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1914-1983

Le regretté Louis De Funes nous fait rire encore ! par ordre chronologique

mise à jour le 27 mars 2011

AH! LES BELLES BACCHANTES! - Jean Loubignac avec Robert Dhéry, Louis de Funès, Colette Brosset, Jacqueline Maillan, Jacques Legras, Raymond Bussières, Roger Caccia, Francis Blanche, Jacques Jouanneau, Rosine Luguet, Mario David, Michel Serrault, Les Bluebells Girls, 1954, France/Italie, 90m

Un inspecteur de la brigade des moeurs, Michel Leboeuf, se rend au théâtre pour assister à la répétition du spectacle musical intitulé "AH! LES BELLES BACCHANTES!" dans le but de vérifier si ledit spectacle présente des femmes nues sur scène (comme l'indique le terme bacchante!). Le metteur en scène, Robert Dhéry remarque sa présence et l'engage comme comédien dans sa pièce pour remplacer un membre de l'équipe malade. La répétition fourmille en incidents de toutes sortes: nouvelle venue ayant des problèmes à danser le ballet, une panthère qui s'échappe, un plombier qui croît que la présence du flic est pour lui à cause d'un chèque sans provisions, son épouse jalouse de le voir travailler entouré de femmes nues, des costumes manquants, des numéros d'essais peu convaincants et l'annonceur Jacques Legras qui commet quelques gaffes.

La troupe des Branquignols avait connu un immense succès sur scène avec ce spectacle signé Robert Dhéry. Pour l'adaptation au cinéma, Dhéry a laissé la mise en scène cinématographique à un bon technicien, Jean Loubignac, se concentrant sur son rôle et la fluidité du transfert de la pièce au grand écran. Comptant parmi les premiers films en couleurs en France grâce au procédé de L'Agfacolor, il n'y a pas d'intrigue à proprement parler. Il s'agit plutôt d'une suite de sketchs où de numéros sans liens entre eux. Certains sont évidemment meilleurs que d'autres, surtout ceux figurant Louis de Funès dont le jeu imaginatif, qui contient plus d'onomatopées sonores et de grimaces hilarantes, se rapproche des grands du cinéma muet et du comique musical. Étant donné les moyens techniques de l'époque, le film comprend de nombreuses erreurs de raccords mais cela ne tire pas à conséquence. Les numéros de nudité féminine figurent parmi les plus audacieux de l'époque mais ils sont traités avec humour comme le reste: par exemple la scène de bagarre entre deux filles qui s'arrachent leurs costumes. La musique de Gérard Calvi est excellente et s'accorde à chacun des numéros dans un style jazz-cabaret. Bref, une comédie légère bien française où les acteurs à part Louis de Funès jouent leurs propres rôles avec naturel. Mathieu Lemée

POISSON D'AVRIL - Gilles Grangier avec Bourvil, Annie Cordy, Pierre Dux et Louis De Funes, 1954, France

Émile ( Bourvil ) est un honnête mécanicien qui a le malheur un beau jour d'acheter une canne à pêche au lieu de faire un dépôt sur une machine à laver. Il mentira à sa femme et, de mensonge en mensonge, il se fera passer pour le fiancé de sa cousine dans un souper chez l'amant de celle-ci. Rien ne sera simple et la boisson ne l'aidera pas !

Petite comédie légère qui devait inciter les maris à ne pas mentir et aux autres à se méfier des mécaniciens, Poisson d'Avril a une belle scène avec un De Funes en garde champêtre au gros accent qui tentera de verbaliser Bourvil. Pour le reste, tout cela est bien inoffensif mais fort agréable, Bourvil jouant le mari niais avec bonheur et Annie Cordy étant méconnaissable en tant qu'épouse assez naïve. Mario Giguère

  Le MOUTON À CINQ PATTES - Henri Verneuil avec Fernandel, Louis de Funès, Edouard Belmont, Françoise Arnoul, Paulette Dubost, 1954, France, 104m

Un petit village français, Trezignan, à la recherche désespérée de touristes, décide d'organise la réunion des quintuplés nés quarante ans plus tôt. L'affaire n'est pas évidente car le père est en brouille avec eux depuis vingt ans et leur parrain devra presque faire le tour du monde pour retrouver les enfants prénommés par ordre alphabétique à leur naissance: Alain l'esthéticien, Bernard le journaliste, Charles l'abbé, Désiré le laveur de carreaux et Étienne le loup de mer.

Que voilà une surprise, un film d'humour à la fois noir et caustique avec une performance remarquable de Fernandel dans non moins de six rôles, le père et les cinq fils ! On a bien peur qu'arrive régulièrement le pire, car ces cinq hurluberlus ont des vies disparates et parfois dangereuses. Alain a son salon d'esthétisme, une parodie d'avant-garde des salons actuels, remplit de jolies femmes, ce qui n'est pas pour déplaire. Il est visité par son frérot plus modeste, Désiré, qui est fort heureux mais peine à faire vivre ses quatre petites filles et sa femme est encore enceinte. Il va accepter une drôle de proposition d'un entrepreneur de pompes funèbres, rien de moins que Louis de Funès dans un rôle absolument délicieux. Ce passage presque morbide frappe l'esprit. Vient la perle du film, la rencontre du vieux baroudeur, Étienne, qui jouera son rafiot aux cartes puis à "la mouche", un pari incroyable et une perle de mise en scène ! On rencontre par la suite Bernard, le journaliste qui signe une chronique de courrier du coeur sous un nom féminin qui lui aussi sera coincé dans une situation pour le moins rocambolesque. On verra rapidement Charles, curé qui n'ose plus sortir de chez lui depuis qu'un certain film avec un curé qui lui ressemble trop l'a transformé en la risée de son village, référence postmoderne au rôle de Don Camillo tenu également par Fernandel. La réunion des frères donne lieu à toute une conclusion surprenante et on est fort content de voir le tout se terminer malgré tout sur une bonne note.

Une petite perle de comédie mordante, à voir autant pour le tour de force de Fernandel que la présence mordante de Louis de Funès. Léopard d'or au Festival de Locarno en 1954, candidat pour l'Oscar du meilleur scénario en 1956 et nomination de l'Oscar pour le meilleur film étranger. Mario Giguère

La TRAVERSÉE DE PARIS - Claude Autant-Lara avec Jean Gabin, Bourvil, Louis de Funès, Jeannette Batti, Georgette Anys, Robert Arnoux, Laurence Badie, Myno Burney, 1956, France, 80m

Pendant la guerre sous l'occupation allemande en France, Marcel Martin, un pauvre musicien, travaille à faire le trafic de victuailles au marché noir pour le compte de l'épicier Jambier. Il rencontre Grandgil, un peintre très admiré des Allemands et en bonne situation économique, qui se propose de l'aider en l'accompagnant pendant une nuit. Au moment d'aller chercher le cochon à transporter pour un riche parisien, Grandgil surprend Marcel en faisant chanter subtilement Jambier sur les victuailles qu'il cache dans son sous-sol. Jambier paye le peintre pour avoir la paix et les deux livreurs se mettent en route. Pendant le trajet, Grandgil souligne avec dureté et cynisme l'hypocrisie des Français riches et pauvres. Marcel, qui a peur de perdre son boulot et qui ne veut pas d'histoire, se demande bien pourquoi Grandgil l'accompagne et agit de cette manière. Il apprend à ses dépends que Grandgil agit par curiosité afin de voir jusqu'où les Français peuvent aller en période d'occupation. Les deux hommes sont finalement arrêtés par les Allemands et ne se reverront qu'après la guerre; chacun ayant connu des destins bien différents.

Adapté de la nouvelle de Marcel Aymé, le film propose une vision noire et cruelle de la France occupée, loin de la mythologie de la Résistance et de l'héroïsme patriotique. Avec un humour noir féroce jusqu'à faire rire jaune n'importe qui et un dialogue brillant, ce "road-movie" à pied dans un Paris qui crève de faim ne fait aucune concession optimiste pour illustrer l'hypocrisie des Français affameurs, lâches et profiteurs. Autant les pauvres que les riches, les collabos et les anti-nazis sont magistralement passés dans le tordeur grâce à une mise en scène brillante. Le rythme ne traîne pas et les épisodes s'enchaînent joliment tout en faisant ressurgir les mauvais souvenirs des compromissions de l'époque. Ce film possède donc une valeur historique indéniable et le succès public énorme en France démontre à quel point les Français n'ont toujours pas digéré l'Occupation. Mais l'élément le plus jubilatoire du film se situe dans l'extraordinaire interprétation des acteurs qui nous donnent droit à quelques morceaux d'anthologie. Qui ne se rappelle pas en effet la scène où Gabin crie le nom de Jambier à pleins poumons dans le sous-sol de l'épicerie alors que le visage de de Funès (Jambier bien sûr!) est pris de tics incontrôlables de contrariété comique pendant que Bourvil ne sait pas trop quoi faire avec son air ahuri. D'ailleurs, jamais on ne reverra un tel trio d'acteurs réunis avec cette qualité de jeu. Si Gabin et Bourvil forment cependant le tandem vedette, la performance de de Funès est tout aussi mémorable dans un rôle plus mineur. Une comédie pas comme les autres. Mathieu Lemée

TAXI, ROULOTTE ET CORRIDA - André Hunebelle avec Louis de Funès, Raymond Bussières, Annette Poivre, Guy Bertil, Véra Valmont, Paulette Dubost, Jacques Dynam, Albert Pilette, Sophie Sel, Max Révol, 1958, France, 81m

Un chauffeur de taxi de Paris, Maurice Berger, s'en va en vacances avec toute sa famille en Espagne. Arrivé à la douane frontalière pour l'examen des bagages, Maurice et toute sa famille dissimulent du tabac dans les poches de leurs vêtements et dans leurs chaussettes. Une jolie blonde, que Maurice et son fils Jacques ont voulu un peu trop cavalièrement aider, parvient à cacher dans la poche droite du veston de Maurice un diamant volé de grande valeur avant d'être fouillé par les douaniers. Une fois la frontière franchie, elle se met en devoir de retrouver la famille Berger pour récupérer le précieux diamant et le remettre à son patron. Prétextant une panne de voiture, la jolie blonde obtient de changer de vêtements dans la roulotte des Bergers pendant que Maurice répare la voiture. Elle dérobe alors la valise où doit censément se trouver le veston de Maurice avec dans sa poche le diamant, mais elle se rend compte trop tard que le veston a auparavant changé de place. Avec l'aide de son patron, elle réussit toutefois à inviter Maurice et toute sa famille à un dîner, ce qui permettrait à deux gangsters complices de fouiller la roulotte des Bergers. Seulement voilà, Maurice porte le fameux veston lors du dîner et les gangsters ignorent que celui-ci a malencontreusement et sans le savoir mis le diamant dans son pot à tabac. Comment cette histoire finira-t-elle?

Avant la fameuse trilogie des "FANTÔMAS", le réalisateur André Hunebelle avait tourné plusieurs films avec Louis de Funès dans des rôles mineurs à l'exception de cette comédie où il tente d'en faire la vedette. Sans être du même niveau que les meilleurs de Funès qui viendront par la suite, ce petit film se regarde sans déplaisir. Divers moments comiques abondent généreusement même si certains font office de digressions par rapport à la trame du récit tournant autour du classique naïf qui possède un objet de valeur volé sans le savoir. N'étant évidemment pas encore une star, de Funès n'exploite que de façon plutôt brouillonne son comique particulier; les grimaces et les mimiques qui ont fait sa marque ne sont donc pas ici aussi poussé ou élaboré, à l'exception de la séquence où il danse une java endiablée (très drôle), témoignant de son origine espagnole. L'essentiel des gags repose surtout sur des trouvailles visuels dignes du comique muet, dont les Français ont toujours été friands. Soulignons à cet égard, la scène où de Funès et sa famille disputent le précieux veston censé avoir le précieux diamant avec les gangsters dans une sorte de match de rugby hautement fantaisiste. Bref, un petit film distrayant et inoffensif comme il s'en faisait beaucoup à cette époque au pays du coq et du rossignol chantant. Les acteurs semblent d'ailleurs animés par le plaisir contagieux de l'entreprise, en particulier Guy Bertil, convaincant dans le rôle du fils bégayeur du personnage incarné par de Funès. Mathieu Lemée

Le DIABLE ET LES DIX COMMANDEMENTS - Julien Duvivier, 1962, France 

Dans la nouvelle collection Québécoise de Dvd avec Louis de Funes, voici une très belle surprise, un film à sketches qui détourne les dix commandements sous le regard du diable ! Voyez la brochette d'acteurs : Françoise Arnoul, Charles Aznavour, Jean-Claude Brialy, Danielle Darrieux, Alain Delon, Fernandel, Mel Ferrer, Micheline Presle, Michel Simon, Lino Ventura et ... Louis de Funes ! Un Fernandel touchant dans le rôle de Dieu, un De Funes tordant dans un rôle d"arroseur arrosé. De Funes se fait vraiment remarquer dans ce petit rôle presque muet.

Les scénaristes se sont donnés à coeur joie pour dépeindre les transgressions si humaines des dix commandements d'un dieu fort incompréhensible. Et le Diable de rigoler, sous la forme d'un serpent qui nous présente toutes ces histoires sur deux bonnes heures. On pourrait parler de tous les acteurs, on se contentera de vous recommander ce petit bijou, pour tous ceux qui apprécient le glorieux noir et blanc et les péchés capitaux. Mario Giguère

Le GENTLEMAN D'EPSOM aka Duke of the Derby aka il Re delle corse - Gilles Grangier avec Jean Gabin, Madeleine Robinson, Louis de Funès, Paul Frankeur, Franck Villard, Jean Lefèbvre, Jacques Marin, Jean Martinelli, Josée Steiner, Camille Fournier, Joëlle Bernard, 1962, France/Italie, 84m

Ancien chef d'escadron passionné de courses de chevaux, le bourgeois ruiné Richard Briand-Charmery, avec l'aide de rabatteurs, profite de son prestige pour vendre à des naïfs des tuyaux crevés sur les champs de courses pour survivre financièrement. Sa technique est de donner un cheval différent à chacun de ses clients comme gagnant d'une course. Un jour, le hasard le met en présence d'une ancienne flamme de jeunesse, Maud, qu'il avait quittée jadis à l'hippodrome d'Epsom. Bien que marié à un riche Américain, Maud a conservé une certaine affection pour Richard. Celui-ci lui offre alors une soirée princière comme pour raviver le souvenir inoubliable de leur amour passé, mais il donne au restaurateur un chèque sans provisions. Les banquiers étant en grève, Richard doit trouver un moyen de gagner rapidement de l'argent pour le déposer à la banque avant que le chèque ne soit encaissé. Pour ce faire, il imagine une combine pour escroquer un restaurateur passionné de courses de chevaux, Gaspard Ripeux, dont les émotions fortes lui interdisent médicalement l'accès aux champs de courses. Avec ce nouveau client, Richard espère bien gagner quelques millions mais les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu.

Connaissant bien le milieu des turfistes, Michel Audiard a imaginé avec la complicité d'Albert Simonin une intrigue tournant autour de l'univers des courses de chevaux, univers également connu de la vedette du film Jean Gabin. Tous ensemble, sous la direction du réalisateur Gilles Grangier, ils ont conçu une comédie légère teinté d'une histoire d'amour nostalgique mettant en valeur "le Vieux". Comme il se doit, le film contient une bonne part de répliques drôles et percutantes écrites par un Michel Audiard encore une fois inspiré, mais le scénario dans l'ensemble manque de chair car on ne sait pas trop vers où l'histoire progresse. La mise en scène bien trop sage, n'aide pas davantage malgré de belles images en format panoramique. Tout de même, le public a droit à un humour soutenu qui le fait rire à plusieurs reprises, d'autant plus que le tout bénéficie de l'apport comique de Louis de Funès dans un troisième rôle marquant. Le thème principal (les champs de courses) est également bien présenté à l'écran de façon crédible et l'interprétation amusante des acteurs se veut une qualité supplémentaire qu'il ne faut pas dédaigner. Un petit divertissement au métier usiné! Mathieu Lemée

CARAMBOLAGES - Marcel Bluwal avec Jean-Claude Brialy, Louis De Funès, Michel Serrault, Sophie Daumier, Henri Virlojeux, Anne Tonietti, Alfred Adam, Marcelle Arnold, Alain Delon, 1963, France, 88m

Employé dans une agence de publicité, Paul Martin entretient une liaison avec sa secrétaire, Solange, mais s’est fiancé à Danielle Brossard, la fille de son supérieur hiérarchique proche de la retraite, dans l’espoir de récupérer la place de ce dernier. Mais quand il apprend qu’une nouvelle loi vient retarder l’âge de la retraite, Paul, criblé de dettes, réalise qu’il ne peut pas se permettre d’attendre le départ de son futur beau père pour obtenir de l’avancement. Il imagine alors de se débarrasser du grand patron de l’agence, l’agité et bouillonnant Norbert Charolais. Ses tentatives vont cependant entraîner une succession d'événements, où les supérieurs de Paul meurent accidentellement ou doivent quitter leur poste. Grimpant rapidement les échelons jusqu'au poste de grand patron, Paul fait alors la connaissance d'un jeune employé ambitieux qui...

Construit comme un théâtre de marionnettes où les personnages se bousculent comme des boules de billard, le scénario de cette comédie grinçante décrit sous une forme satirique la culture d'entreprise et l'ascension vers le patronat. Tous les personnages du film sont présentés comme des imbéciles agissant selon leurs propres intérêts, mais dont leurs actions pour monter en grade se retournent littéralement contre eux de façon inattendue. Sur un ton d'humour noir constant, le dialogue acide et percutant, signé Michel Audiard, ne fait pas dans la dentelle. La mise en scène est parfois imaginative, surtout dans sa façon d'exploiter les décors, bien qu'on y décèle certains accrocs passagers. En plus de faire un sort aux réparties amusantes d'Audiard, Louis De Funès, dans le rôle du grand patron, en profite pour mettre en valeur son talent comique dans la conception de savoureux gags visuels. Michel Serrault, quant à lui, s'amuse follement dans son rôle caricatural d'inspecteur de police gestapiste. Mathieu Lemée

FAITES SAUTER LA BANQUE - Jean Girault avec Louis de Funès, Yvonne Clech, Michel Trudeau, Anne Doat, Jean-Pierre Marielle, Georges Wilson, Claude Piéplu, Jean Lefebvre, Jean Valmont, Catherine Demongeot, 1963, France, 88m

Victor Garnier, commerçant de produits de chasse et pêche, perd toutes ses économies à la suite d'un mauvais placement en Bourse, pourtant suggéré par le banquier Durand-Mareuil. Comme la banque est en face de son commerce, Victor compte bien la cambrioler pour se venger du banquier et récupérer l'argent qu'il a perdu. Avec l'aide de sa femme et de ses enfants, Victor creuse un tunnel à partir de son sous-sol pour se rendre à la chambre forte de la banque en passant sous la rue. Mais de multiples complications imprévues surviennent à chaque jour et manquent constamment de faire échouer le projet de Victor. Après plusieurs mésaventures rocambolesques, la famille Garnier atteint finalement la chambre forte de la banque et croit avoir réussi, mais de biens mauvaises surprises les attendent.

Bien avant la série à succès des "GENDARMES...", le réalisateur Jean Girault et l'acteur comique Louis de Funès avaient collaboré ensemble dans quelques films. Le présent échantillon se veut à la fois loufoque et farfelu avec ses invraisemblances traitées à la blague dans un esprit de détente souriante. La situation de base est connue et les idées comiques qui en découlent ne vont jamais bien loin, mais l'ensemble plaît par son manque de prétention et la plupart des gags sont honnêtes et bien amenés. Le rythme est vif, la mise en scène correcte et le ton évite les vulgarités simplistes. Bien entendu, Louis de Funès domine entièrement l'interprétation et représente à lui seul la réussite de la plupart des gags du film avec son unique répertoire de mimiques et d'expressions faciales hilarantes. Rien que le numéro de la vedette vaut donc à lui seul l'intérêt du film, qui ne serait pas meilleur que d'autres sans cela. Le reste de la distribution tire néanmoins son épingle du jeu, particulièrement Jean-Pierre Marielle dans le rôle d'un banquier véreux. Mathieu Lemée

POUIC-POUIC - Jean Girault avec Louis de Funès, Mireille Darc, Philippe Nicaud, Guy Tréjean, Jacqueline Maillan, Roger Dumas, Christian Marin, Daniel Ceccaldi, Yana Chouri, 1963, France,  90m

Afin de se débarrasser d'Antoine Brevin, un riche prétendant qui lui donne cadeau sur cadeau, une jeune fille, Patricia Monestier, demande à un dénommé Simon Guilbaud de jouer temporairement devant lui le rôle de son mari. Mais la situation familiale se complique du fait que la mère de Patricia s'est vu refiler une concession bidon de terrains pétrolifères par un escroc. Le maître de la famille, Léonard Monestier, se retrouve donc au bord de la faillite et il supplie alors sa fille d'user de ses charmes auprès d'Antoine pour lui revendre la prétendue concession tout en faisant passer Simon pour son frère. C'est alors que le vrai frère de Patricia débarque subitement à l'improviste. Antoine se laisse convaincre néanmoins d'acheter les fameux terrains pétrolifères qui lui rapporteront, à la surprise de tous (et au grand désarroi de Léonard Monestier), une vraie fortune.

Pour cette première d'une fructueuse collaboration entre le comédien Louis de Funès et le réalisateur Jean Girault, celui-ci a choisi d'adapter sa propre pièce de théâtre écrite avec celui qui deviendra son scénariste attitré, Jacques Vilfrid. L'ensemble se présente donc comme une comédie de boulevard vaudevillesque transposée habilement à l'écran. Une mise en scène fluide et un montage nerveux contribuent à donner un souffle comique indéniable en faisant bousculer allègrement les gags visuels avec les quiproquos d'usage dans ce genre d'intrigue. C'est dire que la mécanique loufoque du film est assez bien rodée et constituera pour le spectateur peu exigeant un divertissement rempli de bonne humeur et de drôlerie sympathique. Comme de juste, la réussite de l'entreprise passe par le talent comique de Louis de Funès, qui trouve dans le personnage de Leonard Monestier un rôle fait sur mesure, où il peut s'en donner à coeur joie dans les colères et les trépignements hilarants. Mireille Darc, alors très jeune, possède déjà ici tout le charme de ses futurs rôles. De quoi passer un bon moment. Mathieu Lemée

DES PISSENLITS PAR LA RACINE - Georges Lautner avec Michel Serrault, Maurice Biraud, Mireille Darc, Louis de Funès, Francis Blanche, Venantino Venantini, Gianni Musi, Yves Barsacq, Raymond Meunier, Darry Cowl, 1964, France, 95m

Jérôme, Michel Serreault, est au comptoir du bar du coin, tout comme trois ex-détenus fraîchement débarqués qui cherchent son cousin Jacques, le pauvre Louis De Funes, qui en avait profité pour s'acoquiner avec la blonde du chef, la troublante Rockie La Braise, Mireille Darc. Lorsque Jérôme et Jacques se retrouvent avec un cadavre sur les bras, leur monde bascule à tout jamais.

Adorable comédie que voilà, toute en dialogues finement ficelés, des comédiens hors pair, des situations rocambolesques, sans parler de Mireille Darc, ahhhh, ce qu'elle est belle et comique dans ce film ! Francis Blanche est complètement fou lorsqu'il tripote le crâne du malfrat et la musique, particulièrement dans une soirée sautée et dans un trio surprenant, est également remarquable. 1h35 qui passe vite, j'en redemande. De Funes n'a pas le rôle principal, qui revient à Serreault, mais il s'en donne à coeur joie, oui monsieur ! Mario Giguère

Le bandit Pomme-Chips vient à peine de sortir de prison qu'il apprend que sa petite amie Rockie La Braise est maintenant la maîtresse de Jockey Jack. Ils se croisent dans un bar et Pomme-Chips poursuit alors Jack, qui fuit jusqu'au théâtre pour se cacher dans la loge de son cousin Jérôme. Pomme-Chips retrouve néanmoins Jack dans les coulisses pendant la représentation d'une pièce. Jack tue accidentellement Pomme-Chips et cache le corps dans l'étui à contrebasse de son cousin Jérôme. Celui-ci, ignorant tout de la situation, va à une réception amicale avec son étui à contrebasse. Le corps du macchabée est finalement découvert et Jérôme se voit obligé à aider son cousin Jack à le faire disparaître. Jérôme emmène donc avec Jack le corps du défunt chez son oncle Absalon en attendant, mais celui-ci, croyant qu'il s'agit d'un corps livré pour ses expériences scientifiques, le fait dépecer jusqu'aux os. C'est alors que l'un des amis de Pomme-Chips, Jo Arengeot, apprend que le défunt portait sur lui un billet gagnant d'une très grosse somme aux courses de chevaux. Il charge alors Rockie La Braise de séduire Jérôme pour récupérer le billet, qui se trouve justement dans la poche de la veste de Pomme-Chips, portée maintenant par l'oncle Absalon. Un retournement inattendu viendra cependant mettre fin aux espoirs de Jo Arengeot alors que Jérôme gagnera le coeur de Rockie La Braise tout en encaissant le billet gagnant.

Après l'extraordinaire succès sans précédent du film "LES TONTONS FLINGUEURS", le réalisateur Georges Lautner et le scénariste-dialoguiste Michel Audiard ont tenu à renouveler cette réussite en parodiant à nouveau de façon grinçante les polars de la Série Noire. Le roman de Clarence Weff, qui sert ici d'inspiration, a donc été librement adapté à l'écran par les auteurs pour aboutir à une sorte de vaudeville quelque peu macabre où des quiproquos loufoques flirtent avec des effets insolites. Le dialogue d'Audiard fournit encore sa part de répliques drôles et percutantes au sein d'une intrigue fertile en situations extravagantes contenant parfois quelques incohérences. Les personnages sont bien campés, parfois même avec un certain degré de fantaisie inventive pour donner du souffle au potentiel comique d'un récit quand même échevelé. Tout cela peut apparaître gratuit, chargé et un peu lourd ou monté à l'emporte-pièce par moments pour certains spectateurs, mais pourtant, on se laisse séduire quand même par cette comédie policière au ton absurde où baigne une certaine folie contagieuse qui vient nous ragaillardir avec joie. Donc, très rigolo et à conseiller pour supprimer la tristesse de vos soirées. Le film bénéficie en plus d'une distribution remarquable où tous les interprètes cadrent avec leurs personnages respectifs en plus de s'amuser en diable. À ce sujet. Louis de Funès et Francis Blanche nous offrent des compositions farfelues mémorables tandis que Michel Serrault, Maurice Biraud et Mireille Darc sont à la fois drôles et charmants. Soulignons en plus une apparition comique savoureuse de Darry Cowl. Mathieu Lemée

Un DRÔLE DE CAÏD aka Une souris chez les Hommes - Jacques Poitrenaud avec Louis de Funes, Danny Saval, Maurice Biraud, 1964, France

Deux hommes aux apparences inoffensives ont un travail de nuit fort lucratif: la cambriole. Surpris par la jeune Lucille lors d'un larcin, la mignonnette décide de les faire chanter, puis de s'associer de force à eux pour commettre des vols encore plus abracadabrants !

La ravissante petite comédie que voilà ! Danny Saval fait la croquante ingénue qui se frotte à Louis De Funes, le spécialiste de l'ouverture de coffre et Maurice Biraud, excellente équipe ! Les coups sont trop beaux pour être vrais et naturellement y a de la foire. De Funes en rajoute en mimiques et bruits d'un excès jouissif et le scénario n'a aucun temps mort ! Bercé par une petite musique d'accordéon musette, on savoure le tout avec le sourire fendu aux oreilles. Mario Giguère

Le GENDARME DE ST-TROPEZ - Jean Girault, 1964, France

Un gendarme au comportement autoritaire habitant la campagne française se fait muter à Saint-Tropez. Il s'y rend donc avec sa fille pour y mettre un peu d'ordre.

Le premier épisode de la célèbre série m'a laissé un peu déçu, j'ai en effet eu l'impression que les gags étaient beaucoup moins réussis, comme si le scénariste ne s'était pas attardé à trouver un peu plus du mordant que l'on a ensuite retrouvé dans les épisodes suivants. Le personnage de la fille de Cruchot est également nuisible au rythme du film, beaucoup trop de temps est consacré à la montrer s'amuser avec ses amis dans les bars ( la scène où elle chante fait sourciller ) et la faire disparaître du film n'aurait pas changé grand chose.

Reste que plusieurs moments sont tout simplement irrésistibles, la scène avec les nudistes étant très drôle. Bref, ça s'écoute bien, mais ça pourrait être un peu mieux, mais si vous aimez Louis De Funès, vous ne serez pas déçu puisqu'il y est en grande forme. Oncle Freak

FANTÔMAS - André Hunebelle avec Jean Marais, Louis De Funes, Mylène Demongeot, 1964, France

Le journaliste Fandor ( Jean Marais ) écrit un faux interview avec le criminel Fantômas ( Jean Marais) pour son journal. Celui-ci le prend très mal, kidnappe Fandor et commet des crimes sous son apparence, puis sous celle du commissaire Juve ( Louis De Funes ). Juve et Fandor vont combiner leurs efforts pour s'innocenter et attraper le super criminel.

Adaptation très libre des romans originaux, Hunnebelle, artisan doué pour le cinéma commercial, nous offre une belle envolée pleine de vie et d'humour dans le film d'action aux teintes dramatiques. Musique au parfum de James Bond ( les références sont nombreuses à la série populaire née quelques années plus tôt ), décors grandioses, gadgets et cascades s'enfilent sans temps mort avec en prime un Louis de Funes déchaîné. Marais joue deux rôles avec brio, riant de bon coeur tout le long, malgré les menaces de mort répétées.

Le dvd de Gaumont offre un superbe transfert et un documentaire très fourni, qui retrace la plupart des acteurs et techniciens encore vivants et Marais dans un documentaire de l'époque. Tout le monde parle beaucoup de " Fufu ", de ses méthodes de travail et de la jalousie de Marais. Photos, Affiches, restauration de la musique, du bonbon. Mario Giguère

LES BONS VIVANTS aka Un Grand Seigneur - Gilles Grangier et George Lautner avec Bernard Blier, Louis De Funès, Mireille Darc, Bernadette Lafont, Darry Cowl, 1965, France/Italie, 100m, noir et blanc

Film à sketches qui débute avec LA FERMETURE. Nous sommes en 1946 et la France a passé une loi pour fermer ses maisons closes. C'est la tristesse dans un établissement jadis fort joyeux ou Charles Labergiere (Bernard Blier) se plaint avec force de la fin d'une époque. Mais dans quel monde vivons nous lorsqu'on brime nos libertés fondamentales. Les filles se préparent à de nouvelles aventures, des projets de voyage, durant les dernières heures avant que l'établissement ne devienne une résidence pour étudiants.

Dans LE PROCÈS, quelques années plus tard, deux cambrioleurs complètement cons ont plus ou moins raté leur récolte dans la demeure d'une baronne. Cet ex-employée de la maison close, ayant montée dans la société, est en procès contre celui qui a volé ses bijoux, retrouvés, mais qui ne semble rien savoir de la belle lanterne, seul souvenir de son ancienne congrégation libertine.

Dans LES BONS VIVANTS, Louis De Funès campe un vieux célibataire comptable, membre de l'athletic club de sa municipalité, qui va aider une jeune prostitués qu'un policier veut embarquer. Alors qu'elle attrape le rhume parce que monsieur a ouvert la fenêtre, la belle Marie Cruchet (Mireille Darc) va non seulement lui rendre bien des services, car la vielle bonne est partie insultée, mais elle va aussi faire venir ses copines, pour s'occuper des membres du club pas aussi athlétiques qu'il n'y paraissent, en fait ils préfèrent une autre gymnastique, il nous semble.

Sur de succulents dialogues raffinés de Michel Audiard, cette comédie pleine de clins d'oeil et de sous-entendus, est une critique de la société puritaine castratrice et un apôtre des bons vivants. Il faut dire qu'elles sont mignonnes et agréables, ces dames qui travaillaient dans la joie et dans la reconnaissance. Les seuls deux visiteurs, en retard, se demandent ce qu'ils vont faire lors de leur visite annuelle au salon de l'auto. C'est d'ailleurs aussi lors d'un salon de l'auto que Mireille Darc arrive dans la petite ville dont elle bouleverse les habitudes. Ca respire la joie de vivre et la bonne humeur et c'est constamment commenté par un narrateur à la drôle de parlure qui a des remarques absolument savoureuses. Que du bon ! Mario Giguère

Le CORNIAUD - Gérard Oury avec Bourvil, Louis de Funès, Venantino Venantini, Beba Loncar. 1965, France, 111m

Alors qu'il est en route pour ses vacances en Italie, Antoine Maréchal voit sa voiture démolie dans une collision avec celle d'un dénommé Saroyan. Celui-ci fait venir Antoine à son bureau le lendemain et lui propose de conduire la Cadillac d'un ami de Naples à Bordeaux comme compensation. Antoine accepte mais il ignore qu'en réalité la voiture contient de l'or, de la drogue et des bijoux volés. Saroyan lui-même suit Antoine à la trace avec deux hommes de main en même temps qu'une bande rivale dirigée par "Le Bègue" qui veut s'emparer de la Cadillac. Après diverses mésaventures, le naïf Antoine commence à comprendre le rôle qu'on lui a fait jouer et les bandits découvriront qu'il n'est pas aussi imbécile qu'il en a l'air.

À travers des paysages pittoresques de l'Italie, Gérard Oury a conçu une comédie dégagée et cocasse où les deux vedettes se renvoient la balle à qui mieux mieux. Il est facile de comprendre l'immense succès qu'a eu le film et l'attrait qu'il conserve aujourd'hui. Le scénario suit son petit bonhomme de chemin avec beaucoup d'amusement et de surprises alors que nos deux comiques Bourvil et de Funès sont en grande forme comique et font rire les spectateurs sans relâche, même les plus difficiles. Le film contient un bon nombre de moments d'anthologies, comme la scène où de Funès prend sa douche avec un culturiste ou celle avec Bourvil et de Funès à la douane. En résumé, à regarder ou à revoir à tout prix, c'est le rire garanti, que ce soit la première fois ou la centième fois. Bourvil est sympathique dans un rôle familier de naïf tandis que de Funès multiplie les mimiques inénarrables. Mathieu Lemée

La GRANDE VADROUILLE - Gérard Oury avec Bourvil, Louis de Funès, Terry Thomas, Marie Dubois, Colette Brosset, Mike Marshall, Benno Sterzenbach, 1966, France/Royaume Uni, 125m

Pendant la deuxième guerre mondiale, trois aviateurs britanniques sont forcés de se parachuter au-dessus de Paris. Un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet et un chef d'orchestre, Stanislas Lefort, sont amenés malgré eux à leur venir en aide pour qu'ils échappent aux Allemands. Recherchés sans relâche, les cinq hommes tentent de gagner la zone libre avec l'aide de quelques résistants. Après de nombreuses mésaventures, ils atteignent la Bourgogne où une jeune religieuse leur vient en aide pour les aider à franchir la ligne de démarcation mais les Allemands sont toujours à leur poursuite.

Quand on lit un tel résumé, on a l'impression qu'il s'agit d'un film dramatique sur la Résistance mais il n'en est rien car il s'agit d'une comédie luxueuse ayant bénéficié d'un budget imposant. Gérard Oury n'a pas lésiné sur les moyens pour présenter cette histoire dans la grande tradition du comique visuel. À l'intérieur de décors historiques convaincants et réalistes, les gags pullulent pour notre plus grand plaisir dans un style populaire ultra-divertissant. Comme dans "LE CORNIAUD", le tandem Bourvil-de Funès fonctionne admirablement; la candeur sotte de l'un complétant les colères inoubliables de l'autre. Certaines scènes sont de purs joyaux: Bourvil et de Funès couchant chacun avec un officier allemand sans qu'ils le sachent dans un hôtel, Bourvil et de Funès parlant anglais entre eux aux bains turcs se prenant chacun pour un britannique et encore nos deux vedettes se faisant passer pour les maris de deux résistantes qui fêtent l'anniversaire d'un général allemand à la manière bien teutonne. Un formidable classique du genre comme on n'en fait plus et un spectacle bien réglé qui fait toujours rire de nouveaux spectateurs comme les anciens. Un must absolu, satisfaction garantie. Mathieu Lemée

Le GRAND RESTAURANT - Jacques Besnard avec Louis de Funès, Bernard Blier, Rosa Maria Rodriguez, Venantino Venatini, Juan Ramirez, Noël Rocquevert, Folco Lulli, Paul Préboist, 1966, France, 85m

Monsieur Septime est le patron d'un grand restaurant archi-pointilleux sur le service, au point qu'il dirige son personnel à la baguette et n'accepte aucun relâchement. Un soir, Septime reçoit dans son restaurant le président d'un pays sud-américain. Au moment du dessert-surprise qui lui est destiné, le président disparaît mystérieusement. La police et les membres de la sécurité du président soupçonnent un enlèvement politique et se servent de Septime comme appât pour faire sortir de l'ombre les conjurés. Septime se retrouve donc embarqué, à son corps défendant, dans une poursuite mouvementée qui le mènera de surprises en surprises.

Cette nouvelle comédie loufoque a été taillée sur mesure pour la vedette Louis de Funès. Son jeu frénétique et ses mimiques inventives constituent la majeure partie de la réussite comique de cette oeuvre. Certaines trouvailles de mise en scène trouvent néanmoins leur place comme cette scène hilarante où un jeu d'ombre transforme de Funès en Hitler alors qu'il explique une recette en allemand. Les prises de vues sont admirables grâce à un emploi judicieux de la couleur. Quelques gags apparaissent clairsemés mais le film reste un amusant divertissement. Pas le meilleur de Funès, mais c'est loin d'être le pire. Une séquence de ballet avec de Funès et les comédiens jouant les serveurs du restaurant constitue un moment d'anthologie avec sa jolie chorégraphie doublée d'un rebondissement comique fort drôle. Un film où l'étoile de Funès est toujours brillante et à la hauteur, bien accompagnée par une bonne constellation d'interprètes. Mathieu Lemée

FANTÔMAS CONTRE SCOTLAND YARD - André Hunebelle avec Jean Marais, Louis de Funès, Mylène Demongeot, 1967, France

Fantômas a un nouveau tour dans son sac, faire payer une "taxe de vie" aux gens ultra fortunés de ce monde ! Un lord dont le château est près du lac Lochness doit donc payer 6 millions de dollars ou il mourra. Il réunit donc tous ses amis riches au château, de même que l'inspecteur Juve, son assistant, le journaliste Fandor et sa copine dans l'espoir de contrecarrer les plans du diabolique mécréant aux mille visages. Fantômas va tout simplement prendre sa place après l'avoir tué, confondant tout ce beau monde... pendant que Juve croit devenir fou en voyant des fantômes, de pendus qui disparaissent et des chevaux qui parlent !

Troisième film plutôt tranquille pour André Hunnebelle, le scénario étant moins extravagant, les décors moins spectaculaires, les poursuites à cheval moins excitantes qu'en véhicules divers vus précédemment. Même de Funès qui essaie de tirer le maximum de chaque scène devra attendre la dernière demi-heure pour nous faire un peu rigoler. Marais enchaîne les cascades mais ce n'est plus lui la vedette.

Le dvd de Gaumont offre un magnifique documentaire sur le compositeur Michel Magne et son studio d'Hérouxville qui a accueilli des musiciens célèbres, de Johnny Holliday à Buddy Guy en passant par Pink Floyd. Bandes annonces et photos complètent les extras du magnifique coffret triple. Mario Giguère

Les GRANDES VACANCES - Jean Girault avec Louis de Funès, François Leccia, Ferdy Mayne, Olivier de Funès, Martine Kelly, Claude Gensac, Maurice Risch, 1967, France, 95m

À cause de ses faiblesses en anglais, Philippe Broquier a coulé son bachot. Son père, qui est directeur du collège privé où il étudie, décide alors de l'envoyer passer ses vacances en immersion à Londres. En retour, la famille d'accueil envoie une jeune fille du même âge au collège de Broquier pour améliorer son français. Mais Philippe a réussi à se faire remplacer par un collègue et part en excursion avec des amis. Son père finit toutefois par découvrir le stratagème et il se met à la poursuite de son fils. Comme la jeune anglaise a fait une fugue de l'école et rejoint Philippe en excursion, le père de celle-ci se retrouve embarqué dans l'aventure en compagnie de Broquier. Après de nombreuses péripéties, Philippe et la jeune anglaise sont finalement retrouvés mais les parents ne sont pas au bout de leur peine car, épris tous les deux l'un envers l'autre, ils leur font savoir qu'ils ont l'intention de se marier.

Après quelques "GENDARMES...", Louis de Funès collabore de nouveau avec le réalisateur Jean Girault dans une nouvelle comédie qui se veut en dehors de la routine de cette série. La situation de base manque un peu de rigueur et prête le flan à quelques facilités mais l'ensemble demeure amusant de par les nombreux gags visuels bien exploités. Une satire sous-jacente sur les moeurs culturelles anglaises et françaises est adroitement utilisée et une course-poursuite endiablée, qui semble être le plat de résistance du film, n'est pas sans nous rappeler les meilleurs jours du cinéma muet. Dans un tel contexte coloré, Louis de Funès n'a aucun mal à réussir une performance comique digne d'un marathonien, alors qu'il y va avec conviction de ses expressions drolatiques, ses colères bidonnantes et ses mimiques à l'emporte-pièce. La mise en scène laisse comme d'habitude la bride sur le cou de la vedette sans chercher à se renouveler, mais elle demeure aérée et légère. À regarder, comme le titre l'indique, pendant vos vacances pour vous rafraîchir les idées. Mathieu Lemée

OSCAR - Edouard Molinaro avec Louis de Funès, Claude Rich, Claude Gensac, Agathe Natanson, Paul Preboist, Mario David, 1967, France, 82m

Un industriel, Marnier, reçoit chez lui la visite de l'un de ses comptables, Martin, en pleine matinée. Le jeune homme avoue avoir volé son patron plusieurs fois afin de l'obliger à accepter son mariage avec sa fille, en échange de la restitution de l'argent. Mais la fiancée de Martin n'est pas la fille de Marnier, mais plutôt une modeste employée qui avait prétendu l'être pour ne pas perdre Martin. Apprenant cela, Marnier parvient à récupérer l'argent volé en dupant Martin. Cependant, la vraie fille de Marnier veut profiter de la situation pour épouser le chauffeur de son père, Oscar. Les quiproquos se multiplient jusqu'à ce que la mallette contenant l'argent volé par Martin disparaît par inadvertance à cause de la bonne qui a démissionné du service de Marnier. Elle a effectivement confondu la mallette contenant l'argent avec la sienne fort ressemblante. Comment cet imbroglio va-t-il finir?

"OSCAR" fût d'abord une pièce de théâtre écrite par Claude Magnier et qui a connu un immense succès sur les planches grâce à Louis de Funès dans le rôle de Marnier. Pour son passage au cinéma, le réalisateur Edouard Molinaro a conservé l'unité de lieu, de temps et d'action, mais en faisant évoluer les personnages dans un décor inventif et en filmant avec une caméra pleine d'entrain pour que le spectateur ne puisse s'apercevoir qu'il s'agit de théâtre filmé. Ce vaudeville savoureux enchaîne donc avec rapidité les quiproquos et les surprises sans nous laisser le temps de souffler, mais sans que l'on soit perdu en cours de route. Louis de Funès continue de s'en donner à coeur joie dans les trépignements, les colères, les tics et les pitreries qui lui sont familières étant donné le nombre de fois qu'il a interprété le personnage. À ce sujet, le clou du spectacle se retrouve dans la scène où de Funès mime un personnage boutonneux avec plusieurs simagrées imaginatives. Le rire du public ne faiblit pas, surtout que l'ensemble laisse un parfum de légèreté agréable. Claude Rich est également remarquable dans un rôle où il tient tête avec aplomb à la vedette. Mathieu Lemée

Le PETIT BAIGNEUR aka The Little Bather - Robert Dhéry avec Louis de Funès, Robert Dhéry, Colette Brosset, Andréa Parisy, Michel Galabru, Franco Fabrizi, Jacques Legras, 1968, France,  90m

Parce que le bateau "L'INCREVABLE" n'a pas fonctionné le jour de son inauguration publique, le constructeur de voiliers Fourchaume met à la porte séance tenante son ingénieur André Castagnier. Surgit alors un italien qui apprend à Fourchaume que Castagnier vient d'obtenir à San Remo l'Oscar du meilleur voilier pour "LE PETIT BAIGNEUR". Réalisant l'erreur qu'il a commise, Fourchaume part avec sa femme pour rejoindre Castagnier qui s'est réfugié dans sa famille, afin de le réengager. Fourchaume espère ainsi récupérer l'ingénieur avant qu'il ne soit au courant du prix qu'il a gagné et n'aille voir d'autres propositions. Une cascade d'aventures extravagantes s'ensuie pour tout le monde et Fourchaume n'est pas au bout de ses peines dans sa tentative d'amadouer Castagnier.

La vedette comique Louis de Funès retrouve ici son ancien ami et metteur en scène de théâtre Robert Dhéry pour la première fois depuis la belle époque des "Branquignols" dans les années 40-50. Ces retrouvailles se font sous le signe de la fantaisie débridée et charmante à l'intérieur du cadre bien réglé de la comédie populaire française. L'intrigue est assez lousse mais elle sert d'admirable prétexte à un enchaînement sans précédent de gags visuels burlesques et loufoques dont certains s'avèrent de savoureuses trouvailles: La séquence du congédiement où Louis de Funès n'a jamais été aussi drôle lorsqu'il est en colère, la scène de la messe où la chaire est faible (jeu de mots!) et instable et la séquence où de Funès pilote un tracteur hors de contrôle. La mise en scène de Dhéry se veut évidemment décontractée, si bien qu'on a parfois l'impression de regarder un énorme dessin animé avec des personnages hauts en couleur. Une certaine chaleur humaine se dégage de l'ensemble faisant du film une détente de bon aloi remplie de sympathie. Un film qui déridera même les plus endurcis. Louis de Funès se dépense à tout va avec un plaisir non dissimulé dans son incarnation d'un personnage fort pittoresque. Les autres interprètes sont tout aussi talentueux en permettant à la vedette de ne pas prendre tout l'humour du film sur ses épaules. À cet égard, Michel Galabru sert encore de magnifique faire-valoir. Mathieu Lemée

Le TATOUÉ - Denys de La Patellière avec Louis de Funès, Jean Gabin, Dominique Davray, Paul Mercey, Yves Barsacq, Jean-Pierre Darras, Joe Warfield, Donald J. Von Klutz, Pierre Tornade, Ibrahim Seck, 1968, France, 87m

À Paris, un brocanteur qui s'enrichit dans le commerce de peintures naïves, Félicien Mézeray, découvre un jour un Modigliani authentique tatoué sur le dos d'un ancien légionnaire, Legrain. Mézeray essaie alors par tous les moyens de convaincre Legrain de lui confier le tatouage après avoir fait un arrangement avec des clients américains, mais l'ancien légionnaire est très réticent à l'idée de se faire taillader la peau du dos. Mézeray promet alors de payer tous les frais pour la remise à neuf de la maison de campagne de Legrain en échange d'une signature où celui-ci s'engage à lui confier le tatouage. Mais Mézeray s'aperçoit que Legrain est en fait le comte de Montignac et que sa maison de campagne, situé dans le Périgord, est un immense château délabré datant du Moyen-Âge. Bien que les travaux pour restaurer le château soit entrepris, Legrain se méfie de tout le monde, à commencer par Mézerin, qu'il soupçonne d'en vouloir à sa vie pour obtenir le tatouage plus rapidement. Après de nombreuses mésaventures et disputes, Legrain et Mézeray deviendront copains comme cochon et ils oublieront le fameux tatouage.

Jean Gabin a eu l'occasion de jouer avec Louis de Funès à deux reprises dans "LA TRAVERSÉE DE PARIS" et "LE GENTLEMAN D'EPSOM", mais de Funès n'avait dans ces deux films que des rôles de troisième plan. Avec "LE TATOUÉ", de Funès a enfin l'occasion de jouer sur un pied d'égalité avec Gabin sur le générique. Pour exploiter la réunion de ces deux monuments du cinéma français, les scénaristes ont imaginé un scénario-prétexte où les grimaces comiques de l'un puissent se compléter avec les colères de l'autre. Le résultat n'est cependant qu'une demie-réussite; l'intrigue contient bon nombre de gags très marrants, mais les situations développées manquent de saveur et l'on répète parfois la même plaisanterie au lieu d'en imaginer d'autres, ce qui dessert le talent des deux vedettes. Le mouvement s'avère aussi pénible par endroits à cause d'une mise en scène soporifique. Il y a tout de même suffisamment de trouvailles comiques pour faire rire une bonne partie du public, grâce entre autres à la qualité relative du dialogue de Pascal Jardin et au climat de bouffonnerie qui baigne en général dans l'ensemble. Dommage que la mésentente entre Gabin et de Funès sur le plateau ait laissé une ombre de grisaille sur le produit fini. Nonobstant cet état de fait, une certaine chimie comique arrive à passer entre les deux acteurs même si l'on se serait attendu à une meilleure complémentarité. Cela vaut donc le coup de voir le film juste pour rigoler de bon coeur, mais n'ayez pas des attentes trop élevées. Mathieu Lemée

L'HOMME ORCHESTRE - Serge Korber avec Louis de Funès, Noëlle Adam, Olivier de Funès, Paul Préboist, Puck Adams, Franco Fabrizzi, Martine Kelly, 1970, France, 85m

Evan Evans est un grand directeur d'une troupe féminine de ballet. Il mène sévèrement ses danseuses à la baguette et ne leur autorise aucune sortie sentimentale. Mais au cours d'une tournée, l'une des jeunes filles doit récupérer à Rome un bébé qu'elle avait laissé à une nourrice. Elle amène le bébé à l'hôtel où loge la troupe et le laisse dans la chambre d'Evans avec une petite note faisant croire que le père de l'enfant est son propre neveu. Cet incident va entraîner toute une série de quiproquos où Evans recherche la mère du petit bébé. Le tout va cependant se résoudre de manière inattendue et à la grande satisfaction de toute la troupe.

La vedette comique française no.1, Louis de Funès, fait ici un choix qui peut paraître inusité en s'essayant à la comédie musicale. C'est oublier que la base de son répertoire comique a toujours été musicale grâce à son talent de pianiste et de danseur et le film "AH! LES BELLES BACCHANTES!" en est un bel exemple. En tout cas, ce genre peu développé dans l'histoire du cinéma français, à l'exception du réalisateur Jacques Demy, trouve en de Funès un interprète idéal car ses tics et ses colères sont illustrés avec une belle légèreté de mouvement. Serge Korber se montre fort à l'aise dans la mise en scène de superbes numéros de danse et de musique dont l'intrigue ne sert évidemment que de joli prétexte. Bien entendu, tout cela ne serait pas grand chose sans une excellente trame sonore composée par l'autodidacte et talentueux François de Roubaix et par le numéro comique efficace et habituel du petit Louis. Un film très drôle et avec beaucoup de couleurs qui nous rappelle la flamboyance du début des années 70, tant dans les costumes que dans les décors. Le reste de la jeune distribution est dégagé. Mathieu Lemée

Le GENDARME EN BALADE - Jean Girault, 1970

C'est en s'évanouissant presque, que Cruchot (Louis De Funes) et toute la bande de l'Adjudant (Michel Galabru) se voient offrir la retraite. Malheureusement l'ennui s'empare d'eux rapidement et le premier prétexte les amènera à se réunir à nouveau.

La première partie du film est tordante. La femme de Cruchot lui évite toute fatigue et elle en remet de manière incroyable. Dans un deuxième temps on essaie de sortir de son amnésie un des pitres, en remettant le costume et en retournant à St-Tropez. Passage loufoque chez les hippies suite aux nuvites et retour de la nonne qui conduit comme Rémy Julienne. Dernier tempo, on s'efforce de retrouver 5 jeunes qui ont construit une fusée avec tête nucléaire. Le désarmement de la bombe par De Funes et Galabru est littéralement pissant !

Bon, ce n'est sûrement pas le meilleur de la série, mais si on a envie de rigoler un bon coup, ça fonctionne encore. Mario Giguère

La FOLIE DES GRANDEURS - Gérard Oury avec Louis de Funès, Yves Montand, Alice Sapritch, Karin Schubert, Alberto de Mendoza, Venantino Venantini, Eduardo Fajardo, Gabriele Tinti, Paul Préboist, 1971, France/Espagne/Italie/Allemagne, 105m

Don Salluste est ministre des finances pour le roi d'Espagne en pleine période de la Renaissance. Il profite de sa situation pour percevoir des impôts sévères à la populace afin de s'enrichir. À la suite d'une histoire impliquant une proche de la Reine, Salluste se voit chassé de la cour d'Espagne. Voulant se venger et sachant son valet, Blase, amoureux secrètement de la Reine, Salluste fait croire aux yeux du roi que Blase est son neveu revenant d'Amérique. Comme Blase sauve la vie du roi au cours d'une tentative d'attentat, il devient son favori et accède au poste de ministre des finances autrefois occupé par son ancien maître. Salluste n'en demande pas plus et voit enfin l'occasion d'organiser un rendez-vous compromettant entre son ancien valet et la Reine pour ensuite dénoncer leur idylle au Roi et rentrer en grâce à ses yeux. Mais un autre complot se trame pour faire assassiner Blase à cause de ses politiques généreuses envers les pauvres. En plus de cela, le vrai neveu de Salluste, ayant appris que quelqu'un a usurpé son identité, décide de revenir en Espagne à l'insu de son oncle Salluste.

Cette adaptation libre et parodique du "RUY BLAS" de Victor Hugo devait marquer les retrouvailles de Louis de Funès avec Bourvil. Ce dernier étant hélas décédé, Yves Montand prit sa place dans le rôle du valet et il a réussi une étonnante composition pleine de finesse et d'autorité face à un de Funès toujours efficace dans les mimiques et les gesticulations hilarantes. Gérard Oury a encore une fois bénéficié d'un budget confortable et il en a tiré profit pour réaliser une savoureuse comédie alliant l'élégance des costumes et des décors historiques avec la drôlerie des situations. De nombreux gags, surtout visuels, parsèment une intrigue à l'action rondement menée et aux rebondissements bien imaginés. L'ensemble à beaucoup de goût et on peut identifier une certaine critique sociale à l'intérieur de ce cadre loufoque. Comme je l'ai déjà mentionné ci-haut, le tandem composé de Montand et de de Funès se complète parfaitement, comme dans un spectacle bien rodé de music-hall (les deux acteurs en ont d'ailleurs déjà fait beaucoup), ce qui représente une grande partie de la réussite du film. Il ne faut cependant pas négliger le reste de la distribution, tout aussi compétente malgré les différentes nationalités des acteurs. Mathieu Lemée

Les AVENTURES DE RABBI JACOB - Gérard Oury avec Louis de Funès, Claude Giraud, Suzy Delair, Henri Guybet, Renzo Montagnani, Marcel Dalio, Claude Piéplu, Miou Miou, 1973, France/Italie, 95m

Alors qu'il se rend au mariage de sa fille, un industriel, Victor Pivert, a un accident de voiture en pleine campagne. En cherchant du secours, il tombe par inadvertance sur une groupe d'agents secrets arabes qui ont enlevé un chef révolutionnaire, Slimane. Celui-ci en profite pour s'évader et force Pivert à l'accompagner jusqu'à l'aéroport. À Orly, alors que les agents secrets sont à leurs trousses, Pivert et Slimane empruntent les vêtements de rabbins comme déguisement. Pris pour un rabbin nommé Jacob arrivant de New York par des Juifs français, Pivert joue le jeu, tout comme Slimane d'ailleurs. Entraîné dans le quartier juif de Paris, Pivert et Slimane ne sont pas au bout de leurs surprises et vivront d'étonnantes expériences dont ils devront se tirer à leur avantage.

Le réalisateur Gérard Oury a de nouveau collaboré avec la vedette comique française no.1 Louis de Funès pour livrer une nouvelle comédie à la mécanique tournant rond. Trépidant et rocambolesque de bout en bout, le film contient des gags fort nombreux et pour la plupart bien fignolés. De Funès est en grande forme comique et multiplie les grimaces, les mimiques et les colères pour notre plus grande joie. Certaines scènes sont d'un humour jubilatoire comme celle où Louis de Funès exécute une danse juive où celle où il tombe dans une cuve de chewing-gum liquide. C'est de la comédie qui fonctionne à fond les manettes et l'on rit à s'en faire mal aux côtes. Il y a même un propos anti-raciste audacieux pour l'époque (et pour aujourd'hui aussi) où l'on suggère un rapprochement entre Arabes et Juifs grâce à la communication et la compréhension. Même le personnage de de Funès, raciste au début, devient plus ouvert et se tempère de touches d'humanité au fur et à mesure que le film progresse (à cause des circonstances bien sûr!). Un autre méga-succès inoubliable à porter à la gloire de cher Louis. Mathieu Lemée

L'AILE OU LA CUISSE - Claude Zidi avec Louis de Funès, Coluche, Julien Guiomar, Ann Zacharias, Philippe Bouvard, Claude Gensac, Daniel Langlet, Raymond Bussières, 1976, France, 103m

Un guide gastronomique annuel français, le guide Duchemin, fait autorité dans le monde entier. Son concepteur, Charles Duchemin, dispose d'une équipe d'inspecteurs qui font la tournée des restaurants du pays et leurs opinions sans appels comptent pour beaucoup dans le choix des consommateurs qui désirent se nourrir dans un restaurant de qualité. Duchemin lui-même, excellent goûteur, ne dédaigne pas mettre la main à la pâte et il visite incognito quelques restaurants. Lorsqu'il apprend que le président d'une chaîne de restaurants servant de la nourriture industrialisée, Tricatel, veut s'agrandir et paye même un homme pour dérober la maquette du futur guide en voie d'être publié, Duchemin propose une confrontation en direct à la télévision pour confondre son adversaire devant la France entière. Afin de se préparer à ce match, Duchemin part en province avec son fils Gérard, faire la tournée des restaurants à la solde de Tricatel. Le pauvre Duchemin ignore cependant que Tricatel ne le perd pas de vue et qu'en plus, son fils Gérard a préféré monter un spectacle de cirque où il joue au clown plutôt que d'être critique gastronomique. La confrontation entre Duchemin et Tricatel à la télévision s'annonce donc comme le titre de l'émission: "Tous les coups sont permis".

Trois ans après "LES AVENTURES DE RABBI JACOB", Louis de Funès, qui a été victime de deux infarctus, effectue son retour au cinéma comique grâce à l'audace et l'esprit d'initiative du producteur Christian Fechner, qui a réussi à convaincre les assurances de couvrir la vedette lors du tournage. À partir d'un sujet intéressant qui est encore toujours d'actualité, soit le problème de la malbouffe et de la nourriture "prêt-à-manger" contre la tradition gastronomique et la qualité culinaire, le film développe avec beaucoup d'adresse de nombreux gags qui mettent en valeur le talent comique de De Funès, même si l'on sent qu'il contrôle son jeu et se retient quelque peu pour raisons de santé. Claude Zidi a su, grâce à un rythme rapide et des scènes brèves, exploiter à merveille le thème de base qu'il agrémente de moments comiques hilarants et extravagants. Il a également su utiliser le potentiel comique particulier de l'humoriste Coluche, qui interprète son premier grand rôle au cinéma (rôle proposé d'abord à Pierre Richard qui refusa), afin de compléter celui fort différent de De Funès, comme quoi la recette du tandem comique disparate fonctionne encore et toujours lorsque l'intrigue est bien en selle et la mise en scène réglée au quart de tour. Notons en plus, ce qui ne nuit pas, la performance de Julien Guiomar en industriel parfait de suffisance. Une très belle satire jubilatoire qu'il faut regarder sans plus attendre... juste avant le documentaire "SUPER SIZE ME" pour compléter votre leçon de nutrition! Mathieu Lemée

Le GENDARME ET LES EXTRATERESTRES - Jean Girault avec Louis de Funes et Michel Galabru, 1978, France

Lorsque Cruchot finit par voir lui aussi une soucoupe volante et un extraterrestre, il n'a plus qu'une seule obsession, en capturer un, par tous les moyens. Par-dessus le marché, ils peuvent prendre l'apparence de n'importe qui, même son adjudant, ce qui complique la tâche !

Sorti dans la foulée du film de Spielberg " Rencontre du troisième type ", ce film était de mémoire une triste affaire. De Funes étant affaibli par la maladie, l'équipe presque complète de gendarmes étant changée, sauf pour l'irremplaçable Galabru, on a pas ni le talent, ni le budget des autres titres de la série. Mais malgré tout, il y a ici et là des gags absurdes, de douces folies, un passage fort remarqué chez la soeur Kamikaze, bref de bons moments dans un ensemble moyen. Ca manque spécialement de bons effets spéciaux et de musique. Mario Giguère

La ZIZANIE - Claude Zidi avec Louis de Funès, Annie Girardot, Julien Guiomar, Maurice Risch, Jean-Jacques Moreau, Jacques François, 1978, France, 97m

Dans un village de France, un industriel, Guillaume Daubré-Lacaze, a mis au point un appareil anti-pollution dont il convainc un groupe d'hommes d'affaires japonais d'en acheter une grande quantité. Pour construire ces appareils, Daubré-Lacaze doit trouver un moyen d'agrandir son usine et comme sa machine anti-pollueur, en réalité, pollue tout, il ne peut obtenir la permission de louer un terrain qu'il convoite et qui appartient à l'État. L'industriel se débrouille alors pour détruire le potager et la serre de sa femme Bernadette afin de trouver l'espace nécessaire pour fabriquer les machines. Celle-ci, exaspérée, quitte son mari et comme il est en plus le maire du village, elle se présente contre lui aux élections municipales sous la bannière d'un parti écologique. La mairie devient donc l'enjeu de cette chicane de couple où l'argument du plein emploi de Guillaume se dispute âprement avec la défense de la nature de Bernadette, qui dans le fond, agit ainsi dans l'espoir de faire abandonner l'usine à son mari pour l'emmener avec elle garder des moutons dans la montagne et vivre heureux ensemble à l'écart du stress.

Après Coluche, le producteur Christian Fechner et le réalisateur Claude Zidi ont voulu confronter la vedette comique française no. 1 Louis de Funès avec Annie Girardot, grande actrice de drames mais aussi de comédies populaires où elle se montre volcanique et déchaînée. Cette idée est bonne et l'affrontement entre les deux s'annonçait pétaradant, mais l'ensemble manque un peu trop de vigueur comique pour vraiment exploiter à fond cette confrontation. Si l'on trouve tout de même bon nombre de moments drôles grâce à quelques gags bien fournis (comme celle où de Funès massacre une table de billard pour convaincre un ministre), le film démarre de façon incertaine et ne prend son envol qu'à mi-chemin. Lorsqu'enfin "la zizanie" commence, le tandem vedette se déchaîne finalement pour notre plus grand plaisir avec comme plat de résistance, une scène hilarante de débat politique télévisé entre les deux protagonistes. Bien entendu, le thème de la pollution industrielle n'est qu'un prétexte à des brocards moqueurs afin de critiquer légèrement une certaine autorité économique et politique abusive. Pas un très grand cru, mais le film est drôle et amusant si l'on ne fait pas trop la fine bouche en le regardant, car on y trouve quand même matière à rire de bon coeur. De Funès, qui a encore à cette époque une santé fragile, s'efforce de bien ménager ses colères et ses gesticulations tandis qu'Annie Girardot prend plaisir à jouer aux côtés de ce grand monument comique. Mathieu Lemée

L'AVARE - Louis de Funès/Jean Girault avec Louis de Funès, Michel Galabru, Claude Gensac, Frank David, Hervé Bellon, Claire Dupray, Anne Caudry, Bernard Menez, Henri Genès, Georges Audoubert, Guy Grosso, Michel Modo, 1980, France, 120m

Harpagon est un usurier si avare, qu'il mène ses affaires avec une parcimonie détestable. Non seulement sa maison fait les frais de son avarice, mais en plus, Harpagon songe à se remarier avec la jeune Marianne, sans savoir que son fils Cléante est épris d'elle. Comme si cela n'était pas assez, le vieil usurier destine sa fille Elise comme épouse du vieux seigneur Anselme alors que celle-ci est amoureuse du valet de son père, Valère, qui maquille son mépris pour son patron en faisant semblant d'approuver chacune de ses décisions. Le valet de Cléante, désireux de donner une bonne leçon à Harpagon, lui dérobe sa cassette pleine d'écus d'or que celui-ci avait caché en l'enfouissant dans le jardin. L'avare est évidemment prêt à tout pour récupérer son argent et punir le ou les voleurs. D'un autre côté, Frosine, une dame qui fait des affaires avec Harpagon, apporte son aide à Cléante et Elise pour que chacun d'entre eux puisse marier respectivement Marianne et Valère avec l'approbation de leur avaricieux père.

Ce n'est pas du tout une surprise de voir ce gigantesque acteur comique qu'est Louis de Funès interpréter le personnage de "L'AVARE" de Molière, car c'est celui qui correspond parfaitement à son tempérament comique. Avec son complice, le réalisateur Jean Girault, de Funès, qui rêvait depuis longtemps de jouer dans ce classique de la comédie française, a lui-même assumé plusieurs responsabilités pour la transposition de cette pièce de théâtre à l'écran. Entouré de ses partenaires habituels avec qui il a pris l'habitude de travailler, de Funès a su faire de son film une efficace adaptation qui peut aisément contribuer à faire découvrir à de nombreux spectateurs de tous genres et de tous âges, l'oeuvre classique de Molière. Le texte original est respecté à la lettre, mais de Funès a eu l'idée géniale d'éviter une présentation trop solennelle (que certains critiques lui ont cependant reproché) en vivifiant l'ensemble par des jeux de décors visuels, en mettant plus l'accent sur un ton de drôlerie et en ménageant des effets de surprises dans la façon d'illustrer les personnages jusque dans son propre jeu d'acteur. Le "petit Louis" n'a bien entendu aucun mal à faire rire le public avec un rôle aussi familier pour lui et il se dépense en toute bonne foi dans les gesticulations, les grimaces, les mimiques et les colères nombreuses et inépuisables de son énorme répertoire. Avec ce film, Molière peut donc reposer en paix et nous pouvons nous réjouir de voir son oeuvre comique présentée sous une forme populaire de bon aloi, afin de rejoindre une majorité de spectateurs, qui rigoleront et s'amuseront sans être obligé de mettre leurs cerveaux en hibernation. Mathieu Lemée

La SOUPE AUX CHOUX - Jean Girault avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux, Henri Genès, Marco Perrin, Claude Gensac, Gaëlle Legrand, 1981, France, 98m

Au hameau des Gourdiflots près d'un village du Bourbonnais, ne subsiste plus que deux vieillards: un sabotier, Claude Ratinier dit le Glaude et un puisatier bossu, Francis Chérasse dit le Bombé. Les deux hommes vivent côte à côte à la campagne dans des vieilles maisons où ils passent leur temps libre à boire quelques coups de vin rouge ou de Ricard, tout en faisant parfois des concours de pets en attendant de pouvoir mourir de vieillesse. Une nuit, Le Glaude voit atterrir dans son champ une soucoupe volante. Il accueille l'extraterrestre chez lui et lui donne de la soupe aux choux, bien qu'ils ne puissent communiquer ensemble. Après y avoir goûter, l'extraterrestre emporte une petite quantité de soupe dans l'espace et revient la nuit suivante. Cette fois, le Glaude peut comprendre son visiteur qui a appris la langue du pays et qui le remercie pour la soupe qui a paraît-il, causé tout un émoi sur la planète Oxo, planète d'où il est originaire. Par amitié, l'extraterrestre fait revenir à la vie l'épouse du Glaude, Francine, qui a cependant 20 ans. Son retour à la maison et sa jeunesse cause bien du souci au Glaude surtout lorsqu'il apprend qu'elle a déjà couché avec le Bombé autrefois. Après le départ de Francine avec un jeune motard, voilà que le Glaude et le Bombé apprennent que le maire veut transformer le hameau en complexe domiciliaire pour des fins d'expansion économique. Ne pouvant se passer de leur hameau et de leur vie peinarde, les deux vieillards acceptent l'invitation de l'extraterrestre de s'établir sur Oxo pour vivre jusqu'à 200 ans avec tout le tabac, le vin et le plaisir de vivre qu'ils désirent.

Il faut un culot monstre pour tenter de reproduire à l'écran tout l'univers particulier et l'humour de l'écrivain René Fallet. Certains réalisateurs et scénaristes s'y sont déjà essayés et la majorité d'entre eux s'y sont cassés les dents. Louis de Funès a réussi cependant de main de maître, avec la collaboration du scénariste Jean Halain, à rester fidèle au roman d'origine tout en en augmentant la saveur. D'une drôlerie toute rabelaisienne, l'intrigue raconte adroitement l'histoire de deux paysans qui ne pensent qu'à boire et à mener nonchalamment une vie tranquille sous le sceau du plaisir et de l'amitié. L'arrivée de l'extraterrestre chez eux crée évidemment un choc comique qui permet d'habiles trouvailles autour de ces principaux thèmes, comme l'apprentissage du plaisir par l'extraterrestre qui vient d'une société trop parfaitement rigoureuse. Certaines trouvailles sont parfois vulgaires, mais jamais déplacées car la légèreté de l'ensemble nous les rend amusantes, voire désopilantes (la scène des pets par exemple est si musicale qu'on ne peut que rigoler haut et fort!). Une certaine poésie se dégage de ce récit, qui sent volontairement l'odeur de la campagne, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Le tout est coordonné avec une ingénuité qui laisse pantois, surtout venant d'un metteur en scène sans génie comme Jean Girault. C'est donc de la comédie au charme irrésistible rempli de bonhomie avec un soupçon de truculence. L'alchimie du tandem délicieux composé de De Funès et Carmet représente une bonne partie du succès du film, sans oublier la composition sincèrement cocasse et innocente (surtout lorsqu'il parle en faisant des bruits de dindon) de Jacques Villeret dans le rôle de l'extraterrestre. Bref, je recommande très fortement cette comédie! Mathieu Lemée

Le GENDARME ET LES GENDARMETTES - Jean Girault, 1982, France

Notre bande de gendarmes se retrouvent dans de nouveaux locaux avec un nouvel ordinateur qui sait tout et 4 gendarmettes en stage. Cruchot, l'adjudant et tous les zigotos agissent comme des ados en rut devant les demoiselles qui ne démontrent pas beaucoup de résistance devant les avances des vieux bonhommes ! Un bon matin une, deux, trois, quatre gendarmettes se font enlever et c'est la panique à la gendarmerie !

Voilà le dernier des films de la série, déjà les années 80 et le budget, le scénario, tout souffre, en particulier d'un machisme qui ferait crier les salles actuelles. C'est qu'elles sont mignonnes mais naïves, les gendarmettes. Les indices lors de l'enquête sont énormes, pas de prises d'empreintes, des souliers et des sacoches tombées ! Bon, il reste encore des visages caoutchouteux de Louis De Funes, qui fait toujours rire et le passage ou Galabru lui doit reconnaissance est toujours bon. Pour relaxer un vendredi soir, ça passe encore. Mario Giguère


Louis De Funès

LOUIS DE FUNÈS: LA COMÉDIE HUMAINE - Philippe Azoulay. Narration: Jean-Pierre Marielle. Intervenants: Sabine Azéma, Colette Brosset, Danielle Darrieux, Denys De La Patellière, Christian Fechner, Michel Galabru, Daniel Gélin, Claude Gensac, Annie Girardot, Michel Modo, Édouard Molinaro, Gérard Oury, Claude Rich, 2002, France, 83m

La vie et la carrière de l'un des plus grands comiques du cinéma français grâce à des images de films, des archives télévisuelles, des témoignages de ses proches et de ses partenaires de jeu qui nous aident à découvrir les bases de l'humour et du talent de Louis de Funès, né d'une famille espagnole, longtemps pianiste de jazz dans les cabarets, de nombreux petits rôles au cinéma avant d'enfin d'obtenir le statut de star tardivement pour ne plus lâcher le public jusqu'à sa mort.

Produit et conçu par le créateur en France de l'émission "Les Feux de la Rampe", équivalent de "Inside The Actor's Studio", ce documentaire retrace avec vigueur et justesse la biographie de Louis de Funès. Il s'agit d'un mélange pertinent de portions d'entrevues avec des artisans du cinéma qui l'ont fréquenté et d'archives diverses nous montrant autant Louis de Funès qui se livre à la caméra que des segments tirés des tournages de ses films ou de ses pièces de théâtre qui contribue avec synthèse et clarté à mieux découvrir non seulement quel type d'homme était de Funès, mais aussi son côté méticuleux dans son travail comique et les sources d'inspiration qui l'ont habité (ex. les colères de sa mère espagnole, la musicalité de son talent venant de son passé de pianiste). Le tout n'est pas entièrement chronologique mais grâce au fait que les segments de films servent à appuyer de façon convaincante chaque point de vue et chaque trait de caractère, le spectateur ne s'y perd pas et il appréciera avec le sourire ce petit documentaire au montage bien coordonné malgré une réalisation académique. À découvrir! Mathieu Lemée

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