mise à date 29 septembre 2014

1 | 23 | 4 | 5 | 6

SEX CHARADE aka Le Labyrinthe du Sexe, 1970


Maria Rohm

EUGENIE... OR THE STORY OF HER JOURNEY THROUGH PERVERSION aka Les INASSOUVIES aka Philosophy in the Boudoir aka De Sade 70 aka Die Jungfrau und die PeitscheJess Franco avec Maria Rohm, Marie Liljedahl, Christopher Lee, Paul Muller, Jack Taylor, 1970, Espagne/Allemagne, 83m

Considéré perdu pendant de longues années, ce film de Jess Franco a récemment refait surface dans une version DVD publiée par Blue Underground.

Tourné en 1969, il propose une première mouture d'un scénario que Franco allait reprendre au fil des années, par le biais de films tels Plaisir à trois, Cocktail spécial et Eugénie (1980).

Époque obligeant, cette version de 1969 est sans doute la plus chaste du lot (Cocktail spécial étant, après tout, un film XXX). Le scénario s'inspire de La Philosophie dans le boudoir du Marquis de Sade, mais se permet plusieurs libertés avec la trame narrative originale du roman/pièce de théâtre original(e).

Eugénie est une adolescente révoltée contre sa mère. Elle s'est liée d'amitié avec Madame de St-Onge, une jeune mondaine qui souhaite l'inviter à passer un week-end dans son île. Madame de St-Onge parvient à ses fins en séduisant le père d'Eugénie, interprété par Paul Muller. À l'insu de la mère de famille, la jeune Eugénie accoste donc sur cette île où Madame de St-Onge et son demi-frère entreprendront de la pervertir...

Filmé de manière quasi-académique (utilisation d'une grue, travellings, aucun zoom, montage élégant), ce film de Franco surprend par sa sobriété. Après tout, qu'attendre d'un scénario pareil ? Écrit par Harry Alan Towers (tout comme Justine), il offrait l'avantage, selon Franco, de rester fidèle à la trame du roman de Sade, tout en ne montrant pas tout de manière explicite. Si vous avez lu La Philosophie dans le boudoir, vous comprenez sans doute qu'une adaptation intégrale du livre est impossible, ne serait-ce qu'en raison du long pamphlet philosophique que l'écrivain a greffé à son oeuvre, Français, encore un effort si vous voulez être Républicains.

L'illustration se veut donc d'un érotisme raffiné, dans la lignée de ce que pouvaient faire à la même période des cinéastes comme Radley Metzger, José Bénazéraf ou, un peu plus tard, Michel Lemoine. Chez Franco, la mort voisine souvent avec l'érotisme, et son film en fournit une preuve supplémentaire.

On y retrouve des personnages et des situations qui seront reprises dans sa filmographie, par le biais de films tels La comtesse perverse (île isolée où se déroulent des actes impensables), Tender Flesh (idem) et Gemidos de placer (le guitariste désabusé qui suit les personnages dans leurs orgies).

Les fans de Franco reconnaîtront parmi le casting le glacial Paul Muller dans un rôle bref de personnage dépourvu de moralité. Jack Taylor y est lui aussi froid et calculateur. Maria Rohm, dans le rôle de Madame de St-Onge, fait preuve d'une retenue et d'une détermination exemplaires : il s'agit de l'une des interprétations les plus justes d'un personnage réellement pervers, à des lieues du cabotinage hollywoodien auquel le spectateur moyen a souvent affaire lorsqu'on veut lui montrer de manière tangible à quoi le mal peut ressembler. Franco apparaît dans un bref cameo, et on doit également souligner le rôle de Christopher Lee, sorte de maître de cérémonie qui lit des passages de l'oeuvre de Sade.

Les fans de Franco apprécieront sans doute ce film, mais peuvent lui préférer Plaisir à trois, qui reprend les grandes lignes de ce scénario, mais de manière plus personnelle ; les néophytes, eux, y trouveront mieux leur compte, car ce film est moins excentrique et plus accessible que beaucoup d'oeuvres antérieures de Jess Franco.

Le DVD contient un documentaire très intéressant de 17 minutes où Franco s'explique, de même que le producteur et l'actrice principale (qui semble à la fois naïve, désabusée et parfois un peu sotte). Une bande-annonce et une riche galerie d'affiches et de photos complètent le tout. Notons aussi que le film peut être visionné en version française ou anglaise. La VF est réussie, et la " doubleuse " de Christina dans Une vierge chez les morts-vivants, d'Eugénie dans Eugénie de Sade, et d'Irina dans La Comtesse noire, prête sa voix à Maria Rohm. Howard Vernon

  Mr Mistival confie sa fille Eugénie (Marie Liljedahl) à sa maîtresse, Mme de Saint-Ange (Maria Rohm) qui s'est déjà liée d'amitié avec la jeune fille. Arrivée sur une île pour le weekend, Eugénie va rencontrer le frère de Saint-Ange (Jack Taylor) et le spectateur voit se mettre en place un piège pervers. Eugénie, naïve mais ouverte aux nouvelles expériences, va se laisser entrainer dans des séances de saphisme et faire de troublants cauchemars ou elle est exploitée sexuellement. Ce ne sont point des rêves et elle se trouve coincée sur l'ile, offerte en pâture à des admirateurs du Marquis de Sade.

Nul autre que Christopher Lee est le grand meneur de cette bande de fanatiques de Sade, dans un rôle certes court, mais marquant, surtout pour l'acteur, qui n'était pas au courant qu'il se retrouverait dans un film érotique. Bercé par une musique lancinante et envoutante de Hans Günther Leonhardt/Bruno Nicolai, avec la voix angélique d'Edda Dell Orso, l'atmosphère est onirique et la photographie magnifique. La perversion est omniprésente et le piège tendu à la douce Eugénie d'une cruauté machiavélique. La fin en sera d'autant surprenante. Franco allait s'inspirer du scénario pour d'autres films et j'ai beaucoup pensé à La Comtesse Perverse ou Plaisir à Trois. Le réalisateur a carrément revisité Eugenie en 1970 et 1980, sans parler des références régulières au Marquis de Sade dans son oeuvre. C'est donc un film moins explicite que ses tournages futurs, mais on n'y perd pas au change. Outre la toujours sensuelle Maria Romh, Marie Liljedahl, actrice suédoise découverte auparavant dans INGA, transperce l'écran tandis que Jack Taylor a vraiment l'air d'un détraqué incestueux visqueux. Une jolie perle au collier du regretté Jess Franco.

Au menu des suppléments de l'édition Artus Films - Histoire d'une perversion, par Alain Petit, ancien collaborateur du réalisateur et donc toujours bien placé pou nous en parler, un diaporama d'affiches et photos et les bandes-annonces de la collection Jess Franco. Mario Giguère

Les NUITS DE DRACULA aka El Conde Drácula - Jess Franco, 1970, Espagne/Allemagne/Italie

C'est la troisième et (à moins d'une catastrophe) dernière fois que je regarde ce film de Franco. 

Mon premier visionnement remonte à l'adolescence, époque où je n'avais aucune idée de qui était Jess Franco. J'avais vu le film pour Christopher Lee, et également parce que je découvrais les " classiques " du cinéma fantastique. Je ne me rappelle guère de ce visionnement.

Mon second visionnement remonte à 1996. Là, je connaissais Franco, et j'étais curieux de revoir ce film. Je me souviens avoir trouvé l'expérience catastrophique et le film, lamentable.

Plein de bonnes intentions, je lui donne une dernière chance en 2003 et, ma foi, je garde le même verdict.

Pauvre Jess ! En cette année 1970, il désire réaliser la plus fidèle adaptation du roman de Bram Stoker. Il songe à la tourner en noir et blanc, avec narration en voix-off, pages de journal personnel, etc. Mais tout ça déplaît souverainement à Harry Alan Towers qui trouve le choix trop peu commercial.

Handicapé par un budget dérisoire, Franco entreprend néanmoins cette tâche sabotée d'avance : avec deux sous, réaliser une adaptation impersonnelle et respectueuse. On retrouve donc un certain nombre de scènes aussi anthologiques que grotesques dans ce 90 minutes laborieux, qui rend presque mal à l'aise (attention, quelques " spoilers ") :

- L'attaque des animaux empaillés ! Quel moment anthologique d'humour involontaire. Franco zoome sur des bestioles empaillées (gros hibou rigolo, oiseau, etc.) à grands renforts de musique apocalyptique, et avec contre-plans des acteurs terrifiés... hum...

- La chauve-souris agitée devant la fenêtre, dont quelqu'un tient les ailes à l'aide d'une corde 

- La VF qui tue, pour ne rien arranger : musique de L'au-delà de Fulci qui se superpose à la trame sonore du film, dialogues creux débités par des acteurs nuls, dialogues rajoutés, par rapport à la version originale anglaise

- Klaus Kinski, filmé dans sa cellule : on voit l'ombre du caméraman, de la caméra, du fil de la caméra ! Par ailleurs, de nombreux critiques jugent la performance de Kinski " géniale " alors que, dans le fond, n'importe qui en aurait fait autant.

- La " mort " de Christopher Lee. Même les effets spéciaux de transformation de Paul Naschy sont plus convaincants.

- Herbert Lom, lisant un " extrait d'un manuscrit perdu " : il tient dans ses mains un livre à l'état neuf !

Le film est coincé dans un académisme de mauvais aloi, et le résultat est extrêmement statique. Seuls quelques plans isolés rappellent ici et là le style de Franco (souvent des extérieurs cadrés de façon baroque... ou alors une unique scène forte : Soledad Miranda qui envoûte une petite fille, dans un parc).

Le casting réjouira les fans de Franco, mais chaque acteur est indifférent ou absent : Jack Taylor, pâle et insipide ; Maria Rohm, à peine entrevue ; Herbert Lom tente d'avoir l'air tragique, en vain ; Paul Muller joue de son regard glacé dans un rôle qui ne l'exige pas ; Franco lui-même interprète un serviteur bizarre, qu'on voit à peine ; Soledad Miranda domine l'interprétation avec Fred Williams, sans faire grand' chose, par ailleurs ; Christopher Lee, quant à lui, moustachu et austère, semble très peu loin du caractère surnaturel qu'il possède supposément...

En bref, ce pauvre Jess a ici complètement raté son but, et il était temps pour lui de changer de producteur... Howard Vernon

Le TRÔNE DE FEU aka THE BLOODY JUDGE aka Night of the Blood Monster aka Der Hexentöter von Blackmoor aka Il Trono di Fuoco aka El Proceso de las Brujas aka Throne of Fire, 1969

Un des films de Jess Franco avec Christopher Lee et un des trop nombreux films du sous-genre gros méchant inquisiteur! Lee fait le juge qui traite de sorciers et sorcières tous ceux et celles qui osent comploter contre l’Angleterre. Il y a une séquence de combat dans la forêt entre rebelles et soldats du gouvernement qui semble filmée avec une seule caméra, assez confuse et pas réussie. Bonne trame sonore de Bruno Nicolai. Je préfère toujours Mark of the Devil.  Mario Giguère

VENUS IN FURS aka PAROXISMUS - Jess Franco avec James Darren, 1969, États Unis/Angleterre/Allemagne/Italie, 82m

Istanbul: Confused and depressed jazz trumpteer Jimmy Logan (James Darren) wanders the beach on the Black Sea. He finds the mutilated body of the beautiful Wanda Reed (Maria Rohm). Suddenly, he remembers that he witnessed her murder by three jet-set sadists: Kapp (Dennis Price), Olga (Margaret Lee) and Ahmet (Klaus Kinski), but he can't quite remember how long ago that he flees to Rio de Janiero. Some time later he has established himself with a local band but his attempt to lose himself by playing jazz music is interrupted by the appearance of Wanda, now a living dead seductress who is tracking her murderers...

Jess Franco's most important and seminal films, from NECRONOMICON to LA COMTESSE NOIRE to LORNA THE EXORCIST to MACUMBA SEXUAL are nonlinear, dreamlike, anecdotal metaphysical tales which proceed from vision to vision, nightmare to nightmare, until we are caught in a vortex from which there is no escape but death. They represent a gathering of souls, a series of seductions which end in a passage from this world into the beyond...

VENUS IN FURS has a complicated, circular plot which is further elaborated by the film's non-linear structure. One can note its similarities to Resnais' and Robbe-Grillet's LAST YEAR AT MARIENBAD, Dario Argento's INFERNO and JACOB'S LADDER while recognizing it as a totally personal work in the Jess Franco filmography: Jess himself appears as a fellow musician in the protagonists group, accompanying him on the trombone and piano and, of course, Franco is a jazz musician, composer and fan in his own life; Franco wanted to call it BLACK ANGEL, from a novel by one of his favorite crime writers, Cornell Woolrich; on the DVD extras interview Franco explains that he planned to have an actor of African descent play the lead, but this was rejected as too ahead of its time although the romance between Darren and singer Barbara McNair remains an interracial one. The wonderful jazz score by Manfred Mann (who appears onscreen) and Mike Hugg is incessant, blowing hot and cool, and Franco makes note once again that the legendary Chet Baker gave him the idea of music as a transport into alternate states of consciousness.

Another revelation by Franco is that he did not approve of the "psychedelic" special effects--color filters, optical distortions, slow motion, speeded up scenes--and that some of the flashy editing was imposed by the team of editors (five are listed, including two US TV editors of such shows as THE MONKEES [!]), post production supervisors and a special effects company brought in by the distributor. All this tampering may have made the film more acceptable to audiences in 1970 while the film has dated with a certain charm for fans of that era or nostalgia collectors like myself. The value of this BLUE UNDERGROUND DVD is to have a nice looking copy of this key, if compromised, Jess Franco film. Included along with the essential Jess Franco interview is an audio interview with Franco-Harry Alan Towers starlet, Maria Rohm, who still has a noticeable Austrian accent and is utterly charming as she reminisces about Franco, the film and her dreaded co-star, the unhinged Klaus Kinski. Posters, behind the scenes productiion stills, the original trailer and a Franco biography on DVD ROM are included as extras. Note that the 1.85:1 letterboxing at times seems tight on the top and bottom, indicating that it may be overmatted, but this won't interfere with your enjoyment of this otherwise very welcome presentation on DVD. Note also that the entire Rio Carnival section is made up of stock shots from Franco's previous THE GIRL FROM RIO (1968). VENUS IN FURS was filmed on locations in Turkey, Spain and Italy. Robert Monell

Jimmy Logan marche sur une plage et déterre une trompette. En voix off, il nous raconte ne pas savoir ou il est ni quel jour il peut être. Avançant toujours sur cette plage il trouve une femme morte et se remémore dans quelle circonstances celle qu'il croit reconnaitre a été tuée alors qu'il en était témoin. Perturbé, il retourne vers sa copine et ils partent ensemble è Rio De Janeiro ou il a un contrât et joue dans un ensemble de jazz tous les soirs. Dans ce club sélect, il voit arriver le sosie de cette femme morte, Wanda Reed, et ne peut s'empêcher de la rejoindre.

Difficile de ne pas dévoiler le noeud de l'histoire, qui n'est pas vraiment nouvelle et dont le personnage principal nous laisse des indices rapidement en début de film. À la limite, on embarque dans un voyage surréaliste et onirique dont la conclusion nous est facilement devinable mais dont le parcours est des plus intéressants. Comme on l'apprend dans le supplément d'Alain Petit, Franco lui a raconté avoir construit le film comme une pièce de jazz et il faut avouer que la superbe partition musicale est partie intégrante de l'expérience filmique. James Darren, plus connu pour son rôle dans VOYAGE AU COEUR DU TEMPS, lui-même trompettiste, a apprécié ce tournage baigné dans cette musique permanente et le charme de ses partenaires. Le producteur Harry Alan Towers, prêt à financer le projet qu'il juge cependant difficilement commercial, décide de donner les moyens à Franco de tourner un magnifique film avec des acteurs de renom. Maria Romh est absolument sublime dans la peau de Wanda Reed, la Venus en fourrure du titre, et la caméra ne se lasse pas plus que le spectateur de la voir. On peut en dire autant de pratiquement tout le casting, bien servit par la caméra. A la trame sonore on trouve Mike Hugg, Manfred Mann, Stu Phillips et Franco lui-même. Si je ne suis pas le plus friand amateur de ce style musical, j'avoue m'être laissé bercer par ces pièces en symbiose avec les images.

Je me rappelle clairement avoir essayé de regarder le film il y a des années dans une copie vhs à l'image dégradée. En vain. La qualité di dvd d'Artus Films permet de le voir à sa juste valeur. Alain Petit n'est pas avare d'anecdotes, lui qui a été collaborateur de Franco. Mise en contexte, parcours du producteur et des acteurs et en prime, un extra des plus intéressants. J'ai toujours en mémoire Tim Lucas qui disait qu'il fallait avoir vu tous les films de Franco pour en apprécier un. Ici on fait la démonstration de la difficulté en nous montrant plus de vingt minutes d'extrait de la version italienne, au montage fort différent qui change littéralement l'histoire au montage. Tout ceci fait de Venus in Furs un film à voir et découvrir. Il s'agit certainement d'un des plus beaux films de Jess Franco et une fusion de la narration avec la musique des plus enivrantes. Mario Giguère

  SUMURU, LA CITÉ SANS HOMMES aka THE GIRL FROM RIO aka Die sieben Männer der Sumuru - Jess Franco avec Shirley Eaton, Richard Wyler, Maria Rohm, George Sanders, 1969, Espagne/Allemagne, 90m

Jeff Sutton commet un vol spectaculaire qui le rend très riche, une fortune convoitée par plusieurs personnes dont Sonanda, dirigeante de Femina, sur  l'île de Sumuru. On force donc Sutton à se retrouver à Femina, une cité peuplée uniquement de femmes et on découvre que le vol était truqué, la mallette étant un appât pour que ce détective privé retrouve une jeune femme disparue, kidnappée par les sbiresses de Sonanda. Sutton réussit l'exploit de s'enfuir de la cité mystérieuse et revenir à Rio, mais là un certain Sir Matthews convoite aussi l'argent présumément en possession de notre homme. Averti de l'arnaque, il force Sutton à lui dévoiler l'emplacement de Femina pour aller voler le trésor accumulé par Sonanda, qui rêve d'asservir tous les hommes avec son peuple d'amazones.

Voilà un petit film jouissif de Jess Franco, produit et écrit par Harry Alan Towers et mettant en vedette l'ex-Bond girl Shirley Eaton (Goldfinger, la série Carry On) et George Sanders, un des piliers du film d'action de l'époque. Franco contourne son budget réduit en trouvant des angles de décors futuristes qu'il fait passer pour la cité des femmes. La costumière s'en est donnée à coeur joie pour habiller ces dames au regard froid mais au corps chaud. On y va de séances de torture imaginatives et une petite séance de saphisme qui surprendra Shirley Eaton, puisque c'est une doublure qu a tourné la courte scène sans que Jess ne lui en parle. C'est une atmosphère très James Bondienne qui prévaut, le héros faisant fondre ces dames, en débutant par la séduisante Maria Rohm, s'enfuyant d'où personne n'a jamais réussit précédemment et y retournant avec un résultat spectaculaire. Le film profite aussi de séquences tournées lors du Carnaval de Rio, ou les acteurs sont heureusement sur place, dans la foule. La musique entrainante de Daniel White enrobe le tout dans une atmosphère légère fort appréciable. C'est le deuxième et dernier film adapté du personnage créé par Sax Rohmer, plus connu pour Fu Manchu, mais on a aucunement besoin d'avoir vu le précédent pour apprécier.

En bonus: La fille de Rio, par Jean-François Rauger, toujours aussi fascinant et une source d'information intarissable - Tourné à Rio, avec des entretiens de Jess Franco, Shirley Eaton et Harry Alan Towers, un diaporama d'affiches et photos ainsi que les bandes-annonces de la collection Jess Franco. Mario Giguère

KISS ME MONSTER aka Bésame monstruo aka Castle of the Doomed, 1969, Espagne/Allemagne

Selon Alain Petit, ce film constituerait un jalon historique dans la carrière de Jess Franco, dans la mesure où il s'agit de son premier " doublé ", donc de la première fois où Franco tournait deux films soit en même temps, soit dans la foulée l'un de l'autre. Il s'agit de la " suite " de Sadisterotica, mettant en scène le même duo de détectives féminins de charme, les " Red Lips ".

Ce film est également connu parmi les fans pour être l'un des premiers où Jess Franco devient " fatigué " et met en images un scénario un peu incompréhensible. L'usage du zoom se fait aussi plus évident, et contribue à tourner la page sur le Franco première période, celui des films " noir et blanc " des années 60.

On suit les péripéties des deux jeunes femmes en quête d'une boîte contenant une invention révolutionnaire, cachée quelque part sur une île. Comme la tonalité est décidément à la comédie, les invraisemblances passent mieux, mais l'inspiration comique est inégale, et Sadisterotica est très nettement supérieur.

Le " francophile " remarquera les renvois aux Maîtresses du Dr Jekyll, par le biais du robot Andros et du meurtre dans la baignoire, quasi-identique au film de 1964 ; il y a également une petite référence à L'Horrible Dr Orloff. À souligner, également, la bande son jazz de Jerry Van Rooyen, comme toujours de qualité, et conférant un dynamisme certain à l'ensemble.

Jess se permet une petite apparition qui, elle, renvoie à Lucky the Inscrutable, dans le rôle d'un messager qui éprouve un problème à s'expliquer, pour des raisons que je tairai afin de ne pas gâcher la surprise de ceux qui ne l'ont pas vu. On voit déjà que, dès 1967, Franco commençait à donner dans l'intertextualité interne, c'est-à-dire le renvoi à ses propres œuvres antérieures. Sa carrière entière sera basée sur ce procédé, et le plus récent Franco disponible en DVD n'y fait pas exception : Incubus est une version mise à jour de Lorna l'exorciste...

Kiss Me Monster n'est probablement pas la meilleure porte d'entrée pour un néophyte désirant s'initier au cinéma de Jess Franco, mais il n'est pas non plus le pire Franco que j'aie vu. Bien que j'aime beaucoup l'œuvre du cinéaste espagnol, c'est avec beaucoup d'ennui que j'ai supporté, par exemple, L'Abîme des morts-vivants ou L'Emprise des cannibales, deux films exceptionnellement mauvais qui ont nui à la réputation de leur auteur aux USA, particulièrement au courant des années 80 ou beaucoup de fausses rumeurs circulaient au sujet de Franco.

Au final, donc, une série B mêlant aventures, exotisme et espionnage, le tout saupoudré d'un érotisme aussi gentillet que désuet et décoratif (le film serait coté Général, de nos jours). En ne regardant pas le scénario de trop près et en se laissant porter par les images et le son, le fan de Franco passera probablement un bon moment, même s'il a déjà connu Franco plus inspiré, plus imaginatif et plus vif. Howard Vernon

The CASTLE OF FU MANCHU aka Die Folterkammer des Dr. Fu Man Chu - Jesús Franco avec Christopher Lee, Richard Greene, Rosalba Neri, Tsai Chin, 1969, Allemagne/Italie/Angleterre/Espagne, 94m

Fu Manchu a un nouveau plan diabolique pour devenir le maître du monde: menacer les grandes nations avec une arme qui permet de transformer en glace les mers de ce monde. Pour préambule, il fait couler un paquebot qui rencontre un improbable iceberg. Nayland Smith et le Docteur Petrie démarrent leur enquête pour tenter de trouve sa nouvelle base secrète et selon leur déductions, ils ont de bonnes chance de le trouver quelque part à Istanbul. De son côté, Fu Manchu a utilisé un roi de l'opium local pour l'aider à s'emparer d'un château, lieu d'opération pour produire ce dont il a besoin, un ingrédient secret dérivé de l'opium. Il trahit évidemment ses alliés, ce qui permettra à Smith de retrouver sa trace, pendant qu'il kidnappe l'inventeur du procédé pour changer à volonté l'eau en glace.

Il s'agit du cinquième et dernier Fu Manchu, après The Face of Fu Manchu (1965), Les 13 fiancées de Fu Manchu (1966), The Vengeance of Fu Manchu (1967) et The Blood of Fu Manchu (1968), mettant en vedette Christopher Lee, tous tournés par Franco et produits par Harry Alan Towers. C'est le premier que je vois. Ce qui frappe en partant c'est l'utilisation de stock-shots du film" A Night to Remember" qui racontait le naufrage du Titanic. On soupçonne aussi que le barrage qui s'effondre a profité également d'une autre production précédente. C'est dans la mouvance des adaptations de bandes dessinées de l'époque, très coloré et aussi des serials chers à Franco. Rien d'exceptionnel dans ce scénario, qui se regarde pourtant avec plaisir, grâce aux interprètes et la mise en scène enjouée. On notera l'habituel cameo de Franco en inspecteur de police local ou le réalisateur cabotine en masse. Dans un rôle trop court on retrouve la sublime Rosalba Neri en garde du corps du roi de l'opium, toujours habillée en homme, athlétique et follement sexy. Christopher Lee est à cette époque le dernier d'une longue liste d'acteurs non asiatique à jouer le rôle, et il se la joue sérieux tout en étant efficace. C'est du film d'aventure bien ficelé, sans être exceptionnel, mais qui semble déjà dépassé pour l'époque.

Le dvd de Blue Underground offre une très belle copie aux superbes couleurs avec un making of fort intéressant laissant la parole au producteur et au réalisateur. Franco parle de son amitié avec Lee et raconte des anecdotes inusitées sur l'acteur dont on connait peu ou pas l'humour pince-sans-rire. Mario Giguère

Les INFORTUNES DE LA VERTU aka Marquis de Sade: Justine - 1969, Italie/Allemagne 

Ben, ça tombait bien, je venais de voir la version de Claude Pierson à canal +, "Justine de sade", que j'ai trouvé bien rigolo avec une Alice Arno impeccable.

Donc, ce film de Franco m'a assez déçu par rapport à l'autre et, datant de 1969, il est très frileux au niveau des scènes et des idées développées.

Ca pourrait passer en prime time un soir de Noël si vous voyez ce que je veux dire...

C'est donc l'histoire de Justine la vertueuse à qui il arrive que des merdes, et de Juliette la cochonne qui mène bien sa barque à coup de meurtre et de libertinages sans être inquiétée. L'attention se porte plutôt sur Justine qui a un destin plus singulier et sa route sera parsemée de personnages aux moeurs bizarres et à moitié dingues. Ils essayent plus ou moins de se la faire, mais n'y arrivent pas trop (contrairement au Pierson ou ça baisait sans cesse).

Donc, décevant pour du Franco.

Signalons la présence de Klaus Kinsky (tenant le premier rôle) qu'on doit voir en tout et pour tout 5 minutes incarnant le Marquis de Sade en taule. Il fait une tronche inspirée, se retourne dans sa cellule, prend des poses, se lève d'un coup brusque, et tout ça sans un mot!

Pas un très bon "de Sade movie". Franfran

À noter que la VF est très coupée (90 minutes), que la version US l'est moins (105 minutes) et que la version anglaise est nettement plus longue (120 minutes). Howard Vernon

SADISTEROTICA aka TWO UNDERCOVER ANGELS aka El caso de las dos bellezas aka Red Lips aka Rote Lippen, 1967

Deux filles bien roulées enquêtent sur la disparition d'autres filles. Les disparitions semblent être liées à un artiste exposant dans une galerie dans laquelle bosse le Jésus qui se fait tuer au bout de quelques minutes.

Humour peu léger, érotisme très soft - voire inexistant (!), cette boutade se regarde avec surprise. La crétinerie volontaire fait passer ce film comme un bon pinard un peu daté mais qui sait surprendre.

Les deux héroïnes sont les deux pires pouffiasses, devant sauter dans une piscine pour échapper aux tirs des méchants, elles se plaignent car elles viennent d'aller chez le coiffeur. Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres, il serait dommage de tous le dévoiler, et croyez-moi, ils ne manquent pas.

Le seul élément fantastique du film est l'homme de main du bad guy, un type avec une pilosité quelque peu généreuse qui s'excite en exécutant des femmes pour son maître.

Un film atypique dans la filmo de Franco (ou du moins pour ce que j'en connais) et une excellente surprise. Kerozene

99 WOMEN aka 99 mujeres aka 99 donne aka Les Brûlantes aka Island of Despair - Jess Franco, 1969, Espagne

Une réussite intégrale que ce premier film de prison de femmes de Jess Franco, et aussi, époque obligeant, le plus subtil et nuancé des nombreux long-métrages qu'il a consacrés au genre. En effet, ici, tout est suggéré, et non montré comme dans Des femmes pour le bloc 9, par exemple, ou les excès graphiques tenaient lieu de scénario.

Herbert Lom excelle dans le rôle du gouverneur qui profite des belles captives à souhait. La directrice de la prison sadique de service est interprétée par Mercedes Mc Cambridge, une actrice aussi extravagante que Vincent Price, déjà démentielle dans Justine (elle y campait la voleuse Dubois). Son heure de gloire est d'avoir joué la voix de Linda Blair possédée, dans The Exorcist : une grande actrice qu'il conviendrait définitivement de mieux connaître, à ranger aux côtés de Sheila Keith, singulière actrice-fétiche du Britannique Pete Walker.

La musique de Bruno Nicolaï est plaisante et une grande partie du film, situé dans la jungle, s'apparente aux serials d'aventures. Soulignons la fraîcheur du casting (Rosalba Neri, Maria Rohm, Maria Schell) et le fait que tous les acteurs jouent juste. Le propos social du film n'est pas anodin, hélas crédible dans son pessimisme. Enfin, comme le film fait partie de la " période américaine " de Franco, il bénéficie de l'apport d'un budget intéressant et de beaux décors aussi, comme souvent chez Franco. La réalisation précise ne comporte pas de zooms ou d'autres effets discutables. Howard Vernon

BLUE UNDERGROUND DVD Review, 1969, Espagne/Angleterre/Italie/Allemagne

Prisoner 99 (Maria Rohm) steps off the boat and enters the Castle of the Damned off the coast of Panama. A tropical prison under the command of Governor Santos (Herbert Lom). Head wardress Diaz (Mercedes Mc Cambridge) promises the new arrivals a Hell of dehumanization without possibility of escape. But a liberal Prison Inspector arrives to investigate reports of brutality...

The 1969 template for all following Franco WIP films, and there would also be copies from other directors around the world in the following decades. 99 WOMEN isn't as sadistic or perverse as many others (cf Franco's WOMEN IN CELLBLOCK 9). An above average cast and score by Bruno Nicolai (some of the cues can also be heard on his later scores for EUGENIE DE SADE and NIGHTSMARES COME AT NIGHT (both 1970). Psychedelic styled flashbacks tell the sordid stories of some inmates, Maria Rohm's and Rosalba Neri's backstories are filmed in prime Franco fashion. Lesbian encounters (mild by later Franco standards), some torture, a prison escape fill the runtime. The most lasting impressions are made by Herbert Lom, whose low key portrayal of corruption contrasts perfectly with Mercedes Mc Cambridge's over the top performance as the twisted, vicious warden ("Prison is a place for punishment!"). The title song is sung by Barbara Mc Nair (VENUS IN FURS).

The new BU DVD restores some previously cut material and a longer, wilder flashback sequence featureing the director himself. Franco also appears in an alternate ending which was shot for the censored Spanish version, but you have to be really sharp to catch his cameo. Francesco Cesari provided the rare video for this extra. The original theatrical trailer, an extensive poster and still gallery and an interview with Franco on the making of the film are included. This review is based on the UNRATED DIRECTOR'S CUT, at 90m and is letterboxed at 1.66:1. The materials range from very good to fair but it's the best yet presentation of this film on home video. A XXX version (LES BRULANTES) is also being marketed by BU, including hardcore scenes not directed by Franco. Robert Monell

The GIRL FROM RIO aka FUTURE WOMEN aka La Ciudad sin Hombres aka Die Sieben Männer der Sumuru - Jess Franco, 1968 Espagne/Allemagne/États Unis

The wealthy father of a missing girl (Marta Reves) dispatches a Private Investigator to Brazil to rescue her from the all female city of Femina, presided over by the Supercriminal, Sumanda (Shirley Eaton). Our hero travels undercover as a fugitive bank robber. He finds more than he bargained for when he himself is captured and tortured by the outrageously clad female soldiers of the archvillainess. Even more trouble arises when crime lord Masius (George Sanders) sends his henchmen to collect the cool millions of the absconding Wyler and the fortune in gold bars in Sumanda's treasury.

The Pop-Art/dominatrix style black and red leathers costumes of Sumanda's army of sadistic seducers and the frequent changes of outre fashions by Shirley Eaton steal the show from the rather befuddled looking Richard Wyler, who told me in an interview that he hated making this film and thought that Jess Franco was a terrible director who spent most of his time reading pornography. The fact that Wyler wasn't fully paid may explain his sour expression throughout. George Sanders looks almost dead, although it's fun to see him reading a POPEYE comic while directing the torture of an employee.

Lots of foxy ladies here, none moreso than the always scantily clad Eliza Montes, who has hypnotic cat eyes. Another ultradimensional, jarring score from the great Daniel White puts the frosting on the dessert, and that's just what this delightful Eurospy trifle qualifies as: fascinating, silly, entertainment which allows Franco fans to gorge on his hastily prepared, delicious eye candy. Note that the torture ray which Sumanda (who is called Sumitra and Sumuru in alternate versions) uses on prisoners is actually a dental X Ray machine! Colorful exoticia with a bit higher budget than the usual Franco product, thanks to the dubious Harry Alan Towers. Now out on a sparkling new DVD from Blue Underground with an extensive poster and still gallery along with interviews featuring Franco and Ms Eaton. This version lacks the opening armoured car robbery which can be seen in the German language alternate, DIE SEIBEN MANNER DER SUMURU. Robert Monell

Le père fortuné d'une fille disparue ( Marta Reves ) envoie un détective privé au Brésil pour la délivrer de la cité toute féminine appelée Femina, menée par la super-criminelle, Sumanda ( Shirley Eaton ). Notre héros voyage incognito sous les apparences d'un voleur de banque en fuite. Il frappera le gros lot en se faisant capturer et torturer par les soldats de l'archi vilaine, aux costumes outranciers. Les problèmes se multiplient lorsque lord Masius ( George Sanders ) envoie ses hommes de main pour s'emparer des millions de Wyler et la fortune en lingots d'or du trésor de Sumanda.

Le look Pop-Art/dominatrice des costumes rouges et noirs de l'armée des séduisantes sadiques de Sumanda et les fréquents changements de costumes de Shirley Easton volent la vedette à Richard Wyler, qui a l'air perdu plus souvent qu'autrement, qui me disait en entrevue qu'il a détesté jouer dans ce film et pensait que Jess Franco était un réalisateur terriblement mauvais qui passait le plus clair de sont temps à lire du matériel pornographique. Le fait que Wyler n'aie pas été entièrement payé pour son travail peut expliquer son look piteux durant tout le film. George Sanders a l'air presque mort, même si c'est drôle de le voir lire une bande dessinée  POPEYE pendant qu'il fait torturer un employé.

Tout un lot de femmes séduisantes avec, et non la moindre, Eliza Montes, toujours très peu habillée, aux yeux félins hypnotiques. Une autre trame sonore éclectique de Daniel White qui ajoute le crémage sur le dessert, voilà ce que ce charmant film d'espionnage européen nous offre : fascinant, fou, qui permet aux amateurs de Jess Franco de se délecter de sa production rapide, du bonbon pour les yeux. Notons que le rayon de torture utilisé par Sumanda ( nommée Sumitra et Sumuru dans d'autres versions du film )  sur ses prisonniers est en fait une machine à rayon x pour dentistes. Une oeuvre colorée et exotique avec un budget un peu plus élevé que d'ordinaire pour Franco, grâce au producteur Harry Alan Towers. Disponible maintenant sur un magnifique dvd de la compagnie Blue Underground avec une galerie riche en affiches et photos avec des entrevues de Franco et Miss Eaton. Cette version omet la scène d'ouverture du vol et de la poursuite du camion blindé qui est incluse dans la version allemande, DIE SEIBEN MANNER DER SUMURU. Robert Monell 

Un de ces films de la fin des années 60 , comme il ne s'en fait plus. Diverses personnes essaient de percer le mystère de Femina, le peuple d'amazones qui rêvent de dominer la terre. Des costumes gogos dans une atmosphère James Bondienne, voir Chapeau melon et Bottes de cuir ! Un héros macho à souhait et une bande de vilains en costards et chapeaux noirs qui ne savent pas viser. Des hélicoptères et des explosions pour finir. Vive les années soixante ! Un Franco enjoué.  Mario Giguère

THE BLOOD OF FU MANCHU aka Kiss of Death, 1968

NECRONOMICON aka Succubus, 1968

OPERATION RE MIDA aka AGENT SPECIAL L.K. aka Lucky, el entrepido aka Lucky the Inscrutable, 1967

L'agent secret L.K., spécialiste du déguisement, est apparemment le moins secret de tous, vu que tout le monde le reconnaît et que toutes les femmes lui courent après. Mais il s'en fout, il est le meilleur. Et il a une nouvelle mission: démanteler un réseau de fabriquants de faux billets. Du Luxembourg aux Caraïbes, en passant par Rome et l'Albanie, Lucky (L.K. donc) affronte toutes sortes de méchants ultras caricaturaux, tous aussi crétins les uns que les autres, séduit les jolies jeunes femmes et se tire de toutes les situations avec un flegme à toute épreuve.

Parodie du film d'espionnage, et bien entendu surtout de James Bond ("James Bond ? Qui c'est celui là?" dit-il un moment; voir aussi le marché aux espions de Rome où tous les espions vêtus de noirs, chapeau sur la tête avancent profil bas en échangeant des infos), OPERATION RE MIDA est une véritable bouffée d'air frais. Léger, drôle, enlevé et dynamique, ce film rythmé par une musique endiablée se regarde avec un plaisir immense. Cinémascope, couleurs chatoyantes, jolies filles, Franco sait y faire avec les films tout public, en ne reniant pas un humour souvent décalé. Un délice.  Kerozene

the DIABOLICAL DR. Z aka Miss Muerte aka aka Dans les Griffes du Maniaque,1965

J'ai eu récemment ce nouveau DVD sorti par Mondo Macabro. Pete Tombs (l'auteur de IMMORAL TALES et du livre MONDO MACABRO), le responsable du DVD, a fait du bon travail.

L'édition comporte les pistes audio française et anglaise, des biographies des principaux acteurs, une bande-annonce (cheesy) et un petit documentaire sur Franco (remontage du Eurotika ! consacré à Jess).

Le film en lui-même fut réalisé par JF en 1965, et c'est le premier "vrai" Franco où l'on reconnaît pleinement ses thématiques. L'histoire est simple : une femme décide de venger son père, mort d'une crise cardiaque après avoir été humilié en public par 3 médecins. Elle tâchera de les tuer l'un après l'autre, à l'aide d'une danseuse à gogo qu'elle contrôle grâce à sa machinerie de laboratoire, capable d'annihiler toute volonté.

Le film est photographié de manière très classique et sobre, dans un noir et blanc qui joue des contrastes et jeux d'ombre. Ici, pas de zooms ou de caméras tremblotantes, Franco se la joue traditionnelle... et prouve, par la bande, qu'il pouvait réaliser un film de facture hollywoodienne quand il le voulait (ses fans le savent déjà).

Le scénario comporte plusieurs scènes assez réussies, malgré quelques petites erreurs de continuité pas très graves (lors d'une scène de poursuite, qui passe du jour à la nuit, puis au jour encore...).

Comme c'est souvent le cas chez Franco, l'interprétation est fort convenable. On retiendra les prestations de Franco et Daniel White (son musicien-fétiche) dans le rôle de deux inspecteurs de police bavards et pittoresques. Pour le reste, le film est très sérieux, empreint d'un climat mélancolique...

Il plaira aux tenants d'un cinéma plus traditionnel, mais risque de paraître trop sage aux yeux de ceux qui admirent Franco pour ses excès des années 70. Quoi qu'il en soit, le DVD vaut la peine (pour les amateurs de Franco) et le travail de restauration de l'image est impeccable. Howard Vernon

Plus les Franco sont vieux, meilleurs ils sont. Ce film de 1965, en glorieux noir et blanc, fait la belle part au docteur Zimmer et sa fille, qui tentera de le venger en utilisant le laboratoire de son père. Car Mr. Zimmer avait découvert les centres neurologiques qui contrôlent le bien et le mal chez tout être vivant. Et pourquoi pas se servir de Miss Muerte, une artiste de cabaret genre bongos à plateaux d'or. Et Franco qui se donne le rôle d'un petit inspecteur qui ne dort plus, car sa femme a donné naissance à des triplets ! Une bonne intrigue, de bonnes images, pas de zoom incessant, du jazz et de jolies actrices. Un bon petit film d'horreur.  Mario Giguère

RESIDENCIA PARA ESPIAS aka Golden Horn aka Residence for Spies, 1966


ATTACK OF THE ROBOTS aka CARTES SUR TABLE  - 1966

Une fantastique petite histoire d'espionnage avec Eddie Constantine - qui pour une fois ne joue pas Lemmy Caution - réalisée par Franco, celle-ci ne fait pas dans la dentelle : des surprises qui abondent, des rires assurés, et des robots à la peau huilée et aux lunettes de soleil qui sont des plus risible. Une pure jouissance qui m'amène à dire que vous en parler, c'est comme jeter des perles aux pourceaux. Orloff

Un ex-espion remis sur les rails par les autorités de son pays, enquête sur d'étranges assassinats menés par des hommes à lunettes et au visage basané agissant comme des automates suicidaires.

Un film d'espionnage bon-enfant et super sympa, avec Eddie Constantine en vedette qui cabotine comme pas deux, se jouant de toutes les situations avec humour! Les répliques font mouche, les filles sont belles, et la mise en scène est dynamique.

Du bon cinéma, agréable et sympathique, mais bien loin des délires 70's ultérieurs du vieux déglingo espagnol... Du Franco à regarder en famille, s'il en est!! Franfran

Les MAÎTRESSES DU DR JEKYLL aka El Secreto del Dr. Orloff, 1964, Espagne : Dr Orlof's Monster DVD

Ce film de Jess Franco réalisé en 1963/64 est meilleur que Le Sadique baron Von Klaus. L'édition DVD récente permet de découvrir la version française, différente du montage espagnol initial. En effet, les responsables d'Eurociné avaient demandé à Jess d' " épicer le produit ", le trouvant trop sage et gentillet pour les salles françaises. Franco tourna donc quelques scènes supplémentaires qui vinrent remplacer des parties de la version originale espagnole (un peu comme les deux inserts " sexy " de L'Horrible Dr Orlof). Évidemment, de nos jours, ces inserts " sexy " prêtent à rire car il n'y a pas de quoi fouetter un chat... même s'il a neuf queues ! Le premier d'entre eux est un strip-tease (" minable ", dixit Alain Petit) interprété par une danseuse mollassonne au faciès hideux. Le second, le meurtre d'une femme dans sa douche... Mais ces inserts accentuent le côté trashy du film et lui donnent un peu de mordant, ce qui n'est finalement pas une mauvaise chose, les tout premiers Franco étant parfois un peu longuets et trop sages...

Le film raconte l'histoire d'un médecin (le Dr Jekyll en VF, le Dr Fisherman en v.o.) qui, trompé par sa femme, se met à assassiner les " femmes de mauvaise vie " avec l'aide d'un robot contrôlé par un collier à ultra-sons. L'idée fait très " pulp ", l'exécution l'est aussi.

À l'actif du film : numéros de cabaret, personnages bien campés et bien joués (sauf peut-être le Dr Fisherman et Melissa), bonne musique de Daniel White, une durée bien ramassée (environ 83 minutes) et une maîtrise certaine de la technique cinématographique. Encore une fois, un film à montrer aux détracteurs de Franco pour prouver, si besoin est, que le réalisateur espagnol était capable de faire du cinéma " classique ".

Le film a relativement bien vieilli. L'édition DVD contient en prime deux bandes-annonces (française et italienne) et des " alternate scenes " un peu inutiles, mais néanmoins regardables par les fans (différentes prises des inserts érotiques). Le travail de restauration est très valable, considérant l'âge du film. On trouve les pistes audio anglaise et française, mais il semble préférable de voir le film en français. Il fut tourné en espagnol, et les Français maîtrisaient mieux le doublage que les anglophones - c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui, peut-être en raison du nombre de films doublés en français, comparativement à ceux doublés en anglais. Howard Vernon

LA MUERTE SILBA UN BLUES, 1964 

CHASSE À LA MAFIA aka Rififi en la ciudad, 1963

Le JAGUAR aka El Llanero , José Suárez, Silvia Sorrente, 1963, Espagne 

Sauvé d'un massacre lorsque petit bébé, le Jaguar deviendras le Zorro ou le Robin des bois de sa ville, pillant aux riches pour donner aux pauvre. Ne connaissant des joies de l'amour que l'affection de son premier cheval, il sera pris entre deux femmes, la belle Lolita et la fille de meurtrier de ses parents. L'homme qui l'as élevé aurait bien aimé qu'il l'appelle "maman" juste une fois avant de mourir, peine perdue, la fin dramatique de cette aventure permettra au Jaguar de voir plus clair dans ses émotions...

Vieux film d'aventure classique, Le Jaguar a mal vieilli mais il demeure quelques perles comme on oserait plus en filmer. Ce grand bonhomme naïf dans la quarantaine qui tombe amoureux d'une pucelle, qu'il compare à son cheval jusqu'à ce que celle-ci lui demande: veux-tu que je remplace ton cheval ? D'ailleurs voilà bien le point curieux d'un récit convenu, pourquoi avoir choisi un acteur aussi âgé ? Mais les femmes sont belles, on chante, on s'amuse, le curé est un petit gros sympathique, le jeune colonel méchant, etc. Franco tourne de manière correcte, avec de jolies actrices et un décor agréable, comme la musique enjouée de Daniel White. Une curiosité pour amateurs de Jess. Mario Giguère

Le SADIQUE BARON VON KLAUS aka La Mano de un hombre muerto, 1962, Espagne 

Un film un peu dans la lignée de Orloff pour Franco avec son Noir et Blanc 60's et son classicisme bon ton.

Un obscur baron fut responsable par le passé d'affreux crimes perpétrés sur de jeunes filles de passages. Or ne voilà t-il pas que ça recommence!

Evidemment, les abrutis du village voient tout de suite là l'oeuvre du fantôme du baron qui continue encore à tuer même après sa mort! Un journaliste (le genre sympa qui fait des blagues à 1 Franc toutes les cinq minutes) et le commissaire mènent l'enquête pour savoir qui c'est, et la surprise sera... de faible taille à la fin!

Bof bof, on a vu mieux quand même...  Franfran

VAMPIRESAS 1930 aka Certains l'aiment Noire, 1962 

L'HORRIBLE DOCTEUR ORLOFF aka The Awful Der Orloff,  1964 

Une rareté dans le monde du DVD, un bon vieux film européen avec la version française, ça fait du bien, comme le français est plus proche de l'espagnol... Plein d'atmosphères, une photographie noir et blanc soignée et de jolies dames en péril, un vilain et son assistant monstrueux, mais pathétique. Ma foi, je vais les rechercher les bons Franco comme celui-ci. En passant on parle du uncut avec deux scènes ou l'on voit des poitrines inconnues dans la version américaine de l'époque, mais c'est une doublure. Vive Orloff !  Mario Giguère

EL DESTIERRO DEL CID, 1960

ESTAMPAS GUIPUZCOANAS NUMERO 2: PIO BAROJA, 1960

LABIOS ROJOS, 1960

LA REINA DEL TABARIN aka La belle du Tabarin, 1960

ORO ESPANOL, 1959

LA PLAYAS VACIAS, 1959

TENEMOS 18 ANOS aka We are 18 years old, 1959

EL ARBOL DE ESPANA, 1957

1 | 23 | 4 | 5 | 6

Jess Franco sur Internet movie Database: imdb.com | mondo-erotico | Affiches sur MOVIEMANIA

Google
 
Web www.clubdesmonstres.com

FILMS D'ESPAGNE

100 FILMS | INTRODUCTION | ART | ARCHIVES | BESTIAIRENOS CHOIX | COURRIER | DICTIONNAIRE VISUEL | EDWIGE FENECH | FIGURINES | FORUM | GAZETTE | LECTURES | LIENS | LUTTE | MP3 - WAV | REPORTAGES | RESSOURCES | PHOTOS | VISIONNEMENTS | VENTE