mise à jour le 24 février 2009

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8

MAIGRET TEND UN PIÈGE aka Maigret Sets a Trap aka Il Commisario Maigret 0 Jean Delannoy avec Jean Gabin, Annie Girardot, Jean Desailly, Olivier Hussenot, Lucienne Bogaert, Gérard Séty, Lino Ventura, Alfred Adam, Jeanne Boitel, Nadine Basile, Paulette Dubost, 1958, France/Italie, 114m

Le quartier de la place des Vosges à Paris est en proie à la terreur: un mystérieux tueur en série tue à coups de couteaux des femmes seules en pleine nuit. Ayant reçu des lettres anonymes de l'assassin pour le provoquer, le commissaire Maigret, chargé de l'enquête, décide de lui tendre un piège. Il fait arrêter un faux coupable consentant à jouer le jeu, ce qui devrait forcer le vrai tueur à agir. Plusieurs femmes auxiliaires de police circulent dans le quartier la nuit suivante pour appâter d'ailleurs le meurtrier. L'une d'elles est attaquée par celui-ci, mais elle se défend et donne l'alerte. L'assassin semble bien connaître le quartier car il échappe aux policiers le poursuivant. Toutefois, sur le lieu de la reconstitution du précédent crime, l'inspecteur Lagrume prend en filature une jeune bourgeoise, Yvonne Maurin, dont l'attitude paraissait suspecte. Maigret est mis au courant et lui rend visite chez elle où il rencontre son mari, Marcel Maurin, architecte-décorateur. Maigret apprend que non seulement Yvonne a commencé à tromper son mari la nuit du premier meurtre, mais aussi que la mère de Marcel habite le pâté de maison où l'assassin a réussi à échapper aux forces policières. Sûr de connaître l'identité du tueur en série, Maigret fait venir Marcel Maurin au commissariat et le confronte pour lui faire avouer ses crimes, mais un autre meurtre est commis au même moment. Maigret se serait-il trompé?

Ce film policier tiré d'un roman de Georges Simenon, figure parmi les premiers à raconter les exploits d'un tueur en série en France. Il faut souligner aussi que les scènes de meurtres sont filmées pareillement à celles figurant dans les futurs giallos italiens, et il y a donc fort à parier que ce polar figure parmi les inspirations des grands maîtres transalpins du genre. Ces scènes ne sont pas les seuls points communs avec le giallo, car l'enquête menée par Maigret, incarné avec conviction par Jean Gabin, se base sur des données psychologiques plutôt que sur des indices purement traditionnels. Pour toutes ces raisons, ce film mérite largement d'être vu. Il faut mentionner l'apport de Michel Audiard aux dialogues, où il démontre son talent à l'intérieur d'un sujet sérieux plutôt que dans le pastiche. Le métrage atteint son point culminant dans la dernière demi-heure, qui retient particulièrement notre attention alors que Maigret cherche à obtenir les aveux de son suspect no. 1, merveilleusement incarné par Jean Desailly, en plus de confronter son épouse et sa mère. Le quartier de la plage des Vosges est aussi bien rendu géographiquement sur la pellicule, que ce soit en studio où en extérieurs. Un suspense policier de grand crû donc, que je vous recommande fortement, même s'il ne soutient pas la comparaison avec le grand classique M LE MAUDIT. Annie Girardot, alors jeune, nous montre déjà son talent et soulignons la présence de Lino Ventura dans un petit rôle. Mathieu Lemée

La MAIN DU DIABLE - Maurice Tourneur, 1943 

Vieux film fantastique français tourné sous l'occupation par Maurice Tourneur, dont le fils, Jacques Tourneur, fit les délices de la RKO avec Cat People/la Feline quelques années plus tard.

Un jeune peintre sans talent se fait refourguer un soir par un cuistot italien un talisman constitué d'une main qui, une fois en sa possession, donne à sa propre main des talents extraordinaires. Notre jeune peintre un peu emmeché lui achète pour un sou. Et voila que tout lui sourit : gloire, meuf, pèze, etc.

Mais voila que le diable personnalisé par un petit homme habillé tout en noir vient le voir et lui indique qu'en contre-partie, il aura son âme quand il sera mort. Le jeune peintre décide de lui rendre le talisman mais le diable refuse, sauf contre tout son argent. Il n'arrive pas à réunit tout l'argent et même perd tout au casino car au bout d'un certain temps, la main se dérègle. Il en vient à rencontrer dans une scène assez hallucinante des anciens possesseurs de cette main qui ont tous fini dans le caniveau après avoir tout eu. Il apprendra que cette main vient d'un moine à qui le diable à voler la main. Il va donc falloir rendre au cadavre du moine la main, ce qu'il fera mais au péril de sa vie.

Film bien dans le ton des productions d'alors, avec le jeu et les voix des acteurs de l'époque. Mais très bon film avec des effets spéciaux à l'ancienne (comme la main qui bouge dans toute seule dans sa boîte). Une rareté dans les productions d'alors, car je ne pense pas que les nazis aimaient trop le fantastique.

A conseiller, surtout pour la scène où les anciens possesseurs de la main se retrouvent ! Effix

MAIS NE NOUS DELIVREZ PAS DU MAL aka DON'T DELIVER US FROM EVIL - Joël Séria, 1971, France  

Anne est fille de châtelain, elle est une brune adolescente au regard malin. Lore est sa meilleure amie, elle est blonde, ses yeux bleus la font passer pour un ange et elle semble transpirer l'innocence. Toutes les deux sont en internat, dans un institut religieux, et ensemble, elles ont décidé de ne vouer leur vie qu'au Mal, au service de Satan. Ce qui au départ n'apparaît être qu'un jeu cruel - comme faire accuser leurs petites camarades de classe de délits qu'elles n'ont pas commis ou à s'adonner à des lectures de récits polissons - glisse doucement mais définitivement vers sadisme et la perversité. Le couple fusionnel s'amuse alors à semer le trouble, en particulier chez les personnes les plus vulnérables, à commencer par des paysans simples d'esprits. Elles provoquent sexuellement un gardien de vaches puceau et vont jusqu'à tuer les oiseaux de compagnie d'un pauvre jardinier muet, par exemple...

Joël Séria porte un regard sombre et désabusé sur la jeunesse, au point d'en devenir dérangeant. Ses deux héroïnes, abominables pestes s'adonnant à des rituels païens ou jouant de leurs charmes de manière pernicieuse, rendent en effet le visionnement quelque peu inconfortable. Le réalisateur va même jusqu'à suggérer que les germes du Mal sont présents en chaque enfant si on en croit ce plan montrant une rangée de marmots ricanant en pleine messe dominicale et tirant la langue de manière insolente en direction du curé aux propos régressifs. Mais si le Mal est présent chez les enfants, il l'est aussi chez les hommes et femmes d'église. Et c'est particulièrement sur ce point que Joël Séria fit s'exciter les censeurs de l'époque. Anne et Lore épient deux bonnes sœurs s'adonnant aux joies du saphisme avant qu'Anne aille les dénoncer auprès du Père Supérieur dont le regard s'illumine aussitôt d'une étincelle lubrique. L'utilisation de symboles religieux par Séria semble être motivée par une sincère volonté de titiller le bigot là ou ça le dérange, plus particulièrement lors de la scène de la messe satanique où les filles, après s'être échanger une goutte de leur sang, avalent une Ostie pour le coup souillée. Et il ne fait aucun doute que l'effet recherché a été atteint.
Mais ces actions, ces provocations, aussi cruelles et perverses soient elles, ne sont finalement pas gratuites. Séria ne balance pas niaisement quelques plans blasphématoires juste histoire de faire chier les curés de bénitiers, mais il pose une vraie question de fond peut-être moins originale plus de 35 ans après la sortie du film mais pourtant toujours d'actualité: et si l'éducation religieuse et le conservatisme primaire étaient en partie à la base des maux de l'humanité ? Car quelles sont les motivations d'Anne et Lore, si ce n'est le désire propre à tout adolescent d'aller à l'encontre de l'autorité parentale et scolaire ? Et que plus forte est la répression, plus violente est la réaction ? Lorsqu'Anne, sans sa complice, étouffe de ses mains nues un oiseau sans défense, son excitation fait soudainement place à la peur, au remord et à la tristesse. En larme, elle part prier dans une chapelle. L'espace d'un instant, la façade de la brune s'effondre pour faire place à une humanité débordante, dévoilant ainsi sa vraie nature en transformant ce lieu de culte abrutissant en un apaisant lieu de recueillement. La religion ne devrait-elle pas être pratiquée de la manière la plus simple et neutre qui soit, sans bourrage de crâne ni règlements rébarbatifs, mais en étant simplement basé sur le bon sens de chacun ?

Quoi qu'il en soit la réalité reprend vite le dessus. Le film se termine de la manière la plus dramatique qui soit, final choc et perturbant, ultime doigt d'honneur de deux adolescentes qu'un système éducationnel aura poussé dans ses derniers retranchements à tous les représentants de l'autorité, qu'elle soit religieuse, parentale ou étatique. La baffe est douloureuse et il n'est pas difficile de comprendre les raisons pour lesquelles la censure s'acharna contre cette perle vénéneuse en son temps. Kerozene


Sylvia Solar

la MAISON DES FILLES PERDUES aka The HOUSE OF THE LOST DOLLS - Pierre Chevalier (Eurocine), 1974, France/Italie

This is an ultra sleazy Eurocine composite of footage from Pierre Chevalier's LA MAISON DES FILLES PERDUES, Gian Paolo Callegari's 1967 Eurospy AGENTE SIGMA 3: MISSIONE GOLDWATHER and other linking footage, all credited to "Peter Knight" one of Chevalier's Eurocine fronts.

A not unamusing mess which begins as Yvette escapes from a white slave Hell and stops in the jungle to make it with her rescuer. Shots of knees intercut with the tops of trees! You have to see it to believe it. They stop by a local police station and explain to the Inspector how she was abducted in Paris by Rasky (Oliver Mathot) and his gang, a bunch of goon rapists led by the ever horny Claude Boisson aka Yul Sanders.

Cut to footage of Jack Taylor as Agent Sigma 3 from the Italian spy flick supposedly investigating the slave ring, but the footage never cuts together so we get more footage from LA MAISON... of Sandra Julien as a female Interpol Agent supposedly working with Taylor in parallel footage. Julien is entrancing and has to submit to being sexually abused by Mathot and Boisson while keeping her cool. She stomps Boisson as Sigma raids a ship in the footage from AGENTE SIGMA....

Confusing? You bet! Footage from this also crops in another Eurocine composite Jose Jara's L'OASIS DES FILLES PERDUES (1981), which includes yet more alternate footage including scenes from Jess Franco's TWO FEMALE SPIES IN FLOWERED PANTIES (1978).

One of the more amusing aspects of HOUSE... is that Spanish genre regular Sylvia Solar appears in separate footage from both AGENTE SIGMA and LA MAISON... looking significantly different in terms of dress and hairstyle yet is supposed to be the same character. Thank you, Eurocine!

Music by Daniel White with some uncredited Bruno Nicolai cues in the mix. 

The 1974 date is for LA MAISON..., the English language version of this composite was probably put together at a later date. Robert Monell

MAITRESSE - Barbet Schroeder avec Bulle Ogier, Gérard Depardieu, André Rouyer, Holger Lowenadler, 1975, France

Autant l'annoncer, je n'ai jamais été emballé par le ciné-provoc de Barbet Schroeder, sûrement plein de mérites ne serait-ce que pour avoir obtenu Pink Floyd en 1969 sur son premier film " More ", ou encore transposé un bouquin du regretté Charles Bukowski avec " Barfly ". Enfin bon, on ne se refait pas, l'apparition dans le rayon de la mignonne Bulle Ogier dans sa panoplie de latex a suffi à me foudroyer d'amnésie au point de m'attarder quatre-vingt dix minutes.

A l'occasion d'un piteux cambriolage, un provincial vaguement voyou débarque dans une sorte d'antre SM. Surpris par la " maîtresse " des lieux, et aussi par son doberman, il est visiblement subjugué. En la draguant, il finit par comprendre qu'elle vit du commerce de son expertise en domination SM.

A partir de cette histoire, deux ressorts s'activent, dzoing dzoing. 

Le premier est une description quasi-documentaire des mours SM, qui ne produit pas un impact terrible. Les démonstrations successives, sur un ton clinique et dans une ambiance visuellement fade, ne bouleverseraient même plus les lycéens actuels que l'industrie du porno s'est chargée d'instruire plus efficacement dans l'intervalle. Du coup le dévoilement des pratiques, plombé par cette gravité négligente du joyeux spectateur, ne distrait guère ou alors en devient maladroitement bidonnant. Quand même, ça ne devait pas être facile pour les acteurs de contenir des mines sérieuses, par chance les cagoules en cuir aident bien. D'ailleurs celui à qui Schroeder a uniquement demandé de se mettre à quatre pattes pour que Bulle Ogier le chevauche pendant que Depardieu lui pisse à la tronche a pas dû piocher là son grand rôle, malgré ces deux partenaires prestigieux. L'aspect théorisant du film, sensible dans maintes séquences, est encore alourdi de quelques rares dialogues explicatifs, et évoque par exemple la démarche de réflexion militante de Catherine Breillat sur la sexualité, en moins subtil mais en moins prétentieux aussi. Bref, dans ce contexte, en gros plan Depardieu chauffe jusqu'au sang des fesses féminines anonymes à coups de ceinture et Bulle Ogier cloue un zob sur une chaise à coups de marteau, les Français démontrent qu'ils n'ont pas besoin de l'actor's studio pour être crédibles dans des performances requérant des gestes techniques.

Le second ressort fonctionne mieux : la relation qui se tisse entre les deux personnalités va même jusqu'à susciter un peu d'émotion, et heureusement que la progression du récit est soutenue par le charisme évident des acteurs. D'un côté, Depardieu tout frais donne des claques, pète des carreaux, roule à cyclomoteur, dévore du steak saignant et se frotte comme un chien sur le jeu de quilles à ce milieu du SM, qui se réclame d'une brutalité bien plus raffinée. Sa sauvagerie est moins intellectualisée que dans certains films (où ça en devient pénible : buffet froid, tenue de soirée, etc.). De l'autre côté, Bulle Ogier joue à la blonde fragile convertible en bricoleuse glaciale.

Que moucharder de plus ? La scène réussie d'une visite aux abattoirs au petit jour m'a marqué. Et puis j'allais oublier, le doberman, au comportement en définitive assez rantanplan, s'appelle " Texas ".

En conclusion : carrément moins émoustillant qu'escompté, mais pas dénué d'un p'tit charme inattendu, donc un divertissement à partager en famille (quand les mômes sont couchés) pour vérifier que pépé dans son fauteuil qui n'a plus que le chat pour venir jouer sur ses genoux capte encore ce qui sort du poste. Bigeyes

MALEFIQUE - Eric Valette - 2003 

On s'était dit avec des potes, celui-là il ne va pas rester longtemps au ciné : du bis, du gore, du glauque, du qui tâche et français en plus, pas ce qui intéresse les grandes chaînes de distribution...

Quelle ne fut pas notre satisfaction devant ce huis clos parfaitement orchestré par une mise en scène précise et efficace.

Ici, quatre taulards bien distincts (un travelo balaise en faux seins, un PDG fraudeur, un demeuré infanticide et un philosophe assassin) trouvent dans un recoin de leur cellule un livre ésotérique bourré de formules magiques.

Ils comprennent peu à peu que le livre pourrait les aider à s'évader, comme l'aurait fait l'ancien possesseur, mais les armes du livre sont redoutables et peuvent se retourner contre eux si mal utilisées.

C'est vraiment un bon film sans temps mort, vraiment glauque et assez tordu pour sortir de l'ordinaire des productions du genre... A noter aussi quelques scènes-chocs qui soutiennent la tension, et donnent de la poigne au mystère ambiant.

On pourrait juste reprocher à la fin d'être un peu moralisatrice, mais bon, ne chipotons pas, la France est un peu le vilain petit canard de l'horreur! Franfran

Avec un budget minime mais un scénario en béton et des effets spéciaux bien utilisés et efficaces, Vallette nous offre un récit et des ambiances sulfureuses qui ne sont pas sans rappeler le premier HELLRAISER. Les personnages sont vraiment intéressants et pas banals pour cinq sous. Comme dans bien des histoires de sorcellerie, il faut se méfier de ce que l'on désire. Bien mené, bien réalisé, il faut savoir manier la caméra dans ce huis clos réduit, Malefique livre la marchandise et réussit à étonner, ce qui n'est pas une mince affaire. Chapeau Mario Giguère

MARTYRS - Pascal Laugier, 2008, France/Canada 

Après un premier film bancal et casse-pied mais joliment filmé (SAINT ANGE), l'ancien journaliste pour Starfix Pascal Laugier opte pour une orientation radicalement différente avec MARTYRS, un film volontairement dérangeant que les journalistes les moins consciencieux ne manqueront pas de caser dans le même panier que les tortures flicks en vogue comme la série des SAW ou celle des HOSTEL. Grossière erreur, car bien que MARTYRS offre des scènes de tortures et de sévices méchamment gratinées, le film de Laugier se distingue par une finalité bien éloignée des films précités qui ne sont " que " des films de pur divertissement, qu'on les apprécie ou non. Contrairement à eux, MARTYRS n'est pas une débauche gratuite de violence brute. La violence brute est bien là, mais elle sert les propos du film. Sans doute était-il possible d'aborder le même sujet et même d'avoir un impact tout aussi percutant sans pour autant plonger dans une représentation aussi graphique de la souffrance mais Laugier a fait son choix et il l'assume à cent pour cent et si ça ne plaît pas à certain, il s'en cogne. Après tout il ne s'adresse pas à n'importe quel public non plus.

Alors, le film est-il une réussite ? En gros oui, parce que le résultat est pour le moins marquant et on se surprend à tourner et retourner le film dans notre tête plusieurs jours encore après le visionnement en pensant finalement plus à son dénouement, à sa raison d'être, qu'à ses scènes trash, dont une ou deux s'avèrent pourtant particulièrement éprouvantes. Mais il y a un mais, et sans vouloir entrer dans les détails de l'histoire (mieux vaut ne rien connaître de cette dernière pour laisser un maximum de chance au film de fonctionner), Laugier peine à générer le doute dans l'esprit du spectateur lors d'une première partie qui semble ne fonctionner qu'autour de ce sentiment. Par conséquent, il est difficile dans un premier temps de se laisser plonger dans le récit, ce qui nuit passablement à son appréciation, et cerner les raisons pour lesquelles tout ne fonctionne pas est loin d'être simple; sans doute peut-on attribuer cela à une mise en scène souffrant d'erreurs de jeunesse ou une direction d'acteurs pas toujours maîtrisée - j'en sais rien en fait - mais malgré ses indéniables défauts, MARTYRS s'imprime dans l'esprit et il n'est pas prêt d'en partir ; parce que c'est un film gonflé, avec une grosse paire de couilles, qui aborde un sujet - des sujets mêmes - délicats de manière frontale et que, encore une fois, il s'assume complètement. Un visionnement qui s'impose. Kerozene

à MA SŒUR ! de CATHERINE BREILLAT, FRANCE, 2000, 93m

En vacances avec leurs parents, Elena (15 ans et d’allure féline) et Anaïs (13 ans et obèse) sont à l’heure de la découverte de leur sexualité et veulent absolument perdre leur pucelage qui constitue pour elles un énorme fardeau. Alors qu’Elena découvre l’amour avec un bel italien, Anaïs assiste en spectatrice à ses ébats et désire perdre son pucelage avec un type qu’elle n’aime pas pour éviter de souffrir.

Après le succès de ROMANCE et de la restauration de son premier film UNE JEUNE FILLE DOUCE, voici le nouveau film de CATHERINE BREILLAT. La cinéaste qui à l’habitude d'intellectualiser la sexualité féminine et qui aime secouée les spectateurs par des scènes chocs, fait vraiment fort ici. Alors que ROMANCE avait une mise en scène stylisée et froide qui allait très bien avec le film, À MA SŒUR est tout le contraire. La mise en image est très minimalise et se concentre sur les émotions et sur les difficultés que vivent les 2 sœurs (excellente Anaïs Reboux dans le rôle de la jeune fille obèse). Le film, je l’adore beaucoup et est très anti-conformiste. Puis, je ne ferais certainement pas comme l’imbécile de critique Michel Marsolais qui a dévoilé la fin du film en fin de semaine dans un journal merdique. Mais je peux seulement vous dire, qu’elle plaira beaucoup aux membres ici et qu’elle est complètement inattendue. À MA SŒUR est à voir pour tous ceux qui veulent voir un film tendre et surprenant. Le film ne plaira évidemment pas à tous, mais vous n’oublierez jamais cette fin ! Black Knight

Les MAUVAIS JOUEURS aka GAMBLERS - Frédéric Balekdjian avec Pascal Elbé, Simon Abkarian, Isaac Sharry, Linh Dan Pham, Teng Fei Xiang, France, 2005, 1h25

"Paris, le quartier du Sentier. Noël approche et la vie de Vahé Krikorian part à vau-l'eau. La boutique de son père, avec qui il travaille, va bientôt fermer. Trop de dettes et d'impayés. Lu Ann, la femme qu'il aime, le quitte et il sent bien que les arnaques au bonneteau qu'il pratique avec Sahak et son frère Toros ne vont pas le mener loin. Yuen, le frère de Lu Ann, arrivé clandestinement en France, refuse de travailler pour le réseau qui l'a fait passer, sans se rendre compte du danger qui le guette. Se prenant d'affection pour lui, Vahé décide de l'aider. Peu à peu un lien d'amitié se tisse entre eux, qui met à l'épreuve la loyauté de Vahé envers ses vieux amis et l'amène à agir contre sa bande..." (allocine.fr)

Présenté par certains comme un MEAN STREETS des années 2000, ce polar français sorti en catimini parvient contre toute attente à ne pas se trouver écrasé par cette flatteuse comparaison. Si les péripéties sont prévisibles, le jeune réalisateur a eu la bonne idée de centrer tout son film autour du personnage de Vahé (l'excellent Pascal Elbé), de ses émois et de sa remise en cause. Le film évite donc ainsi de partir dans tous les sens et de se perdre en sous-intrigues. LES MAUVAIS JOUEURS s'articule entièrement autour de cette contradiction, entre les liens amicaux quasi-mafieux qui unissent ces jeunes magouilleurs d'origine arménienne et la nécessaire quête de repères moraux chez Vahé, le plus sensible des trois.

Si Elbé fait superbement corps avec son personnage, n'en oublions pas le reste du casting : Simon Abkarian (vu dans CASINO ROYALE) incarne la dureté avec un aplomb impressionnant, Isaac Sharry fait un pleutre convaincant, mais aucun des deux ne sombre dans la caricature. A bien des moments, on se croirait au contraire devant un documentaire. Les conditions de travail inhumaines des ouvriers du textile et le quadrillage du territoire par les "passeurs" chinois sont ainsi montrés sans détour. Alors, bien sûr, tout n'est pas parfait : l'histoire d'amour de Vahé intéresse moins que sa relation avec le jeune clandestin chinois et le faible nombre de décors utilisés donne parfois une légère impression de redondance. Impression heureusement vite chassée par une dernière scène de poursuite, haletante, dans les couloirs du métro parisien. Un très beau film ! Stelvio

LE MATAF - Serge Leroy avec Michel Constantin, Georges Géret, Pierre Santini, Adolfo Celi, Cathy Rosier, Annie Cordy, France (coproduction italienne), 1973, 1h35

Trois gangsters, Bernard Solville, dit "Le Mataf" (Michel Constantin), Basilio (Georges Géret) et Franck (Pierre Santini) s'apprêtent, à la Gare du Nord, à voler une valise contenant des diamants à destination d'Amsterdam, quand une jeune fille est précipitée d'une fenêtre et s'écrase sur la verrière de la gare. Les deux hommes responsables de l'assassinat réussissent à prendre des photos compromettantes du Mataf et de sa bande et les font chanter en les obligeant à effectuer un vol de microfilms. Ils reçoivent, comme avance de l'avocat Desbordes (Adolfo Celi), maître-chanteur et commanditaire du vol, une valise contenant 100 millions de francs en billets...

Ancien reporter télé (il couvrit l'assassinat de Kennedy pour l'ORTF !), grand fan de cinéma policier américain, Serge Leroy réalisait avec LE MATAF son premier long métrage de genre. Ce coup d'essai s'avère être un quasi-coup de maître ! Délaissant l'aspect bavard et gouailleur (influence mal digérée de Michel Audiard ?) de beaucoup de polars français de la même époque, Serge Leroy resserre sa narration autour de quelques personnages troussés sans manichéisme (artisans du casse contre mafia en col blanc et hommes de main sadiques). Extrêmement précise, bien soulignée par une excellente partition de Stelvio Cipriani (merci la coproduction italienne), la mise en scène se concentre sur l'action, en construisant d'haletantes scènes à l'efficacité digne de Don Siegel ou William Friedkin. La longue séquence du vol des microfilms ou la poursuite finale dans les rues de Nantes sont à ce titre particulièrement réussies.

Les interprètes masculins sont tous remarquables. On ne peut en dire autant du casting féminin. Si Annie Cordy se montre crédible dans son rôle d'épouse de malfrat, Cathy Rosier, beauté antillaise paradoxalement très froide (également vue dans LE SAMOURAI de Melville), affiche toutes les limites de son jeu d'actrice dès qu'elle ouvre le bec. Une scène sentimentale ridicule manque un moment de déclencher un bâillement. A cette petite réserve près, on ne peut que chaudement recommander ce MATAF, au même titre que les autres films 70's de Serge Leroy (1937-1993), parti trop tôt, et dont LA TRAQUE (1975) restera l'incontestable chef d'œuvre. Stelvio

  MESRINE, L'INSTINCT DE MORT- Jean-François Richet avec Vincent Cassel, Gérard Depardieu, Gilles Lellouche, Cécile de France, Michel Duchaussoy, Myriam Boyer, Roy Dupuis, Florence Thomassin, Elene Anaya, 2008,  France (coproduction Italie, Canada), 1h55

Région parisienne, 1959 : de retour de la guerre d'Algérie, Jacques Mesrine rompt avec sa famille. Le jeune homme renoue avec quelques amis, dont le fidèle Paul (excellent Gilles Lellouche) et commence une existence de voyou. Vols, saucissonnages d'appartements, braquages de banques : le truand, qui s'est marié avec une Espagnole (Elena Anaya), " monte en gamme " peu à peu, sous la coupe de Guido (Gérard Depardieu, dans son meilleur rôle depuis très longtemps), un homme qui compte dans le Milieu. Au début de l'année 1968, il quitte la France pour le Canada avec Jeanne Schneider (Cécile de France, méconnaissable et bluffante), maîtresse rencontrée après son divorce. Le couple se met au service du milliardaire Deslauriers. Après avoir échoué à le kidnapper, Mesrine bascule dans la grande criminalité. D'évasions en cavales, il sèmera la violence dans la " belle Province ", avec son complice Jean-Paul Mercier, avec lequel il s'échappera de la prison haute sécurité de Saint-Vincent-de-Paul. Début 1973, il décide de rentrer en France...

Dire que ce diptyque était attendu avec impatience par les amateurs d'Eurocrime et de poliziotteschi relèverait du plus doux des euphémismes. Autant le dire d'entrée : la première partie ne déçoit pas notre attente. Près de trente ans après être tombé sous les balles de la police, Jacques Mesrine revit littéralement devant la caméra de Jean-François Richet et sous les traits du comédien Vincent Cassel. Si l'on se trouve d'emblée absorbé et captivé par cette épopée criminelle, c'est avant tout grâce à lui. La gestuelle du jeune gangster, son parler de titi parisien endurci par la sale guerre, son panache confinant à la violence sadique : rien ne manque dans la composition de Vincent Cassel. On est loin, très loin des bouffonneries tarantinesques du DERNIER GANG d'Ariel Zeïtoun, dans lequel les braqueurs des années 80 s'expriment avec des mots du 21ème siècle...

Le script, cosigné Richet et Abdel Raouf Dafri, a l'intelligence de ne pas se perdre en hypothèses psychologiques a posteriori. La scène durant laquelle Mesrine brise les ponts avec sa famille est brève et intense. " Les couilles ont sauté une génération dans cette famille ", hurle le bandit à son père (Michel Duchaussoy), dont on comprend qu'il versa dans la collaboration pendant l'occupation. Loin pourtant d'exalter le romantisme du hors-la-loi, ce premier épisode nous offre une alternance de séquences nerveuses et brutales et de moments de calme, dans lesquels se révèle la personnalité, plus complexe qu'il n'y paraît du gangster.

La violence augmente au fur et à mesure que le personnage gagne en consistance et nargue l'ordre établi. Elle éclate à la figure du spectateur, dans des scènes d'action filmées avec une impressionnante maîtrise, pour culminer lors de la partie canadienne du film. Située au début des années 70, celle-ci n'a absolument pas à pâlir de la comparaison avec les thrillers d'action de l'époque. Inspiré comme jamais, Richet envoie la sauce de manière dévastatrice lorsqu'il reconstitue l'évasion de Mesrine et Mercier (interprété par Roy Dupuis, une agréable découverte) de la prison de Saint-Vincent-de-Paul. Une fois dans la nature, les deux truands reviennent sur place armés jusqu'aux dents pour délivrer leurs ex-codétenus. Le gunfight qui en découle donne lieu à cinq bonnes minutes de défourraillage absolument dantesques, dignes de Kirk Wong ou Enzo G. Castellari. Jubilatoire, à l'image de cette première partie ! Stelvio

  MESRINE - L'ENNEMI PUBLIC N°1 - Jean-François Richet avec Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Olivier Gourmet, Samuel Le Bihan, Gérard Lanvin, Anne Consigny, Georges Wilson, 2008,  France (coproduction Italie-Canada), 2h12

1973 : de retour en France, Jacques Mesrine recommence ses braquages et ne tarde pas à être arrêté. Alors qu'il doit comparaître pour une petite affaire de chèques sans provisions, il s'évade du tribunal de Compiègne en prenant en otage le président du tribunal, grâce à une arme dissimulée dans les toilettes par un complice, Michel Ardouin, dit le Porte-Avion (Samuel Le Bihan). Sa cavale prend fin quelques mois plus tard, quand il est arrêté pour la première fois par le commissaire Broussard (Olivier Gourmet), non sans lui avoir offert le champagne... Mesrine est incarcéré à la prison de la Santé, en plein Paris. Il y rencontre François Besse et finit, comme il l'avait juré, par s'en échapper en mai 1978. Définitivement consacré " ennemi public n°1 ", il sème le désordre et multiplie les braquages spectaculaires. Plusieurs fois à deux doigts de l'arrêter, la police a raison de lui le 2 novembre 1979 à l'issue de ce qui apparaît de plus en plus comme une exécution délibérée...

Si le premier épisode du diptyque mettait en lumière une époque et des faits peu connus de la vie de Jacques Mesrine, le second s'attarde au contraire sur ses dernières années, qui élevèrent le gangster au rang de célébrité. A cette époque, l' " ennemi public n°1 " nargue l'ordre établi, devient un personnage important du débat public en France et multiplie les actions d'éclat, en prison comme en dehors. C'est également durant cette décennie que Mesrine consacre définitivement sa réputation et son surnom d' " homme aux mille visages ". Les traits vieillis, la ligne épaissie, le truand se glisse dans la peau de nombreux personnages fictifs, joue à merveille des déguisements et des usurpations d'identité.

Un caméléon du banditisme en somme, auquel Vincent Cassel donne une nouvelle vie avec une aisance presque troublante. L'acteur, qui a pris une dizaine de kilos pour le rôle dans une posture à la De Niro, tend parfois vers le cabotinage. Heureusement, Jean-François Richet veille à ce que ces dérapages restent ponctuels. La part belle faite aux scènes d'action l'y aide grandement. Servies par une reconstitution fastueuse et sans erreur, les séquences de traque de Mesrine et de son compagnon de cavale François Besse (Mathieu Amalric, crédible) exploitent à merveille les décors campagnards.

Soulignons également la remarquable composition de Ludivine Sagnier, qui donne beaucoup d'épaisseur au personnage, assez superficiel au départ, de Sylvia Jeanjacquot, la dernière compagne de Mesrine. Complètement à côté de la plaque en revanche, Gérard Lanvin ne convainc pas en Charlie Bauer, le complice gauchiste de Mesrine. Trop âgé pour le rôle, accentuant excessivement un accent méridional de pacotille, l'acteur plombe en partie la fin du film. La scène finale rattrape heureusement le coup in extremis." Les deux films ne sont pas pro-Mesrine ou anti-flics, explique Richet. C'est une certaine vision de cette époque à travers son personnage... Ce n'est pas d'où l'on vient qui est important, c'est où l'on va. " Dont acte : pour Mesrine, l'issue fatale est connue d'avance, mais n'empêche pas un cinéaste talentueux de nous offrir deux films gorgés de suspense et de moments mémorables. Un must ! Stelvio

MIEUX VAUT ÊTRE RICHE ET BIEN PORTANT QUE FAUCHÉ ET MAL FOUTU - Max Pecas, 1980, France

Un Pecas au casting carrément international : Claus Obalski (Allemagne), Victoria Abril (Espagne), Ingeborg Steinbach (Suède), Alexandra Delli Colli (Italie), etc... Le héros étant par contre l'inextinguible Sylvain Green bien de cheu nous, appelé aussi "le Belmondo du pauvre".

A noter un scénario du truculent "Claude Mulot" qui y va de son private joke en appelant le notaire "Lansac"... il en sort plus le mulot avec ce Lansac!

Dans cette, euh... "chose", deux héritiers apprennent qu'ils sont frères auprès du notaire le jour de la mort de leur père (tiens tiens, les inconnus peuvent remercier), ils doivent par contre retrouver leur soeur en Espagne pour pouvoir espérer toucher le pactole.

Un Pécas ultra-classique qui ne dénote pas dans sa filmo, et contient tous les atouts qui ont fait son (in)succès : blagues potaches sans rythme, filles à poil, soleil de plomb, etc...

Ca se laisse quand même voir par qui sait apprécier le 10ème degré, même si l'acteur allemand est minablissime à balancer ses répliques "apprises par coeur en français". On se réconfortera avec les belles cuisses de Victoria Abril débutante et jeunette en short archi-court. Franfran

MISTER FREEDOM - William Klein, 1968, France   

1968: ses révoltes étudiantes, ses grèves, ses soulèvements ouvriers, ses pavés, ses slogans et son idéologie anti-impérialiste ! Toute une époque qui vu inévitablement poindre quelques pelloches surfant sur ce mouvement. Et quoi de mieux pour chatouiller le capitalisme triomphant que de s'en prendre à ses symboles les plus évidents ? Ils sont ici personnifiés au travers de Mr. Freedom : super héros au look de footballeur yankee, beau gosse orgueilleux, raciste, frimeur et arrogant obéissant aux ordres de son supérieur le Dr. Freedom (Donald Pleasance). Celui-ci lui confie la mission de sauver la France de la menace communiste sans cesse grandissante et responsable de la disparition de l'alter-ego frenchie de Mr. Freedom, à savoir le valeureux Capitaine Formidable. Certainement un coup bas de Moujik Man en personne (Philippe Noiret), le super agent russe que l'on soupçonne s'être lié à l'infâme Red Chinaman. Mr. Freedom débarque alors sur le sol français histoire de procéder au grand nettoyage à grand renfort de propagande capitaliste soi-disant libertaire.
On sent dans MR. FREEDOM un farouche besoin de gueuler un grand coup contre tout ce que les jeunes d'alors détestaient chez les américains et ce qu'ils représentaient: la société de consommation (l'ambassade des États-Unis abrite un supermarché rempli de majorettes décérébrées), la superficialité, la volonté d'imposer leur conception discutable de la démocratie, l'intolérance envers tout individu ne suivant pas le même mode de penser, l'obstination à "nettoyer le monde" (référence faite à la guerre du Vietnam)... Bref, le portrait dressé est extrêmement caricaturale et manque singulièrement de recul, mais il a le mérite d'être clair - ce qui n'est pas forcément le cas pour le reste du métrage. Il est particulièrement intéressant de noter que le scénariste-réalisateur n'est pas un vilain français désireux d'ouvrir sa gueule puisque Klain est un américain arrivé à Paris en 1947 en tant que GI, ce qui fait relativiser un minimum sur le sentiment d'anti-américanisme primaire qui émane du film. Néanmoins, quarante ans plus tard, on ne peut s'empêcher de trouver tout cela très naïf et forcément très cocasse, mais c'est intéressant car révélateur des revendications utopistes d'alors, de la volonté d'aboutir à un système équitable, de balancer un grand coup de pied dans la fourmilière et de parvenir à une véritable société juste et libertaire en même temps. L'Histoire a évidemment montré que les choses ne sont pas si simples et que rien n'est ni tout noir, ni tout blanc...

Il y aurait beaucoup à débattre sur les propos du film, mais ce débat a déjà eut lieu bien des fois depuis quatre décennies et puis on n'est pas là pour ça. En revanche, on peut souligner la douce folie qui en émane, une sorte de joyeux bordel kitsch et déglingué partagé entre chansons de propagande capitaliste devant un parterre de militants anti-communistes et les délires mégalos d'un Mr. Freedom aussi aveugle que destructeur. On peut aussi s'interroger sur des éléments aussi incongrus que l'apparition de stigmates sur les mains et le ventre de Mr. Freedom ou l'arrivée de Jésus en personne aux côtés de Red Chinaman et Moujik Man - des éléments christiques dont le sens m'échappe complètement. Signalons, outre la présence de Donald Pleasance et de Philippe Noiret déjà précités, celle de Serge Gainsbourg en pianiste rieur et de Rufus avec des cheveux ! Pour faire court : c'est un peu n'importe quoi, définitivement désuet, mais c'est quand même poilant à regarder. Kerozene

Le MOINE - ADO KYROU, 1972, France/Allemagne de l'est/Italie

Je ne vais pas m'attarder sur le sujet, parce qu'il n'y a carrément rien de bien rigolo à dire à propos de ce film. Il est très bien. Le scénario est signé Bunuel et Carrière, c'est un bon début, la mise en scène est parfaitement maîtrisée et se permet parfois des plans symboliques qui donnent envie d'une deuxième vision, moins impliquée dans l'histoire, à des fins d'analyse (ce qui arrive rarement quand on regarde du Al Adamson, il faut le dire.), et l'interprétation, Franco Nero (dans le rôle titre) et Nicol Williamson (en aristocrate pervers) en tête, est de premier plan. (Bon, Nathalie Delon est superbe mais pas très très bonne actrice, quand même. Cela dit, elle campe une Mathilde tout à fait diabolique et réjouissante.)

Le scénario simplifie un brin la trame du roman, en gommant notamment tout l'aspect sentimentalo-cucul (oui, je sais, c'est un chef d'oeuvre, mais ça n'empêche pas qu'il y ait un aspect sentimentalo-cucul, inhérent ou presque à l'époque de son écriture), pour mettre l'aspect sur la chute du Père Ambrosio, qui devient fornicateur et meurtrier après avoir été, en chaire, le chantre de la chasteté. Même s'ils sont vraiment pourris, comme il sied à des démons, Delon et Williamson sont au bout du compte plus sympas que cet abruti pérorant qu'il est impossible de plaindre quand il se retrouve devant le tribunal de l'inquisition. Les inquisiteurs, au passage, ont tous une tête de mort sur leur chasuble : sacré Bunuel ! A part peut-être Franco, il n'y a que lui pour bouffer du curé, comme ça. Et le pire, c'est la fin : juste avant d'être soumis à la question extraordinaire, après qu'on lui a bien expliqué le fonctionnement des brodequins, Ambrosio craque et vend son âme au diable en échange de sa liberté, de la puissance et de la gloire. On s'attend évidemment à ce qu'il se fasse avoir, c'est ce qui se passe, en général. Eh bien pas du tout ! L'action se transporte illico à l'époque moderne, devant la basilique St. Pierre, et ce type en blanc, au balcon, que les gens acclament, devinez qui c'est ? Il a dû être content, le pape de l'époque, s'il a vu le film, tiens. Ça devait être Paul VI. J'espère qu'il avait le sens de l'humour.

Bref, encore plus noir et anticlérical que le bouquin, LE MOINE est un petit chef-d'oeuvre, voilà. Vivement conseillé si vous arrivez à mettre la main dessus. Michel Pagel

La MÔME VERT-DE GRIS - Bernard Borderie, 1953

Eddie Constantine essaie de faire son cool ; Dominique Wilms fume des cigarettes et fait son agace; Howard Vernon balance des répliques genre : « Ta gueule, rapace, ou j'te cloue l'bec ; j'en ai maté d'autres, des mariolles dans ton genre ; tu vas casquer, duschnock ; avec mézigue, les caves en bavent et les durs endurent ».

Et la musique ? Bof... Du jazz d'ascenseur 50s pseudo exotique genre Les Baxter du pauvre (ça se passe à Tanger, faque, faut faire dépaysement un peu).

Mention spéciale au logo du Canal D dans le coin à droite : très beau à regarder. Carnosaur

MON CURÉ CHEZ LES NUDISTES - Robert Thomas, 1982, France, 1h30

Un curé... chez les nudistes. Voilà une idée chouette et qui promet, non ? Non ? Eh ben... définitivement non.

Un curé bon vivant est parvenu à faire de la messe, dans son village, un endroit où tout le monde veut être vu, rire et respirer la bonté chrétienne. Sa messe est tellement populaire qu'il y a cinq représentations par dimanche ! Il imite les animaux de l'arche de Noé, fait le pitre, et ses fidèles, facilement amusés, se marrent à n'en plus pouvoir. L'archevêque entend parler de sa popularité, et décide de s'en servir et de l'envoyer évangéliser les membres d'un club de nudistes, dont la devise est : "Pas de téléphone, pas de télévision, pas de politique et pas de religion !"

Notre curé, tout honoré qu'on lui confie une mission, part dans sa voiture qui tombe en pièce vers un destin incertain sans se douter de ce qui l'attend, ramassant en chemin des auto-stoppeuses droguées et une oie tout à fait mignonne nommée Georgette.

Robert Thomas est responsable de quelques oeuvres "glorieuses", dont LES BRÉSILIENNES DU BOIS DE BOULOGNE, visionnement épique s'il en est, et la suite de l'oeuvre dont on parle aujourd'hui, MON CURÉ CHEZ LES THAÏLANDAISES. Il est aussi l'auteur d'une pièce de théâtre nommée 8 FEMMES, adaptée au cinéma par François Ozon... Ça ne sera une surprise pour personne de savoir que son "cinéma" est théâtral, burlesque et gestuel, bénéficiant d'une mise en scène statique et figée.

Le récit de MON CURÉ CHEZ LES NUDISTES est centré autour d'un conflit éventuel entre la religiosité d'un prêtre et la morale douteuse d'un groupe de nudistes, conflit qui ne se développe jamais, ce qui rend le visionnement du film légèrement pénible. On ne comprend pas non plus pourquoi un archevêque perd son temps à vouloir évangéliser un aussi petit groupe d'individus, mais si on cherchait une quelconque motivation intellectuelle ou la véracité absolue dans une comédie aussi vide de sens que celle-ci, il faudrait aussi songer à se pendre au clocher.

Il y a bien quelques jolies filles ça et là, et des rebondissements approximatifs qui tiennent le spectateur éveillé, mais le plus affligeant de toute l'entreprise est sans doute l'état, à l'écran, de notre pote Paul Préboist. Il a terminé sa carrière dans les Lelouch début '90, et on a peine à le croire car il semble à peine tenir debout. Il est subséquemment apparu dans LES PLANQUÉS DU RÉGIMENT de Caputo, L'ÉMIR PRÉFÈRE LES BLONDES de Payet, ce qui dénote un certain attachement aux pornographes recyclés. Sa performance est ici plus que grotesque, tout pantelant qu'il est, à moitié sénile, allant de scène en scène la bouche ouverte et les yeux bouffis.

Les convictions sociales de Robert Thomas sont apparentes dans quelques scènes, où apparaît le serveur noir, Banania (soupirs). Il est bien sûr là pour courir en pagne et répondre aux ordres du propriétaire du club, qui fait preuve d'une rare condescendance à son égard, comme en témoignent des répliques telles que : "Va bronzer, mon coco !" ou encore cette perle, lors d'un bal costumé :

"-Et toi, t'es pas déguisé ? 

-Mais si ! 

-En quoi ? 

-Mais en nègre !" 

C'est lourd, à la fin. En plus de Banania, on a droit à la fille du proprio qui a les seins en banane, et à tous les mecs qui se dissimulent la bite attentivement (poil de pubis féminin acceptés, mais une bite, ouh la la quelle vilainie !).

Bref, de la véritable comédie française comme on l'aime (pas) : raciste, bête et vulgaire. Ça n'est pas désagréable à regarder, mais on ne peut s'empêcher de trouver cela fort douteux, et de déplorer le fait que les films avec les titres les plus rigolos sont souvent les plus ignoblement décevants.

La jaquette est tellement incroyable que je me dois de vous la retranscrire : 

MESSAGE IMPORTANT 

Vous en avez assez de la mauvaise température, de rester à la maison, de tourner en rond... 

Nous avons trouvé la solution à tous vos problèmes. 

MON CURÉ CHEZ LES NUDISTES. 

Vous aurez l'impression d'être en vacances, au soleil, au bord de la mer en plus de rire follement en suivant les péripéties d'un curé parti évangéliser les membres d'un club de nudistes malgré tout ce que cette situation a de bizarre...

Une véritable cure pour toute personne âgée de quatorze ans et plus. 

Qui n'en a pas besoin en ce moment ? Orloff

MON IDOLE aka Whatever You Say - Guillaume Canet, France, 2002, 1h50.

Le court nommé Bastien (Guillaume Canet), animateur de foule pour une émission de variétés présentée à la télé française, a l'ambition dans le sang mais justement, elle y reste. Il se laisse marcher sur les pieds par son animateur, mais idolâtre le grand patron de sa boîte de production, Broustal (étonnant François Berléand), et développe dans l'ombre des concepts d'émissions qu'il compte lui présenter. Le jour où Broustal, son idole, l'invite dans sa maison de campagne tout le week-end pour travailler sur un concept, il y voit donc le signe d'un certain avancement dans sa carrière.

Canet voit sans doute dans ce film un signe certain que sa carrière avance. Lui qui jouait le nerveux au grand coeur dans JE RÈGLE MON PAS SUR LE PAS DE MON PÈRE aux côtés du magistral et récemment décédé Jean Yanne. Lui qui jouait l'absence de réaction dans THE BEACH, lui qui jouait le paumé sympathique mais nerveux dans LES MORSURES DE L'AUBE... Il ne le lâche pas, son personnage, pour sa première réalisation. Il s'y enfonce et le nuance, ça oui, mais il y reste. On obtient donc une histoire improbable et brouillonne, qui se "garroche" dans tous les sens dans sa première partie, pour se lancer en fin de parcours dans le thriller grinçant. C'est réussi ? En partie. François Berléand est magistral en requin de la finance, cynique et gueulard, un Serrault sans le grincement de voix. Il porte le film sur ses épaules à lui seul ! Canet, l'idiot de service, crédule et épaté, est son pantin. Ça vaut aussi le coup pour la "femme" de Berléand, Diane Kruger (la soeur de Freddy ?), une allemande à la plastique parfaite. La musique est signée Sinclair (qui chante en anglais !) et ne couvre pas nécessairement bien les images projetées. On a de plus droit à une introduction et une finale animée qui surprennent quelque peu, et pas forcément agréablement. Constat : la demi-déception, mais puisqu'on ne s'attend à rien et que c'est gratuit, on ferme sa gueule. Orloff

Les MORSURES DE L'AUBE - Antoine de Caunes d'après le roman de Tonino Benacquista avec Guillaume Canet, Asia Argento, Gérard Lanvin, 2001, France

Antoine vit la nuit, de bar en réception ou il se faufile sans invitation. Lorsqu'il entre dans une soirée uniquement parce qu'il mentionne, au hasard, qu'il est un ami de Jordan, un nom qu'il a entendu plus tôt, sa vie bascule. On lui offre un milliard de francs pour le retrouver, ce que notre énergumène ne refuse pas. Il rencontre d'abord sa soeur, Violaine (Asia Argento) une étrange femme qui lui laisse de drôles de souvenirs. Son copain Étienne l'aide, mais lui aussi se retrouve rapidement dans le pétrin, car on ne suit pas la trace de Jordan, ni de sa soeur, sans en subir les conséquences. Quand la fille des son ex est menacée, Antoine plonge plus profondément dans le monde de la nuit pour trouver cet homme à la réputation sulfureuse...

Il est d'abord difficile d'embarquer dans l'histoire car Antoine est un personnage qui n'est vraiment pas sympathique, on arrivera pas à se préoccuper vraiment de son triste sort. Premier problème. Asia Argento campe à merveille son rôle, spécialement dans une scène de séduction tirée tout droit de Dracula. Évidemment on flaire ce que les personnages se refusent à croire, l'élément surnaturel. Cependant, la chute, abrupte et pratiquement illogique, ne récompense pas le cinéphile, qui s'est envoyé le film, certes beau, mais plutôt vide de substance. Dommage. Mario Giguère

MORT UN DIMANCHE DE PLUIE aka DEATH ON A RAINY SUNDAY - Joël Santoni, 1986, France/Suisse

Dans une Suisse pluvieuse, l'architecte Daniel Briand (Jean-Pierre Bacri) et sa famille sont harcelés par un homme (Jean-Pierre Bisson) devenu manchot et boiteux à cause d'entrepreneurs peu scrupuleux. Lui et sa femme (Dominique Lavanant) intègrent la vie de la famille Briand dans un esprit de vengeance. Lui devient leur jardinier, elle leur baby-sitter. Ainsi commence une douloureuse descente aux enfers pour les Briand.

Le film de Santoni a quelque chose d'éminemment pervers. En particulier parce que le personnage de Dominique Lavanant, bien loin de l'esprit des Bronzés, s'en prend de manière déplorable à la petite fille Briand, blonde gamine psychologiquement torturée par cette garce psychotique qui ne cesse de l'humilier et de la droguer. Ce personnage en devient tellement détestable que l'envie de la saisir pour la cogner devient le sentiment dominant lors du visionnement du film. Sentiment frustrant donc, surtout lorsque la fille s'avère bien incapable de dire a ses parents de quoi cette folle est capable. Mais les parents ne sont pas parents pour rien, et rapidement le doute s'installe. La torture psychologique fait alors place à la perversion, puis à la violence corporelle, pour terminer par le meurtre.

Ce thriller esthétiquement soigné s'avère plus irritant que réellement stressant. Les situations énervent tant on voudrait voir les protagonistes agir différemment. Si c'est là le désir du réalisateur, il a amplement réussi son pari. Mais au final, alors que le dénouement sanglant et brutal tant attendu arrive, on sort du film un rien énervé, avec l'envie contradictoire de se retrouver face à pareille confrontation pour prouver que les choses n'ont pas à se passer de cette manière. Kerozene

Le NÉCROPHILE - Philippe Barassat, 2004, France, 38m

Un homme au look de Nosferatu dépressif aussi vivace qu'un mollusque asthmatique se nourrissant d'insectes grâce à une langue reptilienne, se voit confier la garde d'une fillette de dix ans car il se trouve être son seul aïeul encore en vie. Cette présence le perturbe quelque peu dans ses activités nocturnes durant lesquelles il sort déterrer des cadavres de femmes pour les aimer. D'abord mal à l'aise auprès de cet étrange personnage, la petite fille est prise de compassion et de tendresse pour son vieux cousin malade lorsqu'elle découvre son penchant nécrophile.

En à peu près 40 minutes, Barassat fournit un film hommage à l'expressionnisme étonnement tendre sur un sujet à priori révoltant, d'autant plus qu'il intègre de manière quasi imperceptible la notion de cannibalisme mais surtout - et de manière nettement plus flagrante, celle de pédophilie. Pas étonnant après ça qu'il a eut à découdre avec les autorités pour mener à bien son projet. Pourtant, le film ne sombre jamais dans la vulgarité ou l'abjecte. Amateurs de NEKROMANTIK de Buttgereit et autre AFTERMATH de Cerda, passez votre chemin. Car si le film dérange la France bien pensante, il ne vous choquera nullement. Il reste étonnant, drôle, tendre, osé et poliment provocateur, et se permet un final onirique que les amateurs de fantastique apprécieront.  Kerozene

NEMO aka DREAM ONE - Arnaud Sélignac, 1984, France/Angleterre/États Unis

Au début des années 1980, quand la France voulait faire du cinoche à l'américaine, elle livra quelques titres ovnis qui furent des bides monumentaux au box-office national. Certains se souviennent du resucage féministe d'INDIANA JONES qu'est l'extraordinairement frappadingue GWENDOLINE et sa cité d'amazones sado-masochistes qui valut à Just Jaeckin de mettre un terme à sa carrière de réalisateur. La même année, les écrans tricolores ont eu l'immense (!) plaisir d'accueillir ce troublant NEMO et son casting haut de gamme. mais de quoi ça parle ?

Nemo est un petit garçon qui se voit propulser dans un monde imaginaire. Un univers désertique au ciel sombre et bordé d'un océan, habité par un jeune débile et son gorille blanc hystérique (et avec Dominique Pinon sous le pelage). Cet étrange couple vit dans l'épave du Nautilus et accepte rapidement l'intrusion du jeune Nemo dans leur vie. Mais bientôt leur quotidien se verra troublé par l'arrivée d'une princesse malheureuse fuyant son royaume (Mathilda May) et courtisé par nul autre que le justicier Zorro (Harvey Keitel). Ce ne serait rien si un explorateur bourgeois d'un pays de l'Est (Michel Blanc) ne venait mettre son grain de sel là-dedans, d'autant plus que la soudaine arrivée d'une soucoupe volante pilotée par l'extraterrestre Carole Bouquet en tenue "H.R. Giger" n'arrange en rien les choses. Nemo, par amour envers la belle princesse, grandit de 12 ans en une minute et prend ainsi l'apparence de JasonConnery (le fils de...), ce qui ne plaît absolument pas à Zorro qui commence à faire la gueule.

Tout de suite, on se rend compte que NEMO est un film quelque peu déroutant. Incompréhensible et trop hystérique pour les jeunes enfants (entendre le gorille blanc hurler à tue-tête est un réel supplice), trop naïf et incompréhensible pour les adultes. Autrement dit, NEMO n'a pas de public cible, un comble pour un film à caractère commercial - mais la présence du réalisateur rebelle John Boorman au poste de producteur y est sans doute pour quelque chose. Aujourd'hui, il reste un visionnement étrange et décalé, une sorte d'erreur cinématographique pleine de couleurs sombres et de décors minimalistes dans lesquels de prestigieux acteurs incarnent des rôles qu'ils n'auraient jamais eu l'occasion de tenir autrement. Une véritable curiosité... Kerozene

NE NOUS FÂCHONS PAS aka Let's Not Get Angry - Georges Lautner avec Lino Ventura, Jean Lefebvre, Michel Constantin, Mireille Darc, Sylvia Sorrente, Tommy Duggan, Thierry Thibaud, France Rumilly, André Pousse, Robert Dalban, 1966, France, 100m

Antoine Beretto est un ancien truand recyclé dans la vente et la location de transports maritimes. Deux de ses anciens amis lui rendent visite et font appel à lui pour les aider à passer la frontière. Comme compensation financière pour ce service, les deux hommes chargent Antoine de récupérer une forte somme d'argent que leur doit un dénommé Michalon. Antoine se rend donc chez le débiteur en question, mais tombe face à face avec un homme armé qu'il se voit forcé d'abattre dans la chambre de Michalon. Cet homme armé se trouve à être à la solde d'un Anglais surnommé le Colonel qui tient à liquider Michalon par tous les moyens. Celui-ci ne pouvant payer Antoine, l'ancien truand l'emmène donc avec lui d'ici à ce qu'il puisse le rembourser. Antoine cache alors Michalon chez un ami, Jeff, mais les trois hommes sont la cible d'attaques constantes des hommes du Colonel. Aucune entente n'étant possible et devant l'acharnement du Colonel à vouloir tuer Michalon, Antoine se décide finalement à passer à la contre-attaque et avec l'aide de Jeff, il entreprend d'éliminer le Colonel et ses hommes.

Après "LES TONTONS FLINGUEURS" et "LES BARBOUZES" et toujours sous le signe de la détente assurée, cette troisième collaboration Lautner-Audiard-Ventura se veut une amusante farce bien menée. Le film se déroule effectivement à vive allure et comporte sa large part de gags pétaradants, de scènes d'actions amusantes et de mots d'auteur truculents tirés de l'esprit du légendaire dialoguiste Michel Audiard, toujours en grande forme. La réalisation, la couleur et le format Techniscope sont magnifiquement utilisées en plus de contribuer à l'atmosphère satirique du métrage. L'humour et les cascades ne manquent jamais de piquants, tous comme les rebondissements "explosifs" si l'on peut dire, ce qui aide à faire passer sans que l'on s'en rende compte la grosseur exagérée des situations. Le ton léger et la décontraction du jeu des interprètes, notamment celle du quatuor vedette composé de Ventura, Lefebvre (toujours à l'aise dans la peau d'un idiot innocent!), Constantin et de la pétillante Mireille Darc, viennent compléter la réussite de ce divertissement pas piqué des vers. Amusement garanti!! Mathieu Lemée

NI POUR, NI CONTRE (BIEN AU CONTRAIRE) - Cédric Klapisch avec Marie Gillain, Vincent Elbaz, Zinedine Soualem, Simon Abkarian, Dimitri Storoge, 2002, France, 1h51

Caty, une jeune fille de 27 ans, travaille depuis quelques années comme caméraman pour le journal télévisé. Elle fait bientôt la rencontre d'une bande de malfrats qui ont besoin de quelqu'un pour filmer leur prochain braquage. Elle accepte leur proposition et découvre la vie de ces déroutants gangsters, aussi hâbleurs que peu "professionnels".

"Ce film est un mélange bâtard de Melville et de Max Pécas", avait écrit un critique français au moment de la sortie du film, pour signifier tout son scepticisme à propos de ce polar de Cédric Klapisch. La double comparaison n'est pas absurde, loin de là, mais le charme incontestable de ce NI POUR, NI CONTRE (BIEN AU CONTRAIRE) vient précisément de cette incertitude. Incertitude du cinéaste, qui ne veut sacrifier ni la parodie (les gangsters sont moqués gentiment, un peu comme dans les comédies anglaises de Guy Ritchie), ni l'action (les scènes de casse sont correctement troussées). Incertitude de l'héroïne : font-ils ces coups "pour de faux" ou "pour de vrai", c'est en effet la question que semble se poser Caty (désirable Marie Gillain, dans un rôle d'"anti-bimbo"), qui n'est pas insensible au charme du chef de la bande. La jeune fille va devenir leur complice, quitte à risquer la prison. Elle acceptera même de participer à un dernier gros coup avec la bande : l'attaque d'un dépôt de transfert où sont garés des fourgons blindés remplis d'argent. Caty aura pour mission de séduire le patron du dépôt.

Tourné rapidement, entre deux productions à gros budgets, ce film à la facture modeste mais soignée dégage un charme certain, qui nous fait oublier les relatives invraisemblances du scénario (enfin... à côté d'un blockbuster hollywoodien, ça reste un chef d'œuvre de réalisme). Les comédiens masculins en font parfois un peu trop, mais le côté "film de copains" rachète en partie ces excès. Vincent Elbaz s'avère bien plus supportable dans ses habits de bandit "tarantinesque" que dans ses habituels rôles de bellâtre conciliant. A noter le second rôle de la vamp Natacha Lindinger (trop rare dans le cinéma français, par manque de réalisateurs de polars ?) et le bref cameo de la très bandante starlette allemande Diane Krüger (devenue depuis Madame Guillaume Canet à la ville, et à l'affiche de TROY), en danseuse de cabaret (dans une scène très "melvillienne"). Bref, une sympathique - sinon inoubliable - façon de passer 110 minutes... Stelvio

LA NUIT DE LA MORT - Raphaël Delpard 1980, France, 1h32

Martine est une gentille et jolie jeune fille qui, un matin, lasse du chômage, fout le camp de chez son fiancé pour aller travailler dans un foyer de petits vieux. Elle y rencontre le jour même Nicole, une grande gueularde qui occupe les mêmes fonctions qu'elle, et fait la rencontre de quelques-uns des pensionnaires et du patibulaire homme à tout faire de l'endroit. Le soir, elle dort mal, et le lendemain Nicole a disparu. Martine se rend compte qu'avec chaque jour qui passe, les vieux ont l'air de plus en plus excentriques, et il se passe là de drôles de choses... Ce mystère sans prétention surprend. D'abord par sa provenance; tout le monde sait que la France ne raffole pas de fantastique. Ensuite par ses contrastes; on allie un scénario fort intéressant et original à des éléments techniques plutôt faibles. Les acteurs sont insignifiants pour la plupart, mais ils ont des dialogues plutôt vifs en bouche. Les cadrages et angles de caméra sont peu communs, mais les faux raccords pleuvent et le son est mauvais, inégal. La musique, d'abord agaçante et répétitive, devient vers la fin du film hypnotique et prend une signification toute particulière. Isabelle Goguey est mignonne comme tout en petite infirmière, et il est dommage qu'elle ne se déshabille pas davantage. Quelques scènes sont vraiment réussies, mais il y a toujours une petite faiblesse technique qui survient pour nous rappeler que rien n'est parfait. Dommage, car les prémisses promettaient un film hors du commun. Orloff

Qu'avons-nous là ? Un petit thriller fantastique français qui est des plus agréable. Le scénario est des plus banal, le "punch" est même dévoilé dans les quinze premières minutes du film, mais le réalisateur a quand même réussi à créer une très belle ambiance qui garde notre visage collé sur l'écran. On peut bien sûr le blâmer de certaines longueurs et de quelques scènes de remplissage, mais tout est pardonné à la fin du film où l'on a droit à plusieurs meurtres bien sanglants.

Le meilleur élément du film reste néanmoins l'excellent jeu des comédiens qui se donnent à coeur joie dans leur rôle de vieux cinglés au bord de l'alzheimer. Oncle Freak

NUITS ROUGES - Georges Franju avec Jacques Champreux, Gayle Hunnicutt, Ugo Pagliai, Josephine Chaplin, Gert Fröbe, Patrick Préjean, France/Italie, 1974, 1h40

"L'historien Maxime de Borrego, passionné par l'Ordre des Templiers et son légendaire trésor, est assassiné par un homme masqué qui ne parvient pas à lui soutirer ses secrets. Tandis que la confrérie des Templiers prépare sa vengeance, la police mène l'enquête, bientôt aidée par le neveu (Ugo Pagliai) de la victime, son amie Martine (Josephine Chaplin), et le détective Séraphin Beauminon (Patrick Préjean). Malgré leurs efforts, l'assassin échappe à tous leurs pièges et poursuit sa quête du trésor. Car l'homme sans visage (Jacques Champreux, co-scénariste du film) est aussi l'homme aux cent visages..."

Dernier film de Georges Franju, grand cinéaste fantastique incompris en son temps, NUITS ROUGES se veut, une dizaine d'années après JUDEX, un nouvel hommage à l'œuvre de Louis Feuillade. Nous sommes plongés dans un univers de serial : lieux souterrains, déguisements, postiches, gadgets, cryptes, sociétés secrètes... Une longue séquence emblématique met en scène la très sexy Gayle Hunnicutt, vêtue d'un justaucorps noir façon Musidora, un loup sur le visage, en fuite sur les toits, soufflant des fléchettes empoisonnées sur les flics qui la poursuivent.

Ce déphasage permanent entre l'intrigue et l'univers moderne dans laquelle elle se déroule fait tout le prix de ces NUITS ROUGES. Pour certains spectateurs (trop cartésiens ?), cela ne fonctionne pas ; pour d'autres, cela ne fait qu'ajouter au charme étrange et un peu irréel du film. Entre le décalage et la ringardise, il n'y a souvent qu'un pas que NUITS ROUGES manque parfois de franchir. Certains décors semblent tout droit sortis de productions Eurociné de la même époque (tel CRIMSON aka L'HOMME À LA TÊTE COUPÉE), ce qui ne déplaira qu'à ceux qui n'ont pas encore goûté aux charmes vénéneux du bis. Autre élément allant dans ce sens, le casting international et hétéroclite, avec des acteurs pas toujours bien distribués ni très concernés par leur rôle (Gert "Goldfinger" Fröbe en chef de la police... française). Mais cela n'enlève finalement pas grand-chose à la séduction surannée d'un film qu'il est plaisant de redécouvrir dans d'aussi bonnes conditions : diffusé comme un téléfilm en 1978, NUITS ROUGES a été exhumé tout récemment par la Cinémathèque et réédité en DVD (éditions les Cahiers du Cinéma, en un "deux en un" avec JUDEX). A redécouvrir ! Stelvio

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8

envoyez nous votre visionnement de film de France webmestre@clubdesmonstres.com

Voyez également plusieurs films Français coquins dans la section LIBERTINAGE. À noter aussi que plusieurs films de JESS FRANCO sont des productions Françaises

Marsfilms | MAX PECAS SPIRIT | Le site de RICHARD J. THOMSON | les CHARLOTS | JEAN MARAIS | Moviemania | affiches sur le site de Pierre Aubry | Moviecovers.com

Google
 
Web www.clubdesmonstres.com

LUC MERENDA

100 FILMS | INTRODUCTION | ART | ARCHIVES | BESTIAIREBLOG | NOS CHOIX | COURRIER | DICTIONNAIRE VISUEL | EDWIGE FENECH | FIGURINES | FORUM | GAZETTE | LECTURES | LIENS | LUTTE | MP3 - WAV | REPORTAGES | RESSOURCES | PHOTOS | VISIONNEMENTS | VENTE