
mise à jour le 17 aoüt 2008
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HITMAN
aka Tueur à gages - Xavier Gens avec Timothy Olyphant,
Dougray Scott, Olga Kurylenko, Robert Knepper, Ulrich Thomsen, Henry
Ian Cusick, Michael Offei, Christian Erickson, 2007,
France/États Unis/Russie, 100m Et voilà un autre jeu vidéo populaire adapté au cinéma. Si le présent film se veut un produit professionnel mieux confectionné que toutes les productions réunies d'Uwe Böll et "THE HITMAN" avec Chuck Norris, cela n'en fait pas pour autant une grande réussite. Le récit est inutilement compliqué dès le départ avec des retours en arrière peu pertinents en plus de multiplier les clins d'oeil faciles à divers succès récents pour être "à la mode" et satisfaire encore une fois un public de jeunes. Les scènes d'actions sont techniquement au point, mais manquent carrément d'imagination dans leur conception avec ses ralentis abusifs et ses effets de style déjà vu des sempiternelles de fois. Comme Luc Besson est le producteur, l'intrigue essaie d'instaurer un climat d'ambiguïté entourant le personnage du tueur à gages comme dans "LE PROFESSIONNEL", mais il le fait tellement maladroitement en empilant les clichés du genre, même si cela demeure généralement fidèle au jeu d'origine. Habituellement réalisateur de deuxième équipe, Xavier Gens n'arrive tout simplement pas à garder le contrôle de sa mise en scène, plus enthousiaste que vraiment efficace, tellement le résultat d'ensemble est plutôt lourd. Dommage, car les acteurs s'en tirent sans trop de dommage dans les circonstances en plus d'avoir été assez bien choisi pour leur rôle respectif. Mathieu Lemée |
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HONEYMOON aka Lune de Miel - Patrick Jamain, 1985, France/Canada, 1h41 Un simple voyage à New York que font Michel (Richard Berry) et Cécile (Nathalie Baye) tourne mal; de la cocaïne est retrouvée dans les effets personnels de Michou, et il est aussitôt envoyé en prison. C'est MIDNIGHT EXPRESS façon frenchie. Cécile est désemparée et décide de rester à New York pour supporter moralement son trafiquant d'amant, mais les autorités américaines ne croient pas bon de renouveler son visa, ce qui la force à aller chercher secours auprès d'un avocat un peu louche qui "arrange" des mariages avec des américains pour un peu de fric afin de permettre aux étrangers de rester en sol béni. Toutefois, le type sur qui elle tombe, qu'elle n'est même pas supposée rencontrer tant le processus est banalisé, s'avère être un type légèrement troublé qui décide tout bonnement de s'installer chez elle, évoquant le "caractère sacré du mariage". Mais qu'est-ce que c'est que ça !? Il y a de quoi hausser les sourcils quand on se retrouve devant une telle co-production. On a bien beau avoir toute la volonté du monde et espérer croire aux événements ahurissants qui parcourent ce thriller bancal, mais rien ne fonctionne ! Imaginez un prétexte tel que ce "mariage" qui tourne mal. Il y a de quoi l'étaler à toutes les sauces, en faire une comédie ou un thriller qui fonctionnerait vraiment ! Mais non. Jamain, réalisateur télé impénitent, qui laisse transparaître sa formation au pays de la médiocrité dans chaque plan, joue la carte du cliché, de la psychologie sommaire et des performances "over the top". Même les dialogues sont à pleurer, répétant souvent les mêmes phrases, faute de créativité. Nathalie Baye, femme déstabilisée par des événements inattendus et un séjour en terre étrangère, est ici à pleurer. Elle dégage ZÉRO sensualité, et la vision de son corps nue attriste. On se demande pourquoi un type perd son temps à lui tourner autour. Sa garde-robe fait grincer des dents, tout comme sa coupe de cheveux et son air de souris domestiquée. Mais ce sont ses agissements incompréhensibles qui rendent le plus perplexe ! Tourmentée par un homme visiblement dérangé, elle préfère "l'endurer" plutôt que d'avertir la police et se faire déporter en France. Elle va même jusqu'à tomber en amour avec lui ! Le syndrome parfait de la femme battue, j'vous dit. John Shea, quant à lui, joue le tourmenteur à la "belle gueule" de fouine - en fait il évoque plutôt une taupe, avec ses cheveux frisés et ses yeux noirs - qui commence par la séduction pour ensuite tomber dans le grotesque une fois que le public découvre qu'il n'a pas toute sa tête. Grimaces, éclats de voix, délires, tout ce qu'un acteur amateur trouverait à faire pour illustrer la "folie" est là. Pour la performance subtile, on repassera. Ses faits d'arme incluent une présence dans des chef-d'oeuvres tels que FREEJACK (92) ou encore HONEY, I BLEW UP THE KID (aussi 92). Au secours ! Comme toute bonne co-production canadienne-française, on a du mal à trouver qui que ce soit de canadien là-dedans. Enfin... il y a bien une trame sonore signée Robert Charlebois. Vous avez bien lu. Charlebois qui, de sa voix reconnaissable entre toutes, proche parente du "croon" des frères De Angelis quand ils ont trop bu, égraine des paroles ridicules dans la langue de Shakespeare sur fond sonore pop / new wave hallucinant de mauvais goût. Quelques scènes où Shea est constamment aux trousses de Baye alors qu'elle déambule comme une cruche dans New York m'ont évoqué NICK OF TIME, dans lequel Johnny Depp est tourmenté par un Christopher Walken moustachu de mauvais augure qui ne cesse de tapoter sa montre. Il est aussi notable de mentionner les deux figurants policiers, qui apparaissent invariablement dans le cadre chaque fois que Nathalie marche dans la rue. C'est quand même une ville dangereuse et agitée, NY ! Donc, si vous avez envie d'être surpris par un OVNI de qualité douteuse, preuve irréfutable que Téléfilm Canada brûle ses subventions dans un foyer pour se réchauffer pendant le réputé glacial hiver canadien, voilà ce qu'il vous faut. Une dose massive d'incrédulité, un affront à l'intelligence du système de co-production, bref une abomination cinématographique dans toute sa splendeur douteuse. Visionnez à vos risques et périls ! Orloff |
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L'ILE MAUDITE - Rémy Burkel, 2003, France, 1h30, Téléfilm Sandra rejoint son petit ami, Bruno, sur un îlot au large d'Athènes. Ils doivent y établir avec une bande d'amis de longue date un club de vacances. Bientôt les jeunes gens deviennent la proie d'un tueur sanguinaire... Tourné dans un joli décor méditerranéen noyé de soleil, ce slasher bien rythmé et riche en rebondissements remplit sa mission, celle de nous divertir les soirs de peu d'exigence, au prix d'un ressort scénaristique un peu lourdingue et usé - une famille entière a été massacrée voici 25 ans sur l'île, et l'auteur de la tuerie, le maléfique Kantos, serait revenu reprendre possession des lieux (mouais...). Là où il séduit davantage, en plus d'avoir la bonne idée de nous montrer la mignonne (et bonne actrice aussi) Julie Debazac en bikini, c'est par la multiplication des plans-hommage aux chefs-d'oeuvres made in Italy du genre. Le réalisateur trahit son amour de LA BAIE SANGLANTE (la jeune fille en tenue légère qui court comme une dératée sur un interminable ponton de bois) et de L'ILE DE L'ÉPOUVANTE (les cadavres entreposés dans la chambre froide) de Mario Bava, ou encore d'ANTHROPOPHAGOUS de Joe d'Amato. Au final, on a l'impression de voir un scénario de Kevin Willliamson tourné dans des décors choisis par Mario Bava. Etrange et sympathique impression... Stelvio |
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IL ETAIT UNE FOIS LE DIABLE aka DEVIL STORY - Bernard Launois, 1985, France Il y a des films qui ont la particularité de nuire de manière radicale à vos neurones, le genre qui vous grille la cervelle à chaque plan, qui vous déconnecte les terminaisons nerveuses à chaque ligne de dialogue. Et IL ETAIT UNE FOIS LE DIABLE est certainement le plus offensif de ces films! Tourné sur un bord de mer français avec des acteurs pour la plupart catastrophiques, on y découvre les mésaventures d'un couple propriétaire d'une voiture immatriculée en Floride, perdu au milieu de nul part. Après une sorte de bad trip entrecoupé de plans de chat noir, le couple trouve refuge dans un gigantesque château tenu par un bon vieux français du terroir qui leur racontera l'histoire étonnante d'un bateau qui, il y a quelques siècles de cela, disparu près de la côte après avoir fait escale en Égypte. L'orage gronde, un cheval noir surgit de nul part, un homme au visage monstrueux portant un uniforme SS dessoude du touriste, le bateau de la légende surgit soudainement d'une falaise et libère une momie au dynamisme très inspiré des statues du musée Grévin, le tout sur du Jean Sébastien Bach... On peut le dire sans honte, ce film est un sacré bordel de série Z! Launois n'a sans doute pas pris son film très au sérieux, il n'empêche qu'il aligne les faux raccords comme un chef (voir cette scène totalement surréaliste, étalée sur la moitié du métrage, lors de laquelle le vieux châtelain tente comme il peut - c'est à dire mal - d'abattre le cheval au fusil à pompe en tirant n'importe ou) et les scènes de dialogues crétins tel une vache espagnole (...). Mais si l'ensemble est vaguement compréhensible et profondément débile, il n'empêche qu'il fait sincèrement rigoler pour qui est capable d'endurer la chose. De plus, les plus téméraires se verront récompensés par quelques scènes gores comme celle du nazillon difforme vomissant son sang durant un plan fixe de 2 minutes, ou celle où le même personnage reçoit un coup de sabot de la part du cheval en plein front, ce qui a pour effet de lui ouvrir méchamment la tête. Incroyablement invraisemblable! Kerozene |
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I LOVE SNUFF - Jean-Louis Costes, 1996 Une meuf engueule son dégénéré de mec qui n'est pas capable de rapporter du fric au bercail. Alors, elle le pousse à se travestir et faire la pute. Il se fait violer, battre et faucher son fric. Le couple décide alors de kidnapper la femme du voisin. Celui-ci souffre de troubles sexuels et n'est pas capable de bander. Pour faire cracher du fric au voisin, le couple tourne des scènes de la fille se faire fouetter. L'effet provoquer n'est pas vraiment celui attendu: le voisin choppe la trique et s'arrange pour recevoir d'autres cassettes. Pendant ce temps, le couple s'adonne à des pratiques sexuels extrêmes: on se pisse dans la gueule, le gars se fait sodomiser par la femme affublée d'un godemichet, etc... Le couple tourne donc d'autres vidéos qui mèneront jusqu'à la mort de la victime, exécutée à coups de fourchettes. Le mari arrivera finalement à terminer sa branlette face à ses images... Costes est un des chefs de film de l'underground français. Provocateur né, Costes est un adepte de la scatologie et de l'humour grave, cinéaste (mouais), musicien, écrivain, c'est un peu le Nick Zedd de chez nous, mais moins talentueux. Le film est mal filmé, l'image est dégueulasse, les acteurs pitoyables, mais ça reste une sacrée curiosité. Pour les curieux qui n'ont pas peur de voir un gros plan sur un trou du cul qui chie uniquement. Kerozene |
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ILS - D. Moreau et X. Palud avec Olivia Bonamy, Michael Cohen, 2006, France, 77m Ben j'aurais aimé vous dire que le cinéma français tient enfin son film d'angoisse pure et dure, mais non... Bien que je me refuse tout de même à cracher dans la soupe.. Depuis "HAUTE TENSION" de Aja, le cinoche français progresse... il n'y a pas de doute. La structure du film s'avère ici fort simple. Lucas et Clément, un couple de français expatrié en Roumanie, va vivre une nuit de terreur. C'est vers 3h45 que le cauchemar va commencer, leur lugubre demeure isolée semblant faire l'objet d'un assaut en règle par d'étranges individus très agressifs... Le plus ? Une unité de lieu qui fonctionne à merveille, un suspense dispensé sur 60m orchestré avant tout grâce à l'habileté d'une réalisation propice à doser la tension en jouant beaucoup (trop?) avec l'obscurité. Les silences, les bruits insolites, les grincements de porte vont ainsi peu à peu atteindre leur objectif primaire... faire peur. Malgré un budget que l'on devine limité, l'effet très "Blair Witchien" est peut-on dire réussi. Les moins ? La minceur du propos à n'en pas douter (on voit carrément à travers!), les quelques effets sonores que l'on jugera faciles, et des réactions qu'ont nos deux infortunés... pas toujours très rationnelles. Bref, on sort mitigé de la projection, avec surtout l'impression d'avoir assister avant tout à une partie de chat et de la souris filmée sans plus ni moins. On aurait certes aimé un peu plus de psychologie dans tout cela, car l'angoisse en a certes aussi besoin pour exploser... A charge de revanche sans doute, car il y a du talent chez ces deux réalisateurs ! Marc Evil La nouvelle sensation suspense/horreur de France est arrivée et je dois dire ne pas avoir été déçu. Clémentine et Lucas vivent tranquilles leur vie d'amoureux dans une grande maison dans les bois, jusqu'au moment où d'étrange bruit se font entendre. Ils décident d'aller investiguer, et dès ce moment de mystérieux personnage commence à les tourmenter. L'histoire est apparemment basée sur de faits vécus. Le montage des scènes du film est quelque peu classique, mais je me dis que tant que le film est plaisant, ça passe. Ça commence avec une maman et sa fille qui disparaisse, puis l'introduction des personnages principaux, puis l'action principale. Il ne se passe pas vraiment grand chose pendant les 20-25 première minute, mais dès que ça commence, on est assis sur le bout de notre siège. Il n'y a pas de faux suspense où le volume de la musique augmente, pour voir apparaître le copain de la fille, ou vice-versa. Les acteurs sont très bien dans leurs jeux. Je dois avouer avoir eu du plaisir à entendre la trame sonore, efficace et effacer, se fondant bien avec l'action du film. L'ambiance sonore est aussi excellente mettant l'emphase aux bonnes places. Je vous laisse découvrir la fin, pas vraiment une fin surprise, mais intéressante tout de même. Hermit Une voiture, une mère et sa fille qui se disputent en espagnol, un accident et la mère qui disparait mystérieusement. Lucas et Clémentine habitent une maison isolée ou la professeure rejoint son mari écrivain. Lorsque le chien aboie et que plus tard de la musique semble provenir de l'extérieur, Clémentine réveille Lucas et leur cauchemar commence... Je regrette souvent de m'embarquer dans de tels films dont je ne connait pas trop les intentions. Comme le film est très bien fait, superbe travail de photographie et piste sonore très efficace, la tension monte et on se demande qui sont "ils". La réponse, dévoilée tardivement renvoie à un classique du cinéma ibérique, mais surtout à une réalité (le film est soit-disant basé sur des faits vécus, ah le parfum de l'authenticité) qui tiens de l'irrationnel. Une chute inattendue et rare de nos jours. Bref, faut pas en dire plus, sauf que le film est à voir, assurément. Et deux réalisateurs à surveiller de près. Mario Giguère |
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IMMORTEL (AD VITAM) - Enki Bilal, France/Italie/Angleterre, 2004 Pour son troisième film, Enki Bilal adapte librement sa bande dessinée culte "La Trilogie Nikopol". Nul besoin de connaître le matériel d'origine pour suivre le film qui s'avère malgré tout, ma foi, quelque peu confus. Linda Hardy, ex-miss France, incarne Jill Hardy, une mystérieuse jeune femme aux cheveux bleus dans un New York futuriste au-dessus de laquelle plane une étrange pyramide habitée par les dieux égyptiens à l'origine du monde. Parmi ces dieux se trouve Horus, dont les jours sont comptés. Afin de continuer à exister, Horus doit féconder une jeune femme exceptionnelle, un genre de femme extrêmement rare dans l'univers, et Jill est l'une d'elle. Afin de l'approcher, Horus doit intégrer le corps d'un homme aux conditions physiques acceptables, hors de question pour lui de se véhiculer par l'intermédiaire d'un corps génétiquement modifié, chose extrêmement répandue. Il trouve alors en la personne de Nikopol, un prisonnier révolutionnaire, le réceptacle idéal. Enki Bilal a une façon bien à lui d'aborder le cinéma. Il parvient à retranscrire fidèlement l'univers glacial de ses bandes dessinées et c'est en même temps ce qui peut déranger certains spectateurs. En ce qui me concerne, le film est d'une grande beauté et présente un univers fascinant, sans doute un des plus beaux décors de synthèse vu jusqu'à aujourd'hui. On s'étonnera par contre du curieux choix de mélanger des personnages de chair et d'os avec des personnages en images de synthèse. Aucune logique ni aucun indice ne permet de se comprendre la raison de cette décision, car personnages principaux ou figurants sont présentés des deux façons différentes. De même que les dayaks, créatures féroces, sorte de croisement improbable entre le Darkness de LEGEND et un requin marteau, sont présentés tantôt en images de synthèse, tantôt en créature animatronique. Autre point noir, la présence de l'Intersection, autrement dit Central Park transformé en no man's land mortel. La présence de l'Intersection reste une énigme encore après le générique de fin malgré son évidente importance. Dommage donc en ce qui concerne ces deux anomalies, mais le film reste à voir pour sa beauté esthétique et sa curieuse romance surréaliste, l'interprétation étonnante de Linda Hardy et la présence d'une Charlotte Rampling aux cheveux sculptés. Kerozene Site officiel : immortel-lefilm.com |
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L'IMMORTELLE - Alain Robbe-Grillet, 1963, France/Italie/Turquie This Turkish, French, Italian coproduction, shot on location in Istanbul, was novelist and screenwriter Alain Robbe-Grillet's first film as a director. Dreamlike, erotic and experimental, it's a puzzling, nonlinear cycle of related images, scenes, locations with an unreliable "narrator" who may already be dead. It may have served as a template for such later Jess Franco items as NECROMOMICON (1967) and VENUS IN FURS (1969). Robbe-Grillet wrote the art house classic L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) and this film shares the same set up and structure: a beautiful, enigmatic woman living in Istanbul meets a man who tries to seduce her away from another man who seems to control her. L (Francoise Brion) leads the obsessed French University lecturer, N (Jacques Doniol Valcroze) on a mysterious journey into the labyrinth of modern Istanbul. It will end in death for both of them. There are two fatal car accidents, a man with two formidable dogs who seems to shadow the couple, an ambience which mixes Euro-spy cliches and a minimalist narrative. Robbe-Grillet reduces the characters to automatons frozen on a Surrealist canvas, designated by letters instead of names, who only move to play out a a deadly game which seems to be as old as the crumbing walls of Byzantium with which the film opens and closes. There is no "acting" or "direction" in the conventional sense, at times it's like watching a series of curious, exotic postcards shuffled and reshuffled by an invisible hand. It means whatever you want it to mean. L'IMMORTELLE evokes Sade, Roussel, Hitchcock and Bataille, with its voyeuristic narrative and structural approach to mythologies. The local folk music and songs which fill the soundtrack are sublime. Delirious art-house Fantastique. Robert Monell Cette co-production turque, française et italienne, filmée à Istanbul, est le premier film du romancier et scénariste Alain Robbe-Grillet. Éthéré, érotique et expérimental, c'est un cycle non-linéaire d'images, scènes et décors avec un narrateur non fiable qui est peut-être déjà mort. Le film a pu servir d'inspiration pour des films de Jess Franco réalisés plus tard, tels NECRONOMICON (1967) et VENUS IN FURS (1969). Robbe-Grillet a écrit le classique du cinéma de répertoire L'ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD (1961) et ce film en partage la même structure : une femme belle et énigmatique vivant à Istanbul rencontre un homme qui essaie de la séduire et la séparer d'un autre homme qui semble la contrôler. L ( Françoise Brion ) conduit le lecteur universitaire obsédé, N (Jacques Doniol Valcroze) dans un périple mystérieux dans un Istanbul moderne et labyrinthique. La mort est au rendez-vous pour les deux personnages. Il y a deux accidents de voiture fatals, un homme avec deux formidables chiens qui semblent avoir un lien avec le couple, une ambiance qui mélange les clichées de films d'espionnage européens et une narration minimaliste. Robbe-Grillet réduit les personnages en automates figés sur un canevas surréaliste, désignés par des lettres au lien de noms, qui n'agissent que pour jouer un jeu mortel qui semble aussi vieux que les murs croulant de Bysance qui débutent et terminent le film. Il n'y a pas de jeu d'acteur ou de direction au sens conventionnel, par moment c'est comme observer une série de cartes postales curieuses, brassées et re-brassées par une main invisible. Ca signifie ce que vous voulez bien que ça signifie. L'IMMORTELLE évoque Sade, Roussel, Hitchcock et Bataille avec sa narration voyeuristique et son approche structurelle des mythologies. La musique folklorique et les chansons du pays qui composent la trame sonore sont sublimes. Du cinéma de répertoire fantastique et délirant. Robert Monell |
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L'INDIC - Serge Leroy, 1983, France, 1h30 Au début des années '80, une fulgurance de drames policiers a déferlé sur le paysage cinématographique français, chacun s'y mettant, créant une explosion engorgeant le marché. Les polars connaissaient une popularité sans bornes et se trouvaient complètement à l'opposée de l'autre pôle du cinéma français, la "comédie grasse". Rappel historique dont la plupart d'entre vous pourraient sans doute se passer, mais bon, c'est exactement dans ce courant que se situe L'INDIC. Un truand sous observation (Thierry Lhermitte) tombe amoureux d'une jeune femme (Pascale Rocard) à l'enterrement d'un ami éloigné. La fille est là pour son père, qui la laisse seule au monde. Il lui propose de la raccompagner et c'est le début d'une historiette comme on en voit tant. L'inspecteur de police chargé de l'affaire (Daniel Auteuil) tombe lui aussi, par procuration, sous le charme de la belle. Alors que la traque se resserre autour de Malaggione, un chien fou qui flingue tout ce qui bouge et avec qui Lhermitte fait des coups, Auteuil tentera de se rapprocher de la jeune femme autant pour coffrer les méchants que pour s'introduire sous ses jupes. C'est loin d'être superbement réalisé, et pour être franc on a déjà vu ce film plusieurs fois ! Malgré un casting d'importance - bien entendu, les stars y figurant n'étaient pas à l'époque aussi populaires que maintenant - on a l'impression de ne jamais "accrocher", et la romance "tendre" qui se noue entre Auteuil et Rocard ne parvient pas à nous captiver. Les personnages ne sont pas vraiment attachants et à part la Porsche que conduit Lhermitte, je n'ai pas trouvé grand chose à me mettre sous la dent. Il s'agit donc bien entendu d'une oeuvre mineure, photographiée principalement de nuit, ce qui fait qu'on n'y distingue pas grand chose la plupart du temps, et les scènes de jour nous permettent de nous rendre compte que les cadrages ne sont pas vraiment dignes de ce nom. Bernard-Pierre Donnadieu compose un gangster agaçant, qui oblige ses victimes à prier, et dont la diction ne cadre pas vraiment avec le milieu d'où il est censé émerger. Il apparaissait à la même époque ('84) dans RUE BARBARE, un autre polar français typiquement ancré dans la mode d'antan. Daniel Auteuil est ici interchangeable, sans relief, et apparaissait l'année suivante dans L'ARBALÈTE, un autre polar à numéros. Lhermitte, quant à lui, joue le beau grand ténébreux avec un certain succès, fort de sa révélation dans LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE ('82) l'année précédente; il allait lui aussi, en '84, apparaître dans un "polar", mais un réussi cette fois, avec une touche d'humour fort apprécié : LES RIPOUX. Une aventure policière pourrie qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui... Rien à dire sur Rocard, qui personnifie bien les ingénues, mais qui aurait visiblement pu être interprétée par n'importe quelle jeune fille ayant de la chair dans le chandail et un joli minois. Un peu comme la façon dont je me suis senti après ce visionnement : ça aurait pu être carrément n'importe quel film et je crois que ça n'aurait pas changé grand chose ! Orloff |
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L'INSOLENT aka The Killer aka Deadly Sting - Jean-Claude Roy, 1972, 1h30 Henry Silva est l'Insolent; un type sérieux qui s'échappe de la Santé assez audacieusement, un soir. Il règle quelques comptes, retrouve des vieux copains et leur propose une affaire. Il leur suffit d'investir dans l'attaque d'un fourgon à fric dans la campagne française, et lui se charge des détails techniques. Malheureusement pour plusieurs gueules, les deux partis s'arnaquent l'un l'autre et c'est le début d'un véritable petit bain de sang. Il s'agit ici, mystérieusement, d'un thriller français mettant en vedette Henry Silva et faisant preuve de maintes maladresses qui ne sont pas toujours touchantes. Si les prémisses de départ sont intéressantes, ça dégénère pourtant au bout de vingt minutes pour s'enliser dans une routine sans queue ni tête tout à fait improbable. Silva est à la hauteur, mais l'inconstance de son personnage et ses étranges lubies, doublées de sa logique discutable, font de cette performance une véritable curiosité. Les gangsters ont l'air incertains, les flics sont méchants pour rien, et le tout manque véritablement de crédibilité. Reste une musique d'ambiance assez psychédélique, malgré la chanson complètement sirupeuse du générique final... Générique final qui arrive plutôt soudainement, après une fin inattendue, comme si le réalisateur avait décidé qu'il en avait assez de trimer sur son hasardeux scénario... Orloff |
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IRREVERSIBLE - Gaspar Noé, avec Monica Bellucci, Vincent Cassel, Philippe Nahon et Albert Dupontel, 2002, France Comme il est rare qu'un film de Gaspar Noé aboutit sur les écrans de Montréal, j'ai fait mon devoir en allant le voir hier. Et ONCLE FREAK a raison. C'est très bon! J'ai particulièrement aimé le générique d'ouverture qui est composé en quelque sorte du générique final, puisque le film s'y déroule à l'envers. Ce générique vaut à lui seul le prix de l'admission, c'est dire combien c'est bon! J'avoue qu'au début (ou à la fin si vous préféré), la caméra à l'épaule de Noé m'agaçait fortement, il voulait sans doute y mettre un rythme frénétique compte tenu de la tension qui s'y déroule, mais trop c'est trop. C'était rendu tout à agaçant! Suis-je le seul à penser comme ça ? Ceci étant dit, oui la scène du viol (en plan fixe) est dérangent et très longue (9 minutes), mais elle est beaucoup moins brutale quand même que celle de Anne Claire Poirier dans MOURIR À TUE TÊTE ! Dans ce dernier film, nous avons le point de vue de la victime et le message contre la violence envers les femmes passait vraiment bien. Comme c'est souvent le cas des films où la forme est exploitée au maximum, le fond du film est assez simpliste. C'est l'histoire d'une vengeance où 2 amis (VINCENT CASSEL et ALBERT DUPONTEL) courent au bar LE RECTUM pour donner une sévère raclée à coups d'extincteur au responsable du viol d'alex (MONICA BELLUCCI). J'imagine que le message du film est de démontrer combien l'homme peut devenir violent suite à un drame. En tout cas, on comprend le message lorsque l'on voit la victime (le coupable du viol) se retrouver avec une face en bouillie ! Le plaisir du film se retrouve dans la forme, le film y est composé de 9 plans séquences et malgré que les effets "plans coups de balles" que Noé utilisaient dans CARNE et dans SEUL CONTRE TOUS sont ici absents. On reconnaît quand même son magnifique travail à bande sonore. Bref, le film de Noé est incontestablement un film à voir absolument en salle et ce malgré le commentaire insignifiant du piètre RENE HOMIER ROY qui avait dit que le film était simplement "un piège à con". Puis oui, les amateurs de CARNE et SEUL CONTRE TOUS, auront droit à une très belle surprise au début du film. Bref, sortez donc de votre lazzy-boy et aller au moins encourager le cinéma courageux de GASPAR NOÉ, il le mérite ! Black Knight |
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Le JARDIN DES SUPPLICES aka The Garden of Torture - Christian Gion, 1976, France, 1h30 Ça débute au milieu des années 20, alors qu'un médecin parisien aux fortes tendances libertines est expulsé du pays par un ami ministre pour une sombre histoire de trafic de cocaïne. On l'envoie en Chine où il devra faire de son mieux pour rétablir l'ordre dans un hôpital bancal où tout bascule. Dans le bateau qui le mène à sa destination, il fera la rencontre de Clara, une énigmatique blonde qui le séduira immédiatement. Il la retrouvera une fois en Chine, où elle habite avec son père, étrange diplomate vaguement menaçant. Dans une atmosphère plus lourde que nature, il découvrira de sanglants secrets qui viendront assombrir son séjour. Baignant dans une surexposition lumineuse qui amplifie le climat irréel et menaçant du film, LE JARDIN DES SUPPLICES est une adaptation fort habile du roman du fétichiste Octave Mirbeau - qui est responsable entre autres du JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE, élégamment adapté dans un ton plus nuancé par Bunùel. Les repaires culturels y sont nombreux et la montée du communisme sert de toile de fond à cette fable fantasmagorique de fin d'empire. Les interprètes y sont irréprochables, et empruntent un ton surréaliste et glacial qui vient accentuer l'effet de "malaise" ressenti lors de l'écoute. Le montage, sans être innovateur, demeure au service du récit et est de mise. La musique, quant à elle, colle parfaitement aux images en leur donnant par endroits des airs d'apocalypse. On a même droit à une petite participation amicale de Jean-Claude Carrière, qui personnifie le capitaine du bateau. On se demande, à un certain moment, si le réalisateur aurait été envoyé en psychiatrie si le film avait été tourné dix ans plus tôt. Comme il date de 1976, époque bénie s'il en est pour les cinéastes insoumis, il s'en tire avec les honneurs. Une fable percutante sur les inhumains, qui fait par moments froids dans le dos, ce qui est ma foi très réussi. Orloff |
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Le JEU AVEC LE FEU - Alain Robbe-Grillet, 1975, France Alain Robbe-Grillet est un intellectuel français surtout connu pour avoir théorisé le nouveau roman dans les années 50/60. Il prêchait la déconstruction de l'intrigue et des personnages, l'effondrement des rapports espace-temps, afin, prétendait-il, de mieux rendre le flux des pensées et de la perception humaines. Évidemment, l'hyper-réalisme finit par entraîner l'hallucination, et c'est ce qui est arrivé à Robbe-Grillet, entre autres avec son roman Dans le labyrinthe. Les années 60 se sont amorcées avec le scénario de L'Année dernière à Marienbad, qui a connu un grand succès, puis, dans le même style cryptique et glacial, L'Immortelle. En 1965, Robbe-Grillet amorçait le second volet de sa carrière, consacré à la démolition/exploration des genres populaires contemporains : érotisme, SM, espionnage, polar, fantastique... Il allait s'acharner de manière obsessionnelle à utiliser ce matériau brut pour en extraire un suc fantasmatique et tordu. Sans doute pour cette raison, les universitaires ont pris l'habitude de négliger cette part de son uvre et de faire comme si Robbe-Grillet n'avait rien écrit après 1963... Réalisé en 1975, Le Jeu avec le feu s'inscrit dans la lignée de ces uvres curieuses et très déconstruites. On pourrait établir des parallèles avec des réalisateurs comme David Lynch pour l'atmosphère étrange et déconcertante, mais Robbe-Grillet est plus formaliste et complexe, prenant l'habitude de bourrer ses films de références à la culture érudite. Le film a pour sujet l'enlèvement (réel ou imaginaire) d'une jeune fille, conduite dans un bordel de luxe pour satisfaire les caprices de clients dépravés. Son père devra acquitter la rançon s'il ne veut pas que son enfant soit brûlée vive. Derrière ce scénario mi-sadien mi-pulp, l'auteur s'amuse à des variations souvent intéressantes (à la manière d'un Bunuel derrière période) où il donne libre cours à son sens de l'humour, parfois absent de ses films antérieurs (L'Homme qui ment). Il s'agit bien entendu d'un cinéma intellectuel et un peu hermétique qui ne satisfera pas nécessairement les fans de cinéma " populaire ", car Robbe-Grillet s'attarde à dynamiter la structure narrative et à se moquer des clichés. Le film s'était bien vendu à l'époque grâce à des promesses d'érotisme (dues entre autres à la présence au générique de la pourtant peu attirante Sylvia Kristel, forte du succès remporté par l'adaptation filmée d'Emmanuelle), de mystère, grâce aussi à la réputation de son auteur, qui venait apporter une caution intellectuelle à un sujet osé. L'acteur Jean-Louis Trintignant était aussi une valeur sûre. On suppose que le public (un certain public, du moins, venu voir le film pour les mauvaises raisons) n'en eut pas pour son argent et sorti un peu vexé de ce délire parfois cryptique. Après tout, peut-on en dire moins d'un film dont l'humour élitiste nous vaut des blagues du genre : " Vous confondez métalepse et hypotypose " ? Soyez donc prévenus que le jeu avec le feu n'est pas seulement celui des personnages qui s'aventurent sur le terrain miné des perversions sexuelles, mais aussi celui du réalisateur qui s'amuse, littéralement à jouer avec le feu, au risque de brûler la patience de son public... Ces considérations étant posées, il s'agit sans doute du plus accessible film de Robbe-Grillet (avec La Belle captive), et l'un de ceux que j'ai le plus appréciés. Howard Vernon |
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Un JEU D'ENFANT - Laurent Tuel, 2001, France Une famille française avec deux enfants (un garçon et une fille) et à la situation plus que confortable voit son quotidien mystérieusement bouleversé suite à la visite d'un frère et une soeur d'une soixantaine d'années venus jeter un oeil à l'appartement de leur jeunesse. Dès cet instant, les choses vont aller de mal en pis: la baby-sitter se suicide, le père pète un câble au boulot, la mère s'envoie en l'air avec le plombier, et tout ceci sous le regard faussement innocent des deux enfants. Pour une raison inexpliquée, les vieux du début se trouvent être les deux jeunes enfants responsables des maux de leur entourage, ce qui est une évidence dès le début du film... UN JEU D'ENFANT se veut un film étrange et déroutant avec un petit quelque chose entre un film de David Lynch et un épisode de Twilight Zone, mais il ne parvient ni à intriguer ni même à intéresser. L'aspect surnaturel est malheureusement maladroitement intégré et n'a au final absolument aucun sens; de plus, toutes les questions que suscitent l'intrigue sont définitivement laissées sans réponse. Il s'agit là du premier projet Bee Movies, à savoir du cinéma fantastique à la Française. Bee Movies a engendré quelques titres, dont BLOODY MALLORY et le plutôt bon MALEFIQUE, seul titre de gloire à ce jour. Kerozene |
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JEUNE FILLE LIBRE LE SOIR aka Babysitter - Un maledetto pasticcio aka Wanted: Babysitter - René Clément, 1975, France/Italie/Allemagne Aka :don't waste your time and money on that french-italian garbage. Mouni |
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J'IRAI COMME UN CHEVAL FOU - Fernando Arrabal - 1971 Voici un des films que tous les amateurs de trash, bis, Z, horreur, etc... devrait avoir vu! On peut carrément parler d'ovni cinématographique à son égard! C'est "l'histoire" d'un type poursuivi par des flics qui veulent le descendre et qui échoue dès le debout du film dans une sorte de désert habité par un nain curieux (l'acteur est fabuleux). Celui-ci commande aux animaux et au soleil et détient d'autres pouvoirs incroyables, mais n'a jamais vécu dans le monde tel que l'on connaît. Le fugitif va alors tomber pratiquement amoureux de ce nain, et tente de l'intégrer au monde moderne. C'est donc la parabole du petit prince complètement revisité par Arrabal qui a travaillé avec Salvador Dali, et ça se sent! L'histoire entière est entrecoupée d'images surréalistes, sexuelles ou sanglantes, et tout ce qu'il se produit dans ce film est bizarre et surprenant! On voit même la mère du mec dans un souvenir d'enfance traumatique se faire éjaculer sur la gueule, provocant un dommage irréparable dans l'esprit du fiston. Ce film est extrêmement beau, et dégage une atmosphère poétique malgré ce déluge d'images dingues. Ajoutons que le final cannibalesque est un grand moment d'anthologie particulièrement vomitif, mais je n'en dis pas plus sur cette oeuvre incroyable. A vous de voir! Franfran |
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JOE CALIGULA aka Joë Caligula : Du Suif Chez les Dabes - José Bénazéraf, 1966, France, 1h13 La Bande de Joe n'a pas grand chose à perdre; ils sont jeunes, désespérés, nihilistes, et prêts à tout pour "vivre rapidement et mourir jeunes". Ils se baladent en voiture, organisent des petits coups pendables, terrorisent des criminels établis par leur culot et leur violence, et ne crachent pas sur une soirée au café local à jouer au flipper en nourrissant le juke box. Jeunesse typiquement sixties en France, caressée par l'oeil inquisiteur de Bénazéraf qui s'essaie au polar. Le résultat est bien sûr très éloigné du conventionnel : dialogues étranges, caméra surprenante, acteurs dirigés vers des extrêmes où on ne s'attend guère à les voir plonger. Gérard Blain campe ici un chef de gang crédible, typé, au look "jazz" et à la sexualité schizophrène; surprotecteur envers sa mignonne petite soeur, qui larcine avec lui et ses potes, il se tape aussi des vieilles dames, et on soupçonne qu'il ne dédaignerait pas embrocher vif sa soeurette. Ses hommes sont gouailleurs mais leur personnalité est vague, et ils se contentent de demeurer sous les ordres de leur chef trapu, de petite stature, ce Blain qui fut le BEAU SERGE (1958 de Chabrol, qui but deux fois de la soupe en '63, AU POULET et LA BONNE, et qui fut en gros un gangster idéal du cinéma français, principalement actif au cours des années '60. Le gang de Joe frappe principalement un groupe de criminels vieillissants, enveloppés dans leurs méthodes traditionnelles et qui ne voient pas le coup venir. Leur vengeance sera cinglante, après bien sûr le délai réglementaire pour "encaisser le coup". Junie Astor, une routinière du grand écran active depuis 1933, en met ici des tonnes. Sans doute à cause de sa formation qui paraît davantage "théâtrale" que cinématographique... Voilà une surenchère que Bénazéraf n'aura pas jugé utile de corriger, sans doute. D'ailleurs, Astor semble avoir terminé sa carrière avec des coups fumants; outre les deux "Interpol" dans lesquels elle a tourné et ce JOE CALIGULA mythique, ses deux derniers titres sont LES VIOLENTS (58 et CADAVRES EN VACANCES (63), ce qui me semble assez éloquent. La violence employée par les gangsters de JOE CALIGULA n'a d'égale que cette obstination qu'a longtemps eu la censure française à oblitérer l'existence de cette oeuvre, qui devait à l'époque représenter une sacrée baffe en pleine gueule des spectateurs, mais qui de nos jours semble bien inoffensive, quoique immensément divertissante. Orloff |
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JOURS TRANQUILLES A CLICHY - Claude Chabrol avec Andrew Mac Carthy, Nigel Havers, Barbara de Rossi, Stéphane Audran, Stéphanie Cotta, Anna Galiena, Mario Adorf, 1989, France/Italie/Allemagne, 2 plombes J'aperçois hier soir Claude Chabrol dans une émission télé. Comme il confesse visionner occasionnellement quelques X, on lui demande si l'envie d'en tourner ne le taraude jamais. " J'ai déjà tourné Jours tranquilles à Clichy où je suis allé jusqu'au bout de ce qui était montrable avant la pornographie " explique-t-il "... et puis j'ai aussi fait quelques films érotiques pas très bons. " Évidemment, ni une ni deux, je décroche la pioche, j'empoigne la lampe de poche et je fonce mettre des coups dans les buttes de VHS entassées au fond de mon 34 mètres carrés. Euréka la boiboîte : " une soirée peinarde à Amiens " en perspective. Il s'agit donc d'une adaptation du fameux roman d'Henry Miller, nous suivont l'écrivain américain, jeune, avec sa chemise blanche et ses lunettes rondes, qui déboule dans un Paris des années trente en grossier carton pâte (j'espérais presque le voir croiser Casimir de l'île aux enfants) : il se rend à des soirées libertines dans des cabarets farcis de trucs en plumes, il rentre tripoter la remington dans un appartement décoré avec des posters de Marcel Proust, il repart aux dames vérifier des nichons, il pédale en vélocipède sur les falaises d'Etretat, il squatte dans un atelier de photos cochonnes, il se met une tête au rouge qui tâche avec son poteau Julot, il sort une phrase dans le style " j'aime l'amour pendant que je le fais, mais après j'ai l'impression que je suis mort ", il esquive une manifestation de communistes (une bande de quatre) poursuivis par la gendarmerie à cheval (autant de chevaux que de communistes), il cavale une enfant de quinze ans (une actrice petite avec des couettes), il négocie son manuscrit auprès de Mario Adorf qui lui conseille d'écrire plutôt des Hercule Poirot, il se douche avec entrain chez une professionnelle, il roule dans une Panhard piquée aux brigades du tigre avec le vent dans les cheveux, il fait des clins d'oeil à une rousse, il ouvre les volets d'une maison de campagne, il prend des notes au sujet de la révolution russe de 1917 racontée par une aristocrate qui se caresse le frou-frou, il bavarde sans cesse en français pénible avec un accent breton digne d'une pub de cosmétique, et vers la fin deux chinoises soulèvent leur jupe. En outre survient un effet " à la citizen kane " : on le retrouve grimé en vieillard en train de claboter dans une chambre, en compagnie d'une gamine fraîchement rasée sous les aisselles (voir la jaquette et probablement l'affiche du film), il se retient de lâcher le " rosebud " entre ses dents. Les femmes voilées en noir qui, par intermittence, avancent lentement dans un paysage de désert flouté, doivent figurer la mort qui tue en général tout à la fin. La distribution internationale - un groupe de têtes d'afffiche en chute libre - est débarquée au milieu d'actrices peu frileuses. Comme d'habitude chez Chabrol maintenant, on retrouve sa famille partout (musique, distribution), dont son ex-femme Stéphane Audran. Le film est souvent éclairé au néon, ce qui m'a vivement rappelé l'ambiance joyeuse du bureau. Pendant les deux heures longuettes, je me suis dit que je ferais mieux de revoir " Lune de fiel " de Polanski, qui navigue dans les mêmes eaux, m'enfin faudrait retourner à la pioche. En conclusion : pleins de bonnes intentions, qui ciblent probablement le troisième âge - inconditionnel des années trente -, et puis les étudiants en faculté de lettres modernes qui se dispenseront donc d'en chercher davantage au sujet d'Henry Miller et de Marcel Proust. Sinon au milieu des fouilles j'ai aussi remis la main sur " Alice ou la dernière fugue " de 1977 avec Sylvia Kristel, mmmmmh on verra plus tard. Bigeyes |
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Le JUGE - Philippe Lefevre avec Jacques Perrin, Richard Bohringer, Daniel Duval, Andrea Ferreol, Michaël Lonsdale, France, 1984, 1h45 Inutile d'en écrire très long sur l'intrigue : ici, nous avons en vedette un juge incorruptible qui va fourrer son nez dans des affaires nauséabondes et en risquer sa peau... Il existe plusieurs critères d'évaluation pour un réalisateur de polars, parmi lesquels l'aptitude à filmer les scènes de filature. Pour être efficace, une filature doit être discrète. Sa traduction à l'écran obéit aux même règles. Sinon, le spectateur ne "marche" pas. A ce petit jeu, Philippe Lefèvre fait merveille avec ce JUGE. La longue séquence dans laquelle les Stups suivent une voiture chargée d'héroïne des quais du port au centre-ville est un modèle du genre. Le reste du film n'est pas mal non plus. Inspiré de l'assassinat du juge Michel en 1981 à Marseille, mais de loin seulement (la famille du défunt magistrat craignant de remuer trop de m....), ce polar vaut surtout pour ses personnages, habilement nuancés. Müller le juge (Jacques Perrin), Innocenti le flic (Richard Bohringer) et Rocca le truand (Daniel Duval) ne se réduisent pas à des archétypes, ils existent et prennent vie dans un décor urbain très bien rendu par une mise en scène simple mais efficace. On pense à des réussites italiennes de la décennie précédente, telles que LA POLICE A LES MAINS LIÉES de Luciano Ercoli, ou UN JUGE EN DANGER de Damiano Damiani (parenté encore renforcée par la partition de Luis Enriquez Bacalov). Jacques Perrin humanise bien son incorruptible de juge. Richard Bohringer, encore jeune et svelte (comme le temps passe...) campe un flic à la limite du privé de film noir. Son jeu très "free-jazz" nous arrache quelques sourires. Enfin, Daniel Duval rappelle qu'il fut LA sale gueule du cinéma français du début des années 80. Rien de bien transcendant toutefois, mais on passe un très bon moment. Stelvio Phrase culte : "Le jour on se dispute, la nuit on discute. C'est ça Marseille !" |
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JUSTINE
DE SADE - Claude Pierson, 1971, France/Italie/Canada L'histoire est évidemment tragique, mais le film est carrément divertissant. D'abord parce qu'on prend un malin plaisir à voir Alice Arno s'en ramasser plein la face (et les fesses), ensuite parce que Pierson y injecte tout de même une bonne dose d'humour décalé en poussant les traits de ses protagonistes vers la caricature. Sans compter l'hallucinante naïveté de la pauvre Justine qui en devient presque ahurissante, et combinée au jeu plutôt approximatif d'Arno c'est encore plus poilant. De plus, tout cela très joliment filmé par Jean-Jacques Tarbès dont la carrière de chef op oscillera entre les cochonneries de Pierson, les films avec Alain Delon et quelques titres de Claude Zidi. Tant d'arguments qui font de JUSTINE DE SADE un film nettement supérieur à la version signée Jess Franco, tant au niveau de l'image et de l'histoire que de l'érotisme. Un petit classique, en somme. Kerozene |
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La LOUVE DE STILBERG aka Helga, She Wolf of Spilberg - Alain Payet, 1977 Vous avez toujours rêvé de voir Alban Ceray, Richard Allan, Dominique Aveline en tenue léopard, béret vert vissé sur la tête et mitraillette sous le coude ? Ce film est pour vous. Ce WIP se passe, une fois n'est pas coutume, lors d'une dictature militaire dans un pays imaginaire dAmérique du Sud. La belle Helga (Malisa Longo, pas mal dans son rôle) est chargée dans son château de Stilberg de dresser les belles rebelles, dont la fille du principal adversaire du pouvoir. Alban et Aveline jouent les méchants militaires, mais Allan le gentil agent double qui sauvera la fille du résistant, dont ce dernier prendra au final dassaut le château (à mon avis, un des assauts les plus cheap du cinéma, 3 gus contre 4 autres). Dans l'ensemble, il se laisse regarder. P.S. : au fait, nos trois gaillards restent habillé tout le temps. en plus, ca reste de l'érotisme soft dans l'ensemble. Effix Elsa est une des cruelles adjointes d'un dictateur européen. Comme elle émet des opinions extrémistes et qu'elle semble déranger au "palais royal", on l'envoie en retrait, au Château de Stilberg, s'occuper de la gestion d'un camp de travail pour prisonnières politiques. Elsa s'y fait quelques ennemis, principalement en raison de sa main de fer (sans gant de velours pour l'envelopper); ce qui ne l'empêche pas de toujours entretenir une relation lesbienne avec diverses prisonnières. Partant sur une base complètement puérile et peu crédible, cette production Eurociné réalisée par Alain Payet, un artisan cinématographique sans grand mérite qui oeuvre aujourd'hui dans le domaine de la pornographie, ne vaut pas très cher. Si on enlève la musique de Daniel White, tout tombe par terre. On a droit dès le départ à une succession de scènes illogiques qui servent à amener en scène une abondante nudité tout à fait gratuite. Les prisonnières de Stilberg portent une chemise longue, avec rien dessous, ce qui nous en fait voir de toutes les couleurs pubiennes. Les comédiens n'ont pas l'air très convaincus, et même les "morts" bougent. Le film a l'air d'avoir été tourné très rapidement; Elsa n'a que deux costumes pour tout le film et les prises de vues semblent toutes capturées des mêmes angles, qui reviennent toujours. Le réalisateur va même jusqu'à s'auto-citer, probablement pour se faire plaisir, alors qu'un des révolutionnaires dit à un moment, en parlant du château : "Un truc sordide construit par un Payet, architecte français". Si Payet a ici construit quoi que ce soit, c'est bel et bien un monument dédié à l'ennui dont il s'agit... Orloff |
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Entièrement
tourné en noir et blanc, Lune froide était à
l'origine un court-métrage de 26 minutes réalisé
en 1988 par Patrick Bouchitey, qui avait travaillé son
scénario à partir d'écrits de Charles Bukowski
(les textes "The Copulating Mermaid of Venice" et
"Trouble With the Battery" plus précisément).
Après avoir obtenu le Grand Prix du Festival du
court-métrage de Clermont-Ferrand en 1989, c'est avec l'aide
de Jacky Berroyer que le réalisateur va réécrire
le récit afin cette fois-ci d'en faire un premier
long-métrage, qui sera par ailleurs, pour information, un des
premiers films produits par Luc Besson. Malgré son thème
dérangeant et le ton assez humoristique avec lequel Bouchitey
aborde cette histoire de deux marginaux partageant une
expérience nécrophile, Lune froide a été
présenté en sélection officielle au Festival de
Cannes durant l'année 1991, |
Voyez
également plusieurs films Français coquins dans la
section LIBERTINAGE
À
noter aussi que plusieurs films de JESS FRANCO
sont des productions Françaises
autres
liens:
MAX PECAS SPIRIT | Le site de RICHARD J. THOMSON | les CHARLOTS | JEAN MARAIS | affichescinema.com | Moviemania | Luminousfvw.com | Priceminister.com | Marsfilms.com | Francevision.com
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