mise à jour le 1 juin 2010

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Le TIGRE AIME LA CHAIR FRAÎCHE aka Code Name : Tiger, aka The Tiger Likes Fresh Blood aka La Tigre Ama la Carne Fresca - Claude Chabrol, 1964, France/Italie, 1h30

Alors que des dignitaires turcs sont en visite à Paris pour signer un traité qui menace certains intérêts locaux, on demande à Louis Rapière, allias le Tigre (Roger Hanin), d'assurer leur protection avec son équipe de choc. Dès l'arrivée de la délégation turque à l'aéroport, le Tigre déjoue une tentative d'assassinat orchestrée par d'obscurs vilains, et il tombe aussitôt dans l'oeil de la fille du dignitaire, Mehlica (Daniela Bianchi, lumineuse). Un deuxième groupe de criminels interviendra pour compliquer l'intrigue, alors qu'une romance se dessine entre notre Tigre et sa prétendante tigresse.

Chabrol, au début de sa carrière, eut plusieurs creux de vague manifestes, et s'éloigna un temps de sa peinture des moeurs bourgeoises pour se consacrer "sur commande" à un genre alors très en vogue : l'espionnage. Outre MARIE-CHANTAL CONTRE LE DOCTEUR KHÂ (65) et le recherché LA ROUTE DE CORINTHE (67), et si l'on excepte un polar terroriste de '74 avec Fabio testi, NADA, ses réalisations les plus célèbres dans le domaine demeurent ces deux TIGRE, le deuxième datant de '65 et étant titré LE TIGRE SE PARFUME À LA DYNAMITE. Alors contacté par Christine Gouze-Rénal, épouse productrice de Roger Hanin, qui cherchait à redorer l'image de star de son mari, Chabrol a accepté de réaliser ces deux polars auxquels il a ajouté sa touche, les rendant fort plaisants. On imagine que sans lui, ils seraient devenus fort routiniers...

Ici les nombreux plans en plongée viennent donner une impression de légèreté au récit, alors que la caméra très "aérienne" virevolte et est constamment posée au bon endroit. Avec cette lacune de "fond", Chabrol a optimisé la "forme" et chaque plan est étudié pour son effet. L'intrigue est aussi bâtie de façon à ce qu'aucun temps mort ne vienne alourdir le récit, ce qui rend le visionnement fort agréable.

Quelques touches surréalistes interviennent ça et là; le petit frère d'un des criminels est un nain, utilisé pour des missions douteuses où sa petitesse se révèle fort utile; la visite du repaire d'un génie du crime nous amène à visiter une baraque complètement inondée, dans laquelle pataugent nos protagonistes; quelques poursuites filmées des toits de Paris sont fort impressionnantes...

Entre autres scènes d'action haletantes, à l'aéroport, on a droit à une bagarre de tous les diables, et Hanin compose un héros de haute stature idéale, distribuant les baffes avec science, restant de marbre en égrenant les bons mots qu'on lui met en bouche... Le personnage du nain, qui parle en argot avec une toute petite voix, est assez savoureux. Il s'appelle Jimmy Karoubi et est aussi apparu, l'année suivante, dans le PIERROT LE FOU de Godard.

Roger Hanin, outre son tour dans la série des GORILLE, a aussi été "Le Chacal" dans LE CHACAL TRAQUE LES FILLES, en '67, ce qui le met au sommet d'un palmarès assez couru en tant qu'homme-animal le plus populaire du cinéma français.

La belle de qui il tombe ici amoureux, Daniela Bianchi, a déjà été finaliste pour le concours Miss Univers, ce qui en dit long sur sa belle gueule. Elle a été "Bond Girl" dans FROM RUSSIA WITH LOVE, en '63, et est ensuite apparue dans quelques films d'espionnage européens, entre autres le OK CONNERY d'Alberto de Martino, en '67... Elle est aussi apparue dans QUI ÊTES-VOUS, INSPECTEUR CHANDLER (aka Your Turn to Die) de Michele Lupo, aussi en '67.

Avec un casting aussi idéal, une technique sublime et une atmosphère de légèreté et de bonne humeur, il serait idiot de bouder une telle production, même si certains rétorqueront qu'il s'agit là d'un film "mineur" dans l'oeuvre de l'ami Chabrol...

Phrase culte : Un général à Hanin : "C'est pas parce qu'on vous appelle le Tigre qu'il faut vouloir tout bouffer" Howard Vernon

TIME DEMON - Richard J. Thomson - France - 1996 

Les nazis, bénéficiant d'une machine à voyager dans le temps, tentent de se procurer une boite maléfique qui aurait le pouvoir de redonner force et jeunesse au führer du 3èm Reich, à savoir Adolf Hitler, qui se trimbale difficilement sur une chaise roulante, et qui est très impatient de régner à nouveau et surtout de pouvoir culbuter ses assistantes.

Un dragueur à deux balles se la pète en expliquant aux filles qu'il est un agent secret, c'est alors que des gens mal intentionnés commencent à l'attaquer sans qu'il ne comprenne pourquoi. La raison est simple: il est, sans le savoir, le propriétaire de la boite.

Sommet du Z français, TIME DEMON mêle humour graveleux, sexe et violence. Les blagues, bien pourries, sont assez drôles, mais le jeu des acteurs l'est bien plus encore. Le sexe est alimenté par quelques scènes de lesbiennes SS interprétées par des actrices de X, et la violence étale scènes de kung-fu rigolotes et gore cheap.

Faut vraiment pas être regardant sur la qualité, parce que, on s'en doute, ça vole pas très haut. Mais si on aime ce genre de produit tourné en vidéo, on y prend un certain plaisir.

Produit par Mad Movies, le film bénéficie de la présence de gens tels Christophe Lemaire en bourreau SS sadique, et Jean-Pierre putters.  Kerozene

TIRESIA - Bertrand Bonello, 2003, France/ Canada

Cette œuvre étrange donne l'impression de vivre une sorte de rêve éveillé en plus de nous plonger dans un monde inconnu où l'horreur rencontre le fantastique pour donner une histoire bien curieuse.

Un homme kidnappe une prostituée et l'enferme dans son sous-sol, lui expliquant qu'il fera d'elle sa rose, son idéal féminin. La femme, une brésilienne nommée Tiresia, est en fait un transsexuel et comme elle n'a pas accès à ses hormones, elle reprend tranquillement ses traits masculins. Voyant son fantasme brisé, son agresseur lui crève les yeux ( une scène très dure, un spectateur hurlait d'horreur lors de mon visonnement ) et l'abandonne au bord d'une route de campagne. Tiresia est alors receuillis par une famille de fermiers et découvre que la perte de sa vue lui a donné un don de voyance.

Elle se servira de ce pouvoir pour aider les habitants de la communauté, ce qui mettra en colère le prêtre du village.

Comme vous l'avez remarqué à la lecture du synopsis, le film de Bonello se divise en deux parties, l'une étant le reflet de l'autre. Les deux chapitres comportent des événements et des personnages semblables ( Laurent Lucas interprète avec brio deux rôles et Tiresia est joué par deux acteurs différents ). En étant très attentif au fil du récit, on se rend rapidement compte que l'on écoute le même film à deux reprises, mais on a l'impression qu'une phase du film est plus sombre que l'autre.

Mis à part cet aspect très énigmatique, on note une photographie soignée qui réussit avec merveille à créer une ambiance très lourde et très déstabilisante. La caméra est également voyeuse, on est donc très distancié des événements, témoin de scènes à l'imagerie troublante ( la première vision de Tiresia nue choque ) qui hypnotise autant qu'il horrifie. On ne fait donc que suivre le film avec curiosité, à chercher les pistes qui peuvent nous permettre de mieux comprendre le récit et à tout simplement se laisser guider par Bonello qui nous mène là où l'on oserait jamais aller.

Tiresia est une véritable expérience cinématographique et il serait très dommage de passer à côté. Laissez-vous emporter dans des terres inconnues. Oncle Freak

Les TONTONS FLINGUEURS aka Le Terminus des Prétentieux - Georges Lautner avec Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Sabine Sinjen, Venantino Venantini, Jean Lefèbvre, Horst Frank, Claude Rich, Robert Dalban, Mac Ronay, Pierre Bertin, 1963, France, 106m

Un ancien gangster vivant maintenant dans la légalité, Fernand Naudin, est appelé à Paris par son ancien patron, un chef de bande qui se nomme Louis le Mexicain. Celui-ci, mourant, confie la conduite de ses affaires et la tutelle de sa fille Patricia à Fernand, ce qui ne fait pas du tout l'affaire de ses associés, particulièrement les frères Volfoni. En même temps que Fernand doit s'occuper d'une adolescente émancipée et s'assurer qu'aucun garçon ne s'intéresse à elle pour un futur héritage, il doit aussi échapper aux truands qui veulent le descendre et prendre sa place au sommet de la pyramide. Grâce à quelques personnes qui lui sont fidèles, Fernand ne se laisse pas faire et s'impose aux truands, surtout les frères Volfoni qui sont les plus réticents à l'autorité, et les enjoint à payer leurs redevances en retard. En revanche, il a beaucoup de mal à s'entendre avec Patricia, qui est amoureuse d'un jeune homme bavard de bonne famille, Antoine Delafoy, et dont Fernand ne veut rien savoir. Avec le temps, les choses s'arrangent et Patricia peut épouser Antoine grâce à quelques arguments qui ont convaincu Fernand. Il découvre aussi que les attentats contre lui ne sont pas le fait des frères Volfoni, mais de Théo, un gangster allemand et de quelques complices. Le jour du mariage de Patricia et d'Antoine, Fernand et ses tueurs se chargent donc d'éliminer Théo et sa bande.

Extraordinaire parodie des films de gangsters, cette comédie est devenue un film culte quasi fétichiste de par ses dialogues savoureux et truculents, écrits par un Michel Audiard au sommet de sa forme. Succès indiscutable lors de sa sortie, les spectateurs continuent encore aujourd'hui d'apprendre les répliques désopilantes du film par coeur. Le récit, très librement adapté d'un roman de la Série Noire de l'auteur Albert Simonin, fourmille de gags marrants, de personnages dépareillés aux attributs qui portent à rire et de scènes de bastons ou de "bourre-pifs" cocasses, tout comme les coups de revolver avec des sons de silencieux rigolos. Le réalisateur Georges Lautner règle le tout avec beaucoup d'équilibre dans une mise en scène vigoureuse qui participe au ton de pastiche de l'ensemble. Comme en plus, l'intrigue ménage quelques surprises et des rebondissements loufoques surprenants, il est difficile de trouver des défauts à ce film qui est presque aimé à l'unanimité chez le public et la critique. Cet ensemble désinvolte où les règlements de compte entre gangsters sont tous traités à la blague, bénéficie en plus d'une musique de circonstance du compositeur Michel Magne et d'un casting européen du tonnerre (co-production oblige!); chaque rôle semble avoir été écrit de toute évidence sur mesure pour les acteurs qui les incarnent respectivement. Ceux-ci en profitent d'ailleurs pleinement pour s'amuser ferme avec une gaieté contagieuse. Un monument cultissime de la comédie française qui fait toujours rire une nouvelle génération de spectateurs. Un must absolu (disponible au Québec en DVD).  Mathieu Lemée

Site officiel pour trouver le scénario complet du film: dpallois.club.fr/

La TRAQUE aka THE TRACK aka IL SAPORE DELLA PAURA avec Mimsy Farmer, Jean-Luc Bideau, Françoise Brion, Michel Constantin, Michael Lonsdale, Jean-Pierre Marielle - Serge Leroy, 1975, France, 1h35

Au cours d'une partie de chasse en Normandie, deux notables légèrement éméchés violent une jeune étrangère venue passer des vacances dans la région. Celle-ci parvient à blesser l'un de ses agresseurs avec un fusil et à s'échapper. Les autres chasseurs décident de la poursuivre pour l'empêcher d'alerter les gendarmes. La traque s'engage...

Quelle surprise ! Ainsi donc, le cinéma français avait produit un "rape'n revenge movie", à la grande époque de ce sous-genre revenu récemment à la mode. Avec, qui plus est, en vedette la cultissime Mimsy Farmer, femme-enfant emblématique de ces années de libération des mœurs ! Alléchant... Verdict du visionnement ? Une bien jolie surprise. Le viol et la revanche d'Helen Wells (la craquante blondinette susnommée) n'occupent qu'un tiers du film. Le reste du métrage est consacré à la traque de la fuyarde par les notables. Le regretté Serge Leroy (1937-1993) tire grand parti de son décor, le bocage normand filmé aux petites heures de la matinée. La partie de chasse se mue en chasse à l'homme, ou plutôt à la femme. Les chasseurs, tous traités équitablement, révèlent un à un leur côté sombre, voire leur part d'abjection. On pense à Chabrol ou à Boisset. A partir d'un scénario finalement assez mince, cette TRAQUE s'avère haletante et dépourvue de temps morts. L'issue, inéluctable, conclut le film de manière abrupte et cinglante.

Peu connue, toute entière consacrée au genre policier, l'œuvre de Serge Leroy mériterait d'être réévaluée. Ce cinéaste discret, qui fuyait les sollicitations médiatiques (il refusait toutes les interviews), savait bien mêler efficacité et critique sociale, du moins au début de sa carrière. La fin de celle-ci le vit en effet verser dans un cinéma plus démonstratif et mou. Restent quelques belles redécouvertes, comme cette TRAQUE, ou encore LES PASSAGERS (1976, faux rip-off de DUEL de Spielberg) ou encore ATTENTION LES ENFANTS REGARDENT (1978), critique intelligente de l'influence de la télévision sur les jeunes. Stelvio

TREPANATOR - N.G. Mount alias Norbert Moutier avec Michel Finas, jean Rollin, Brigitte De Borghese, 1992, France, 78m Vidéo 

Ah mes aïeux ! C'est terrible ce que l'on peut faire avec 2 balles en poche, un camescope familial, des potes, 2-3 prothèses en caoutchouc et des litres de sirop. N.G. Mount, aka Norbert Moutier, nous livre ici un monument du Z cocorico. Un docteur fou qui perce des crânes et charcute des gars se fait pincer par les flics (inspecteur Mount en personne !). Son fils sera envoyé chez son oncle à New York: le docteur J. Roll interprété par.... Jean Rollin, c'est bien ça, bravo ! Le fils, qui a grandi, bosse dans la clinique de débiles du tonton Roll et continue les travaux de son père qui consiste en, pourrait-on croire, découper ses victimes et leur mettre le cerveau dans un bocal. Corps découpés, cerveaux extirpés, crânes percés et découpés au sabre... Un de ses clients fini en 15 morceaux, mais sa femme n'est pas d'accord. Alors, il les recolle. Mais un ballon lui arrivera dans la tête et la fera volée avec de belles giclées d'hémoglobine. A noter aussi la présence d'un réalisateur de cinéma fantastique qui sera exécuté par Dr. Roll parce que "ces gars donnent une mauvaise image de notre profession" dit-il. Le réalisateur en question est incarné par William Lustig ! Le final fait sortir des zombies revanchards du sous-sol de la clinique. Et ça c'est cool. Cheap, mais cool. Kerozene

Herbert East est le digne fils de son père, émule de Frankenstein, qui expérimentait pour redonner la vie aux morts. Exilé chez son oncle (Jean Rollin) américain suite à la mort de son père, il opère dans une clinique privée tout en continuant d'expérimenter. Après un débat à la présidence télévisé qui tourne mal, East récupère le cerveau du candidat décédé, pour le transplanter sur un candidat plus jeune mais sans expérience...

Le film s'ouvre sur une citation de Lovecraft, on peut donc y voir la référence directe à Herbert West, réanimateur bien aimé vu dans le célèbre film de Stuart Gordon. C'est du gore mur à mur que Mourtier nous offre, avec un humour noir bien placé. Il faut entendre East offrir à une nouvelle veuve de ressusciter son mari en une semaine, avec quelques petits défauts, et la dame se plaindre jusqu'à ce que son mari en perde la tète !

C'est donc un petit budget avec plein de tripes et de membres en caoutchouc sanglants qui s'étalent pour l'amateur du genre. Michel Finas campe avec conviction un Herbert insensé pendant que Rollin joue son oncle qui se tait devant la folie de son neveu, ne voyant que l'argent qui rentre. On ne croit évidemment pas à ces États Unis de fiction totale, le débat télévisé étant particulièrement croustillant. Plus proche d'Hershell Gordon Lewis, le pape du gore, que de Stuart Gordon, le film a cette efficacité toute particulière du petit budget aux scènes dégueux tripatives. Si on ne s'attend pas à du Shakespeare, on peut apprécier et même s'amuser. Mario Giguère

TROUBLE EVERYDAY aka Gargoyle - Claire Denis, 2001

Béatrice Dalle est l'épouse séquestrée d'un médecin radié de l'ordre médical. Séquestrée car atteinte d'une maladie étrange qui la pousse aux relations sexuelles extrême au point d'y mêler le cannibalisme.

Vincent Gallo, en voyage de noce à Paris, ne se sent pas dans son assiette. Il se met à la recherche du médecin précité car il semble atteint du même mal mystérieux que cette garce de Béatrice Dalle....

Tourné en vidéo, mise en scène sobre, rythme lent, dialogues rares, on n'est pas loin de se faire chier. Mais soudain, lorsque sexe et violence déferlent sur l'écran, il devient difficile de ne pas détourner son regard de celui-ci tant ce qui s'y passe est gore et malsain. Ne vous y trompez pas, ces scènes sont rares, mais elles marquent, elles dérangent.

A noter aussi la prestation d'un José Garcia méconnaissable. Kerozene

hum hum, je prends une respiration... "quelle merde"!

pfffff, c'est chiiiiiant, long, et s'il n'y avait pas un peu de touffe à l'air par-ci par-là, on dormirait comme une souche.

Une sombre histoire de cannibales où on en suit deux, un dingo (Dalle encore bien gaulée) qui carbure au sex et à la charogne à moitié morte, et l'autre frustré et contenant au maximum ses pulsions morbides...

Deux scènes "chocs" sont à tirer du film, une des victimes de Béatrice Dalle en pleine agonie dont elle se repaie avec ferveur, et le mec qui croque "l'oignon" de la petite bonne à la fin si j'ose dire...

mais bon, tout ça me rappelle un peu le taulé de "Assassin" à cannes... vous affolez pas les gars, il y a toujours pire, et de loin.

Moi je préfère nekromantik pour sa poésie et son lyrisme débordant... Franfran

Chacun a droit à ses opinion mais là je ne suis pas d'accord mais pas du tout.

TROUBLE EVERY DAY est un chef-d'œuvre du genre tout en poésie et en retenue. Le rythme lent appuyé par la musique sublime de Tinderstick rend le film complètement génial (comme dirait les anglais: Haunting and beautiful)! Dès les premières secondes j'étais hypnotiser. Béatrice Dalle et Vincent Gallo offrent une performance du tonnerre et que dire de Claire Denis qui dirige le tout avec une précision incroyable. Franchement, je ne voulais pas participer au débat sur Buttgereit duquel je défendrai toujours SCHRAMM mais là on n'attaque pas TROUBLE EVERY DAY car c'est un des meilleurs films des dernières années. Matthieu Prudent

La réalisatrice de Beau Travail et de Chocolat signe ici son premier film d'horreur en explorant le thème peu en vogue du cannibalisme sexuel et de la science expérimentale secrète.

Corie (Béatrice Dalle) et Shawn ont jadis été cobayes d'une expérimentation qui les a rendus inaptes à avoir une sexualité normale c'est-à-dire qui n'engendre pas la mort de leur partenaire sexuel. Le film porte sur leur quotidien devenu insupportable depuis que ce désir de chaire fraîche ne les quitte jamais. Denis filme sobrement leur douleur de vivre amenée par cette obligation d'étouffer leurs pulsions. Les images souvent nébuleuses, les dialogues rares et la musique agréablement perturbante des Tindersticks plongent le spectateur dans un état contemplatif où il ne doit pas chercher pas à rationaliser ce qui se passe devant ses yeux. Ce laisser-aller est selon moi nécessaire si on veut passer par-dessus le dégoût occasionné par les quelques scènes de cannibalisme sexuel et quitter la salle avant la fin (Comme ce fut le cas, pour ne nombreux spectateurs au Festival du Nouveau Cinéma en 2001 qui pourtant avaient été prévenus avant la projection)

Ces scènes sont certes d'une cruauté explicite et graphique, mais le corps humain et ses composantes apparaissent vite comme un matériau que Denis utilise pour créer des images d'une puissance rarement vue au cinéma. Elle crée de véritables tableaux qui évoquent plus la peinture que les classiques du film d'horreur. Sa façon de filmer amène ces scènes à un autre niveau qui enlève le droit de se questionner sur la sanité d'esprit de la réalisatrice et de ceux qui ont apprécié le film.

Ceci dit, Trouble Every Day et un film perturbant qui montre que le cinéma peut encore se permettre d'être une expérience esthétiquement déstabilisante. Mongola Batteries

TRUANDS aka Paris Insider aka Crime Lockdown - Frédéric Schoendoerffer avec Benoît Magimel, Philippe Caubère, Béatrice Dalle, Olivier Marchal, Mehdi Nebbou, Toimer Sisley, Ludovic Schoendoerffer, Anne Marivin, Alain Figlarz, Cyril Lecomte, André Peron, 2007, France, 107m

Claude Corti est à l'heure actuelle le caïd parisien le plus redouté du Milieu. Prostitution, trafic de drogue ou de fausse monnaie ne sont pas un secret pour lui, et il n'hésite pas à recourir à la plus grande violence pour s'imposer à ses rivaux. Pour exécuter ses contrats, il peut compter sur un tueur à gages indépendant et efficace, Franck, qu'il aimerait bien intégrer à son équipe régulière. Mais ce dernier tient à garder sa liberté, préférant travailler en "freelance" avec son copain Jean-Guy. Arrêté pour possession de faux papiers et condamné à 3 ans de prison, Claude remet temporairement ses affaires entre les mains de ses bras droits, en attendant sa libération. Certains de ses associés voient alors l'occasion de se libérer de la tutelle de leur chef, et une guerre de gangs éclate où Franck et Jean-Guy devront choisir leur camp.

Frédéric Schoendorffer est un réalisateur qui s'intéresse visiblement aux faits divers pour trouver les bases de ses sujets de films. Son style sacrifie parfois quelques concessions vers des données fictives ou des recettes éprouvées, ce qui occasionne par moments des scènes incongrues peu crédibles dans un ensemble exposée en termes généralement documentés et réalistes. "TRUANDS" opte pour cette même approche, le récit s'inspirant en partie de la vie d'un "parrain" du Milieu parisien, Claude Genova. À partir de là, Schoendorffer cherche visiblement à présenter aux spectateurs un portrait actuel du grand banditisme parisien, tout en rendant un petit peu hommage aux classiques du cinéma de gangsters français d'après-guerre des années 50-60 (dans l'emploi de l'argot par exemple). Ce qui frappe d'abord en visionnant ce film, c'est la grande violence sordide qui y est illustrée sans retenue (scène de torture avec une perceuse électrique dans les parties sexuelles, scènes de viols, tueries et fusillades diverses), qui n'est pas sans nous rappeler les œuvres de Scorsese. Schoendorffer n'est cependant pas aussi ambitieux, et sa mise en scène, bien que nerveuse, a des arêtes beaucoup plus rugueuses, car il n'a pas peur d'en faire trop à force de vouloir tout montrer. Seulement voilà, l'intrigue ne propose pas grand chose de neuf pour le genre, puisque cette histoire de guerre de gangs et de trahisons entre criminels, où la police est plutôt absente, respire le déjà-vu. Il reste que ce film se laisse regarder agréablement pour l'amateur de brutalités gratuites pimentées de gore, mais le cinéphile aurait souhaité un peu plus de chair autour de l'intrigue, ce qui aurait contribué à maximiser tout son potentiel dramatique. Benoît Magimel se tire d'affaire dans un rôle de flingueur indépendant, tandis que Philippe Caubère n'arrive pas à contrôler son jeu en incarnant de façon trop hystérique le truand Claude Corti. Mathieu Lemée

  Le TUEUR aka The Killer aka Il commissario Le Guen e il caso Gassot aka Der Killer und der Kommissar  - Denys de La Patellière avec Jean Gabin, Fabio Testi, Bernard Blier, Uschi Glas, Jacques Richard, Gérard Depardieu, Félix Marten, Ginette Garcin, Sady Rebbot, 1972, France/Italie/Allemagne, 84m

Transféré dans un hôpital psychiatrique, Gassot, un dangereux tueur, s'évade fort adroitement avec l'aide de son frère et se réfugie à Marseille, espérant partir à l'étranger. Il rencontre Gerda, une prostituée dont il tombe amoureux. Pour la libérer de son souteneur, Gassot l'abat froidement, de même que ses associés, mais il est forcé de revenir à Paris. L'inspecteur Le Guen qui connait bien Gassot, est chargé de l'enquête, mais ses méthodes peu subtiles issues de la vieille école ne sont pas du goût de son nouveau patron à la Sûreté Nationale, féru de modernité scientifique et d'humanité. Le Guen, flanqué de son fidèle adjoint Campana suit les traces des cadavres que Gassot sème allègrement sur sa route, mais le nouveau patron de la Sûreté impose son plan pour la capture de Gassot et celui-ci parvient à nouveau à s'échapper. Le Guen parvint peu à peu à isoler le tueur en emprisonnant tous ses alliés et en dressant contre lui le Milieu de la pègre afin de lui tendre un ultime piège. Encerclé au petit matin en pleine campagne par les forces de police, Gassot, à qui seule Gerda était demeurée fidèle, se suicide.

Cette co-production possédait plusieurs atouts en sa faveur, en particulier dans son intention de départ de proposer une opposition intéressante entre des méthodes policières traditionnelles avec d'autres plus modernes sur le plan scientifique et psychiatrique, le tout doublé d'un affrontement au sommet entre Jean Gabin en flic réactionnaire et Fabio Testi en criminel romantique sauvage ayant la gâchette facile. Hélas, tous ces aspects ne sont qu'à peine explorés dans le produit final et la mise en scène négligente de Denys de la Patellière s'en tient à des clichés déjà fatigués à force d'épuisement. En effet, tous les éléments potentiellement riches en conflits entre les personnages, qui auraient également pu être fertiles en scènes d'action efficaces tout en enrichissant le thème de base, sont esquissés trop passivement pour convaincre qui que ce soit. Le plus frustrant, c'est que le duel attendu entre Gabin et Testi n'est même pas exploité non plus à sa juste mesure, puisque la confrontation espérée entre les deux acteurs est tout simplement évitée au profit d'une fuite en avant qui retarde inutilement l'échéance finale. Ainsi, malgré sa courte durée, "LE TUEUR" est rempli de longueurs et les moments de violence brutale sont vite expédiés comme si les auteurs voulaient tout simplement suivre le cahier des charges imposé par le genre policier. Le professionnalisme technique d'hommes de métier parvient à peine à sauver le film de l'ennui général. À l'exception de Fabio Testi, très bon en tueur psychopathe, les acteurs ont un jeu plutôt sobre, pour ne pas dire morne. Mathieu Lemée

TYKHO MOON - Enki Bilal, 1996, France

TYKHO MOON prend place sur la Lune. Une Lune colonisée sur laquelle ont été bâtis des pays entiers. L'un d'eux, calqué sur le modèle architecturale français (on y voit l'ensemble des plus célèbres monuments de Paris), est dirigé par Mac Bee (Michel Piccoli), dictateur agonisant souffrant d'une étrange maladie du sang dont le salut se trouvait en la personne de Tykho Moon (Johan Leysen), donneur de cellules et d'organes pour le dirigeant fou et accessoirement ancien amant de madame Mac Bee (Marie Laforêt). Mais Tykho Moon est mort dans l'incendie d'un hôpital. Ou du moins, c'est ce que tout le monde croyait, car une rumeur grandissante veut que Tykho Moon soit bel et bien vivant. Les hommes de Mac Bee partent alors à sa recherche pendant qu'un mystérieux assassin élimine les représentants de la famille Mac Bee un par un. Une espionne (Julie Delpy) déguisée en pute est chargée de mettre la main sur le tueur, mais c'est le chemin de Tykho Moon qu'elle va croiser.

Quand Enki Bilal fat du cinéma, on a l'impression de plonger dans une de ses bandes dessinées. L'esthétique y est quasiment identique, on y retrouve cette ambiance rétro-futuriste, ces personnages aux traits et aux caractères marqués et ces couleurs ternes que quelques coupes de cheveux rouge vif viennent perturber. Côté histoire, on retrouve également une histoire de science-fiction pure à forte connotation politique, de recherche d'identité et de romances contrariées. Seulement dans le cas de TYKHO MOON, on ne ressent pas la dynamique présente dans ses bandes dessinées et le film pêche un peu au niveau de son rythme. Ce défaut certes majeur ne l'empêche néanmoins pas d'être plaisant, visuellement fascinant, et très bien interprété (le casting comprend également Richard Bohringer et Jean-Louis Trintignant) à l'exception de Piccoli qui cabotine tout de même dans son rôle de dirigeant illuminé.  Kerozene

UNE SI GENTILLE PETITE FILLE!... aka CATHY'S CURSE aka Cauchemares - Eddy Matalon avec Randi Allen, Alan Scarfe, Sylvie Lenoir, 1977, France/Canada

1947, sa mère désertant la maison avec son frère, une jeune fille est amenée en voiture par son père, furieux de la séparation de madame. Accident de voiture, le deux meurent dans les flammes. 1979, le jeune frère est maintenant marié et a une petite fille du même âge, Cathy, et il s'installe dans la maison ancestrale. Cathy devient méchante et semble possédée par l'esprit de sa tante, qui semble se manifester à travers une poupée défraîchie.

Du réalisateur de Black Out, un simili exorciste sans le sou avec des acteurs et une réalisation fauchée. Difficile de trouver un intérêt devant un scénario sans surprises, des effets déjà vus et une jeune actrice sans charisme. Il y a bien la poupée qui a un certain look et le vieillard picoleur qu'on laisse garder la petite qui attire une certaine sympathie, mais c'est bien peu. La logique est souvent mise de côté, mais on a juste hâte de voir le film se terminer. Ca fait des années que je vois ce titre et que je me méfie. Il se retrouve maintenant dans plusieurs compilations dvd, ici le coffret CHILLING CLASSICS, dans un transfert de piètre qualité d'une copie rayée aux couleurs fades, ce qui n'aide pas à apprécier le film. On reconnaît au passage le centre-ville de Montréal. Mario Giguère

VIDOCQ - Pitof , 2001, France

Gérard Depardieu interprète un privé ( Vidocq) qui mène ses enquêtes dans les rues d'une ville européenne au début du 17 ième (1830).

Le film commence par la mort de Vidocq, tué après un combat avec un personnage vêtu de noir et masqué. Vient ensuite, un jeune journaliste qui tente, à partir des indices recueillis par Vidocq, de refaire tout le parcours de ce dernier et de remonter jusqu'au tueur.

Ce film, réalisé par Pitof ( à ne pas confondre avec notre célèbre clown ), est un film d'ambiance. Lumières glauques, visions furtives et personnages caricaturaux nous donnent l'impression d'assister à un long vidéoclip. Les images sont superbes ( pour la plupart générées digitalement). Elles sont même très fortes, ce qui a pour effet de nuire à la clarté du récit. J'aurais aimé quelques scènes où notre oeil aurait pu se reposer afin de faire le point sur le déroulement.

Le scénario n'amène rien de nouveau et nous présente une petite histoire coquette au goût de fantastique. Il m'a semblé que le journaliste l'avait facile. Il suit les chemins empruntés par Vidocq avec l'aisance du petit poucet suivant les cailloux semés. Je ne crois pas que Depardieu était le meilleur choix pour camper le personnage de Vidocq. Il est difficile de le prendre au sérieux lorsqu'on le voit mener un combat corps à corps, ponctué de coups de pied de Karaté alors qu'il traîne de toute évidence plusieurs kilos en trop. Vincent Cassel aurait été, je crois, un meilleur choix. Watson69

La VIE AMOUREUSE DE L'HOMME INVISIBLE aka ORLOFF and the INVISIBLE MAN aka The Invisible Dead - Pierre Chevalier avec Howard Vernon, 1970,  France, 76m

Incroyable. Je me suis retrouvé dans un magasin de seconde main que je ne connaissais pas, et voila-t-il pas que je tombe sur un arrivage de K7 récemment abandonnées par un vidéoclub qui a fait faillite. Quelle aubaine !! En fouillant les rayons, j'ai trouvé quelques petites perles que je voulais voir depuis des lustres, comme Motel Hell  (enfin ! Depuis le temps...), et d'autres trucs plus connus comme La Colline a des Yeux, ou des curiosités comme The Vineyard qui m'a l'air bien cool. Et une K7 australienne de Phantasm II, je l'ai prise parce que la boîte et la jaquette me plaisaient beaucoup !  Bref, une des K7 que j'ai chopées porte le titre de THE INVISIBLE DEAD. Whoa ! Me dis-je alors ! Le visuel est vraiment beau ! Des zombies sortent de leur tombe, il y a un château en background et une sorte de vilain bonhomme qui porte une jeune fille évanouie. Tagline, un truc du style "un vilain savant fou a créé un vilain robot psychopathe". Réalisé par Peter Knight. Bien bien me dis-je. Tout impatient, j'introduis la K7 dans le magnétoscope, et quelle ne fut pas ma surprise de voir une production  Eurociné: LA VIE AMOUREUSE DE L'HOMME INVISIBLE de Pierre Chevalier !! (Ben oui, Peter Knight)  Ah mes aïeux ! Mais quelle merde ! Quel bonheur ! Comment ne pas craquer devant pareille nullité ? Même Ed Wood dans ses pires moments n'a jamais réussi à atteindre un niveau aussi grave de complaisance dans le  médiocre. Et pourtant, ça se laisse regarder sans trop de peine.  Howard Vernon retrouve son rôle du professeur Orlof. Le fou, car c'est ce qu'il est, a créé une créature invisible douée de raison et qui sait lire. Un moment, pour punir une servante, il offre celle-ci à l'homme en question qui s'empresse de la violer sous le regard objectivement scientifique d'Orlof. Il faut voir la pauvre fille se débattre sans conviction pour simuler la violence du viol dont elle est victime... Pathétique, et tellement fascinant en même temps. Puis, à la fin, le héros du film sauve la fille d'Orlof, dont les habits ont déjà été arrachés par l'être invisible. Il lui jette de la poudre blanche dessus et c'est alors que nous découvrons avec stupéfaction le visage de l'homme désormais visible: ce n'est pas un homme, mais un gorille, tout poilu, qui grogne et qui montre ses dents et qui, en fin de compte, a l'air bien con.  Orlof meurt dans le feu, car son château brûle (ça aussi il faut le voir pour le croire, le film montre l'incendie le moins spectaculaire de l'histoire du cinéma: derrière chaque fenêtre s'agite une flamme à peine plus grosse que celle d'un briquet Bic, et plein de fumée s'échappe des ouvertures....). D'ailleurs, comment se fait-il qu'Orlof meurt à chaque fois mais revient toujours ? Incroyable ce bonhomme. Kerozene

Le Docteur Garondet est appelé en pleine nuit au chevet du docteur Orloff. Arrivé sur place de peine et de misère, on lui refuse l'entrée, le comble. Il réussit à parler à la fille d'Orloff qui affirme voir bouger des objets sans raisons depuis quelques jours. Orloff lui dévoilera qu'il travaille sur un homme invisible depuis cinq ans et qu'il le laisse en liberté dans le château depuis quelques jours. Mais Garondet en sait trop et Orloff l'emprisonne.

La bande annonce laisse pressentir une série b avec "gorille invisible". Le film est plus sérieux, surtout grâce à Howard Vernon qui tiens le film à lui seul, les autres acteurs sentant l'amateurisme. Les éclairages sont particulièrement mauvais en première partie, ne s'améliorant que durant les présences de Vernon, comme le travail de caméra. L'Homme invisible est un pauvre type dans un costume de gorille, superposé en transparence ou sur effet de miroir, réellement cheap. Chevalier filmant un scénario qui nous ramène des séquences gothiques génériques, on ne peut s'empêcher de penser aux studios Hammer qui nous offraient beaucoup mieux comme scènes de château, de taverne pleine d'atmosphère et de fiacres perdus en forêt.

Le dvd offre en plus de la bande annonce, un dix minutes de scènes alternatives "habillées" et de séquences inutilisées, dont la libération du garde chasse par Garondet. Vive Howard vernon ! Mario Giguère

Le VIEUX FUSIL aka The Old Gun aka Vengeance One by One - Robert Enrico avec Philippe Noiret, Romy Schneider, Jean Bouise, Joachim Hansen, Robert Hoffman, Karl Michael Vogler, Caroline Bonhomme, Catherine Delaporte, Madeleine Ozeray, 1976, France/Allemagne, 98m

En 1944 en France, les Allemands refluent dans le désordre sous la pression des troupes alliées. À l'hôpital de Montauban, le chirurgien Julien Dandieu, bien qu'il affirme ne pas faire de politique, n'hésite pas à porter secours à des résistants blessés traqués par la Gestapo française. Devant la proximité des combats et sa crainte des représailles, Julien décide d'éloigner rapidement son épouse Clara et sa fille de la ville. Un collègue de travail de Julien les conduit dans le vieux château familial, véritable forteresse médiévale qui surplombe toute une vallée. Cinq jours plus tard, Julien, qui ne peut supporter l'absence des siens, se rend auprès d'eux. Mais dans le hameau accolé au château, Julien découvre les cadavres massacrés de tous les habitants du lieu à l'intérieur de la chapelle. Il gagne ensuite le château pour découvrir que des soldats allemands l'occupe, et découvre également le cadavre de sa fille sauvagement abattue, et le corps de Clara entièrement calciné après avoir été violée. Ivre de douleur, Julien, armé du fusil de chasse de son père et se servant des passages secrets du château, exécute méthodiquement les soldats allemands dans le château un par un, sans montrer aucune pitié. Dans l'exercice de sa vengeance, Julien se remémore les plus beaux moments qu'il a vécus avec Clara, dont l'amour et la personnalité resteront pour lui un souvenir exceptionnel.

Sous ses allures d'un "rape & revenge" situé en temps de guerre, ce long-métrage inspiré d'une histoire vraie se veut un habile dosage entre moments extrêmement violents et passages sincèrement émouvants, comme quoi la beauté peut très bien côtoyer l'horrible à l'écran sans que ce contraste nous apparaisse trop divergent. L'équilibre de ce mélange est maintenu grâce entre autres à une bonne mise en situation pour illustrer la psychologie du personnage principal, chirurgien humaniste qui devient le porteur d'une vengeance implacable, de l'utilisation habile des flashbacks dans la narration et une mise en scène efficace. Le réalisateur Robert Enrico a d'ailleurs démontré dans certains de ses précédents films ("L'AVENTURIER", "LES GRANDES GUEULES") que des éléments de brutalité sordide et horrifiante peuvent très bien se jumeler à d'autres possédant une tendresse romantique sans jamais verser dans l'eau de rose, ni dans le sirupeux. On est donc moins étonné de savoir que ce long-métrage d'un genre peu orthodoxe fût le premier long-métrage français à avoir remporté le César du meilleur film, bien que les séquences violentes n'aient visiblement pas souffert d'aucune censure ni retenue. L'on n'oubliera pas de sitôt cette scène très éprouvante illustrant la mort horrible de Clara au lance-flammes, ni la très belle musique de François de Roubaix, mort tragiquement peu de temps après la sortie du film. Les interprétations convaincantes de Philippe Noiret et de Romy Schneider, qui ont su jouer sur une palette d'émotions très variées, demeurent mémorables. Vraiment un excellent film. Mathieu Lemée

La VILLE DES PIRATES aka A Cidade dos Piratas aka City of Pirates aka Rustication Civitatis Piratarum - Raoul Ruiz, 1984, France/Portugal, 1h51

Un couple employant une domestique nommée Isidore (Anne Alvaro), somnambule et fantasque, passe d'une maison à l'autre sur la côte portugaise visiblement désertée. Leurs journées sont faites de dîners, de discours et de temps perdu, le père déclamant des fatalités ou des remarques anodines telles que "La guitare est le sel de la vie" en fixant son regard vers l'horizon, que viennent briser les vagues de la mer. Le couple ayant perdu un enfant, ils ont "adopté" Isidore. Toutefois, un enfant se nourrissant exclusivement d'ail (Melvil Poupaud), qui aurait semble-t-il massacré sa famille, fait irruption dans sa vie et sa mauvaise influence se fera bientôt sentir sur la servante.

NATURAL BORN KILLERS avant l'heure à la sauce Ruiz, LA VILLE DES PIRATES est un magnifique poème visuel, une somptuosité virtuose baignée par la musique orchestrale constamment présente de Jorge Arriagada, ce qui donne un ton décalé à l'ensemble, cette impression étant renforcée par le jeu plutôt théâtral des comédiens à l'exercice.

Produit par Paulo Branco, qui fait preuve d'un flair certain pour le génie onirique, et qui a en quelque sorte fait découvrir Ruiz à la France, le film est plein d'échos à L'ÎLE AU TRÉSOR, dans lequel apparaît aussi Melvil Poupaud. LA VILLE fait aussi partie de sa période "maritime" avec entre autres ce dernier et LES TROIS COURONNES DU MATELOT. Contre-plongées expertes, mouvements déstabilisants et des objets plein le cadre étaient déjà, à l'époque, devenus des marques de commerce du géant chilien.

On éprouve un certain trouble devant l'instabilité logique de la progression du récit, et la théâtralité du jeu sert probablement ici d'élément distanciateur. Ruiz écrivait les scènes à mesure que le tournage avançait, et avait chargé une équipe de croquer les îles et les éléments déchaînés; ceux-ci ont particulièrement bien fait leur boulot en capturant avec une maîtrise certaine l'horizon dans sa luminosité la plus sublime !

Le film met en vedette Anne Alvaro, actrice atypique étant collaboratrice de Romain Gary (LA JAVA DES OMBRES en ''83, À MORT LA MORT ! en '99) et fréquente inspiratrice chez Ruiz (RÉGIME SANS PAIN en '84). Elle a aussi fait une apparition dans LE GOÛT DES AUTRES en 2000, et son timbre de voix évoque immanquablement Isabelle Huppert.

À ses côtés évolue une autre énigme du cinéma français, Hugues Quester, qui a fait ses classes chez Rollin (LA ROSE DE FER en '73) et Chéreau (LA CHAIR DE L'ORCHIDÉE en '75). Avec un détour chez Léa Pool dans ANNE TRISTER ('86), chez Rohmer dans CONTE DE PRINTEMPS ('90) et chez Kieslowski dans TROIS COULEURS : BLEU ('93), on peut dire que son parcours est pour le moins déroutant. Sa gueule particulière et son air égaré en font une valeur sûre pour le rôle de schizophrène malhabile que Ruiz lui réserve.

Reste Poupaud, dont c'était la première apparition sur la planète cinéma, lui qui allait devenir une sorte de récurrence dans l'oeuvre de Ruiz, le retrouvant d'année en année entre un tournage chez Becker (ÉLISA en '95) et chez Rohmer (CONTE D'ÉTÉ en '96). Il apparaissait en adulte dans LE TEMPS RETROUVÉ en '99 et dans COMBAT D'AMOUR EN SONGE en 2000, donnant la fausse impression qu'il réservait ses apparitions à l'écran pour son maître et complice, Raoul Ruiz, forgeron de l'image déroutante, et véritable énigme cinématographique que l'on n'élucidera probablement jamais. Orloff

VIVA LA MUERTE - Fernando Arrabal, 1970, France

À part le visionnement de INTO THE MIROR que j'ai trouvé légèrement décevant, j'ai eu la chance cette semaine ( est-ce le mot ??) de découvrir ce film d'ARRABAL complètement débile. Si quelqu'un me dit que ce cinéaste était sain d'esprit lors du tournage, qu'il argumente... 

On suit les péripéties d'un jeune garçon traumatisé du meurtre de son père, trop progressiste pour son époque, durant la guerre civile.

À travers une série d'hallucinations frôlant le grotesque et souvent l'horreur ( ça vous dirait de manger vos propres yeux, ou vos propres couilles  ??? ) que le film enfile les scènes les plus étranges et décousues que j'ai vu dans toute ma vie. ( on se rapproche un peu du SALO de Pasolini). Hormis les quelques scènes de bêtes massacrées que j'ai passé sur "fast forward", je vous dirais que j'ai passé un moment assez intense et peu commun. Il faut vraiment voir ce film déjanté au moins une fois dans sa vie.

J'ai ris aux larmes à certains moments ( probablement le malaise car le film est tout sauf drôle. ou parce que j'imaginais la tête d'un snob coincé condamné à regarder ce film), et par moments je sacrais.

Suis-je le seul à avoir vu dans ce film une petite perle, malgré tout ce qu'il peut contenir ?? Hitchcock79

VOUS N'AUREZ PAS L'ALSACE ET LA LORRAINE - Coluche, 1977, France/Belgique

"Le meilleur film réalisé par Coluche", lâche en titre de son commentaire un très inspiré utilisateur d'imdb.
Il s'agit en effet de la seule réalisation de Coluche, avec une pléiade de stars dont l'ensemble du Splendid à l'exception de Josiane Balasko et avec en plus Gérard Lanvin dans son premier film (et qui braille 5 ou 6 une insupportable chanson aux paroles gainsbourgiennes) et Roland Giraud.

Coluche y joue le Roi Gros Pif 1er, outre vulgaire imbibée de pinard que ses sujets rêvent de voir pendu au bout d'une corde. Jugnot tient le rôle du Capitaine des mousquetaires et dirige des opérations commandos pour prélever les impôts avec ce que cela implique de viols, saccages et autres agressions verbales et physiques. Dominique Lavanant est la reine - encore plus alcoolique que son roi. Martin Lamotte est le bouffon (tient, on s'y attendait à celle-là), Michel Blanc et Roland Giraud sont des sujets conspirateurs, Thierry Lhermitte est un messager, Marie-Anne Chazel est une reine de Flandre dure d'oreille, Anémone est la cousine Lucienne - sorte de pseudo princesse enfermée dans sa chambre et Gérard Lanvin est le Chevalier Blanc, défenseur de la veuve et de l'orphelin qui sauvera le roi crétin des geôles de sa propre prison.

Côté humour ça ne vole évidemment pas très haut, entre gardiens tuant le temps en lâchant de monstrueux pets et le Chevalier Blanc se prenant pour Errol Flynn en arrachant des lustres ou se castrant en sautant sur son blanc destrier, il y a de quoi être consterné. Et pourtant je me suis doucement marré devant cet amoncellement de stupidités typiquement franchouillardes qui refoule le camembert pas frais. Sans doute grâce à Coluche dont les tics restent inimitables et aussi grâce à un Michel Blanc qui m'a fait pisser de rire dans son rôle de conspirateur aussi sérieux qu'un ministre en pleine assemblée. Cerise sur le gâteau, le film est rempli de nains qui surgissent de n'importe où à n'importe quel moment, c'est vraiment n'importe quoi mais c'est aussi ça qui fait qu'on ne s'ennuie pas devant ce truc. Kerozene

WHITE FIRE aka Vivre pour survivre - Jean-Marie Pallardy, 1984, France/Turquie/Angleterre    

Une pouf qui bosse dans une mine de diamant en Turquie se charge d'un trafic avec son Robert Ginty de frangin. Lors d'un vol de diamants, ils se font prendre en chasse par une italienne pas gentille qui veut tout leur voler. Alors Ginty tape et va même jusqu'à tronçonner quelques gars, ça c'est bien, pendant que sa soeur envoie des coups de savates de façon risible. Ca c'est moins bien.

Pendant ce temps, un mineur découvre le White Fire, un diamant de la taille d'un ballon de foot, dont l'intensité est telle que si tu le touches, tu te brûles ! Bien sur, le couillon le touche, et se brûle. Mais putain, le légendaire, White Faire, dont l'existence était mise en doute depuis toujours, légendaire caillou introuvable, enfin découvert, posé pèperre sur un tas de gravas dans une grotte. Les gars, y ne sont pas doué.

Ensuite, y a une histoire de trafic, la frangine de Ginty se fait butter, il rencontre une autre fille qui lui ressemble beaucoup alors hop, à la chirurgie esthétique pour lui donner le visage de la soeurette histoire de faire péter les plombs aux méchants. Un Fred Williamson en flic turc (!) et ses sbires turcs tous aussi peu crédible que Van Damme dans un Woody Allen, tout ce petit monde se flingue pour le caillou qui finira par péter tout seul, laissant nos héros amoureux partir vers le soleil couchant.

Bien Z ce petit film là, bien rigolo. Le pire, c'est que ça se prend au sérieux. Le gore et la nudité passe bien, et les éléments kitsch aussi: le chef de la mine en combinaison rouge pétante est bien ridicule, la musique est atroce avec un son super 80's qui fait mal, le générique nous annonce "directed by" suivi de la signature du réalisateur (!!!!) - chose pour le moins curieuse que je n'avais jamais vu. Et pour finir, c'est produit par la France et la Turquie... Kerozene

 

Les YEUX SANS VISAGE aka Eyes Without a Face aka The Horror Chamber of Dr. Faustus aka House of Dr. Rasanoff aka Occhi senza volto - Georges Franju avec Pierre Brasseur, Edith Scob, Alida Valli, François Guérin, Alexandre Rignault, Béatrice Altariba, Juliette Mayniel, Charles Blavette, Michel Etcheverry, Claude Brasseur, Yvette Étiévant, René Gérin, Luicien Hubert, Marcel Pérès, Corrado Guarducci, Charles Lavialle, Max Montavon  1959, France/Italie, 95m Uncut

Certainement un de mes films préférés (avec " Freaks " de Tod BROWNING que je vous visionnerai une autre fois), et j'aime beaucoup aussi " Judex " toujours de FRANJU, mais pas aussi bien.

L'histoire est assez basique et a été pompée pas mal de fois depuis. Un chirurgien, le magistral Pierre BRASSEUR, fait croire à tous que sa fille qui a eu un accident de voiture, est morte, en fait elle est " juste " défiguré. Il la cache et tente de lui redonner un visage. Rien de très horrible sauf la méthode utilisée qui est la greffe de la peau du visage de jeunes filles opérées dans son étrange cabinet et qui sont finalement assassinée. Un jeune homme dont la fiancée a disparu cherchera la vérité et le méchant sera puni, évidemment.

La qualité de ce film réside dans l'ambiance, le jeu des acteurs (BRASSEUR mais aussi Edith SCOB en jeune fille mentalement torturée par son visage) et la musique (le même compositeur que dans Judex ( Maurice Jarre ), deux chefs d'œuvre de BO), il y a quelques grand-guignolesques notamment les opérations mais cela reste assez elliptique. Les plus belles scènes sont celles ou la jeune fille porte ce masque d'une beauté malsaine et froide, presque humain mais complètement déshumanisé, il y a aussi cette meute de chiens qu'élève le docteur et qui finiront par manger leur maître. Bref vraiment un film étrange dont on garde le souvenir infiniment et qu'on revoit avec plaisir dans la lignée des films fantastiques de cette période (comme les films de Tourneur que j'aime beaucoup aussi)

L'assistante du chirurgien est une belle chienne aussi, elle est totalement démoniaque même pire que le père qui fait cela par amour de sa fille, je ne me souviens plus du nom de l'actrice ( Alida Valli )  mais elle était particulièrement bien.

Le titre du film est aussi le titre d'une chanson de Billy IDOL eyes without a face est-ce lié ? Richard Ludes

Après une lecture des paroles de la chanson à Billy Idol, je ne crois pas qu'elle est en lien avec le film. Peut-être au refrain mais ce serait tiré par les cheveux! Mathieu Prudent

Christiane (Edith Scob), la fille du docteur Généssier (Pierre Brasseur), est défigurée dans un accident de voiture. Ayant récemment découvert le principe de l'hétéro-greffe (transplantation de peau), le docteur tente de redonner beauté à sa fille. Il envoie donc Louise (Alida Valli - Lisa and the devil, Suspiria), son assistante, pour leurrer des jeunes femmes jusqu'à la clinique, en but de les dérober de leurs jolis visages. Les tentatives de greffes s'avèrent cependant désastreuses, et Christiane devient de plus en plus dépressive...

L'histoire de Thomas Narcejac (l'écrivain du roman D'entre les morts, qui fût adapté au cinéma par Hitchcock sous le nom de Vertigo) sera mise sur pellicule à plusieurs reprises après la version de Georges Franju. Entre autres par Jess Franco (avec la série des Orloff), mais jamais avec autant de grâce et de compassion pour ses personnages. Réalisé en 1959, il aurait été facile de produire un film de série B à la American International Pictures, mais Franju reste très réaliste et sobre dans sa mise en scène. Le rythme est langoureux et poétique, mais en même temps pathétique et cruel. La technique s'accorde d'ailleurs avec le thème; les scènes les plus dérangeantes sont souvent sans musique; la caméra s'attarde à chaque action; le montage est très lent; le but est de demeurer le plus réaliste à l'intérieur d'un récit fantastique... La beauté onirique de certaines séquences (la jeune Christiane, masquée, vêtue d'une robe argentée, défilant dans les corridors de la maison sombre) est opposée à la cruauté réaliste d'autres scènes (les opérations d'hétéro-greffe, les chiens en cages). Dans le film de Franju, nul ne peut vivre heureux, nul ne peut réussir, et toute poursuite du positif (justice, amour, beauté, joie, liberté) s'avère un échec total, à part pour les damnés... À voir! Humanoid Zombie

ZOMBI  KILLER - Joe Blood Benson, 1999

Même si le Z c'est rigolo, si le film amateur, c'est fandard et que même si c'est mal torché, je prends un malin  plaisir à me farcir des trucs pas possibles. Mais là non. Là, c'est vraiment trop. ZOMBI KILLER est une merde chiante, tournée par un tétraplégique manchot parkinsonien. Les acteurs sont à flinguer. Il y a bien un ou deux maquillages sympa, mais ça ne rachète pas le reste. Merde, putain ça m'a foutu en rogne de voir ça. Les gars, n'importe lequel d'entre vous, même sans idée et sans pognon, torcherai un film plus regardable. Et même en se forçant un peu, dur de faire pire. Kerozene

ZOMBIE STARS - Caroline Coulié & Didier Garcin avec Wilfrid Jaubert, Hervé Brouant, Axelle Bertin, 2008, France, 75m

Le premier film de zombies marseillais ! Un promoteur se prépare ç lancer son émission de téléréalité appelée Body Stars. Il a choisit quatre jeunes pas en forme qu'il va transformer en athlètes. Pourquoi pas leur injecter un petit supplément ? Malheureusement, ça transforme les jeunes en zombies qui s'évadent. On suit par la même occasion un scientifique qui s'est fait voler un hamster, qui a un rapport avec tout cela, et le vieux druide qui a été kidnappé par le promoteur. Suivez-bien. Le scientifique va rejoindre le fils du druide, un espèce de Conan le Barbare qui s'est allié à deux types pour rechercher son père. Tout ce monde, avec l'aide de la jolie assistante du scientifique, vont se diriger vers les méchants et accessoirement vers les zombies. Ca va foirer !

Un film de zombie à Marseille en comédie disjonctée offerte gratuitement sur le net. Comment résister ? Surtout que ca frappe souvent la cible, à la fois drôle et plein de clins d'oeil à Lucio Fulci. Que l'on pense à la musique ou à ce zombie qui tombe dans la piscine et qui mord un canard en plastique comme le zombie bouffeur de requins de Fulci. Il y a bien quelques baisses de régime, mais très rapidement on repart dans plein de directions. On se perd un peu dans ces personnages de la forêt, à la ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, qui ont le mérite de garnir la galerie de personnages fous. On cite aussi Mad Max quand les combats s'accumulent sans parler du combattant tout de cuir vête avec son gode géant comme arme. C'est irrévérencieux, souvent portnawak, mais très bien tourné. Je retiens entre autre la magnifique bande son et ses effets de bruitage très cartoonesque, ses maquillages parfois très près des classiques du genre, car il y a des moments de pure imagerie horreur qui s'y glissent. Bref, c'est à voir. Bravo à toute l'équipe. Mario Giguère

On peut télécharger le fichier .avi avec ces instructions - torrent :http://www.mininova.org/get/1960910

téléchargement direct :http://dl.free.fr/dQADMcdwZ/Zombie.Stars.2008.FR.DV.XviD-1CROYAB.avi

ZONE Z 2000- La Zone Z Team - 2001 

Une bande d'énergumènes dégénérés vivant en France a pété un câble et nous a pondu un long métrage bricolé de bric et de broc avec un certain talent, et ce, pour notre plus grand plaisir.

Un couple de beaufs français (lui aime la bière et les Gitane Maïs, elle est une blondasse conne, qui aime la bière aussi), qui séquestre son fils dans la cave découvre un beau jour que celui-ci s'est fait la malle. S'en suit une chasse à l'homme à travers la France en passant par un PMU, un shaman fumeur de quelque chose de sacrément puissant, la Mort, etc... Pendant ce temps, le fils, fruit bâtard du viol d'un prêtre sur notre beauf femelle, se ballade avec son sac sur la tête à la façon d'ELEPHANT MAN, et devient star de break dance.

Ca délire grave, mais c'est du tout bon. Fous rire assurés: à tous moments les gags pleuvent, et même s'ils ne sont pas tous drôles, il y a suffisamment de bonne matière pour lâcher une larme de rire ici et là. ZONE Z 2000 est un produit fait par des gars qui aiment le cinoche, et forcément, les références pleuvent. TERMINATOR, ZOMBIE, LE 7èm SCEAU, EASY RIDER sur la mob, j'en passe et des meilleurs. Résultat assez étonnant voguant par moment sur la vague du cinéma expérimental (ils ne se refusent aucun délires), et dont la qualité est bien au dessus de la grande majorité des bidouilleries franchouillardes underground. Merci les gars ! Kerozene

contact : zonezteam@hotmail.com

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YVES BOISSET

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