
mise à jour le 7 avril 2006
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CES DAMES S'EN MÊLENT - Raoul André, 1964, France/Italie Avant de devenir un acteur prisé par les cinéastes de répertoire, avant de vouloir participer à des films " sérieux ", Eddie Constantine jouait dans des oeuvres populaires (action, espionnage) qui remportaient un certain succès. La recette était simple : bagarres, humour, femmes fatales... Constantine incarnait d'habitude l'agent secret Lemmy Caution, envoyé pour des missions un peu partout autour du monde. CES DAMES S'EN MÊLENT n'est pas un " Lemmy Caution ", mais le personnage interprété par Constantine est identique. Seul le nom change (Jeff Gordon). Agent du FBI, Gordon cherche à remonter la filière d'un réseau de faux-monnayeurs. Bien sûr, cette idée (banale) n'est qu'un prétexte à une enfilade de scènes de bagarre, à des séductions pas trop méchantes et à de l'humour familial, bon enfant. De tous les " Constantine " populaires que j'ai pu voir, celui-ci est le plus carnavalesque. Les bagarres font penser à du Bud Spencer ! Elles sont carrément humoristiques. Pour ajouter à cette tonalité comique, Jeff Gordon s'adjoint les services d'un valet qui, la plupart du temps, reçoit des claques sans trop pouvoir les rendre. Les hommes de mains sont caricaturaux, le patron est un chauve qui prend du bon temps dans sa maison de campagne, on se poursuit en voiture, etc. Donc : rien de très original au menu. En même temps, le spectateur moyen trouve ce qu'il voulait dans CES DAMES S'EN MÊLENT, alors on peut difficilement affirmer que le réalisateur trompe les fans sur la marchandise. Personnellement, j'ai trouvé que le film était à la hauteur de ses ambitions : se borner à divertir... L'humour parfois balourd ne lui rendait pas toujours service, et on peut lui préférer les premiers Constantine (LA MÔME VERT DE GRIS, par exemple) à CES DAMES S'EN MÊLENT. Howard Vernon |
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C'EST PAS PARCE QU'ON A RIEN A DIRE QU'IL FAUT FERMER SA GUEULE - Jacques Besnard, 1975 Le bien nommé, réalisé en 1975 par Jacques Besnard, avec Michel Serrault, Jean Lefebvre et Bernard Blier. Deux minables de la cambriole facile (Serrault et Lefebvre) monte sur un gros coup grâce à un "cerveau" du hold up incarné par Bernard Blier. Le coup est "facile" puisqu'il s'agit de perforer le chiotte n° 3 de la gare qui se trouve à côté de la banque. Seul problème, la dame pipi de l'endroit. Les trois gugusses ayant trouvé la parade, descendent à tour de rôle dans le chiotte déguisés différemment à chaque fois pour ne pas éveiller les soupçons de la vieille. Mon verdict : c'est génial! Le navet comme on l'aime, bons acteurs (sauf Lefebvre bien sûr), bonne période, bonnes ambiances, et lourdeur et cabotinage à souhait (surtout Blier dans une forme étonnante). 45 bonnes minutes du film se passent dans les chiottes ce qui n'est pas banal, où les comparses font semblant de pisser pendant 1 heure pour un premier round d'observation, et ensuite pendant leur va-et-vient déguisés d'une manière ridicule (surtout l'attirail de pêcheur de Serrault, où le costume de bavarois de Blier). Enfin, moi ça m'fait marrer, mais bon... Franfran |
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CETTE FEMME-LÀ aka This Woman aka Hanging Offense - Guillaume Nicloux, 2003, France, 1h40 Parfaitement inconnu ici (personne ne sait qu'il a réalisé l'adaptation du POULPE en '98, hormis mon petit doigt et les amusants et utiles copains de l'IMDb), Nicloux débarque avec ce thriller noir, stylisé et malsain. Josiane Balasko, sale gueule, est au bord du suicide. Inspecteure de police enquêtant sur plusieurs crimes qui ne semblent pas connectés, mais qui le sont, constamment victime d'hallucinations percutantes et de cauchemars lancinants, elle baise triste, et parle morne. Habile scénario ici mis en image de façon fort glauque par un directeur photo doué. Une certaine inquiétude suinte de chaque image, et il est difficile d'imaginer l'ambiance sur le plateau, tellement l'atmosphère est noire. Ça ne devait pas beaucoup plaisanter. Thierry Lhermitte sort de sa caverne pour venir interpréter un petit rôle, alors qu'Aurélien Recoing est toujours aussi sanguin et inexpressif dans le rôle d'un collègue flic. Disons seulement que CETTE FEMME-LÀ n'est pas le film à voir pour vous remonter le moral. Orloff |
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CHARLOTS CONNECTION - Jean Couturier avec les Charlots et Alexandra Stewart Les Charlots se font offrir un job intéressant, ramasser les loyers chez divers commerces, mais nous on sait qu'il s'agit d'un racket de protection. Les Charlots, avec leur voiture qui fait des drôles de bruits, tombent tous les trois amoureux d'une donzelle qui leur apprendra la vérité. Ils finiront déguisés en hommes des cavernes dans un parc thématique pour sauver la donzelle kidnappée. C'est supposé être drôle, peut-être que ça ferait rire un enfant à deux ou trois endroits, pas plus. On entend pas souvent parler des Charlots. Ce film en est une autre raison. Au lieu de regarder le film, profitez-en pour laver votre voiture ou cirez vos chaussures. Mario Giguère |
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Les CHARLOTS CONTRE DRACULA - Jean-Pierre Desagnat avec Les Charlots (Gérard Rinaldi, Jean Sarrus, Gérard Filipelli), Amélis Prévost, Andréas Voutsinas, Gérard Jugnot, Vincent Martin, Dora Doll, 1980, France, 85m Le fils de Dracula veut utiliser la potion magique de son père afin d'obtenir des pouvoirs de vampire mais sa mère s'y oppose farouchement. Par un sort qu'elle a jeté, elle seule peut toucher la fiole contenant la potion sans se changer en pierre: à l'exception d'une femme lui ressemblant trait pour trait. Maintenant adulte, Dracula junior engage des détectives afin de trouver ce possible sosie. Un nommé Gaston LePope la repère en la personne d'Ariane, une jeune parisienne qui gère une boutique d'antiquités avec son fiancé Phil et deux amis, Gérard et Jean. Le détective kidnappe Ariane et la transporte en Roumanie mais son fiancé et ses deux copains se lancent à leurs trousses. Ils aboutiront tous au fameux château de Dracula où leurs mésaventures ne font que commencer. À cinq qu'ils étaient au début de leur carrière, les Charlots n'étaient plus qu'un trio vers la fin, ce qui témoigne d'un net essoufflement pour ce groupe à l'humour bouffon. Battant alors de l'aile, ils ont cru renouveler leur popularité avec cette parodie facile des films de vampires qu'ils ont eux-mêmes écrite. Si le thème permet enfin une certaine unité qui faisait défaut dans les films précédents du trio, l'inspiration comique ne dépasse jamais la facilité et ne vole pas bien haut. L'ensemble apparaît plus agité qu'imaginatif avec des négligences se manifestant continuellement durant la projection, que ce soit dans la photographie, le montage et la réalisation. Le metteur en scène ne s'est d'ailleurs pas esquinté les méninges pour faire un boulot correct, lui qui a pourtant réalisé de solides polars autrefois. La conclusion est extrêmement décevante par son manque flagrant de logique et de punch. Ne reste qu'une comédie franchouillarde de plus qui en amusera peut-être certains et en fera rire quelques-uns, quelques passages étant assez hilarants quand même. Andréas Voutsinas s'amuse avec plaisir dans la composition de son Dracula et son acolyte Vincent Martin est burlesque dans le rôle de son valet. Gérard Jugnot se débrouille bien, quant aux Charlots, leurs jeux ne dépassent guère la routine, comme quoi ils devraient se poser des questions quand le reste du casting est plus drôle qu'eux. Mathieu Lemée |
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Le CHAUD LAPIN - Pascal Thomas - 1974 Bon, je ne sais pas si c'est vraiment l'endroit, mais j'aimerais parler de ce film de Pascal Thomas, un des premiers films où on peut admirer le talent incomparable de Bernard Menez. C'est l'histoire d'un "tombeur" à balles deux (Menez) qui se retrouve embrigadé en vacance d'été dans une grande maison familiale, suite au foirage d'une de ses aventures. En fait, il est invité par un pote à lui qu'il retrouve par hasard en ville... Après quelques scènes à Paris, l'action se déroule dans le Sud de la France (mieux vaut voir ça, que "sous le soleil") ou se retrouvent tous les membres d'une famille, dont 4 soeurs d'âges différentes et très nettement potables. Et alors là, c'est parti! Le Bernard (quelle coiffure en passant!!) va tenter par tous les moyens de s'en taper au moins une, mais tous ses stratagèmes foirent et il est obligé de se rabattre sur une autre soeur, et ainsi de suite! Une farandole de plans de baise ratés et de drague minable à mourir de rire, qui nous rappelle nos vertes années et nos déboires de vacances! Un film excellent qui sent bon la Provence, avec en plus Daniel Ceccaldi, et Elisa Sevier dans un de ses premiers rôles, on aperçoit même un sein! Meilleur que "pleure pas la bouche pleine" du même auteur, et visionnage vivement recommandé!!! Franfran |
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Le CIMETIÈRE DES VOITURES - Fernando Arrabal, 1983, France Arrabal, dramaturge et romancier, était membre du " Panique ", l'un des derniers mouvements littéraires de la fin du 20e siècle. Y participaient également Jodorowsky, André Ruellan (romancier et scénariste de plusieurs bons films, dont Le seuil du vide, de Jean-François Davy) et Roland Topor (auteur du roman Le locataire dont Polanski a tiré son film, et également interprète de Renfield dans le Nosferatu d'Herzog). On le voit, ce mouvement regroupait des personnalités assez inventives. Arrabal est, hélas, celui que je prise le moins parmi les quatre. Son meilleur film, J'irai comme un cheval fou, contenait cependant des moments assez étonnants, mais, à l'instar de beaucoup de réalisateurs des années 70, le passage aux années 80 ne l'a pas laissé indemne. Le cimetière des voitures, film "intello", est très pénible et ennuyeux. Il met en vedette Alain Bashung qui en profite pour pousser la chansonnette, dans un délire new wave particulièrement atroce. Les chansons sont toutes uniformément hideuses, dans la composition, la production et l'interprétation. Cette version tordue de l'univers post mad-max du début des années 80 se veut une relecture rock de l'histoire de Jésus Christ. Sur papier, l'idée devait sembler séduisante, mais elle est assassinée par un climat de vulgarité facile, par un maquillage rétro-punk ridicule, un ennui profond, et, encore une fois, par cette musique stridente insupportable. Faut-il s'étonner que ce soit son dernier film ? On lui préférera, et de très loin, J'irai comme un cheval fou. Howard Vernon |
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Le CONVOYEUR - Nicolas Boukhrief, avec Albert Dupontel, François Berléand, Jean Dujardin, Julien Boisselier, Philippe Laudenbach, Claude Perron, Aure Atika, 2003, France Une énième rediffe télé du Pacha de Georges Lautner m'a offert à nouveau d'apprécier l'impact que produit toujours cette fameuse figure de style de grande classe, propre au polar, que constitue une attaque de fourgon blindé correctement menée. Et puisque l'écrivain et cinéaste José Giovanni vient de nous abandonner pour de bon, il me semble pure justice de citer au passage "le deuxième souffle" : magistralement tourné par Jean-Pierre Melville d'après le roman de Giovanni " Un règlement de comptes ", ce film contient une excellente version de l'exercice en question. Quant à lui, respectueux des aînés, Nicolas Boukhrief exploite jusqu'au bout l'idée brillante de nous installer à l'intérieur du fourgon, avec un souci de réalité sociale haletant. Enfin, " haletant ", cette impression est surtout ressentie par les affranchis aux classiques précités, qui, dès la première sortie sur le macadam, auront naturellement tendance à baisser la tête à ras du siège de leur voisin de devant dans la salle. Ils savent que la peinture de ce genre de véhicule se raye rarement à coups de lance-pierres. Quant aux autres, tant pis pour eux, au premier pétard ils se lâcheront les pop-corns sur les genoux, la situation est suffisamment instructive sur la technique du bazooka reluquée de trop près. C'est par les yeux d'Alexandre, nouvelle recrue, que nous sommes introduits dans les vestiaires d'une modeste société de convoyage où rôde un malaise, lié à de récentes attaques à répétition guère explicables. Le trouble est encore accentué par les attitudes suspectes de notre bleu, plus très jeune à vrai dire, personnage mutique et solitaire interprété par Albert Dupontel (dont le CV comme acteur suffirait déjà en lui-même à inquiéter violemment : Bernie, Le créateur, Un héros très discret, Irréversible). En marge d'une intrigue qui tient la route, Nicolas Boukhrief dépeint une crudité sociale copieusement glauque. Le métier de pigeon de la famille des pigeons d'argile ("1000 euros par mois, 1 million dans chaque sac" raccourcit l'affiche) s'exerce dans les décors urbains de la zone, à des heures voisines de la nuit. Et, dans les sous-sols sinistres de l'entreprise, le direction du personnel gère le flux des recrutements au rythme des cartouches ramassées par ses salariés. Clairement, aucun détournement d'images n'est envisageable par une société réelle de transports de fonds qui voudrait faire à bon marché sa promotion sauvage dans cette branche des professions de la sécurité. Certes, Nicolas Boukhrief force parfois le trait, avec des maquillages beurrés à la testostérone, des engueulades de catch, des propos pédagogiquement contestataires sur la restructuration d'entreprise ou le déficit de formation professionnelle. Ses sous-flics apparaissent comme omni-défoncés aux mélanges jaja-médocs, à la fumette de n'importe quel combustible, et au mieux au baratin syndical ou à la gameboy. Pour ma part, je n'ai pas réussi à retenir ces défauts. Sapés comme des sacs aux couleurs de la société "vigilante", des noms reconnus de la série B française nous sortent leurs têtes d'abrutis des grands matins, on jurerait un concours. Surtout, ça fait rudement de la joie d'entendre à nouveau le polar français tirer à balles réelles. Une séance vue en compagnie de ma bébi pour la frimer avec les durs métiers des vrais hommes (môallez, on peut essayer ?). Bigeyes Alex ( magnifiquement joué par Alain Dupontel ) vient de se trouver un nouveau job de convoyeur pour une compagnie française. Avec ses nouveaux compagnons de travail, il traverse les rues parisiennes pour collecter l'argent dans divers magasin. Son boulot serait facile, quoique plutôt ennuyant, si ce n'était pas d'avoir toujours peur d'être attaqué par des bandits. N'en disons pas plus sur cette excellente surprise nous provenant de la France. Ce thriller est tout simplement superbe et la décision prise par TVA Films de ne pas le sortir en salles est incompréhensible puisqu'il y trouverait son public sans problème. Le récit sans aucun temps mort réussit à créer un suspense haletant qui atteint son sommet à la finale sans ne jamais tomber dans la facilité des films d'actions hollywoodiens. Les personnages très bien développés sont attachants et leur destin tragique réussit à toucher le spectateur. Puis finalement, il est agréable de voir qu'un film peut montrer un dur métier sans tomber dans la prétention de certains cinémas nationaux. Il s'agît définitivement de l'un de mes films favoris de Fantasia 2004. Oncle Freak Albert Dupontel est Alexandre, un pauvre chômeur qui se fait engager dans une boîte de convoyeurs au bord de la faillite. Leurs camions non blindés se sont fait attaquer trois fois déjà dans l'année, et la compagnie va être rachetée par les Américains un peu après Noël. Le climat est donc légèrement tendu, mais le boulot pompe l'adrénaline, et c'est nerveusement qu'Alexandre va partir patrouiller avec des individus louches et tous plus mésadaptés les uns que les autres. Ça nous pète à la figure un peu avant la finale, après une minutieuse mise en situation qui intrigue et surprend. Le ton, nihiliste à souhait, est inhabituel dans un film d'action, et le résultat se révèle loin d'être pour le grand public. Trop négatif, trop dur, et surtout trop particulier. Dupontel est excellent dans le rôle d'un homme investi d'une mission personnelle, et qui le dissimule drôlement bien. Il a dû faire des tas de pompes pour se préparer au rôle car il apparaît ici plutôt en forme... de gym queen. On remarque aussi François Berléand dans un rôle complètement déjanté, qui lui va comme un gant. Il faudrait faire attention à ce niveau car sa carrière récente n'a été peuplée que de névrosés, et il pourrait facilement se prendre au jeu du complexe d'identification à ses personnages ! Je blague, bien sûr. Nicolas Boukhrief n'en est qu'à son troisième film mais on remarque déjà son style percutant, et son utilisation fort originale de la violence à l'écran; lui qui a participé au scénario d'ASSASSIN(S) de Kassovitz en '97, transpose ici avec beaucoup de bonheur les techniques "punchées" employées par l'ami des RIVIÈRES POURPRES. On attendra donc sa prochaine livraison avec beaucoup de bienveillance. Orloff |
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CORPS À CORPS - François Hanss , Arthur-Emmanuel Pierre, 2003, France Selon l'affiche et les critiques parues dans les journaux, je m'attendais à découvrir un énième thriller érotique. Or, ça n'a rien à voir. Il s'agit plutôt d'un suspense fondé sur de nombreuses révélations-choc, qui ne sont pas à proprement parler des coups de théâtre (qui impliquent une mécanique parfois un peu forcée), mais les jalons d'une intrigue véritablement très structurée et complexe. Résumons la situation initiale : un paysagiste (Philippe Torreton) amoureux d'une strip-teaseuse (Emmanuelle Seigner) lui demande d'abandonner son métier pour mener une vie de rêve avec lui. Le bonhomme est riche, paraît gentil, un peu naïf. La dame abandonne donc son " métier " pour vivre ce qu'elle croit être un conte de fée... qui commence un peu mal. En effet, après son dernier quart de travail dans sa boîte à strip-tease, elle fait un accident de voiture et se retrouve dans le coma... N'en disons pas plus : ce que je viens de résumer sont les cinq premières minutes du film. On voit déjà que l'intrigue ne nous conduit pas là où on s'attendait. C'est un thriller efficace que signent François Hanss et Arthur-Emmanuel Pierre. Hanss vient du vidéoclip, s'étant surtout illustré par la réalisation de plusieurs clips artistiques de Mylène Farmer. Cependant, son film demeure cinématographique au lieu d'être un assemblage de scènes vides dotées d'un montage ultra-nerveux, comme c'est souvent le cas pour les cinéastes venus de la publicité ou du clip, particulièrement aux États-Unis. On a souvent reproché à Emmanuelle Seigner d'être une potiche incapable de jouer, uniquement devenue actrice à cause de ses rapports amoureux avec le réalisateur Roman Polanski. Dans le présent film, elle nous démontre bien, je crois, sa capacité à rendre un personnage crédible, car elle joue sur une gamme d'émotions et de situations assez étendue, sans jamais avoir l'air emprunté. Ce n'était hélas pas le cas pour La neuvième porte où son interprétation d'un personnage démoniaque faisait sourire... Les fans de trash cinéma à l'européenne se régaleront, je suppose, des scènes de nudité (dénoncées à grands cris scandalisés par la presse québécoise : Valérie ne leur a donc rien appris ? Par ailleurs, Emmanuelle Seigner nous y a habitués) et d'un final violent. De façon plus globale, ce thriller venu de France devrait sans doute plaire au public général, puisqu'il raconte avec efficacité une histoire originale. Les spectateurs plus exigeants apprécieront la mise en images, élégante sans être trop léchée, de même que certaines idées scénaristiques originales (un personnage sourd), voire littéraires (les narrations en voix off, particulièrement à la fin du film). Howard Vernon |
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Les CÔTELETTES - Bertrand Blier, 2003, France Plusieurs critiques ont littéralement chié sur le dernier de Blier, allant même jusqu'à le catégoriser de vacherie. En regardant le film, on a l'impression que les journalistes ont été bien cruels envers cette comédie qui, à défaut d'être raffinée, n'est pas aussi laxative que certains prétendent. Un vieil homme ( Philippe Noiret ) habitant un appartement aisé de Paris reçoit la visite d'un inconnu du même âge ( Michel Bouquet ) qui est venu pour le faire chier. Les deux râleront sur des sujets très divers, la solitude, l'homosexualité, la Mort, le sexe, pour finalement découvrir que les deux s'amourachent de la même femme, une ménagère arabe. On baigne alors dans le très mauvais goût en s'attaquant à tous les tabous imaginables, cela peut choquer, mais c'est justement le but du film. Blier n'hésite pas à rire avec vulgarité de tout ce qui est " politically correct " dans le but de, ben avouons-le, faire chier. La scène où Noiret tente de trouver l'orientation sexuelle de son fils est un bon exemple. Lorsqu'il lui demande s'il aime le sport et que le dernier répond qu'il préfère la couture, on se surprend à être choqué en plus de rire de la situation. Blier ira beaucoup plus loin tout au cours du récit, allant même jusqu'à enculer la Mort en personne au sens clair du terme. On pourrait donc se dire que dans notre société axée sur le bien-paraître, il fait du bien de voir qu'un artiste n'hésite pas à pointer du doigt ses tabous que d'autres ne veulent même pas parler. Pour le discours, c'est réussi, mais c'est l'humour du film que vient gâcher la sauce. Alors que le film comporte certaines scènes hilarantes, le début du film est particulièrement drôle, le reste des farces s'avèrent souvent trop faciles pour être ries. Ayant peut-être peur de jouer les intellos, Blier préfère s'attarder à des blagues idiotes de pipi et de caca qui peuvent rappeler les récréations à la maternelle. On veut bien rire de certains gags, mais comme ils sont ensevelis dans une gênante stupidité, ils perdent complètement leur efficacité. Si Blier avait plus approfondi ses sujets, ou prendre le temps de se concentrer sur un seul et de ne rire que de celui-ci, son film aurait pu être énormément mieux. L'intérêt principal du film, peut-être même le seul, reste le jeu magnifique de Philippe Noiret et Michel Bouquet qui forment un superbe duo. C'est un plaisir de voir ces vieux lions s'échangé avec un rythme enjoué les dialogues de mauvais goûts avec juste la bonne dose de cabotinage. Ils sauvent le film du désastre total, étant souvent les seuls qui réussissent à nous faire sourire dans les pires moments de l'uvre. Doit-on conseiller Les côtelettes ? Non, parce que ce n'est pas un très bon film et il y a beaucoup mieux au cinéma présentement. Par contre, si vous aimez les deux acteurs principaux, peut-être allez-vous apprécier. Une curiosité culinaire, mais amenez votre Pepto-Bysmol. Oncle Freak |
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CROISIERES SIDERALES - A. Zwoboda avec Madeleine Sologne, Jean Marchat, Julien Carrette, France, 1942 En 1942, le couple Monier, aéronautes, décident de tenter une ascension dans la stratosphère à bord d'un aérostat de leur invention. Suite à une fausse manoeuvre, le ballon se trouve propulsé à une altitude encore jamais atteinte. Ce n'est qu'après avoir erré quinze jours dans l'espace que Françoise et Lucien parviennent à atterrir; mais, victime de la relativité du temps, ils se retrouvent... en 1965 ! A la suite de cette expérience involontaire, un astucieux banquier décide d'organiser des croisières intersidérales pour échapper au vieillissement. c'est le succès... Si le cinéma fantastique (poétique) français fut bien moins prolifique que le cinéma US dans les années 40, il délivra cependant de véritables petits bijoux. Je classe cette "Croisières Sidérales" dans cette boîte à écrin sans hésiter. Véritable précurseur en son temps, Zwoboda aborde le thème du paradoxe temporel avec une grande intelligence, nous gratifiant d'une réflexion intéressante sur la vieillesse, en sus d'une belle histoire d'amour. Certes la naïveté de l'ensemble fait sourire mais après tout, pourquoi ne pas croire qu'une montgolfière puisse s'élever dans les airs jusque dans l'espace ? Pourquoi ne pas adhérer à cette magnifique visite de la planète Vénus ou les habitantes semblent toutes belles, heureuses, et en harmonie avec le monde qui les entourent ? La morale de ce film est que finalement, malgré tout, notre bonne et brave terre reste notre demeure et que la vieillesse fait sans doute parti de l'ordre des choses. Retenons quand même que c'est le seul film de science-fiction réalisé pendant cette période... et c'est une pépite ! Marc Evil |
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CRYING FREEMAN - Christophe Gans, 1995, France/Canada/États Unis/Japon, 99m Le Crying Freeman, qui arbore un vaste tatouage de dragon, est considéré comme lultime assassin. Lors de lune de ses opérations où il doit tuer le fils dun chef dune bande de yakusa, une femme innocente voit son visage et il décide de lépargner. Plus tard, le père de la victime fera tout pour retrouver le Crying Freeman pour venger la mort de son fils. La police essayera de convaincre ce témoin pour quelle les aide à identifié le tueur pour empêcher un bain de sang dans la ville de Vancouver. Le Crying Freeman éliminera til se témoin gênant ou la laissera vivre ? Et surtout parviendra til a survivre assez longtemps pour prendre une décision ? Réalisé par Christophe Gans, tout juste après son épisode de NECRONOMICON. CRYING FREEMAN est ladaptation dun manga fort populaire. Le film offre une qualité technique tout à fait irréprochable et regorge de guns fight à la John Woo. Mais en plus, le film contient plusieurs scènes stylisées. Le meilleur exemple que je puisse donner est cet assassinat dans un restaurant sous la musique de VA PENSIERO de VERDI, qui constitue vraiment un hommage à INFERNO. Et en plus, quelques scènes contiennent des images torturées à la SUSPIRIA et à INFERNO avec des couleurs bleus et rouges. Pour linterprétation, nous pouvons noter les participations de RAE DAWN CHANG, TCHEKY KARYO et de MARK DACASCOS (dans le rôle de Crying Freeman). Le film sécoute bien, mais un peu plus de violence graphique naurait pas été de trop. Black Knight |
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Lointaine cousine du "MARTIN" de George Romero Esther, souffre ici d'un mal étrange . La trentaine, elle à tout dans la vie, un ami qui l'aime, un bon job et des projets long terme. Mais tout va basculer lorsqu'elle se blesse profondément à la jambe sur un bout de ferraille, lors d'une soirée entre amis. Elle est alors fascinée par cette plaie importante qui ne semble pas la faire souffrir du tout. Après l'avoir fait soigner, elle entame un jeu étrange avec son corps, sa peau et son sang. Un jeu qui l'emmène de plus en plus loin dans l'auto-mutilation et le repli sur soi. Au risque de l'éloigner de son entourage personnel et professionnel... DANS MA PEAU est le récit de la déchéance sociale et physique d'une jeune femme au départ bien sous tous rapports. Marina de Van a choisi que cette déchéance prenne la forme des coupures qu'Esther inflige à son corps. Ces scènes de mutilations, à la limite du supportable, (plus d'un grincerons des dents!!) ont lieu en marge du monde, dans un réduit sombre de l'entreprise, dans la cave d'un restaurant ou dans une chambre d'hôtel anonyme et renforce par conséquent l'effet de malaise qu'elles provoquent. Lorsqu'elle passera au stade supérieur et commencera à goûter à ses propres lambeaux de chair qu'elle découpe méticuleusement, l'on devinera sa fin inéluctable... Pour un coup d'essai, ce film méconnu français est un coup de maître. Rarement la position du spectateur n'aura été aussi inconfortable devant un écran, surtout que la réalisatrice évite avec brillot la facilité. Même si pour rien au monde on irait y faire un tour, "dans sa peau", ce film laissera des traces qu'on n'est pas près d'oublier. Marc Evil |
Voyez
également plusieurs films Français coquins dans la
section LIBERTINAGE
À
noter aussi que plusieurs films de JESS FRANCO
sont des productions Françaises
autres
liens:
MAX PECAS SPIRIT | Le site de RICHARD J. THOMSON | les CHARLOTS | JEAN MARAIS | affichescinema.com | Moviemania | Luminousfvw.com | Priceminister.com | Marsfilms.com | Francevision.com
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