AUTRES PAYS
Les visionnements de films de pays en attente de leur propre page, n'ayez crainte, ils auront tous leur pages...
mise à jour le 7 avril 2008
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ALL THE CORNERS OF THE WORLD - Tsai Ming-Liang, 1989, Taiwan, 50m, TV All the Corners of the World est petit film sans prétention se penchant sur le quotidien d'une famille à faible revenu dans cette fourmilière bruyante et polluée qu'est Taipeh. Concierges le jour et scalpers le soir et les weekend, les parents sont trop occupés et préoccupés pour voir que leur plus jeune a un talent certain pour l'écriture et que leur fille prend peu à peu goût à l'argent facile. Les enfants laissés à eux-mêmes composent avec la réalité et démontrent une maturité et un sens des responsabilités étonnant tout en profitant à fond des petits plaisirs de la vie. Malgré son côté critique sociale, cette première oeuvre de fiction de Tsai Ming Liang est avant tout axée sur l'enfance, sa spontanéité et sa simplicité qui sont peu a peu éteintes par les tracas du monde adulte. A-tong est un garçon très attachant qui n'est pas sans rappeler le Antoine Doisnel des 400 coups. En fait ces deux films ont tellement de similitudes, qu'on peut presque parler d'une adaptation taiwainaise du film-phare de la nouvelle-vague francaise. En moins bavard, bien-sûr! Bien que techniquement désuet (surtout au niveau du son), il s'agit d'un film bien fait qui met bien en image le rapport qu'entretiennent les personnages avec Taiwan. Nous transportant de l'exiguïté du logis familial à l'océan, Tsai Ming Liang signe un film tantôt poétique, tantôt drôle, tantôt triste qui fait vite oublier la mauvaise qualité de la copie et qui nous met en appétit pour ces prochains films. Je vous reviendrai donc sous peu avec les autres films que j'aurai réussi à voir dans le cadre de la rétrospective de la Cinémathèque québécoise. Mongola Batteries |
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ANGEL NEGRO - Jorge Olguín, 2000, Chili Gabriel, dont le boulot est de découper des cadavres et de les autopsier, se retrouve tout chamboulé après avoir vu passer deux de ses anciens potes sur sa table d'opération. D'autant plus que leur mort n'a rien de naturelle. C'est alors que le passé refait surface, un douloureux souvenir de la fête qui suivit la remise des diplômes d'enseignement secondaire et qui se termina par le décès d'Angel, une fille que Gabriel aimait de tout son coeur. Et contre toute attente, il semblerait qu'Angel, dont le corps ne fut jamais retrouvé, soit revenue d'entre les morts pour accomplir sa vengeance! ANGEL NEGRO serait le premier film d'horreur en provenance du Chili. Le résultat s'avère très classique, mettant en scène une tueuse portant un masque blanc maculé de sang et assassinant ses victimes de manière violente mais toujours hors champs. Le manque de moyen oblige en effet Olguín à faire le minimum en ce qui concerne les effusions de sang et oriente ainsi son film dans une direction plus proche du thriller standard que du film d'horreur pur. Pour le reste, la qualité du film oscille en fonction du talent des acteurs pas toujours convaincants et malheureusement peu aidés par des dialogues pas toujours malins - surtout en ce qui concerne les flics qui passent pour de fieffés imbéciles - et cela de manière totalement involontaire. Côté scénario, rien de neuf sous le soleil chilien donc, on nous sert une histoire connue aux rebondissements sans originalité. Dommage, mais le réalisateur n'est néanmoins pas dénué de talent et sans doute lui faut-il un peu plus d'expérience avant de nous livrer un film bien éclatant. Olguín reviendra deux ans plus tard avec SANGRE ETERNA. Kerozene |
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ANTENNA aka THE AERIAL - Estaban Sapir, 2007, Argentine Site www.laantena.ladoblea.com Kerozene |
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ASHANTI
- Chico Ejiro, 2002, Nigéria Un sorcier grassouillet localisé en pleine cambrousse voue un culte au Dieu-coq Ashanti. Un jour, le coq en question se matérialise devant lui et, avec sa grosse voix d'outre-tombe, lui confie une mission. L'image d'une femme se matérialise alors devant ses yeux ébahis, il s'agit de " The One ", la fille d'un vieil ennemi d'Ashanti qui doit rejoindre de force les rangs de ses adorateurs. Dès cet instant, la femme en question est victime d'une abominable malédiction ! Des messages en lettre de sang sortant directement d'une version béta de Final Cut apparaissent sur les murs et toutes les personnes qui l'entourent sont victimes d'accidents: une cuisinière crache du gaz, une voiture se déplace toute seule et manque d'écraser son propriétaire... La pauvre femme maudite est systématiquement tenue pour responsable par les victimes qui la chassent sans attendre à grands coups de pied au cul. Livrée à elle-même, elle erre désespérée dans la rue, avant de se faire violer puis de rencontrer un homme d'église qui viendra à bout du vilain Ashanti et de ses sbires grâce à la puissance de sa Bible et de ses sermons. Long métrage vidéo tourné en quelques jours par le plus que prolifique Chico Ejiro, ASHANTI est le deuxième film nigérian que j'ai le " plaisir " de voir, le premier étant le déjà douloureux THE PYTHON. On y retrouve l'entité divine maléfique associée à un animal, le Bien incarné par les représentants de l'Église et les âmes perdues qui soit trouveront le chemin de la raison, soit mourront dans d'atroces souffrances pour n'avoir pas su accepter la supériorité du Dieu unique. Au-delà de cet aspect douteux, le film est extrêmement long et répétitif malgré sa durée d'à peine 75 minutes, et s'avère parfois difficile à suivre du fait de ses acteurs locaux jouant dans un anglais pas toujours très compréhensible. Cependant, il reste plus digeste que THE PYTHON compte tenu des péripéties vécues par notre pauvre héroïne, plus intéressantes que les tergiversations théologiques du premier film Kerozene |
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AVENTURES FANTASTIQUES aka THE FABULOUS WORLD OF JULES VERNE aka VYNÁLEZ ZKÁZY - Karel Zeman, 1957, Tchéchoslovaquie Nous prenons place à l'aube du XXème siècle, alors que la science et l'évolution technologique sont en plein boum créatif permettant soudainement à l'homme de s'aventurer là où jamais il n'avait pu se rendre. Désormais, traverser le ciel, en ballon, en avion ou même en bateau n'est plus problème. Sonder le fonds des mers à l'aide d'un sous-marin ou d'un scaphandrier est d'une simplicité enfantine. Et Simon Hart, ingénieur assistant de l'éminent professeur Roche, ne cesse de s'en émerveiller. Ses modèles sont Robur le conquérant ou le Capitaine Nemo, des noms qui lui font chavirer l'esprit. Mais le professeur Roche est sur le point de finaliser une invention moins réjouissante: la production d'énergie via un savant bidouillage d'atomes, la solution à bien des soucis d'alimentation et d'éclairage, mais aussi le déclencheur de ce qui pourrait devenir une bombe d'une puissance cataclysmique. Et c'est le vil comte Artigas qui manifeste son intérêt dans le pouvoir destructeur de cette future invention. Alors, il kidnappe le scientifique et son assistant, puis les emmène en sous-marin sur son l'île-industrie dont le rendement des machines laisse penser qu'un volcan en activité se prépare à tout moment à dégorger de la lave de toute part. Bien évidemment, les motivations d'Artigas ne sont autre que la domination du monde... Voir un film de Karel Zeman est quelque chose de merveilleux. Entre son récit fort en humanité et ses techniques de réalisations atypiques, il est difficile de ne pas succomber au charme de son oeuvre. Ses mélanges de dessins et de prises de vue réelles, s'incrustant les uns dans les autres, donnent à l'ensemble un style relativement naïf qui a pour effet d'émerveiller. Les techniques "primitives" de Zeman, donnant l'impression de collages de papier et de décors expressionnistes en carton, se trouvent d'ailleurs être bien plus belles que n'importe quelle incrustation moderne de personnages réels dans un décor animé et sont surtout en parfaite adéquation avec son sujet. Quant à l'aventure qui nous est contée, celle-ci ne manque pas de rebondissements. Entre attaques de navires à coup de sous-marin, exploration des grands fonds marins au milieu d'une faune aquatique un brin fantaisiste, un duel homérique entre une pieuvre géante et un scaphandrier armé d'une hache, l'île volcan du comte Artibas digne des repères les plus fous des ennemis de James Bond, il n'y a définitivement pas matière à s'ennuyer. Kerozene |
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BAD BLOOD aka Coisa Ruim - Tiago Guedes et Frederico Serra avec Adriano Luz, Manuela Couto, Sara Carinhas, 2006, Portugal Toute la famille Monterio, mari, épouse, la fille-mère, le jeune garçon et le plus vieux qui va les rejoindre après les examens, vont habiter la maison héritée du vieil oncle perdue à la campagne. Maison dont tous les cousins ne voulaient pas de toute façon. Rapidement tout le monde est confronté aux mythes de la région reculée et finalement à l'étrange histoire qui entoure la maison. Le couple est d'un naturel sceptique tout comme le jeune curé arrivé depuis quelques années, mais l'horreur va les rattraper au détour... L'art du cinéma fantastique tient à sa capacité de nous faire croire à l'incroyable. Ici, comme dans les classiques de maisons hantées et de fantômes revanchards, la réalisation prends le temps de bien camper les personnages et de les faire basculer tranquillement et inéluctablement dans un autre monde et d'autres croyances que l'on croyait effacées par la civilisation. Belle réussite pour un film sobre mais efficace, aux acteurs de talent, qui nous amènent vers un final qui brasse. À découvrir. Mario Giguère |
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The BOTHERSOME MAN - Jens Lien, 2006, Norvège/Islande Andreas, un homme visiblement largué car récemment suicidé, arrive dans une ville dont il ne connaît rien. Il est accueillit, logé, on lui offre un job, il rencontre rapidement une belle femme décoratrice d'intérieur et tout le monde est vachement sympa. Mais ce petit monde a comme un arrière-goût d'amertume : tout est réglé comme sur du papier à musique, personne ne s'offusque de rien, personne ne se réjouit de rien, les relations amoureuses sont finalement tristes car dénuées de sentiments réels et si un type se tue devant vous cela n'étonne personne. La seule réaction sera l'arrivée de deux fonctionnaires ternes venus pour faire le nettoyage. Pire encore, les odeurs n'existent plus, les aliments n'ont aucun goût, tout se ressemble dans une société uniformisée à l'extrême et arpentée par un peuple insouciant car lobotomisé. Et le jour où Andreas décide de s'ôter la vie à nouveau, il découvre que dans ce monde, même ce privilège discutable lui est refusé. Sa rébellion contre le système commence alors. Ingénieux, drôle, original, touchant... les qualificatifs élogieux que l'on pourrait donner à THE BOTHERSOME MAN sont plus que nombreux car il s'agit ni plus ni moins de l'un des meilleurs films que j'ai pu voir ces dernières années. Dans cet au-delà presque monochrome, Jens Lien dépeint un monde certes aseptisé et dénué de sentiment mais qui est en même temps le reflet de celui dans lequel nous vivons. Son film est une violente et acerbe réaction face à l'uniformisation de l'individu dans les civilisations occidentales, une sorte de coup de gueule à un monde McDonaldisé où tout individu " normal " va acheter ses meubles forcément impersonnels chez Ikea, où l'intérêt pour l'autre n'est que superficiel et où les plaisirs basiques sont délaissés pour une culture du "paraître bien dans sa peau" aux yeux d'autrui. Le premier plan du film, un long gros plan d'un couple de jeunes adultes s'embrassant baveusement et profondément mais sans passion aucune, traduit à lui seul la détresse de la situation actuelle et est aussi absurde qu'effrayant. THE BOTHERSOME MAN est franchement drôle au niveau de sa forme - et bizarrement la scène du suicide d'Andreas est la plus hilarante de toutes (j'en ai pleuré de rire), mais inquiétant dans le fond. Voire effrayant. Fort d'un scénario ingénieux, Jens Lien soigne également sa réalisation de manière prodigieuse. Les plans propres et superbement cadrés sont d'une sobriété aussi séduisante que déconcertante et la progression narrative est d'une intelligence rare permettant une mise en place se passant de tous dialogues superflus. Exemplaire et indispensable ! Kerozene Site officiel : http://www.bothersomeman.com |
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BOY EATS GIRL - Stephen Bradley, 2005, Irlande Un ado un peu rebelle aime la fille d'un riche homme d'affaire qui ne l'apprécie guère. L'ado donne rendez-vous à la fille dans le but de lui déclarer sa flamme, la fille ne peut se rendre au rendez-vous car son père le lui interdit, ils ne peuvent pas s'appeler car il n'a pas de couverture réseau, elle décide donc de faire le mur, tandis que lui, désespéré, rentre chez lui l'air tout penaud. Suite à un malheureux concourt de circonstance, il finit par croire que cette fille si pure n'est en réalité qu'une sale traînée qui suce les bites des pires queutards du lycée. Tout malheureux, il s'enferme dans sa chambre, se vide une bouteille de gnôle, et s'amuse avec une corde qu'il met autour de son cou... manque de pot, sans le vouloir, notre ado finira raide mort au bout de celle-ci... Pas flippée pour autant, sa mère embarque la dépouille du fiston et le ressuscite grâce à une recette vaudou dénichée dans un vieux grimoire. Lorsqu'il se réveille, tout semble aller pour le mieux... sauf que notre jeune héros a faim et que rien excepté la chaire humaine ne saurait désormais le satisfaire. Ajoutez à cela le fait que ses forces se voient décuplées et que chacune de ses morsures transforme ses victimes en zombies, et vous aurez le prototype même du zombie moderne, collant des gnons dans la gueule, courant des sprints d'enfer et balançant un ou deux one-liners plus ou moins bienvenus. L'Irlande... un beau pays plein de prés verts et de moutons qui paîtrent paisiblement, un pays dans lequel les litres de Guinness s'écoulent comme autant de cours d'eau au ruissellement idyllique... Un pays qui ne connaissait pas grand chose du film de zombie, en somme. Et là, en deux ans, l'Irlande nous livre non pas un mais deux films de zombies ! DEAD MEAT en 2004, et ce BOY EATS GIRL en 2005. N'hésitons pas à saluer cette initiative bienvenue, et réjouissons-nous de voir émerger une nouvelle scène du cinéma horrifique que nous aimons ! Cependant, BOY EATS GIRL n'est pas non plus le must du genre. Son côté teen comédie pleine de clichés sur les ados en quête de filles rappelle inévitablement la saga AMERICAN PIE. Si l'humour pouêt-pouêt-pipi-prout n'est pas aussi développé, certains passages s'avèrent tout de même similaires, surtout lors des apparitions des seconds rôles rigolards et puceaux. Les zombies, eux, sont bien présents et courent dans tous les sens sans jamais effrayer qui que ce soit - mais là n'est pas le propos du réalisateur de toute façon, qui semble d'ailleurs avoir débauché ses potes d'université pour faire de la figuration à l'il. Les quelques attaques dispensent des effets gores de rigueur jusqu'au final quasi-orgiaque qui lorgne du côté du BRAINDEAD de Peter Jackson avec un style un peu plus brouillon : la horde de zombies se fait décimer à coup de moissonneuse batteuse, provoquant une pluie de membres spongieux sur des riffs de néo-métal. Un final fort en hémoglobine avant un happy-end imbécile qui rappelle rapidement l'aspect inoffensif de ce film honnête mais bien trop lisse et qui commet l'erreur de cibler un public djeunes à l'esprit peu critique. Kerozene |
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The CREMATOR - Juraj Herz, 1968, Rép. Tchèque, noir et blanc
Réalisé
pendant l'invasion soviétique de Prague, ce film a
été banni pendant plus de 20 ans pour faire surface
qu'au début des années 90. Il raconte la descente dans
la folie d'un incinérateur de cadavres, Karel Kopfrkingl
(Rudolf Hrusinsky), vivant une vie de famille exemplaire: il adore sa
femme, voit personnellement à l'éducation de ses deux
enfants, aux activités de la Mais voilà, l'Allemagne d'Hitler envahit peu à peu la République Tchèque et notre bon ami réussit à se faire convaincre qu'il a du sang allemand et qu'il devrait vite se débarrasser des "dangers" qui menace sa pureté dont sa femme (d'origine juive) et ses deux enfants. Un montage serré très sixties ne laissant place à aucun temps mort, un excellent usage du wide-angle, un acteur extrêmement charismatique (Rudolf Hrusinsky), des dialogues empreint d'humour noir, une imagerie gothique et grotesque, une musique et une atmosphère hypnotisante, la présence en leitmotive fantomatique d'une ancêtre à Soledad Miranda, des transitions entre chacune des scènes à en faire baver Robert Lepage, et cet esprit morbide très Europe de l'Est font de THE CREMATOR un des meilleurs films que j'ai vu depuis bien longtemps. Dommage qu'il ne semble pas vouloir se pointer en VHS ou DVD. (À noter que j'ai vu ce film dans le cadre de la rétrospective du cinéma d'horreur et fantastique tchèque à la Cinémathèque Québécoise) Mathieu Prudent |
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DÉCADENCE - Jean-Clément Gunter avec Olivier Lafrance, Nicolas Bickel, Nicole Andenmatten, 1998, Suisse, 79m Dans un premier temps on voit à différentes époques trois enfants de familles disfonctionnelles recrutés par un homme louche qui leur propose de vivre autrement. On saute dans le temps et dans une forêt en Suisse ou un couple en vacances fait son jogging en montagne, endroit pourtant réputé pour servir de refuge à trois psychopathes. Info ou désintox ? Les meurtres vont s'accumuler et les villageois vont se décider à se débarrasser de ces hommes sans morale, sous les protestations du curé qui pense les convertir par la foi. Tournage prévu de quatre semaines qui s'est étiré sur 4 ans, en 16mm, Décadence est aussi le remake du premier film de Gunter, intitulé 3 Psychopathes. Informations contenues dans le making of, qui nous aide à comprendre l'aventure de ce tournage. Mais lorsqu'on est pas prévenu, on a droit à un film qui se promène d'une atmosphère à l'autre. Quelques longueurs aussi dans un scénario qui aurait bénéficié d'être resserré ou à tout le moins plus centré sur un genre unique. Car si la famille est cannibale et portée par des envolées de sadisme sexuel, les dialogues et intermèdes presque poétiques ou l'on parle d'anges détonnent. Les plus jeunes acteurs sont aussi amateurs et nous amènent à décrocher, alors que l'ensemble des adultes sont correct et parfois bien inspirés. La dernière partie du film fait office de rédemption ou peut-être de rallonge pour augmenter la durée du métrage, en tout cas, on s'y perd et encore un fois, on se demande ou Gunter voulait en venir. Son second film, LA NUIT DES DÉMONS, aura au moins le mérite de se concentrer sur son sujet, plus simple. Mario Giguère |
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La DIGUE aka La DIGA de Fulvio Bernasconi, Suisse, 2003 (téléfilm), 1h20 "Elena a hérité d'une maison dans un petit village alpin, au pied d'un barrage. La jeune femme, qui n'y a pas remis les pieds depuis son enfance, s'y rend avec sa fille de 8 ans, Giorgia. Or, les habitants sont froids et distants et évitent particulièrement la petite fille. Leur arrivée réveille de vieilles blessures. Le calme qui règne habituellement à Bosco Lais n'est plus, et le barrage jette une ombre menaçante sur la vie des villageois. Elena est bien décidée à découvrir la cause de leur hostilité à son égard..." Voilà le type même de la découverte inattendue : en fin de soirée, un mardi soir, sur un canal peu réputé pour son goût du cinéma fantastique (la chaîne culturelle franco-allemande ARTE), déboule devant nos yeux ébahis un téléfilm fantastique ambitieux de plutôt bonne facture, quoique plein de menus défauts. De bonne facture, cette DIGUE l'est assurément : le décor montagneux est remarquablement valorisé. Sa minéralité écrasante est pour beaucoup dans l'atmosphère menaçante de l'ensemble. Le dossier de presse va jusqu'à évoquer SHINING et TWIN PEAKS, sur le thème du contraste entre rationalité et mysticisme. On se gardera bien d'écraser le téléfilm avec de telles comparaisons, mais Fulvio Bernasconi fait montre d'un bon sens de l'atmosphère et du cadre (dans tous les sens du terme). Reste que cette DIGUE n'est pas exempte de défauts. Manque ainsi une progression dramatique plus prenante : sans être un grand fan des "punchs" surgis de nulle part, on peut néanmoins regretter que tous les éléments de l'intrigue soient pratiquement livrés dès la première bobine. Quant à la réalisation, elle aurait gagné à se débarrasser de quelques affèteries inutiles (l'abus de DV inutile guette par instants). Mais dans l'ensemble cette DIGUE constitue une jolie tentative de "fantastique alpestre" et parvient à capter l'attention. A noter la sympathique présence de Pier Paolo Capponi (ancien régulier des polars de Fernando Di Leo) dans le rôle du maire du village... Stelvio |
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EXTRÊME DANGER aka Mission explosive aka HIGH EXPLOSIVE - Timothy Bond avec Patrick Bergin, Désirée Nosbusch, Daniel Petronijevic, Nina Muschallik, 2000, Afrique du Sud/Royaume Uni/Canada, édition DVD chez VIDEO FIGHT Films vidéo nous proposant les aventures africaines d'un groupe d'humanitaires, perdus au fond de la savane, démineurs de leur état, et toubib - pour ce qui est du rôle tenu par l'héroïne. Belle photo, il est vrai, pour une histoire frôlant le gore, bras cassé, avec fracture ouverte, après un (très réussi) crash d'avion, mais brisée par le refus de vraiment aller vers la violence indispensable, à tout film mettant en scène des guerres civiles, où de plus, sont montrés des mercenaires. Ici le mercenaire, et les violences tribales sont soft, trop soft, loin des quasi documentaires que furent LES OIES SAUVAGES d'A M Lagen, ou LES CHIENS DE GUERRE, ou encore LE DERNIER TRAIN DU KATANGA avec l'impressionnant Rod Taylor - trop soft les gars - trop soft. Vince Rogers |
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FIN AOÛT A L'HOTEL OZONE aka THE END OF AUGUST AT THE OZONE HOTEL aka LATE AUGUST AT THE OZONE HOTEL aka KONEC SRPNA V HOTELU OZON - Jan Schmidt, 1966, Tchéchoslovaquie Voilà une curiosité qui ne manque pas de piquant : un post-nuke nihilisto-féministe en provenance d'Europe de l'Est tourné dans un noir et blanc chatoyant. On y découvre une horde de jeunes femmes arpentant une terre inhabitée suite à une guerre fatale. Menées par une femme d'un certain âge qui a eu la chance de connaître la Terre peuplée par l'espèce humaine, cette dizaine de jeunes femmes d'une vingtaine d'années et n'ayant jamais côtoyé le monde civilisé se comporte de manière quasi primitive. Se nourrissant de boîtes de conserve, faute d'une terre saine propre à la culture, leur attitude infantile, voire quasiment barbare, est contenue par la sagesse de leur aïeule qui n'a jamais perdu l'espoir de trouver un jour un groupe de survivants. On suit alors leurs pérégrinations désolées jusqu'à ce qu'elle rencontre enfin un homme vivant dans les ruines d'un hôtel, l'Hôtel Ozone... Cet homme d'un certain âge se liera logiquement d'amitié avec leur leader. Cet homme pour qui l'ampleur du bonheur d'enfin pouvoir ressentir un contact humain après des années de solitude sera aussi grand que l'atroce désillusion qui l'attend. Froid, dur, irritant et fascinant sont les mots qui viennent à l'esprit pendant la vision de ce film à l'ambiance pesante. Toute trace d'espoir se voit constamment balayée par des actes égoïstes, tout bourgeonnement de tendresse se voit annihilé par une ignorance destructrice. Et comme si cela ne suffisait pas pour rendre ce métrage difficile, les actes de cruautés envers certains animaux présentés ici n'ont rien à envier aux films de cannibales italiens. Si un serpent se faisant trucider peut ne pas déranger, si une vache abattue sans douleur avant de se faire étriper à mains nues peut ne pas particulièrement choquer, il est en revanche beaucoup difficile de rester insensible face à l'exécution douloureuse d'un chien errant visiblement blessé par balle pour les besoins du film et dont les hurlements de douleur ne seront abrégés que par un coup de crosse sur la nuque. Justifiable ? Certainement pas, même si cela sert les propos du film. Mais un chien ça se dresse, jusqu'à preuve du contraire. Malheureusement cela altère quelque peu l'appréciation générale d'un film rare et touchant dont le final ironique aura vite fait de laisser un goût amer dans la bouche. Fascinant donc, mais éprouvant. Kerozene |
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LA FORÊT DES DÉMONS - Jean-Clément Gunter, 2005, Suisse, 75m Il y a plusieurs raisons pour regarder des productions indépendantes: encourager la relève, découvrir des talents, voir quelque chose de différent. Mais souvent les réalisateurs débutants, pour percer le marché ou par choix, font dans le prévisible pour répondre aux besoins du commerce, ou ce qu'ils en perçoivent. On est ici rapidement confronté à un sujet et une approche très prévisible: la forêt infestée de démons et les innocents qui seront aux prises avec ces créatures. Une famille de trois, papa, maman et le jeune garçon, arrivent dans une forêt pour passer 10 jours de vacances près de la nature, loin du stress de la ville. Un groupe de six jeunes adultes a également loué le chalet, mais on s'accommode, on essaiera de rejoindre le propriétaire le lendemain. Ils ont pourtant été avertis par une femme, un peu folle en apparence, que les bois renferment des démons. Hors donc, réveillées par les pétards du jeune homme, trois démons vont s'en prendre et bouffer du vacancier. Gunter scénarise, photographie, produit et réalise, un tournahe de 2 semaines et 2 week ends, pour 20,000 euros, un film de démons typique, avec gore et nudité, remplissant le cahier de charge du genre. Les acteurs sont en général bien, surtout le jeune, mais les démons sont un peu quelconque. Le maquillage des créatures est à la base correct, mais sans distinction et presque noyé sous le sang, pendant que leurs costumes (ils sont supposément morts depuis 23 ans) sont vraiment propres. Un coup d'oeil sur les zombies de Fulci aurait été bénéfique. On remarque les nombreux emprunts aux films du genre, dont une montée de lait avec scie à chaîne manière "Leatherface". Musique d'ambiance agréable dans l'ensemble. On est juste surprit par la politesse des Suisses, ça en prendra des épreuves avant qu'ils ne craquent et disent un gros mot ! Pour découvrir et encourager, donc, pas pour d'hypothétiques surprises. Mario Giguère |
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Dommage que Uthaug ait lui, refusé d'emprunter le hors piste pour réaliser son film. Marc Evil |
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FUNNY GAMES - Michael Haneke, 1997, Autriche Ce film de Michael Haneke m'a laissé perplexe. D'une part, il possède des qualités indéniables ; d'autre part, je ne peux pas hurler " chef-d'oeuvre " pour plusieurs raisons. Essayons de démêler le tout. Le scénario de FUNNY GAMES explore un terrain connu : comment deux petites crapules parviennent à terroriser une famille bourgeoise moyenne partie en vacances. On reconnaît là les grandes lignes de films comme LAST HOUSE ON THE LEFT, THE HILLS HAVE EYES, WEEK-END DE TERREUR (William Fruet), etc. Qui dit "terrain connu" dit inévitablement "comparaison", et, pour ce motif, il est difficile de ne pas comparer FUNNY GAMES à ses modèles évidents... L'originalité du film est donc mise en cause... D'autant plus que les fameuses humiliations infligées à la famille ne vont pas trop loin, en comparaison de LAST HOUSE ou de HOUSE ON THE EDGE OF THE PARK. HITCH-HIKE, basé sur un canevas semblable, était parvenu à s'en sortir par des retournements de situation très inattendus et des personnages psychologiquement complexes. Ce n'est pas le cas dans FUNNY GAMES où chaque protagoniste est relativement unidimensionnel. Le scénario n'apporte donc guère de surprises, si ce n'est quelques brefs passages expérimentaux qui relèvent plus de l'exercice de style qu'autre chose (j'aimerais être plus précis, mais je crains de trop en dire, pour ceux qui n'ont pas encore vu le film). C'est ailleurs qu'il faut chercher les qualités de FUNNY GAMES : au niveau de l'interprétation, très bonne... Au niveau des cadrages et de la photographie, élaborés et professionnels. Le réalisateur a choisi de n'inclure aucune trame sonore dans son film, ce qui est intéressant. La seule musique qu'on entende de temps à autre, ce sera donc celle que tel personnage écoute dans sa voiture ou sur sa chaîne hi-fi. Jamais de violons qui viennent souligner de scènes dramatiques en cherchant à manipuler le spectateur. Ce choix sobre est à souligner. Pour le reste... Je serais bien en peine de dire autre chose. J'ai eu l'impression d'un thriller soigné, mais je dois dire que FUNNY GAMES ne deviendra pas l'un de mes classiques. Il y manque peut-être ce grain de folie, cette démence contrôlée qui allume les meilleurs films. Ici, on a affaire à une mécanique bien huilée, mais relativement sage (malgré le propos)... Le DVD de FOX LORBER ne contient à peu près aucun supplément, sauf une bande-annonce (qui en révèle trop, comme d'habitude) et des éléments de filmographie (format "texte"). Howard Vernon |
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GA, GA: GLORY TO THE HEROES aka Ga, ga: Chwala Bohaterom - Piotr Szulkin, 1985, Pologne Terre, XXIème siècle. Plus personne ne souhaite prendre de risques inutiles pour coloniser l'espace, tout le monde préfère rester pépère le cul enfoncé dans son fauteuil. Du coup, la conquête de l'espace se fait grâce à des prisonniers embarqués contre leur gré dans une navette pourrie à l'hygiène bien éloignée de l'Enterprise du Capitaine Kirk et envoyée au hasard d'une trajectoire plus ou moins définie. C'est l'aventure de l'un de ces prisonniers que nous suivons. Un homme loin d'être dupe quant à l'honnêteté de ses dirigeants et qui se plie bien malgré lui à leurs caprices de bureaucrates bornés. Son vaisseau atterrit sur une planète habitée par des humains parlant le polonais tout comme lui et où aucun soleil ne brille jamais. Accueillit par un homme ravi de lui apprendre qu'il est le nouveau héros attendu par le peuple, notre cosmonaute se voit confié aux bons soins d'une jeune prostituée mineure dont il tombe amoureux. Mais l'administration absurde de cette planète lui réserve de bien mauvaises surprises : son statut de héros lui impose de commettre un crime pour finir empalé en public lors d'une cérémonie diffusée sur les chaînes de télévision ! Mensonges, manipulations, faux-semblants, cette planète ne vaut finalement pas mieux que la Terre... Voici un récit aussi cynique que critique envers une société fictive dissimulant à peine la Pologne des années 1980. Le réalisateur, en attaquant cette planète ressemblant étrangement à une petite ville polonaise aux fausses allures libertaires (les enseignes aux néon à l'américaine promouvant des hamburgers) se permet bien évidemment de pointer du doigt les honteuses manipulations que le peuple polonais a subit durant les dernières années de la guerre froide. Entre une notion de liberté toute relative (" vous êtes libre de faire un choix entre ces quatre propositions " soutient l'ordinateur de bord de son vaisseau) et une représentation peu glorieuse des forces de l'ordre (la police met en scène un supposé viol commis par notre héros sur la jeune mineure), tout ce qui définit l'administration passe à la moulinette, en prenant au passage la population lâche obéissant aveuglément et se permettant les pires bassesses pour un peu d'argent (les voisins prétendant que leur fille est aveugle). De la SF à message donc, remplie de personnages hauts en couleur, comme le " serviteur " du héros et sa cravate coquine, le directeur dirigeant tout depuis son tripot pourri, le cuistot de celui-ci servant des hot dogs que l'ont pourrait appeler des " hot-fingers " vu leur contenu, la vieille pute périmée, l'autre " héros " insouciant qui se laisse aller à la luxure avant l'empalement fatal, le journaliste de télévision prêt à quelques bassesses pour obtenir une interview du héros pendant son exécution et les voisins compréhensifs qui lui offrent avec compassion un tube de vaseline... Une belle métaphore pour dire élégamment que le système encule les hommes possédant encore quelques valeurs humaines. Kerozene |
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GRANDE PEUR DANS LA MONTAGNE - Claudio Tonetti, 2006, Suisse/France Adaptation d'un roman de l'écrivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz à destination de la télévision, LA GRANDE PEUR DANS LA MONTAGNE est un film qui tient plutôt bien la route. Étonnant de voir une production suisse prendre les voies du cinéma de genre avec tout ce qui va avec : grain de l'image épais, photographie terne, mouvement de caméra secs, gros plans leoniens et bande son bruitiste qui abuse quand même un peu des effets sonores effrayants - ce qui a pour effet de les décrédibiliser quelques peu. On se croirait en plein western alpin empreint de fantastique, dommage d'ailleurs que le film ne prenne pas soins de s'y plonger corps et âme. On sent en effet une certaine retenue à ce niveau et cela nuit considérablement à l'ensemble du film qui se retrouve le cul entre deux chaises. Ceci dit, les intrigues parallèles sont très bien intégrées et mettent en avant la mauvais influence des citadins sur les montagnards et la cupidité de l'homme. Le ton général est sombre, la fin plutôt pessimiste - mais de loin pas autant que le roman qui s'achève sur une note beaucoup plus dramatique, fin qui a en revanche été conservée dans sa première adaptation par Pierre Cardinal en 1966. Mais ne boudons pas notre plaisir, il est tellement rare de voir un tel film sortir des maisons de production suisses que ça fait chaud au cur. Et quand en plus il nous offre des plans des paysages alpins d'une beauté à tomber par terre, on ne peut qu'adhérer ! En revanche, si le film s'exporte, il ne fera que contribuer à l'idée reçue voulant que les suisses sont tous des montagnards vivant au milieu des vaches... Ne manque plus que le chocolat Kerozene |
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GRETCHEN SANS UNIFORME aka FRAULEIN IN UNIFORM aka FRAULEIN WITHOUT A UNIFORM aka SHE-DEVILS OF THE SS aka EINE ARMEE GRETCHEN - Erwin C. Dietrich, 1973, Suisse Le père Dietrich pourtant habitué aux cochonneries franches au niveau des coups de hanches et de l'humour scabreux aborde ici l'univers de la nazisploitation avec une retenue des plus surprenante. On y découvre un peloton de jeunes filles dévouées corps et âme à leur führer mais n'hésitant jamais à tomber l'uniforme pour fricoter avec du soldat. Érotisme paillard sur marche militaire, humour roublard et dialogues polissons au programme mais le tout se fait dans un esprit bon enfant. Exit donc les séances de tortures et les parties de sexes déviants habituellement présentes dans le genre - et en particulier en Italie, et bonjour les amourettes doucement sauvageonnes. Niveau scénario on touche le niveau zéro, surtout que la dernière demi-heure est quasiment incompréhensible, mais on retiendra cette scène ayant lieu sur le front russe, ou l'assaut surréaliste de chars ennemis attaquant une petite tranchée allemande perdue au milieu d'un champs, suivit de la fuite de femmes à poil slalomant entre les explosions d'obus. Les amateurs d'érotisme chaud resteront sur leur faim et les curieux avides d'exploitation outrancières seront plus que déçus, à se demander franchement à qui est destiné ce film... Kerozene |
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INSOMNIA - Erik Skjoldbjærg avec Stellan Skarsgård - Norvège - 97 min Jonas Engstrom, un inspecteur Suisse se rend en Norvège pour enquêter le meurtre d'une jeune adolescente de 15 ans. Le meurtrier apparaît avoir fait un crime tout à fait parfait, amenant l'inspecteur à être tellement obsédé par l'enquête qu'il en devient insomniaque . Des imprévus viennent gêner une enquête qui n'avance pas, l'inspecteur descend par mégarde son partenaire pendant une descente dans le brouillard. Engstrom traffique la scène du crime et la folie peu à peu, commence à le dominer. C'est assez intriguant ce film, l'ambiance est installée avec beaucoup de brio. Le réalisateur montre une région qui malgré ses 24 heures de soleil est d'une froideur extrêmement malsaine et inconfortable. Ne vous attendez surtout pas à une orgie de couleurs. c'est tellement neutre qu'on pourrait y mettre une ressemblance avec le purgatoire Le point négatif de cette ambiance est que le film perd un peu son spectateur quand la scène n'est pas le moindrement stimulante ( heureusement, le film est court et ces scènes un peu raté ne sont pas nombreuses) . Le point positif que le point négatif amène ( Comme c'est clair) c'est l'imprévisibilité qui entoure chacune des scènes. C'est aussi grâce à la performance impressionnante de Stellan Skarsgard qui dépeint un personnage fascinant qui, à cause de tous les problèmes qui l'entourent devient carrément dément. Skarsgard ne joue pas le rôle d'un dément, IL est dément. On n'aurait pas pu trouver un meilleur choix pour interpréter le rôle principal. Pour ce qui est des autres acteurs, personne ne se démarque particulièrement mais rien n'est exagéré, le jeu de l'ensemble des acteurs est très subtil et toute en finesse ce qui aide encore plus l'incroyable atmosphère qui règne. Un film surprenant, prenant, complexe et intéressant qui intéressera les fans non pas seulement d'enquêtes mais aussi pour ceux qui aiment les personnages complexes et tordus. IL ne me reste maintenant qu'à écouter le remake américain de Christopher Nolan avec Al Pacino et Robin Williams. Abba |
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The IRREFUTABLE TRUTH ABOUT DEMONS aka FACE AUX DÉMONS aka TRUTH ABOUT DEMONS - Glenn Standring, 2000, Nouvelle-Zélande Harry Ballard est anthropologue. Dans le cadre de son job, il traque les différentes sectes et autres mouvements religieux parallèles afin de mettre à jour leurs pratiques manipulatrices basées sur de vulgaires mensonges exploitant la crédulité des gens trop naïfs. Malgré une certaine habitude à recevoir des menaces, il est intrigué par une cassette vidéo qu'il reçoit et dans laquelle un gourou patibulaire l'accuse de calomnies. C'est alors que les membres d'une secte satanique vont chambouler son quotidien et ébranler ses convictions... Intéressante série B jouant avec la perception de la réalité, on en ressort néanmoins avec un léger goût amer provenant de la désagréable sensation de s'être fait arnaquer. Si la trame de base est séduisante, le film se perd dans son propre jeu de brouillage de pistes à cause de son scénario brouillon et de personnages secondaires négligés, trahissant le manque d'intérêt que le scénariste réalisateur leur a accordé. De plus, le traitement apparemment voulu par Standring semble s'orienter vers une ambiance glauque et malsaine, si l'on en juge par les membres de la secte au look de psychopathes gothiques percés de partout et les scènes gores. Malheureusement la photo du film, incroyablement nette et beaucoup trop éclairée n'est pas en adéquation avec ces supposées intentions, donnant au film une allure de téléfilm aseptisé. Dommage donc, car il y avait sans doute de quoi faire un film efficace, d'autant plus que son réalisateur semble avoir du potentiel. Kerozene Site officiel : demons.co.nz |
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ISLAND
WOMEN aka Gefangene Frauen aka Caged Women aka Prisonnières
de l'île aux rats - ERWIN C. DIETRICH avec Karine Gambier,
Brigitte Lahaie, 1980, Suisse, 89m Belle post-production, comme souvent chez Dietrich, pour un résultat toutefois anecdotique. À voir pour Lahaie et Gambier, qu'on aurait toutefois préféré voir dans un film plus ambitieux. Oncle Vernon |
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ISOLATION
- Billy O'Brien avec John Lynch, Essie Davis, Sean Harris, Marcel
Iures, Ruth Negga, Irlande, 2005, 1h31 Finalement, la vertu essentielle du film réside dans son "humanisme". Alors qu'il pourrait orchestrer un jeu de massacre rigolard et potache, le cinéaste joue au contraire la carte de l'empathie, pour TOUS ses personnages, du fermier au scientifique en passant par les deux routards en cavale qui ont trouvé refuge dans la ferme. On se sent vraiment concerné par l'atroce situation dans laquelle ils sont plongés. Le film n'en est que plus "prenant", dans le bon sens du terme. Et on prend une authentique et salutaire claque ! Stelvio |
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The JOHNSONS - aka XANGADIX aka De Johnsons - Rudolf van den Berg, 1992, Hollande Ce film hollandais nous conte l'histoire de septuplés venus au monde à la suite de la première insémination artificielle. Le docteur se chargeant de leur arrivée dans la vie s'appelle Johnson. Et ce cher docteur Johnson voue un culte à une sorte d'entité embryonnaire divine appelée Xangadix. 21 ans plus tard, nous faisons connaissance avec une femme qui vit avec sa fille de 14 ans qui n'a jamais eu ses règles. Parallèlement, un professeur dethnologie de l'université découvre une malle contenant un film sur l'expédition de Johnson et ses confrères en Amérique du Sud, qui font la fête au milieu d'une cérémonie dédiée à Xangadix. Le père du professeur, une sorte de marabout, détruit tout le contenu de la malle. Suite a une enquête du professeur, on apprend les sept frangins, qui n'ont jamais décroché un mot, ont buté à lâge de 7 ans tous les mômes du foyer où ils se trouvaient. Enfermés maintenant dans une prison haute sécurité rien que pour eux, ils butent leur docteur et, comme ils l'avaient fait 14 ans auparavant, dessinent un symbole sur le mur avec le sang de la victime le symbole de Xangadix. Tout près de cette prison, la mère et sa fille de 14 ans font des photos de Hérons. Hors la mère se trouve être une personne ayant offert ses ovaires pour l'insémination artificielle du début. Et, selon la légende, si sa fille se fait féconder par un des fils, ce sera lavènement de Xangadix et la fin de la vie sur Terre, ou un truc du style. Pas toujours très clair, pas toujours très bien fait, le film se laisse tout de même regarder avec un certain intérêt, sans pour autant être super captivant, car il manque un peu de rythme. On a même droit à quelques scènes gores, lorsque la fille tue les vilains frères aînés vers la fin: une décapitation, une tête perforée à l'aide d'un couteau électrique... Xangadix est représenté comme une sorte d'embryon mutant, et est assez ridicule, il faut l'admettre. Kerozene |
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KITCHEN STORIES aka Salmer fra kjokkenet - Bent Hamer, Norvège/Suède, 2003, 1h35 Synopsis intéressant grâce à l'élément de départ véridique que furent les études suédoises des années 50 sur les faits et gestes au foyer. Film "mignon" ayant pour monstre un représentant du capitalisme ne s'arrêtant que 2 courts instants mais ivre avec son biplan privé d'où il émerge des sons de fiesta outranciers pour une petite campagne hivernale. Film manquant de déversement de sang a possibilité de sommeil élevé puisqu'il s'agit d'humanisme, d'une amitié déployée lentement entre un suédois et un vieux-grincheux-norvégien sous une ambiance à la Tati. -On somnole déjà? -Vite, un tit visionnement de la bande annonce et ça devrait être parfait. Outre ses gags charmeurs et le contexte historique, ce 4ème film de Bent Hamer parfait pour un dimanche soir pour ceux n'ayant pas de patience a le mérite de rendre encore plus avide de films étrangers. Deadmonton |
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KONTROLL - Nimród Antal, Hongrie, 2003 KONTROLL suit un groupe de contrôleurs travaillant dans le métro de Budapest. On y découvre leur travail au quotidien, un travail peu gratifiant pendant lequel ils ne voient jamais la lumière du soleil et pour lequel ils ne cessent d'essuyer les insultes de passagers récalcitrants n'hésitant jamais à se foutre de leur gueule ou à carrément les passer à tabac. Bref, la vie de contrôleur est loin d'être rose, mais c'est à celle de Bulcsú que l'on va particulièrement s'intéresser. Bulcsú, homme désabusé, ancien cadre déchu ayant élu domicile dans les sous-sols de Budapest, travail le jour et erre la nuit dans les couloirs du métro. Une véritable vie de troglodyte qui sera bientôt égayer par la rencontre d'une jeune fille déguisée en chien, mais également mise à rude épreuve par une mystérieuse présence hantant les sous-terrains et poussant sournoisement les passagers isolés sous les rames des métros - faisant ainsi croire à une vague de suicides entachant l'image des transports en commun. KONTROLL n'est pas un film sur le métro de Budapest, comme en atteste l'introduction du film faite par le directeur de celui-ci - heureusement pour lui, sinon bonjour la pub. KONTROLL est une métaphore sur les dérives d'une société dégueulant toujours plus sur une certaine forme d'autorité, ou des autorités dégueulant toujours plus sur le consommateur, difficile à dire. Le réalisateur semble mettre en avant une sorte de critique de ces autorités et de leur façon d'utiliser leurs "petits soldats" comme des pions que l'on envoie au casse-pipe. Le message ne passe pas très bien et le film se regarde d'abord comme un thriller de série B, avec ses personnages déglingués (le contrôleur gominé qui se prend pour un justicier, le contrôleur narcoleptique, le passager proxénète et ses putes, le passager homosexuel qui pue le cliché à deux balles,...), ses poursuites à pied et ses scènes d'action divertissante. Rien de vraiment original ni vraiment passionnant, mais un divertissement correct qui se termine sur une note d'optimisme et dont on regrettera peut-être le peu d'intérêt apporter à l'intrigue du tueur encapuchonné. KONTROLL, premier long-métrage de son réalisateur, semble être très inspiré du cinéma américain et ne doit pas être très représentatif du cinéma hongrois (ce qui n'est que pure spéculation)... Kerozene |
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LITTLE OTIK - aka Otesanek, Jan Svankmajer, 2000, République Tchèque Parmi d'énormes irritants cris stridents et mignons rires de nouveau-nés, un couple apprends qu'ils sont stériles. Désespéré, le mari finira par offrir une racine, qu'il a grossièrement sculpté, à son épouse pour la consoler. Stupeur, celle-ci va entraîner dans une folie de maternité tout son entourage. La racine, n'ayez crainte, prendra vie et deviendra même mangeuse de chair inassouvie. Gentilles scènes d'horreur et surtout dès le début, sans relâche; une imagination, un humour satirique accompagné de poésie illustrant avec maîtrise les paradoxes de notre civilisation. Les interprétations sont donc multiples et rien à voir avec Pinocchio sinon le bois. Certains ont reproché la longueur du film, 2h, moi, j'ai adoré. Ce film me permit de découvrir aussi Jan Svankmajer. Celui-ci est surnommé "le maître du surréalisme tchèque" ayant près d'une trentaine de films d'animation pour "adultes". Little Otik est son 4e film "live". Deadmonton |
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The LIVING CORPSE aka ZINDA LAASH - Khwaja Sarfraz, Pakistan, 1967 Voila une bien curieuse adaptation du Dracula de Stoker par le cinéma Lollywoodien. On y retrouve les grandes lignes du roman intégrées dans un Pakistan contemporain. Dracula est remplacé par le Dr. Tabani qui, suite à la découverte et à l'ingestion de la formule d'immortalité, se transforme en vampire. Du coup, il s'habille en noir, porte une cape et a les cheveux tirés en arrière en plus d'avoir deux belles canines. Si son apparence est très classique, en revanche il se déplace en voiture. Le film possède un charme désuet qui semble provenir des années 1940. Les morsures vampiriques sont très prudes, jamais nous ne verrons les lèvres suceuses se coller sur le cou des victimes. Les acteurs en font des tonnes dans leur expression de la joie, de la tristesse ou de la peur, à tel point que ça en devient cocasse. Et surtout, nous avons droit, comme dans le cinéma indien, à des scènes musicales dans lesquelles de jeunes filles potelées chantent et dansent de manière quelque peu maladroite, mais si touchante en même temps. Le final nous offre une bagarre à mains nues entre le Pr. Tabani et l'un des héros, ce qui constitue donc sans doute à la première bagarre de la sorte de l'histoire de Dracula au cinéma, tout comme nous assistons à la première incursion de la scène du nourrisson livré par le vampire à l'une de ses succubes ! Le film fut le premier à être classé X en son pays d'origine (ce qui ne manque pas de faire sourire, mais aujourd'hui Lollywood s'offre tout de même plus de liberté que dans cet exemple de retenue). Une véritable curiosité, un film très rare et plaisant aujourd'hui disponible en DVD via Mondo Macabro. Kerozene |
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Mr. WRONG - Gaylene Preston, 1985, Nouvelle Zelande Appelé chez nous JAG, Mr. WRONG est le nom d'une voiture, une Jaguar (d'où JAG), possédée par l'esprit de son ancienne propriétaire assassinée. La nouvelle proprio remarque des choses bizarres, notamment le fantôme de l'autre qui monte à bord et qui cherche a se venger de son agresseur. Ce film néo-zélandais est sympa, mais après tout, ça pisse pas très loin. Il y a 2-3 moments bien fait, notamment lorsqu'une sorte de soufflement rauque et assez flippant se fait entendre dans la voiture. Mais le tout est plutôt gentil, un peu plus et on pourrait croire à une production Disney. Ce n'est pas CHRISTINE, mais ça on s'en doute avant de mettre la K7 dans le magnétoscope... Kerozene |
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NA KOMETE aka L'ARCHE DE MONSIEUR SERVADAC - Karel Zeman, 1970, Tchécoslovaquie, 1970, 75m, Couleurs, sépia, noir et blanc Une comète a provoqué une brusque scission de l'écorce terrestre. Un morceau de la Terre a été projeté dans l'espace. Sur cette nouvelle planète en dérive se trouvent réunis une garnison française d'Afrique du Nord, les Arabes qui leur font face et le trafiquant d'armes intéressé par cet affrontement. Le groupe comprend également une jeune fille destinée à un émir et de nombreux commerçants, serviteurs, navigateurs ainsi que des soldats britanniques de Gibraltar. Hector Servadac, jeune soldat Français, tente de les convaincre les ennemis d'hier de s'allier contre les nouveaux périls célestes qui les guettent. Alors que ce petit monde s'organise, une horde de dinosaures surgit du désert. ! ! ! Publicitaire de formation, Karl Zeman, surnommé le Méliès Tchèque, livre avec cette adaptation de Jules Vernes méconnue ("Hector Servadac, Voyages et Aventures à travers le Monde Solaire", qui est l'un des plus fous des Voyages extraordinaires de Verne), une uvre étonnante et détonnante. Comme beaucoup d'autres uvres, ce roman mêle avec un grand art des faits scientifiques rigoureux provenant des meilleures sources de l'époque à des hypothèses abracadabrantes. Grâce au savoir-faire de Zeman, les décors de la comète et les paysages de l'Afrique du Nord, recomposés grâce à un époustouflant travail sur l'image, évoquent les vieilles cartes postales du début du siècle et confèrent à ce film toute sa dimension poétique et fantasmagorique. Le film est tourné en couleurs mais dès l'apparition de personnages réels, c'est le noir et blanc puis le sépia qui reprennent le relais. Par la magie d'effets spéciaux novateurs pour l'époque (incrustation de décors, scènes d'animations...), Karl Zeman nous invite à embarquer sur cette arche fantastique, véritable tour de force cinématographique, peuplée de monstres préhistoriques, d'une belle héroïne et d'aventuriers de tous bords. L'un des moments forts de ce petit bijou restera sans doute l'instant ou nos infortunés expatriés découvriront que le nouvel astre bleuté qu'ils aperçoivent dans les cieux, n'est autre que leur planète à laquelle ils ont été arrachés ! A découvrir d'urgence... à la mémoire d'un certain cinéma ! Marc Evil |
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NEXT DOOR aka NABOER - Pål Sletaune, 2005, Norvège/Danmark/Suède John est un jeune type un peu perdu. Il vient de se faire larguer par sa copine qui semble être devenue très proche d'un certain Åke et du coup, il n'a pas trop la pêche. Il rencontre alors sa voisine de palier, une fille pas trop mal roulée à l'allure un peu débraillée qui lui demande de lui donner un coup de main pour l'aider à déplacer un meuble dans son appartement. Il accepte. Le meuble en question se trouve être une armoire à placer devant la porte d'entrée. Voila une bien étrange invitation, d'autant plus étrange que la jeune fille en question a une soeur tout aussi mystérieuse mais surtout nettement plus chaudasse. Si John est d'abord méfiant, il est aussi rapidement attiré par ces filles vivant dans un appartement s'apparentant parfois à un dédale de portes et de couloirs, et entame un jeu de séduction qui l'amènera à une séance de sexe sado-masochiste extrêmement brutale avec la plus jeune des soeurs. C'est le début d'une descente dans un enfer schizophrénique pour John, une véritable chute à la recherche d'une vérité inavouable... NEXT DOOR est le type de thriller radical qui refuse toutes concessions afin de mettre quelque peu mal à l'aise le spectateur confortablement assis dans son fauteuil. Ce sentiment est particulièrement fort lors de cette scène dans laquelle John et la fille font l'amour tout en s'envoyant de puissants coups de poing en pleine face. La violence est ici extrême et le cadre si inhabituel que l'impact est maximum et laisse sans voix, un peu à la manière de la scène du viol de Monica Belucci dans IRRÉVERSIBLE - sans pour autant atteindre un tel niveau d'intensité. Ces quelques minutes sont le point culminant d'un film bourré de qualités et qui réussi merveilleusement bien à nous entraîner dans la folie de son personnage principal. Si cette plongée lugubre s'avère fascinante, son issue s'avère en revanche prévisible. Peut-être saura-t-elle surprendre certains spectateurs mais le cinéphage aura vite fait de deviner le pot au rose. Cela n'enlève rien à l'intérêt que suscite le film, le premier film norvégien a s'être vu interdit au moins de 18 ans en... 18 années en Norvège. Kerozene |
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NÓI THE ALBINO - Dagur Kari, 2003, Islande/Allemagne/Angleterre/Danemark Noì, un jeune homme au faciès accrocheur vit avec sa grand-mère dans une petite ville islandaise. Toujours tout seul, il passe son temps à rêvasser et à se débrouiller comme il peut pour être heureux. Il rencontre Iris une jeune fille qui revient de la ville avec qui il projette de fuir cette prison glacée. Craignant que ses écarts de conduite n'influencent les autres, on le jette de l'école et lui propose de travailler au cimetière comme fossoyeur. Cette histoire pas très jojo nous ramène au coeur d'un penchant de la réalité islandaise peu véhiculée par les médias. Ici on ne parle pas de l'Islande culturellement prolifique des Bjork ou autre Sigur Ros, mais de celle des gens abrutis par l'isolement et l'absence de possibilités d'avenir dans cet environnement magique mais hostile. Noì représente le drame de cette jeunesse qui dérange et que le seul le rêve peut garder vivant. Ici la blancheur virginale islandaise n'est pas synonyme de paradis perdu, mais plutôt de nature impitoyable. La désillusion généralisée est illustrée par le quotidien certes esthétiquement intéressant mais stérile de ces gens qui n'attendent plus rien de la vie. Les images intérieures comme extérieurs témoignent d'un souci esthétique remarquable qui rend toute cette morosité mois déprimante. L'Islande est montrée comme une prison belle de l'extérieur mais pourrie à l'intérieur. Noì, le naïf, survivra grâce à son désir d'un ailleurs qu'il croit meilleur, mais qui n'existe pas. Dagur Kari signe un film d'une grande beauté mélancolique qui nous ouvre à la réalité nordique d'une façon sereine et poétique qui charme malgré son pessimisme. Mongola Batteries |
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The
PYTHON - Amayo Uzo Philips, 2003, Nigéria Etant donné le niveau de production de la chose, il est évident que pareil visionnement réclame un minimum d'indulgence. Mais force est d'admettre qu'il est extrêmement pénible de traverser cette histoire terriblement bavarde, d'autant plus qu'elle s'avère idéologiquement douteuse. Prôner le christianisme au détriment des croyances locales donne un aspect très "outil de propagande" au film et cela est difficilement digeste (voire pas du tout) - déjà que sans ça c'est pas du gâteau.... Pour le reste, j'imagine que les défauts du film sont inhérents à la production locale d'une manière générale. Les acteurs jouent dans un anglais le plus souvent très approximatif (seuls quatre ou cinq acteurs sont compréhensibles), les éclairages sont naturels, le cadrage basique, le montage statique et les effets spéciaux font passer les techniques de Méliès pour des exemples de technologie avancée. Il n'empêche que le python du titre est à hurler (matez un peu la photo) malgré que son temps de présence à l'écran ne dépasse pas les trois minutes. Kerozene |
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QUIET EARTH - Geoff Murphy, 1985, Nouvelle Zélande Un bon film Néo-Zélandais !!! Un homme se lève un matin et se rend compte que tous les animaux ainsi que les humains ont disparu !!......Il finit finalement par faire la rencontre de quelques autres personnes et ainsi va le début de ses recherches afin de comprendre ce qui se passe......Ou de ce qui sest passé !!....... Une belle trouvaille puisque je lai loué sans en avoir entendu parler auparavant.... Baron Blood Le film devient boiteux à partir de l'instant ou le protagoniste principal rencontre les deux autres survivants. Par contre, de mémoire, la première partie était bien (la lente déchéance du mec qui se rend compte qu'il est véritablement seul au monde). La scène faisant référence à Hitler (I am the ruler of the world...) Ou notre héros, complètement disjoncté, s'amuse à manipuler des cartons représentant des humains (afin de se créer une foule soumise) est excellente. Samhain |
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REQUIEM aka Lissaboner Requiem - Alain Tanner, 1998, Suisse/France/Portugal, 1h44 Un homme attend, sur un quai de Lisbonne, à midi pile, pendant la journée la plus chaude de l'année, un rendez-vous qui ne se présentera jamais. La ville est déserte et le soleil plombe, mais l'homme, en nage, est bien décidé à errer à travers les rues complètement vides à la recherche de ses fantômes et d'une vérité quelconque à leur propos... Francis Frappat est L'HOMME, Paul, cet être lettré et fantomatique qui erre tel un zombie en sueur à la recherche d'un signe ou d'une présence rassurante. On ne nous explique jamais clairement ce qu'il fout là, ce qui fait partie du charme, j'imagine. Il rencontre des personnages truculents et sympathiques, et sa journée (on n'est témoin que de douze heures en tout et pour tout) prends des airs d'épopée poétique ! Adapté d'un roman d'Antonio Tabucchi, ce film du Suisse prodige est hypnotique et prenant, quoiqu'un peu difficile à saisir si on n'est pas au fait du paysage littéraire portugais. Cet hermétisme n'est pas rébarbatif, pour peu qu'on soit prêt à se laisser bercer par la douceur des images et le rythme marin (on croirait les balancements d'un bateau à quai) de l'ensemble. Une autre judicieuse production de Paulo Branco ! Orloff |
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SANGRE ETERNA aka Eternal Blood - Jorge Olguìn, 2002, Chili, 1h48 Carmilla, une jeune chilienne rebelle qui s'habille en noir et qui vient de se faire percer le sourcil, fréquente son lycée sans se casser la tête, obtenant des bonnes notes sans efforts et attirant la sympathie de ses professeurs. Dans son cours sur le christianisme, elle remarque un beau ténébreux qui se promène toujours avec ses lunettes noires sur le bout du nez et les cheveux savamment dépeignés. Il a de la gueule, le petit, il se maquille ! Elle fera le nécessaire pour attirer son attention, il lui proposera de se joindre à lui et ses amis pour leurs parties de Vampire (jeu de rôle pour goths rêveurs), elle acceptera. Je prédis l'avenir. Puis ils iront célébrer leur première partie dans... une partie ayant lieu dans une maison abandonnée. Y'a tout plein de gothiques, ça fait peur, y'en a même un qui ne sourit jamais ! Ils sont louches, tout de même, ces types... Jorge Olguìn, qui a précédemment dirigé ÀNGEL NEGRO en 2000, est un nouveau venu sur la scène cinématographique chilienne, qui contrairement à la croyance populaire, malgré les efforts du gouvernement pour ne pas soutenir ses cinéastes par le passé, n'est pas si infertile que ça. Le Chili nous a quand même donné le grand Raùl Ruiz... avant que ce dernier ne décide de s'exiler en France, mais c'est une toute autre histoire. Il a ici concocté un scénario imaginatif et truffé de faux semblants, qui est basé en grande partie sur le jeu de rôle Vampire et qui joue avec ses codes. Et c'est un peu ce qui agace ici; je ne sais pas pour vous, mais moi, des gothiques, ça me tape sur les nerfs. Ce qui a bien entendu grandement influencé mon appréciation du film, nuisant à mon objectivité. Dans leurs parties, ces monsieurs-dames n'écoutent que du black metal langoureux aux paroles ridicules, et tout le monde fait de son mieux pour s'ignorer mutuellement, épiant avec jalousie le nouveau costume qui coûtait si cher chez Cruella mais que la bitch qui danse là-bas a eu le guts de se payer. Les maquillages sont corrects mais conventionnels, et Olguìn a beaucoup joué avec la vitesse de déroulement de la pellicule pour ses effets spéciaux, ce qui finit par agacer. Les interprètes sont jolis, au moins, la plupart d'entre eux ayant fait leurs premiers pas avec Jorge. Il y a bien Patricia Lopez qui a aussi fait une apparition dans MAID IN MANHATTAN, mais ce n'est guère une référence... Le fait que le film insiste sur la réalité, qui est pour les personnages principaux interchangeable, aide beaucoup à l'originalité du film, et le récit est particulier car on change de point de vue en cours de route. Quelques longueurs surviennent toutefois vers la fin, mais SANGRE ETERNA est somme toute plutôt réussi et demeure une écoute amusante si les tissus noirs ne vous donnent pas de maux de tête. Orloff Qu'ajouter, sinon que le budget semble très restreint pour cette histoire de jeunes gothiques qui se retrouvent ou pas mêlés à de véritables-faux vampires ? l'ensemble est fort intéressant, mais la résolution de l'intrigue est tellement " déjà vu " que ça laisse un goût amer et, comme dit Orloff, les goths, on finit par en avoir trop. Mais l'idée de base est intéressante, les acteurs sont bons et j'ai bien hâte devoir ce que ce jeune réalisateur, ce n'est que son deuxième film, saura tourner avec plus de budget et d'expérience. Ca vaut le détour, en tout cas. Mario Giguère |
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SHROOMS
- Paddy Breathnach, 2006, Irlande, 85m |