LES NOUVEAUX VISIONNEMENTS CULTES DE NOS ONCLES

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mise à jour 27 mai 2009

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ABBOTT AND COSTELLO MEET DR JEKYLL AND MR HYDE aka DEUX NIGAUDS CONTRE LE DR JEKYLL ET MR HYDE - Charles Lamont, 1953, États Unis

Abbott et Costello sont flics pour le compte de Scotland Yard. Après s'être fait ridiculiser devant une horde de femelles militant pour le droit de vote, nos deux compères sont relevés de leur fonction avec effet immédiat. Pour se racheter, ils comptent bien mettre la main sur un étrange tueur rôdant dans les rues sombres de la capitale anglaise, un tueur qui ressemblerait à un monstre, selon les dires de quelques témoins... Et c'est bien sûr par le plus grand des hasards que nos couards inspecteurs se retrouvent à soupçonner le respecté Dr. Jekyll, un homme amer qui bidouille les gênes de quelques bestioles dans son laboratoire secret.

Dernier représentant du bestiaire Universal à passer par la moulinette parodique d'Abbott et Costello, Jekyll/Hyde a la chance de bénéficier d'un script relativement correct, mais surtout de la présence de Boris Karloff - de retour auprès des deux zouaves après ABBOTT AND COSTELLO MEET THE KILLER, BORIS KARLOFF en 1949. On passe sur l'humour usuel du duo principalement alimenté de quiproquos téléphonés et de la maladresse d'un Costello rondouillard qui se bouffe des montants de portes à la fin de chaque scène, et on se focalise sur les atouts de cette pelloche qui recycle au maximum le patrimoine épouvante du studio lors d'un passage se déroulant dans un musée de cire et où la statue du monstre de Frankenstein prend vie après avoir été " électrocutée ". Quels sont donc ses atouts ? Boris Karloff bien évidemment, classieux comme d'habitude, et il y a ce gag un peu crétin mais finalement drôle où Costello (toujours lui) ingurgite une potion du Dr. Jekyll qui a pour effet de transformer sa tête en celle d'une souris, et ceci évidemment avant de se rendre au pub où les clients bourrés commencent à douter de la qualité de leur bière. Vient enfin le final où Costello (...) et Jekyll se transforment tous deux en Mr. Hyde, générant la confusion générale au sein des forces de police. Pour les amateurs, il s'agit là d'un des meilleurs films du duo, pour les autres, il s'agit surtout d'une comédie pas très fine, qui se rattrape grâce à la présence de Karloff. Kerozene

BRIDE OF FRANKENSTEIN - James Whale avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Ernest Thesiger, Elsa Manchester, 1935, États Unis, 75m, Noir et blanc

L'immense succès populaire de FRANKENSTEIN appelait à une suite, mais ce n'est que quatre ans plus tard que James Whale livre la marchandise et quel film ! Voici donc un des plus beaux exemples de suite qui surpasse l'original, une rareté. Avec une approche très originale. On débute donc avec un prologue ou l'on rencontre Mary Shelley, la jeune femme qui a écrit le récit adapté auparavant. Lord Byron étant tout surprit d'avoir lu un récit si macabre de la plume de cette jeune femme raffinée, elle lui annonce qu'elle en connait la suite et notre récit de débuter, juste au moment ou on avait laissé nos personnages.

La créature de Frankenstein a survécu au moulin en feu en tombant dans son sous-sol emplit d'eau. Le triste père de la jeune Maria décédée durant la journée va tomber dans les décombres et sera le premier à subir la vengeance du monstre. Une vielle mémère, servante de la maison Frankenstein et que l'on reverra tout le long, est la seule à savoir que l'homme rapiécé n'est pas mort, mais on ne l'écoute pas. Henry Frankenstein a lui aussi survécu et il est approché par le docteur Pretorius qui lui offre de reprendre ses expériences. Henry est horrifié par cette perspective et malgré les expériences de Pretorius qu'il visite, des humains miniatures créés de toutes pièces, il refuse. Le monstre va connaître quelques moments de plénitude lorsqu'il rencontre un vieil ermite aveugle. Devenant son ami, il écoule quelques jours paisibles, apprenant à parler, jusqu'à ce que des chasseurs égarés sèment la pagaille en l'apercevant. Par un concours de circonstance inouï, la créature abouti dans la maison de Pretorius, qui l'amadoue. Le docteur un peu fou va redemander à Henry de l'aider à construire une fiancée au monstre s'il veut revoir la sienne, enlevée par le monstre !

Plus original, plus fou, mélangeant délicieusement l'horreur, le drame et la comédie, James Whale, carte blanche aidant, tourne un des chefs d'oeuvre fantastiques de son époque. L'humour étonne un brin et provient surtout de cette vielle servante bavarde. La séquence de l'ermite qui joue du violon est touchante et juste pas trop longue, en fait le dosage des genres et le rythme du scénario est d'une justesse remarquable. La musique est ici présente tout le long du film et si l'expressionisme est moins évident, dans un final exaltant, la caméra s'en donnera à coeur joie dans un labo encore plus fantastique. Je me rappelle bien avoir été déçu lors de ma première vision de l'oeuvre, la fiancée n'étant visible que durant les dernières minutes du film, mais avec le recul, la scène n'en est que plus frappante. La géniale créature féminine, jouée également par Elsa Lanchester, et donc jouée "par Mary Shelley", est d'une étrangeté exotique. Bougeant la tête par mouvements saccadés tel un oiseau, elle lancera un cri des plus étranges.

Je n'en dirai pas plus sur cet incontournable du cinéma, ou Karloff est brillant dans son rôle. À voir ou à redécouvrir ! Mario Giguère

EL CASTILLO DE LOS MONSTRUOS - Julián Soler avec Antonio Espino, Evangelina Elizondo, German Robles, 1958, Mexique, 90m, version originale espagnole

Clavillazo est un rigolo qui travaille pour une entreprise de pompes funèbres. C'est comme ça qu'il rencontre Beatriz, dans le deuil mais pour ainsi dire sans le sou et qu'il lui offre de dormir dans son petit appartement, pendant qu'il se trouvera une autre couche, décence oblige. Clavazillo va faire la romance à la mignonnette, qui sera kidnappée par le propriétaire d'un château remplit de monstres. Le savant fou, dont la vraie identité sera une bonne surprise, avait besoin d'une femme pour ses dernières expériences, mais son fidèle bossu défiguré est contre ce rapt, car la belle est la seule personne qui lui a montrée de la compassion. Clavillazo va se rendre au château et affronter chacun des monstres: un vampire, "Frankenstein", le loup garou, la créature du lagon, etc.

Visiblement inspiré par les comédies de la Universal mettant en vedette Abbott et Costello contre leurs créatures classiques, le film est réalisé avec soin, la mise en scène et les éclairages étant efficaces. Le comédien vedette en fait des tonnes et comme c'est souvent le cas, on croit difficilement à la romance, mais on admet que la belle est adorable. Les monstres ne feront leur apparition que dans le dernier tiers du scénario, plus occupé par l'idylle naissante, mais c'est les passages horrifico-comiques qui valent le détour. Pas que les maquillages soient extraordinaires, mais on s'amuse bien et on est étonné de voir notre pitre s'en tirer si bien. Il est dommage que le cinéma mexicain n'ait pas circulé plus souvent dans la langue de Molière, j'aurais bien aimé découvrir ce petit film durant ma jeunesse. Mario Giguère

Le CON ET LA TOUBIB EN DÉLIRE aka La dottoressa del distretto militare - Nando Cicero avec Edwige Fenech, Alfredo Pea, Alvaro Vitali, Mario Carotenuto, Gianfranco D'Angelo, 1976, Italie, 90m

Un militaire distrait par ses lectures libidineuses a oublié d'aller porter plusieurs assignations pour le service militaire. Allez Hop ! On passera 1h30 avec une bande de jeunes qui vont tout inventer pour éviter le service, se retrouvant dans l'infirmerie ou l'on fait tous les tests possibles et imaginables. Comme le médecin qui s'occupe de donner les verdicts finaux est un véritable incapable, il se fait sauter au cou par un type qui a passé 18 mois alité pour rien ! C'est son assistante et fiancée, la Dottoressa Elena Dogliozzi (Edwige Fenech) qui va prendre la relève. Le jeune Gianni, qui aimerait bien rester dans son hôtel Hilton à reluquer les dames et leurs poires de camomille, fera tout en son pouvoir pour la convaincre qu'il est un cas désespéré, en vain. Tout comme Alvaro qui bouffe des journaux, des allumettes et fait preuve d'une imagination terrible. Elena est intraitable, en plus de son fiancé qu'elle peut à peine sentir parce qu'il fait mal son travail, Gianni tombe amoureux d'elle, tout en se faisant passer pour parent d'un bambin !

Ca prend un bon 22 minutes avant que le plan popotin nous annonce l'arrivée de la reine de la sexy comédie italienne de l'époque. Le charme et les fantasmes de l'uniforme, après son rôle de Flic, est transporté avec bonheur dans l'univers médical. Mais Elena est beaucoup plus sérieuse que l'apprenti policière et est carrément souvent tristounette. Contrairement à bien des scénarios semblables auxquels elle est habituée, elle ne se jettera psis dans les bras du jeune homme, qui ne fait que la tromper, ce qui démarre mal une relation. C'est donc par le truchement des rêves de Gianni que l'on voit la belle d'Alger dans son costume d'Ève, jouant carrément la nymphomane.

Les scénaristes y vont à fond avec un gag à la minute, avec des résultats inégaux, on s'y attend bien. Du lavement au savon qu' donne deux fois quelqu'un qui pète des bulles, à Alvaro qui perd de la grandeur en se faisant limer les pieds, on est dans la grosse comédie paillasses, qui frappe souvent la cible si on se laisse entraîner. La mise en scène est au service de l'humour et n'attire pas l'attention mais il est dommage que la musique de Piero Umiliani, avec quelques chansons qui semblent portées par la ravissante voix d'Ella Del Orso, est très en retrait et discrète, du moins sur cette version française. On a un bel ensemble d'acteurs avec Carotenuto en vieux qui veut lui aussi se faire réformer pour prendre sa retraite ou D'Angelo qui joue encore le fiancé qu'on se demande comment une femme peut bien s'intéresser à cet imbécile ! Rien de subtil, mais dans la comédie sexy légère, c'est de bon calibre et le charme d'Edwige opère toujours. Mario Giguère

LE CON ET LA TOUBIB AUX GRANDES MANOEUVRES aka La soldatessa alla visita militare - Nando Cicero avec Edwige Fenech, Alvaro Vitali, Renzo Montagnani, Mario Carotenuto, 1977, Italie/France, 80m

Un an après avoir débuté la franchise L'ENSEIGNANTE, Nando Cicero enchaîna avec LA TOUBIB EN DÉLIRE, toujours pour le producteur Luciano Martino, alors marié avec Edwige Fenech, prolifique producteur et frère de Sergio Martino. Si les deux suites de l'éducatrice sexy lui échappent, c'est peut-être pour monter sa propre trilogie sur le thème de la toubib chez les militaires. À la vue du film on semble confirmer le fétichisme de Cicero pour le postérieur, autant celui des ses actrices que pour les flatulences des ses acteurs mâles !

On a changé de nom, ici Eva Manni, mais on est dans une suite directe, en autant que c'est une jeune docteur dans l'armée, sous les ordres d'un colonel encore joué par Mario Carotenuto. Je ne sais pas si c'est véridique, mais il est question des effets secondaires d'une résolution discutée au parlement italien pour inclure les femmes dans le service militaire obligatoire ! Notre Eva exige donc de faire son service militaire, sans succès, mais on consent à la nommer médecin au camp d'entraînement e plus dingue, le camp Z (référence aux sériez Z ?). Comme elle se fait voler son portefeuille, ce n'est qu'à la 35ème minute qu'elle arrive sur place, un comble et ce ne sera pas sa seule absence. On suit donc la plupart du temps les recrues, spécialement Alvaro, qui décidément change rarement de prénom dans ses rôles, sous la main ferme du colonel Fiaschetta (Renzo Montagnani, en forme). Une importante brochette d'acteurs comiques les entoure et on se fixe sur un thème, le cul. Fiaschetta est devenu obsédé et a des hallucinations tournant autour des postérieurs. Alvaro, branleur pathologique y pense toutes les cinq secondes, l'autre docteur du camp verse dans la nourriture un fortifiant remplit de testostérone et de stéroïdes pour multiplier l'agressivité et le désir des hommes. Ajoutons une reçue qui ressemble à un homme des cavernes qui attrape les femmes pour les prendre de gré ou de force (oui, élevé avec des moutons), l'aumônier qui passe son temps à prendre une douche froide, une plage de nudistes, tout y passe. Eva, bien au fait des besoins de proximité civilisés des soldats, pense à faire venir des paroissiennes célibataires pour danser au petit bal hebdomadaire, au moment ou Fiaschetta veut faire venir des prostituées. On voit venir l'énorme quiproquo !

Coproduction Italie-France, on se demande si la présence réduite de Miss Fenech est due à des demandes trop élevées ou à un calendrier trop chargé. Elle enchaîne ou tourne en même temps LA GRANDE BATAILLE, ou elle a un rôle tout aussi réduit. Les scénaristes, dont Cicero fait toujours partie, n'ont pas de véritable histoire à raconter et enfilent les situations et gags rapidement, quitte à terminer n'importe comment. On pense au final de TAXI GIRL, tourné par Tarantini, qui terminait également en queue de poisson rocambolesque et absurde. Il faut donc apprécier un brin les blagues de flatulences et autres exploits d'Alvaro qui, comme à son habitude, met son arrière-train au service de gags gras. Une intrigue de tunnels qui sont supposés mener on ne saura jamais ou s'étire pas mal. Évidemment toutes les présences de Miss Fenech, qui immortalisera son personnage sur une célèbre couverture de la version italienne de Playboy, sont remarquées. La scène de douche ne tarde pas et elle est évidemment attirée par le pire des spécimens masculins, c'est du cinéma ! Piero Umiliani, bien connu pour son rigolo Mah na Mah Na, rempile, mais on entend peu souvent son thème fort agréable.

Inégal, on s'en doute, gras et con, c'est de cette race de loisir du samedi soir en salles obscures qui va disparaître quelques années plus tard que l'amateur pas trop exigent pourra apprécier. Évidemment que l'accoutumance accroit le plaisir. On a envie de rigoler juste en voyant Alvaro, on a hâte de voir Edwige Fenech jouer les séductrices et toute la bande de seconds couteaux est souvent connue. Éviter de voir après un Bergman. Mario Giguère

Le COQ DU VILLAGE aka Fico D'India - Steno avec Renato Pozzetto, Gloria Guida, Aldo Maccione, 1980, Italie, 98m

Maire d'une petite ville italienne de 22,00 habitants, Millozzi (Pozzetto) se croit au dessus de tout le monde, y comprit de sa belle épouse Lia (Gloria Guida) avec laquelle il se chicane pour un oui ou un non. Le Coq du village c'est Buccilli (Aldo Maccione, évidemment) qui visite toutes les femmes du village, leur apportant un beau poisson avec une rose dans la bouche. Il est bien drôle d'entendre par la suite tous ces messieurs prendre l'apéro en parlant de leur gentille femme qui leur prépare un si beau poisson. Buccilli laisse son numéro de téléphone dans la sacoche de Lia, qui va l'appeler pour lui dire qu'elle n'est pas une fille facile. Par un concours de circonstances qui laisse incrédule, Buccilli va se retrouver dans le lit de madame, qui n'en sait rien, pendant que le mari revient et l'amant qui n'en est pas un de faire un infarctus. Comme il ne faut pas le bouger pendant quelques semaines, le temps qu'il se rétablisse, la routine du maire s'en trouve bien dérangée.

Décidément Pozzetto ne se donne pas de rôles très valorisants, étant d'une mesquinerie et d'un manque total d'empathie pour sa bellissima (je me disais tout le long que le rôle aurait été parfait pour Louis De Funes). Heureusement Aldo reprend du poil de la bête et notre adonis de montrer tranquillement au maire comment apprécier la vie. Gloria Guida n'a pas un grand rôle, mais y va de l'obligatoire scène de douche. Accessoirement on a une bande de jeunes loubards qui font la pluie et le beau temps la nuit dans le village et qui vont tenter de s'en prendre au maire à plus d'une reprise. Les moments de pure folies sont un peu rares, mais on a assez de surprises et de quiproquos pour passer un moment somme toute agréable. Mario Giguère

DEAD SNOW - Tommy Wirkola, 2009, Norvège   

L'annonce d'un film de zombies nazis, dans les montagnes enneigées de Norvège m'a chauffé les méninges, surtout après avoir vu les photos et les affiches de celui-ci. Une histoire classique mais en Norvège, un zombie flick que l'on dit dans l'esprit de Shaun of the dead.

Une bande d'amis part rejoindre la jeune proprio d'un chalet pour un week-end de randonnée avec option scooter des neiges. Ils vont se retrouver attaqués par une horde de créatures coincée dans la neige depuis la seconde guerre mondiale.

Quelque chose m'a frappé lors de la vision du film, l'histoire a beau se dérouler chez les vikings et dans leur langue, il y a un manque flagrant d'identité nordique. Comme si le réalisateur voulait brosser tout le monde dans le sens du poil.

Les personnages sont ultra stéréotypés et bizarrement ça sent le "je veux aller à Hollywood" opportuniste à plein nez. Puis il y en a marre des réalisateurs qui font chacun leur tour leur "Shaun of the dead" ou leur "Braindead" pas drôle. Le traitement aurait dû être plus sérieux et plus "dark" surtout vu le contexte visuel et géographique. Et vu les alléchantes premières images, le look des zombies, il aurait été cool que le film fasse au moins un peu peur.

Je ne parle même pas de la musique "djeun's" rock toute pourrie, alors que la Norvège est un des royaumes du Death et du Black Metal. 

Sinon, il est clair que les zombies sont beaux, les paysages aussi. La mise en scène est fonctionnelle, "à l'américaine", tout comme les persos et leurs dialogues. C'est gore comme il faut et il est quand même rare de pêcher une série B d'Europe du nord, qui mérite (malgré tout) qu'on y jette un oeil au moins pour ses monstres.

Il y a deux trucs que beaucoup de réalisateurs de films d'horreur n'ont pas encore bien compris : 

il y a des films débiles et des films qui nous prennent pour des débiles.

Ne pas faire de films d'horreur si vous n'aimez pas ça. Ça évite de prendre le genre (et nous par la même occasion) de haut. El Guapo de la Muerte

EQUILIBRIUM - Kurt Wimmer, 2002, États Unis   

Après une troisième guerre mondiale dévastatrice, l'humanité a cherché à éradiquer toutes sensations, quelles soient d'ordre physique ou psychologique. Grâce au prozium, remède s'injectant quotidiennement, l'homme neutralise ses sentiments, sa haine, son amour, sa tristesse... empêchant de créer des guerres ou autres conflits divers. Un monde sans guerre est donc un monde en paix, une société vivant en harmonie.

Autrement dit, avec le prozium, vous êtes un mouton et votre berger est "le père". Celui-ci est à la tête (d'une armée de soldats tout en noir avec un casque de moto, pas cheap du tout) du gouvernement, un régime aux couleurs nazis, avec les mêmes pratiques (au cas où on se dirait "y sont sympa ces gens") et est à la recherche d'éventuels renégats, des vilains qui ne prennent pas leur médicament. Comme c'est un monde en paix qui ne l'est pas vraiment, il a créé un service pour les traquer. Ces super soldats surentrainés se nomment les Grammaton Cleric, et comme le monde qui les entours, ils sont insensibles. Leur mode de combat est le Gun-Kata, un truc plutôt statique où le katana est remplacé par un flingue, avec un (sous)effet à la (sous)matrix (une idée de génie pour éviter aux acteurs d'apprendre les arts martiaux pendant 3 mois, pour un résultat plus que risible, absolument pas spectaculaire, voir carrément inutile).

John Preston est un Grammaton Cleric de la meilleure espèce, un jour il surprend son coéquipier Partridge en train de kiffer et le tue après l'avoir dénoncé à sa hiérarchie. Il va découvrir à la suite d'une impossibilité de prise de médoc, que tout ça n'est qu'une supercherie et qu'il est trop bon de kiffer. Il va donc s'allier à la résistance et s'attaquer au système.

Vu hier soir, donc longtemps après sa sortie, et ce, malgré la prévention des potes. Mais forte tête que je suis, j'ai décidé de ne pas les écouter. Après tout, je fais ce que je veux et leur critique date de 2002, époque ou le cinéma était envahi de bullet time et de kung-fu futuriste, surfant sur la vague de ce bon vieux Matrix.

Au début de mon texte, je me suis laissé piégé par le jeu de la parenthèse, donc pas de surprise de ce côté là : ce film est une blague, un pamphlet pour ado en mal de sensations fortes (qu'il ne trouvera pas ici), un long et obscure moment d'ennui. Où le mec assiste à l'emprisonnement de sa femme avant qu'elle ne se fasse cramer, où le mec butte de sang froid (puisqu' insensible) son coéquipier, où le mec tue un nombre incalculable de rebelles, pour qu'à un moment le mec ne prenne pas "une" foutue pilule et remette tout son monde en question, alors que c'est le "tueur de ouf qui déchire tout ...." STOP!

Je vous laisse la chance (de ne pas voir le film) de découvrir une des raisons pour laquelle il s'obstine par la suite à ne pas prendre ses pilules (que je trouve vraiment embarrassante pour un film de S.F.). En tout cas j'ai beaucoup ri.

Un film qui cite ouvertement 1984 mais estampillé "la politique pour les nuls", interdit au plus de 15 ans. El Guapo de la Muerte

FEAST 3: THE HAPPY FINISH de John Gulager, 2009, États Unis   

L'histoire du film commence là où FEAST 2 se termine, nous remémorant laborieusement la fin du 2 grâce à un résumé digne d'une série télé. Du coup, l'enchainement des deux est à éviter, pour cause de répétitions.

Le résumé en question dure bien cinq minutes, et quand le film commence enfin, il ne reste plus qu'une heure dix.

L'histoire est donc la même que le film précédent, le groupe concerné est toujours poursuivie par les monstres en caoutchouc péteurs et pervers. Quelques nouveaux personnages intègrent l'équipe, et un mutant type ALIEN 4 fait son apparition après une scène de sexe bien débile.

Le phénomène ""bigger and louder" est toujours de mise mais pas là où on l'attendrait naturellement. La caméra bouge "encore plus" qu'avant, elle est même "encore plus" près des personnages qu'avant. Sans parler du montage "encore plus" cut et la photo "encore plus" sombre qu'avant. C'est simple, on ne comprend jamais rien à ce qui se déroule sous nos yeux, et notamment lors d'une scène prenant en compte tous les "encore plus" cités auparavant, agrémentés d'un magnifique effet stroboscopique qui fini de nous achever (ou qui achève de nous finir... à ce moment on sait plus!). ALIEN VS PREDATOR 2 fait des émules. Au secours.

Le premier FEAST était une bande sympathique, le deuxième ne m'avait pas convaincu, le troisième m'a filé la migraine pendant 3 jours. Allez ça suffit maintenant. El Guapo de la Muerte

FRANKENSTEIN - James Whale avec Colin Clive, Boris Karloff, Dwight Frye, Mae Clark, 1931, États Unis, 71m, noir et blanc

Le Dr Henry Frankenstein pille des cadavres pur construire sa créature à laquelle il prétend donner vie. Manque plus qu'un cerveau, que son assistant Fritz lui apporte. Au moment ou l'orage nécessaire à l'opération tonne, sa fiancée, un ami et l'ancien professeur d'Henry frappent à la porte. Bien malgré lui, il les laissera assister à son triomphe. Le monstre prend vie. Torturé par Fritz et héritier d'un cerveau mal formé, Henry le laisse aux bons soins du professeur Waldman, qui ne pourra le contenir. Le jour où Henry doit se marier, la bête tue par inadvertance une fillette. Les villageois en colère, aidés par Frankenstein, vont partir à sa poursuite.

Le classique du film de monstre, qui fit beaucoup jaser à sa sortie et remplit les coffres à sec de la Universal ! Toujours aussi efficace pour ceux qui apprécient les films de l'époque. Une introduction d'Edward Von Sloan, destinée à calmer à l'avance les religieux de l'époque qui pouvaient être choqués par le savant qui se prend pour dieu, étonne un peu. Tout comme la musique, années 30 oblige, qui n'est présente que dans les génériques de début et de fin. Majoritairement tourné en studio, Whale n'hésite pas à évoquer le cinéma expressionniste allemand par des cadrages à angle et surtout des décors et des éclairages qui renforcent le sentiment de détresse psychologique du créateur et de sa créature. Les machines électriques du laboratoire sont entres autres devenues des icones incontournables.

Boris Karloff, acteur de soutien qui se serait cru en fin de carrière, compose le personnage qui le marquera à jamais. Il souffrira beaucoup pour livrer la marchandise. Le maquilleur Jack Pierce travaille à l'ancienne, montant tranquillement le visage du monstre en sculptant son matériel chaque jour sur l'acteur. Les poids utilisés pour alourdir et rendre plus imposant l'acteur lui causèrent des maux de dos pour le restant de ses jours. Mais Karloff offre une créature naïve et pour laquelle on éprouve de la compassion, tel un enfant martyrisé. Les acteurs secondaires sont très typés, on retiendra le père d'Henry, le baron Frankenstein, vieux bougon qui sait apprécier le vin que son grand-père n'a pu boire. L'immense succès du film assura une progéniture prolifique à ce qu' 'il est de mise d'appeler un classique parmi les grands du genre.

La LEGACY CILLECTION offre certes à bon prix des coffrets avec plusieurs films, ici cinq Frankenstein de la Universal, mais oublie, espace oblige, bien des suppléments qui se retrouvaient sur les dvd sortis individuellement. Mario Giguère

 

FRANKENSTEIN - Jed Mercurio avec Helen McCrory, James Purefoy, Neil Peirson, 2007, Royaume Uni, 90m, TV

La Dr. Victoria Frankenstein travaille sur les cellules souches et a réussit à générer un coeur vivant. Elle pousse les recherches plus loin que prévu et plus rapidement car son jeune fils est gravement malade et qu'il aurait besoin de multiples transplantations d'organes. Elle va donc tenter de fabriquer des organes en combinant le sang de son fils à des cellules souches. Son fils meurt, ses recherches non approuvée sont maintenant connues et elle demande de terminer le projet UX. Cependant, pendant que son fils s'éteignait, un orage a eu des effets inattendus sur l'équipement du laboratoire et quelque chose s'est échappé.

Cette "réactualisation" du mythe de Mary Shelley a bien des défauts habituels communs aux adaptations nouvelles de classiques bien connus. À commencer par la démonisation d'une activité scientifique qui est, à ce que je sache, fort bien encadrée actuellement. Faire peur en se servant de ces recherches tiens du sensationnalisme. Les emprunts directs ou "hommages" au classique de James Whale sont nombreux. De la petite fille qui veut jouer avec la créature et qui en perdra la vie, à l'orage qui donne naissance au monstre, mais surtout ce totalement ridicule "chapeau rond" dont on affuble le monstre pour le contrôler, lui donnant une version ridicule de la coiffure et de cette tête carrée portée par Karloff, munie de grossier boulons pour neutraliser le monstre à distance. Il y a aussi ce petit "It's alive" timide et surtout la question inévitable, comment des cellules souches peuvent-elles créer un être si différent de la normalité ? Les surprises du scénario, ce complot dans lequel ses proches sont impliquées, est devenu de rigueur en cette ère post X FILES, Le projet est produit par Tim Haines, qui a lancé la merveilleuse série DINOSAURS et est aussi derrière PRIMEVAL qui a également des problèmes identiques au niveau scénario, soit des emprunts éhontés aux succès passés et des surprises illogiques. Bref, on peut passer son tour, sauf si on veut voir un monstre somme toute intéressant visuellement. Mario Giguère

FRANKENSTEIN MEETS THE WOLFMAN aka Frankenstein contre le Loup Garou - Roy Wiilam Neill avec Lon Chaney jr, Bela Lugosi, Ilona Massey, Patrick Knowles, 1943, États Unis, 74m

Quatre ans après les évènements de THE WOLFMAN, deux pilleurs de tombes entrent dans le caveau des Talbot et ouvrent la tombe de Larry. Malheureusement, c'est soir de pleine lune et l'homme loup se lève à nouveau ! Larry se réveille le lendemain dans un hôpital de Cardiff (ce n'était pas mentionné, mais le premier film se passe en Angleterre) et il est traité pour une blessure à la tête par le docteur Mannering. Il sort la nuit pour tuer sous sa forme de loup garou et presse la police et le médecin de croire qu'il est bien l'homme qu'il dit être. Incompris, il s'enfuit et part à la recherche de Maleva, la vielle gitane, mère de celui qui l'a infecté. Talbot l'implore de le guérir ou lui faire connaître le repos éternel, l'idée qu'il va tuer d'autres innocents le perturbe sans fin. Maleva l'amène voir les Frankenstein, mais le Docteur est décédé. Il rencontre cependant sa fille, qui refuse de lui indiquer ou sont les livres qui expliquent les secrets de son père. Larry fait ses recherches et découvre le monstre de Frankenstein congelé dans les sous-sols du château. Mannering le retrouve et avec l'aide de la Baronnne Elsa Frankenstein, il rééquipe le laboratoire pour guérir Talbot et du coup tuer la créature de Frankenstein. À moins qu'il n'ait une autre idée en tête...

Mis à part un intermède musical lors de la fête du nouveau vin, et sa chanson improbable au refrain de FA-LO-LI, FA-LO-LO, le scénario ménage la chèvre et le chou et ne satisfait pas les promesses de son titre. C'est véritablement Larry Talbot qui est la vedette du film, le monstre de Frankenstein, avec un Bela Lugosi sous le maquillage qui ressemble à une caricature de celui de Karloff, est très peu présent. On aura bien droit à un peint combat vers la fin, trop peu, trop tard. Que l'on pense aux spectaculaires affrontements de KING KONG CONTRE GODZILLA et on voit que le concept, tout nouveau, de deux monstres qui se rejoignent le temps d'un film, sera mieux servit par la suite. Tous les personnages autres que Talbot sont brièvement aperçus, on aurait bien aimé que la Baronesse Frankenstein, superbe Ilona Massey à l'accent bien étrange, s'occupe toute seule de faire revivre le laboratoire. Curt Siodmak a visiblement voulu trop en mettre dans le scénario, peut-être une commande du studio.

N'empêche qu'on peut y trouver son compte et que cette chanson qui énervera énormément Talbot, car on y chante que la vie est courte et la mort est longue, nous reste dans l'esprit longtemps: FA-LO-LI, FA-LO-LO ! Mario Giguère

FRANKENSTEIN 1970 aka FRANKENSTEIN CONTRE L'HOMME INVISIBLE - Howard W. Koch, 1958, États Unis  

Pépé Victor Von Frankenstein revient de loin. Rescapé des forces SS qui l'ont méchamment défiguré pour avoir refusé de collaborer, il se refait une santé en louant son château germanique à une équipe de film pour une somme rondelette. Celle-ci lui permet alors d'investir dans son propre réacteur nucléaire afin de se remettre à l'ouvrage et créer un nouveau monstre. Et alors que l'équipe du film tourne ce qu'elle peut entre quelques jeux de séduction alimentaires, Victor bidouille sa créature dans les sous-sols, s'approvisionnant en matière première auprès de... l'équipe du film elle-même. Après tout, pourquoi se compliquer la vie?

FRANKENSTEIN 1970 n'est franchement pas un bon film. C'est cheap et un peu con, ça tente de profiter du regain d'intérêt envers le mythe grâce aux films de la Hammer (pourquoi donc l'avoir tourné en noir et blanc?), mais ça a le mérite de ne jamais vraiment se prendre au sérieux. Et c'est surtout intéressant parce que Karloff se retrouve pour une fois de l'autre côté du bistouri! Malheureusement pour lui, ce n'est pas pour autant qu'on lui laisse le faciès tranquille puisque de vilaines prothèses viennent lui défigurer le visage. Qu'à cela ne tienne, l'acteur semble prendre un certain plaisir à camper son ancien "père" (ou du moins, un de ses descendants) en cabotinant joyeusement, palpant un cœur à main nu ou tripotant des yeux tout en balbutiant des commentaires soi-disant scientifiques pas toujours crédibles. Le spectacle est tout de même amusant à défaut d'être réjouissant. Quant à la créature, incarnée par le catcheur Mike Lane, elle ressemble à une gigantesque momie (d'où la référence à l'Homme invisible dans le stupide titre français) aveugle - mais très douée dans ses déplacements - qui parvient à faire tomber toutes les filles avec une facilité déconcertante. Le seul problème est qu'elles ne se relèvent jamais... Kerozene

FRANKENSTEIN '80 aka Les Orgies de Frankenstein - Mario Mancini avec John Richardson, Gordon Mitchell, Dalila Di Lazzaro, 1972, Italie, 85m

Un journaliste espère beaucoup de la découverte d'un médecin, un fluide qui va aider sa soeur à éviter le rejet de la greffe d'organe qu'elle doit subir. Malheureusement, le précieux liquide est volé (et son inventeur incapable d'en refaire ?) et sa frangine meurt. Il va donc, avec la bénédiction du médecin, mener son enquête parallèle à celle de la police et faire le lien avec la série de meurtres sanglants de femmes, certaines avec des organes manquants. Nous, spectateurs privilégiés, nous savons que le docteur Otto Frankenstein (Gordon Mitchell) a volé le liquide pour construire et améliorer constamment son monstre, baptisé poétiquement "Mosaico". Malheureusement, le chenapan tout plein de cicatrices a un appétit sexuel insatiable et ses galipotes se terminent toujours mal, c'est lui le tueur, arrghh !

Mélanger le mythe de Frankenstein et le Giallo ? C'est pour ainsi dire ce qu'on a devant les yeux, avec gore et nudité. Le maquillage de Carlo Rambaldi y va pour un certain réalisme, pas de déformations, mais tout plein de cicatrices sur le corps. Les femmes sont belles et la musique omniprésente. On ne peut pas dire que le scénario soit très habile, il ménage peu de véritables surprises, partant du principe que l'on connait qui est le coupable, c'est une chasse aux indices avec des policiers pas très futés qui occupe la partie giallo. Seul et unique film réalisé par Mario Mancini, qui a été cameraman sur de nombreux films bis italiens tel EVA LA VIERGE SAUVAGE ou LE CHÂTEAU DE FRANKENSTEIN. Touchant également au scénario, Mancini y va trop souvent de clichés, seul le mélange de genres étant quelque peu intéressant. On est loin du Frankenstein qui voulait jouer avec les petites filles et les tuait par mégarde ! Mario Giguère

FRIDAY THE 13TH aka Vendredi 13 - Sean S. Cunningham avec Betsy Palmer, Adrienne King, Jeannine Taylor, Robbi Morgan, Kevin Bacon, Harry Crosby, Laurie Bartram, Mark Nelson, Peter Brouwer, 1980, États Unis, 95m

En 1958 au camp de vacances de Crystal Lake, deux jeunes moniteurs sont assassinés par un meurtrier inconnu. Le camp est demeuré fermé pendant 22 ans jusqu'à ce qu'un groupe de jeunes moniteurs travaillent à le remettre en état pour sa réouverture. Les habitants du coin les encouragent à renoncer car le camp serait maudit. Au cours d'une nuit d'orage et de pleine lune un vendredi 13, les jeunes moniteurs sont tués sauvagement et successivement par un mystérieux tueur. L'unique survivante restante, Alice, tente de trouver du secours lorsqu'arrive une certaine Pamela Voorhees, une femme de la région qui a déjà travaillé comme cuisinière au camp de Crystal Lake en 1958. Alice apprend que c'est elle qui a commis tous ces meurtres pour venger la noyade de son fils Jason, suite à une négligence des moniteurs en 1957. La jeune monitrice encore en vie tente tout ce qu'elle peut pour échapper aux griffes de cette dame psychopathe.

Avec le remake sorti en salles en février 2009, il est toujours bon de revoir le matériau d'origine. Financé grâce à un coup de bluff des producteurs, où une publicité mentionnant que "FRIDAY THE 13TH" était le film le plus sanglant jamais tourné, alors qu'aucun scénario n'était encore écrit, cette production, à partir d'un investissement minimal, est devenu le plus gros succès cinématographique de l'année 1980 après la suite de "STAR WARS". Si on reconnaît volontiers que l'intrigue minimaliste, qui reprend ouvertement l'argument de base du tueur fou du film "HALLOWEEN" de John Carpenter avec des éléments clés du "PSYCHO" d'Hitchcock (comme la musique entre autre), n'est pas d'une originalité dramatique confondante, c'est évidemment le décalage entre l'univers conventionnel du récit et la sauvagerie des meurtres au gore omniprésent qui contribua largement à sa popularité. Une telle réussite a, comme on le sait, donné naissance à un sous-genre horrifique baptisé "slasher" ou "stalker film", puisqu'il fût à l'origine d'une flopée de productions coulées du même moule, dont pas mal de titres ont été d'ailleurs rapportés sur le site du club. Le plus étonnant dans le cas de "FRIDAY THE 13TH", qui a non seulement été distribué par un Major (la Paramount) malgré son faible budget, est que la censure américaine y ait accordé la cote "RATED R", alors que les effets sanglants conçus par le réputé Tom Savini dans les scènes de meurtres y sont nombreux. Même dans les suites à venir, malgré d'excellents effets gore, on ne pourra retrouver pareil violence. Tout ceci étant dit, voilà un film-culte que l'on revoit avec le même plaisir que le bon copain que l'on retrouve après une longue absence et qui nous a manqué, n'en déplaise aux méchantes langues qui trouvèrent à l'époque le film trop brutal et pernicieux pour notre saine jeunesse équilibré. À coup sûr, c'est la performance de Betsy Palmer, dans le rôle très à contre-emploi de la mère psychopathe, qui constitue la surprise la plus inattendue aux yeux du public, étant donné sa carrière antérieure sur les écrans dans la peau de gentilles femmes angéliques. Mathieu Lemée

FRIDAY THE 13TH PART II aka Le Tueur du Vendredi - Steve Miner avec Amy Steel, John Furey, Adrienne King, Kirsten Baker, Stu Charno, Warrington Gillette, Walt Gorney, Marta Kober, Tom McBride, Steve Daskawisz, 1981, États Unis, 87m

Alice, l'unique rescapée ayant survécu aux meurtres sauvages commis au camp de Crystal Lake il y a un an, se fait tuer chez elle par un mystérieux tueur. Pendant ce temps, un autre groupe de jeunes moniteurs se prépare à ouvrir un nouveau camp de vacances en bordure de Crystal Lake, à quelques kilomètres du camp maudit où a eu lieu tout ces meurtres. À la nuit tombée, les moniteurs sont brutalement et successivement tués par un maniaque errant dans les parages. Il s'agit de nul autre que Jason Voorhees, qui a échappé miraculeusement à la noyade lorsqu'il était enfant et qui cherche à venger la mort de sa mère. Celui-ci vit tel un sauvage dans les bois avoisinants, et cache son affreux visage déformé sous un sac de patates pour commettre ses meurtres. Deux jeunes moniteurs, Ginny et Paul, s'étant absentés du camp, ceux-ci tentent à leur retour d'échapper à la vengeance sans pitié de Jason.

Avec le succès mondial inattendu de "FRIDAY THE 13TH", son producteur se devait de mettre en chantier une suite rapide. Les auteurs ont cette fois imaginé que le jeune Jason Voorhees serait le tueur sadique du film, celui-ci ayant échappé à la mort et vivant primitivement, caché dans la forêt façon "DELIVRANCE". Pour le reste, l'intrigue reprend grosso modo les éléments d'horreur et de gore qui ont fait le succès du premier chapitre. À cause toutefois des censeurs américains, cette fois sur leurs gardes et attendant le produit final de pied ferme, cette deuxième partie a visiblement été plus coupée que l'original dans les scènes de meurtres violents, si bien que le sang n'y coule pas autant qu'on le souhaite. En revanche, les victimes y sont plus nombreuses et l'amateur de "slasher" ne devrait donc pas être déçu. Si le sac de patates, porté par Jason pour caché son visage difforme, n'a pas eu l'impact terrifiant maximal espéré chez le public lors de la sortie en salles du film, il semble que ce premier masque soit reconsidéré plus positivement aujourd'hui, si l'on en croit certains documentaires récents et les réactions des fans lors des conventions. Les jeunes acteurs se débrouillent comme ils peuvent. Mathieu Lemée

GHOST OF FRANKENSTEIN aka Le Spectre de Frankenstein - Erle C. Kenton avec Cedric Hardwicke, Bela Lugosi, Lon Chaney Jr, Lionel Atwill, 1942, États Unis, 67m

Dans le village ou Frankenstein a créé son monstre, on est certain que la présence du château est la source des malheurs qui s'abattent sur la populace, alors on va le détruire. Se faisant, Ygor, jadis pendu et puis criblé de balles par le fils de Frankenstein, toujours en grande forme, va découvrir le monstre, préservé dans le lac de souffre en ébullition ou il était tombé. Ygor s'empresse d'amener le monstre chez l'autre fils Frankenstein, Ludwig, qui s'occupe d'un hôpital psychiatrique. Au passage, voulant aider une jeune fille, la créature tue rapidement deux hommes, ce qui l'amène rapidement en cour. Le colosse s'échappe facilement et se réfugie avec Ygor dans la clinique de Ludwig Frankenstein. Ludwig, visité par le fantôme de son père, a la folle idée de changer le cerveau du monstre et Ygor aimerait bien ne faire qu'un avec son ami.

Mené à un rythme très rapide, peut-être pour ne pas que le spectateur ne se pose trop de questions, on ne s'ennuie certes pas et on a droit, effectivement, au fantôme d'Henry Frankenstein, brièvement. Lon Chaney Jr continue d'interpréter le monstre tel que vu dans le précédent film, muet et a surtout de l'impact en compagnie de la petite fille, minuscule mais pas effrayée du tout devant le géant. Lugosi continue d'en faire un max et est d'un enthousiasme étonnant. Lionel Atwill change de rôle, lui qui était policier dans SON OF FRANKENSTEIN, il devient assistant de Ludwig. La fille de Ludwig est en amour avec le chef de police de la place, ce qui complique les choses. On est loin de la mise en scène inventive de James Whale, Erle C. Kenton, remballera plus tard les HOUSE OF FRANKENSTEIN et HOUSE OF DRACULA. Le film ne circulait pas autant que les originaux et c'est donc la première fois que j'avais la chance de le regarder. On est plus près de la série B avec un scénario limite portnawak, mais pour les performances de Lugosi et pour voir Chaney s'essayer à interpréter le monstre, je suis bien content de l'avoir vu. Mario Giguère

THE GRUDGE 2 - Takashi Shimizu avec Amber Tamblyn, Arielle Kebbel, Jennifer Beals, 2006, États Unis/Japon, 108m

À la fin du premier film, Karen Davis (Sarah Michelle Gellar) a mis le feu à la maison maudite. C'est sa soeur Aubrey (Amber Tamblyn) qui est chargée d'aller la ramener à la maison. Malheureusement elle meurt rapidement et Aubrey, avec un journaliste curieux, va essayer de comprendre ce qui s'est passé et va entrer dans la maison. Parallèlement, une femme tue son mari et une jeune écolière est forcée d'enter dans le lieu qui ne pardonne pas. Il faudra regarder le film au complet pour replacer les trois histoires dans le bon ordre chronologique.

Shimizu rembarquait pour la sixième fois dans l'aventure Grudge, encore pour les producteurs Sam Raimi et Rob Tapert. J'ai regardé il n'y a pas si longtemps le premier film, ce qui a confirmé mes craintes. Le passage à l'américaine a diminué le degré de réalisme, le choix des acteurs étant très discutable. Si Shimizu conservait des moments clés, on variait le scénario mais surtout, impardonnable, le personnage principal s'en tirait. Voilà que cette suite, beaucoup plus japonaise dans son approche, rectifie plusieurs irritants. Signalons tout de suite le montage non-linéaire, une constante dans la franchise que j'apprécie toujours. On va donc faire mourir le personnage qui avait survécu par devoir patriotique, on a carrément l'impression que les producteurs n'osaient pas tuer leur personnage principal, de surcroit la populaire Buffy tueuse de Vampires. Amber Tamblyn joue sa soeur, tourmentée par le fait que, suite à des querelles puériles, les deux soeurs ne se parlaient plus depuis quatre ans. Fin de la parenthèse psychodramatique de bluette de soap. Shimizu est en forme et continue ce qui est somme un exercice de style, une étude de moment choc et de frousse souvent réussit. La musique est aussi plus proche des films originaux et on se demande si ce retour vers les sources n'est pas responsable de la fin de l'aventure, pour l'instant. Le public américain a-t-il vraiment apprécié de voir tous ses repères disparaître à cause de cette malédiction ?

Les extras sont intéressant, particulièrement ceux qui expliquent la différence entre le cinéma d'horreur du pays du soleil levant et celui du patriotisme exacerbé. Des réflexions de la part des japonais que tout amateur d'horreur se sera faites, mais qu'il fait bon entendre de la part des producteurs japonais. Bref, si vous avez aimé les films originaux, celui-ci devrait vous satisfaire davantage. N'empêche que le choc des téléfilms est irremplaçable. Mario Giguère


Anne Gwynne

HOUSE OF FRANKENSTEIN - Erle C Kenton avec Boris Karloff, Lon Chaney Jr, John Carradine, Glenn Strange, Lionel Atwill, George Zucco, Anne Gwynne, 1944, États Unis, 71m

Le docteur Gustav Niemann (Boris Karloff) est depuis quinze ans en prison, avec son assistant Daniel, lorsque la foudre vient le libérer en détruisant une partie des murs de l'établissement. Belle ironie, car il n'a qu'une seule ambition, reprendre ses travaux qui l'ont amené devant la justice, poursuivre l'oeuvre de Frankenstein ! Les deux comparses tuent un propriétaire de caravane ambulante qui présente le squelette de Dracula. Reprenant vie, Dracula essaie de kidnapper la belle Rita (Anne Gwynne), mais ça tourne mal. En route pour le village Frankenstein, Nieman et Daniel arrêtent près d'un camp de romanichels et Daniel, bossu, tombe amoureux de la belle Ilonka (Elena Verdugo). Arrivé dans les ruines du château maudit, ils trouvent les corps congelés du Loup-garou et de la créature de Frankenstein. Larry Talbon, reprenant vie le premier, mène Nieman vers les livres ou Frankenstein a transcrit son savoir. Promettant à Talbot de le guérir, ils vont se rendre à l'ancienne demeure de Niemann pour faire les expériences sur Frankenstein et compagnie.

Les monstres sont presque éternels, en tout cas celui de Frankenstein résiste à tout, même si ici il est mal en point. C'est donc, comme son affiche l'annonce, un festival de monstres, une accumulation de vedettes monstrueuses offerte au public. Mais Dracula disparait rapidement pour ne plus reparaître et Frankenstein, le monstre, ne revit pleinement que durant les dernières minutes. C'est donc Larry Talbot, le loup-garou, qui a la belle part du film, mais dans une intrigue qui reprend la trame du Bossu de Notre Dame. Finalement le lien et la personnalité la plus intéressante revient à Boris Karloff dans le rôle du savant fou, à la fois physiquement imposant mais à la voix d'une douceur étonnante. Carradine, pour le peu de temps qu'il a à l'écran, ne me convainc pas, et il est intéressant de savoir que Lugosi était prévu pour le rôle qu'il n'a pu interpréter, occupé à remplacer Karloff dans une tournée de théâtre.

Si ce n'était que le motif du bossu et le destin tragique de Talbot nous sont déjà connus et prévisibles, le scénario est bien ficelé et ajoute les éléments essentiels que sont les villageois en colère, torches à la main ou l'inspecteur (retour d'Atwill dans ce rôle, mais sans son handicap de SON OF FRANLENSTEIN), cette fois-ci impressionnant durant les chevauchées. On termine dans les sables mouvants, question de ne pas répéter les finals précédant, mais on imagine la créature éternelle ! Plus intéressant que GHOST OF FRANKENSTEIN et surtout pour l'interprétation de Karloff. Mario Giguère

HUMAINS - Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin avec Lorant Deutsch, Sara Forestier, Philippe Nahon, Dominique Pinon, Elise Otzenberger, Manon Tournier., France, 2009, 1h27

Le professeur Schneider et son fils partent dans le Lötschental, une vallée des Alpes suisses, afin d'enquêter sur une découverte scientifique qui pourrait remettre en question toute la filiation de l'espèce humaine. Ils sont accompagnés d'une jeune paléontologue, chouchoute du professeur. Une famille de touristes (Gildas, sa fille et sa nouvelle femme), venus voir le carnaval du Lötschental et ses fameux Tchagattas, se retrouvent par hasard avec eux. Un accident de voiture plus tard, et l'expédition prend une tournure inattendue...

Première œuvre de cinéma de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin, HUMAINS se présente comme un survival grand public, une "aventure scientifique à la frontière entre la fiction et le plausible", susceptible de séduire à la fois les enfants et leurs parents. Avec sa belle affiche et la caution scientifique d'un professeur du Collège de France, le film flatte la curiosité. Les premières minutes laissent penser que l'on va assister à un "nature flick" façon Castor Juniors, avec un Philippe Nahon à contre-emploi (dans un rôle de vieux scientifique bourru mais sympa) et un tandem Lorant Deutsch-Sara Forestier utilisé pour son coté "adulescent". Une première scène clichetonneuse de rêve nocturne (la Forestier arpente un couloir sombre, la nuit, dans une atmosphère mi-ALIEN, mi-THE GRUDGE... se réveille en sursaut) vient rapidement semer le doute. Ce dernier cède ensuite la place à une certitude, dès l'arrivée dans les montagnes : nous sommes en présence d'un ratage complet. Acteurs pas ou peu dirigés (Lorant Deutsch oublie souvent qu'il est censé boiter - il s'est fait mal au genou), effets spéciaux grotesques (la scène de l'accident, à se pisser dessus) et dialogues ridicules.

Un petit quart d'heure s'est écoulé. Le spectateur normalement constitué peut maintenant prendre le parti d'en rire. Débute alors un autre film, un fabuleux nanar celui-là. La photo est moche (les Alpes, c'est beau pourtant...), les scènes nocturnes ne sont jamais éclairées comme il faut et les comédiens surjouent leurs partitions respectives (il faut par exemple voir Lorant Deutsch s'énerver pour des prétextes absolument futiles, alors que son père est mort - ridicule...). Que dire de la dernière partie du métrage, marquée par l'apparition des créatures néanderthaliennes, que l'on croirait tout droit surgies de LA GUERRE DU FER d'Umberto Lenzi (qui lui au moins savait tenir une caméra) ? Rien, sinon qu'elle provoque une franche hilarité ! Et ce n'est pas l'effusion gore conclusive, tel un baroud désespéré pour servir le genre horrifique, qui soulagera les zygomatiques : ce final est, comme tout le reste, filmé avec les pieds. Vous l'aurez compris, tout cela n'est décidément pas HUMAIN(S) ! Stelvio

L'INFIRMIÈRE DE L'HOSTO DU RÉGIMENT aka L'infermiera nella corsia dei militari - Mariano Laurenti avec Nadia Cassini, Lino Banfi, Alvaro Vitali, Karine Schubert, Susan Scitt, Carmen Russo, 1979, Italie, 84m

Johnny Mazzarino, propriétaire de club de danse, demande à sa chanteuse vedette, Grazia (Nadia Cassini) de récupérer les tableaux perdus de sa maman. Elle se fait donc passer pour une infirmière dans cet hôpital psychiatrique militaire ou tout le monde se prend pour Napoléon, Rommel et compagnie. Qui plus est, le docteur Larussa (Lino Banfi), médecin chef et propriétaire, se plie à leurs caprices pour leur faire avaler leurs pilules. Il se fait donc passer pour Joséphine, une espionne allemande, le danseur Fred Astaire et plus. La venue de la belle n'est pas pour aider les vieux libidineux, Larussa en tête qui a une superbe épouse totalement frigide, et sa mission lui commande de n'être pas trop farouche, alors elle titille pour mieux pouvoir fouiller l'hosto. En fait, ce sont des tableaux volés et son Johnny veut disparaitre avec sa pétillante Eva (Karine Schubert).

Et notre Alvaro passe ses journées à peindre des modèles nus, hé oui, c'est encore et toujours un obsédé sexuel ! Mais les gags de flatulences lui échappent, transférés à la nonne de service. On est dans le slapstick le plus primaire. C'est un festival de baffes, de gens qui tombent dans les pièges du chasseur de tigres, de quiproquos, de frigide allumée par un médicament qu'elle croit prendre pour maigrir. Tout est bon pour dénuder les actrices et non des moindres. Nadia Cassini pousse la chansonnette avec plus ou moins de succès, les actrices de la comédie sexy italienne s'essayaient toutes à cette époque, aussi bien Edwige Fenech que Gloria Guida dans la trilogie LA LYCÉENNE de Laurenti. Cassini semble plus grande que tous les acteurs, faut dire que ce n'est pas Banfi ou Vitali qui pourraient passer pour des géants, mince comme le mannequin qu'elle semble être et avec des seins menus. Avec la voix doublée en français par celle qui est souvent dans la bouche d'Edwige Fenech dans ses rôles de nunuches, on lui donnerait le bon dieu sans confession.

La trame est donc simpliste, on bourre de gags de comédie de boulevard et on espère récolter des rires gras sans oublier d'exciter le spectateur mâle. Pas le meilleur de la comedia sexy al'italiana, mais un festival Banfi pour les intéressés. Il est triste d'apprendre que la belle Cassini a vu sa carrière brisée par un chirurgien esthétique qui a mal fait des opérations dont on se demande bien pourquoi elle en avait besoin.  Mario Giguère

INVASION - Oliver Hirschbiegel avec Nicole Kidman, Daniel Craig, 2007, États Unis, 99m

Une navette explose en rentrant dans l'atmosphère et les débris s'étendent sur une grande partie du territoire américain. Une psychiatre, Carroll Bennell (Nicole Kidman) reçoit une patiente qui croit qu'il est arrivé quelque chose à son mari car il ne l'engoule plus et ca la fait paniquer. Carroll voit de plus en plus de signes troublants autant chez ses patients que dans la population qu'elle côtoie. Lorsque son mari, qui ne voit son fils ordinairement que deux fois par année, demande à le prendre pour une fin de semaine, elle soupçonne le pire. Son ami et collègue médical lui rend service en étudiant avec un spécialiste une curieuse matière trouvée sur un enfant el soir d'Halloween. On se rend compte que l'épidémie de grippe est en fait une invasion extraterrestre de germes qui réécrivent le code adn de leurs hôtes, seul signe extérieur, les infectés n'ont plus d'émotions apparentes.

Troisième remake de L'INVASION DES PROFANATEURS, un classique troublant qui fait référence à la peur des communistes mais qui se regarde aussi comme un film de frousse efficace, on revoit le matériel d'origine à la faveur des pandémies récentes de s.a.r.s. et de grippe aviaire. Regarder le film pendant l'actuelle épidémie planétaire de grippe porcine ajoute au réalisme d'une partie du scénario. On se concentre ici sur la mère de famille qui veut retrouver son fils aux mains de son père infecté. Outre le fait que l'on a carrément gommé les aspects science fictionnels, comme les "cocons" dans lesquels les copies renaissaient, pour se cramponner à un supposé réalisme, le film rate la cible. En commençant par le casting, Nicole Kidman me semble toujours aussi froide et en manque d'émotions tandis que chez Daniel Craig, on ne voit pas plus la différence, infecté ou pas, sans parler du gamin, loin d'un oscar. On ne parlera pas d'une fin étonnante. Une scène de bravoure frappe dans le lot lorsque Kidman est au volant d'une voiture sur laquelle s'est empilé un nombre impressionnant d'infectés qui s'accrochent pendant qu'elle conduit comme une femme dans une blague sexiste, si vous voyez ce que je veux dire. Bref, je vous conseille de revoir l'original ou le remake des années 70, plus effrayants. Mario Giguère

MARIHUANA - Dwain Esper avec Harley Wood, Hugh McArthur, 1936, États Unis, 57m

Burma Roberts alias Blondie est invitée avec ses amis à un party, invitation que tous acceptent. Sans chaperon, Dick et Nickolas accueillent les jeunes gens et subtilement, mettent sur la table des cigarettes curieuses. L'herbe qui fait rire, la marihuana interdite, a tout de suite des effets pervers. Une des jeunes filles au party meurt noyée en allant se baigner nue dans la mer. On arrive à étouffer l'affaire, mais Burma se rend compte quelques semaines plus tard qu'elle est enceinte. Son copain doit se trouver un travail avant de l'épouser par obligation, c'est une autre époque, et Dick, un peu responsable du malheur, lui offre de s'occuper d'une livraison de drogue. Ca tourne mal et le copain meurt. Enceinte et furieuse, Burma arrive chez Dick, qui réussit à la convaincre de régler ses problèmes en faisant adopter sa fille et en devenant vendeuse de drogues. Trois ans plus tard elle a l'idée d'enlever une fillette, adoptée par sa soeur, pour demander rançon. Évidemment que c'est sa fille, le choc est trop grand pour Blondie !

Péché par excès, voilà ce qui arrive quand en voulant trop bien faire on rate la coche. Je parle du réalisateur et du scénario qui beurre tellement épais qu'on a l'impression que ca ne pourrait jamais arriver. Le film plein de raccourcis s'étend sur trois ans, la déchéance totale, physique et morale de Blondie, étant retracable à cette seule petite cigarette qui fait rire. Je doute énormément de l'efficacité du procédé. Il faut se rappeler qu'aux États Unis, la prohibition de l'alcool avait durée de 1920 à 1933 et que la démonisation et la criminalisation des drogues dites douces était donc une revanche pour l'échec de la disparition de l'alcool. L'histoire se charge de nous enseigner que la répression n'a jamais enrayé la consommation de l'interdit. La réalisation, comme tout le reste, est routinière, mais j'ai bien aimé Harley Wood dans le rôle de Burma, qui a parfois des airs de Brigitte Helm dans Metropolis.

Il semble bien, comme le Dracula de Tod Browning, qu'une version espagnole a été tourné simutanément avec en vedette Lupita Tovar dans le rôle de Blondie. Mario Giguère

Les MERCENAIRES DU DEMON aka DEMON SPIES aka ONIWABAN - Takashi Tsuboshima, 1974, Japon

Dans le Japon féodale de l'ère Tokugawa, les démons sont la crème de l'espionnage. Formés durant des années par un professeur tyrannique, le visage dissimulé en permanence par des masques aux faciès monstrueux, ils sont une demi-douzaine de jeunes prêts à servir le Shogun au péril de leur vie. Après avoir subit un entrainement pratiquement inhumain leur ayant appris l'art de tuer, de se cacher mais aussi de séduire (la seule fille du groupe en fait malheureusement les frais au prix de sa virginité), ils se voient confier la mission de découvrir un arsenal et de le détruire. C'est sans compter sur le Seigneur Shogen, le chasseur de démons qui se promet de les réduire à néant....

Après un début prometteur montrant les ados masqués finir leur formation dans la douleur et dans le sang, le film emprunte son rythme de croisière et enchaîne les scènes d'action gores avec une certaine frénésie. Bras tranchés, geysers de sang, hurlements gutturaux, on peut dire que cette bande est plutôt généreuse en matière de tueries barbares. Malheureusement, tout cela est assez mal construit et pour ne rien arrangé, plusieurs scène sont tournées dans la pénombre - voire le noir le plus complet - et sont donc difficiles à suivre (en particulier une scène où plusieurs personnes sont prises au piège dans un couloir dont les murs et le sol sont truffés de lames tranchantes). Il n'y a rien de tel pour faire décrocher le spectateur qui fini par se désintéresser d'un récit définitivement trop confus. Il ne reste plus qu'à se contenter des images, avec l'espoir qu'elles ne soient pas trop mal éclairées. Voila qui est bien décevant, surtout que la trame de base a un potentiel énorme. Kerozene

The MONSTER OF PHANTOM LAKE - Christopher R. Mihm avec Josh Craig, Leigha Horton, 2006, États Unis, 97m

Wisconsin dans les années 50. Deux ouvriers vidangent des produits toxiques dans un lac. On va suivre à la fois le professeur Jackson et son assistante qui campent la fin de semaine pour étudier la faune et la flore ainsi que cinq jeunes venus s'amuser après leur fin d'études. Un ex-soldat, jadis meurtrier de sa femme et quasi légende urbaine tombe dans le lac. Il ressortira de l'eau sous la forme d'un monstre fait d'algues et commencera à terroriser ceux qui s'approchent du lac.

Parodie des films de monstres des années 50, le réalisateur, scénariste et producteur Christopher R. Mihm connait ses classiques. Tourné en glorieux noir et blanc et bercé par des musiques d'époque dans le domaine publique, le film pêche beaucoup par excès de mimétisme. Comme dans les films et séries B de l'époque, le monstre apparaît au bout de presque une heure, on parle énormément avant d'avoir un peu d'action et le final, comme tout le reste, est infiniment prévisible. Ca aurait bénéficié d'un montage plus serré, à 97 minutes au compteur, c'est facilement 30 minutes plus long que bien des films dont il s'inspire. Sinon la mise en scène et le montage sont bons et les acteurs généralement intéressants. Le monstre semble sorti tout droit d'un Roger Corman, plus précisément CREATURE FROM THE HAUNTED SEA. Pour amateur averti. Mario Giguère

ONG BAK 2 de Tony Jaa, 2009, Thaïlande

Il faut reconnaitre que le premier Ong Bak n'était pas une réussite, dû a un scénario (trop) simpliste (voir débile!) et une mise en scène qui l'était tout autant. Par moment, on se serait cru devant un mauvais Van Damme ou un film de plus dans la filmo de Steven Seagal. En fait la réussite était ailleurs et elle portait un nom : Tony Jaa.

Une sacrée sensation à l'époque, les combats sont repassés une bonne trentaine de fois sur mon écran pour montrer aux potes et pour voir ces coups de genoux et ces têtes fracassées à coups de coudes d'une violence jamais vue avant dans aucun autre film.

Aujourd'hui, Ong Bak 2 est le film le plus cher du cinéma thaï, il y a eu beaucoup de problèmes pendant le tournage, dépassement de budget, Tony Jaa aurait pété un câble à cause de la pression du tournage... et on peut dire qu'on le ressent pendant la vision du film.

Il y a un nombre incroyable de scènes que l'on voit plusieurs fois en tant que flashbacks, presque entières, sans doute par manque de matières filmées (le dvd affichait 1h33, ce qui n'est pas énorme quand même!). On a aussi droit à une scène de danse féminine suivie d'un kata de Jaa himself, à la suite, sans dialogue, d'une durée minimum de 6 minutes bien ronflantes, ce qui est énorme pour un film de cette durée !!!

Ong Bak 2 est un film en costumes, ce qui étonne les premières secondes du film. Quel est le rapport avec le premier ? aucun, et c'est tant mieux. Car Jaa revient aux sources et nous délivre un film à l'ancienne bourré d'arts martiaux divers et variés. Kung-fu, muay thaï, sabre chinois, kendo... Tous les arts sont pratiqués par Jaa à l'écran, et il fait mal le bonhomme.

Le quota de bastons est assuré, notamment lors de deux scènes, en un mot : ENORMES.

Dans la première, Jaa vient sauver des gens emprisonnés destinés à être exécutés. Il affronte un tas de mec au sol en utilisant la technique du boxeur ivre..... extrêmement énervé!!!

Dans la deuxième (la dernière en fait), il se bat contre plein d'artistes martiaux différents (dont des ninjas!!!), avec, à un moment, l'aide d'un éléphant. Dingue.

Il y aura d'autres bastons plus courtes mais toutes spectaculaires, ou Jaa nous démontrera qu'il est un talentueux artiste martial complet (comme le pain!).

Le scénario est un grand classique du wuxia pian ou du film de kung-fu. Le père du jeune Jaa est tué par un mec qui a l'air méchant. Il se sauve avec un garde (je pense, parce qu'en fait il n'y avait pas sous titre à mon dvd!) qui se fera tuer à son tour après avoir laissé le jeune homme à l'abri des tueurs. Celui-ci est ramassé par des esclavagistes qui vont le jeter au crocodile. Il sera sauvé par une bande de mec pratiquant les arts martiaux, et sera emmené dans leur village pour apprendre leurs techniques et préparer sa vengeance. Classique mais toujours efficace.

Ong Bak 2 est un film réussi et raté à la fois, qui nous balance des joutes martiales d'une qualité exceptionnelle, mais qui nous sert un scénario (certes classique) rempli de trous et d'ellipses énorme qui gâchent énormément la continuité. C'est beau, ça pète la mâchoire, mais c'est plein de remplissage à la noix, et ça, c'est dommage. El Guapo de la Muerte

RED PLANET MARS - Harry Horner avec Peter Graves, Andrea King, Herbert Berghof, 1952, États Unis, 87m

Les Cronyn, Chris et Linda, essaient de contacter Mars avec un appareil qui utilise une valve à hydrogène, inventée par Calder, ancien nazi évadé de prison. Calder est dans la cordillère des Andes, sur le toit d'une montagne avec un appareillage semblable et essaie lui aussi de communiquer avec la planète rouge, mais pour le compte des communistes ! Pour l'instant rien ne fonctionne, mais voilà qu'il intercepte les signaux des Cronyn qui parleraient avec Mars et auraient des réponses à leur questions. Surprise, la vie sur Mars est tellement différente et prometteuse, ayant éliminé le charbon, diminuant leur besoins de nourriture et vivant plus longtemps grâce aux rayons cosmiques. Conséquence fatale, les bourses tombent, le mineurs rangent leur pelles, les fermiers font la grève, bref, l'économie occidentale s'effondre. Si bien que le président des États Unis en personne veut cesser de rendre publics les communiquées de Mars, jusqu'à un dernier message qui semble venir de Dieu le père, ce qui étonnera tellement la populace Russe qu'ils renverseront leur gouvernement ! Mais est-ce bien de Mars que proviennent ces messages ?

Sapristi, quel film bizarre, remplit de discussions idéologiques et théologiques. Le personnage de Linda, interprété par Andre King, est la voix de la raison pendant un bon moment, redoutant les conséquences d'un contact avec une civilisation plus avancée, rappelant les errances des scientifiques qui ont inventé la bombe atomique, pour donner un exemple. La fin est tout aussi surprenante, dans l'esprit de sacrifice de parents comblés, mais un peu prévisible dans son questionnement. D'ailleurs on termine par un carton qui annonce THE BEGINNING, par opposition au THE END habituel. Peter Graves est toujours aussi monolithique et le vilain est joliment détestable. Une grande dose de naïveté pour des questions plus importantes que le cadre science fictionnel dans lequel elles sont posées, mais des rapprochements surprenants avec les problèmes économiques du système capitaliste que l'on vit en 2009. Quand bien même, c'est plutôt long et la mise en scène n'est pas remarquable. Mario Giguère

SON OF FRANKENSTEIN - Rowland V Lee avec Basil Rathbone, Boris Karloff, Bela Lugosi, Lionel Atwill, 1939, États Unis, 99m

Des années se sont passées et le fils d'Henry: Wolf Von Frankenstein (Basil Rathbone) hérite du château familial. Avec sa femme et son jeune fils, il arrive au village et se rend compte rapidement qu'il n'est pas vraiment le bienvenue. Comme de raison, il lit les notes que lui a laissées son père et est fasciné par ses expériences. Dans les ruines du labo vit un homme "mort" Ygor (Bela Lugosi) déclaré décédé après pendaison. Il a survécu et présentera à Wolf Frankenstein la créature qui vit dans un étrange coma. Rapiéçant le labo et faisant venir de nouveaux instruments, il ressuscite le monstre, qui a perdu la parole et qui semble bien inoffensif. Erreur. Ygor contrôle le colosse et s'en sert pour assouvir sa vengeance contre les derniers membres du jury qui l'ont condamné jadis. Pire, le jeune garçon des Frankenstein raconte à son père qu'un géant vient le visiter parfois, cela devant Krogh, chef de la police locale, qui soupçonne avec raison que tout ne tourne pas rond chez les Frankenstein

L'imagination folle de BRIDE OF FRANKENSTEIN fait place à un scénario beaucoup plus sage et trop prévisible. Quelques longueurs dans un métrage plus long et un Basil Rathbone qui surjoue n'aident pas non plus. Un Dwight Frye discret y a un petit rôle secondaire. Il faut se tourner vers Lionel Atwill dans le rôle de l'inspecteur ayant perdu un bras arraché par le monstre pour avoir un peu d'originalité, personnage dont Mel Brooks se délectera dans FRANKENSTEIN JUNIOR. Plus triste est le sort réservé à Karloff qui devient un monstre banal, muet, une bête à tuer qui fait bien penser au gorille de MURDERS IN THE RUE MORGUE. Ce qui nous amène à Bela Lugosi, qui avait refusé à l'époque le rôle du monstre, qui vole ici la vedette.

La mise en scène est moins inventive que celle de James Whale et les décors, flirtant encore avec l'impressionisme, n'ont pas toujours l'impact de jadis, spécialement le laboratoire, bien fournit, mais qui semble situé dans un appartement aux murs vides. Rowland V. Lee, qui tourna beaucoup d'adaptations d'Alexandre Dumas, réalisa la même année TOWER OF LONDON avec Boris Karloff et Basil Rathbone. Ce FILS DE FRANKENSTEIN n'a décidément pas l'impact des deux précédents films, on s'en doutait, mais mérite le détour. Mario Giguère

TARZAN AND THE GOLDEN LION - J.P. McGowan avec James Pierce, Edna Murphy, Boris Karloff, 1927, États Unis, 57m, noir et blanc, muet

Deuxième film adaptant le succès littéraire au cinéma, ce TARZAN AND THE GOLDEN LION met en vedette la soeur de Lord Greystoke (sœur inexistante dans les romans, ce serait sa nièce selon d'autres sources), amoureuse de l'intendant de la propriété de Tarzan. Karloff interprète un membre des Waziri, tribu de guerriers féroces dont l'homme singe est le chef, qui a été expulsé et veut prendre sa revanche avec l'aide d'Esteban Miranda. Entendant un homme recueilli par Tarzan parler de la ville pleine de pierres précieuses dont il s'est échappé, Miranda kidnappe la nièce et l'évadé pour s'emparer de la fortune. Une chose en amenant une autre, Betty Greystoke est kidnappée par le peuple fortuné pour être offerte en sacrifice au Dieu Soleil. C'est sans compter sur Tarzan, évidemment.

Quatre ans avant Frankenstein qui gravera son nom dans la mémoire collective, Karloff n'est ici qu'un faux noir au rôle bien mince dans ce film muet. James Pierce est assez athlétique, mais le personnage ne se promène pas encore de liane en lianes. Edna Murphy est ravissante, surtout dans son costume de sacrifice, en paillettes et plumes comme sortie d'une revue de broadway. Si les décors naturels sont intéressants, la caméra et la mise en scène sont on ne peut plus statiques. Si le film n'a pas impressionné les critiques de l'époque, il connut un succès populaire intéressant et permit de continuer la saga de l'homme singe qui. Surprenamment ici, ne comprend pas le langage des primates, mais qui s'entends bien avec le lion du titre. Pour amateurs avertis. Mario Giguère

The TERMINATORS - Xavier S. Puslowski avec jeremy London, A. Martinez, Lauren Walsh, 2009, États Unis, 87m

Dans un futur incertain, des terroristes ont reprogrammé les TR5, des robots à forme humaine qui sont dans pratiquement tous les foyers américains. Ils envoient des bombes atomiques sur les grandes villes et débarquent tuer un à un les humains dans les petites villes. Un groupe se forme et espère survivre à l'assaut.

Du studio Asylum, spécialisé depuis des années dans la copie de blockbusters à venir, l'idée étant d'arriver dans les tablettes juste avant que le film officiel sorte. Donc un quatrième TERMINATOR arrive ? Bonne idée. Malheureusement c'est fait sans trop de budget et ca passe tout juste le test du divertissement facile pour amateur en manque. Ici on n'a pas travaillé trop longtemps sur le scénario, les dialogues sont entre autres affligeants. Les acteurs peu convaincants et les effets spéciaux, à par les scènes de vaisseaux spatiaux, sont limitées. Un authentique terminator robot apparait très brièvement à la fin. Y a beaucoup de sang, mais la mise en scène n'est pas efficace, privilégiant les gros plans, tel un téléfilm. De plus, curieusement, le monteur son ajoute des effets d'écho régulièrement, ce qui agace énormément. Évitable. De mon côté j'aime bien en regarder un de temps en temps, la dernière fois leur ersatz de CLOVERFIELDl appelé simplement MONSTER, pas tellement mieux. Mario Giguère

TORA! TORA! TORA! -  Richard Fleischer/Kinji Fukasaku/Toshio Masuda/Akira Kurosawa avec Martin Balsam, Sô Yamamura, Joseph Cotten, Tatsuya Mihashi, E.G. Marshall, James Whitmore, Takahiro Tamura, Eijirô Tôno, Jason Robards, Shogo Shimada, 1970. États Unis/Japon. 144m

Vers la fin de l'année 1941, le gouvernement japonais, afin d'assurer ses assises sur la Pacifique, décide l'attaque de la base navale de Pearl Harbor dans les îles Hawaii, où la majeure partie de la flotte de la marine américaine est basée. Le commandant de la flotte japonaise, l'amiral Yamamoto, met au point un plan pour un raid aérien de la base où il compte sur l'effet de surprise afin d'anéantir les forces navales des États-Unis. Le gouvernement américain ne croit pas à une attaque imminente des Japonais, malgré de froides relations diplomatiques avec le pays du soleil levant. Certaines indications suggèrent pourtant qu'une attaque japonaise sur Pearl Harbor est possible et la base est mise en état d'alerte, mais sans vraies mesures préparatoires. Par la voie diplomatique, les Japonais veulent lancer un ultimatum destiné à être rejeté pour justifier leur offensive, mais un dactylo retarde son envoi de quelques heures, si bien que le 7 décembre au matin, l'aviation japonaise attaque Pearl Harbour complètement par surprise, l'ultimatum japonais n'étant reçu à Washington que peu de temps après le début du raid. Le gouvernement américain, criant à l'infamie, déclare officiellement la guerre au Japon. Yamamoto, malgré le succès de l'attaque et les dégâts considérables infligés à la flotte navale des États-Unis, ne semble pas s'en réjouir et craint d'avoir réveillé un dangereux lion endormi.

Oubliez le "PEARL HARBOR" de Michael Bay et visionnez à nouveau sans plus attendre ce classique qu'est "TORA! TORA! TORA!. Ce qui en fait sa force est d'abord la volonté des auteurs d'éviter le manichéisme et le mélo habituel que l'on retrouve dans les reconstitutions de faits de guerre célèbres au grand écran. Bien au contraire, le récit privilégie la diversité des points de vue avec équilibre et objectivité, et la présence de trois réalisateurs, deux japonais et un américain (de même que la collaboration du célèbre Akira Kurosawa), à la barre souligne bien le travail et l'effort collectif apporté au projet, afin d'en faire un spectacle intimiste plus profond et captivant. La mise en scène réussit donc, dans un style près du reportage, à agencer entre elles certaines séquences en apparence isolées les unes des autres, mais qui une fois juxtaposées constituent une mosaïque intéressante se culminant avec la fameuse scène d'attaque de Pearl Harbor, magnifiquement reconstituée dans la dernière demi-heure du film. Cette approche honnête est un exemple démontrant qu'il est possible de concevoir une superproduction historique bien documentée, superbement montée, intelligente et au bout du compte réussie. Il est juste un peu dommage que "TORA! TORA TORA!" ait connu un échec relatif à l'époque au box-office, mais cela prouve au fond que la somme des revenus ne vaut pas l'épreuve du temps comme baromètre pour mesurer un succès. Tous les comédiens, américains comme japonais, jouent avec naturel. Mathieu Lemée

TOTO QUI VÉCUT DEUX FOIS aka Totò che visse due volte Daniele Ciprì & Franco Maresco avec Salvatore Gattuso, Marcello Miranda, Carlo Giordano, 1998, Italie, 95m

Prologue avec une dame à l'allure bizarre qui replace son oeil de verre, on la reverra, étonnamment, plus tard. Arrivent trois récits qui seront reliés à la fin.

Primo: Paletta, masturbateur compulsif, idiot du village maltraité par la populace, a bien envie d'aller voir "trois cylindrées" une prostituée de réputation arrivée dans le village, mais il n'a pas d'argent. Il a bien une idée, qui se retournera fatalement contre lui.

Secundo. Veillant son fils décédé, sa mère attend son amant Féfé qui ne se pointe pas. Faut dire que le frérot du défunt était contre ses relations homosexuelles et que Féfé a peur de manger une raclée. Pire, on se rend compte en flashbacks, que Féfé ne voulait que l'argent de la famille. Sa cupidité se concentre sur la bague du défunt, qu'il tient à lui dérober. Faut croire qu'il n'a pas vu LES TROIS VISAGES DE LA PEUR de Mario Bava ! Il y a un passage durant lequel un homme cherche son cercueil, que j'aurais prit pour un fantôme, mais le générique crédite un zombi !

Tertio: voici les deux Toto, un boss de la mafia locale mais aussi une figure christique qui bougonne et râle contre l'humanité. Le Toto qui fait des miracles, mais qui refuse de corriger l'infirmité de Judas le Bossu, ressuscite Lazare, qui sort du bain d'acide ou le Toto boss de la mafia l'avait fait dissoudre. Le mafioso veut la tête du Jésus, qui sera trahi par Judas lors d'un repas grotesque ou Trois Cylindrées apparaît. En fait on retrouvera sur trois croix les deux personnages précédents plus un pauvre type qui viole les poules et les anges.

Je crois bien qu'il faut que je remonte à ma première vision d'ERASER HEAD de David Lynch pour retrouver un sentiment d'étrangeté et de surréalisme comparable. Le film, tourné dans un magnifique noir et blanc, accumule les transgressions et les effets de mise en scène déroutants. Outre l'omniprésence des éléments sexuels et la perversion d'une certaine religiosité, les débuts et fins de scènes ou les acteurs figent, comme si un tableau se mettait à bouger l'instant d'une prise, créent un rythme singulier. Sans parler des personnages féminins tous joués par des hommes et pas des canons de beauté. Si on imagine un instant que la putain à la réputation sensationnelle sera pulpeuse à la Fellini, quel choc de voir ce visage et ces forme masculines disgracieuses arriver, et les hommes de se réjouir. On pense parfois à AFFREUX SALES ET MÉCHANTS, car humour noir il y a, et rien ni personne, il me semble bien qu'il n'y a aucun enfant dans ce coin de Sicile, ne donne une lueur d'espoir.

On peut facilement imaginer les problèmes de censure dans une Italie encore fortement religieuse, du moins ou la censure était alors encore pratiquée. Ce n'est qu'au bout d'un procès de deux ans, gagné par les réalisateurs, que le film a pu sortir sur les écrans. Le film a d'ailleurs fait tomber la censure cinématographique en Italie, dernier bastion européen de cette manie barbare de faire disparaître ce qui choque. Ce n'est évidemment pas un film pour tous. Le noir et blanc et la misère à l'écran accompagné de scènes 'un romantisme nostalgique des années 50 nous font parfois croire qu'il a été tourné 30 ans auparavant. On est devant une oeuvre transgressive, surréaliste, parfois drôle, souvent cruelle, qui a sa place sur les écrans et qui demande notre considération. Mario Giguère

LA TOUBIB PREND DU GALON aka La soldatessa alle grandi manovre - Nando Cicero avec Edwige Fenech, Renzo Montagnani, Alvaro Vitali, 1978, Italie/France, 91m, version originale italienne

On rempile un an plus tard, toujours en coproduction avec la France (quelle est la véritable implication d'Annie Libert au scénario ? Elle est au générique de quatre coproductions dont le précédent film). Le personnage est toujours la doctoresse Marini (Edwige Fenech) et on revoit le colonel Fiaschetta (Montagnani) et tous les zigotos du camp de recrues. D'ailleurs ca crée la confusion lorsque le film reprend la traduction exacte du titre français du précédent LA TOUBIB AUX GRANDES MANOEUVRES.

La belle doctoresse est assignée dans une caserne militaire pour étudier les moeurs sexuelles des soldats. Situé près d'un petit village très ancien et pittoresque, les soldats sont de véritables obsédés sexuels. Du Colonel qui s'habille en femme dès qu'il a une minute, troublé par l'autorité de sa mère castratrice, ou des soldats qui imaginent tous les stratagèmes pour avoir des relations avec la "sauvageonne", la Leoparda, qui vit seule avec sa chèvre. On ajoute un curé joué par Lino Banfi, qui s'occupe officiellement d'enfants malades dans le village, mais qui ne pense qu'à manger et à boire ce qu'il récolte pour les bambins. Maniri va donc se sentir interpellée par les bambinos, mais à la fin du film elle les aura oubliés, contrairement à son personnage de LA FLIC qui avait de meilleures priorités ! D'ailleurs elle surveille beaucoup un personnage libidineux joué par l'acteur qui interprétait son fiancé dans son épopée policière. On a droit évidemment à moult gags foireux sur les culs et les flatulences. J'ai bien rit avec le tuyau à échapper les gaz ou les nombreux coups pendable de toilettes qui visent le supérieur immédiat d'Alvaro. Le titre trouvera sa justification durant les quinze dernières minutes avec d'authentiques manoeuvres, jeux de guerre ou péripéties sexuelles et gags de postérieurs aideront à triompher de l'ennemi.

Version italienne oblige, je me doute que j'ai manqué plein de jeux de mots foireux. Edwige Fenech est plus présente que dans le deuxième film et les personnages y vont tour à tour de leur présence, le film étant plus équilibré à ce niveau. Edwige se dénude principalement devant le miroir de sa pièce qui est transparent de l'autre côté, tous les militaires se délectant du spectacle charmant. Curieusement, le miroir donnera plus tard sur la chambre du colonel ou la routine aura lieu pendant qu'il reçoit sa maman. On a droit à une courte présence de Boris Lugosi alias Salvatore Baccaro, l'homme troglodyte démesuré, qui enchaîna avec STARCRASH. Passer d'Edwige Fenech à Caroline Munro, voilà un sort enviable pour un acteur de soutien, oui.

Les films sortis le 7 décembre 1978 en France, on ne saurait dire si c'était un véritable cadeau de Noël, mais en tout cas, ca se laisse regarder avec une certaine indulgence. Pour revoir Edwige Fenech, à la chevelure plus courte et au toupet qui la rajeunit, toujours aussi sensuelle et les gags gras et cons d'Alvaro, mention spéciale au gag qui se prépare tout le long du film avec des plombs dans une bouteille de vin. Le nouveau thème de Piero Umiliani est fort entraînant. Mario Giguère

Les VIERGES DES MESSES NOIRES aka LE CHATEAU DES MESSES NOIRES aka THE DEVIL'S PLAYTHING aka VAMPIRE ECSTASY aka VEIL OF BLOOD aka DER FLUCH DER SCWARZEN SCHWESTERN - Joseph W. Sarno, 1973, Allemagne de l'Ouest/Suisse/Suède

Dans un château perché en haut des montagnes teutonnes, un groupuscule d'adoratrices de la Baronne Varga, vampire de son état brûlée vive il y a quatre-cents ans, danse toutes les nuits au son de percussions répétitives dans le plus simple appareil afin de garder l'esprit de leur idole en vie. L'arrivée au château de quatre jeunes femmes fait soudainement apparaître la perspective de réincarner la Baronne, ce qui ne manque pas d'exciter la prêtresse en cheffe et ses copines qui tripotent des bougies en forme de verge et tentent de pousser les visiteuses à se faire des papouilles sans que l'on comprenne vraiment pourquoi.

Quand Sarno s'attaque au film d'épouvante, il ne peut décemment pas le faire sans y injecter une bonne dose de scènes cochonnes. Malheureusement, c'est sur la version Rated R que mes yeux se sont posés, et les coupes y sont clairement visibles. On voit le visage et la poitrine des filles qui s'envoient en l'air entre elles, avec le mâle de service ou avec leurs bougies aux formes explicites, mais la brièveté des scènes et leurs coupures abruptes sont là pour témoigner d'un charcutage immoral. Et c'est bien dommage parce qu'il y a fort à parier que ces scènes de cul sont les plus intéressantes d'un métrage incohérent où les scènes se suivent sans grande logique, où les actrices jouent comme des patates et où l'action est quasiment inexistante. En d'autres termes: on se fait chier. Sarno ne semble guère croire en cette histoire de lesbiennes satanistes et tourne son film sans réelle conviction ou imagination, mais il a au moins le bon goût de choisir un casting de filles peu farouches aux courbes affriolantes, tout ce qu'il faut pour apprécier les scènes de rituels super répétitives mais finalement moins agaçantes que tout ce qu'il y a autour. Kerozene

The WOLFMAN - George Waggner, avec Lon Chaney Jr, Claude Rains, Bela Lugosi, Maria Ouspenskaya, Evelyn Ankers, 1941, États Unis, 70m

Larry Talbot revient au château familial suite à la mort de son frère. Son père est très heureux de son retour, Larry l'aidant à installer les dernières lentilles de son télescope. Sans faire par exprès, il remarque la belle Gwen qui travaille dans une boutique locale. Après l'avoir accosté, il lui achète une canne à pommeau d'argent représentant un loup et un pentagramme. Il lui soutire un rendez-vous le soir même, avec son amie Jenny, pour aller voir les romanichels installés dans le bois. Jenny est effrayée par les réactions de Bela, le gitan qui lui tire les lignes de la main et elle mourra rapidement, égorgée par un loup. Larry aura bien essayé de la défendre et aura tué le loup, mais c'est le corps de Bela que l'on retrouve au pied de l'arbre. Se rappelant les légendes qu'on lui a conté suivant l'achat de sa canne, interrogé par la police, il commence à douter de lui-même. Seul Larry et les gitans acceptent qu'un loup garou puisse exister et Larry a bien peur que Gwen me soit sa prochaine victime.

Un scénario rondement mené par un Curt Siodmak en forme et une belle performance de Lon Chaney Jr, le personnage fétiche de sa carrière. L'intrigue est fort simple et on insiste beaucoup sur la légende de l'homme loup, la répétant à outrance et au final, on ne voudra toujours pas croire à la transformation. C'est la tragédie de Talbot, un homme simple, qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, qui fait la force du film. On ne saurait imaginer comment le personnage féminin a dû paraître troublant à l'époque, car elle est fiancée et a visiblement envie de partir avec Talbot. On est loin des serveuses de café ou des midinettes sans défense. Claude Rains est efficace, même si on l'imagine difficilement engendrer le colosse qu'est Lon Chaney Jr comparé à lui. Bela Lugosi a un petit rôle qu'il tiens à merveille, Il faut souligner la présence de Maria Ouspenskaya dans le rôle de Maleva, la vielle gitane, dont le jeu dramatique y est pour beaucoup dans l'efficacité du film.

Pour un amateur de monstre, tout se termine trop vite, mais le grand poilu n'a pas finit sa carrière, loin de là. George Waggner, plus habitué aux séries B, comme Siodmak, va rapidement travailler exclusivement pour la télévision, ce qui n'est pas évident ici. La mise en scène est efficace, des décors embrumés aux éclairages, tout est au service de l'histoire. À voir ou revoir avec plaisir. Mario Giguère

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