Les films de Kung Fu et Arts Martiaux ont maintenant leur page: KUNG FU, et les films d'épée: CHAMBARA, la série TROUBLESOME NIGHT, retrouvez aussi les films des réalisateurs TSUI HARKJOHNNY TO | RONNY YU

Mise à jour le 6 aoüt 2008

12 | 3 | 4

1999: THE DEADLY CAMP - Bowie Lau, 1999, Hong Kong

Des jeunes se rendent sur une île déserte et se font traquer puis assassiner par un lépreux armé d'une tronçonneuse et son fils handicapé mental. L'histoire de ce survival mineur se résume à cela, difficile d'étoffer plus en profondeur l'intrigue tant il n'y en a pas. Réalisé de manière énergique, bande son rock'n roll à l'appui, 1999: THE DEADLY CAMP est néanmoins d'une fadeur désarçonnante. Chaque meurtre perpétré par le bûcheron lépreux est réalisé hors champs, ne laissant éventuellement apparaître qu'un peu d'hémoglobine... Autant dire que Bowie Lau ne prend pas trop de risque, si ce n'est celui de passer pour une chochotte. Quant au fils du psychopathe, incarné par un gamin au faciès réellement bizarre, il est à peu près le seul élément à dégager quelque chose de malsain. Sa première apparition marque d'autant plus qu'on ne l'attend pas, mais surtout on le découvre en train de se faire uriner dessus par deux ados stupides. Et le pire c'est qu'il semble trouver ça bon. C'est sûr que ça ne fait pas dans la dentelle à Hong Kong, même dans les films de chochottes. Anthony Wong vient également cachetonner pour une présence d'une petite dizaine de minutes à l'écran, et nous offre la meilleure scène du film dans laquelle, sous la menace du lépreux, il montre au gamin retardé comment baiser sa femme. Il semblerait également que le DVD soit coupé, principalement en ce qui concerne certaines allusions sexuelles. Pour finir, notons que l'action du film se passe le 9 septembre 1999... Détail purement anecdotique dont on pourrait penser qu'il ait son importance, mais en fait non. Kerozene

2000 AD - Gordon Chan, 2000, Hong Kong

Deux nerds fans de jeux vidéos se voient bien malgré eux impliqués dans une affaire de virus informatique surpuissant. Les services secrets américains, de Singapour et les autorités de Hong Kong tentent de résoudre cette enquête au mieux, en fonction de leur propre intérêt. Mais comme rien n'est jamais simple, ce sont les bad guys qui tirent les ficelles, car ces salopards sont bien infiltrés au sein des organes de sécurité.

A priori, 2000 A.D. n'avait pas de quoi m'exciter la rétine. Les histoires d'espionnage sur fond de techno-industrie high-tech en plus menée par deux accros de la Playstation, ne sont pas franchement ma tasse de thé. Mais 2000 A.D. surprend. D'abord parce qu'il est très soigneusement produit et bien écrit, et ensuite, quand au bout de 25 minutes il se met à taper dans le tas, il tape vraiment très fort ! Soudain l'intrigue prend une nouvelle tournure, les enjeux deviennent réels, et l'action adopte des allures de tueries ultra-violentes: gunfights sanglants, cascades nerveuses (on regrettera l'utilisation abusive de ralentis "stroboscopiques")et face-à-face efficaces font de ce thriller high-tech une très bonne alternative aux films d'action hollywoodiens. 200 A.D. fut le plus gros carton du box office HK en l'an 2000. Kerozene

AB-NORMAL BEAUTY - Oxide Pang Chun, 2004, 98m, Hong Kong 

Deux jeunes femmes adeptes de photographie dédient chaque minute à leur passion. L'une d'elle adoptera une direction bien différente lorsqu'elle sera témoin d'un accident de voiture où l'envie de faire un cliché des victimes gagnera sur elle. Lentement, sa passion évoluera en une obsession des sujets morbides jusqu'à s'y perdre complètement. Engouffrée dans ce nouveau monde sombre où elle se détache de son entourage, un admirateur ayant la même passion plus développée observe, intrigué par son nouveau sujet...

Ce nouveau film de l'un des frères Pang est une très bonne surprise ! Scénarisé et produit par les jumeaux, le film ne recule pas devant son ambiance sombre comme à l'habitude avec un humour facile pour alléger le ton général. On décide de plonger jusqu'au bout avec sa ravissante héroïne (Race Wong, nouvelle venue) vers un univers décadent, parcourant les arts avec un oeil différent. Le film est baigné d'une photographie magnifique haute en couleurs (rouge, vert, bleu métal) et cadré fabuleusement ce qui n'est pas une grande surprise pour quiconque ayant vu le look d'un des films de ces frérots, toujours impeccable côté visuel. Ce n'est bien sûr pas parfait et parfois inégal, mais question de ne pas trop en dévoiler, je vais m'abstenir. Il en reste qu'on passe un moment malsain auprès de cinéastes qui deviennent de plus en plus intéressants de film en film. Avis aux coeurs sensibles: on se la joue dur là-dedans, mais ça demeure à voir absolument pour les fans du genre ! Bad Feeble

ACES GO PLACES 2 aka Zuijia paidang daxian shentong - Eric Tsang, 1983

Incrédulité et cascades extraordinaires incessantes sont au rendez-vous de ce deuxième volet de la série des ACES GO PLACES, dans lesquels on retrouve toute la démesure et la folie pure des hong-kongais.  Traité sur le ton de la comédie, cette aventure parodique narre les exploits de deux iconoclastes inoubliables, King Kong et Baldie. Rien ne leur échappe et ils réussissent l'exploit d'être les rois de la gaffe tout en étant des cascadeurs hors pair.  Peu importe l'intrigue, qui renvoie vaguement aux films d'espionnage américains (soulignons ici la signature thème du méchant garnement Black Glove, ainsi que sa ressemblance frappante avec Clint Eastwood) tout en gardant sa touche de folie chinoise et de non-sens hongkongais (les robots de toutes tailles et de toutes les couleurs); nous avons ici un film qui remet les sourires en place, qui n'ennuiera personne et qui vous donne le goût de voir les autres.  Ça commence en coup de vent avec la chanson-thème inoubliable et ça n'arrête plus jusqu'à la fin. Orloff

ARMAGEDDON aka Tian di xiong xin - Gordon Chan, 1997

En 1997, un jeune prodige ( Andy Lau ) de l'électronique est appelé à expliquer pourquoi toutes les liaisons satellites ont disparu pendant une demi-heure. Commence alors, avec la protection de son ami flic ( Anthony Wong ), suite à la disparition de scientifiques, une enquête sur les satellites et les scientifiques victimes d'auto combustion. Par la même occasion, il y a sa fiancée, morte, qui apparaît et disparaît à la surprise de tout le monde...

Curieux film, au début bien intrigant et plein de surprises, qui s'enlise dans une histoire de fantôme d'amour, pour finir par une pirouette colossale. Qui sait, en tout cas, je me suis dit: tout ça pour ça ? Un conte cynique en forme de fable sur la rétrocession à la Chine ? Mario Giguère

AU PAYS DE LA MAGIE NOIRE - Chin Ku-Lu, 1977, Hong Kong

Excellent petit film asiatique des années 70, qui mélange agréablement tous les genres : horreur, kung-fu, érotisme, jungle, vaudou... incroyable à l'écran!

Un jeune homme est chargé de retrouver son oncle dans la jungle d'une île perdue, et le chargement de bijoux qui va avec. Au bout de deux minutes de film, et à peine posé le pied dans la jungle qu'il est attaqué par des lépreux dont il est obligé de se défaire grâce à sa maîtrise du karaté.

En fait, il apprend qu'un sorcier tyrannique sévit sur l'île et sème la terreur, notamment en collant la lèpre aux gêneurs...

Il rencontre au hasard de son exploration (et après moult bastons) la grande prêtresse dont il tombe amoureux après qu'elle lui soit venue en aide. Mauvais plan pour lui, puisqu'il va lui promettre de se marier avec elle et revenir la chercher, mais elle lui colle une malédiction au train, du style "si tu touches une autre femme, elle mourra"!

Rentré au pays, et à la surprise générale du spectateur, il essaie de se faire toutes les nanas qui passent à sa portée (cavaleur avec ça!), et bien sûr les jeunes femmes mourront dans de stupides accidents, ce crétin! Il est alors obligé de prouver son réel envoûtement à la police qui le prend pour un taré en retournant sur l'île avec un flic (!!?), et en profitera par la même occasion pour se refarcir la prêtresse et délivrer l'île du mal!

Ouuuf! Et tout ça en 1h30, et ben bravo les gars, en tout cas, on ne s'est pas emmerdé une seule seconde!!

chapeau bas... Franfran

An AUTUMN'S TALE aka Chou tin dik tong wah - Mabel Chung, 1987, Hong Kong 

Dans l'abondante filmographie de Chow-Yun Fat, on ne parle pas toujours de ce film de Mabel Cheung, une réalisatrice qui s'est surtout spécialisée dans les drames. Réalisé en 1987, ce film se déroule à New York, en plein automne.

Jennifer, une jeune chinoise, y débarque pour aller étudier, espérant rencontrer son amoureux Vincent, qu'elle n'a pas vu depuis un bout de temps. Mais voilà, Vincent ne s'attendait pas à la voir surgir, et elle l'aperçoit au bras d'une compagne. Rupture et larmes. Pour ne rien arranger, elle tire le diable par la queue, habite dans un logement minable et ne parvient pas à oublier son bellâtre.

Heureusement, Figgy, un locataire de l'immeuble (Chow-Yun Fat), la prend en considération, l'aide à s'installer, la soutient dans ses efforts. Elle se trouve quelques boulots minables où on la considère plus ou moins. Le temps passant, la rupture avec Vincent paraît moins à vif, et les attentions de Figgy laissent de moins en moins d'ambiguïté : il s'est épris de Jennifer.

Voilà, en gros, un résumé d'une partie du film. On aura compris qu'on a affaire ici à un film intimiste et psychologique, loin des gunfights propres à un certain cinéma hong-kongais. Le risque du film était de verser dans le mélo, un autre penchant du film de Hong Kong qui lui a valu beaucoup de détracteurs.

Cependant, la réalisatrice opte pour la sobriété au lieu de gros effets et aboutit à une oeuvre " douce-amère " qui ne sacrifie pas à la démagogie ou à la facilité. On reconnaît d'ailleurs la touche féminine tout au long des 98 minutes, par les extérieurs et le climat.

AN AUTUMN'S TALE n'est évidemment pas destiné à tous les publics. La sobriété du film confine parfois à l'austérité et, puisqu'il s'agit d'un drame réaliste comme il s'en déroule chaque jour, on ne cherchera pas une originalité surréaliste au tout. Cependant, comme réflexion sur le déracinement de certains immigrés en Amérique, comme témoignage de l'errance dans les relations amoureuses contemporaines, le film est tout à fait valable et supplante une flopée de films de répertoire. En le prenant de cette manière, AN AUTUMN'S TALE est une réussite, mais il faut le visionner au moment propice pour en apprécier les composantes. Howard Vernon

BEYOND HYPOTHERMIA aka Sip si 32 doe - Patrick Leung, 1996

Réalisé par un ancien assistant-réalisateur de John Woo, ce film ne renie pas ses racines; le style du maître transparaît et l'histoire est influencée plus qu'un peu par THE KILLER. Toutefois, une certaine originalité demeure, et c'est une histoire émouvante que l'on nous présente ici, qui présente des moments forts et qui, surtout, culmine en une finale à tout casser qui nous laisse rivé à l'écran, un peu sonné. Orloff

BIO COPS aka Sheng hua te jing zhi sang shi ren wu - Wai Man Shang, 2000

Des scientifiques testent en labo un virus qui transforme les hommes en soldats invincibles, insensibles à la douleur. En fait, le soldat se transforme en zombie et se fait exploser la tête après avoir mordu un type à la jambe. Lequel type se retrouve en taule suite à une baston avec une triade de guignols. Dans sa cellule, la transformation s'opère, et sans attendre une seconde, il bouffe ses congénères qui se transforment à leur tour en zombie. Le commissariat devient un véritable nid à zombies dans lequel une poignée de survivants tente de survivre.

Produit typiquement hongkongais, le film mêle horreur et humour lourd à outrance. Seulement l'horreur est victime d'un budget plutôt mince et d'une mise en scène foireuse. Le pire, ce sont les effets spéciaux, les maquillages sont plus simplistes que ceux que Savini réalisa pour DAWN OF THE DEAD, et il y a cette scène ou un couple de survivants avance flingue en main et dégomme du zombie: les figurants zombifiés jettent littéralement des bras en plastique en l'air en marchant de façon ridicule. Ca passe douloureusement à l'écran. Kerozene

BIO-ZOMBIE - Wilson Yip, 1998, Hong Kong

Deux mecs paumés, travaillant pour un club vidéo dans un grand centre d'achat, ont la responsabilité d'aller chercher la voiture de leur patron. En cours de route ils renversent un homme qui transportait une mallette avec à l’intérieur une bouteille de soda qui s’avère être un produit chimique dilué dans une boisson. Ils vont la lui faire boire et mettre l'homme dans le coffre de voiture et retourner porter la voiture au centre d'achat. Un zombie sortira du coffre, pour commencer à semer la pagaille dans le centre. La réponse des Asiatiques a Dawn of the dead, avec du gore et une touche d'humour, et parodie même les jeux vidéo du genre resident evil, house of the dead et un gentil zombie (Sushy boy) qui tombe en amour avec une fille du centre d'achat, hilarant ce mort-vivant. Rana

BLACK MAGIC - Meng Hua Ho, 1975, Hong Kong

Une belle millionnaire rêve de s'envoyer en l'air avec un jeune ingénieur qui n'a d'yeux que pour sa fiancée. Furieuse, madame fatale fait appelle à un sorcier (Lo Lieh avec une perruque de beatnik grisonnant) adepte de la magie noire dans le but de lui lancer un sort qui le fera tomber dans son lit. Le résultat est sans appel et le pauvre délaisse sa bien aimée en pleine cérémonie de mariage, tel un vulgaire goujat. Pas franchement contente de se faire piquer son mec comme ça, la jeune mariée tente avec difficulté de raisonner son nouveau mari qui s'obstine à faire la sourde oreille. Son obstination fatigue très vite la richissime ensorceleuse qui fait à nouveau appelle au sorcier afin de se débarrasser une bonne fois pour toute de l'emmerdeuse...

Réalisé par le réalisateur le plus bis de la Shaw Brothers (Meng Hua Ho est responsable du COLOSSE DE HONG-KONG, de OILY MANIAC, de THE FLYING GUILLOTINE, etc...), BLACK MAGIC offre un généreux panel de moment de pur psychotronisme bien tordu: préparations de mixtures plus ou moins dangereuses à base de lait maternel extrait à même les seins de la demandeuse, incantations diverses, bataille de sorciers à grands coups de bibelots magiques, un peu de nus féminins quelques scènes de sexe, un berger allemand censé être très féroce qui ne cesse de remuer la queue et tirer la langue comme un bienheureux, des victimes de sortilèges souffrant de la présence sous-cutanée de vers visqueux, un gobage de mille-pattes, deux ou trous effets gores à base de peau de porc et de tripaille provenant de la boucherie du coin et quelques effets spéciaux bien old-school comme de bons gros éclairs bleus déchirant l'écran de haut en bas dans un vacarme tétanisant. Autant de bonnes choses qui rattrape le niveau un peu neuneu du scénario. L'ensemble est un peu maladroit, mais les images sont de toutes beautés, et si côté rythme on sent quelques faiblesses ici et là, on termine le film avec la satisfaction d'avoir vu un bon petit film de série B généreux et pas si mal branlé. Kerozene

BLOODY BEAST aka Leng xue ren lang - Tak-Sing Tam/Chuen Yueng, 1994, Hong Kong

Un prisonnier qui tente de se suicider finit par passer aux aveux et raconte ses crimes sordides. Lorsque sa mère décède, notre homme devient la ménagère de la maison, méprisé par son père et sa soeur volage. Voyeur par excellence, il deviendra nécrophile, tuant de jeunes mères avec son petit marteau pour satisfaire ses bas instincts.

On vogue sur la vague du film EBOLA SYNDROME, sordide et glauque, mais en moins intéressant. Les forces de l'ordre sont idiotes, sauf pour l'arnaque finale inédite. N'est pas Anthony Wong qui veut. Évitable. Mario Giguère

  BONS BAISERS DE PEKIN aka FROM BEIJING WITH LOVE; FROM CHINA WITH LOVE - Stephen Chow & Lik-Chi Lee avec Stephen Chow, Anita Yuen, Pauline Chan, Kam-Kong Wong, 1993, Hong Kong

Voici la première réalisation de Stephen Chow, ici en collaboration avec Lik-Chi Lee (le diptyque ONCE UPON A TIME A HERO IN CHINA). Et comme pour bien commencer son entrée dans le monde de la réalisation, notre trublion décide d'afficher franchement ses influences occidentales en ne parodiant nul autre que l'agent secret le moins secret de la planète, à savoir James Bond en personne. Chow s'octroie donc le matricule 007 et prend un malin plaisir à tourner en dérision la perfection de l'agent britannique tout en prenant bien soin de conserver tout ce qui en fait sa grande classe: charme, élégance, cynisme, martini dry... Mais ce 007 là s'avère être un piètre élément des services. Sur la touche depuis dix pour cause " de QI trop peu élevé et d'une trop petite taille ", il travaille en tant que boucher tout en espérant se voir un jour attribuer une mission, chose qui ne tarde pas à arriver après que l'agent 002 se soit fait tuer par un homme au pistolet d'or vêtu d'une armure indestructible et qui vient de dérober un gigantesque crâne de dinosaure, propriété de la Chine impériale. Sa mission est donc simple : retrouver le crâne et éliminer ce mystérieux homme au pistolet d'or...

L'histoire du film ainsi que ses nombreux gags ne sont pas spécialement surprenants. L'univers Bondien est en effet une cible facile pour les parodies et certaines blagues paraissent inévitables, comme les incontournables étalages de gadgets inutiles ou au fonctionnement absurde. L'occasion pour Chow de rire de son héros narcissique qui dévoile une panoplie d'ustensiles géniaux comme le téléphone-rasoir électrique, le sèche-cheveux-téléphone ou la chaussure-sèche-cheveux... Éléments évidemment indispensables à tout agent secret digne de ce nom. En revanche, ce qui surprend nettement plus, c'est la violence exacerbée du film qui détonne radicalement d'avec le ton général du métrage. L'ouverture se fait sur un gros gunfight à la John Woo où l'agent 002 aligne les cadavres avec un panache typiquement hongkongais, les effluves de sang ne sont pas rares, un homme se fait tirer trois balles dans la tête devant son petit garçon, et certains gags s'avèrent même cruels - voir pour cela la scène du revolver qui tire à l'envers ou celle de l'extraction de balle au couteau de boucher.

Chow en fait beaucoup, peut-être même un peu trop à certains moments, dans cette déclaration d'amour aux aventures de James Bond. Mais une déclaration ponctuée de critiques, de reproches et peut-être même de regrets. L'agent britannique, il l'adore, mais il faut bien admettre que tout au long de sa carrière, il est apparu dans quelques aventures un rien ridicules et dû faire face à des méchants pas toujours convaincants qui poussaient finalement la saga James Bond vers l'auto-parodie. C'est sans doute pour cette raison que le personnage de Requin se voit ici complètement ridiculisé. Et puis la franchise originelle manque peut-être aussi de femmes fortes (en tout cas jusqu'à la sortie du film de Chow), la James Bond girl étant principalement là pour ajouter une touche de charme à des films menés par un personnage un rien macho. Ici, la femme utilise ses atouts comme à arme offensive au sens littéral du terme, c'est-à-dire chaudement, on n'est donc pas tellement surpris de voir débarquer une femme fatale au soutien-gorge lance-flamme ! Dommage que l'on perde beaucoup de l'humour du film avec la traduction, mais ce BONS BAISERS DE PEKIN fait tout de même plaisir à voir, même si imparfaits, même si l'humour hongkongais reste toujours aussi hénaurme et est rarement fin, même si la musique (parodiant évidemment le thème de John Barry) est par moment insupportable. Le fait est que le film fait rire, surprend de par ses partis pris parfois brutaux et pose un regard finalement plus intéressant et réfléchi qu'il n'y paraît sur l'une des plus grosses et plus rentables franchises de l'Histoire du cinéma. Kerozene

Les BOYS EN ENFER aka JUNGLE HEAT - Jobic Wong avec Sam Jones, 1984, Hong Kong

A quelques semaines de la fin de la Guerre du Viêt-Nam, l'armée américaine entraîne une vingtaine de soldats locaux afin des les envoyer traverser les lignes ennemis au volant d'un convoi de camions chargés d'armes et de munition. Leur périple se déroule alors au plus mal: suite à un accident à l'issue duquel périt l'un des leur, tous les membres de notre petite équipe se font capturer par une bande de guérilleros viet-cong dirigés pour un psychopathe gras du bide et chevelu. Et alors que le film avait débuté dans une ambiance grassement rigolarde avec entraînement des volontaires sous les ordres de Sam Jones (FLASH GORDON) et visites de routine dans des bars à putes alcoolisés (et dans lesquels on fait des bras de fer au-dessus de tessons de bouteilles), il se voit soudainement prendre une direction inattendue. Le chef de guérilla est justement sur le point d'exécuter un de ses prisonniers. Enterré jusqu'au cou, seule la tête de la victime est visible, exposée sous un soleil de plomb. Un homme commence alors à lui raser le crâne au rasoir, puis, avec le même rasoir, gras-double fend le haut du crâne, créant ainsi une ouverture de taille plus que généreuse d'où pissent quelques décilitres d'hémoglobine. Puis il verse dans l'ouverture le contenu d'une bouteille d'acide ayant pour effet d'ébouillanter le cerveau de la victime qui, dans un ralentit morbide, s'extirpera d'elle même hors de son enveloppe cutanée!!! Vous avez dit gore?

Ainsi commencent les hostilités de cette pelloche diablement bordellique, à la limite du compréhensible. Les faux raccords sont légions, la continuité inexistante, les scènes inachevées, rendant la lisibilité de la chose quasiment nulle, en particulier lors des quelques gunfights forestiers qui ponctuent le film ici et là - ainsi que lors des rares scènes de dialogues complètement surréalistes qui tentent de vaguement mettre en avant un semblant de mélodrame amoureux. Du côté des scènes gratinées, on atteint rarement l'outrance et le niveau de perversité de celle précitée. On assiste tout de même à un prisonnier devant se déchiqueter les mains pour pouvoir s'évader ou à un pauvre quidam se faisant scier l'estomac par deux bûcherons improvisés! Notons que la VHS française sortie chez René Chateau a été amputée d'une scène de brutalité animale dans laquelle un rat enflammé court sur les jambe arrosée d'essence de quelques prisonniers, provoquant ainsi le brasier que l'on imagine. Cerise sur le gâteau: le "jeu" locale consistant à piloter une moto sous la remorque d'un camion lancé à toute allure - le but étant de ne pas se faire éclater la tronche, ce qui ne manque pas d'arrivée.

LES BOYS EN ENFER (merci aux distributeurs français pour ce titre croustillant) est franchement déglingué et extrêmement mal foutu, par moment pitoyable et désolant, mais il contient en même temps quelques pépites de pur cinéma trash si exubérantes qu'il est impossible de ne pas lui trouver un petit quelque chose d'attachant... Ne serait-ce aussi que pour la présence de l'ancien espoir des blockbusters Sam Jones, ici risible en sergent mesurant deux têtes de plus que ses camarades asiatiques, et dont le rôle s'avère finalement être secondaire. Kerozene

a CHINESE EROTIC GHOST STORY aka Yuk lui liu chai - Kin-Nam Cho, 1998

Un petit colporteur, marié à une femme flemmarde qui ronfle, possède une toute petite bite. En plus, il merde a son boulot parce que trop gentil. Mais, suite à un pari fait par son boss, il se rend dans un temple et rencontre Lu, une sorte de mage qui le sauvera d'une vampire nymphomane. Généreux, Lu lui change sa femme en maîtresse de maison exemplaire et l'affuble d'une bite magique qui parle, représentée par un moine Shaolin. Dès lors, il ne peut plus se retenir et nique comme un chef. Il peut même le faire distance: sa bite se détache, vole dans les airs et pénètre l'être désiré. Des plans montrent notre bite magique (le moine donc) dans une grotte rougeâtre dans laquelle il crache du liquide blanc ! Hallucinant ! Et tellement drôle ! Bien entendu, notre héros choppe la grosse tête et il fout tout en l'air.

Gentille parodie érotique de HISTOIRES DE FANTOMES CHINOIS, avec plein de jolies chinoises, beaucoup d'humour, et surtout cette bite magique. On a aussi droit à l'evil dick à un moment, celle-ci possède des cornes ! Un bon moment. Kerozene

a CHINESE TALL STORY aka Ching din dai sing - Jefrfrey Lau avec Nicolas Tse, Charlene Choi, Bingbing Fan, 2005, Hong Kong/Chine

Le Roi Singe et ses amis Piggy et Sand Monk reviennent au royaume lorsque qu'une armée de créatures démoniaque envahissent l'endroit. Tripitaka, qui ne jure que par la diplomatie, la négociation et l'amour pour se défaire de l'ennemi, est expulsé avec une perche d'or magique par le Roi Singe. Atterri dans un village de diablotins qui ne rêve qu'à le manger pour devenir immortels, il est protégé par Meiyan, une diablotine particulièrement laide qui s'amourache rapidement de lui. Ensemble, avec la perche d'or, ils devront trouver un moyen de sauver le royaume, alors qu'un gigantesque vaisseau spatial apparaît dans le ciel...

On se croit devant un film pour enfants mais rapidement l'humour est décalé et la folie la plus débridée s'empare du scénario ! Sur une belle musique de compositeur attitré d'Hayao Miyazaki, le réalisateur scénariste multiplie les écarts de conduite avec ses personnages absurdes. L'Armée d'insectes est en animation digitale, tout comme la séquence finale ou la laide Meylan devient, on s'y attendait, un véritable ange, mais un ange qui se transforme en machine guerrière implacable. Les conséquences pour le Karma de ce beau monde seront terribles et ironiques, avec un cameo de Gordon Liu, sans compter un Dieu apparu du plancher céleste ! Surprises constantes, personnages dévergondés, princesse de l'espace qui fument, gros clin d'oeil à Spiderman, on se permet tout, ce qui nous laisse constamment étonné. Une agréable surprise jouissive. Mario Giguère

A CHINESE TORTURE CHAMBER STORY aka Man qing shi da ku xing - Bosco Lam, 1995

Après un prologue se complaisant dans la torture gore barbare où nous assistons entre autre à une castration et un écorchement, nous suivons l'histoire de Little Cabage racontée à grand renfort de flash back.

Little Cabage est une jeune fille, vierge, qui est "achetée" par un jeune seigneur lettré fasciné par la taille de ses tous petits pieds. Gênée, mais flattée, elle accepte. Mais la femme du seigneur ne voit pas la chose d'un si bon oeil et dès que son mari s'éloigne de la maison, non seulement elle se fait culbuter par le pharmacien, mais en plus elle marie Little Cabage au gars qui a la plus grande bite du village. Et quelle bite ! Elle lui descend jusqu'aux chevilles ! Triste, il ne peut faire l'amour par risque de tuer sa femme... Mais la femme du jeune seigneur n'en reste pas là, elle fait en sorte d'administrer une forte dose d'aphrodisiaque à Mr. Big Dick, ce qui entraînera sa mort par explosion phallique.

Little Cabage est alors accusée de meurtre et d'adultère avec le jeune seigneur. Elle nie, et subit donc un nombre varié de torture infligée avec divers outils tous plus tordus les uns que les autres.

Une scène marque particulièrement les mémoires: un couple d'experts en art martiaux s’envoie littéralement en l'air en infligeant les prises le plus inattendues à plusieurs mètres au-dessus du sol: broute minou, maxi fellation, marteau-pillonage, 69 aérien, etc... le tout à un rythme effréné, et néanmoins hilarant.

Au final, l'histoire est évidemment un prétexte à une série de scène de torture tout de même moins hard que LA MARQUE DU DIABLE, entrecoupée de scène gentiment érotiques et de dialogues assez drôles.

Un bon catégorie III. Kerozene

12 | 3 | 4

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