LES FILMS DE FANTASIA 2005

du 7 juillet au 25 juillet au Théâtre Hall Concordia

Affiche illustrée par Peter Ferguson

voir le reportage photo de Fantasia 2005

ARAHAN: JANGPUNG DAE JAKJEON aka: Arahan: Urban Martial Arts Action - Ryu Seung-wan, 2004, Corée, 114m

Un monde oubliant de simples faveurs philosophiques bascule actuellement vers le chaos. Le fragile groupe des 7 Maîtres Maruchi, n'étant plus que 5, est le 1er menacé du retour du "maître suprême du mal absolu". Le jeune et naïf policier débutant maladroitement sa carrière insistant pour qu'on lui apprenne le jang-pung [palm wind] - après avoir croiser la belle indépendante et unique fille, Eui-jin [So-yi Yoon], de l'un des maîtres,  arrivera-t'il à temps dans son apprentissage du Tao avec son énergie Chi ?

Sympathique et "éducative" comédie pour la famille d'un jeune réalisateur, Ryoo Seung-wan [oh! il a déjà assisté PARK Chan-Wook] mettant en vedette son frère, vedette montante dans ce sud, offrant de sains sourires envers les super-héros à CG et arts martiaux. Équilibre et rythme avec des interprètes attachants et de renoms dont l'ultime combat final peu sembler long. Sung-kee Ahn [Silmido et 69 films] comme papa, So-yi Yoon [Soul Guardians], Ju-sang Yun [Natural City/Versus] et surtout, quel beau méchant : Doo-hong Jung [Resurrection of the Little Match Girl, Musa/The Warriors] LE principal directeur chorégraphique des films d'actions coréens.

2 prix au Puchon International Fantastic Film Festival. Deadmonton

ASHURA aka aka Asurajo no Hitomi - Yojiro Takita, 2005, Japon, 119m

Un chasseur de démon retraité qui fait l'acteur dans un théâtre kabuki reprend du service lorsque qu'une jeune fille qui suscite chez lui un envie sexuel intense se trouve à être poursuivi par des hordes de démons qui voient en elle le vecteur qui amènera à ressusciter Ashura le roi des démons qui amènera mort et désolation de sur le monde !

Ce film est l'adaptation d'une pièce de théâtre intitulé "Blood Gets In Your Eyes" qui a eu un immense succès au Japon. ASHURA est un film en costume qui offre beaucoup d'effets visuels, de l'humour et du merveilleux. Les combats de sabres offrent le minimum syndical recherché et ne durent jamais tellement longtemps. La scène d'ouverture avec les 3 chasseurs qui tuent un village entier peuplé de démons est à voir. L'intérêt du film se trouve à être au niveau de l'interprétation et à la magie des situations (passages parallèles, couleurs, etc.). Le film, par contre, déborde de longueurs à regarder seulement pour ceux qui aiment le genre. Black Knight

BREAKING NEWS aka Dai si gein - Johnny To, Hong Kong, 2004, 1h31 

Une équipe du journal télévisé retransmet en direct la fusillade qui oppose un bataillon de forces de police à cinq malfrats qui viennent de dévaliser une banque. La diffusion de la défaite humiliante des policiers porte un coup terrible à leur crédibilité.

Jurant de capturer les criminels, la police réquisitionne 30 000 hommes, lance des patrouilles dans toute la ville, sur les routes qui permettent de quitter Hong Kong, et surveille attentivement le périmètre de la frontière. Alors qu'il mène une autre enquête dans un bâtiment vétuste, le détective Heng (Nicky Cheung, parfait) découvre par hasard le repère des cambrioleurs. Le chef du gang, Yuan, voit alors des milliers de policiers se rassembler autour de l'immeuble et se préparer à lancer l'assaut. Pour damer le pion aux médias sur leur propre terrain, l'inspecteur Rebecca (Kelly Chen, au jeu glacé et sans affect) décide de transformer cet assaut en véritable spectacle télévisé&ldots;

Depuis quelques années, le polar made in Hong Kong ressort la grosse cavalerie, ce qui n'est pas pour déplaire. BREAKING NEWS confirme le grand talent de Johnny To et le place au sommet de cette vague de polars "post-rétrocession". Chez Johnny To, la mise en scène est un dispositif, tout entier destiné à la cohérence de séquences d'action pulvérisantes, filmées au cordeau. Avec ce nouveau film, le cinéaste franchit un palier dans la maîtrise de son art : l'astucieux scénario de BREAKING NEWS lui donne en effet l'occasion d'une mise en abîme. Son dispositif de mise en scène s'entremêle avec celui des policiers, acteurs du film (la plupart sobres et excellents). La récurrence des carrés de verre, la multiplication des dispositifs voyeuristes, qu'il s'agisse des écrans d'ordinateur, des fenêtres des grands buildings ou des pare-brise automobiles permet de lier l'ensemble et de donner beaucoup de force au motif du film.

Que ce formalisme ne vous rebute pas : il n'empêche pas BREAKING NEWS d'être un magnifique thriller, aux nombreuses scènes-choc, qu'Hollywood devrait montrer dans ses écoles de cinéma. Et que dire du très virtuose plan-séquence d'ouverture, 7 minutes d'anthologie sans la moindre coupe dans un quartier populeux de l'ancienne "Colonie". Un petit chef d'œuvre ! Stelvio

GHOST HOUSE - Kim Sang-Jin avec Cha Seung-won, Jang Seo-hee, Jang Hang-sun, Sohn Tae-young, 2004, Corée, 123m

Avant de mourir, la dernière volonté du père de Pil-gi est que son fils s'achète un jour sa propre maison. Plusieurs années plus tard, il parvient enfin à l'obtenir. Mais malheureusement pour lui, la maison est hantée par un puissant fantôme asiatique encore plus puissant que ceux des JUON et RINGU ! Pil-gi incapable de vendre la propriété que toute la ville sait hantée et ne voulant absolument pas décevoir le vœu de son père, fera tout pour y demeurer et chasser le fantôme.

Le film est une comédie coréenne qui parodie tous les éléments du film de fantômes asiatique: l'escalier de JUON, La TV de RINGU, la fille aux cheveux long suspendue au plafond, etc. Il y a aussi des moments vraiment scary, du moins au début. Mais, il y a une tonne d'effets CGI et des hommages à THE EXORCIST, CARRIE, RAIDERS OF THE LOST ARK, THE BIRD et à EVIL DEAD 2.. Comme le film est long, il y a quelques twists et intrigues qui se rajoutent et finissent par faire ressembler le film à la série THE GHOST AND MRS. MUIR. Ces intrigues qui se rajoutent n'étaient pas nécessaires, ralentissent le film et amène le film à s'essouffler après une très excellente première heure.

Enfin, si vous avez aviez aimé le cabotinage du comédien de MY SASSY GIRL vous devriez aimer celui-ci parce qu'il a le même style de jeu. En tout cas, je dirais que le film vaut au minimum un visionnement. Le film est bon et amusant, mais s'essouffle à partir d'une heure. Si vous êtes un FAN de Juon ne manquer surtout pas ça ! Black Knight

G.O.R.A. - Ömer Faruk Sorak, 2004, Turquie 

Arif, marchand de tapis et arnaqueur de touriste se fait kidnapper par des extraterrestres. Son portable fonctionne encore, mais on refuse de l'entendre compter de nouvelles sornettes. Confiné sur la planète Gora, il ne pense qu'à s'évader, malgré l'apathie de ses co-détenus. Avec l'aide de Bob Marly Faruk, de l'androide 216 et de la belle princesse Ceku, il commence à tout brasser sur cette planète. Sans parler de ce type qui apparaît, comme un personnage de Star Wars et qui lui annonce qu'il a la force !

Incroyable, la Turquie nous fait une parodie de tout ce qui est science fiction récente et pas récente, de Star Wars, Matrix en passant par Le Cinquième Élément, avec le budget conséquent et des effets spéciaux top niveau. En vedette, Cem Yilmaz dans pas moins de cinq rôles, j'en ai repéré deux... et scénariste de cette comédie absolument bidonnante aux gags savoureux. On se permet même de pointer le spectateur et de lancer un message directement aux américains. Car il est totalement décomplexé Arif, accepte hommes, extraterrestres et androïdes tel qu'ils sont et ne perd pas son identité malgré l'aventure carcérale. Pour donner le ton, ça débute avec tout l'équipage qui parle anglais et le second du commandant qui demande si on ne peut pas corriger la situation et demander à tout le monde de parler Turc ! Je n'en conte pas plus, mais si vous avez la chance de le voir, ça vaut le détour pour une pinte de bon rire ! Mario Giguère

IZO - Takashi Miike, 2004, Japon

Mais qu'arrive-t-il à Takashi Miike ? La dope nipponne est-elle si mauvaise ? Ne sachant visiblement pas où il veut en venir avec IZO, il nous assène plus de deux heures de films sans queue ni tête en mettant en scène Izo, un démon qui traverse malgré lui les époques en découpant à peu près tous les types qui croisent son chemin. On passe ainsi du Japon féodale à la deuxième guerre mondiale en passant par les rues de Tokyo du début du XXIème siècle et ceci sans aucune logique ni aucune explication. Le pauvre Izo a l'air tout autant paumé que le spectateur et balance des coups de sabre à droite et à gauche sans aucune conviction. Si deux heures de boucherie peuvent éventuellement être divertissantes (il suffit de regarder VERSUS de Kitamura), Miike filme ses découpages de figurants avec le dynamisme d'un octogénaire asthmatique, limitant les effusions de sang et provocant ainsi un ennui d'une rare efficacité. A tel point que les meilleures scènes du film sont peut-être ses intermèdes musicaux totalement absurdes pendant lesquels un type chante une ahurissante mélodie tordue en grattant énergiquement sa guitare. Même les quelques apparitions de Takeshi Kitano sont d'une affligeante platitude. Difficile de réellement savoir quel est le fond de ce film d'un ennui abyssal qui reste pour moi une véritable énigme et surtout une énorme déception. Après ZEBRAMAN, il semblerait que 2004 aie été une très mauvaise année pour le Japonais fou. Kerozene

Moi, j'aime IZO et je dis que c'est un EXCELLENT Takashi Miike! Et j'ai trouvé un certain sens à ce massacre! 

IZO est un genre de quête initiatique. Et Izo lui-même est un mélange de Zorro/démon/Jesus qui cherche à se venger de Dieu (il meurt sur la croix au début du film) et du diable et il cherche à éliminer tous les humains et en particulier la source du MAL! Et pour tuer le mal et pour se faire, il tue, il tue et il tue, il attaque même sa mère (peut-être que 'la mère" est la source du mal ?), la sainte-vierge, Dieu et finalement SATAN!

C'est vrai que ça devient redondant et qu'il y a des longueurs, mais une quête comme celle-là est longue et c'est normal que ça prend autant de temps. Et Miike offre des surprises de son crû et il s'attaque aux termes de l'amour, de la nation et à la démocratie.

C'est un film plus riche que GOZU. Et si on regarde le film en pensant à cette analyse... Oui le film à du sens et est nullement vide. Black Knight

GODZILLA: FINAL WARS aka Gojira: Fainaru uôzu - Ryuhei Kitamura, 2004, Japon 

Suite aux guerres ou l'arme nucléaire a été employée, des monstres géants ont fait surface sur la terre. Il n'y a pas que ces bêtes qui ont subit des mutations, beaucoup d'êtres humains sont devenus mutants et les humains mutants sont recrutés pour combattre les monstres. Dans un des "sous-marins volants" qui combattent les créatures gigantesques, on réussit à ensevelir Godzilla sous la glace.

Des monstres disparaissent et l'on apprend que ces disparitions sont la gracieuseté des xiliens, une race d'humanoïdes extraterrestres accueillie en héros. Mais sous leur apparence très humaine se cachent des créatures très différentes et cruelles, qui veulent détruire le monde avec l'aide des monstres capturés. La terre, devenue vaste champ de destruction, n'a plus qu'un espoir, Godzilla doit être réveillé pour sauver ce qui reste de la planète !

Aux commandes du plus gros budget depuis depuis des décennies, Kitamura a tout le loisir pour réaliser un Godzilla pour les nouvelles générations. De l'action, des cascades, des monstres, des combats, de la musique électro, du montage rapide et de l'action ! Les rares moments calmes sont ceux ou les terriens se doutent qu'il y a anguille sous roche. Le scénario pige volontiers dans toute l'histoire du roi des monstres mais agrémente la sauce au superhéros moderne. Les Mutants affrontent les x mens littéralement, dans des séquences rappelant X MEN ou MATRIX sans honte. Les combats de monstres sont aussi rapides et énergétiques que les combats humains, les costumes de monstres étant plus souples que leurs prédécesseurs et le réalisateur n'utilisant pas le ralenti à toute occasion. Pyrotechniquement, ça explose un maximum, Ebirah suscitant des cascades d'explosions dans une raffinerie. Les combats sont souvent rapides et furieux. Lorsque Godzilla est sorti des glaces, il ne fait qu'une bouchée des monstres qu'il affronte, le zilla américain en tête, véritable sauterelle sans conséquence: jouissif.

Les puristes reprochent énormément au film, surtout sa frénésie et sa modernité. Tant pis, on a droit à un vrai remaniement de films de kaiju, proche du vidéoclip, hyperkinétique, aux vilains près de la caricature. Le pilote principal, lutteur reconverti acteur, a un jeu monolithique qui convient bien à son rôle, aux dialogues bourrées de "one liners". Le chef des xiliens a des crises de nerfs à chaque fois que Godzilla balaie du revers un des monstres, piaffant tel un enfant. Ca ne se prends donc pas trop au sérieux non plus, les séquences avec Minia, le fils de Godzilla étant particulièrement limite cucul. N'ayons pas peur des mots.

On a donc un film anniversaire, le cinquantième, absolument jouissif, synthèse merveilleuse des qualités et des défauts du genre. Les puristes crient au sacrilège, j'ose croire qu'ils se raviseront avec le temps. Gros bémol sur certains morceaux de musique, spécialement de Keith Emerson, véritables bluettes mielleuses difficiles à écouter. Mais la trame sonore se reprends avec d'autres morceaux électro bien de mise pour ce film qui veut amener Godzilla au 22ème siècle.

Go Go Godzilla ! Mario Giguère

JUON aka JUON: THE GRUDGE 2 - Takashi Shimizu, 2003, Japon 

Une vedette de cinéma surnommée la "Reine de l'Horreur" et son mari rentrent à la maison. Elle revient d'un tournage de documentaire choc sur le paranormal. On a tourné dans une maison réputée hantée. Ils seront victime d'un étrange accident, lorsqu'un spectre aux allures de jeune garçon apparaît dans la voiture et s'empare du volant. De retours en arrière en bonds vers le présent, les séquences se succèdent, montrant la mort qui attend tous ceux qui ont pénétré la demeure maudite. Mais pourquoi la reine de l'horreur est-elle toujours vivante ? Pourquoi n'a-t-elle pas perdu le foetus dont elle est enceinte ?

Suite remarquable d'une série de plus en plus étonnante. Si ce chapitre continue le montage non-linéaire difficile à suivre dans un premier temps, il faut admettre que la structure ajoute au malaise créé par le sujet et l'ambiance visuelle et sonore. La trame sonore est encore terriblement efficace pour déranger et le chaos règne toujours dans l'univers créé par Shimizu. Il faut noter tous les détails de décor, les cadres au mur, qui ne sont plus droits quand un personnage est touché par la malédiction. De mystères en scènes chocs, il faut signaler l'imagination débridée et macabre, jamais sanglante, jamais gore, mais troublante à souhait. En avançant d'une mort à l'autre on atteint l'apogée avec un personnage qui se promène de la vie à la mort, de la maison à l'extérieur dans un montage délirant pour terminer par une montée au ciel surréaliste. Si le final est un peu convenu et prévisible, il est finement présenté. Finalement, derrière toute cette histoire, le seul personnage décédé dont le corps n'a jamais été retrouvé est le petit Toshio... Une réussite. En espérant que le remake américain ne viendra pas gâcher la sauce. Mario Giguère

KAMIKAZE GIRLS - Nakashima Tetsuya, Japon, 2003, 103m 

Momoko file à toute allure sur sa moto et entre en collision avec une camionnette, vol plané, mort, fin du film. Oups, ça a commencé il y a trois minutes ! Voix Off, Momoko nous ramène au début, au 18ème siècle ! Car Momoko rêve de la vie fabuleuse des femmes de l'époque Rococo, aux corsages plein de froufrous, brodant, mangeant des sucreries et faisant l'amour toute la nuit, Mais manque de pot, elle est prise au beau milieu de nulle part avec son père idiot qui vend des copies de Versace, une grand-mère sénile et les bouses de vache. Vendant des copies sur internet elle rencontre Ichiko, une rockeuse quelque peu minable, grossière, tout à son opposé, mais qui cherchera son amitié.

Incroyable comédie délirante, racontée aussi bien en flash-back, parfois en dessin animé, parsemé de la voix off de Momoko et ses costumes de dentelles en passant par le monde des bandes de motards à la Kill Bill. C'est aussi bien le scénario fou que la forme du film qui est séduisante et on se met à espérer que Momoko réalisera avant la fin qu"elle a une copine, qui crache par terre, nulle en math et plutôt idiote, mais qui est sympathique. Malgré la tristesse et le mal de vivre Momoko, le spectateur rit de bon coeur du décalage incroyable de cette vie et de son rêve et on sourit quand on ne rit pas à gorge déployée tout au long du film. Un film qu'il fait bon voir. Mario Giguère

KARAOKE TERROR - Tetsuo Shinohara , 2004, Japon

Confrontation tantôt absurde, tantôt dramatique, d'un groupe de six femmes d'âge mûr et d'un groupe de six jeunes branleurs sortant de l'adolescence adeptes du travestissement en musique. Les hostilités sont ouvertes lorsque l'un des jeunes égorge de sang froid l'une des femmes sur un sentier isolé. Acte brutal et totalement gratuit que les amies de la défunte vengeront de manière définitive. Ainsi débute un jeu mortel du chat et de la souris, fractionné en chapitres titrés depuis une chanson populaire nippone. Le rythme posé du film étonne car est en totale contradiction avec la folie des événements présentés à l'écran, les événements meurtriers sont sans cesse plus radicaux et n'ont de cesse de surprendre le spectateur qui jubile de bonheur en empruntant une direction à chaque fois inattendue. Le cynisme de l'entreprise, très drôle (même parfois hilarant) et forcément sarcastique, doublé d'une mise en scène sobre et efficace servie par des acteurs - et surtout actrices - excellents, finissent de rendre ce petit monument de nihilisme sauvage au final outrancier définitivement attachant. On ne sera guère surpris d'apprendre que le récit est tiré d'un roman de Ryu Murakami, scénariste du AUDITION de Takashi Miike. Kerozene

LOVE BATTLEFIELD - Cheang Pou-sol, 2004, Hong Kong, 96m 

Ching et Yui son tombés en amour. Montage rapide et deux ans plus tard le couple, plutôt mal assorti, bat de l'aile. Au moment du départ pour des vacances, la voiture du couple a été volée, elle, Ching, veut partir quand même en vacance, lui, Yui, ne veut qu'aller avertir la police. Rupture. Yui retrouve la voiture, qui a dans le coffre un bandit en cavale et blessé. Yui est kidnappé et amené pour s'occuper des blessés d'un gang de voleurs. Ching l'aperçoit et est certaine de son kidnapping, mais la police, bien occupée par les meurtres commis par la bande de vilains, doute du sérieux de l'affaire. Pour Ching tout va de plus en plus mal car toutes ses décisions ne font que l'enfoncer dans le trouble jusqu'au cou. Yui part à sa recherche...

Mélodrame sans limite, doublé d'un film d'action qui ne laisse aucun répit. La bande annonce, qui annonçait un film fleur bleue sans saveur, au mieux un roman harlequin matiné de pétarade, cache une descente aux enfers éprouvante. Rien n'est épargné aux personnages et tout le monde impliqué va connaître un sort peu enviable, sans tout vous dévoiler. Chapeau aux gangsters, dramatiques et sombres et tout aussi malheureux dans leur choix. On ne comprend pas trop pourquoi dans la ville livrée aux meurtres à répétition, la police est si absente, mais tout cela participe au calvaire de notre petit couple et augmente la tension du spectateur. Bonne note pour la séquence de la "poudre sur l'autoroute", cruelle et bien réalisée, ça frappe. Finalement pas moumoune pour deux sous et une heureuse surprise. Mario Giguère

MAXIMILIANI ULTIMA NOX - Thierry Lopez avec Julien Masdoua, Luc Miglietta, David Jimenez, Rodolphe Gayrard, Denis Schaan, France, 2004, 18m

Max se promène en pleine nuit et rencontre deux hommes dangereux. Car ce ne sont plus des hommes mais des vampires. Max croit être sauvé par deux autres types qui cherchent à décapiter les hurluberlus mais, décidément, c'est la nuit ultime de Max...

Thierry Lopez s'entoure d'une bonne équipe pour un tournage en 16mm qui décoiffe. De truculents dialogues amenés par des acteurs bien typés, une caméra nerveuse et des effets gores jouissifs, la table est mise pour un court métrage au sujet classique servi avec panache. Car il y a de l'action et du sang en masse, bien filmé, qui reflète l'amour du cinéma de genre de Lopez, de l'expressionnisme allemand aux délires plus récents d'un Alex de la Iglesia ou d'un Tarantino. Plus qu'agréable et franchement réussi.

Le dvd offre un making of plus long que le film, ou l'équipe, tous originaires de Montpellier, explique sa démarche pour un tournage enjoué. En prime deux autres courts du réalisateur:

SYMPHONIA HORRORIS, ou Nosferatu essaie de se trouver une compagne pour les longues nuits éternelles. Présenté sous les apparences d'un film muet, noir et blanc teinté, avec intertitres en esperanto ( sous-titrés en français ) qui déploie la fascination du réalisateur pour les racines du fantastique et le chef-d'oeuvre de Murnau.

APPARITION, adaptation d'une nouvelle de Guy de Maupassant. Une histoire donc très classique de fantôme, bien réalisée, quoique peu surprenante. Une étude d'ambiance qui démontre les ambitions et le respect des classiques du réalisateur. On remarque l'excellent casting, un point fort de Thierry Lopez. Mario Giguère

site officiel: maxultimanox.free.fr

NIGHT WATCH aka Nochnoy dozor - Timur Bekmambetov avec Konstantin Khabensky, Vladimir Menshov, Mariya Poroshina, 2004, Russie

Au 14ème siècle, les forces du bien et du mal, de la lumière et de la noirceur combattent, en vain. Devant le match nul à venir et pour ne par trucider tous les combattants, une trève est proclamée. Aujourd'hui, des siècles plus tard, tout ce beau monde, incognito, se surveille mutuellement pour ne pas compromettre l'équilibre du monde. On suit Anton, à la poursuite de deux vampires/métamorphes qui veulent amener l'élu, l'autre prophétique, du coté obscur et faire pencher la balance et amener la terre dans le chaos. Tout se complique...

Adapté d'une trilogie gothique russe très populaire, ce premier film est difficile a suivre, mais tout devient plus clair dans un final apocalyptique qui n'est pas sans rappeler une certaine saga des étoiles. D'ailleurs les influences sont nombreuses, de Matrix à Star Wars, en passant par Blade, les clins d'oeil, hommages ou copies de morceaux d'anthologie placent le film dans un courant mondial qui dérange à l'occasion. Mais on est devant un festin visuel qu'il faut admettre bien réussi, de cette séquence démente d'un boulon qui se détache d'un avion ou de cette transformation discrète mais efficace d'une chouette en femme. L'action est sans répit et spectaculaire, mais laisse un peu sur sa faim, se terminant de manière abrupte. Un peu normal et pardonnable pour un film conçu pour en préparer deux autres. Mais le film vaut le détour. Mario Giguère

Le PORTRAIT DE PETITE COSSETTE - Akiyuki Shinbo, 2004, Japon, 110m 

Le jeune assistant d'un antiquaire déballe une livraison et est ébloui par un ensemble de verres aux couleurs changeantes. Lui seul voit et entend la petite Cossette, une jeune fille morte 250 ans plus tôt. Complètement absorbé par ses visions, il entre en contact avec le fantôme, dont il tombe amoureux et découvre son terrible secret, pendant que ses proches assistent à ses changements de personnalité sans pouvoir le comprendre ou l'aider.

Les apparences sont trompeuses dans ce dessin animé troublant. Cossette n'est pas tout à fait ce qu'elle semble être et l'histoire de sa rédemption n'est pas aussi simple que prévue. L'histoire est en trois parties, ce qui nous aide car le personnage résume ce qui s'est passé auparavant, pour notre compréhension. Car le scénario avance de manière syncopée, la forme étant plus travaillée que le fond. Ce sont donc des visions et un univers onirique riche d'un graphisme aux couleurs somptueuses qui emballe une histoire somme toute compliquée au vu du résultat. Je ne bouderai pas le plaisir, mais j'apprécie souvent une histoire plus structurée, racontée avec plus de simplicité. En tout cas un plaisir pour l'oeil. Mario Giguère

SHUTTER - Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, 2004, Thaïlande, 92m 

Un photographe et sa blonde retournent à la maison après une soirée bien arrosée. Lors du chemin du retour, ils frappent une passante avec leur automobile. Ils s'enfuient en laissant le corps inanimé sans savoir si elle est vivante ou morte. Le lendemain, les journaux ne rapportent pas l'incident, mais le photographe découvre d'étrange lueur sur ses photographies et fait des cauchemars récurrents. La victime est-elle morte et essaie t'elle de se venger ?

Ce film est une espèce de clone à la JUON ou à la RINGU. Tous les éléments du genre s'y trouvent : Porte grinçante, apparition horrifiante, femme aux cheveux longs, bruits stridents et photographies déformées. Si vous n'êtes pas encore lasser par le genre, ce film saura vous plaire et vous donnez votre dose d'images horrifiantes. Le film est un divertissement tout à fait valable, mais rapidement oubliable comme le niveau de l'originalité n'est pas très élevé. Si vous adorez le genre, le film est à avoir incontestablement puisque je vous garantis que vous allez sursauter quelque fois. Black Knight

SURVIVE STYLE 5+ - Gen Sekiguchi, 2004, Japon 

Dans le genre " cinéma indépendant optant pour un style auteur-chic-fashion moderno-branchouille ", SURVIVE STYLE 5+ se pose là, comme une espèce d'objet de frime visuelle surfant sur une vague éphémère qui risque de rapidement finir sa course. Le film comprend les tranches de vie de cinq différents groupes de personnes qui, à un moment donné, vont interagir les unes avec les autres - un peu à la façon d'un film de Robert Altman ou de Quentin Tarantino. Sans surprise, on est plus proche de l'esprit du deuxième étant donné le ton pince-sans-rire du film, son esthétique chiadée et sa bande son débordant de morceaux pop mais avec un penchant absurde supplémentaire et une forte dose de surréalisme typiquement nippon. Parmi les cinq groupes en question nous trouvons un homme qui, tout au long du film, fait face à la furie meurtrière de son épouse, finit par la tuer, l'enterre au milieu d'un bois avant que celle-ci ne revienne d'entre les morts pour le tourmenter à nouveau; une femme, publiciste de métier, qui peine à imposer ses idées promotionnelles nullissimes qui ne font rire qu'elle ; un salary man qui emmène sa famille voir le spectacle d'un hypnotiseur qui le " transforme " en oiseau avant de se faire tuer sur scène, laissant le pauvre homme dans sa condition de piaf encravaté ; un tueur à gage britannique grimaçant et se posant des questions sur le sens de la vie ; et une bande de trois jeunes déconneurs au sein de laquelle naît une idylle gay...

Chacun des cinq récits apporte son lot d'éléments drôles, émouvants ou iconoclastes, on sent une réelle volonté de la part du réalisateur de pousser le spectateur vers l'émerveillement comme s'il lui contait une sorte de poésie douce-amère chargée d'émotions magnifiées par des décors plus grands que nature et chargés de couleurs chatoyantes. Mais cette espèce de générosité visuelle et narrative est telle qu'elle en devient quasiment indigeste, car si on se laisse d'abord agréablement bercer par la chose (certains gags font mouche, certaines idées visuelles et de mise en scène sont remarquables), on devient peu à peu agacé par ce trop-plein de fausse subversion laissant peu à peu la place à un monde guimauve et naïf qui fini de plomber le morale par un ennui devenant carrément redoutable sur les vingt dernières minutes. Dommage, car Gen Sekiguchi semble être un réalisateur bourré d'idée ; il ne lui manque plus qu'à savoir se mesurer, à doser ses éléments, se restreindre sur les abus calorifiques - ou alors y aller carrément à fond en jouant la carte de l'absurde quitte à perdre une partie du public. Parmi les gueules connues, on retrouve Tadanobu Asano dans le rôle du mari harcelé par sa femme revenante (certains semblent voir là une sorte de clin d'œil à TOMIE, d'autres une mise en image des neuf vies d'un chat), le psychopathe de ICHI THE KILLER campe ici un rôle quasiment muet et ne fait finalement pas grand-chose à l'écran si ce n'est tirer la gueule ; et on retrouve aussi Vinnie Jones dans le rôle du tueur anglais et qui a visiblement quelques difficultés à se faire diriger par des non anglophones... jamais il n'a été aussi nul; sans oublier un petit rôle comique pour Sonny Chiba. SURVIVE STYLE 5+ fait partie de cette vague de films japonais complètement décalés, des gros budgets empreints de surréalismes et de fantastique, dont le ton oscille entre le drame, la comédie et l'onirisme. On pense à TOKYO ZOMBIE ou même à YAJI & KITA. Des films aux histoires complètement différentes, mais à l'esprit finalement très proche. Et dans le cas du film de Gen Sekiguchi, comme pour TOKYO ZOMBIE, ce mélange des genres s'avère finalement plus négatif que positif. Kerozene

TETSUJIN-28 - Shin Togash, Japon, 2005, 105m 

Tokyo est attaquée par un robot géant: Black Ox. Shotaro, un jeune gamin, est interpellé par un monsieur qui l'amène dans de vieux hangars et lui annonce que lui seul peut sauver Tokyo en prenant le contrôle de Tetsujin-28, dernier robot géant fabriqué par son défunt père. Le jeune refuse, mais devant la destruction imminente il accepte de se mesurer au robot méchant. Désastre. Shotaro réussirait-il à surmonter sa timidité, cette défaite et la honte qu'il s'inflige pour apprendre finalement à contrôler ce foutu robot géant ?

Après une attaque de Black Ox bien menée on s'enfonce dans un mélodrame puéril mille fois déjà vu aux rebondissements inexistants. On se fout éperdument de ce jeune bambin, on aurait adoré contrôler un robot géant, nous ! Pas lui, même quand il est entraîné par une ado nippone qui lui fait de l'oeil, incrédible. Le film semble s'adresser à des nostalgiques qui ont reprit le matériel de base, un dessin animé pour enfants, et qui l'ont traité avec ton le sérieux d'adultes fan boys. De quoi ennuyer les enfants et faire bailler les adultes dans la salle. Les personnages caricaturaux sont présents, mais coincés dans un mélodrame sirupeux et sans rythme. Un comble. Vraiment dommage. Mario Giguère

THREE... EXTREMES - Takashi Miike, Fruit Chan, Chan-Wook Park, 2004, Japon/Hong Kong/Corée

Suite de Three, on rembarque trois directeurs de trois pays différents. 

THE BOX de Takashi Miike nous présente une jeune fille qui fait un cauchemar récurent ou elle termine enterrée vivante dans une petite boîte.

Histoire très lente pour un Miike qui joue sur le sentiment de culpabilité et qui nous réserve une fin surprenante. Je m'attendais à autre chose, mais le réalisateur joue sur l'ambiance et refuse le sensationnalisme de ses compères.

DUMPLINGS débute avec une actrice d'un certain age qui se rend chez une femme qui cuisine des dumplings sensés lui redonner sa jeunesse. L'ingrédient secret est difficile à obtenir. Pourquoi autant de films de Hong Kong essaient-ils de nous dégoûter de leur cuisine ? méchant punch final ! Fruit Chan livre la marchandise.

Dans CUT, Chan-wook Park élabore sur un scénario délirant. Un réalisateur se réveille dans ses décors, sa femme savamment attachée au piano alors qu'un inconnu lui demande de prouver sa méchanceté, si jamais il en a une once. Parce que le gars lui reproche d'être beau, riche et trop bon, alors il attend et coupe un doigt de sa femme aux cinq minutes si celui-ci ne lui raconte pas une saloperie. Je n'en dit pas plus, mais c'est le délire. On pense parfois à Dario Argento, pour le décor et comme dans OPERA, le personnage obligé de regarder des atrocités.

Personnellement je préfère la première trilogie, THREE, mais ce nouveau trio mérite le détour, il va sans dire. Mario Giguère

ULTRAMAN : THE NEXT - Kazuya Konaka avec Tetsuya Bessho, Kenya Osumi, Kyoko Toyama, 2004, Japon, 97m

Maki, pilote de l'air des forces défensives du Japon, prend sa retraite prématurée car son fils est gravement malade. Lors de son dernier vol il est à la poursuite et entre en collision avec un ovni. Il se réveille une semaine plus tard à l'hôpital sans souvenirs de l'incident. Un autre pilote a vécu la même expérience, mais il est en cellule d'observation et se transforme de jour en jour. Devenu un véritable monstre géant, il affrontera Ultraman THE NEXT, notre Maki qui partage maintenant son corps avec un géant extraterrestre aux pouvoir immenses.

Changement de cap important pour la dernière incarnation en date de notre ami de la nébuleuse M78. Finit les aventures trop colorées remplies de montres qui font plaisir aux enfants. Plus proche d'une série telle X FILES, le ton est résolument adulte, les effets spéciaux améliorés ne laissent plus voir de fermeture éclair ou de fils au-dessus des véhicules ! On a bien droit à un enfant malade, mais qui est plus un ressort de l'intrigue qu'un incontournable pleurnichard. Une série de 37 épisodes télé suit le film. Un retour en force très apprécié pour un héros de notre jeunesse ! Mario Giguère

WAY OF THE DRAGON aka Meng long guojiang aka Fury of the Dragon aka Return of the Dragon aka Revenge of the Dragon Bruce Lee, 1972, Hong Kong, 100 min

L'intrigue est classique: Tang Lung (Bruce Lee), un expert en art martiaux, débarque dans la ville de Rome afin de défendre le restaurant de l'un de ses amis qui est menacé par des voyous.

Le film est fantastique et divertissant pour de bonnes et de mauvaises raisons. Parmi les bonnes raisons, le film regorge d'hommages au Western Italien et Bruce Lee est vraiment en forme. En plus d'être un excellent expert en Art Martiaux (sûrement le meilleur de tous), il est aussi un maître dans l'art de coordonner des scènes de combat. On croirait vraiment que les coups sont vrais!

Le début du film en comédie est excellent. Nous sommes à l'aéroport de TENEBRAE et il y a une scène ou Bruce Lee est courtisé dans un square par une prostituée aux yeux incroyables à la Ania Pieroni ! Ca c'était pas prévu ! Puis, il y a une nudité surprise! De plus, il s'agit aussi du dernier film qui a été tourné en partie dans l'authentique colisée de Rome !

L'arrive de Chuck Norris est anthologique... Il sort de l'avion... Gros plan sur ses lunettes, la camera fait un zoom out et il descend de l'avion et avance vers la camera jusqu'a ce que son sexe gonflé prend l'écran au complet... Et tout cela sur le thème de ONCE UPON A TIME IN THE WEST !

À Chacune de ses apparitions, nous entendons le même thème afin de rendre Chuck vraiment menacant. C'est absolument hilarant et c'est à voir. En ce qui concerne, l'affrontement entre les 2, il est interrompu par l'apparition d'un chat à chaque minute à l'écran et avec plein de zoom-in/ zoom-out sur l'animal et sur les deux vedettes à plusieurs reprises (à la manière de THE GOOD, THE BAD AND THE UGLY). On a vu, cette scène récupérée par plusieurs films mais ici avec la présence d'un chat... J'ai trouvé ça vraiment étrange. Puis, il y a aussi des adversaires vraiment mémorables par leur look. Bref, c'est loin d'être un bon film, mais il s'agit d'un excellent divertissement.

Le meilleur film de Bruce Lee que j'ai vu est encore THE BIG BOSS. C'était violent, sadique et vachement cruel. Black Knight

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