays anglo-saxons, mais il est signé Andrew White, autrement dit Andrea Bianchi en Italie et en France. Enfin, Jésus Franco, en tant que bon assistant d'Orson Welles (il participa aux films CHIMES AT MIDNIGHT et bien sûr à DON QUIXOTE), signa quelques plans également. D'ailleurs, des habitués de Franco se retrouvent au générique du film, à savoir le producteur Harry Alan Towers (EUGENIE, 99 WOMEN, LES NUITS DE DRACULA, ...), l'actrice Maria Rohm (les mêmes films et plus...) dans un tout petit rôle ou encore l'acteur Paul Muller (UNE VIERGE CHEZ LES MORTS VIVANTS, VAMPYROS LESBOS). Kerozene

INCENSE FOR THE DAMNED, aka BLOODSUCKERS - Robert Hartford-Davis  Avec Patrick McNee et Peter Cushing, 1972, Angleterre

Encore connu sous le titre de DOCTOR WEAR SCARLET, voici un film d'épouvante britannique méconnu. Un jeune étudiant d'Oxford, nommé Richard, a disparu en Grèce. Sa fiancée est très inquiète et celle-ci, avec le consentement de son Peter Cushing de père, part le retrouver avec Patrick McNee et deux amis du disparu. On apprend que celui-ci a rejoint une secte guidée par une (superbe) femme. Celle-ci utilise Richard comme réservoir à sang, car, oui, c'est une vampire. On apprend aussi que Richard est impuissant, d'ou une certaine crainte de retourner vers sa blonde... Mais voila, après la mort de la méchante et de retour à Oxford, c'est Richard qui commence à avoir soif. Le traitement de l'histoire diffère en bien des points avec le film de vampire traditionnel, ce qui surprend. Pas de grosses canines, et une explication "rationnelle" sur l’existence du vampirisme en tant conséquence d'un refoulement sexuel. Un des derniers plans montre un Peter Cushing en larme, c'est émouvant. Kerozene

INCIDENT AT LOCH NESS - Zak Penn avec Werner Herzog, Zak Penn, Kitana Baker, 2004, Royaume Uni 

Werner Herzog tourne un documentaire sur le mythe de Nessie, le monstre préhistorique du célèbre lac avec pour la première fois de sa carrière un producteur. Autour de ce tournage gravite une équipe qui documente le tournage. On a donc le documentaire du tournage d'un documentaire sur une créature de fiction qui ne l'est peut-être pas dans un tout qui est fictif. N'importe qui voyant débarquer la spécialiste du sonar, Kitana Barker, sans se douter que tout est une grosse farce, un surprise sur prise, avec d'énormes clins d'oeil à BLAIR WITCH PROJECT et aux productions hollywoodiennes, est proprement très naïf.

J'avais hâte que ça se termine. Ca débute pourtant bien, Herzog jouant son rôle avec brio, mais dès l'arrive de Zak Penn, scénariste émérite d' X MEN 2 ou FANTASTIC FOUR, on nage dans grosse boutade qui s'assume, mais qui n'est pas vraiment drôle. On a l'impression que Penn tire à gros boulets sur tous les producteurs auxquels il a eu affaire et que finalement on assiste à un festival d'inside jokes. Tant mieux si d'autres y trouvent leur compte... Mario Giguère

INSEMINOID aka HORROR PLANET - Norman J. Warren avec Jennifer Ashley, Stephanie Beacham, Victoria Tennant, 1981, Royaume Uni, 93m

Sur une planète loin loin, des archéologues font des fouilles à travers les vestiges d'une ancienne civilisation. De curieux cristaux provoquent des épisodes psychotiques et des élans de folie meurtrière, spécialement chez une femme qui se retrouve enceinte de deux mois, sans raison apparente. Plus forte que n'importe quel homme, elle tue et dévore ses victimes, de plus en plus nombreuses pendant qu'elle grossit plus vite que son ombre. Quand ça va mal...

Norman J Warren a réalisé dix films qui se rapprochent souvent des films d'exploitation italiens, slasher, giallo, zombie venu d'ailleurs, comme ici cet ersatz d'Alien qui a tant inspiré les cinéastes fauchés. Sans budget conséquent, avec d'anciennes starlettes de la Hammer, il accumule les meurtres sanglants avant de faire sortir ses créature peu impressionnantes. Si je préfère dans le genre les délires de Cozzi et de son CONTAMINATION, on ne s'ennuie pas vraiment, malgré que l'on est pas pour autant impressionné, spécialement comparé au chef d'oeuvre de Ridley Scott. On revoit cependant avec un certain plaisir les actrices qui se faisaient rares, souvent oubliées dès qu'elles passent la vingtaine, triste constat. Mario Giguère

ISLAND OF TERROR aka L'Île de la Terreur - Terence Fisher avec Peter Cushing, Edward Judd, Carole Gray, 1966, Royaume Uni

Une île isolée au large de l'irlande. Un bateau ravitaille aux 3-4 semaines la petite communauté et l'équipe scientifique qui y travaille dans le secret total. Ces savants vont créer un organisme sensé combattre le cancer. Mais le policier du village est amené à découvrir le cadavre apparemment sans os d'un habitant du coin. Le docteur de l'île, abasourdi, contacte le Dr. Brian Stanley (Peter Cushing) sur le continent. Celui-ci s'empresse d'aller sonner chez le spécialiste en la matière, le Dr. David West (Edward Judd), au moment ou il se fait courtiser par une jolie brunette ! De retour sur l'île en hélicoptère, on se rendra à l'évidence: des monstres absorbent les os des hommes et animaux à leur portée, pire, ils se reproduisent en se divisant par deux à toutes les six heures. Dans une semaine ils seraient un million !

Terence Fisher réalise un film d'horreur classique avec des touches originales. Pas de jolie blonde ou d'assistante du professeur, mais une vamp, gosse de riche, qui veut mettre la main sur le relativement jeune docteur ! Sans parler des créatures, en apparence inoffensives, elles bougent très lentement, mais se multiplient à un rythme infernal, un peu comme le péril zombie ! Construit comme un mystère scientifique, cher à l'époque, c'est un véritable combat contre la montre qui s'engage pour trouver le talon d'Achille des monstres. Une belle découverte. Mario Giguère

  INVASION -  Alan Bridges avec Edward Judd, Valeire Gearon, 1965, Royaume Uni, 82m, Noir & blanc 

Alors qu'il traverse en voiture un épais brouillard surgit de nulle part, Lawrence ne peut éviter un homme déambulant au milieu de la route. Paniqué, il décide de déposer sa victime, inconsciente et affublée d'une curieuse combinaison caoutchouteuse, au petit hôpital de campagne voisin. Le Dr Mike Vernon et son assistante Claire, qui réceptionnent le blessé, ne vont pas tarder à s'apercevoir, dès les premières analyses sanguines effectuées, que notre homme n'est pas réellement humain. La situation va rapidement se dégrader, lorsqu'ils découvrent que leur hôpital semble entouré d'un mystérieux champ de force, et que la température à l'intérieur ne cesse d'y augmenter, mettant sérieusement la vie des autres patients en danger. En fait, d'autres humanoïdes en latex viennent de retrouver la trace de leur 'fuyard', et sont bien décidés à le récupérer coûte que coûte... Le Dr Vernom et le Dr Harland vont alors tout tenter pour sauver le plus de vies possible...

Aucun doute, ce petit film méconnu, mérite très humblement le détour. A contre courant des productions de SF dites "plus classiques" de l'époque, Bridges pari ici sur une histoire se déroulant presque totalement en huit-clos, qui va par petites touches instaurée un véritable climat d'angoisse. Avec ces hommes et femmes, bientôt isolés du monde par une force qui leur est inconnue, avec l'apparition des premiers morts et avec cette chaleur qui ne cesse de croître à les rendre fou, Bridges façonne son oeuvre de manière à renforcer la claustrophobie ambiante dans laquelle ses personnages vont être plongés. Autant dire que le tout étant accompagné d'une réalisation sobre et d'une utilisation intelligente du noir et blanc, la réussite de l'entreprise est assurée. Au programme, nous n'aurons donc pas ici d'effets spéciaux de maquillages 'aliens' monstrueusement drôles, pas de militaires bourrins (ici, il sont même plutôt sympas), pas de situations risibles, mais plutôt des dialogues intéressants, une intrigue bien ficelée et même des acteurs convaincants. Pour les plus récalcitrants, l'action ne sera pas en reste, loin de là, avec en bonus, le décollage d'une navette de très belle facture pour l'époque... A conseiller en tous les cas... Marc Evil


Kevin Howarth

the LAST HORROR MOVIE - Julian Richards, 2003, Angleterre, 80m 

Présenté par Fangoria Magazine, le film voulait se présenter en cassette vidéo sous une pochette annonçant un film d'horreur de type slasher, mais au bout de quelques minutes, coupé par un documentaire sur un authentique tueur en série, Max. Présenté sur grand écran, au parfum du stratagème, nous ne sommes donc pas trop surpris. On regarde alors cette autobiographie du tueur en série, tourné grâce à un complice ramassé pour l'occasion, en suivant ses meurtres et sa vie dite quotidienne. Le propos est double: nous justifier la mode de vie du tueur tout en nous interpellant sur notre voyeurisme: d'un autre côté nous démontrer qu'il est un homme normal en dehors de son vice, ce qui est un comble. Car finalement, même en y mettant de la bonne volonté, je n'ai jamais pu réellement embarquer dans le propos du film. Il y a trop de raccourcis archi-connus du type: vous regardez encore, donc vous m'approuvez ! C'est trop facile, tout en proposant un mélange de comique britannique enjoué contrastant avec des scènes de meurtres explicites. Je décroche aussi avec ces scènes du quotidien heureux de l'homme. À ma connaissance, on a beau parler de tueurs en série " bons voisins ", ce ne sont pas non plus des rigolos qui flirtent pour le plaisir entre deux meurtres. Non plus que j'embarque dans la notion qui veut que l'homme tourne cette vidéo parce qu'il est tellement bon que personne ne relie ses meurtres et qu'il veut bien qu'on les relie pour la postérité. À pousser dans toutes les directions, on nuit énormément au propos initial et l'astuce finale est absurde. Kevin Howath est cependant excellent dans le rôle de Max et quelques scènes nous donnent froid dans le dos. Mario Giguère

The LEGEND OF HELL HOUSE aka La MAISON DES DAMNÉS - John Hough, 1973, Royaume Uni

Un vieillard offre une jolie somme à trois personnes pour qu'ils lui amènent la preuve que la vie ne s'arrête pas à la mort physique. Pour se faire, cette équipe composée d'un scientifique et de deux médiums, doivent se rendre dans une demeure réputée hantée et y bosser une semaine.

Les événements étranges commencent dès le premier jour, lors d'une séance de spiritisme faite par la jeune médium. Le climat devient inquiétant, mais ne semble pas toucher le scientifique cartésien qui a réponse à tout, ni le médium expérimenté (Roddy McDowall) qui en a vu d'autre car il fut le seul survivant d'un séjour précédant dans la même demeure 20 ans auparavant.

Les jours se suivent, et les manifestations se suivent de façon inquiétante. Le scientifique accuse la jeune médium qui dit n'y être pour rien. La pauvre se fera même violer par un esprit niqueur.

En ce qui concerne l'histoire en elle-même, le film n'est pas vraiment original. Cependant, la fin réserve son lot de surprises abracadabrantes qu'on a du mal à avaler.

Reste une ambiance assez bien réussie, qui évite d'en foutre plein la vue et en jouant plutôt sur l'atmosphère et les bruits ambiants. Kerozene

LIFEFORCE - Tober Hooper, 1985, Royaume Uni

Tobe Hooper : un nom qui tue ! 

Après des débuts prometteurs (Texas Chainsaw Massacre et Death Trap), le cinéaste se compromet de plus en plus dans des projets à la limite de l'admissible et finit sa carrière par des poubelles cinématographiques infectes (Night Terror, The Mangler). Entre ces deux extrêmes, quelques titres regardables (The Fun House, Texas Chainsaw Massacre 2) et un classique du cinéma fantastique (Poltergeist, mais soyons franc : ce dernier titre est plus l'œuvre de Spielberg que de Hooper).

Réalisé en 1985, ce Lifeforce connut un certain succès à l'époque. Croyez-le ou non, je ne l'avais jamais vu. C'est maintenant chose faite, grâce au DVD qui restaure la version initiale de Hooper : 120 minutes !

Je me demandais bien à quoi pouvait ressembler cette histoire de vampires spatiaux imaginée par l'écrivain Colin Wilson (auteur de solides thrillers criminels).

Hélas, d'emblée, je dois avouer avoir détesté. Le début n'est pas si mal, avec ce vaisseau spatial qui découvre un curieux objet volant dans l'espace. L'équipe du vaisseau y rescape trois caissons bizarres, qui seront rapatriés sur Terre. Ce sont trois méchants vampires galactiques qui aspirent le fluide vital des humains pour survivre.

Et là, ça devient vraiment n'importe quoi. Hooper veut tout faire à la fois : un film de vampires, de la SF, de l'action, des zombies, du thriller psychologique, de l'apocalypse à grand déploiement (Independance Day avant la lettre), etc.

Certains érotomanes défendent le film à cause de l'anatomie de Mathilda May, mais on admettra que c'est bien peu (surtout sur 120 minutes de métrage). Si vous aimez les explosions et la grosse musique symphonique genre sous-John Williams, peut-être... Mais sinon, c'est très long, mollasson, maladroit. On s'attendait à un peu de violence sanglante, mais le tout demeure familial à souhait : les vampires volent en éclats telles des potiches étrusques découvertes dans un caveau trop sec, et c'est à peu près le plus loin que va Hooper.

Pour moi, la carrière de ce cinéaste est maintenant une affaire classée : section sinistrée. 

P.S. Dernière minute : Selon la revue MAD MOVIES, le remake de TOOLBOX MURDERS qui devait marquer le supposé "retour en force" de Hooper n'est qu'un film confus et ennuyant. Disons que je n'en suis pas surpris. Howard Vernon

My LITTLE EYE aka L'OEIL TÉMOIN - Mark Evans, 2002, Angleterre 

Le point de départ de ce thriller est d'actualité. On hésite à dire qu'il est original, car plusieurs romans ont déjà traité de ce sujet (entre autres LA MORT EN PRIME TIME, de JL Bizien) et plusieurs films ont présenté des phénomènes de télé-réalité troublants, bien avant les années 2000 (LA MORT EN DIRECT ou, dans un registre plus populaire, LES CENTURIONS DE L'AN 2001 et RUNNING MAN).

Malgré tout, le sujet de MY LITTLE EYE retient l'intérêt : un groupe de cinq jeunes gens acceptent de cohabiter dans une grande demeure pendant six mois. Leur expérience sera filmée et diffusée sur le web. Des internautes pourront suivre leurs péripéties moyennant paiement. Une fois les six mois écoulés, les jeunes gens obtiendront un million de dollars... sauf si l'un d'entre eux a abandonné la maison avant l'échéance.

Tout va donc très bien pour tout le monde jusqu'au cinquième mois, où des bizarreries commencent à se produire : bruits étranges, réception d'un colis lugubre, objets sanglants retrouvés...

La psychose commence à se développer chez les habitants, qui redoutent la vengeance d'un inconnu. À moins que toute cette histoire de télé-réalité diffusée sur le web ne cache quelque chose d'autre ?

Les 15-20 premières minutes du film sont assez intrigantes. Évidemment, on sent le démarquage BLAIR WITCH, par le biais d'un montage qui alterne les caméras vidéo et le support filmique, mais l'ambiance lourde (créée notamment par l'utilisation d'une sorte de fond sonore permanent rappelant le bourdonnement d'une fournaise) parvient à susciter l'intérêt.

Malheureusement, le film perd peu à peu son aspect inquiétant pour devenir routinier et, hélas, plus on avance dans l'intrigue, plus le scénario devient ridicule, jusqu'à une finale complètement idiote qui ne tient pas debout... Oubliées, les promesses du début.

L'équipe derrière MY LITTLE EYE ne brille pas par ses accomplissements. Vous connaissez les inconnus Marc Evans, David Hilton et James Watkins ? Il est probable que non, et cette situation ne risque guère de changer, au vu de MY LITTLE EYE.

Il s'agit donc d'un film qu'on peut, à la rigueur, regarder en vidéo un soir où l'on ne se sent pas trop difficile, mais il est clair que MY LITTLE EYE retombera bientôt dans l'oubli d'où sa parution vidéo récente l'a tiré. Howard Vernon

The LIVING AND THE DEAD - Simon Rumley avec Leo Bill, Sarah Ball, Roger Lloyd-Pack, 2006, Royaume Uni, 84m

Une immense demeure en Angleterre. Un père, Donald, soucieux de ne pas perdre la maison, sa femme malade, Nancy, alitée, et James le fils dans la trentaine qui a l'âge mental de 3-4 ans. Le père doit quitter, a averti la garde-malade qui viendra le lendemain, mais James ne prends pas ses médicaments, décide qu'il est l'homme de la maison et bloque l'entrée à la nurse. James perd tranquillement la raison, seul avec sa mère...

Je dois avouer que j'ai failli partir au bout de quelques minutes, la maladie et la mort allant être le sujet principal et la fatalité étant notable et annoncée, rien de bien agréable s'en venait. Le réalisateur nous avait averti que le scénario est inspiré des trois mois qu'il a passé à s'occuper de sa mère mourante. Ambiance sordide, mort, séquences accélérées, musique tonitruante, tout est réalisé en fonction de nous faire ressentir le malaise d'une situation insoutenable pour des gens qui ne pensent que faire pour le mieux. Des morts et des vivants, loin des morts-vivants, donc. Une plongée dans le malaise existentiel.

Curiosité, la dernière fois que j'avais vu l'acteur Roger Lloyd Pack, il était dans le rôle du nouveau père des Cybermen, dans la nouvelle série télévisée Doctor Who. Un rôle tout ce qu'il y a de plus différent ! Mario Giguère

le site du réalisateur: www.simonrumley.com

LONDON VOODOO - Robert Pratten avec Sarah Stewart, Doug Cockle, 2004, Grande Bretagne, 98m

Film à classer aux rayons des possessions maléfiques, ce petit film verse dans la linéarité la plus totale dans son traitement comme dans son récit.

Un couple d'américain emménage avec leur fille à Londres. Manque de pot, dans le sous-sol de la bâtisse qui les abrite, Sarah découvre un cercueil qui, à peine ouvert, libère un esprit qui prend possession d'elle... D'abord les manifestations sont sans conséquences mais vont rapidement s'amplifier : En clair, elle dessine des ronds dans le sucre et le riz qu'elle renverse partout pendant 30 mn, pour finir par s'habiller en pute en insultant en français son mari déboussolé !! .. On rajoute au tableau, des blacks sortis de nulle part qui tentent d'avertir Lincoln que sa femme est sur le mauvais chemin... et voilà... on a fait un film !

On aurait regardé aisément tout cela dans les années 70 sans broncher... mais bon... on préfèrera revisionner "ZOMBIE CAMPOUT" Marc Evil

The LONG GOOD FRIDAY aka Le Vendredi Rouge aka Racket aka Du Sang sur la Tamise - John Mackenzie avec Bob Hoskins, Helen Mirren, Eddie Constantine, Dave King, Bryan Marshall, Paul Freeman, Pierce Brosnan, 1980, Grande-Bretagne, 1h54

"Harold Shand, caïd de la mafia londonienne, veut monter une grosse opération immobilière et pour cela il a besoin de l'aide de ses homologues américains. Malheureusement, au moment où il veut faire étalage de sa toute puissance, des catastrophes se succèdent dans un décor de violence et de sang..."

Si les autres classiques du film noir anglais des 70's étaient des séries B nerveuses et recentrées autour de quelques péripéties, ce film de John Mackenzie affiche une toute autre ambition. En pré-générique, c'est un haletant montage parallèle qui donne le ton. Plusieurs sous-intrigues, construites autour différents protagonistes, vont être développées, pour s'ordonner finalement autour de la figure centrale du "mobster" Harold Shand. Les 109 minutes que dure le film nous montrent l'effondrement-express de son empire, en période de vendredi saint (d'où le titre) sous les violents coups de boutoir d'une mafia nouvelle, dont l'origine ne surprendra pas ceux qui connaissent bien l'histoire contemporaine anglaise...

Dans le rôle principal, Bob Hoskins fait magnifiquement corps avec son personnage, exprimant tour à tour violence (la scène nocturne dans les abattoirs est mémorable) et désarroi. Helen Mirren (CALIGULA, EXCALIBUR...) et Eddie Constantine, dans le rôle du gros bonnet américain, complètent un casting dans lequel on reconnaît aussi Paul Freeman (RAIDERS OF THE LOST ARK) et Pierce Brosnan, dont c'était la toute première apparition à l'écran. Un soupçon de théâtralité et de cabotinage pointent parfois le bout de leur nez, ôtant un peu d'impact à certaines scènes, mais Mackenzie tient dans l'ensemble bien son film et fait montre de belles qualités de styliste. La fin est tragique, comme il se doit, ponctuée par le célèbre thème de Francis Monkman. Un bon moment de cinéma ! Stelvio

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