De Reptilicus au Dogme en passant par les comédies de Lasse Spang Olsen, le Danemark est remplit de films à voir et savourer.

Mise à jour le 19 septembre 2006

ADAM'S APPLES - Anders Thomas Jensen, 2005, Danemark

Adam, néo-nazi devant effectuer des travaux d'intérêt généraux, part séjourner quelques temps dans une petite église campagnarde tenue pas Ivan, un prêtre un peu déglingué entouré de Gunnar, un ex violeur alcoolique, et Khalid, un ex criminel musulman. Devant l'église se dresse la fierté d'Ivan, à savoir un superbe pommier généreusement chargé en fruits. Suite à un entretien quelque peu absurde, Adam se fixe comme objectif de faire un gâteau aux pommes et de surveiller l'arbre en attendant que celles-ci soient mûres. Au fil du temps, il constate que rien ne tourne rond dans cette église: Gunnar picole comme un trou, Khalid braque des stations services et Ivan, aveuglé par sa foi en l'homme, agit comme si tout allait mieux dans le meilleur des mondes. A tel point que quand Adam lui explose le portrait à mains nues, cela ne semble nullement le déranger. La question se pose alors: d'où Ivan tient-il cette force - ou cette stupidité, c'est selon. Est-il réellement fou ou est-il touché par la grâce divine?

Cette incroyable fable socio-dramatique parvient brillamment à nous faire nous poser des questions sur les fondements même de la religion, à nous questionner à propos de nos croyances ou non-croyances par l'intermédiaire d'un scénario aussi malin qu'absurde, aussi drôle que passionnant alignant avec un équilibre irréprochable tragédie et humour (voire pour cela l'inoubliable arrivée du gang de skinheads). Le film frôle régulièrement les frontières du fantastique, notamment lors d'un violent orage éclatant après l'une des scènes clés du film et qui suggère ainsi une intervention divine exprimant forcément le mécontentement du Tout Puissant - à moins qu'il ne s'agisse que d'un hasard providentiel, à chacun d'y voir ce qui lui convient. Jensen, entouré d'excellents comédiens, soigne sa mise en scène, use d'un cinémascope magnifiant à la perfection la campagne danoise et sa petite église au cachet imparable et parvient sans cesse à surprendre le spectateur qui termine le film avec la bouche entrouverte par la stupeur et l'esprit chargé de questions existentielles. Fascinant. Kerozene

Site officiel: www.adamsaebler.dk  

DOGVILLE - Lars von Trier avec Nicole Kidman, James Caan, Harriet Andersson, Lauren Bacall, Jean-Marc Barr, Paul Bettany, Blair Brown, Patricia Clarkson, Jeremy Davies, Ben Gazzara, Philip Baker Hall, Udo Kier, Chloë Sevigny , 2003 - Danemark / Suède / France, 2h15

Une dame égarée et affamée aux beaux atours du nom de Grace (Nicole Kidman) réussit au début de la nuit à voler l'os d'un chien dont les aboiements inusités changeront d'abord la vie du très grand philosophe en herbe rêvassant sur "le blanc d'la vieille" (ou quelle chose du genre) et celle bien sûr de la charmante petite communauté des années '30 pourvue d'une galerie de personnages touchants tel un aveugle. Après un partage de crainte et d'amour, Grace est abusée, violée et j'en passe avant de "simplement" elle aussi, changer d'idées.

Sans sang, sans nichons, sans décors, seulement qu'un chien: l'homme. Avec ses yeux, ses pensées, son "coeur" et ses foutues virgules dont celle de style théatral étourdissante au début avec cette caméra à l'épaule malheureusement vite oublier puisqu'on est paralysé dans un inconnu connu. Clair et bref; un beau-gros Janette Bertrand au chocolat {compliment québécois pour un thriller dramatique} du réalisateur de Dancing in the Dark, Lars von Trier, qui, ma foi, si j'osais faire mon chien un brin, semblerait avoir abandonné la musique pour l'écriture. Les interprètes ? Plein d'acteurs qui me sont inconnus accomplissant à merveille l'ambiance désirée qui est celle de l'accueil d'étrangers et surtout d'étrangères. Dogville. L'autre visage plus connu pour les américanisés est James Caan efficient aussi avec seulement ses 5 minutes max. très attendues. À revoir nu. Deadmonton

FESTEN aka The Celebration - Thomas Vinterberg, 1998, Danemark

Un vieux bourgeois fête ses soixante ans et invite toute sa famille pour célébrer dans son hôtel. La nourriture est savoureuse, les vins excellents et les tensions entre les frères et soeurs semblent s'éteindre. Mais un drame plane sur la famille : la fille du fêté s'est récemment suicidée et il se pourrait bien que le père de celle-ci en soit responsable. C'est, du moins, ce que son fils croit et il a bien l'intention de se servir de l'occasion pour dévoiler les vieux secrets de famille.

Premier film du Dogme 95 qui suit à la lettre les règles établies par les deux créateurs : pas d'éclairage artificiel, pas d'acteurs professionnels, pas d'action superflue et j'en passe. Nous trouvons-nous face à une oeuvre chiante de prétention ? Bien au contraire, les restrictions techniques permettent de se concentrer sur le récit et sur le développement des personnages. Tout se passe dans un contexte réaliste et le réalisateur réussit à ne jamais tomber dans le mélodrame hollywoodien. On rit, on pleure et on est choqué par le destin tragique de cette famille qui ont bien l'intention de se venger des horreurs que leur père leur a fait subir. Les comédiens sont tous excellents et n'en mettent jamais trop, même dans des scènes très demandantes. À la fin du visionnement, on se retrouve tout ébranlé par cette horrible histoire d'inceste.

Mais malgré que ce film soit très bon et que le deuxième Dogme, LES IDIOTS de Von Trier, il reste assez dommage de constater que la majorité des oeuvres produites dans ce genre sont d'un ennui aberrant. On en vient à demander l'utilité réelle de ce Dogme qui veut, au bout du compte, uniquement contester le cinéma avec des contraintes qui existent depuis toujours. Oncle Freak

  GIFT aka VENOM - Knud Leif Thomsen, 1966, Danemark 

Nous sommes au Danemark, au milieu des années 1960, et faisons la connaissance d'une petite famille bourgeoise tout ce qu'il y a de plus chrétiennement correcte. Jolie maison en bord de mer, un père qui a professionnellement réussit sa vie, une mère très joliment conservée et une fille charmante - Susanne - qui est d'ailleurs plus une jeune femme qu'une jeune fille. Un jour, alors que Susanne se prélasse sur la plage privée de la propriété familiale, arrive un petit bateau à moteur piloté par Per, un jeune homme arrogant qui va rapidement s'immiscer au sein de cette famille jusque là irréprochable. Per est un jeune au tempérament fougueux, il est orgueilleux, il est manipulateur et surtout il est dépravé. C'est après avoir séduit la mère de Susanne qu'il commence à appliquer son emprise sur la jeune fille. Il la dévergonde, la fait fréquenter des jeunes turbulents, et va même jusqu'à la faire tourner dans des films pornos maison, monsieur aspirant à devenir cinéaste. Puis il pousse la perversion en allant montrer le résultat filmé à la mère tout en fumant des joints sous son nez !!
Nous sommes en 1966. Le cinéma danois est un cinéma relativement coincé et qui ne s'exporte qu'à de rares occasions. Mais se profile à l'horizon une vague qui refoule le stupre. La libération sexuelle est en route et il est probable que le média cinéma puisse en subir les conséquences. C'est alors que le réalisateur conservateur Knud Leif Thomsen décide de prévenir la population de la menace hédoniste qui s'annonce. Désireux de livrer un film prônant le puritanisme, il décide de frapper fort en montrant les dangers qui se profilent à l'horizon de la manière la plus crue qui soit. Ainsi, lorsque Per projette des extraits de film à sa nouvelle conquête ou la mère de celle-ci, de brèves images de pornos hardcore sont dévoilées à l'écran. Ces séquences sont rares, trois ou quatre tout au plus, et extrêmement courtes. Il s'agissait là de montrer l'ignominie de ce que le cinéma pourrait devenir à l'avenir, car ces images sont bien évidemment répulsives et choquantes, et donc de prendre les mesures nécessaires pour protéger les enfants - que ce soit en tant que spectateur, ou acteur (Susanne étant ici la victime manipulée). Malgré le discours recherché et malgré la brièveté des plans en question, la censure impose de " ixer " les images, ainsi à la place de scènes cochonnes le spectateur ne voit qu'un immense " X " blanc recouvrant l'écran, laissant ainsi libre cours à son imagination qui ira bien au-delà du contenu dissimulé. Le film n'en apparaît que plus subversif. Résultat, il fut incendié par la critique locale mais fit un carton aux États-Unis et, comble de l'ironie, contribua à l'abolition de la censure au Danemark qui allait devenir le premier pays producteur en cinéma pornographique avant d'envahir le monde de ses pelloches sulfureuses.

Quarante ans plus tard, GIFT paraît forcément bien innocent, même en regard des nudies qui déferlaient déjà sur les écrans depuis dix ans. Dans GIFT, on ne peut voir qu'une paire de seins dévoilée furtivement. Reste ces fameux " X " recouvrant l'écran qui provoquent forcément quelques rires. Mais le discours et la mise en forme sont fascinants, la démonstration du Mal tentant de corrompre le Bien de l'intérieur est réellement captivante, surtout en regard du contexte sociale de l'époque. Mais le plaisir avouable que l'on ressent en regardant le film est bel et bien celui de savoir que les " outils " utilisés pour dénoncer un cinéma déviant se sont retournés contre lui. Et ça, ça n'a pas de prix. Kerozene

The GOOD COP aka Den Gode strømer - Lasse Spang Olsen, 2004, Danemark 

Jen est policier. Ses potes sont tous mal barrés et préparent un vol de ghetto blasters mais tout foire et ils ne savent plus ce qu'ils ont volé. Jens va essayer de réparer les pots, effacer les fichiers de police incriminant, mais la somme des complications augmente au quart de seconde. Entre les noirs, les Chinois, les Russes qui le poursuivent pour récupérer leur butin et les mensonges de plus en plus gros qu'il fait à son patron et son équipe, Jens réussira-t-il à tirer son épingle du jeu ?

Du réalisateur de IN CHINA THEY EAT DOGS 1 et 2, une réalisation à l'emporte pièce par un ancien cascadeur qui ne jure que par l'action. Quitte à oublier la logique et étaler une histoire un peu convenue. La galerie de personnages grotesques est très typée, de la blonde enceinte à Muller qui ramène un bras de bronze au lieu d'une "crow bar" en passant par le camion rempli d'immigrés clandestins, on accumule le quota de comédie et d'action recherchée. Dans un final qui jette la logique à l'eau, on a droit au grand bal de cascades attendu et on sort de la projection avec le sourire. Vive le Danemark. Mario Giguère

OLD MEN IN NEW CARS : IN CHINA THEY EAT DOGS 2, aka Gamle Maend i Nye Biler, aka I Kina Spiser de Hunde 2, Lasse Spang Olsen, 2002, Danemark, 1h35

Harald est dans la merde. Il sort à peine de prison que déjà une bande de skinheads à qui il doit du fric vient lui collecter trois millions. Son père adoptif, atteint d'une cirrhose du foie, lui fait part de ses dernières volontés : voir au moins une fois son fils abandonné plusieurs années plus tôt. Seul problème : ce fils est enfermé dans une prison à haute sécurité, car il s'avère incapable de rencontrer une femme sans la tuer ensuite. Harald parvient tant bien que mal à libérer le maniaque, mais une fois la famille réunie au grand complet, il reste toujours les skinheads pas contents à rembourser et le foie du papa qui se barre en couilles.

Cette "suite" est en fait un "prequel" à IN CHINA THEY EAT DOGS. Je n'ai pas vu ce dernier mais le 2 est complètement insensé ! Olsen dispose d'une ingéniosité et d'un budget tels que l'action n'arrête jamais, et l'humour d'un noir profond qui parsème le film fait grincer des dents. Kim Bodnia (BLEEDER) est purement génial en Harald, brute épaisse et impulsive qui ne digère pas la contradiction et qui ne contrôle pas ses poings. Tous les personnages sont louches mais hilarants, du misogyne homicide (Torkel Petersson, JALLA! JALLA!) au concierge défouloir (Brian Patterson) sans oublier la jolie "love interest" Iben Hjejle (HIGH FIDELITY, MIFUNE). Mélangez des psychopathes, des cuisiniers soumis, un chien volant, quelques poursuites automobiles démentes, un joueur de football électrocuté et une blonde increvable, agitez, et vous obtiendrez un cocktail danois explosif que vous n'oublierez pas de sitôt. Orloff

REPTILICUS - Sidney Pink, 1962, Danemark

Lors d'un forage pétrolier dans l'arctique, on remonte à la surface de la chair et du sang. On remonte une partie de Reptilicus, le chaînon manquant entre les dinosaures et les reptiles, qui a la capacité de se régénérer. ALors il reprend sa taille et son corps géant au complet et sème la terreur à Copenhague ! Panique dans la ville ! Heureusement qu'un général, un professeur et ses deux filles cherchent comment le détruire, car une explosion qui le déchiquetterait en 10,000 morceaux nous amènerait 10,000 Reptilicus ! Arrrrghhhh !

Médiocre souvenir pour ce film qui pêchait par monstre trop petit et mal manipulé et grotesque. Une écoute du DVD nous ramène un film différent, avec ses passages touristiques, sa drôle de relation entre le professeur, ses filles et l'armée. Le monstre paraît mieux mais demeure une maquette trop petite, avec un venin rajouté par les producteurs américains. Plaisant à redécouvrir, donc, malgré un reptile ridicule. Mario Giguère

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Web www.clubdesmonstres.com

TURQUIE

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