LES NOUVEAUX VISIONNEMENTS CULTES DE NOS ONCLES

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mise à jour le 26 avril 2008 - Bienvenue à Fictio et Forcedumal

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ANCIENT EVIL : SCREAM OF THE MUMMY aka LA LEGENDE DE LA MOMIE 2 aka Bram Stoker's Legend of the Mummy 2 - David DeCoteau avec Jeff Petersen, Ariauna Albright, Tent Latta, 2000, États Unis

Je n'ai pas vu le premier film, mais celui-ci m'a plu, léger mais agréable. Si on nous présente les clichés habituels du film dans un collège: le geek, la nunuche blonde, la plantureuse rousse, l'imbécile sportif qui ne respecte rien, on nous réserve aussi quelques surprises. L'étudiant afro-américain est le plus calme et le plus sensé de la bande (comme dans un film de Romero, tiens), la vierge n'est pas celle que l'on pense et on prend la peine de nous expliquer pourquoi un grand prêtre est ici au bon moment. C'est une production DeCoteau, donc qui vise le public adolescent, le PG 13, donc pas de nudité, pas trop de sang. On voit bien rapidement les victimes, mais la lame du couteau de la momie est toujours nettoyée. Ca ne s'adresse donc pas aux purs amateurs d'horreur adulte et si on l'accepte, c'est un bon divertissement. Évidemment les films de momies ont le défaut inhérent à leur vedette, il suffit de courir un peu vite et elle ne nous rattrapera jamais ! Ici on a une momie aztèque rappelant celles qui ont attaqué jadis Santo, charpenté comme un lutteur. Alors on ne renouvelle pas le genre, ce n'est pas le but, mais DeCoteau sait toujours bien emballer une histoire sans trop de surprises, mais qui m'a fait passer un bon moment. Mario Giguère

ARSÈNE LUPIN - Jean-Paul Salomé avec Romain Duris, Kristin Scott Thomas, Eva Green, 2004, France/Italie/Espagne/Royaume Uni, 131m

On débute avec le petit Arsène qui apprend l'art de la savate de son père. Papa Lupin se fera assassiner par un complice, après que le petit Arsène aie volé un collier. Arsène devient le gentleman cambrioleur le plus connu de France, mais il tombe sous le charme de Josephine Balsamo, comtesse de Cagliostro. La fille du comte Balsamo, réputée centenaire, embarque Lupin dans une course pour voler une série de croix permettant de retrouver le trésor perdu des rois de France. Séduction, amour, trahison, vengeance, le tout pendant que Lupin a laissé croise à sa cousine qu'il l'aimait, qu'il l'a mise enceinte et qu'un de ses plus farouches ennemis ne serait nul autre que son père !

Jean-Paul Salomé livre un film visuellement splendide dont les origines me sont inconnues, mais il semble bien que l'on aie adapté un des romans originaux de Maurice Leblanc. On est loin du souvenir que j'ai de la télésérie plus légère et suave. Kristin Scott Thomas est remarquable dans le rôle de la Cagliostro. On retrouvera Eva Greene, ici dans le rôle de la belle cousine, dans CASINO ROYALE, le récent James Bond. Salomé en fait-il trop ? il multiplie les mouvements de grue et livre un filma d'action à la croisée d'un Indiana Jones et de Mission Impossible et parfois j'aurait aimé qu'il approfondisse ses personnages. Mais on ne s'ennuie pas un instant et la galerie de personnages est bien campée, l'action incessante et les retournements surprenants. Une version modernisée du feuilleton dont je ne regrette pas le visionnement. Mario Giguère

AU-DELA DE LA TERREUR aka FURTHER THAN FEAR aka BEYOND TERROR aka MÁS ALLÁ DEL TERROR - Tomás Aznar, 1980, Espagne
  
Un petit gang de bikers, trois hommes et une femme, sème sang et violence sur son passage. Après avoir massacré la clientèle ainsi que le personnel d'un resto pourave, ainsi qu'une poignée de flics qui parvient à réduire le quartet en trio, nos voyous volent une voiture, kidnappent son propriétaire et sa maîtresse et fuient en direction de la campagne. Après quelques kilomètres, le petit groupe trouve refuge dans une maison isolée dans laquelle vivent une vieillarde et un jeune garçon. Fidèles à leurs habitudes, nos criminels cassent tout, frappent la vieille et mettent le feu à la maison laissant ses occupant à la proie des flammes, le tout sous le regard passif de leurs deux otages. Alors que brûle une splendide maquette de la demeure de mamie, sa voix d'outre-tombe appelle Satan lui-même et maudit les cinq intrus criminels. Incapable de contrôler leur véhicule, nos crapules dégueulasses sont conduites par une force mystérieuse aux abords d'une église perdue au milieu de nulle part. La voiture refusant de repartir, ils se voient contraints d'y séjourner quelques temps. Mais de cette église se dégage quelque chose d'étrange, voire même de maléfique... et entre un petit fixe d'héroïne, une partie de baise entre l'un des voyous et son otage, et une branlette blasphématoire sur l'autel, les choses vont se dégrader rapidement et les morts se succéder une à une de façon aussi mystérieuse qu'inexplicable.

Voila une bien étrange pelloche ibérique fauchée mais hargneuse et relativement glauque. Car le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas dans la dentelle, les meurtres sont brutaux et les meurtriers sont des raclures de la pire espèce : voleurs, drogués, dépravés, la violence est gratuite et surprenante... Mais le film de Tomás Aznar a quelque chose d'étrange, car si sa forme est effectivement brute, aux limites de la vulgarité crasse, son fond se veut en revanche très moralisateur : les méchants sont punis et leurs complices, même passifs, également. Et effectivement, les criminels sont éliminés un à un par une force surnaturelle (Dieu, Satan ?), au sein même d'une église qui verra durant le final de poussiéreux zombies surgir de ses catacombes. Étrange donc, mais malheureusement pas exempt de défauts : la mise en scène d'Aznar est quelque peu mollassonne et les élucubrations blasphématoires des plus bavards s'avèrent plutôt fatigantes et complètement vaines. Juan Piquer Simon, le réalisateur de LE SADIQUE A LA TRONCONNEUSE, est crédité au poste de producteur exécutif pour le compte de Cinévision. Kerozene

BARRICADE - Timo Rose, 2007, États Unis/Allemagne, 96m

Vous aimez les teutons, la forêt noire, le gore amateur, les productions indépendantes, le direct to DVD du pauvre, les plans tremblottants et les effets vidéos cheap ? alors osez, BARRICADE de Timo Rose.

Cinq gars à l'humour très gras, campent dans une région forestière de Bavière et vont bien malgré eux tomber entre les mains d'un maniaque de la hachette qui ne va pas tarder à les ramener dans sa cabane familiale pour les torturer et les découper. Rassurez vous, en très très gros plans bien trash, le tout saucer d'une bande son à percer les tympans...
Puis plus rien pendant près de 40 mn, ou l'on suit les pérégrinations interminables et les discussions insignifiantes de trois très mauvais acteurs adeptes du trekking, se balladant dans cette même région. Bref, on en vient à souhaiter ardemment l'apparition de notre famille de déjantés pour leur régler leur compte...

BARRICADE c'est la "Leatherface family" du pauvre, du très pauvre même, qui fait grimacer rapidement face aux choix très douteux des amateurs jouant aux acteurs. Le montage chaotique, l'utilisation d'effets photographiques cheap alternant le granuleux, la sur-exposition, le floue (artistique?) prête à sourire mais force à reconnaître que Timo Rose semble vouloir tout faire pour se démarquer des productions du même acabit !

Quand aux scènes extrêmement gore que l'on se rassure, elles seront bien présentes et plairont à tout ceux pour qui malaxer de la viande hachée à quelques choses d'excitants ... Pour les autres, faudra tenir... Marc Evil

La BATAILLE DE L'ENFER aka BLAZING BATTLE aka LEBAK MEMBARA - Imam Tantowi, 1983, Indonésie  

Pendant la 2ème Guerre Mondiale, l'Indonésie, alors appelée Les Indes Néerlandaises, étaient envahies par le Japon. L'armée japonaise capitula en 1945. Le récit de LA BATAILLE DE L'ENFER met en avant le mépris de l'armée japonaise pour le peuple indonésien puis le soulèvement de paysans face à l'envahisseur, le tout sur un ton dramatique aux limites de l'exagération étonnamment désamorcé par des séquences de kung-fu complètement farfelues. L'histoire est principalement focalisée autour d'un homme nommé Herman (?), indonésien au service de l'armée nipponne. Mais après que des soldats aie capturé puis tué son père qu'il tenta de défendre, il est torturé (crucifié la tête en bas et exposé au soleil) puis emprisonné avant d'être relâché. Il retourne alors dans sa campagne natale où il sauve la fille qu'il aime des griffes de vilains soldats japonais sur le point de la violer. Son intervention est tellement radicale qu'il perce le crâne d'un méchant à l'aide de ses propres doigts et n'hésite pas à crever des yeux de la même manière ! Désormais recherché pour meurtre, Herman trouve refuge auprès des leaders de la résistance (que les doubleurs français n'ont pas hésité à appeler " maquisards "). Pendant ce temps, la dulcinée de notre héros se fait capturer, puis violer pour de bon. Dans un ultime élan fédérateur, la résistance met sur pied une contre-attaque ravageuse (la fameuse bataille de l'enfer donc) en truffant leur terrain de prédilection (la jungle) de pièges mortels à base de pieux de bambous.
On pourrait presque penser que LA BATAILLE DE L'ENFER est la préquelle de VAINCRE OU MOURIR, le précédent film d'Imam Tantowi dans lequel était décrit le soulèvement du peuple indonésien face au colon néerlandais - il faut savoir que l'Indonésie obtenu son indépendance le 17 août 1945, soit deux jours après sa victoire sur l'armée japonaise. LA BATAILLE DE L'ENFER ne se termine d'ailleurs pas sur la défaite de cette dernière, puisqu'un dernier quart d'heure est consacré à la lutte de nos héros contre les néerlandais (que les doubleurs français font passer pour des anglais), ce qui donne lieu à une dernière scène de poursuite entre les gentils indonésiens luttant à l'aide de modestes mitraillettes et des avions surarmés flinguant tout ce qui bouge. Une façon naïve de montrer à quel point la force de la foi et le dévouement envers son pays peut surpasser la supériorité technologique. Force de la foi - et plus particulièrement le dévouement à l'Islam - et nationalisme, voila les deux valeurs mises en avant et défendues par ce film clairement réalisé et interprété au premier degré. Et cet aspect aurait pu rendre imbuvable cette pelloche démago (même si on compatie bien évidemment avec ce peuple opprimé depuis le XVIème siècle quand même), mais le style excentrique des scènes d'action font heureusement verser le tout dans le psychotronisme le plus décontracté, avec son lot de coups de pied retournés, de corps transpercés et de méchants ricaneurs qui s'en prennent plein les dents. Ce n'est donc pas complètement délectable, mais ça se laisse regarder avec curiosité, d'autant plus que le niveau est un peu plus élevé que pour VAINCRE OU MOURIR. Kerozene

BILLY THE KID vs DRACULA - William Beaudine, 1966, États Unis,  77m

Le ton est donné dès la scène d'ouverture : Un chiffon noirâtre aux vagues airs de chauve-souris s'agite au dessus d'une diligence en émettant de petits cris stridents, le tout, sur fond de ciel bleu azur et de soleil de plomb !
Se matérialisant quelques mètres plus loin, sur le bord du chemin comme par magie, un homme élégant, chapeau haut de forme et cape noire se fait ramasser par la charrette. A l'intérieur, une vieille greluche, conversation faisant, lui montre une photo de sa fille, Betty, qu'elle dit rejoindre dans son ranch. A la vue de la photo, le sang de notre vampire ne fait qu'un tour et il se jure de se la chopper très prochainement. Deux morsures plus tard, dont une jolie indienne, il arrive au ranch en se faisant passer pour l'oncle de Betty. Manque de pot, cette dernière est promise à Billy The Kid et à son gros revolver, et ce dernier voit d'un mauvais œil l'arrivée de ce mec fringué bizarrement dans son univers, qui a de plus tendance à reluquer d'un peu trop près le cou des donzelles...

L'idée de réunir des légendes du western et de les opposer à des légendes du cinéma d'épouvante n'est pas nouvelle puisque William Beaudine la même année, réalise également le sympatoche Jesse James Meets Frankenstein's Daughter, qui faisait atterrir un Jesse James blessé par balle dans l'hacienda d'une Maria Frankenstein en plein travail...
Ici, c'est rebelote avec Dracula : mêmes scènes du Far West, mêmes duels, mêmes attaques de diligences, mêmes indiens rebelles, même saloon mal famé, à se demander si un copier coller de pelloche n'aurait pas été effectué en catimini !
Côté Prince des ténèbres, on est bien loin des classiques : John Carradine et sa barbichette se ballade en plein air, on se repose dans un lit king-size soigneusement disposé dans le fond d'une mine d'argent, on se transforme en chiffon volant, on ingurgite même du sang de mouton, on laisse même 4 traces de canines dans le coup des donzelles à la place des 2 habituelles !! Ben oui, quand on aime on ne compte pas...

Bref, ce petit nanar vaut le détour pour les aficionados pour les puristes mieux vaut se rabattre sur les Hammer ! Marc Evil

BRAIN DAMAGE aka ELMER LE REMUE MENINGES - Frank Henenlotter, 1987, États Unis  

Elmer (ou Aylmer en version originale) est une créature millénaire au physique d'étron tortilleur qui traversa les siècles tout en manipulant les humains grâce à sa merveilleuse faculté de pouvoir leur injecter une drogue hallucinogène directement dans le cerveau. Outre son statu de producteur de puissant psychotrope, le bestiaux est doué de la parole et s'avère même être un fin philosophe au cynisme appuyé quant à la nature de l'Homme. Mais Elmer a un gros défaut : il ne se nourrit qu'exclusivement de cervelle, et de cervelle humaine de préférence. Las de vivre au fond d'une baignoire, notre parasite quitte ses fournisseurs de bidoche et s'immisce dans la vie de Brian, un innocent choisi plus ou moins au hasard et à qui Elmer va faire découvrir les joies des paradis artificiels. Dès lors, Brian adopte le comportement d'un camé de base. Il devient asocial, délaisse ses proches, ne pense qu'à se défoncer la tête et tout ça sans vraiment se rendre compte qu'en échange il alimente son dealer en cerveaux tout frais, ce qui donne lieu à quelques moments d'anthologie dont une mémorable turlute sanglante dans l'arrière salle d'une boîte craignos.

Comment parler sérieusement des méfaits de la drogue tout en faisant un film drôle, irrévérencieux et gore ? Frank Henenlotter a trouvé l'équilibre parfait et parvient sans peine à décrire la descente au fond du trou d'un quidam quelconque (à grand renfort de scènes psychédéliques), les problèmes relationnels qui en découlent (la copine de Brian qui se rabat peu à peu vers son frère), la tentative de sevrage éprouvante (autrement plus marquante que celle de TRAINSPOTTING) jusqu'à la chute finale forcément tragique. On retrouve avec une certaine délectation ce qui faisait le charme de BASKET CASE (voir au passage le clin d'œil au premier film d'Henenlotter dans ELMER), à savoir une esthétique très " 42nd street " : une image au grain appuyé, des rues new-yorkaises période pré-Giuliani (à savoir insalubres et inquiétantes), des effets-spéciaux cheap mais efficaces, un cadrage simple et froid... Seule ombre au tableau, la musique qui schlingue le clavier bontempi, témoignage d'une époque à laquelle on est forcément attaché mais qui s'avère toujours aussi difficile à accepter. Kerozene

BUBBA-HO-TEP - Don Coscarelli - 2002,  États Unis 

Je suis passé au moins 20 fois devant la pochette en me disant "faut absolument que je vois ce film". Finalement, vous vous en doutez, je l'ai regardé. D'abord, il faut savoir une ou deux choses à propose de ce film. Comme beaucoup de films à petit budget (1M$ dans le cas de Bubba Ho Tep), le distributeur tente de nous vendre quelque chose que le film n'est pas vraiment; le côté Elvis VS Mummy du film. Bien entendu y'a de ça, mais ça fait en sorte que plusieurs personnes pensent que c'est un film d'action/horreur/comédie (surtout quand on a vu la bande annonce) alors que ce film est définitivement un film d'auteur, vraiment bien écrit, extrêmement bien interprété avec un cynisme très subtil.

En gros, on est dans un foyer de vieux au Texas. Dans ce foyer, y'a un gars, du nom de Sebastien Haff, ex imitateur d'Elvis qui prétend être Elvis qui a changé d'identité avec Haff (et en fait est plutôt convaincant à ce sujet) et un noir (Jack) qui prétend être JFK qui a été changé de couleur pour être dissimulé. Ces deux énergumènes vont se rendre compte qu'une momie vient la nuit voler les âmes des personnes du foyer pendant leur sommeil. Ils feront leur petite enquête et vous imaginez le reste...

Ce film nous fait voir sous un autre jour les personnes vieilles, malades et seules. On entre vraiment dans l'univers d'Elvis/Haff au point de croire totalement à son histoire et à vraiment aimer le bonhomme (joué avec brio par Bruce Campbell). On ne peux qu'apprécier Jack, le noir qui se prend pour JFK tant il est sincère. Bref, ils nous emmènent, par leur propre délire, dans un univers qui est le leur et ça fonctionne vraiment bien.

Ce film est lent et pourtant très efficace, c'est définitivement un drame avec un zeste de comédie. Bref, si vous voulez un film d'horreur / action / comédie, vous feriez mieux d'aller voir autre chose, c'est pas le film que vous cherchez... Fictio

CAT'S EYE - Lewis Teague, 1985, États Unis  

Deux ans après les attaques du St-Bernard enragé de CUJO, Lewis Teague retrouve Stephen King qui se plie à nouveau au jeu du film à sketch après avoir écrit le scénario de CREEPSHOW en 1982 pour le compte du producteur Dino DeLaurentiis. Ce sont ici trois histoires qui nous sont contées, reliées entre elles par la présence d'un chat témoin de l'absurdité de l'homme. La première est celle d'un fumeur (James Woods) optant pour une solution radicale qui lui permettrait de quitter sa mauvaise habitude : s'il craque et se grille une clope, sa femme est carrément enlevée et torturée. La deuxième est celle d'un millionnaire cocu obligeant l'amant de son épouse à faire le tour du propriétaire - à savoir un penthouse au dernier étage d'un gratte-ciel d'Atlantic City - sur une petite corniche de dix centimètres de large. Et la dernière présente une jeune gamine (Drew Barrymore) aux prises avec un lutin maléfique qui vient lui faire des misères une fois la nuit tombée.
Disons-le tout de suite, pas une seule de ces histoires n'est réellement passionnante. Au mieux, certains passages parviennent à arracher un sourire taquin face aux situations invraisemblables auxquelles les protagonistes font face, comme lorsque la femme de James Woods est électrocutée devant son mari impuissant avant de lui pardonner car elle consciente qu'il n'est pas simple d'arrêter de fumer... Ou lorsque l'amant au bord du gouffre se fait picorer les pieds jusqu'au sang par un pigeon vraiment pas farouche. Mais jamais il n'est possible pour le spectateur de s'impliquer de près ou de loin dans le film. C'est que le format court ne semble pas convenir au réalisateur qui peine à profiler ses personnages envers lesquels aucune empathie n'est générée. On l'a sentit nettement plus à l'aise dans ses efforts précédents, que ce soit sur CUJO ou L'INCROYABLE ALLIGATOR. Même la photo cinémascopée de Jack Cardiff ne parvient pas à titiller l'intérêt. Finalement, le plus grand attrait du film est peut-être la ribambelle de clins d'œil envers l'œuvre de Stephen King, notamment lors de la scène d'ouverture où le chat témoin est poursuivit par un St-Bernard dégueulasse qui manque de se faire écraser par une Plymouth Fury rouge pétante ; il y a James Woods qui regarde DEAD ZONE (produit par DeLaurentiis) à la télé et qui s'exclame "Qui a écrit cette merde?"; Drew Barrymore venait de tourner FIRESTARTER (itou); la mère de Drew Barrymore dans le film se délecte de la lecture de " Pet Semetary " ; etc... En somme, CAT'S EYE n'est qu'un bête film de geek. Kerozene

DARK NIGHT OF THE SCARECROW - Frank De Felitta avec Charles Durning, Robert F. Lyons, Claude Earl Jones, Lane Smith, 1981, Etats Unis, 100m

Petite perle réalisée pour la télévision durant les années 80 par Franck de Felitta, réalisateur qui nous avait surpris quelques années auparavant, toujours pour le petit écran, avec l'excellent Danger Doberman ! et ses chiens de garde féroces poursuivant impitoyablement James Brolin, Dark Night of the Scarecrow, plus connu chez nous sous le titre Les Fleurs de sang, se trouve être un parfait mélange de slasher et de film traitant de vengeance d'outre-tombe... À travers un scénario pourtant simpliste, mais à la narration agréablement maîtrisée, et des personnages parfaitement développés, le réalisateur parvient à maintenir notre attention tout au long de cette histoire effrayante, se permettant même d'effleurer quelques thèmes assez subversifs de manière assez adroite au passage, avant de terminer sur une fin ambiguë au possible... ce qui vous en conviendrez est déjà pas mal pour un téléfilm.

Pourvu d'un casting très convaincant, réunissant Larry Drake (Darkman, Paranoia,... ) dans le rôle de Bubba, la victime qui va payer très cher son handicap mental à la première occasion, car dans ce coin perdu ce sont encore les instincts sauvages qui régissent les relations entre les hommes. En effet, pour Otis, interprété de manière magistrale par Charles Durning, et ses amis fermiers bourrus, parmi lesquels l'excellent Robert F. Lyons (irréprochable ici dans son rôle de redneck), Bubba est un être faible et dangereux dont il faut se débarrasser, même si à travers la naïveté qui transpire de l'amitié qui existe entre le simplet et la jeune enfant, ce sont les propres pulsions malsaines d'Otis qui ressortent. L'attitude qu'a le postier envers les enfants durant tout le film est plutôt troublante, et ses penchants pédophiles nous seront d'ailleurs plus que suggérés avant la fin du récit, de quoi rendre le personnage encore plus détestable qu'il ne l'était déjà à nos yeux. La traque qui s'organise alors est d'une violence sans égale, véritable expédition punitive qui s'achèvera sur la mort de l'handicapé, qui s'était dissimulé dans un champ après avoir endossé le costume d'un horrible épouvantail. Nous assistons ici à la seule véritable scène sanglante et choquante du film, la froideur calculée du meurtre, les impacts de balles douloureux, les rictus de haine sur les visages des exécuteurs, tout est réuni ici pour que le spectateur éprouve un malaise certain face à cet acte barbare, ce que le réalisateur parvient sans peine à nous faire ressentir. Le procès qui suivra cet incident sera tenu juste pour la forme, véritable fanfaronnade qui n'inquiétera pas le moins du monde les accusés. Une grande partie des habitants se sentant sans doute soulagés par cette disparition de toute manière, n'ayant jamais cherché à comprendre Bubba, qui les effrayait plus qu'autre chose de part sa différence et ses agissements non conformes à ceux d'un adulte raisonnable.

C'est à ce moment-là que le film bascule entre deux mondes, celui du fantastique qui guide nos sens dans un premier temps et celui beaucoup plus terre-à-terre qui nous suggère tout simplement qu'une personne bien réelle pourrait se cacher derrière tout ça, désirant venger cette mort absurde à ses yeux. Qui pourrait bien être derrière ces mauvaises blagues, plaçant un épouvantail se rapprochant chaque jour de la maison d'un des accusés avant que ces derniers trouvent la mort dans des circonstances pour le moins étranges ? La vielle mère de Bubba, qui a tout fait pour sauver son fils avant l'inéluctable ? La jeune fille qui était la seule amie du simplet ? Une personne anonyme qui va se révéler soudainement lors d'un énième rebondissement final ? Ou peut être tout simplement l'esprit du mort qui revient hanter ses bourreaux... Cette atmosphère mystérieuse, entretenue de manière astucieuse par les scénaristes et le réalisateur, est la véritable force de la production, le tueur ne nous sera jamais montré, se déplaçant seulement la nuit, se réfugiant dans les ombres dont il semble ne pas pouvoir sortir, mais causant implacablement des morts qui paraissent accidentelles autour de lui, tout ici est affaire du suggestion. L'angoisse est pourtant bien présente, et si les scènes de mise à mort des 4 hommes ne sont guères sanglantes, laissant au spectateur le soin de faire travailler son imagination avec les éléments mis en place quelques secondes auparavant (notamment une machine à hacher et broyer le bois !), le film n'en demeure pas moins effrayant... jusqu'à la révélation finale, une scène très touchante mais également fabuleusement troublante, qui conclut le film de manière magistrale, dont la seule comparaison qui me vient à l'esprit est le non moins réussi final du superbe May de Lucky McKee.

Un film dérangeant, touchant et incroyablement sombre qui mérite d'être découvert si ce n'est pas déjà fait. Une sortie en salle à l'époque n'aurait pas été de trop devant la qualité du spectacle que nous livre ici Frank De Felitta, le film avait tout pour devenir un véritable classique du genre. Nachthymnen

The EAVESDROPPER aka PATIENT 14 - Andrew Bakalar avec Lucy Jenner, 2004, États Unis,  97m

Victime d'une violente agression à main armée, Liza est rendue sourde par les détonations d'une arme à feu. En choc post-traumatique, elle entre dans un programme gouvernemental qui lui propose de traiter sa surdité, qui lui est devenue insupportable. Volontaire pour jouer le rôle du patient 14, elle accepte d'en supporter les risques d'usage, les chercheurs omettant de lui dire que ces expériences ont déjà eu de dangereux effets secondaires sur les 13 premiers cobayes. En effet, un à un, les participants aux programmes se sont tous suicidés rendus apparemment fou après l'injection de cellules souches destinées à régénérer leur conduit auditif. Cependant, à la surprise des docteurs, Liza, elle, recouvre non seulement une fonction auditive décuplée, mais est également capable d'entendre les pensées des gens qui s'approchent d'elle. Plus qu'une patiente, elle devient rapidement un enjeu militaire aux yeux de quelques personnes mal intentionnées. Enrôlée, et utilisée à ses dépens dans des missions de plus en plus étranges, elle est bientôt prise au piège d'une conspiration gouvernementale.

Petite série B sans prétention, PATIENT 14, débute à la manière d'un thriller médical que n'aurait pas renier Michael Crichton, puis oscille assez copieusement vers le SCANNERS de Cronenberg, pour finir dans la plus pure tradition des films d'espionnage. Curieux mélange pour cette première réalisation, qui alterne le bon et le moins bon. En voulant exploiter au maximum une idée de départ pas si mauvaise que cela, le dernier tiers du métrage s'égard quelque peu au fil des minutes, dans des méandres politico-miltairo préjudiciable à la cohésion de l'ensemble. Il n'en reste pas moins que ce visionnement offrira, à n'en pas douter, un petit moment sympathique à passer, pour peu que l'on ne fasse pas trop la sourde oreille... Marc Evil

The FORBIDDEN KINGDOM aka Le Royaume Interdit - Rob Minkoff avec Jackie Chan, Jet Li, Michael Angarano, Collin Chou, Liu Yifei, Li Bing Bing, Morgan Benoit, 2008, États-Unis/Chine, 104m

Un adolescent de Boston, Jason, est un véritable fan des films d'arts martiaux de Hong Kong. Pour satisfaire sa passion, il va régulièrement emprunter des DVD's chez un vieux marchand asiatique dans le quartier chinois. Un soir toutefois, de jeunes voyous forcent Jason à les faire pénétrer dans la boutique du vieil homme pour le cambrioler. Dans la foulée, Jason veut empêcher les voyous de s'emparer d'un mystérieux bâton, et tout à coup, voilà notre jeune adolescent transporté dans la Chine féodale. Jason apprend alors que selon une vieille prophétie, il est le sauveur attendu pour libérer le mythique Roi Singe des griffes d'un cruel seigneur de guerre immortel, Jade. Pour cela, Jason doit tout simplement rendre le bâton magique au Roi Singe qui en est le légitime propriétaire. Jade apprend la présence du jeune homme et du bâton en Chine, et il ordonne à une redoutable guerrière et à son armée de les retrouver. Jason bénéficie toutefois de la protection de deux guerriers experts en arts martiaux, Lu Yan, un vagabond porté sur la boisson, et d'un moine, de même que d'une jeune femme désireuse de venger la mort de ses parents tués par Jade. Commence alors un long voyage périlleux pour le quatuor afin d'atteindre le palais du seigneur de guerre.

Les fans attendaient avec impatience de voir dans un même long-métrage les stars des films d'arts martiaux Jackie Chan et Jet Li. L'attente en valait-elle la peine? Dans un sens, oui, grâce entre autres aux chorégraphies spectaculaires de Yuen Woo-Ping qui mettent en valeur les deux vedettes, surtout dans la scène où ils s'affrontent entre eux. En outre, bien que le film soit réalisé par un américain spécialisé dans le cinéma pour enfants, l'intrigue s'inspire de diverses légendes chinoises dont le cinéma de kung-fu de Hong Kong s'est maintes fois référé, ce qui fait admirablement passer à l'écran le côté hommage au genre que le film revendique d'emblée et avec sincérité. Néanmoins, l'intrigue pêche parfois sur le plan dramatique, en faisant quelques raccourcis incohérents et en ne possédant pas tout le souffle épique ou lyrique que l'on est en droit de s'attendre. Ainsi, malgré une équipe technique et un récit aux prémisses essentiellement chinoises, la mise en scène donne parfois l'impression aux spectateurs de regarder une autre variation du "MAGICIEN D'OZ". Le film n'en demeure pas moins fort plaisant ou divertissant, à défaut d'atteindre une excitation maximale, ne serait-ce qu'avec ses scènes de combats et avec ses moments d'humour légers. Donnons également le mérite qui revient à Jackie Chan et à Jet Li, qui sont en très grande forme en plus d'être amicalement enthousiastes dans des doubles rôles. Mathieu Lemée

FRANKESTEIN: EL VAMPIRO Y COMPANIA - Benito Alazraki avec Manuel 'Loco' Valdés, Marta Elena Cervántes, Nora Veryán, Roberto G. Rivera, 1962, Mexique, 76m version originale espagnole

Pour l'histoire, allons y rondement en dévoilant qu'il s'agit ni plus ni moins qu'une adaptation de ABBOTT & COSTELLO MEET FRANKENSTEIN ! Alors on est pas trop perdu. On remplace les corps de Dracula et Frankenstein par de présumées statues de cire, qui n'en sont finalement pas. On a donc les deux nigauds qui travaillent pour la compagnie de transport qui sont mêlés à l'affaire et un gentlemen qui les aident et qui se transforme en loup-garou à la pleine lune. On ajoute un détective ridicule complètement inefficace et une belle savante qui ressuscite les monstres et le reste est identique, y comprit les folies dans les sous-bassements avec les monstres.

Grosse différence au niveau des comédiens, le Dracula n'est pas aussi digne que celui de Lugosi, il est carrément exagéré et le pendant de Lou Costello fait dans la grimace à la Jerry Lewis mais en moins drôle. Tout cela est très léger, les masques de Frankenstein et surtout celui du loup-garou sont des masques complet et caricaturaux, loin du travail de la Universal qui respectait ses classiques. Les actrices sont mignonnes et on évite le numéro musical si souvent présent à l'époque. Pour amateur de Frankenstein invétéré ! Mario Giguère

Des FRISSONS SUR LA PEAU aka DERNIERS FRISSONS aka TENDRE ET PERVERSE EMMANUELLE aka FRENCH EMMANUELLE aka TENDER AND PERVERSE EMMANUELLE - Jesus Franco avec Lina Romay, Jack Taylor, Alice Arno, 1973, France 
 
Le corps de la belle Barbara Ost est découvert au pied d'une falaise, le visage défiguré des suites de la chute. Mais qu'est ce qui poussa cette femme à qui tout semblait réussir à mettre fin à ses jours? Alors que son mari et ses amants se grattent la tête, un flic sans doute très futé émet la possibilité d'un meurtre. Les soupçons se portent alors sur Michel Dreville (Jack Taylor), qui défend son innocence bec et ongle tout en cherchant la vérité sur cette affaire, tout comme la charmante Greta (Lina Romay), elle même ancienne maîtresse de Barbara et avec qui il n'hésite pas à faire quelques galipettes. Mais la vérité est bien plus tordue qu'il n'y paraît.
Voici un Franco en petite forme qui perd son temps sur d'incessants bavardages trop rarement interrompus par des scènes érotiques plutôt soft et un insert limite hardcore. Des longueurs donc, de grosses longueurs même, mais heureusement, le récit est ponctué de flashbacks flous suivant les pérégrinations libertines de Barbara au sein de plans alambiqués, Franco profitant de donner à ces séquences une atmosphère surréaliste proche du rêve éveillé en plaçant sa caméra là où personne n'aurait jamais osé la mettre. Ce n'est pas ça qui rend le film passionnant pour autant, mais c'est toujours mieux que rien. Lina Romay est ici plus sensuelle que d'habitude, terriblement sexy derrière ses grosses lunettes de soleil. Il est vrai que pour une fois, elle campe une femme de tête, arrogante, ce qui la change des rôles de victime naïve dans lesquels on est plus habitué à la voir. En revanche, Alice Arno - dans le rôle d'une tenancière de bar - ne tombe même pas la chemise!
Suite au succès du film EMMANUELLE de Just Jaeckin l'année suivante, le film fut retitré et Barbara troqua son prénom pour celui du personnage campé par Sylvia Kristel. Kerozene

The GATHERING aka Les Témoins- Brian Gilbert avec Christina Ricci, Ioan Gruffudd, 2002, Royaume Uni/États Unis, 97m

Une fête à la campagne: deux jeune s'éloignent du groupe pour faire ce que les jeunes font lorsqu'ils sont seuls. Ils s'enfoncent dans le sol, tombant dans une caverne et meurent. Cet endroit est un ancien lieu de culte, une église construite par un témoin de la crucifixion de Jésus. Les fouilles sont discrètes car l'église ne croit pas que ses secrets devraient voir le jour. L'Archéologue chargé du dossier héberge chez lui une amnésique que sa femme a frappée avec sa voiture. Une jeune fille (Christina Ricci) qui noue des liens rapides avec le jeune garçon de la famille et qui a de terribles visions cauchemardesques.

Difficile de commencer un film avec un cliché, de les accumuler et d'arriver au final avec un film original. Un autre "secret bien gardé par ces catholiques qui ont tant de choses à cacher" qui s'avère tiré par les cheveux, à moins que l'on aie une foi aveugle. Auquel cas, on ne devrait pas regarder de films sacrilèges. Christina Ricci est intéressante pour qui apprécie la petite de la famille Addams, mais le scénario n'étant pas très crédible, elle n'arrive pas à faire des miracles. Rien de bien nouveau. Le dvd d'Alliance Vivafilms comporte deux dvd: la version anglaise à 87 minutes et la version française, qui fait dans les 97 minutes, celle que j'ai évidemment regardée. Mario Giguère

GIRL BOSS BLUES: QUEEN BEE'S COUNTERATTACK aka QUEEN BEE STRIKES AGAIN - Norifumi Suzuki 
avec Reiko Ike, Yukie Kagawa, Shinsuke Taki, Hiroshi Miyauch, Toru Abe, 1971, Japon

Dans ce premier volet d'une série de sept films, il est permis de constater l'émergence d'un double phénomène dans la société japonaise : la rébellion d'une jeunesse qui avait déjà bien ouvert sa gueule aux côté de la classe ouvrière en 1968, et l'émancipation de la femme. Il était donc logique d'illustrer pareil " mouvement " par une série dédiée aux " sukeban ", autrement dit aux " jeunes filles délinquantes ". La série est d'ailleurs également connue sous l'appellation SUKEBAN, ce qui tombe plutôt bien. L'histoire importe moins que l'idée générale émanant du récit, à savoir la mise en avant d'une jeunesse contestataire, désabusée, très orientée vers un esprit " fuck the system ".
On y suit un gang de gonzesses rebelles n'acceptant aucune règle si ce n'est les leurs, refusant la suprématie masculine - qu'elle soit sociale ou sexuelle (les vierges intégrant le gang doivent se déchirer l'hymen elles-mêmes) - et tenant tête aux yakusas histoire de bien marquer leur indépendance. Mais il existe des failles partout, même dans un groupe d'idéalistes soudées. Dirigée d'une poigne de fer par la belle Reiko Ike, la tête du gang est soudain menacée par le retour de la fondatrice du gang qui vient de terminer un séjour derrière les barreaux. Conflit d'intérêt, confrontation d'ego et complexe de supériorité viennent entacher le quotidien du groupe qui a déjà fort à faire avec les yakusas de la région ainsi qu'avec un gang de jeunes bikers mené par un fils à papa qui peine à terminer sa puberté. Ces derniers vont d'ailleurs offrir la scène la plus invraisemblable du film où les motards invitent les filles du gang à prendre place sur leurs bécanes, nues et allongées sur le dos, avant de se faire fourrer par les pilotes qui se lancent dans une course de sexe et de vitesse où " le premier qui jouit a perdu " ! Un instant de pur cinéma déviant et complètement ahurissant qui siège fièrement en haut des plus grands moments du cinéma d'exploitation mondiale et qui justifie à lui seul le visionnement de ce film malheureusement trop décousu pour être réellement passionnant. Car on se perd quelque peu dans cette histoire un rien bordellique où s'accumulent coups de gueule et scènes d'érotisme allant de la partie de baise désabusée aux étreintes passionnelles. Si un film ne doit pas nécessairement bénéficier d'une intrigue solide pour gagner le spectateur à sa cause, il lui faut compenser d'une manière ou d'une autre. Et c'est là, malheureusement, que ce premier GIRL BOSS BLUES pêche un peu. Il y a pourtant de la matière, entre une critique sociale (que certains soupçonneront de n'être qu'un prétexte à quelques scènes de crêpages de chignons et d'effeuillages bienvenues) et un esprit d'exploitation pur et dur, et la thématique est riche. Raison pour laquelle, sans doute, le film connut pas moins de six séquelles. Kerozene

The HAUNTED WORLD OF EDWARD D. WOOD JR - Brett Thompson, 1996, États Unis, 112m

Profitant de la sortie du film de Tim Burton, ED WOOD, Brett Thompson réunit les gens qui ont côtoyé le légendaire réalisateur de "mauvais films". On se concentre donc sur ses cinq réalisations et surtout sur GLEN OR GLENDA et PLAN NINE FROM OUTER SPACE. On retrouve donc des entrevues avec Dolores Fuller, Vampira, Paul Marco, Conrad Brooks, Bela Lugosi Jr et Lyle Talbot, pour n'en nommer que quelques-uns. Ajoutez des extraits de films, des photos d'archive et quelques inédits, dont la restauration de son premier tournage, un court-métrage western intitulé CROSSROADS OF LAREDO.

Ses "collaborateurs" sont souvent très critiques des méthodes peu orthodoxes de travail de Wood, tout comme on s'attarde à corriger les libertés prises par le scénario du film de Burton. Si Wood portait bel et bien des sous-vêtements féminins, suite à une enfance particulière, il ne l'a jamais fait lors de tournages. Bela Lugosi Jr est particulièrement cinglant et critique de la façon dont Wood a exploité les dernières années de son père. Le révérend Lynn Lemon raconte comment Wood a arnaqué, pour ainsi dire, une communauté religieuse pour faire son PLAN NINE FROM OUTER SPACE. On ne parle pas, ou on évite de parler de sa carrière de scénariste, plus fructueuse, ni de son métier d'écrivain de romans populaire, mais on parle de ses dernière années où son alcoolisme a ruiné sa vie. Un parcours qui se termine tragiquement pour un homme qui a concrétisé ce que d'autre ont tant rêvé: faire des films, tout simplement. La mise en scène des entretiens est parfois très artificielle, probablement en clin d'oeil au réalisateur mal aimé.

On en sort fasciné par cette vie si singulière et on a envie de se retaper ses films en continu. Ne serait-ce que pour se rappeler qu'il est loin d'être le pire réalisateur de tous les temps et qu'il sait souvent nous amuser, pas toujours volontairement, certes, mais c'est déjà une qualité qui n'est pas si universelle. Mario Giguère

JOUISSEZ SANS ENTRAVES - Yvonne Debeaumarché, 2008, France 

Derrière ce titre reprenant un fameux slogan bien connu des habitants de la capitale française de 1968, se cache un documentaire un peu trop court (45min) sur l'un des plus beaux témoins de l'impact de la libération sexuelle sur le cinéma. C'est à Amsterdam, en 1970, qu'une poignée de doux-dingues libertaires et libertins ont décidé de monter le premier festival de films cochons de l'histoire du cinéma : le Wet Dream Film Festival. Un événement que l'on découvre aux travers d'entrevues avec les fondateurs de l'événement - dont Jim Haynes, personnage emblématique de la contre-culture européenne et fondateur du magazine " Suck ", premier zine de cul digne de ce nom - ainsi qu'avec des spectateurs et/ou membres du jury parmi lesquels nous trouvons le caricaturiste de Charlie Hebdo Siné, la prêtresse sado-masochiste Catherine Robbe-Grillet (à l'origine de roman " L'Image " adapté par Radley Metzger en 1975), le journaliste Philippe Sitbon, l'écrivain Georges Marbeck et quelques autres. Pour tous, ce festival fut un événement capital : on y visionnait des films incroyablement osés pour l'époque, on y fumait tout ce qui pouvait se fumer, l'ambiance était inévitablement moite et chaude, voire même torride, et générait un enivrant parfum de révolution culturelle. Sur les écrans déferlaient des pelloches aussi diverses au niveau de leur forme qu'au niveau des orientations sexuelles représentées : des pellicules érotiques hétéros, des bisseries polissonnes sadiennes comme le JUSTINE DE SADE de Claude Pierson, le fameux et jusqu'alors interdit court-métrage surréaliste homo UN CHANT D'AMOUR réalisé en 1950 par le poète Jean Genet, une version animée, burlesque et pornographique de Blanche-Neige et même un documentaire zoophile réalisé par un cinéaste japonais et qui sut émouvoir le jury à tel point qui lui décerna le prix du Phallus d'Or !
Le festival fut un succès mais ne connut que deux éditions (l'arrêt fut lié aux débordements pédophiles intolérables et malheureux de la publication " Suck "). La deuxième, en 1971 donc, se termina par une monstrueuse orgie qui dura toute une nuit sur un bateau. Une orgie qui fut le point d'orgue d'un événement culturel hors norme mais qui fut aussi révélatrice d'une certaine réalité : l'amour libre, c'était peut-être merveilleux pour certains, mais pour d'autres c'est un calvaire, et voir leur partenaire ou conjoint s'éclater avec des inconnus fut dans certains cas extrêmement dur à encaisser... Étrangement, c'est de cette partouze finale dont on parle le plus dans ce documentaire certes intéressant, mais qu'on aurait voulu plus porté sur l'impact direct réussi ou non du festival sur le monde du cinéma et surtout sur sa programmation et les réactions qu'elle suscita. Si certains des témoins interrogés parlent en fonction des questions de la réalisatrice, d'autres semblent plus motivés à mettre en avant leur vie guidée par une philosophie épicurienne jusqu'auboutiste, tandis que d'autres expriment les travers de cette fête finale... Mais on ne saura finalement pas grand-chose sur la programmation du festival elle-même, sauf que le film de Pierson n'a été apprécié que par son érotisme débordant et certainement pas pour ses qualités cinématographiques soi-disant inexistantes, et que le film zoophile plongea tout ce petit monde dans un état de béatitude émerveillée pour le moins inattendu. Kerozene

LIZARD WOWAN aka TUK KAE PHII - Manop Udomdej avec des Salamandres... des fantômes... Thaïlande, 2004, 94m
 
Au cours d'une expédition dans une forêt du Sud de la Thaïlande, une équipe d'écologistes tombe sur une vieille caisse en bois. En l'endommageant, ils libèrent une entité maléfique, qui va se matérialiser sous forme de dizaines de petites salamandres voraces qui vont les décimer un à un. Alors qu'au petit matin, la police locale retrouve en pleine forêt les cadavres du petit groupe porté disparu, une romancière, connue grâce à ses écrits sur les superstitions et autres croyances locales, entre en possession d'une même vieille boîte. A son tour, elle devra affronter visions cauchemardesques et mauvais esprits, même si elle-même à du mal à gober cette histoire de salamandres démoniaques... comme nous d'ailleurs...
Largement inspiré des films en vogue made in Japan, ces ghouls-thaï ont les cheveux longs, le teint blafard et les yeux globuleux de couleurs verdâtres. Dommage de céder à cette mode déjà dépassée, lorsque l'on sait que ce cinéma peut nous offrir largement mieux en terme de d'originalité. Les petites salamandres sauteuses qui parsèment le film avant l'apparition de chaque esprit, finiront eux aussi par lasser. Ce n'est pas les quelques effets numériques gores, ma foi assez foireux, qui parviendront à rehausser l'ensemble. Quand à cette histoire d'esprits reptiliens maléfiques enfermés dans une boîte en bambou... elle ne tient vraiment pas debout ! Même si le visionnement n'est pas à ce point insupportable, il n'en reste pas moins que je n'aime pas trop ! Marc Evil

Les LOUPS DE WALL STREET aka Wolves of Wall Street - David DeCoteau avec William Gregory Lee, Elisa Donovan et Eric Roberts, 2002, États Unis, 85m

On a d'abord l'impression que DeCoteau fait son Jacques Tourneur, idée presque emballante, et son Cat People, en ne montrant pas de transformations. En fait, si j'ai bien comprit, ces loups garous ne font pas de transformation physiques habituelles, gardant leur apparence humaine, accentuant la parabole sur les courtiers de Wall Street en tant que prédateurs humains. Le scénario insiste beaucoup trop pour nous entrer le message dans le cerveau et les plans répétitifs et récurrents de la lune (on en vient à penser qu'il y a toujours pleine lune sur Wall Street) sont lassants. Ceci dit, la présence d'Éric Roberts est la bienvenue, il a toujours l'arrogance qui sied bien au personnage. Elisa Donovan, la copine rousse que l'on se demande ce qu'elle fait avec ce grand dada de jeune courtier, est aussi appréciée. Elle a essentiellement une carrière bien remplie à la télévision. Mario Giguère

LUNE FROIDE - Patrick Bouchitey avec Jean-François Stévenin, Patrick Bouchitey, Jean-Pierre Bisson, Laura Favali, 1990, France, 90m

Entièrement tourné en noir et blanc, Lune froide était à l'origine un court-métrage de 26 minutes réalisé en 1988 par Patrick Bouchitey, qui avait travaillé son scénario à partir d'écrits de Charles Bukowski (les textes "The Copulating Mermaid of Venice" et "Trouble With the Battery" plus précisément). Après avoir obtenu le Grand Prix du Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand en 1989, c'est avec l'aide de Jacky Berroyer que le réalisateur va réécrire le récit afin cette fois-ci d'en faire un premier long-métrage, qui sera par ailleurs, pour information, un des premiers films produits par Luc Besson. Malgré son thème dérangeant et le ton assez humoristique avec lequel Bouchitey aborde cette histoire de deux marginaux partageant une expérience nécrophile, Lune froide a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes durant l'année 1991, avant d'être nommé aux César de la meilleure première œuvre l'année suivante. Pourtant mal reçu par une critique souvent virulente, et censuré dans de nombreux pays, Lune froide n'est qu'une manière, un peu particulière certes, de mettre en scène une amitié un peu désespérée entre deux compagnons de glande, une relation amour-haine entre deux grands enfants qui refusent de se plier aux normes sociales, même si Simon de son côté, semble un peu plus responsable que Dédé, être faussement jovial, musicien raté, aux comportements amoraux qui dissimule ses sentiments derrière une façade plus fragile qu'il ne veut bien le laisser paraître. Lune froide s'attarde donc sur les déambulations plutôt joyeuses de notre duo, qui au fur et à mesure que la nuit s'avance deviennent de plus en plus dangereuses, virant parfois dans le malsain, car tous deux partagent tout : galères, bouteilles de vin, femmes... et cadavre... Leur vie est d'une tristesse absolue, seulement rythmée par les moments partagés lors des nuits folles qui accompagnent leurs excursions, souvent perturbées de bagarres et autres soucis de mecs bourrés. Une descente aux enfers accordée de belle manière à une bande-son mêlant titres de Jimi Hendrix et compositions de Didier Lockwood.

La lune froide, connue également sous le nom de lune du loup correspond à la morne période de janvier et, est fréquemment associée à la mort et à la désolation (voir http://www.adapa.org), ce qui correspond parfaitement à l'expérience morbide vécue par Dédé et Simon durant la nuit où ils ont dérobés un corps devant un hôpital, situation sans doute lancée suite à un pari d'ivrognes " je t'avais dit qu'on ne rentrerait pas seuls ". Trimballant celui-ci sans s'inquiéter de quoi que ce soit, ces derniers vont ramener le corps toujours enveloppé de son linceul chez Simon. Pensant qu'il s'agit du corps d'un vieux, ces derniers vont mettre un petit moment à retirer le drap qui recouvre le corps, l'ambiance troublante et l'attente qui naît de longs silences sont soudainement brisés alors que nous découvrons le corps nu, encore tiède d'une superbe jeune fille aux courbes parfaites. Simon ne pourra pas se retenir longtemps et va commencer à embrasser la morte, la caresser avant de lui faire l'amour devant le regard inquiet, un peu horrifié puis amusé de Dédé, qui finalement va se laisser tenter lui aussi...

Lune froide est un film assez étrange, qui se regarde comme un conte assez violent et glauque, mais non dénué d'une certaine poésie morbide. L'expérience nécrophile, véritable fil conducteur du film, n'est pourtant là que pour nous faire partager le quotidien de deux hommes, liés par un abominable secret qu'ils ne peuvent révéler et qui les poursuivra encore longtemps, tout comme les images crues qui vont nous rester en mémoire durant de longues années. Mais, tout comme dans l'excellent C'est arrivé près de chez vous, l'humour est omniprésent au sein du récit, rendant nos deux paumés assez attachants, un peu dans le style du couple Dewaere - Depardieu dans Les valseuses. Jean-François Stévenin (Les Chiens de guerre, Total Western, etc.) est étonnant et touchant dans le rôle qui lui est attribué ici, et Patrick Bouchitey (La Vie est un long fleuve tranquille, Les Démons de Jesus, etc.) s'en sort de belle manière également avec son personnage excentrique et méprisable, que l'on se plaît pourtant à trouver sympathique. Le reste du casting est composé de seconds rôles absolument crédibles, et l'on retrouve parmi les acteurs de nombreuses têtes connues comme Jean-Pierre Bisson, Jean-Pierre Castaldi ou encore Jackie Berroyer. Nachthymnen

MISTER FREEDOM - William Klein, 1968, France   

1968: ses révoltes étudiantes, ses grèves, ses soulèvements ouvriers, ses pavés, ses slogans et son idéologie anti-impérialiste ! Toute une époque qui vu inévitablement poindre quelques pelloches surfant sur ce mouvement. Et quoi de mieux pour chatouiller le capitalisme triomphant que de s'en prendre à ses symboles les plus évidents ? Ils sont ici personnifiés au travers de Mr. Freedom : super héros au look de footballeur yankee, beau gosse orgueilleux, raciste, frimeur et arrogant obéissant aux ordres de son supérieur le Dr. Freedom (Donald Pleasance). Celui-ci lui confie la mission de sauver la France de la menace communiste sans cesse grandissante et responsable de la disparition de l'alter-ego frenchie de Mr. Freedom, à savoir le valeureux Capitaine Formidable. Certainement un coup bas de Moujik Man en personne (Philippe Noiret), le super agent russe que l'on soupçonne s'être lié à l'infâme Red Chinaman. Mr. Freedom débarque alors sur le sol français histoire de procéder au grand nettoyage à grand renfort de propagande capitaliste soi-disant libertaire.
On sent dans MR. FREEDOM un farouche besoin de gueuler un grand coup contre tout ce que les jeunes d'alors détestaient chez les américains et ce qu'ils représentaient: la société de consommation (l'ambassade des États-Unis abrite un supermarché rempli de majorettes décérébrées), la superficialité, la volonté d'imposer leur conception discutable de la démocratie, l'intolérance envers tout individu ne suivant pas le même mode de penser, l'obstination à "nettoyer le monde" (référence faite à la guerre du Vietnam)... Bref, le portrait dressé est extrêmement caricaturale et manque singulièrement de recul, mais il a le mérite d'être clair - ce qui n'est pas forcément le cas pour le reste du métrage. Il est particulièrement intéressant de noter que le scénariste-réalisateur n'est pas un vilain français désireux d'ouvrir sa gueule puisque Klain est un américain arrivé à Paris en 1947 en tant que GI, ce qui fait relativiser un minimum sur le sentiment d'anti-américanisme primaire qui émane du film. Néanmoins, quarante ans plus tard, on ne peut s'empêcher de trouver tout cela très naïf et forcément très cocasse, mais c'est intéressant car révélateur des revendications utopistes d'alors, de la volonté d'aboutir à un système équitable, de balancer un grand coup de pied dans la fourmilière et de parvenir à une véritable société juste et libertaire en même temps. L'Histoire a évidemment montré que les choses ne sont pas si simples et que rien n'est ni tout noir, ni tout blanc...
Il y aurait beaucoup à débattre sur les propos du film, mais ce débat a déjà eut lieu bien des fois depuis quatre décennies et puis on n'est pas là pour ça. En revanche, on peut souligner la douce folie qui en émane, une sorte de joyeux bordel kitsch et déglingué partagé entre chansons de propagande capitaliste devant un parterre de militants anti-communistes et les délires mégalos d'un Mr. Freedom aussi aveugle que destructeur. On peut aussi s'interroger sur des éléments aussi incongrus que l'apparition de stigmates sur les mains et le ventre de Mr. Freedom ou l'arrivée de Jésus en personne aux côtés de Red Chinaman et Moujik Man - des éléments christiques dont le sens m'échappe complètement. Signalons, outre la présence de Donald Pleasance et de Philippe Noiret déjà précités, celle de Serge Gainsbourg en pianiste rieur et de Rufus avec des cheveux ! Pour faire court : c'est un peu n'importe quoi, définitivement désuet, mais c'est quand même poilant à regarder. Kerozene

UNE POIGNEE DE SALOPARDS aka INGLORIOUS BASTARDS aka DEADLY MISSION aka COUNTERFEIT COMMANDOS aka G.I. BRO aka HELL'S HEROES aka QUEL MALEDETTO TRENO BLINDATO - Enzo Castellari, 1978, Italie 

Suite l'annonce, ou à la rumeur d'un hypothétique remake de cette pelloche par le père Quentin Tarantino, la popularité du film ne Castellari a été sans cesse grandissante et le nom même de Castellari est devenu plus connu que jamais. Par conséquent, et pour autant que l'on soit un poil familier à la filmographie du monsieur, il est légitime d'imaginer cette resucée transalpine de LES 12 SALOPARDS comme l'un des meilleurs essais du maître, avec ce que cela implique de cascades folles, de gunfights brutaux, de personnages haut en couleur et de ralentis flamboyants garnis d'explosions et de mannequins réduits en charpie. Seulement voilà, si tous ces éléments sont présents, ils ne le sont qu'à dose homéopathique. Du coup on est un peu déçu et on se dit que le buzz généré par la propagation tarantinesque n'a pas que du bon (mais ça on le savait déjà - même si je trouve cela très bien qu'un type comme Tarantino brandisse haut et fort l'étendard du cinéma que l'on aime). Mais tout cela n'empêche pas pour autant UNE POIGNEE DE SALOPARDS d'être éminemment sympathique, divertissant et drôle. La légèreté du ton adopté et le traitement décomplexé de Castellari en font un apéritif filmique jovial, une sorte de petite pose récréative aussi rafraîchissante qu'un apéro sur une terrasse ensoleillée en bord de mer, un pur moment de décontraction du gland régénérante, un peu à l'image de son générique pop et tonitruant.
L'histoire: pendant la deuxième guerre mondiale, une bande de déserteurs prisonniers parviennent à s'échapper et tentent de rejoindre la Suisse pour y trouver refuge. Chemin faisant, ils dessoudent du bosh comme on se beurre une biscotte, balancent des vannes à tout va et se gueulent régulièrement dessus de manière aussi virile que frétillante. Jusqu'au jour où, déguisés en soldats allemands, ils croisent le chemin d'une compagnie alliée elle aussi grimée en troufions germaniques. Le problème est que nos salopards ne le savent pas et qu'ils dégomment les pauvres gaillards sans leur demander leur reste. Accablés par le remords, ils décident de reprendre du service afin de mener à bien la mission qui avait été confiée à leurs ex-collègues, à savoir infiltrer l'armée allemande pour leur voler une arme expérimentale acheminée dans un train surgardé.

On retrouve donc bien des éléments du film de Robert Aldrich, transformés et mis en forme à la sauce italienne de l'époque et bénéficiant d'un casting adapté : l'inévitable Fred Williamson et son éternel bout de cigare qui doit faire face à de cinglantes attaques racistes, Bo Svenson qui traîne son allure gauche dans la peau du leader frimeur avec ray-ban vissée sur le nez et blouson d'aviateur et le français Michel Constantin au faciès méchamment buriné. Kerozene

PREMUTOS Der gefallene Engel aka Premutos: Lord of the Living Dead - Olaf Ittenbach avec Fidelis Atuma, Anke Fabre, 1997, Allemagne, 106m

Premutos est le premier des anges déchus, avant même Lucifer. Au fil des siècles il a ranimé des légions de morts vivants qu'il a poussé au meurtre et au chaos. Comme bien d'autres figures qui gravitent autour de Dieu, il a été oublié depuis le temps. Le jeune Mathias commence à avoir des visions de Premutos, visions sanglantes qui augmentent après un accident aux grelots. Lors de la fête du père de Mathias, avec des invités qui ne s'entendent pas plus qu'il ne le faut, les morts se réveillent et la maison et assiégée ! Que le sang coule à flot !

Baptême d'Ittembach pour ma part avec un film aux excès mémorables. Oublions le scénario, excuse pour mettre en scène plus de 139 morts, comme un compteur nous l'indique au final ! Humour gras, sexe, sang et tripaille, voilà ce qui compte, culminant avec l'incroyable arrivée d'un char d'assaut. L'édition dvd américaine chez Shock-O-Rama offre un documentaire de cinquante minutes assez instructif, ou l'on raconte entre autre les difficultés du tournage, on s'en doute, ou personne n'a été payé. Le doublage anglais est assez horrible, on a visiblement voulu accentuer l'humour. Les nombreuses scènes "historiques" sont parfois réussies, mais on voit jusqu'à quel point le tournage a eu plus d'ambition que de moyens dans ces costumes et ces figurants un peu gauches. Mais c'est pour les fleuves de gore que l'on peut apprécier le film et à ce niveaux, on rejoint les excès d'un BRAINDEAD de Peter Jackson, ce qui impressionnera certains spectateurs et en éloignera d'autres. Mario Giguère

RING OF TERROR - Clark L. Paylow avec George E. Mather, Esther Furst, 1962, États Unis, 64m

Le gardien d'un cimetière nous introduit le sujet d'une de ses pierres tombales. Lewis B. Moffitt est étudiant en médecine et il a la réputation de n'avoir peur de rien. Malheureusement ce n'est pas tout à fait juste et l'épreuve qu'on lui donne pour confirmer son adhésion à sa fraterie lui sera fatale.

Aussi bête que ça. Sans parler des sempiternels étudiants joués par des acteurs beaucoup trop âgés. En fait la seule façon de comprendre et de peut-être accepter un tel ratage est de supposer qu'on a vu le pilote d'une émission de 30 minutes, qui n'a pas trouvé preneur, et qui a été rallongé à 64 minutes. Parce que tout se joue en deux minutes à la fin. Que l'on pense à Mario Bava qui tournait un petit chef d'oeuvre avec un pareil sujet, le protagoniste devant voler une bague sur la main d'un mort. L'hypothèse n'est pas folle, le réalisateur ayant tourné seulement quelques épisodes d'une série télévisée, ce titre n'étant que sa seule réalisation, il sera assistant réalisateur, toujours en télévision, pour le reste de sa longue carrière. D'ou l'expression que j'utilise peu souvent: incommensurablement lamentable ! Mario Giguère

Le SADIQUE AUX DENTS ROUGES - Jean Louis Van Belle, 1970, Belgique

Inutile d'essayer de comprendre la logique du film ou le sens du scénario: il n'y en a visiblement pas ! Et malheureusement pour moi, j'ai été lire l'hilarante riviou du film présente sur nanarland, voir ici www.nanarland.com, avant de pondre mon brouillon ; du coup je ne peux éviter de m'en inspirer...

Le Sadique en question, c'est Daniel, un brave type qui, suite à un accident de la route, se prend pour un vampire (!). Après un séjour en hôpital psychiatrique, deux toubibs trouvant son cas apparemment fort intéressant, autorisent la réintégration du patient au sein de la société. Mais nos docteurs aux motivations pour le moins obscures, comptent ne pas le lâcher d'une semelle puisqu'ils ont l'intention de persuader Daniel qu'il est effectivement un vampire! Et son statu de prince de la nuit, il ne l'obtient de manière définitive qu'après quelques rencontres clés, à commencer par une visite chez un vampire ne mordant que sur rendez-vous, suite à quoi il croise le Seigneur des Ténèbres en personne au look de vieux hippie hirsute et maquillé comme une ébauche du Gene Simmons de Kiss puis il se rend dans un magasin de farces et attrape afin de se procurer un magnifique dentier en plastique - non sans assassiner la vendeuse par la même occasion.
Si le scénario a l'air déjà passablement barré comme ça, ce n'est rien en comparaison de son traitement filmique dont l'improbabilité dépasse de loin les limites du raisonnable : le réalisateur passe en effet du coq à l'âne, ne respecte quasiment aucune continuité visuelle ou narrative, joue aussi abusivement que maladroitement de l'ellipse et semble contredire tous les faits et gestes de ses protagonistes (les toubibs fomentent un plan machiavélique avant de rejoindre les forces de l'ordre) qui, pour le coup, sont tous incarnés par d'illustres inconnus n'ayant visiblement jamais suivit le moindre cours d'art dramatique, la palme allant sans hésiter à l'interprète de la copine de Daniel, monumentale nunuche blonde au charisme inexistant et dont le seul talent remarquable - outre le fait d'apparaître nue à l'écran - est de n'avoir qu'une seule et unique expression faciale qui lorgne du côté de l'imitation du merou de l'Adriatique. Voila qui contraste méchamment avec le jeu énormissime de nos deux psychiatres (mais le sont-ils vraiment ?) qui obtiennent sans hésitation le titre des Laurel et Hardy du rictus faciale ! Mais le plus étrange dans ce film, c'est peut-être le côté " auteurisant " de la chose, un aspect très sérieux et solennel dans le fond qui tente de cohabiter péniblement avec l'imposante personnalité nanardisante de la forme. Le réalisateur prend soin d'illustrer l'élévation de la psychose de Daniel de manière plus ou moins réfléchie et use de stock-shots d'images de destruction: tornades, explosions nucléaires, raz-de-marée,...  métaphore peu délicate des ravages causés au sein de son corps et surtout de son esprit qui le poussent peu à peu à sombrer dans le vampirisme. On va jusqu'à entrer dans l'esprit du personnage qui souffre de graves hallucinations et voit - par exemple - le monde littéralement à l'envers (les piétons et les voitures se déplacent à reculons) ou alors il apparaît en transparence approximative dans des instants de probable réflexion. De même que les pensées philosophiques de son esprit déviant ne nous sont pas épargnées et ce pour le plus grand plaisir de nos oreilles avides de dialogues absurdes et surréalistes. Ainsi, lorsque Daniel s'arrête devant un marchand de poulet, il lui dit :

- Je vais vous prendre ce policier.

- Mais voyons monsieur, ce n'est pas un policier, c'est un poulet!

- Ah bon. Alors je vais vous prendre ce poulet.

Et ce avant de clamer qu'il n'y a pas plus cruel animal que le poulet, suite à quoi il décapite l'innocent volatile et s'arrose le torse de son sang ! Doit-on y voir comme un ultime soubresaut soixanthuitard, un relent de nostalgie des espoirs envolés, une ultime rancune envers les forces de l'ordre ayant fait barrage à la révolution étudiante ? On ne le saura sans doute jamais... Mais j'aime à penser que oui ! Kerozene

SASQUATCH MOUNTAIN ala LA BÊTE aka Devil on the Mountain - Steven R. Monroe avec Lance Henriksen, Cerina Vincent, Craig Wasson, 2006, États Unis, 90m

Chase Jackson (Lance Henriksen) a perdu sa femme il y a douze ans lorsqu'elle s'est faite frapper par un véhicule alors qu'elle filmait une créature sur le bord de la route. Dans la petite ville tranquille, un braquage qui tourne mal et les voleurs de prendre la fuite. Notre autre protagoniste (Cerina Vincent) est un jolie femme qui passe dans le coin et qui fera un accident, frappant la fourgonnette des voleurs. On la prend en otage et on fuit à pied dans les bois. Mauvaise idée, car il y a bel et bien un bigfoot dans le coin qui défend son territoire férocement. Tout le monde devra collaborer, police. brigands, otage et Chase pour espérer sortir vivant des bois.

Attention, la pochette dvd nous vend le film comme une suite à L'INEXPLICABLE aka SASQUATCH, il n'en est rien à part la présence de bigfoot et de Lance Henriksen. On semble à court d'idées pour renouveler le sous-genre, alors on a droit à un film policier à la Tarantino et un drame de sasquatch auquel on a apporté une touche féminine. La bête est en effet une femelle qui vit sa dépression post natale. Lorsqu'on comprend cette différence, les traqués vont changer de méthodes pour échapper à sa colère, ce qui nous vaudra un final très différent et touchant, proche d'un King Kong classique. On applaudit l'effort, mais on ne crie pas à la réussite totale non plus. Cerina Vincent est canon, mais reste prude. On retrouve avec plaisir Craig Wasson dans le rôle du chef de la bande, toujours en train de faire des transactions à la bourse durant l'opération. On a aussi droit à Tim Thomerson en chasseur bourru, toujours sympathique. Produit pour le Sci Fi Channel, qui a retitré le DEVIL ON THE MOUNTAIN en SASQUATCH MOUNTAIN, pour être certain que l'on comprenne bien. Mario Giguère

SHEITAN aka Satan - Kim Chapiron avec Vincent Cassel, Oliveir Bartélémy, 2006, France, 94m

Un groupe de jeunes, à la veille de Noël, vont partir de la discothèque pour aller à la campagne sur l'invitation d'une jolie fille rencontrées sur place. Là ils feront la rencontre de Joseph et de toute une ménagerie de paysans qui n'ont pas l'air catholiques. Dans cette grande maison qui servait d'atelier pour fabriquer des poupées, Joseph raconte une histoire sur Satan qui fait un pacte avec un quidam. Le cauchemar peut commencer.

J'ai d'abord regarder l'entrevue avec Vincent Cassel qui raconte les origines du projet qu'il a produit et dans lequel il est très impliqué. Ayant rencontré et participé à des courts métrages du collectif kourtrajmé, Cassel planche sur un projet de long métrage avec Kim Chapiron. Avec essentiellement des jeunes qui n'ont que de l'expérience en court métrage à l'humour déjanté, on monte un projet de film drôle, sexy et donnant la frousse. Avec des moyens conséquents, entouré d'une équipe professionnelle, on ne s'empêche pas d'improviser des dialogues et on privilégie le déconnage. Le scénario marche sur des sentiers battus, la famille de dégénérés dans un coin reculé, lieu commun de la série b horrifique, est pourtant très bien servie par un Vincent Cassel inspiré et au jeu complètement barjo.

Au final, on ne peut que noter que le pire des copains, celui qui ne respecte rien ni personne "parce qu'il a eu une enfance malheureuse" sera celui qui paiera le plus cher la rencontre avec des gens qui respectent encore moins le genre humain. L'arroseur arrosé. Ce qui semble donner dans la fable sur les dangers de ne pas respecter autrui, très moralisatrice, en opposition avec les vidéoclips transgressants de kourtrajmé. Mais c'est l'humour, très noir, qui imprègne le tout, qui ramène à la case départ et permet d'apprécier ce film "différent". Mario Giguère

SHOWER OF BLOOD - Tiffany Kilbourne avec Lia Montelongo, Melissa Montifield, 2004, États Unis, 90m

Cing jeunes gens, deux imbéciles et trois filles, dont deux que la nature a pourvu abondamment, arrêtent pour la nuit dans la somptueuse maison d'oncle Marty, absent. Parti depuis dix ans, Marty arrive donc durant la nuit, allant de douche en douche pour rencontrer les jeunes. Bon, le titre est "Douche de Sang" et y a une vampire sur la pochette, alors on se doute de quelque chose. Entre les séances de polissage de carrosserie, Marty s'intéresse fortement à la seule vierge, la poitrine la plus petite donc, pour en faire sa future épouse pour les prochains trois cent ans. Ce ne sera pas simple, mademoiselle rouspète.

Seule réalisation recensée de Tiffany Kilbourne (un pseudonyme ?) le film lorgne entre le soft porn et l'horreur, le film de vampire étant un terrain privilégié pour l'exercice. On laisse de côté l'étude psychologique des personnages et les trous du scénario et on remarque la jolie nièce, Lia Montelongo. Tout ça est bien réalisé, on dirait très luxueux pour un budget indépendant mais trop série B (le slogan présente le film comme le premier films de série B+, en référence aux tours de poitrine !) pour être de la série A. Pas de grandes surprises, mais le quota sang et seins est élevé. Mario Giguère

SORTILÈGES aka BLOODBEAT aka BLOOD BEAT - Fabrice A. Zaphiratos, 1985, États Unis    

On va faire vite, parce que là on touche quand même au summum de la daube. A la veille de Noël, dans un coin très perdu ("Je vais chercher à boire au village, je serai de retour dans deux heures" lâche l'un des protagonistes) un jeune type rend visite à ses parents et leur présente sa nouvelle copine. Celle-ci ne plaît pas du tout à maman, peintre extralucide visiblement restée crochée sur des acides gobés durant sa période hippie, tandis que le beau-père, chasseur barbu vêtu d'un treillis, inquiète quelque peu mademoiselle. Rapidement, celle-ci est prise d'étranges visions et un samouraï surgit de nulle part découpe le casting sans vraiment que l'on comprenne pourquoi. Le samouraï, matérialisation de l'esprit de la jeune fille apparemment revenue d'on ne sait où (elle même ne semble pas le savoir) pour assouvir ce qui semble être une vengeance, sera contré par des pouvoirs paranormaux illustrés par de vilains gribouillis sur la pellicule. Cette histoire incompréhensible et épouvantablement filmée est desservie par des acteurs aussi charismatique qu'un vieux bout de pizza que ne peuvent sauver ni les quelques timides maquillages gores, ni le plan nichon de service qui s'avère être la seule chose positive de ce monstrueux navet soporifique.. Kerozene

The STAND aka Le Fléau - Mick Garris avec Gary Sinise, Molly Ringwald, Jamey Sheridan, Laura San Giacomo, Ruby Dee, produit par Mitchell Galin, musique de W.G. Snuffy Walden, 1994, États Unis, 347m

La population entière de la terre est exterminée par une grippe, 99% pour être exact. Il n'en reste que 1% qui est divisé en deux parties très distinctes: le bien et le mal. Nous pouvons suivre le déroulement de certains personnages au fil du film, leur mésaventure pour la plupart du temps. Pour certains le drame de perdre un être cher, amis et famille dépérir d'une grippe mystérieuse. La grippe n'étant qu'une autre forme du malin qui est en fait une sorte de remise à zéro du compteur pour l'humanité. À La suite de quoi s'engage une bataille entre le bien et le mal pour la suprématie de la planète.

Lorsque que ce film en quatre parties sorti, la plupart des club vidéo ne croyant pas qu'il fonctionnerais en location n'en demandèrent que peu d'exemplaires. Surtout à cause de la durée du film qui est prêt de 6h30min, ils le paieront cher par la suite, car au contraire la demande fut énorme et il furent pour la plupart prit de court en ce qui concerne les locations. Certes un film avec un sens biblique assez profond, faut bien le dire, mais plusieurs images choc dérangeantes. Comme toujours avec notre maître de l'horreur incontesté on peut y voir les tréfonds de l'âme humaine et la déchéance de l'être humain face au chaos et à l'agonis de l'humanité qui mène à la folie pour certains personnages. Forcedumal

TALES FROM THE GRAVE - Stephanie Beaton avec Joe Estevez, Stephanie Beaton, Mary Beth Rim, 2003, États Unis, 114m

Une vielle sorcière, "The Old Crone", introduit cinq histoires fantastiques. 

Dans CRAZY GUNDERMAN, deux jeunes vont regretter d'avoir essayé de donner la frousse à un vieux fou qui semble pratiquer la sorcellerie. Sans grande surprise, mais l'acteur qui joue Gunderman au look de Charles Manson est généralement efficace.

Joe estevez est la vedette de THE WRATH OF HERCAYLAC dans lequel il se réfugie dans un chalet perdu dans la forêt pour affronter ses peurs. On aura droit à plusieurs surprises à la fin ainsi que la participation de la réalisatrice. Joe Estevez en fait des tonnes et n'est pas vraiment crédible, malheureusement, mais comme on termine sur une note légère, ça passe mieux.

LAB RATS inverse la proposition habituelle. Ici ce sont les humains qui doivent survivre en tant que cobayes, aux rats de laboratoire géant ! Humour noir et gore qui ne se prend pas au sérieux.

Un jeune couple qui veut faire des galipettes dans sa voiture stationnée dans un coin tranquille va rencontrer THE BILLYWACK, un monstre mi-humain mi-chèvre que l'on en verra jamais très bien. C'est le sketch le plus efficace, le plus court aussi. L'ensemble aurait bénéficié d'être resserré au montage. La réalisatrice est plus connue pour une carrière d'actrice très occupée. Elle n'a que quatre films en tant que réalisatrice à son actif et on note qu'elle touche aussi à tous les métiers reliés au cinéma: scénariste, productrice, décoratrice, effets spéciaux, maquillage, costumes, photographie. C'est ici son premier essai à la réalisation et c'est en général bien fait, sans vraiment être original.  Mario Giguère

TALES FROM THE GRAVE 2: HAPPY HOLIDAYS- Stephanie Beaton avec Felicia Lambreton, Mike Murga, Amy Koppelman, 2005, États Unis, 90m

La vielle sorcière rempile avec un spécial fêtes ! 

Dans LOVE BITES, un pseudo vampire organise un party au thème vampiresque pour la Saint-Valentin. Il va réaliser son souhait quand une de ses valentines potentielles se révèle être justement une enfant de la nuit. Ca va barder.

LUCK OF THE IRISH met en scène un couple un peu fauché car monsieur attend d'attraper un farfadet pour lui voler son or. Lui aussi aurait dû se méfier de ses souhaits car celui qu'il va capturer sera des plus récalcitrants.

TRICK OR TREAT offre une histoire macabre durant la nuit d'Halloween.

MEAT THE FAMILY nous parle d'un jeune couple qui va voir la belle famille pour la "thanksgiving", l'action de Grâce. Mais lorsque la voiture est en panne, une famille de dégénérés les accueille comme le plat de résistance.

Le soir du réveillon de Noël c'est ANGEL où la belle famille n'est jamais rejointe et un couple dépareillé est accueilli momentanément après un grave accident de la route. Ils sont trois, le grand-père, la mémé et le petit fils qui est un adulte avec l'âge mental d'un enfant et qui a hâte de décorer le sapin.

Beaucoup plus efficace que le premier essai de Stephanie Beaton. Même si on devine où l'on s'en va, comme souvent dans ces histoire qui font très "EC COMICS", les acteurs sont chevronnés, la réalisation efficace et le montage roule à bonne allure. L'idée de travailler autour de la thématique des célébrations est aussi une bonne surprise, le "leprechaun" n'ayant pas trop à envier ses collègues plus connus. On passe un bon moment et on en prendrait une autre portion !

Le film est offert en programme double avec le premier opus, sous l'appellation de "Grindhouse Double Feature", un terme pas vraiment approprié, mais qui on nous en donne pour notre argent. Mario Giguère

TARZAN the EPIC ADVENTURES - Brian Yuzna avec Joe Lara, Andrew Divoff, Corinna Everson, 1996, États Unis, 90m, pilote de télésérie