J'adore l'univers cinématographique japonais depuis ma tendre enfance, enfance bercée par les séries télé japonaises, autant animées, tel Mini Fée, qu'en caoutchouc, tel Ultraman, sans oublier Godzilla et les Monstres Géants et tous les superbes films de la compagnie Toho. Toho qui a marqué le renouveau du fantastique japonais en 1998 avec le superbe film RING... Hayao Miyazaki, Yasuzo Masumura et Takashi Miike ont leur propre page ainsi que les films de sabre dans Chambara et les séries RING et TOMIE sans oublier les Téléséries

mise à jour le 28 février 2008 

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ALL-OUT NINE: THE FIELD OF NIGHTMARES Gyakkyou 9 avec Tetsuji Tamayama, Maki Horikita, 2005, Japon, 115m

Toshi est l'équivalent de Charlie Brown, capitaine d'une équipe de Baseball qui n'a gagné aucun match durant toute l'année ! Le directeur de l'école lui annonce qu'il transformera le terrain en surface pour jouer au soccer, l'équipe de soccer connaissant du succès ! Toshi décide d"affronter l'adversité et d'amener son équipe aux finales nationales, mais l'adversité se pointe de manière continue et implacable tout au long du film. Pendant ce temps dans l'espace, un monolithe s'approche de la terre...

Pas facile de résumer cette adaptation folle d'un manga qui se permet tout. Les monolithes, car ils sont plusieurs, sont des blocs ou sont gravés des messages cosmiques destinés à Toshi, comme: C'EST TA FAUTE ! Le directeur appointe un gérant à l'équipe, un ancien lutteur masqué devenu professeur aux conseils aussi stupides qu'efficaces. Toshi laisse même tomber l'équipe, choisissant l'amour par opposition au baseball, sapristi. Il reviendra au grand tournoi au moment ou son équipe perd 112 à zéro! Complètement fou, absurde et tellement jouissif. À voir pour le croire. Mario Giguère

ALONG WITH GHOSTS : YOKAI MONSTERS 3 aka Tokaido abaketo chu - Yoshiyuki Kuroda/Kimiyoshi Yasuda, 1969, Japon

Un viel homme flaire un complot pour tuer un homme chargé de livrer des papiers incriminants pour un seigneur local. Mis à mort par les sbires du méchant, il a le temps de supplier la jeune fille de sept ans qu'il élevait d'aller rejoindre son père dans un village éloigné. Il a aussi eu le temps d'avertir les criminels que s'ils versaient du sang dans cette partie de la forêt, les esprits et fantômes Yokai vont leur faire un mauvais parti. On suit la petite, poursuivie car elle aurait sur elle les papiers recherchés !

Les 101 monstres et esprits Yokai sont beaucoup moins présents dans cet épisode, mais on ne s'ennuie pas pour autant. Le récit, tout en étant fort classique, ménage des surprises et la petite actrice est bonne et attachante. Les esprits sont donc encore très théâtraux, des masques grotesques néanmoins efficaces. Ce film conclu la série sur une note plus sobre mais fort intéressante. Mario Giguère

Les ANGES VIOLÉS aka VIOLATED ANGELS aka VIOLATED WOMEN IN WHITE aka OKASARETA HAKUI - Koji Wakamatsu, 1967, Japon

Dans un dortoir d'infirmières, quatre jeunes filles observent dans l'ombre deux de leurs collègues s'adonner aux joies du saphisme. Excitées, elles ramènent un homme égaré et l'obligent à regarder à son tour les deux filles se caresser. C'est alors qu'il se retourne en hurlant, sort un pistolet de sa poche, tire sur deux des filles et tient en joue les quatre restantes. Une à une, les survivantes vont tenter de le raisonner à leur manière. L'une s'essaie au jeu de la séduction, mais la névrose et la frustration de l'homme magnifiées par des images quasi psychédéliques auront raison d'elle de la manière la plus atroce puisqu'il lui enfonce le canon de son arme dans le vagin de la fille avant de tirer. Une autre tente de jouer sur une éventuelle corde sensible en mentionnant le fait qu'elle est mère de famille et qu'il s'attaque aux anges blancs (les infirmières donc - des êtres forcément doués d'une grande bonté), mais sa folie le pousse à s'en prendre à une autre qu'il lacère au rasoir. La dernière s'approche alors de lui et l'aborde avec une naïveté infantile qui a pour effet de le désarmer sur le champ. L'innocence et la pureté de cette fille seront leur salut à tout deux...

LES ANGES VIOLES est un film très court: il dure moins d'une heure. Mais il en dit plus sur le genre humain que de nombreux film fleuve. Les propos de Wakamatsu semblent en tous cas empreints d'un pessimisme renversant. Selon lui, ses films doivent être interprétés par les spectateurs, il considère que ce n'est pas à lui de donner un sens à ce qu'il film. Alors admettons et allons-y: selon moi-même, Wakamatsu appelle le genre humain à la régression. Pas la régression du statut d'être humain à celui de primate, mais celui de créature douée de réflexion et d'analyse à celui d'être simple et spontané. En regardant un peu le parcours de l'auteur et ses affiliations politiques, il pourrait s'agir d'un constat comme quoi la société dans laquelle nous vivons force l'Homme à se soucier de manière excessive aux lendemains, exercice provoquant inévitablement un sentiment d'incertitude et de peur pouvant déboucher sur une forte paranoïa, voire sur de la misanthropie. Seul moyen de s'en défaire: vivre au jour le jour et ne porter qu'un minimum de jugement sur les événements environnants. Voila qui semble bien contradictoire étant donné qu'un homme comme Wakamatsu est très critique envers les personnes dénuées de capacité de jugement, mais c'est ce que le film m'inspire... Une deuxième vision me fera peut-être comprendre autre chose, qui sait. Car il est vrai que le film possède quelque chose d'abstrait, d'onirique, notamment ces scènes d'hallucinations lors desquelles notre homme se sent harceler par ces six femmes moqueuses, ou celle en couleur cassant le ton jusqu'ici monochrome d'une image noire et blanche pour présenter une théâtralisation sanglante de la rédemption, puis, enfin, la scène finale se déroulant sur un bord de mer, presque enchanteresse après le bain de sang qui vient de s'écouler. LES ANGES VIOLES est un film dur mais beau, monstrueux mais humain, une sorte de contradiction poétique d'une grande beauté plastique. Kerozene

ASHURA aka aka Asurajo no Hitomi - Yojiro Takita, 2005, Japon, 119m

Un chasseur de démon retraité qui fait l'acteur dans un théâtre kabuki reprend du service lorsque qu'une jeune fille qui suscite chez lui un envie sexuel intense se trouve à être poursuivi par des hordes de démons qui voient en elle le vecteur qui amènera à ressusciter Ashura le roi des démons qui amènera mort et désolation de sur le monde !

Ce film est l'adaptation d'une pièce de théâtre intitulé "Blood Gets In Your Eyes" qui a eu un immense succès au Japon. ASHURA est un film en costume qui offre beaucoup d'effets visuels, de l'humour et du merveilleux. Les combats de sabres offrent le minimum syndical recherché et ne durent jamais tellement longtemps. La scène d'ouverture avec les 3 chasseurs qui tuent un village entier peuplé de démons est à voir. L'intérêt du film se trouve à être au niveau de l'interprétation et à la magie des situations (passages parallèles, couleurs, etc.). Le film, par contre, déborde de longueurs à regarder seulement pour ceux qui aiment le genre. Black Knight

AVALON - Mamoru Oshii, 2001 

Dans le futur, les jeunes qui s'emmerdent pratiquent le jeu Avalon, un jeu de réalité virtuelle qui peut provoquer de graves lésions au cerveau et changer ainsi les joueurs en légume. Ash est une joueuse réputée super balèze, elle dégomme tout, elle a un style, elle est redoutée. Un jour, on lui parle de Bishop, un personnage encore plus balèze, et de Ghost, une fillette qui apparaîtrait à un certain moment et qui permetterait d'accéder à un niveau du jeu supérieur.

Après le plutôt chiant GHOST IN THE SHELL, Oshii embarque son matos pour la Pologne et nous torche un film visuellement époustouflant. Pas d'animation donc, mais un univers unique, constamment baigné dans le sépia. Le rythme très lent et contemplatif est propre à Oshii, mais je l'ai personnellement bien aimé, et contrairement à certaine personne, je ne me suis pas trop emmerdé comme à GHOST IN THE SHELL. Étrange, tout de même, ce film japonais tourné en polonais, au rythme très lent et à la bande son opéra, un projet commercialement casse-gueule, tellement qu'en France ils ont annulé la sortie cinéma. Kerozene

Finalement la sortie cinéma en France aura eu lieu , une info de Popman, merci !

J'ai mis la main sur le dvd au quartier chinois, quelle belle surprise ! J'avais lu des entrevues et le projet ne m'était pas inconnu, mais je suis tombé sous le charme de l'imagerie, prises de vue réelles retravaillées et animations digitales ajoutées. Les acteurs sont dans le ton et le récit intrigue. Je ne suis pas un joueur de vidéo, mais l'actrice principale, les costumes et décors, la machinerie, la musique de Kenji Kawai ( RING ) envoûtent. Mario Giguère

L'AVENTURE DE DENCHU KOZO aka Denchu Kozo no boken- Shinya Tsukamoto - 1987 

Du trash en veux-tu en voilà avec ce film anté-tetsuo de Tsukamoto.

Film de 47 minutes où toute la dinguerie et l'univers singulier du réalisateur s'exprime pleinement, avec tout ce qui a fait son "succès", c'est à dire les plans images par images accélérés, les couleurs glauques, les univers bizarres et les histoires toutes droites sorties du cerveau d'un fou.

Ici, un jeune homme affublé d'un poteau électrique fiché dans le dos se retrouve projeté dans le futur par une machine de son invention, futur où domine une race de vampires craignant la lumière du soleil (comme tous les vampires remarquez...).

Impossible de raconter vraiment ce qu'il se passe là dedans tant c'est le bordel, mais ce qui est sûr c'est qu'on en prend plein la gueule!

Du bon glauque ultra technique (paradoxal mais bon...), musique excellemment bien choisie, images surréalistes en pagaille; en gros c'est assez bon quoi! Franfran

BATTLEFIELD BASEBALL aka BATTLEFIELD STADIUM - Yudai Yamaguchi, 2003, Japon 

Le coach de l'équipe de baseball d'un collège nippon rêve de mener ses joueurs à la victoire. Malheureusement, il leur faut faire face à la terrible team de Geido High, un ramassis de brutes sanguinaires zombiesque et totalement destroy qui jouent selon leur propre règle: aucune. On s'attend alors à voir devant nos yeux la version trash et déjantée d'un tournoi de baseball et au final on se ramasse un amoncellement de blagues crétinoïdes qui englobent tristement une fable hystérico-moralisatrice menée par des personnages vociférant sans cesse et ponctuée de quelques maquillages gores et de bastons illisibles. On sent que cette production Ryuhei Kitamura désire se rapprocher d'un esprit à la Troma mais ce manga live décérébré et complètement con désole au lieu de faire rire, agace au lieu de divertir et surtout, prend un soin incompréhensible à ne finalement heurter personne puisque tout le monde ressuscite grâce à une larme versée par notre héros qui culpabilise injustement... Tous, sauf le poivrot qui lui meurt d'alcoolisme, laissant derrière lui un pauvre toutou orphelin. Autant de conneries, ça me donne envie d'un pastis. A la votre. Kerozene

BATTLE ROYALE - Kinji Fukasaku , 2000, Japon

À l'arrivée du 21ème siècle, l’économie s'effondre et le chômage augmente. 800,000 étudiants Japonais font la grève. Le gouvernement passe le décret BR, Battle Royale, et chaque année il envoie au hasard une classe d'ados sur une île s’entre-tuer en moins de trois jours. Le gagnant, qui doit être le dernier survivant, remporte sa liberté !

Complètement débile comme départ et rempli d'hémoglobine, le film se regarde comme un énorme contre-point à ces films d'enfants qui tuent les adultes. Il y a bien des références à Fortress avec les colliers qui explosent si on s'éloigne de l'île, mais l'ensemble est bien fait et comporte son lot de scènes astucieuses avec parfois des élans de philosophies mielleuses. Incroyable qu'un réalisateur de 70 ans, qui nous a apporté jadis THE GREEN SLIME, s'adonne avec tant de vigueur à cet exercice gore. Un sacré conflit de générations !  Mario Giguère

BATTLE ROYALE II: REQUIEM - Kinji & Kenta Fukasaku, 2003, Japon 

Les cancres japonais ont décidé de foutre le boxon: les survivants du premier BATTLE ROYALE sont devenus des terroristes de grande envergure, font péter des buildings, sèment le chaos, tout ça parce que les adultes sont des méchants qui ne méritent que le mépris. Reclus sur une île fortifiée, les terroristes déciment les militaires qui tentent d'y mettre les pieds. Le gouvernement monte alors Battle Royale II: une classe de glandeurs est débauchée pour prendre d'assaut l'île en question et éliminer ces salauds de terroristes juvéniles. Ceux qui refusent sont immédiatement exécutés, et pour les autres, ils doivent porter un collier explosif les obligeant à obtempérer... 

Voila une suite qui n'a ni la saveur, ni l'intelligence de son modèle. Tout commence comme une caricature du premier film avec un meneur des plus grotesques pour ensuite verser dans une version ado-niponnes de SAVING PRIVATE RYAN lors du débarquement sur la fameuse île. Jusque là, ça n'est peut-être pas folichon, mais ça diverti: ça se flingue dans tous les sens, le body count prend des allures de charnier sanglant, on a droit à des explosions meurtrières, à une fille qui se fait pipi dessus, à des hurlements à tout va... puis vient la rencontre des jeunes soldats malgré eux avec les jeunes terroristes. Et dès ce moment, tout s'enlise dans la mouise bavarde pleine de faux sentimentalisme de bas étage. On se questionne sur l'avenir ("nous allons devenir des adultes un jour..." ben ouais mec, la vie est dégueulasse... ), on se déteste puis on se sert dans les bras, on s'unit dans la douleur sans trop savoir pourquoi et on se sacrifie pour un idéal impensable. Takeshi Kitano fait la guest star lors d'un flash-back de sa fille qui ne l'a jamais aimé. Son remplaçant nous fait une crise de delirium tremens en chérissant un ballon de football américain, le sang gicle à grand renfort d'image de synthèse... et tout ça dure plus de deux heures sans jamais réussir à susciter de véritable intérêt. Triste. Kerozene

The BIG SLAUGHTER CLUB - Hitoshi Ishikawa, 2003, Japon, 71m

Hiroe, une collégienne qui se prostitue à temps partiel, tue accidentellement son client Kazeko (Ken'ichi Endo) à l'intérieur d'une chambre d'hôtel. Cette dernière fait appelle à ses amies et vont l'enterrer dans les bois. Quelques jours plus tard, Hiroe est hantée par la présence surnaturelle de Kazeko qui veut se venger. Troublée, elle invite ses amies dans les bois pour l'exhumer. Kazeko se réveille et désire les tuer toutes !

Cette chose exécrable qui ne mérite même pas d'être appelé un film est sortie au Japon pendant une semaine et a connu ensuite un énorme succès en cassettes vidéos. Et c'est probablement dû à la présence de Ken'ichi Endo (le père de famille de VISITOR Q). Parce que le film est d'une incroyable médiocrité ! Ne vous fiez surtout pas aux images sanglantes du programme, il s'agit d'un appât. Tourné en vidéo avec un budget zéro. The Big Slaughter Club déçoit énormement. Voici probablement l'un des films le plus nul que j'ai eu la chance de voir de ma vie ! En tout cas, indigne d'être présenté à l'intérieur d'un festival. Erreurs de continuités, Problèmes de rythmes, photographié par un aveugle, effets spéciaux primaires, nommés les ! Tous les défauts que peuvent avoir un film sont ici. On se demande qu'est-ce que Ken'ichi Endo fait dans cette galère. Peut être est-ce dû au fait que Hitoshi Ishikawa était le scénariste de DEAD OR ALIVE 3 ? Et bien qu'il reste loin d'une caméra et qu'il retourne dans ses scénarios pour Takashi Miike ou qu'il continue à tourner des pornos ! Le film plan par plan copie avec maladresse THE FOG, EVIL DEAD 2 (Ken'ichi Endo joue avec sa main possédée, se casse des assiettes sur la tête. coupe sa main qui s'en va faire un tour dans l'espace), SUSPIRIA, RING, I KNOW WHAT YOUR DID LAST SUMMER, etc. Pour réussir à passer à travers les pénibles 71 minutes on nommait toutes les références !

Si vous avez des billets, faites vous rembourser au plus vite ! Vous ne méritez pas de subir pareille châtiment ! Black Knight

the BLACK ANGEL aka Kuro no tenshi - Takashi Ishii, 1997

Le prolifique Takeshi Ishii s'est engagé dans une bien drôle de voie depuis peu. Il s'est mis en tête de raconter les histoires de pègre japonaise les plus sombres qui soient... Et a ma foi très bien réussi. Après les GONIN vient donc cette "série" de deux films, THE BLACK ANGEL 1 & 2. J'ignore de quoi à l'air le 2 mais celui-ci se laisse regarder comme un charme. Bourré de plans-séquences imaginatifs, de personnages à l'âme trouble, de séquences de tueries à couper le souffle, il incarne tout le renouveau dans le cinéma japonais moderne. Comment oublier ce blondinet amateur de rap et de breakdance, cette Ikko si mignonne qui flingue tous ceux qui barrent sa route, et leur chorégraphie si incongrue ? Définitivement une bonne conjugaison de plaisir et de réflexion. Orloff

BLACK KISS aka Synchronicity aka Shinkuronishiti - Makoto Tezuka avec Masanobu Ando, Angie, Reika Hashimoto, Seri Iwahori, 2004, Japon, 133m

Black Kiss s'ouvre sur un meurtre sadique aperçu de la fenêtre de l'immeuble en face par une jeune mannequin, Asuka, fraîche débarquée chez une fille à la réputation sulfureuse, Kasumi. Tous les gens qui connaissent Kasumi trop longtemps meurent, ses deux derniers copains s'étant suicidés, sa dernière co-chambreuse ayant disparue il y a deux semaines. Le meurtre n'a pu être pratiqué que par un sadique aux connaissances médicales poussées et doublé d'un magicien car nul ne sait comment il a pu sortir de la pièce ! Les suspects se multiplient, les révélations sur le passé des protagonistes aidant, au point ou l'on soupçonne trop de gens. Un ancien expert de tueurs en série aide la police, mais ses connaissances font de lui aussi un type qui en sait trop. Pendant ce temps un policier chargé de l'enquête reçoit des parties de corps coupés toujours vivant...

Ca sent le giallo japonais ! Mélange adroit d'influences d'Hitchcock, Argento, Bava et Brian De Palma, Black Kiss multiplie et brouille les pistes. Soeurs jumelles, split-screnn, mannequins dans des poses meurtrières, mains gantées de cuir noir, fenêtre sur cour, motel Bat's ! On nage dans les hommages, mais bien ficelés dans un récit qui ne donnera pas toutes les réponses, mais captivera jusqu'à un final avec un ennemi au look époustouflant. Une véritable surprise. Mario Giguère

The BLESSING BELL aka Kôfuku no kane - Sabu (Hiroyuki Tanaka), 2002, Japon 

Un matin comme tous les autres, un homme (Susumu Terajima) marche pour se rendre au travail. Les portes sont fermées, chaînes à l'appui, l'entrepôt est fermé, plus d'emploi. Sans dire mot (de tout le film d'ailleurs), il continue de marcher ce qui le mènera à rencontrer différents personnages et différentes situations magnifiquement amenées, tous plus jouissives, loufoques ou chargées d'émotions (sans tomber dans l'eau de rose) les unes que les autres.

Sabu signe ici un film tout simple, tout en douceur, qui demeure captivant avec son personnage muet observant ce qui se passe autour de lui. Le résumé peut sonner comme étant un film lourd et destiné à un public restreint, mais il n'en est rien, étant plutôt orchestré de mains de maître sans aucun ennui. Le film dégage une certaine aura de bonne humeur comme c'était le cas avec le film précédent du cinéaste (le très bon DRIVE), mais ici, le film atteint des niveaux encore plus jouissifs par toute sa simplicité et ses entre-croisements de situations encore plus poussés.

Tout demeure coïncidence avec des rebondissements imprévisibles où notre marcheur y découvre avec nous des surprises qui le mèneront en prison après avoir été accusé de meurtre, à l'hôpital après s'être fait frapper par un automobiliste fuyard, à la loto après avoir gagné un gros montant, dans une maison pour sauver des enfants (!), dans un état particulier en apercevant des fantômes, etc. Sabu est en pleine forme et Terajima (le " prêtre " dans DRIVE) demeure captivant avec son charisme indéfinissable et les deux nous concocte un petit chef d'oeuvre sans prétention qui ferait bon de redécouvrir. On peut également noter la présence du grand cinéaste Seijun Suzuki dans un petit rôle ajoutant une certaine profondeur à sa brève apparition. Un des meilleurs films que j'ai vu au festival. À voir sans aucun doute ! Bad Feeble

BLIND BEAST VS. KILLER DWARF - Teruo Ishii, 2001, Japon

Pour le dernier film de sa carrière, Teruo Ishii s'est (re)penché sur l'œuvre d'Edogawa Rampo et plutôt que de n'adapter qu'un de ses récits, il s'est carrément mis en tête de fusionner deux histoires. D'un côté celle de "La Bête Aveugle", précédemment mise en image de manière fulgurante par Yasuzo Masumura (1969), de l'autre celle de "Issunbôshi" qui tourne autour d'un nain tueur. On retrouve donc les aventures masochistes du sculpteur aveugle kidnappant un modèle populaire - ici une danseuse du Moulin Rouge (?) avec qui il fini par connaître une relation fusionnelle au sein de son atelier fantasmagorique. Si ce dernier était époustouflant chez Masumura, il apparaît ici totalement minable, bricolé avec quelques vulgaires morceaux de papier mâché et des éclairages roses, verts et bleus qui ressemblent à la déco d'une vitrine de sex-shop en période de Noël. En parallèle, Ishii raconte l'étrange histoire d'un nain obsédé sexuel (incarné par Little Frankie, qui porta le costume de Godzilla Junior dans GODZILLA VS. SPACE GODZILLA) qui se ballade parfois avec des membres humains. Ces histoires intéressent un jeune écrivain de romans de gare qui prend contact avec un détective privé (Shinya Tsukamoto) dans le but de trouver matière à des futurs best-sellers. L'enquête chaotique et quasiment incompréhensible est résolue les doigts dans le nez par notre fin limier qui parvient même à mettre en parallèle une compétition entre la Bête aveugle et le nain meurtrier dont le vainqueur est celui qui aura kidnappé le plus grand nombre de femmes. " Ah bon ? " se dit alors le spectateur dubitatif. Pas de face à face entre nos deux criminels. Même pas de scènes communes. Juste un constat final qui pue le foutage de gueule.

Avec son film tourné en DV pour trois francs-six sous, ses décors moisis, ses quelques actrices à moitié nues et un Tsukamoto sans doute un peu désolé de voir l'un de ses maîtres à penser tomber aussi bas, Teruo Ishii termine sa carrière d'une bien triste façon en livrant un V-Movie aussi laid qu'incompréhensible et qui apparaît infiniment ridicule en comparaison non seulement de ses films précédents, mais aussi des films qu'il cite. Triste. Kerozene

The BLIND WOMAN'S CURSE aka THE TATTOOED SWORDSWOMAN aka BLACK CAT'S REVENGE aka THE HAUNTED LIFE OF A DRAGON-TATTOOED LASS aka STRANGE TALES OF DRAGON TATTOO - Teruo Ishii, 1970, Japon   

Teruo Ishii est surtout connu pour la série de TOKUGAWA (L'ENFER DES TORTURES, FEMMES CRIMINELLES...), ses films de tortures misogynes au cinémascope chatoyant et tous ceux qui pensent qu'il n'a jamais réalisé le moindre bout de pelloche sans malmener la gente féminine ignorent très certainement une bonne partie de sa filmographie, dont ce BLIND WOMAN'S CURSE. Le film s'ouvre sur un combat homérique où les coups de sabre font voler des gerbes de sang dans un ralentit contemplatif. De nombreux figurants tombent à terre jusqu'à l'affrontement entre un homme et une femme. Celle-ci lève son arme et assène le coup fatal alors qu'au même moment la fille de la victime s'interpose. La lame lui frappe le visage, elle tombe à terre puis un chat noir s'approche d'elle et lui lèche ses yeux ensanglantés. Trois ans plus tard et autant d'années de prison, notre sabreuse est de retour parmi les siens, bien décidées à garder profil bas. Mais rapidement, des personnes de son entourage se font assassiner. Les soupçons se portent sur un clan adverse. Les choses n'étant pas aussi simples, le spectateur assiste alors pantois à un défilé de personnages interagissant dans une confusion générale des plus invraisemblables. Un chef de clan malodorant coiffé d'un chapeau melon et vêtu d'un pagne et d'un veston essuie les railleries de ses paires, des joueurs de dés trichent et se font pincer, un cirque itinérant s'apparentant à un freak show abrite une sabreuse aveugle et un bossu ricaneur (Tatsumi Hijikata, vu dans L'EFFRAYANT Dr. H aka HORROR OF A MALFORMED MAN), une maison cache un piège vicelard, ça se trahit, ça s'accuse, ça se découpe et au milieu de tout ce bordel se tient notre femme-leader dont le dos est tatoué d'une tête de dragon et cinq des siens portent sur leur dos le reste de l'animal. Lors des combats, les six acolytes se tiennent côte à côte, formant, de dos, un seul et unique dragon...

Cette production Nikkatsu est joliment filmée, mais malheureusement incompréhensible. Ishii lui-même en était conscient et n'a jamais trouvé que son film avait un véritable sens. Évidemment, le visionnement de la chose en devient difficile. Difficile car il est extrêmement compliqué de comprendre quel individu est associée à quel clan, quel clan est l'ennemi de quel autre clan et pourquoi tout ce petit monde se tape sur le coin de la figure. Seule l'arrivée de la sabreuse aveugle semble faire sens, sa présence annonçant immédiatement un désir de vengeance. Mais le script tente-t-il de faire croire qu'elle est responsable des différents meurtres qui parsèment le film, ou peut-être est-ce elle qui parvient à monter les clans les uns contre les autres ? Bref, il est bien inutile d'insister et mieux vaut profiter des quelques images sublimes qui parsèment le film, comme le cirque baroque aux vapeurs de perversions dans lequel la fille aveugle lance des couteaux autour de cibles humaines, ou le duel final sous un ciel nocturne surréaliste dans lequel les nuages forment d'étonnantes spirales. A moins d'être un complétiste de Teruo Ishii, mieux vaut laisser ce titre de côté : son visionnement s'avère plutôt frustrant et contre toute attente le métrage se termine sur une note moralisatrice qui ressemble bien peu à l'auteur des TOKUGAWA. Reste tout de même la belle Meiko Kaji dans le rôle principal, autrement dit la future Femme Scorpion. Kerozene

BLOWBACK 2: LOVE AND DEATH - Atsushi Muroga, Japon, 1991

Deux chasseurs de prime peu souriants et oeuvrant en territoire philippin tombent dans un traquenard sanglant duquel seul l'un d'eux, Joe, parvient à se sortir. Blessé, il est sauvé par une jeune femme qui lui pense tendrement ses blessures et qui se trouve être la femme que feux son partenaire portait dans son coeur (sauf qu'il ne le sait pas encore). Une fois requinqué, il se saisit fermement de ses flingues pour assouvir sa soif de vengeance et entame un bodycount digne de Schwarzenegger dans COMMANDO en compagnie de la jeune femme et d'un nouveau partenaire providentiel.
Regarder BLOWBACK 2 aujourd'hui frappe pour une raison: il s'agit là - et sans aucun doute possible - de l'origine même de la trilogie DEAD OR ALIVE signée Takashi Miike. La présence de Riki Takeuchi dans la peau de Joe y est bien sûr pour beaucoup, mais au-delà de ce fait, il s'agit de son personnage tout entier, de sa gestuelle, de ses mimiques et de ses fringues, ainsi que de son partenariat ambigu avec ce "collègue" d'origine inconnue (et incarné par Shun Sugata - ICHI THE KILLER, KILL BILL 1), qui rappellent principalement le premier film de la série. Même le final ahurissant fait écho à DOA1, lorsque Joe, seul face à une armée de mercenaires patibulaires dirigée par Mike "ZOMBI 3" Monty, dégomme tous ses ennemis à l'aide d'une sulfateuse extirpée d'un cercueil ornée d'une tête de mort. La dernière demi-heure rend donc hommage au western italien, et en particulier à DJANGO ainsi qu'à ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS, pour un final pétaradant où grosses pétoires et explosions en tous genres permettent de fermer silencieusement les yeux sur quelques aberrations.

Le futur réalisateur du zombie-flick JUNK, tel un Tarantino nippon, réalise sous influence et ne s'en cache pas. Outre Sergio Leone et Sergio Corbucci, le nom de John Woo vient inévitablement à l'esprit via l'utilisation de ralentis contemplatifs lors de gunfights homériques où certains tireurs portent le costard comme un certain Chow-Yun Fat, lunettes de soleil vissées sur le nez. Néanmoins, BLOWBACK 2 (y a-t-il d'ailleurs eu un BLOWBACK 1?) fatigue à force de répétition et ne vaut principalement que par son final démentiel. Kerozene

BLUE SPRING aka Aoi haru - Toshiaki Toyoda, 2001, Japon 

Des ados à l'école jouent à un jeu fort dangereux pour trouver celui qui sera le patron des étudiants. Ils montent sur le toit, s'installent au garde fou du côté vide et doivent lâcher la rampe pour claquer des mains et rattraper le garde fou. Celui qui frappe le plus longtemps, 7 fois au début de cette année, peut faire ce qui lui plait et commander le respect. Évidemment d'autres jeunes vont tenter de l'affronter et on se doute que ça ne peut se terminer que d'une seule manière...

Les adolescents nihilistes en crise d'identité, j'admets tout de suite que ce n'est pas ce qui m'attire à prime abord. Ils sont anarchistes mais portent le costume obligatoire. Le réalisateur nous les introduit sur une musique rock tonitruante. Il y a des passages intéressants, un épisode de chiottes violent et rigolo, un jeune qui rêve de faire la paix dans le monde et qui prend la pose typique d'Ultraman. Il y a un petit nain qui fait rire de nombreux spectateurs. Entre une chronique sur une jeunesse nihiliste et une description typique et déjà vue du mal de vivre de certains adolescents, on s'arrête sur l'allégorie des fleurs qui germent, comme le film, évident mais somme toute efficace dans son propos. Mario Giguère

  BOUNTY HUNTER VIXENS: CARNAL ENCHANTMENTS - Noburou Sasaki, 2006, Japon

Iris est une nana qui en a dans le pantalon, une sorte de clone de la fameuse Azumi, et Iris ne désire qu'une chose: venger son cher papa. Après s'être pris une rouste en pleine face par une bande de salauds invincibles, elle est soignée par une gentille sorcière qui la remet sur pied en un rien de temps. La voila fraîche et pimpante pour affronter son ennemie jurée: l'abominable sorcière fornicatrice qui ricane sur fond vert.

Vendu comme une sorte de chambara fantastique matinée de sexe, ce V-Cinema s'avère en réalité bien tristounet: tourné comme un épisode de soap opera, avec des acteurs tous mauvais, des scènes d'action molle et mal foutues, des effets spéciaux dignes d'une gameboy et surtout avec une quasi absence de scènes de sexe (on a droit à un ou deux coïts en costume et à deux ou trois plans nichons, rien de plus), ce qui semble être le deuxième volet de la série BOUNTY HUNTER VIXENS (après TREASURE OF LUST dont le scénario n'entretient semble-t-il aucun lien avec l'épisode ci-présent) est en réalité une grosse arnaque, rien de plus. Kerozene

BULLET BALLET - Shinya Tsukamoto, 1998

Tsukamoto fonce tête baissée dans une exploration tout à fait personnelle des bas-fonds de Tokyo et nous ficelle une histoire attachante qui ne laisse personne indifférent.  Après que sa petite amie se fut suicidée, un homme d'affaires déconnecté descend dans les ruelles sombres de son quartier afin d'y acheter une arme - probablement pour se venger de l'amorphisme général des japonais - et fait par la même occasion d'étonnantes rencontres. Noise japonais, expérimentations, coups de feu et sueur; voilà un joli programme. Orloff

BURST CITY - Sogo Ishii, 1982, Japon

Avec BURST CITY, Sogo Ishii réalise ce qui est peut-être le film punk ultime. Une sorte de long vidéo-clip anarchique furibard qui dégueule ses décibels distordus à la louche pendant presque deux heures non-stop. Deux heures de furies hurlantes prenant place dans un monde post-apocalyptique en proie au chaos le plus total et où des clans de zikos punk s'affrontent en duels scéniques tout en faisant face à des flics au look de soldats fachos aux méthodes radicales. Guerre des clans, guerre des groupes, guerre sociale, le futur selon Ishii fait très mal ! Confusion, chaos, immersion dans une anarchie affûtée par un montage frénétique, le sentiment d'agression du film sur le spectateur est constant. Malgré cela, Sogo Ishii n'est pas satisfait de son film. Alors inexpérimenté, il n'a pu terminer le montage de cette commande de la Toei. En l'état, il s'agit donc d'un film inachevé, un "work in progress" bordélique qui n'aura satisfait ni son auteur, ni ses commanditaires. Pourtant, BURST CITY est devenu le film culte d'un mouvement et l'influence majeure du cinéma de Shinya Tsukamoto. Il ne fait aucun doute: sans BURST CITY, TETSUO n'aurait jamais vu le jour. Kerozene

CASSHERN - Kazuaki Kiriya avec Yusuke Iseya, Kumiko Aso, Akira Terao, Kanako Higuchi, 2004, Japon, 141m

Après 50 ans de guerre, la terre et les humains, en piteux état, semblent prêts à vivre en paix. Mais des rebelles continuent la lutte. Un savant demande des fonds pour poursuivre les recherches sur les neo-cellules, capable de se transformer en organes au besoin et sans risque de rejet. De ces expériences folles naissent par accident les neo-sapiens, presques tous éliminés dès leur naissance. Les quelques survivants vouent une haine implacable contre les humains et une guerre féroce débute. Seul espoir, le fils du savant, mort à la guerre mais ressuscité grâce aux neo-cellules: CASSHERN.

Basé sur un animé datant de 1973, Casshern est un festival d'image de synthèse et de manipulation numérique au service d'une histoire certes prévisible mais spectaculaire. Manichéen, les hommes ne sont que haine et les femmes sont la bonté incarnée, vaste pamphlet anti-guerre remplit de clins d'oeil à politique américaine anti-terroriste, le film est avant tout un morceau de bravoure technique. On multiplie les scènes avec fond incrusté, mais quels décors, sans parler des machines, robots, trains et avions tous plus fantastiques. On étire la sauce, les 141 minutes amènent quelques longueurs, le réalisateur semble avoir manqué de recul par rapport à son enfant, tout comme dans sa surcharge parfois outrancière d'effets, de manipulations d'image. Il n'en demeure pas moins une formidable fable anti-violence portée par une imagerie violente, on est pas à une contradiction près, remplit de scènes anthologiques, bercés régulièrement sur une musique techno en plein accord avec les images. On note au passage une reprise presque inévitable des plans/séquences du film THE WALL pour la levée d'une armée de robots et un hommage à METROPOLIS de Fritz Lang. À voir. Mario Giguère

CHAOS aka Kaosu - Hideo Nakata, 1999, Japon

Un homme d'affaire perd sa femme de vue en sortant d'un restaurant. Une demande de rançon arrive à son bureau. La police est rapidement sur l'affaire, mais plus aucun coup de téléphone n'est donné.

Le scénario de CHAOS avance et recule systématiquement, les flash-back reculant jusqu'à ce que l'on croit comprendre le casse-tête criminel avant de toujours revenir en avant compliquer l'histoire. On va de surprise en surprise, avec un récit bien ficelé, des interprètes à la hauteur. Encore une fois Nakata a trouvé une actrice solide pour le rôle principal. La caméra est généralement discrète mais efficace, toute en retenue, comme la musique de Kenji Kawai, que l'on ne remarque que dans les séquences finales. Nakata signait son quatrième film et plongeait avec bonheur dans un terrible suspense, après les fantastiques RING 1 et 2, juste avant l'excellent DARK WATERS. Un réalisateur à suivre. Mario Giguère

Le COUVENT DE LA BETE SACREE aka SEI JU GAKUEN aka SCHOOL OF THE HOLLY BEAST aka CONVENT OF THE SACRED BEAST - Norifumi Suzuki, Japon, 1974

La belle actrice Yumi Takigawa débute ce récit en s'envoyant gentiment en l'air avec un inconnu, avant de lui faire savoir qu'il s'agit de son dernier "écart de conduite" avant de rentrer au couvent. Mais pas n'importe quel couvent: il s'agit d'un établissement dans lequel les jeunes soeurs subissent une éducation stricte mais surtout, où la mère de notre héroïne a terminé sa vie en la mettant au monde. Elle découvre ainsi un monde pervers dans lequel mensonges et hypocrisie règnent en maître. Victimes, mais aussi bourreaux, Yumi, les soeurs mais également la mère supérieure dévient toutes du droit chemin. Déplorable ? Ce n'est rien en comparaison de quoi est capable le prêtre, hiérarchiquement au-dessus de la mère supérieure; un homme démuni de toute morale.

Punitions corporelles auto-infligées ou imposées se suivent, lacérant en long et en large les corps de femmes nues à la peau de satin immaculée, humiliation publique et scènes de lesbiennes au milieu de fleur colorées, font de ce film une référence incontournable en matière de nunsploitation. Magistralement filmé en cinémascope, le film est tout simplement époustouflant de beauté, contrastant ainsi sèchement avec la violence du sujet. Film blasphémateur qui vise des fois très justement (mais peu subtilement) la rigueur du clergé, LE COUVENT DE LA BETE SACREE et tout bonnement superbe. Kerozene

CURE aka Kyua - Kiyoshi Kuosawa avec Kôji Yakusho, Masato Hagiwara, Tsuyoshi Ujiki, Anna Nakagawa, Yoriko Douguchi, Yukijiro Hotaru, 1997, Japon, 111m

À Tokyo, des meurtres sanglants défraient la chronique, chacune des victimes ayant un "X" tracé au couteau sur le corps. Le détective Takabe croit que ces meurtres sont l'oeuvre d'un tueur en série, mais à chaque meurtre, un nouveau suspect est arrêté sur les lieux des différents crimes. Or, bien que le modus operandi soit le même pour tous les assassinats, rien ne relie entre eux les différents suspects arrêtés, ce qui complique l'enquête. Lorsque Takabe arrête un vagabond nommé Mamiya, l'attitude étrange de celui-ci laisse supposer au policier qu'il est peut-être le seul lien entre les différents meurtres. Avec l'aide d'un psychiatre, Sakuma, Takabe essaie de savoir qui est vraiment Mamiya et s'il est bien le coupable qu'il recherche. Malgré les nombreux interrogatoires du policier, Mamiya demeure une énigme. Takabe ne se rend pas compte qu'à force de parler avec Mamiya, celui-ci le manipule pour le pousser à tuer sa femme, car le vagabond maîtrise un étrange art hypnotique qui influence chacune des personnes avec qui il parle.

Ce thriller japonais ne manque pas d'impressionner le spectateur de par sa solidité dramatique, la qualité de ses rebondissements et sa profondeur psychologique. Le film trace avec précision le portrait d'un homme sans mémoire ni identité, dont le comportement et les agissements étranges sèment le doute et la confusion parmi les gens de son entourage, ce qui réveille en eux des pulsions homicides refoulées, dont le caractère hypnotique fait référence aux théories du magnétisme animal de Mesmer (dont le nom est mentionné dans le film). Les éléments de suspense sont adroitement ménagés, de sorte que la tension progresse tout le long du film en crescendo jusqu'à une conclusion atteignant une rare et très forte puissance dramatique. La réalisation de Kurosawa (aucun lien de parenté avec le maître du même nom) se veut tout aussi diabolique que le scénario dans sa manière peu commune d'illustrer autant les conflits intérieurs du héros Takabe que l'inquiétante étrangeté du mystérieux vagabond Mamiya. À l'intérieur de ce cadre insolite et dérangeant, le travail des interprètes n'est rien de moins qu'exemplaire. Un film de qualité très fortement recommandé (disponible en DVD en Amérique et en Europe). Mathieu Lemée

CUTIE HONEY - Hidaeki Anno, 2004, Japon, 94m

Une jeune et jolie employé de bureau Honey Kisaragi (Eriko Sato) est la risée de tous ses collègues de bureau qui la trouve pas mal cruche. Mais tout ce beau monde ne se doute pas qu'elle est en fait l'alter ego de la célèbre Cutie Honey. Une justicière super héros sexy et rigolote. Personne, sauf un journaliste, Hayami Seiji (Jun Murakami), hyper branché et cool qui est toujours là au bon moment, pour aider Cutie Honey dans sa quête. Celle d'arrêter les méchants, et en ce moment c'est la diabolique Sister Jill (Eisuke Sasai) est ses acolytes de la société criminelle secrète Panther Claw qui sont dans sa mire. Pas seulement dans la sienne mais également dans celle de l'inspectrice de police Aki Natsuko (Mikako Ichikawa) qui règne avec une main de fer sur la ville. Les Panther Claw ont méchamment enlevé le scientifique et oncle de Honey, celui là même qui à fabriqué le collier donnant ses supers pouvoirs a Cutie Honey. Le combat contre le bien et le mal est enclenché.

Ce film est magnifiquement ridicule, mais au combien appréciable. Le jeu des comédiens est superficiel et l'action complètement over the top. Mais étant donné que cela se veut une adaptation d'une manga le tout est très acceptable. Les costumes sont d'un kitsch à souhait. En criant "Honey... Flash!" et en appuyant sur le cœur de se son collier (digne d'une boutique Ardène) ses vêtements ordinaires se métamorphosent (se déchirent!) en costume rose sexy avec un décolleté plongeant en forme de cœur. Que mademoiselle Satoh remplie à merveille. Tout comme son rôle de nymphette idiote, mais au combien attachante, qui n'est pas sans rappeler une certaine Jane Fonda dans BARBARELLA. Le sous texte sexuel du film est tellement palpable que cela en est presque pervers.

Hideaki Anno, mieux connu pour son travail sur la série EVANGELION, est aux commandes de cet objet hystérique, énergique et complètement déjanté. Les scènes d'actions sont abondantes et impressionnantes, tout à fait irréels et complètement digne d'un dessin animé. D'ailleurs, il semblerait que le réalisateur à d'abord tout fait en dessin et a ensuite demandé aux acteurs de les re-créer. Le tout pourrait se comparer au goût d'un bonbon sur dans la bouche. Ce n'est pas toujours agréable, mais on peut toujours pas se passer d'en prendre un autre. Vivement Cutie Honey 2. Elektrik Erik

À noter que ce film destiné, apparemment, aux jeunes filles de 16 ans était commandité par www.fillecool.com. Ils distribuaient un magazine (incluant un bracelet en plastique) à l'entrée de la salle. Étrangement le public était majoritairement composé de jeunes hommes. Gang de pervers, et je m'inclus là dedans !

site officiel : cutiehoney.com

DARK WATER aka Honogurai mizu no soko kara - Hideo Nakata, 2002 

Une jeune mère en pleine procédure de divorce et sa jeune fille s'installent dans un vieil appartement. La belle occasion s'avère moins intéressante quand l'eau commence à tomber du plafond et que le voisin de l'étage supérieur ne répond pas. La jeune femme croit apercevoir une jeune fille à l'imperméable jaune qui serait disparue depuis deux ans. La santé mentale déjà fragile de la mère est mise à l'épreuve par l'appartement, les apparitions et le mari qui tiens à avoir la garde exclusive de l'enfant.

Du réalisateur de RING et adapté d'un autre roman de Kôji Suzuki, auteur du roman RING, le film est ancré dans une réalité très difficile, le divorce et la séparation déchirante des parents de leurs enfants. Ce qui semble être de l'horreur psychologique, voir une allégorie à peine masquée, est traité sobrement, mais avec une efficacité hors pair. Je tairai le final qui renvoie beaucoup à RING. Soulignons encore une fois un récit et une mise en scène adulte, loin des histoires adolescentes si prisée des studios américains. La musique et les ambiances de Kenji Kawai sont comme toujours dans le ton et excellentes. À voir. Mario Giguère

DOGURA MAGURA aka DOGRA MAGRA - Toshio Matsumoto, 1988, Japon 

Lorsque le jeune Kure Ichido se réveil dans sa cellule d'asile psychiatrique, il ne se souvient de rien. Un docteur barbu et toussotant, le Pr. Wakabayashi, entre dans la pièce et lui explique que suite à un violent choc psychologique, le jeune patient est atteint d'amnésie chronique. Que chaque nuit de sommeil oblitère dans son esprit les souvenirs de la veille. Ichido paraît sceptique, en particulier lorsque que Pr. Wakabayashi lui explique que les troubles mentaux se transmettent de génération en génération et qu'il est le descendant d'un homme célèbre pour avoir, il y a quelques siècles de cela, étranglé sa femme avant d'amoureusement l'observer se décomposer sous ses yeux, prouvant que l'amour peut se passer de plaisir charnel. Or Ichido aurait effectivement vécu un événement vaguement similaire qui tendrait à prouver cette théorie. Toujours selon Wakabayashi, c'est l'excentrique Dr Masaki, un toubib original, chauve et moustachu, qui étudia le cas d'Ichido avant de se suicider en constatant l'échec de ses travaux sur le jeune homme. Pourtant, Masaki apparaît aux yeux d'Ichido en lui expliquant hilare que Wakabayashi est un imposteur...

Le dernier long métrage en date de Toshio Matsumoto (FUNERAL PARADE OF ROSES) prend pour cadre un institut psychiatrique des années 1920 et plonge dans la folie de son - des ses ? - protagonistes en adoptant une narration éclatée entre scènes présentes et flashbacks tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc, créant ainsi une confusion temporelle appuyée par la présence des deux toubibs interagissant avec leur patient au tempérament schizophrène. Le doute vient à s'installer chez le spectateur qui se demande alors si les toubibs ne sont pas eux-mêmes mentalement atteints : ceux-ci n'apparaissent jamais dans une même scène, l'un d'eux est censé être décédé et il paraît évident que sa présence n'est due qu'aux délires d'Ichiro. Pourtant, le doute subsiste. Le concept est en soi intéressant et accrocheur, malheureusement Matsumoto privilégie les monologues qui tirent en longueurs et les dialogues à double sens. En résulte un film extrêmement bavard qui, malgré ses grandes qualités visuelles et ses idées transgressives (on frôle les thématiques de l'inceste et de la nécrophilie), plonge peu à peu le spectateur dans un ennui poli. Le final onirique et sanglant reste le seul moment réellement marquant de ce film finalement un peu trop formel dans sa forme. Kerozene

 

DOPPELGANGER aka Dopperugenga - Kiyoshi Kurosawa, 2003, Japon 

Un scientifique travaille sur sa nouvelle invention, une chaise électronique pour personnes à mobilité réduite, qui accomplirait de nombreuses tâches pour son usagé à l'aide de ses bras mécaniques, etc. Mais voilà que la perfection n'est pas encore là et son inventeur continue d'y travailler sans cesse et sans repos. Tout à coup, un jour, son double lui apparaît. Huh ?! Devoir s'habituer à la situation n'est pas chose facile d'autant plus lorsque ce double en question n'est pas des plus plaisants, accomplissant des actes douteux et horribles sans aucun remord.

Ce nouveau film de Kiyoshi Kurosawa n'est pas un de ses meilleurs, mais il demande effectivement plus d'un visionnement pour bien l'apprécier surtout vu toute sa dernière partie légèrement disjonctée, donnant une rupture de ton flagrante. Les effets de double sont tout simplement géniaux ! On dépasse même l'efficacité de la chose vu dans le DEAD RINGERS de Cronenberg et cette fois-ci, un procédé de plus est utilisé magistralement: le split-screen. On se promène parfois avec deux ou trois écrans donnant l'illusion de plusieurs personnalités, le tout étant d'une efficacité décapante où Koji Yakusho (CURE, CHARISMA) s'en donne à coeur joie dans son double rôle, une double interprétation de taille magnifiquement exécutée.

Un fim cérébral amusant où on aurait pu facilement donner dans le prévisible ou même le divertissement plus ou moins léger, mais qui préfère anéantir tout cela pour terminer de façon complètement inattendue avec un humour noir bon enfant, cachant de nombreux mystères sous ses folies déroutantes. Bad Feeble

DRIVE - Sabu alias Hiroyuki Tanaka, 2002, Japon , 102m

Un salaryman obsessif-compulsif souffrant de migraines chroniques devient contre son gré le chauffeur de 3 voleurs qui viennent de se faire dérober leur magot par leur 4ième partenaire. Cette rencontre viendra perturber l'existence réglée au quart de tour de cet homme renfrogné qui mène sa vie comme une entreprise.

Asakura Haruki est l'incarnation du citoyen idéal japonais. Honnête, propre sur lui, réservé et ponctuel, il vit sa vie en fonction des lois sans jamais suivre ses envies. A force de s'oublier et d'ignorer ses besoins, son corps a fini par se rebeller et lui donner du fil à retordre. Ses migraines qui lui pourrissent la vie sont le signe que quelque chose doit être changé. Mais quoi? Les voleurs que le hasard (ou le destin) a mis sur sa route l'aideront à mieux se connaître et à mettre fin à ce cycle psychotique qui a débuté quand ses deux parents se sont successivement enlevés la vie ou peut-être bien avant... Les différents personnages représentent des sphères de la société japonaise qui est très riche en contrastes, ce qui donnent lieu à des scènes absurdes et surtout révélatrices.

Ce film amène une réflexion intéressante sur les phénomènes du hasard, du destin et de l'héritage culturel à partir d'une histoire anodine de vol de banque. Sabu dresse le triste bilan du samouraï devenu salaryman dont le conformisme est en train de tuer toute individualité, en plus de lui faire oublier ses traditions et le pouvoir qu'il a sur sa propre existence.

Il s'agit d'un film beaucoup plus fort au niveau du fond que de la forme, mais il s'agit d'un film bien fait et qui divertit malgré la gravité de son sujet. Mongola Batteries

ECSTASY OF THE ANGELS aka L'EXTASE DES ANGES - Koji Wakamatsu, 1972, Japon

Dans les environs de Tokyo, un groupe de terroristes locaux vole des explosifs aux forces armées américaines dans le but d'entamer une campagne explosive. L'opération ne se déroule pas comme prévu: certains membres du groupuscule se font abattre et Octobre, leur chef, perd la vue suite à l'explosion d'une grenade. Dès lors, il décide de ne plus suivre les plans de ses supérieurs, Automne et Année. Si la plupart de ses hommes restants (Lundi, Mardi, Mercredi, etc...) sont avec lui, l'un d'entre eux n'accepte pas ce changement d'objectif. Étrangement, il est le seul à ne jamais baiser pendant le film...

Voila une intrigante histoire quelque peu confuse dont on ne sait trop quels sont les tenants et les aboutissants. On se perd entre ses protagonistes nommés après de jours, de mois et des saisons, autant de noms attribués à des hommes et des femmes visiblement unis à une même cause mais dont l'enjeu reste indéfini. Entre scènes de sexe rythmées sur des dialogues politisés et discussions pas toujours cohérentes, on se perd quelque peu. On sent que la personnalité du réalisateur ex-yakuza est bien présente, son style visuel est toujours aussi remarquable, le noir et blanc est superbe et les quelques scènes en couleur sont d'une grande beauté et sont parfois d'un onirisme surprenant. Mais il est permis de penser que c'est avant tout son scénariste Masao Adachi, dissimulé sous le pseudonyme Izuru Deguchi, qui est d'avantage responsable de l'esprit révolutionnaire gauchiste du film. Adachi a en effet été membre des commandos de l'armée rouge japonaise, il fut emprisonné par la police libanaise en 1997 qui le remit aux autorités nippones en 2000. Difficile de rentrer dans un tel film au style inspiré de la Nouvelle Vague française, il se perd malheureusement dans son obsession politique à laquelle on a bien du mal à saisir le sens. Kerozene

L'EFFRAYANT DOCTEUR H. aka MEMOIRES D'UN HOMME DIFFORME aka HORROR OF A DEFORMED MAN aka HORROR OF A MALFORMED MAN - Teruo Ishii, 1969, Japon

Un jeune chirurgien accusé de meurtre prend la place d'un homme fraîchement décédé qui lui ressemble étrangement. Si lui-même ne se doute de rien, le spectateur n'est pas dupe et se rend bien compte qu'il s'agit de son frère jumeau dont il n'a jamais entendu parler. Intrigué, il mène tout de même une petite enquête sur ce frère inconnu et découvre que le père de celui-ci (et donc son père à lui) vit seul sur une île au large des côtes de la mère du Japon. Son père s'avère être un homme fou, profondément perturbé par une malformation physique qui s'est mis en tête de créer sur son île un monde idéal. Mais idéal selon ses propres critères bien entendu, c'est à dire peuplé de créatures hybrides qui ne sont pas sans rappeler celles d'un certain Docteur Moreau.

Teruo Ishii réalise son rêve: il adapte Edogawa Ranpo. Résultat : un film toujours interdit au Japon ! Chose étonnante, car si pour nous occidentaux, un film comme FEMMES CRIMINELLES semble dépasser les limites du montrable (nous sommes alors en 1968, ne l'oublions pas), L'EFFRAYANT DOCTEUR H. s'avère nettement moins subversif et brutal. Mais les thèmes abordés sont quelque peu tabous au pays du soleil levant, ce qui rend ce conte horrifique teinté d'inceste profondément dérangeant pour les autorités nipponnes. Dommage pour eux, car il s'agit là d'une oeuvre certes naïve (le frère jumeau qui ne se rend compte de rien), mais terriblement fascinante et bénéficiant d'un final tout simplement ahurissant ! Kerozene

L'ENFER DES TORTURES aka INFERNO OF TORTURE aka HELL'S TATTOOERS aka TOKUGAWA II aka TOKUGAWA IREZUMI-SHI: SEME JIGOKU - Teruo Ishii, 1969, Japon

Avec ce deuxième volet de la tétralogie " TOKUGAWA " après FEMMES CRIMINELLES, Teruo Ishii laisse de côté le film à sketch (format que les deux films suivants retrouveront) pour s'intéresser aux mésaventures d'un tatoueur trahi par son rival, complice d'une tenancière de bordel sadique qui organise un trafique de femmes japonaises tatouées auprès d'acheteurs occidentaux. L'ambiance du film est relativement crue et l'histoire s'avère digne d'une tragédie shakespearienne: amants trompés, parents assassinés, suicide désespéré, survivant rongé par la haine et la vengeance.... A travers une structure narrative quelque peu confuse et déroutante, Ishii s'intéresse plus à ses personnages que dans FEMMES CRIMINELLES et laisse les séances de tortures et de tatouages sur des femmes nues en second plan. Il n'empêche que le film propose quelques (rares) scènes de pur cinéma trash, avec séquences de bondage douloureux et autres énucléations, mais aussi un défilé de femmes tatouées à moitié à poil et quelques gags surprenants et mettant en scène des prostitués homosexuels complètement ridicules. Esthétiquement, le scope est toujours aussi soigné et le réalisateur en profite pour flatter les rétines de ses spectateurs, notamment lors d'une scène presque psychédélique où des filles arborent des tatouages phosphorescents. L'ensemble se laisse regarder avec plaisir mais on ne peut s'empêcher de trouver l'ensemble de l'entreprise légèrement bancal et s'avère finalement moins passionnant que les déboires que la production essuya : le studio Toei s'est vu confronté à une levée de boucliers de la part de réalisateurs opposé à un tel projet, même certains acteurs du film tentèrent de faire couler le film tandis que les autres reçurent des menaces. Par chance, le directeur de la Toei, Shigeru Okada, a soutenu le projet jusqu'au bout. Kerozene

EXTE:HAIR EXTENSIONS aka Ekusute - Sion Sono avec Chiaki Kuriyama, Ren Osugi, 2007, Japon, 108m

Un entrepôt dans un port japonais, une odeur malsaine et la découverte d'un caisson remplit de cheveux humains. Tout est normal, il s'agit de véritables cheveux qui servent à fabriquer des extensions. Mais la tête dans le caisson... Yuko (Chiaki Kuriyama) travaille au salon de coiffure GILLE DE RAIS comme apprentie. Le jour ou débarque un bonhomme étrange, qui offre des extensions de cheveux, tout bascule. Car le type, friand de belle chevelure, a récupéré le corps de la dame du caisson et il est fou de joie car ses cheveux poussent chaque jour à une vitesse extraordinaire. La table est mise.

Sion Sono avoue après la projection que son film est à la fois un authentique film d'horreur et une parodie. Les éléments sont nombreux à renvoyer aux films récent du genre. Tant qu'à avoir des fantômes aux cheveux long, ne prenons que ces cheveux comme élément d'horreur ! Ajoutant une sous-intrigue sur l nièce de Yuko, battue par sa mère, récupérée par Yuko, Gunji, le fou des cheveux qui offre une performance pour le moins excentrique et le mélange de drame, d'horreur et de parodie fonctionne parfaitement. Les images de pousse de cheveux qui sortent de la bouche ou carrément des yeux sont saisissantes et dérangeantes. Une belle surprise ! Mario Giguère

Les ÉVADÉS DE L'ESPACE aka MESSAGE FROM SPACE aka RETURN TO JELUCIA - Kinji Fukasaku, Japon, 1978

En 1978, le ras de marée STAR WARS avait marqué de façon définitive le monde du cinéma. Le Japon profite de la situation pour mettre sur pied ces ÉVADÉS DE L'ESPACE, le film qui est à l'origine de la mythique série télé SAN KU KAI. Les méchants Stressos de la série sont déjà présents, mais ne sont pas encore appelés les Stressos, de même que leur leader Golem XIII n'est pas encore au pouvoir. Toujours est-il qu'ils sont déjà très vilains et qu'ils souhaitent plus que tout asservir la planète Terre. Heureusement, une poignée d'élus ont été désignés à travers l'univers pour mettre fin à leurs agissements.

LES EVADES DE L'ESPACE n'est certainement pas le titre de gloire de Fukasaku. Il signe ici une véritable perle de série Z aux effets spéciaux délicieusement rétros et aux dialogues trop souvent inutiles. Néanmoins, on ne se surprend guère à y trouver du plaisir, et ce n'est certainement pas la réplique nipponne de Darth Vader qui nous fera penser le contraire. Le casting inclut Sonny Chiba en combattant émérite d'une planète décimée et Vic Morrow dans la peau d'un ancien officier dégoûté par l'armée, amoureux fou de son robot et amateur de whiskey. La série qui suivra reprendra la présence d'Eolia et de son vaisseau-bateau, le fameux vaisseau baptisé le San Ku Kai évidemment et les méchants de service avec un nouveau leader... Golem XIII. A noter qu'il vient de sortir en France (mi-2004 donc) un DVD des EVADES DE l'ESPACE présentant une version dans laquelle le générique a été remplacé par celui de la série et où un nouveau doublage propose des noms qui collent mieux à la série également. Dommage, ce n'était franchement pas nécessaire. Kerozene

EVIL DEAD TRAP 2 aka Shiryo no wana 2: Hideki -Izô Hashimoto,1991 

Une jeune japonaise obèse est projectionniste dans un cinéma de quartier, quartier affligé par la mort de jeunes filles à répétition. Sa meilleure amie est reporter télé et elle convainc son petit ami de la séduire. Mais la reporter est fascinée par les corps éventrés et il semble bien que les deux copines cachent un secret commun. Une voyante percevra facilement le trouble et la mort qui rôde autour de tout ce beau monde.

Qui aurait imaginé un film d'horreur comme métaphore de la culpabilité qui peut suivre un avortement ? Il est plutôt difficile de s'identifier au malheur de la grosse projectionniste sexuellement frustrée, comme si Brian de Palma avait suivit à la lettre le roman CARRIE, ou Carrie ne ressemblait pas au physique de Sissy Spacek. Le rythme est bien curieux, le scénario et l'enchaînement ne sont pas toujours logiques et la fin verse dans le grand-guignolesque à outrance. Plus une curiosité qu'une réussite. Un film gore féministe ? Mario Giguère


Takashi Ishii
Scénariste

EVIL DEAD TRAP 3 : mutilation for a tender love aka Shiryo no wana: Chigireta ai no satsujin - Toshiharu Ikeda, scénario Takashi Ishii, 1993

Comme pour la série Guina Pigs, les Evil dead Trap sont des histoires indépendantes. Ici ,le suicide presque anodin d'une élève enceinte de son professeur ( et la découverte d'un tronc de femme sur une berge ) permet à une jeune inspectrice d'enquêter plus à fond sur l'affaire. Elle a déjà étudié avec le dit professeur et à l'époque son amie, elle aussi enceinte du professeur, a disparu il y a 5 ans. Le film rondement mené nous réserve des moments chocs, même si j'avais deviné le noeud de l'histoire avant la policière, et le tout est baigné d'une atmosphère sordide à souhait. Comme une variation tordue de Psychose. Intéressant. Mario Giguère

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  FILMS DE CORÉE  HONG KONG ET CHINE  Takashi Miike

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