LES NOUVEAUX VISIONNEMENTS CULTES DE NOS ONCLES

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mise à jour le 7 avril 2008

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.45 - Gary Lennon avec Milla Jovovich, Angus Macfadyen, Stephen Dorff, 2006, États Unis, 101m 

Kat (Milla Jovovich) aime Big Al, qui tiens son surnom pour la grosseur de son membre viril. Big Al est un caïd de quartier, jaloux obsessif, violent, brutal et obsédé. Lorsque Big Al a un accès de jalousie et qu'il frappe trop fort Kat, une fonctionnaire tente de la convaincre de porter plainte ou à tout le moins de quitter son tyran. Peine perdue en apparence, car Kat aime Big Al. Mais peu à peu, elle prend conscience que c'est pas vraiment de l'amour et comme elle ne peut pas simplement quitter sa grosse bébête, elle va concocter un plan machiavélique et très féminin.

Premier film du scénariste Gary Lennon, il adopte une approche qui m'agace toujours un peu, avec les personnages qui parlent régulièrement à la caméra. On ne verra qu'à travers ces passages les mères de Kat et Al, aussi dysfonctionnelles que leur marmaille. Violent et vulgaire, on parle de sexe et on passe à l'acte, Kat étant prise entre Al, une copine lesbienne et un pote d'Al, joué par un Stephen Dorff. La vengeance sera un peu courte et somme toute facile, enveloppant le scénario d'une ironie qui était bien appuyée par les dialogues. Ce ne sera pas au goût de tous et l'épilogue laisse un drôle de goût dans la bouche, mais pour le jeu à contre-courant de Milla Jovovich, ça vaut le détour. Mario Giguère

ALIEN VS. PREDATOR - REQUIEM aka AVP - R - Colin Strause/Greg Strause avec Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz, Johnny Lewis, Ariel Gade, Kristen Hager, Sam Trammell, Tom Woodruff, Ian Whyte, Robert Joy, David Paetkau, 2007, États Unis/Canada, 101m version non-coupée


L'éclosion d'un Alien dans le corps d'un Predator (voir la fin du précédent film) a créée un nouveau monstre xénomorphe appelé le Prédalien, qui décime le vaisseau des guerriers prédateurs alors qu'il s'apprêtait à quitter l'orbite terrestre. Hors d'état de fonctionner, le vaisseau s'écrase sur Terre non loin de Gunnison, une petite ville américaine du Colorado. Cet écrasement permet aux créatures aliens de type face-huggers retenus en captivité dans le vaisseau de s'échapper, ainsi que le Predalien, contaminant ou tuant peu à peu les habitants de la ville. En réaction à ce grave incident, un guerrier Predator expérimenté est envoyé sur Terre afin d'effacer toute trace de l'existence des Aliens et des Predators, mais surtout d'éliminer le terrible danger que représente le Predalien. Alors qu'un groupe d'humains survivants tentent d'échapper à ces diverses créatures et de quitter la ville, des représentants d'une compagnie militaire semblent s'intéresser particulièrement à ce qui se passe à Gunnison.

Si la prémisse de départ de cette suite reprend là où le premier opus s'était achevé, et que l'intrigue qui s'ensuit contient des trous majeurs à faire écarquiller les yeux des connaisseurs des deux franchises, l'on ne peut nier que ce "AVP-R" s'avère mieux réussi que son prédécesseur réalisé par Paul W. Anderson. Les frères Strause, grands fans de ces monstres extraterrestres au cinéma et spécialistes des effets visuels dans d'autres métrages, ne se sont pas embarrassés d'un long préambule pour leur première mise en scène, et ils ont préféré privilégier davantage l'action et les moments sanglants dès le départ. Presque tout le film se constitue d'ailleurs en divers affrontements entre les Aliens, le Prédateur, le Prédalien et les humains, qui semblent presque au dernier rang de la chaîne alimentaire dans le récit. Les éclairages et les cadrages auraient pu être mieux soignés, car on ne voit pas toujours clairement ce qui se passe à l'écran. Néanmoins, un bodycount élevé, des moments gore en quantité suffisante, un peu de CGI (mais pas trop!), quelques clins d'oeils aux films des deux séries comme ce personnage féminin de militaire, sorte d'émule de Ripley-Sigourney Weaver et une trame sonore qui combine les thèmes musicaux connus des deux créatures, nous donnent droit à une série B divertissante et vigoureuse, mais limitée, car loin d'être transcendante et d'être à la hauteur de ses modèles. La fin laisse présager une autre suite qui serait, dit-on, réalisé à nouveau par les frères Strause. Souhaitons une intrigue plus peaufinée jumelée à une réalisation ayant le même rythme pour cette troisième partie. En attendant, soyons un peu indulgent et prenons ce "AVP-R" pour ce qu'il est... avec un grain de sel évidemment. Mathieu Lemée

AUTOPSY: ALOVE STORY - Guy Crawford avec John Scot Mills, Dina Osmussen, Joe Estevez, 2002, États Unis, 90m

Le propriétaire d'un crématorium (Joe Estevez qui cabotine monstrueusement) arrondit ses fins de mois en revendant des organes humains prélevés sur des morts sans famille connue. Charlie, en charge d'acheter et de s'occuper des corps, tombe amoureux d'une "Jane Doe" particulièrement belle. On le comprends, à voir sa copine, handicapée physique suite à un accident, qui contrôle à outrance un Charlie qui s'évade en dialoguant avec ses morts. Lorsque la soeur jumelle de son aimée arrive, Charlie se rend bien compte qu'une vivante lui fait plus d'effet qu'une morte, pour un certain temps en tout cas.

Le grand défaut du film, par ailleurs pas si original, est d'étirer son propos et de nous ennuyer régulièrement pour cause de scènes répétitives. On reste prude avec la caméra, les aspects les plus sordides n'étant évoquées que dans les dialogues. Les acteurs font bien leur boulot, Dina Osmussen étant aussi efficace en morte qu'en vivante, mais la recette manque d'épices. Joe Estevez semble improviser totalement ses dialogues et il n'est jamais une garantie de chef d'oeuvre. Mario Giguère

BLOOD MASK: The Possession of Nicole Lameroux -Dennis Devine avec Sally Dalton, Danielle De Luca, 2007, États Unis, 82m

Impression de déjà vu: une sorcière que l'on s'apprête à tuer avec un masque aux pointes de fers dirigées vers le visage promet de revenir tuer les descendants de ses bourreaux. Aujourd'hui, une collégienne entre en transe lorsqu'on parle des sorcières de Salem. Nicole sera tout de même invitée au party organisé par un copain, malgré le refus de son père, prêtre. Quatre jeunes donzelles et deux hommes vont donc se retrouver dans une maison dont un mec a les clés. Une maison baroque, qui inclut dans les sous-sol une salle de torture. Rapidement, il semble qu'un tueur est entré dans la maison, dont on n'arrive plus à ouvrir les portes. Les victimes sont retrouvées avec un masque identique pendant que Nicole est de plus en plus louche.

Comment actualiser LE MASQUE DU DÉMON de Mario Bava. Rien de bien original pour ce petit film indépendant qui ne trouvera grâce qu'auprès des amateur de jolies bimbos. On voit tout venir bien à l'avance, le gore n'est pas réellement efficace et la multiplication des masques, un par victime, le rend plus banal, si c'est possible. Ajoutez une dose de sado masochisme un peu tiède, une petite séance d'exorcisme tout aussi ridicule en final, des classes d'élèves pas convaincantes et il ne reste encore que la relative beauté des "actrices". Triste héritage pour Mario Bava. Mario Giguère

CREEP- Christopher Smith avec Franka Potente et Vas Blackwood, Angleterre, 2004, 85m

Kate, jeune femme fortunée et au train de vie Paris Hiltonien, a l'occasion de sa vie en sachant où George Clooney, de passage à Londres, va passer sa soirée. Malheureusement, elle ne pourra pas rencontrer le fameux acteur car le sommeil la gagnera en attendant le métro. Kate se retrouve donc prisonnière du Métro, les portes étant tous fermées. Peu de temps après, une de ses connaissances masculines tente de la violer et heureusement/malheureusement, un étrange individu attaque le salopard mais ensuite, part à la recherche de Kate, tuant tout le monde sur son passage.

Le premier long métrage de Christopher Smith, CREEP, laissait prévoir de belles choses pour le futur du jeune réalisateur anglais. Y allant par la suite avec SEVERANCE, une comédie-horreur plutôt efficace, Smith s'était d'abord intéressé au slasher plus conventionnel. CREEP est LOIN d'être parfait et comporte quelques aspects agaçants mais il réussi quand même à se rattraper avec une deuxième partie merveilleusement excitante. Quand même assez étrange de voir un film aussi bipolaire, chiant à fond dans la première partie mais hyper intéressant et bien foutu dans la deuxième. Premier problème de la première partie, ça n'avance pas du tout, le rythme est d'une lenteur somniphérique et on passe pas mal trop de temps à s'attarder sur le personnage de Franka Potente. Vous me direz que c'est une étape presque obligatoire que de vouloir approfondir le personnage principal pour ensuite le voir progresser, effectivement. Mais même mon profond respect pour Franka Potente, une excellente actrice, n'a pas pu me faire m'attacher à un personnage aussi antipathique et énervant que celui que doit jouer notre actrice. Sincèrement, elle aurait pu crever au milieu du film que je m'en serais autant bien porté. Quand en plus, un personnage intéressant vient s'ajouter à l'histoire et qu'on doit le voir mourir on se dit '' BEN MERDE TUE L'AUTRE GARCE SALE CON''. Autre chose énervante, ÇA MANQUE DE SENS À EN DEVENIR NIAISEUX ! Va falloir m'expliquer comment de un, on peut s'endormir dans le métro et qu'aucun garde ne puisse venir vous réveiller, mais bon sans ça y'a pas de film mais qu'un énergumène décide d'attendre quoi, une heure sans lui non plus se faire sortir du métro, pour ensuite tenter de violer la fille, faut vraiment vouloir. D'autres éléments sont douteux mais bon, j'ai pas le goût de m'y attarder. Les bons côtés maintenant car il y a en beaucoup. D'abord, le film prend son envol à le seconde même où on voit le tueur, qui a un look d'enfer et qui est joué avec une belle intensité par Sean Harris, dont j'ignorais l'existence avant ce film. Le spectateur se tient sur le bout de son siège, on assiste à une accumulation de scènes pas tellement innovatrices, mais efficaces qui ne font que rendre un intérêt croissant au film. Smith ne rentre dans le piège de miser son suspense sur le '' BOO LE TUEUR SORT DE NULLE PART ET TE FAIT LA PEAU'', il va plutôt laisser son tueur maltraiter une pauvre SDF pour ensuite, laisser le spectateur comprendre que l'affrontement final entre lui et notre héroïne doit et va arriver. Le film est assez généreux en sang et en effets gore, avec un superbe dénouement bien sanglant à la fin. Dernier hic, cette espèce de fin que je trouve malheureusement un peu trop prétentieuse à qui on voit un désir d'être originale, mais qui se révèle à mon sens complètement à côté de la plaque. Abba

Le CRI DE LA MORT aka The Living Coffin aka El Grito de la muerte - Fernando Mendez avec Gaston Santos, Maria Duval, 1959, Mexique, 72m

On arrive dans une hacienda bien triste. Ca fait un an que la jeune patronne est décédée. Curieusement, on vérifie l'alarme qui sonnera si jamais elle sort de sa tombe ! Un cowboy et son camarade arrivent pour demander à la jeune Maria les origines d'une statuette fabriquée par la défunte. Lorsque l'alarme sonne, la tante de Maria meurt d'effroi. Le ranchero chargé d'aller chercher le médecin est attaqué par balle dans les marécages qui font partie du terrain de la famille. Il appert que ce cowboy est en réalité un policier qui ne croit pas trop à la légende de la Llorona, la défunte qui pleure ses deux films décédés. Pourtant, la morte rôde !

Autre film d'une longue série qui reprend le mythe de la Llorona. Un film au rythme assez lent et aux rebondissement assez prévisibles. Il y a anguille sous roche et notre détective à cheval va tranquillement découvrir le pot aux roses. Il y a tout de même une belle atmosphère, une crypte vaste avec ce curieux système d'alarme et ce village presque fantôme. Maria est fort belle et on comprend mal le bellâtre de ne pas s'y intéresser ne serait-ce qu'un instant. L'édition chez Bach Films offre une belle copie en version originale ou française. J'ai regardé avec la langue de Molière, un fort bon doublage. Mario Giguère

Los CRONOCRIMENES aka TIMECRIMES - Nacho Vigalondo, 2007, Espagne  

Dans le paysage du cinéma fantastique espagnole, LOS CRONOCRIMENES semble faire office d'outsider car pour une fois, il ne s'agit ni d'une production Filmax (LA SECTE SANS NOM & co.), ni d'un film affilié à Guillermo Del Toro (L'ORPHELINAT & co.), ni d'une pelloche débordante de jeunisme exacerbé (BLACK SERENADE & co.). De plus, d'un point de vue purement plastique, on est loin de la photo super chiadée de L'ORPHELINAT ou du film de Balaguero. Bien au contraire, Vigalondo nous plonge dans un univers relativement terne et sans esbrouffe visuelle. Un style qui sied plutôt bien à son histoire alambiquée, celle d'un homme qui, attiré par la vision d'une femme nue au milieu d'un bois, se trouve pourchassé par un psychopathe au visage bandé avant d'atterrir malgré lui dans une machine à remonter le temps pour se retrouver finalement témoin de ses propres actes quelques heures plus tôt. Vigalondo exploite à merveille son concept qui met en avant les traditionnels risques encourus par les voyageurs temporels qui risquent de causer des erreurs en modifiant le cours de l'histoire. Jusque là rien de vraiment neuf, à la différence que les propos du film vont clairement dans le sens plutôt effrayant que le hasard n'existe pas, que le destin n'est rien, que l'avenir est tout sauf aléatoire et que finalement toute l'Histoire de l'humanité doit être écrite quelque part - un peu comme dans TERMINATOR d'ailleurs quand on y pense. Et c'est cet aspect lié à la remarquable clarté de l'écriture de Vigalondo qui - paradoxalement - pose problème. Son film fonctionne sur une logique implacable, mathématique, et il prend un soin particulier à ce que tous les événements soient justifiés, rationalisé, poussant le film à en devenir inévitablement prévisible une fois tous les éléments de l'équation mis en place. Du coup, le dernier acte ne fini par présenter que bien peu d'intérêt car ne tous les enjeux soulevés préalablement n'ont plus lieu d'être. Sans doute aurait-il fallut un dernier retournement de situation, un twist saugrenu pour satisfaire le spectateur qui ne peut que conclure le film par un dommageable " tout ça pour ça ". Une fin décevante mais LOS CRONOCRIMENES, qui dans ses deux premiers tiers est diablement captivant, a le mérite de révéler un réalisateur-scénariste au potentiel élevé. Très élevé même. Kerozene

DAY THE WORLD ENDED - Roger Corman, 1955, États Unis

Acteur actif au sein du boom du film de SF paranoïaque des années 1950, Roger Corman parvient dans ce cadre à être l'un des premiers (le premier?) à aborder le sous-genre du film post-nuke avec ce DAY THE WORLD ENDED. Suite à une guerre atomique que l'on imagine fulgurante, un petit groupe d'individus se voit dans l'obligation de cohabiter dans une maison isolée et définitivement trop étroite. Les tensions montent très rapidement entre les propriétaires de la demeure et leurs invités providentiels qui font immédiatement montre d'une certaine animosité, en particulier cet homme arrogant qui se met rapidement en tête de refonder l'humanité à partir de zéro avec la fille de son hôte, une jolie blonde un peu nunuche qui entretient une relation platonique avec un bellâtre de type californien. De plus, l'un des survivants a été fortement irradié et son comportement est de plus en plus étrange : il refuse de manger, est obsédé par la viande rouge et s'offre des escapades nocturnes dans les brouillards radioactifs.

DAY THE WORLD ENDED se déroule en grande partie dans la maison en question. Le monde post-apocalyptique est ici résumé à une radio qui ne capte plus aucun signal (témoin de la probable annihilation de l'humanité), quelques plans extérieurs montrant une faune aux prises avec des fumigènes savamment disposés hors champs et à des images d'un ciel menaçant. Menaçant car possiblement porteur de pluies radioactives. La grande menace semble en effet être la conséquence directe des effets des bombes sur l'environnement et l'atmosphère, mais finalement le danger ne viendra pas d'un revers de la nature mais de l'Homme lui-même. Outre la présence d'un trentenaire (qui semble plutôt en avoir quarante) aux tendances psychotiques au sein du groupe, c'est au final un hideux mutant à cornes muni d'une carapace et de trois yeux qui s'avère le plus dangereux. La métaphore sur les dangers du nucléaire dans toute sa non-subtilité donc, mêlée non pas à une illustration de la menace communiste mais bien à une crainte de prise de décision irréfléchie de la part des gouvernements en place - qu'ils soient américains, russes ou autre. Au-delà du contexte politico-social plus ou moins conscient, le film tente surtout de capitaliser sur son mutant super kitsch en le mettant bien en évidence sur l'affiche d'un film dans lequel il n'apparaît finalement que lors des cinq dernières minutes (si l'on excepte les apparitions fugaces d'une ombre et d'une grosse pâte griffue). Pas vraiment de quoi s'extasier donc : DAY THE WORLD ENDED est au final plus bavard qu'excitant et dans le genre Corman fera nettement mieux l'année suivante avec IT CONQUERED THE WORLD. Il est intéressant de noter que cinq ans plus tard, Corman réalise THE LAST WOMAN ON EARTH qui semble être une version dépouillée de DAY THE WORLD ENDED où seuls le contexte de fin du monde et le conflit amoureux de deux hommes pour une femme sont conservés. Le résultat: inévitablement soporifique. Kerozene

DEAD LIFE - William Victor Schotten avec Michael Hanton, Ashleigh Holeman, 2005, États Unis, 90m

Un autre premier film qui se veut une revisite des films de zombies. Une petite ville, une épidémie, un huis clos, bref la recette connue servit par une équipe inspirée des classiques du genre. On voit bien une influence d'EBOLA SYNDROME ici et LAST HOUSE ON THE LEFT là, sinon c'est du George Romero, point à la ligne. Un tournage en super 8, qui donne souvent une belle image, mais aussi quelques problèmes de pellicule en début de métrage et des scènes sombres difficiles à éclairer convenablement. Du gore en masse, un peu de nudité. Bon choix de musique.

Un autre film distribué par BRAIN DAMAGE FILMS, boîte qui offre régulièrement le meilleur des films indépendants d'horreur. Pour celui qui veut tout voir. Mario Giguère

DECOYS aka SOEURS DE GLACE aka PIÉGÉS - Matthew Hastings avec Corey Sevier, Stefanie von Pfetten, Kim Poirier, 2004, Canada

Luke et Roger sont comme bien des nouveaux collégiens, ils ne rêvent que de s'envoyer en l'air avec de belles collégiennes. Coup de chance, deux nouvelles blondes, Lilly et Constance, merveilleusement sculptées et chaudes, sont arrivées et encore mieux, elles ont le béguin pour eux ! Pourtant, Luke croit voir des tentacules sortir des jolies dames. Horreur. Personne ne semble le croire, car il s'empresse de raconter la chose à pratiquement tout le monde. Lorsque les morts, gelés, s'accumulent, le détective en charge de l'affaire soupçonne Luke. Les soeurs de glace continuent de séduire et de copuler avec les étudiants, les gelant de l'intérieur en tentant de se reproduire.

Horreur, science fiction et humour au menu pour ce film canadien qui met en vedette nul autre que Corey Sevier, dont les mimiques sont bien connues car il a participé à l'adolescence à la série télévisée LASSIE. Clin d'oeil d'occasion lorsque le détective le traite comme un chien. Faut dire qu'il est cocu le policier, le pauvre, et par le jeune Luke. Les deux héros mâles ont tout de même des réserves, Luke après vu les tentacules et le rondelet Roger car il veut que son dépucelage soit quelquechose de spécial. Le suspense et les surprises, sans parler des hallucinations de Luke, nous gardent en éveil, tout comme les jolies actrices. Tournage sur le campus de l'université d'Ottawa pour ce projet initié par des gens de la chaîne télé spécialisée SPACE CHANNEL. Un divertissement léger qui tiens bien la route et un joli monstre. Mario Giguère

DECOYS 2: THE SECOND SEDUCTION - Jeffery Scott avec Corey Sevier, Kim Poirier, Dina Meyer, 2007, Canada, 94m

Quelques années plus tard, surprise, Luke est chargé de cours dans une université. Il n'ose plus parler des extraterrestres femelles mais il est toujours autant obsédé par elles. Sur le campus, des jeunes vont s'affairer à monter un concours pour savoir qui aura le plus de relations sexuelles avec des collégiennes, preuves à l'appui. C'est comme ça que l'on découvre qu'il y a de nouvelles extraterrestres qui copulent sur le campus et qui ont toujours autant de difficultés à ne pas congeler leurs partenaires. Luke est surveillé par une psychiatre (Dina Meyer) et son professeur qui ne croient pas vraiment ses histoires. Luke finit par reconnaître Constance. Bonjour la paranoïa.

On rempile pour une suite, avec une explication tordue pour ce qui est de Luke. Un brin plus sérieux que le premier film, cette suite marche dans les sentiers connus, avec en prime des figures connues des amateurs, comme Dina Meyer (Starship Troopers) ou Tobin Bell (SAW), tandis que Kim Poirier revient pour le plaisir de nos yeux. Les blondinettes monstrueuses ont maintenant le pouvoir d'apparaître selon les fantasmes de ces messieurs, fantasmes très réguliers pas trop surprenants. On a droit à notre lot de monstres en fin de métrage, qui n'exclut probablement pas un volume trois. Un divertissement léger mais pas désagréable, loin de là. Mario Giguère

EYES OF THE WEREWOLF - Tim Sullivan avec Mark Sawyer, Stephanie Beaton, 1999, États Unis, 78m

Rich Stevens n'est pas chanceux. Il se brûle les yeux en gaffant au laboratoire et on lui greffe une paire d'yeux qui proviennent d'un type qui s'avère être un loup-garou. Pas si malchanceux car durant sa convalescence à l'hôpital, l'infirmière Sondra (la plantureuse Stephanie Beaton) s'amourache de lui, le chevauchant sans vergogne dans le lit de la clinique. Ça n'arrive qu'aux autres. Comme de raison, arrivé la pleine lune, Rich se transforme en gros poilu agressif et part tuer l'amant de sa femme, bien fait pour lui. La lieutenant de police Justine (Tarri Markell) le soupçonne tout de suite et quand elle ne tente pas de séduite Sondra, elle est sur sa piste. Lui est hébergé un temps par Siodmak, un nain amateur de choses étranges qui connaît bien la lycanthropie. La lune se présente trop souvent et notre homme bête se lasse de tuer ses proches.

Tim Sullivan, plus souvent acteur, n'a réalisé que deux films. On comprends un peu pourquoi. À part les joies de la vision non furtive de Stephanie Beaton qui ne manque pas une occasion de se dénuder, on a droit à un film fauché et un loup-garou qui tiens résolument mal la route. Les yeux lumineux n'aident jamais, mais le gros plans sur le masque en caoutchouc grotesque auraient pu être limités. Les clichés abondent et on ne retiendra que cette finale somme toute tragique qui, entre d'autres mains, aurait été plus dramatique. Mario Giguère

La FAUTE aka LA CULPA - Narciso Ibanez Serrador, Espagne, 2006, 1h12, Téléfilm

Dans les années 70, une jeune infirmière, Gloria, en difficultés financières, s'installe avec sa fille Vicky chez Ana, obstétricienne. En échange de son hospitalité, Gloria la secondera dans son cabinet médical. Ana ne tarde pas à lui avouer qu'elle pratique des avortements en secret. Lorsque Gloria tombe enceinte, les événements suspects ne tardent pas à se multiplier...

Présentée en 2006, la série "Pelliculas para no dormir", produite par Julio Fernadez (Filmax) se veut comme un "Masters of Horror" ibérique. Il s'agit aussi d'un hommage à un programme culte de la télévision espagnole, "Historias para no dormir", diffusé de 1966 à 1982. Entre ces deux grandes époques du cinéma fantastique espagnol, un nom sert naturellement de trait d'union : celui de Narciso Ibanez Serrador, connu pour LA RÉSIDENCE et surtout le chef d'œuvre LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000 (1976). Pilier de l'ancienne série, le vétéran est également le parrain de la nouvelle dont il signe l'épisode intitulé LA FAUTE.

Point d'horreur ni de surnaturel ici, nous avons affaire à un bel exemple de réalisme fantastique. Un rythme lent, des péripéties centrés autour d'un lieu unique (la grande maison de ville qui sert de cabinet à l'obstétricienne) et de trois personnages féminins. La chape de plomb du franquisme, le poids oppressant de l'église sur la vie des femmes (voir le personnage de la voisine bigote et un peu demeurée sur les bords) et plusieurs autres thèmes sont effleurés par Ibanez Serrador, dont on retrouve aussi le goût pour les plans subjectifs et les visages d'enfants maléfiques. Le décor a beau être bien exploité, l'ensemble est trop lancinant et finit par laisser sur sa faim. Même pas peur ! L'autre épisode de la série que j'ai vu et chroniqué, signé Balaguero (A LOUER - PARA ENTRAR Y VIVIR, également un huis-clos), est bien meilleur. Stelvio

FRANKENSTEIN VS BARAGORN aka FRANKENSTEIN CONQUERS THE WORLD- Ishrô Honda, Japon, 1965, 93m Japon, 87m États Unis

Le coeur de Frankenstein a été enlevé par les nazis durant la deuxième guerre mondiale et envoyé au Japon où il est préservé, mais quand la bombe atomique tombe, le coeur se met à grossir au point d'évoluer et redevenir le fameux Frankenstein. Le jeune monstre est capturé et étudié par un gentil scientifique américain et son assistante, mais Frankenstein devient rapidement incontrôlable et prend des proportions titanesques. Le gouvernement veut éliminer la créature, mais l'arrivée d'un énorme lézard nommé Baragorn va changer les cartes.

Quand je suis tombé sur le synopsis du film, j'étais d'avance sous le charme et je me rué sur le DVD. Cette version plutôt originale du mythe de Frankenstein m'a vraiment fait sourire et j'en ai eu pour mon argent. L'idée d'un film de Kaiju avec Frankenstein paraît stupide (et ce l'est) mais l'intention est tellement bonne et le tout est fait dans un enthousiasme tel qu'il est difficile de résister à un tel spectacle. Les trucages sont assez amateurs mais ça ne fait que plus sourire et notre Frankenstein est bien sympathique. Le moment le plus inoubliables est quand Baragorn, le méchant lézard, attaque un petit village montagneux et on est allé tellement loin dans les maquettes, QU'ON A MÊME FOUTU UN CHEVAL MINIATURE QUI LÂCHE UN CRI DE DÉTRESSE ET QUI SE DÉBAT! Le problème, c'est que le cheval se fait probablement gigoter par une petite corde qui rend la scène hilarante. Le combat entre Frankenstein et Baragorn est vraiment bien fait, et Frankenstein tatanne avec passion le méchant Baragorn qui ne peut pas rien faire. Par contre, de rajouter une autre créature 3 MINUTES avant la fin et la faire emmener Frankenstein dans les eaux comme fin, ça me semble cheap et décevant. Néanmoins le plaisir et là! Jetez-y un coup d'oeil! Le DVD de MEDIA BLASTER offre la version USA, FRANKENSTEIN CONQUERS THE WORLD et la version unrated et rallongée japonaise FRANKENSTEIN VS BARAGORN. Abba

HEARTSTOPPER - Bob Keen avec Meredith Hendersen, Nathan Stephenson, James Binkley et Robert Englund, 2006, États Unis, 85m

Une adolescente suicidaire et un petit voyou se retrouvent coincé dans un petit hôpital car la tempête du siècle fait rage. Mais le pire ne fait que commencer car un tueur aux pouvoirs démoniaques apparemment mort sur la chaise électrique revient à la vie et arrache le coeur de tout le monde qu'il rencontre. Il remarque également que l'adolescente fait partie des personnes compatibles pour un échange de corps et il se met donc à sa poursuite, dans le but de pouvoir continuer à faire le mal.

Ouf, je viens de me rendre compte en faisant le résumé à quel le scénario est n'importe quoi. D'ailleurs, c'est sans surprise qu'on se rend compte que ce film là ne lèvera finalement jamais. Le seul vrai point positif qui ressort, c'est les jolis effets gore mais sinon, c'est un beau gros bof. Les dialogues n'aident pas la cause du film, on ne pouvait pas trouver plus pénible. On embarque même dans le thème de l'adolescence et de la cruauté entre les jeunes pour ce retrouver à subir une autre insignifiante histoire d'amitié et d'amour plus énervante que simplement regardable. Robert Englund vient faire son tour dans le rôle d'un shériff sympathique mais se fait rapidement arracher le coeur après un affrontement verbal qui mènera à LA réplique qui tue...

'' Sheriff : You have the right to shut the fuck up! ''

Wow.

À éviter. Abba

The HILLS HAVE EYES 2 aka La colline a des yeux 2 aka Le visage de la peur 2 -  Martin Weisz avec Michael McMillian, Jessica Stroup, Daniella Alonso, Jacob Vargas, Lee Thompson Young, Ben Crowley, Eric Edelstein, Jay Acovone, 2007, États Unis, 90m

Après une mission d'entraînement qui s'est avéré un échec, une unité de jeunes soldats de la Garde Nationale doit se rendre dans un avant-poste du Nouveau-Mexique afin de livrer du matériel à des scientifiques. Lorsqu'ils arrivent sur place, le camp est inexplicablement désert. Après avoir repéré un supposé signal de détresse dans la montagne voisine, les soldats partent à la recherche des savants disparus, à l'exception de Napoléon, dont les opinions pacifistes dérangent ses collègues. À peine ont-ils commencé à escalader les montagnes que les jeunes soldats disparaissent un par un. Les survivants restants découvrent que ces collines sont habitées par une bande de mutants cannibales qui capturent leurs proies pour se nourrir et se reproduire. Les survivants n'ont cependant pas le choix de traverser à leur risques et périls les couloirs d'une vieille mine désaffectée, où les mutants ont élu domicile, pour redescendre la montagne. Napoléon vient cependant les rejoindre et c'est grâce à son courage et à son intelligence que lui et quelques autres rescapés parviendront à s'en sortir.

Alexandre Aja ayant refusé de réaliser la suite du remake à succès de "THE HILLS HAVE EYES" pour des raisons de divergences scénaristiques, c'est à un jeune réalisateur que le travail fût confié. Si celui-ci est capable de maintenir un rythme constant dans le mouvement de l'action, il ne fait pas montre de beaucoup d'imagination pour sortir le film des balises établies par le cinéma d'horreur gore. Alors qu'Aja a su faire du premier opus un superbe hommage aux meilleurs oeuvres du genre par ses angles de caméras et ses effets de terreur habilement conçus, son successeur s'en tient aux clichés d'usage qui diluent le suspense. Il faut dire que le récit imaginé par Wes Craven et son frère ne témoigne pas d'une grande originalité, les auteurs s'étant contenté de répéter les éléments à succès de la version remodelée sortie en 2006, et ce malgré des intentions avoués de se moquer de l'intervention militaire américaine en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme. Le résultat final ne peut donc que décevoir, étant donné la banalité des effets d'horreur gore, un scénario aux airs de déjà-vu contenant quelques illogismes qui font sourire, et une mise en scène sans éclats. De jeunes comédiens inconnus semblent un peu laissés à eux-mêmes dans le rôle des soldats alors que leurs comparses mutants semblent bien plus motivés. Mathieu Lemée

INEXCHANGE - Zack Parker avec Sean Blodgett, Tiffanu Wilson, 2006, États Unis, 90m

Maury est un étudiant modèle et un geek ignoré de tous. Tous sauf son co-chambreur qui l'invite à un party, on se méfie, mais Maury espère rencontrer Lara, une jolie blonde inaccessible qu'il admire de loin. Après l'avoir saoulé au Jack Daniels, on le ligote à sa chaise, on le fait tomber sur la pelouse et on urine sur Maury. Le lendemain il n'en parle même pas à son co-chambreur, organisateur en chef de l'humiliation ultime. C'est que Maury a rencontré une présence invisible qui lui a demandé d'admettre ses désirs profonds. S'il admet ses sentiments, cette entité va s'occuper de ses problèmes en échange de considérations futures. Ses tyrans vont donc mourir dans des circonstances atroces pendant que Lara semble le prendre en affection.

Un récit des plus classiques qui se termine par un twist pas entièrement non prévisible. Filmé en vidéo avec une certaine classe, le film indépendant prend son temps pour mettre en place quelques meurtres spectaculaires. Il faut donc se méfier de la bande annonce qui vend le film comme un festival de torture et de sexe, on sera loin du compte. Évidemment que le distributeur, Brain Damage Films, met l'accent sur l'horreur viscérale, mais le réalisateur scénariste met de son côté l'accent sur l'horreur psychologique. Le rythme très lent et l'impression de déjà vu l'emportent et l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous. Mario Giguère

JUSTINE DE SADE - Claude Pierson, 1971, France/Italie/Canada   

1972. Alors que certains pays entament leur entrée officielle dans le cinéma porno, la France, elle, est encore cantonnée à l'érotisme. Un érotisme de plus en plus exacerbé comme en témoigne le croustillant film de Claude Pierson, un réalisateur qui œuvrera d'ailleurs activement dans le X par la suite. L'introduction du film a de quoi surprendre : sur des gravures du XVIIIe, une voix off nous résume très succinctement la vie mouvementée du Marquis de Sade avant de nous avertir que ce qui va suivre n'est en aucun cas une histoire vraie mais une compilation un rien exagérée de ce qui trottait dans l'esprit de ce gros pervers. Un peu comme si les auteurs dudit film souhaitaient se laver les mains de toutes responsabilités. Ces propos ne manquent pas de faire marrer le spectateur qui au moins sait à quoi s'attendre. Et c'est alors que nous faisons la connaissance d'une fille qui se fait appeler Justine (Alice Arno). Visiblement naïve et un rien nunuche, la belle répond à la demande d'une femme ayant gagné ses galons dans la haute société grâce à un appétit sexuel vorace et un manque de morale à toute épreuve. Tout le contraire d'une Justine qui n'aspirait qu'à une vie chaste et pure, dans le respect du droit divin, mais dont la misérable existence ne fut qu'une succession d'éprouvantes rencontres lors desquelles elle fut humiliée, battue et violée. C'est donc son récit qui nous est illustré ici et qui nous permet d'observer Alice Arno sous toutes les coutures aux prises avec des bandits sodomites, des homosexuels sadiques et taquins, des bourgeois possessifs, des gredins esclavagistes, et même des religieux méchamment dévergondés qui entretiennent un harem rempli de femmes soumises. Au cours de ses rencontres, Justine qui est au départ pure va faire preuve d'un manque de chance inouï. Elle va connaître absolument tout des pratiques sexuels les plus variées, va tomber amoureuse d'un homme qui n'a d'yeux que pour les hommes et qui songe au matricide, va être témoin d'inceste et va subir diverses tortures avant de contribuer aux phantasmes déviants d'un adepte de l'étranglement. De la à dire que Justine est le Pierre Richard du film de fesses, il n'y a qu'un pas.

L'histoire est évidemment tragique, mais le film est carrément divertissant. D'abord parce qu'on prend un malin plaisir à voir Alice Arno s'en ramasser plein la face (et les fesses), ensuite parce que Pierson y injecte tout de même une bonne dose d'humour décalé en poussant les traits de ses protagonistes vers la caricature. Sans compter l'hallucinante naïveté de la pauvre Justine qui en devient presque ahurissante, et combinée au jeu plutôt approximatif d'Arno c'est encore plus poilant. De plus, tout cela très joliment filmé par Jean-Jacques Tarbès dont la carrière de chef op oscillera entre les cochonneries de Pierson, les films avec Alain Delon et quelques titres de Claude Zidi. Tant d'arguments qui font de JUSTINE DE SADE un film nettement supérieur à la version signée Jess Franco, tant au niveau de l'image et de l'histoire que de l'érotisme. Un petit classique, en somme. Kerozene

La LÉGENDE DE ZATOICHI: VOYAGE MEURTRIER aka BLIND SWORDSMAN: FIGHT, ZATOICHI, FIGHT - Kenji Misumi, 1964, Japon

Zatoichi, sabreur aveugle au grand coeur, offre son palanquin à une femme et son nourrisson. Pensant que Zatoichi est toujours à l'intérieur du véhicule, des tueurs passent à l'attaque et tuent l'innocente mère, laissant le bébé orphelin. Pris de culpabilité, notre valeureux héros prend l'enfant sous son aile et se promet de le ramener à son père, un brave artisan vivant à quelques jours de marche de là. Chemin faisant, il fait inévitablement face à des tueurs cherchant à mettre fin à ses jours, mais fait surtout la rencontre d'une jeune femme pickpocket qu'il remettra sur le droit chemin en lui accordant une certaine responsabilité vis à vis de l'enfant.

Contre toute attente, et malgré le titre anglais plus que trompeur, la huitième aventure de Zatoichi oscille entre le film de sabre et le drame sentimental, mélange inattendu dans une série que l'on imagine volontiers plus orientée vers l'action et le suspense que vers les tergiversations paternalistes d'un mercenaire handicapé. Mais c'est justement ce qui rend le film touchant, voire même attendrissant. Tous les éléments sont aussi réunis pour faire de Zatoichi un père presqu'idéal, tout le contraire du père biologique de l'enfant qui s'avère être la dernière des crapules, reniant sa femme décédée ainsi que son fils. Plusieurs éléments ramènent d'ailleurs notre héros à un niveau qui semble plus terre à terre que dans les autres épisodes - même s'il reste hallucinamment doué au maniement du sabre et semble posséder des super pouvoirs grâce à son ouïe ultra fine qui lui permet de déceler n'importe quelle supercherie comme un tricheur aux dés. Une humanisation qui surgie de sa paternité improvisée donc, mais Zatoichi est aussi présenté comme un homme relativement commun en le confrontant à une procession d'aveugles qui sont tous prénommés Ichi. Mais Zatoichi étant un paria parmi les paria, c'est en leur tournant le dos qu'il termine cette aventure, après avoir déposé l'enfant dans un monastère et marquant ainsi sa différence avec ses semblables, à savoir les aveugles. Chassez le naturel, il revient aussitôt au galop. Kerozene

LIFEBOAT - Alfred Hitchcock avec Tallulah Bankhead, William Bendix, Walter Slezak, 1944, 96m

Générique: la caméra est sur la cheminée d'un bateau, à la fin du générique la cheminée coule. Une chaloupe de sauvetage avec à son bord une journaliste hypercool et des survivants qui s'y entassent. Le dernier sera un allemand, donc provenant du sous-marin qui a torpillé le bateau avant de couler également. Des personnages typés qui vont se dévoiler et se révéler complexes en cours de route. De la journaliste qui s'éprends pour le macho à bord, de ce mâle qui prend le contrôle mais qui ne connaît rien à la navigation, l'infirmière qui rejoignait son amant, un homme marié, du riche industriel qui perd son assurance, de cet homme simple qui ne veut pas perdre sa jambe car la femme qu'il convoite aime par-dessus tout danser ! Tout ce monde est plus intéressant que prévu et jamais banal, surtout pas l'Allemand qui a plus d'un tour dans son sac.

Oeuvre de commande pour la propagande américaine, Hitchcock réussit à rendre intéressant un décor minimal, tout se passe dans cette chaloupe, et à garder le suspense pendant ses 96 minutes. Premier film réputé entièrement storyboardé, il a été repompé par plein de petits films qui ont perverti son propos. Le mélange des personnalités, l'humanisme en opposition aux instincts belliqueux, la tension sexuelle qui monte, le scénario joue sur plusieurs tableaux, refusant le simplisme qui aurait emballé une histoire si simple entre d'autres mains. Un classique à découvrir. Il me tardait de voir l'original ! Mario Giguère

LONE WOLF MCQUADE aka Oeil pour oeil - Steve Carver avec Chuck Norris, David Carradine, Barbara Carrera, Leon Isaac Kennedy, Robert Beltran, L.Q. Jones, Dana Kimmell, R.G. Armstrong, Daniel Frishman, 1983,  États Unis, 105m

J.J. McQuade est un ranger du Texas qui travaille en solitaire pour lutter de façon peu orthodoxe contre le crime. Il n'a cependant pas le choix d'accepter un jeune partenaire inexpérimenté, Kayo, pour mener une enquête sur le vol d'une grosse quantité d'armes. Des agents fédéraux lui enjoignent d'abandonner l'affaire, mais McQuade persiste à vouloir retrouver les voleurs. Leur chef, Rawley Wilkes, kidnappe cependant la fille de McQuade parce qu'elle a été le témoin involontaire d'une des ses opérations. L'affaire se complique davantage lorsque la maîtresse de Wilkes tombe amoureuse de McQuade. Après avoir échappé à plusieurs attentats, le ranger se rend finalement au Mexique avec Kayo et un agent du FBI pour attaquer le repaire de Wilkes et l'affronter personnellement, tout en tentant de sauver sa fille.

Il semble que le réalisateur Steve Carver soit le seul en liste capable de mettre en valeur de façon positive l'acteur-gladiateur Chuck Norris. Après "AN EYE FOR EYE", très bonne série B, voici "LONE WOLF MCQUADE" qui se veut une sorte de western-spaghetti moderne. Le ton est donné dès le départ avec une musique thème aux accents lancinants d'un compositeur italien connu, Francesco De Masi, et la suite confirme ce choix esthétique, tant dans la façon de présenter le héros solitaire que dans la texture photographique qui profite pleinement des extérieurs du Texas. Le film gagne un autre bon point par la présence de David Carradine dans le rôle du méchant, et la scène finale, où il affronte Chuck Norris dans un duel où les arts martiaux remplacent le traditionnel duel au pistolet, est sûrement l'une des meilleures du cinéma américain en matière de combat à mains nues. L'ensemble ne fait pas dans la nuance, mais se révèle solide et assez agréable à regarder, la mise en scène étant capable de demeurer souple et mouvementée, bien qu'elle n'évite pas toujours certains effets de style un peu lourds par moments. Le jeu monolithique de la vedette passe mieux la rampe dans un tel contexte. Une modeste, mais belle surprise. Mathieu Lemée

LONG RIDERS - Walter Hill avec David, Keith, Robert Carradine, James et Stacy Keach, Dennis et Randy Quaid, 1980, États Unis, 99m

LONG RIDERS s'attarde à l'histoire de ce fascinant personnage qu'est Jesse James. Après la guerre civile, Jesse James et sa bande se voient victimes de nombreuses dettes qu'ils considèrent injustifiées. Avec une seule idée en tête, la vengeance, Jesse James et sa bande vont pendant plus de 15 ans volés des banques partout dans les USA. Ici, c'est une vision des conflits que pouvaient avoir la bande à ses débuts jusqu'à la mort du plus populaire criminel de l'histoire des États Unis.

Ce qui s'annonçait comme un western peu alléchant s'est rapidement transformé en jolie surprise! LONG RIDERS est un film peaufiné, un peu kitsch sans en faire son créneau en plus d'avoir un casting tout à fait incroyable. Trois groupes de frères pour un seul film, c'est énormément audacieux mais le résultat est phénoménal au niveau des performances.

Ce qu'on peut reprocher à ce film , c'est surtout de ne pas donner assez de scènes à Jesse James et aussi de le présenter de façon aussi fade comparativement aux autres membres de la bande qui ont droit à un portrait précis et plus élaboré. Par exemple, notons la superbe performance de David Carradine dans le rôle de Cole Younger qui a droit à beaucoup de scènes, dont une mémorable bagarre aux couteaux contre James Remar. On a surtout l'impression de suivre le personnage de Jesse au début et à la fin du film, tandis que le milieu se concentre plus sur le reste de la bande. Je trouve le traitement dommage, quoi que tout de même intéressant.

En plus du cast masculin comprenant la famille Carradine, la famille Keach et aussi la famille Quaid ( Denis dans son jeune temps), on a droit à une solide performance de Pamela Reed dans le rôle de Belle Starr qui se la joue pute avec une assurance assez saisissante. En plus du fait qu'elle est vraiment sexy dans son accoutrement.

J'ai passé un très bon moment, je vous le conseille donc vivement. Abba

The MESSENGERS aka les Messagers - Danny & Oxide Pang avec Kristen Stewart, John Corbett, 2007, États Unis/Canada, 90m

Une famille, papa, maman, l'adolescente et le petit qui ne parle pas, arrivent dans un bled perdu dans la ferme qu'ils viennent d'acheter pour "refaire leur vie". On ne sait trop ce qui s'est passé, mais la jeune fille, Jess, semble au coeur des problèmes. Rapidement, des fantômes sont aperçus d'abord par fiston et puis Jess, mais personne ne les croit, pas même Burwell, l'homme à tout faire engagé rapidement. Sans parler des corbeaux, de plus en plus nombreux et de plus en plus menaçants. Quel drame est survenu dans cette bâtisse et pourquoi seule les jeunes peuvent les percevoir ?

Prenez LES OISEAUX d'Hitchcock, mélangez avec les récents films de fantômes asiatiques, mettez une touche de Spielberg avec le petit qui semble fasciné comme le jeune de RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE, ajoutez des effets chocs constant, toujours appuyées par la trame sonore et vous avez un autre film des frères Pang. Premier film américain, sous l'égide des producteurs Sam Raimi et Rob Tapert (Evil dead), le film est évidemment très bien réalisé mais souffre de l'impression de déjà vu et de scènes chocs souvent prévisibles. Pas de montée de la tension pour les réalisateurs, il faut constamment être sur ses aguets. Malheureusement il n'y a jamais la "scène qui tue".

Le film participe aux courant récent d'horreur, privilégiant le PG 13 comme c'est de plus en plus le cas et mettant en vedette une adolescente. La féminisation du cinéma fantastique commercial semble être venu d'Asie, mais les sondages démographiques des premiers weekends confirment que de plus en plus de jeunes filles s'intéressent au fantastique et les producteurs formatent leur films en conséquence. Les hommes sont donc des incapables ou des brutes à moins d'être le petit ami de l'héroïne. Ajoutez la morale de droite pas inhabituelle pour les Pang: séparés nous sommes en danger, ensemble, la famille triomphe des obstacles ! Mario Giguère

MS.45 aka L'ANGE DE LA VENGEANCE - Abel Ferrara Avec Zoe Tamerlis, Etats-Unis, 1981, 1h20

Thana est une jeune couturière muette, qui travaille chez un styliste de Manhattan. Un soir, alors qu'elle rentre chez elle, elle est attaquée dans une ruelle. Un homme masqué la viole. Lorsqu'elle rejoint son appartement, elle y surprend un cambrioleur, qui la viole à son tour. Thana parvient à tuer son agresseur. Après avoir découpé son cadavre en morceaux, elle décide de se faire justice en semant la mort à l'aide d'un calibre 45...

Deuxième film d'Abel Ferrara (si l'on excepte ses pornos 70's), cet ANGE DE LA VENGEANCE constitue un jalon fondamental du Rape and Revenge, sous-genre du film de vengeance. Le sous-texte politique ambigu, à la fois réactionnaire des valeurs et critique du système en place, des DEATH WISH et consorts se trouve déplacé sur le terrain sexuel. Mais considérer l'œuvre de Ferrara sous le seul angle d'un film " puritain " est aussi à côté de la plaque que de ne voir en DEATH WISH (UN JUSTICIER DANS LA VILLE) ou WALKING TALL (JUSTICE SAUVAGE) que des œuvres fascisantes. Certes, Thana va parcourir les bas-fonds d'un New York cauchemardesque pour débarrasser la ville des représentants les plus caricaturaux du genre masculin (un maque, un photographe de mode, des délinquants, un émir consommateur de prostituées etc.). Le ver est dans la (grosse) pomme, nous dit Ferrara.

Mais la rébellion de son ange exterminateur de personnage principal est également d'essence féministe. Peu tendre pour ses contemporains de sexe masculin, le cinéaste ne s'exclut d'ailleurs pas de la critique, lui qui joue le rôle du premier des violeurs de Thana, sous le pseudonyme de John Laine. Au fur et à mesure qu'elle passe à l'action, la jeune couturière dévoile son sex-appeal, symbolisé par un maquillage labial gras et luisant, dont la rougeur impressionne littéralement l'écran. Dans ce rôle, qu'une dernière scène (je ne la dévoilerai point) fera passer à la postérité, Zoe Tamerlis se montre exceptionnelle, et incarne son personnage avec une confondante sincérité.

Certains n'apprécient que modérément l'obsession christique d'Abel Ferrara. Au moins appartient-il à la famille des prêtres défroqués. Chez lui, le bénitier n'est jamais loin du caniveau. On retrouve dans cet ANGE DE LA VENGEANCE sa justesse de regard et son sens de la topographie urbaine. Excepté quelques coups de grand angulaire (hommage à Michael Winner, le père de DEATH WISH, dont c'était la marque de fabrique ?), sa vision de la ville passe par des plans moyens, sans sophistication superflue, cadrés avec ce qu'il faut de précision et de nervosité. Comme pour ses autres grandes réussites, Ferrara est épaulé par le scénariste Nicholas St John et le musicien Joe Delia, qui signe une trame sonore diablement efficace. Vecteur de cette redécouverte, le DVD Zone 2 édité par Aquarelle s'avère techniquement remarquable et contient des bonus instructifs et agréables (l'autopsie du " revenge movie " par Jean-Baptiste Thoret et les souvenirs de cinéphile de Christophe Lemaire autour du film). Un must ! Stelvio

MUTATIONS - Brad Sykes avec John-Damon Charles, Katie Featherston, Erin Holt, 2006, États Unis, 78m

Le détective Gornick enfreint quelques lois pour démasquer un terrible tueur en série, surnommé "K". Dans l'affrontement, K meurt, mais aussi le co-équipier du policier, qui va prendre sa retraite prématurée par la suite. Cinq ans plus tard, un laboratoire de recherche va essayer la trioxine, censée redonner vie aux tissus morts, sur un corps congelé depuis cinq ans. On l'aura deviné, K revit et commence un nouveau carnage. Sur ses traces un nouveau détective, Taylor, qui fera appel à Gornick. Pendant ce temps, la copine de Taylor, qui s'occupe d'une bande de délinquantes qui doivent nettoyer un vieux bâtiment, ne se doute pas qu'ils sont dans l'ancien repaire de K. Ca va barder.

Sykes a eu l'occasion de travailler avec un champion de Kickboxing, Brian Schwartz, mais qui n'est disponible qu'une fin de semaine. Il bâti donc un scénario autour de la vedette d'arts martiaux, le faisant apparaître au début, au milieu et à la toute fin pour des scènes d'action où il affronte le tueur, joué par son maître de Kickboxing. Sykes prétend que le mélange de kickboxing, d'horreur et de science fiction est plutôt rare, mais le mélange rappelle bien des petits films, notamment des films italiens. J'ai beaucoup pensé à Antonio Margheriti et son GOLEM. Sykes n'est pas ignorant du cinéma italien, puisqu'il demande à son directeur photo de s'inspirer du BLOODY BIRD de Soavi, puisque son film se situe en partie dans un théâtre abandonné. Par ailleurs il semble continuer à viser le grand public, le PG 13 américain, aucune nudité, malgré des "catfights" entre jeunes dames, du gore pas trop effrayant et de l'action qui ne fait pas trop mal. Brian Schwartz n'a pas la présence d'un Seagall ou d'un Norris. Par ailleurs la "mutation" du titre est celle du tueur, qui se voit pousser des espèces de champignons bleus sur la face, à la MUSHROOM PEOPLE, le film japonais. Dommage de le voir s'éloigner des ses succès passés, plus gores et sexy. Mario Giguère

The NIGHT FLIER - Marc Pavia avec Miguel Ferrer, Julie Entwistle, 1997, États Unis, 93m

Richard Dees (Miguel Ferrer), reporter pour un journal à sensations qui s'intéresse au paranormal, se voit confier la tâche de suivre un tueur qui se déplace en avion, dans les petits aéroports américains. Dees est désabusé, sceptique, misogyne et n'a plus aucune empathie pour le genre humain, un être usé qui va confronter un mystère qui va enfin attirer son attention. Le tueur en série, bientôt surnommé THE NIGHT FLIER, perce qu'il atterrit toujours de nuit sur ces endroit désolées, semble hypnotiser ses victimes dans un premier temps, pour leur arracher la gorge et les vider de leur sans dans un deuxième temps. Dees va réussir à le rejoindre après un massacre particulièrement dantesque et sa rencontre sera des plus éprouvantes.

Grande surprise pour ce petit film dont je ne connaissait que la pochette et qui me paraissait bien banal. En fait, le vampire n'est pas vraiment le sujet central du scénario, qui gravite autour du personnage plus que détestable de Dees, joué magnifiquement par un Miguel Ferre inspiré. C'est donc un voyage dans l'esprit sombre du journaliste qui ne croit plus en rien, qui n'hésite pas à photographier les pires tragédies, qu'il met en scène sans aucun respect d'autrui, ignorant les sacrilèges qu'il répète à satiété. Du coup, ce sera peut-être le combat entre un monstre maudit qui ne tue pas par plaisir, le vampire, contre l'homme qui n'a plus rien d'humain. La finale, qui n'est pas sans rappeler un classique de Lucio Fulci, est diablement efficace et, chose rare chez King, est implacable et terriblement efficace. Un film à découvrir. Mario Giguère

PERFECT STRANGER aka Dangereuse Séduction - James Foley avec Halle Berry, Bruce Willis, Giovanni Ribisi, 2007, États Unis, 109m

Rowena Price est une journaliste qui n'a pas peur de se mouiller pour arriver à ses fins. Après que son patron refuse de publier un article choc, qui prouve l'homosexualité d'un sénateur conservateur, à cause de quelques magouilles politiques, Rowena s'intéresse quitte son emploi. Tout de suite après, une amie d'enfance de Rowena meurt dans des circonstances étranges et les doutes mènent vers son employeur, Harrison Hill, un directeur d'agence de pubs. Elle se fait donc engager grâce à l'aide de Miles, son ami pro en informatique qui se révèle de plus en plus inquiétant au fur et à mesure que Rowena s'approche de la vérité. Tout le monde a quelque chose a caché, qui est donc le meurtrier?

J'essaye encore de comprendre comment on a osé faire une horreur pareille, puisque même en essayant d'y voir un côté positif, je n'arrive pas à trouver une raison qui aurait fait de ce film un succès. Le film a floppé de belle façon et heureusement, car j'aurais perdu foi en l'humanité. Bon alors on assiste au festival du placement de produits et à la célébration du physique de Halle Berry, qui a l'air de passer plus de temps à changer de robes sexy qu'à faire avancer cette enquête pénible. Parlons en de cette affaire! Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi mal ficelée de ma vie, à croire que le scénariste avait écouté un épisode de CSI pour la première fois de sa vie et sur une impulsion, a pensé à histoire. On devine assez vite que la fin va frapper fort parce que merde, ça avance pas du tout pendant 90 minutes. On y arrive, et on fait PUTAIN DE MERDE, non seulement y'a fallu écouter ce navet mais la fin se trouve à être le pire élément du film tellement elle ne fait aucun sens. Y'a Bruce Willis qui fait rien, Halle Berry qui se trémousse, Giovanni Ribisi qui fait ce qu'il peut et y'a James Foley, que j'avais bien aimé avec CONFIDENCE qui offre sans doute le film le plus insignifiant et stupide de sa carrière. Pénible. Abba

PICNIC AT HANGING ROCK - Peter Weir, 1975, Australie, 115m

Trois élèves et une enseignante disparaissent mystérieusement pendant un pique-nique à Hanging Rock, une étrange et inquiétante falaise en pleine forêt australienne.

Il n'y a aucun monstre dans PICNIC AT HANGING ROCK, ni un tueur et en fait, il n'y aura aucune explication sur ces disparitions. Quelle belle entreprise que de faire un film sans réponse et qui au final, est bien plus efficace ainsi. Jamais on ne saura si le fantastique est intervenu dans le réel ou les raisons extérieurs qui auraient causées l'incident. On nage donc dans une atmosphère étrange, où on semble se jouer de nous, où les indices sont gros comme le monde AVANT les fameuses disparitions, comme si tout était planifié. Le plus gros du plaisir et des frissons sera dans la scènes terrifiante et en même temps fascinante où les jeunes femmes, qui semblent possédées, montent Hanging Rock pour ne plus jamais en revenir. On ne voit pas le visage des jeunes femmes, tout ce que l'ont voit, c'est la montée lente et lugubre accompagnée d'une musique électro flippante et d'un montage hyper intense. Les actrices sont tous convaincantes et Anne-Louise Lambert, qui interprète une des disparues et qui se retrouve sans trop qu'on le sache, le point d'attraction du film est d'une beauté rayonnante. La photographie est à couper le souffle et Peter Weir, qui semblait totalement inspiré par son sujet, offre ici une réalisation spectaculaire et méticuleuse, utilisant tous les racoins de ses environnements. Ce film me hante depuis maintenant une semaine et je le conseille vivement à n'importe qui qui veut essayer quelque chose de différent. Abba

Les PROIES aka MOONLIGHT - Paula van der Oest avec Laurien Van den Broeck, Hunter Bussemaker, Johan Leysen, Jemma Redgrave, Andrew Howard., 2002, Pays-Bas coproduction G.-B./Allemagne/Luxembourg, 1h31


" Claire trouve dans le jardin de ses parents un garçon de son âge grièvement blessé et ne parlant pas sa langue. Elle le soigne en cachette mais découvre rapidement qu'il s'agit d'un passeur de drogue, poursuivi par des trafiquants. Pour le sauver, Claire s'enfuit avec lui... "

Présenté comme " un film choc ! " et " un thriller dur et émouvant sur l'adolescence ", ce film m'intriguait depuis quelque temps. Peu de presse, peu de commentaires à son sujet, et une sortie DVD à bas prix chez un excellent éditeur (La Fabrique de Films), il fallait en avoir le cœur net. 91 minutes de visionnement plus tard, le verdict est plutôt positif. Si le film ne bénéficie pas d'une intrigue très fouillée, la réalisatrice a le mérite de filmer avec conviction, en ne lâchant pas ses deux jeunes personnages, tous deux blessés par la vie, au propre (le passeur a reçu une balle dans le buffet) comme au figuré (la jeune fille a été abandonnée par ses parents biologiques et adoptée par un couple de riches bourgeois peu aimants). Le petit passeur et sa jolie bienfaitrice occupent l'écran, leur cavale étant la seule ligne de force du film.

On devine un budget des plus limités, mais un travail de repérages consciencieux permet une exploitation optimale des décors forestiers. Les sous-bois humides rappellent parfois INTACTO ou THE BLAIR WITCH PROJECT. Aucune intrusion de surnaturel toutefois dans ces PROIES. On en reste d'un bout à l'autre sur les rails (c'est le cas de le dire) d'un thriller, avec ses hauts (le jeu remarquable des jeunes acteurs, dont Laurien Van Den Broeck concourerait aisément pour le titre de Nicoletta Elmi des années 2000) et ses bas, comme le bâclage de la fin du film. Un thriller doublé d'une histoire d'amour puis de sexe, entre deux très jeunes adolescents, qui ne se priveront pas de devenir " aware " du danger qui les guette à coup de sniffettes du stock de coke transporté par le garçon... Un " teen-thriller " finalement assez culotté et sympathique donc ! Stelvio

PUNK: ATTITUDE - Don Letts, 2005, Angleterre/États Unis   

La grande idée de ce documentaire, c'est d'expliquer de manière (paradoxalement ?) structurée au travers de dates clés, d'entretiens et d'exemples pertinents ce qu'est le mouvement punk. Ca peut paraître simple comme ça, mais en réalité ce n'est pas si évident, surtout aujourd'hui, puisque que le terme " punk " a été largement galvaudés et repris d'une part par des groupes poseurs à destination des pisseuses bourgeoises et d'autre part par la presse et l'industrie du disque qui en ont largement détourné le sens premier. Et pour partir du bon pied, il suffit de s'arrêter sur le titre du film lui-même : avant d'être un style musical, le mouvement punk est en effet caractérisé par une attitude, un état d'esprit. Et celui-ci, c'est de se tourner face aux corporations, aux multinationales de toutes natures, à l'establishment, et de leur dresser un énorme majeur en pleine gueule en leur criant " je fais ce que j'ai envie de faire et je t'emmerde ! ". Et le film n'hésite pas à citer un gars comme Jerry Lee Lewis comme un précurseur, ou tout du moins comme influence du fait de son attitude scénique provocatrice, ou même Elvis en personne dont le déhanchement outrait les plus de vingt-cinq ans. Absurde ? Pas tant que ça, car il ne s'agissait finalement que de prémices par lesquels il fallut passer pour, petit à petit, parvenir à Iggy Pop dont le jeu de scène tournait carrément à l'obscénité. Puis vint le Velvet Underground qui explosait l'idéal hippie à grand renfort de paroles dépressives et délaissait le LSD au profit de l'héroïne. Un groupe qu'on aurait du mal à catégoriser comme punk d'un point de vue strictement musical, mais qui en incarnait à lui seul l'essence. Après cette brève introduction, on rentre dans le vif du sujet, et là où le documentaire fait montre d'une certaine pertinence, c'est qu'il s'adresse aussi bien aux " anciens " qui ont côtoyé la scène (dont fait d'ailleurs partie le réalisateur du film, DJ londonien à l'époque de l'explosion de la scène punk anglaise), qu'aux amateurs de musique pour qui le film retrace une période clé de l'histoire de la musique moderne, aux néophytes (qui continuent en général de croire que la scène punk est née à Londres) à condition qu'ils ne regardent pas le film en espérant y découvrir la musique elle-même, et aux nostalgiques (qui retrouveront les murs du CBGB et quelques images d'époques montrant les Ramones lors de leurs premières scènes, les Sex Pistols jurant sur un plateau télé, les New York Dolls étalant leur excentricité ou même Suicide qui révolutionnaient absolument toute la donne musicale à eux seuls).

Niveau témoignages, le film propose des entrevues de quelques incontournables, comme Henry Rollins, figure majeure du mouvement qui se prononce en tant qu'érudit mais qui sait aussi se montrer critique par rapport à la relative fermeture d'esprit que le publique " punk " a commencé à adopter dans les années 1980 ; Jello Biaffra, qui s'exprime mieux que personne en ce qui concerne l'implication politique et idéologique du mouvement ; Thurston Moore en tant que musicien inspiré - entre autre - par tout le courant punk ; James Chance, figure emblématique du mouvement no wave que même les punks ne comprenaient pas ; ainsi que des membres des Sex Pistols, des Clash, de New York Dolls, d'Agnostic Front, de Bad Brains, des Ramones, de Siouxsie and the Banshees, etc... , et une quantité d'anecdotes incroyables sur des groupes ou des événements inattendus comme Ian McKaye et l'irruption de l'idéologie straight edge (" la contre culture de la contre culture " comme ils le qualifient) ou les Bad Brains en tant que premier groupe de punk/hardcore noir, jusqu'à Nirvana qui souhaitait plus que tout conserver cette idéologie mais qui ne put faire front face à la machine à fric que représentaient MTV et l'industrie du disque, machine qui poussa finalement Kurt Cobain à mettre fin à ses jours puisqu'il était devenu ce qu'il détestait le plus. La mort de Cobain, selon l'auteur du film et de quelques intervenants, correspond plus ou moins à la fin de la musique punk, mais pas de son idéologie, car des Biaffra ou des McKay continuent de bidouiller dans leurs coins en appliquant des méthodes DIY et en envoyant chier les majors...

L'essentiel du message est donc parfaitement clair et Don Letts enrichit encore son film de quelques éléments pas si anodins que ça, en abordant notamment le sujet de la mode vestimentaire " punk " qui commença par accident lorsque Richard Hell, sur la photo de son premier album, apparaissait avec des fringues rapiécés à l'aide d'épingles. Trouvant cela tellement cool, les anglais ont commencé à déchirer leurs frusques pour ensuite les rafistoler de la sorte, alors que pour Hell, la raison était simplement économique. De là, la scène londonienne devint un vrai freakshow paradoxalement très tendance, et même si ni les Sex Pistols, ni les Clash ne portaient de crêtes sur le crâne, d'agrafes dans la gueule ou de fringues immédiatement identifiables, une grande partie de leur public devint un regroupement de curiosités pour première page de tabloïdes. Délibérément, Don Letts laisse aussi de côté les groupes de punk radicaux, comme The Exploited qui délaissait l'idéologie politique pour un comportement simplement vulgaire, ou GG Allin - pour des raisons sans doute évidentes - mais aussi la grande partie de la scène des années 1980. PUNK : ATTITUDE se concentre donc sur ce que son auteur considère comme la seule véritable scène punk anglo-saxonne qui ait existé (les autres pays, comme la France, ne sont pas cités). Personnellement je n'abonde pas totalement dans son sens, lui adopte le point de vue de quelqu'un qui vécut cette période, qui en était même un acteur reconnu et il semble qu'il lui manque un peu de recul par rapport à ce qui s'est déroulé par la suite (ça nous pend probablement tous au nez, mais n'est-ce pas un peu contradictoire lorsqu'on en vient au punk ?) mais le but du film n'est évidemment pas là, on l'aura bien compris. Kerozene

RAW FORCE aka Kung Fu Cannibals aka Shogun Island - Edward D Murphy, 1982, États Unis/Phillippines, 80m

Un groupe d'experts en arts martiaux décident d'aller en vacances sur une île apparemment peuplé de moines démoniaques qui ramènent les morts à la vie. Un criminel à l'allure d'Adolf Hitler et sa bande de truands qui fournissent aux moines des jeunes femmes à manger, veulent voler quelques unes des jeunes copines de nos héros et après qu'une d'entre elle soit kidnappée, ils se doivent d'aller sur l'île la sauver. Tout ça pour découvrir, QU'IL Y A DES COMBATTANTS EN ARTS MARTIAUX ZOMBIES SUR L'ÎLE.

Je suis sous le choc. Je pense que j'ai assisté aux films d'exploitation ultime et certainement un des plus belles expériences nanardes de ma vie. Alors récapitulons il y a Adolf Hitler, des zombies, des femmes à poil, un bateau qui coule, des arts martiaux, de la mitraillette et des moines cannibales. Certains disent que trop c'est comme pas assez mais ici bordel que le mélange est efficace et hilarant. Le tout semble se prendre assez au sérieux et c'est vraiment pour le mieux. Il y a un nombre incalculable de moments inoubliables. L'arrivée complètement dingue du zombie au début du film qui m'a laissé dans un état de surprise totale (je ne m'y attendais pas du tout). Également, cette décision merveilleuse que de montrer la progression des zombies au ralenti avec le rire démoniaque et asiatique forcé des moines comme seule musique, scène qui se répète au moins quatre fois et qui me ramène chaque fois à un état d'hilarité. Cette fameuse fête sur le bateau où il y a plein de nichons, de sexe et de dialogues plus ringards les uns que les autres. Ce coup de pied volant qu'un des héros passe à travers de la vitre du conducteur d'un camion QUI ROULE À 100 KM/H! Ah et tellement d'autres choses, je ne veux pas gâcher votre plaisir. On en prend plein la gueule pendant 80 minutes qui passent malheureusement trop vites. Tous les éléments du film sont sur la superbe affiche. Du divertissement à l'état pur complètement jouissif! Abba

SAAMRI aka SATAN - Shyam Ramsay & Tulsi Ramsay, 1985, Inde    

Saamri, c'est le sosie indien et peroxydé de Boris Karloff tel qu'on le voit dans LES TROIS VISAGES DE LA PEUR, mais c'est surtout un exorciste, un pourfendeur des forces du mal. Epuisé par son grand âge et par un exorcisme éreintant, il s'empresse de rédiger un testament en vue de léguer biens et fortune à Anju, sa nièce, ceci au grand désarroi de son demi-frère tellement désemparé qu'il ordonne l'assassinat de Saamri avant de préparer un plan en vue d'éliminer Anju. Peu après les funérailles du vieux sage, tous ses proches se retrouvent dans sa demeure où vivent Bhisham, un grand costaud chevelu, ainsi qu'un cuistot surnommé Startrek (?!) qui fait office de boute-en-train de service. Bhisham organise rapidement l'exhumation du corps de Saamri qui revient alors à la vie en arborant une gueule de pestiféré afin d'assouvir une vengeance sanglante.

Cette suite de PURANA MANDIR (1984) a la particularité d'avoir été produite en vue d'un exploitation en 3D, ce qui donne d'innombrables plans improbables et des effets de profondeur aussi ahurissants qu'exagérés. Il ne fait aucun doute que la vision de la chose en salle devait être réjouissante, malheureusement la version "plate" s'avère quelque peu monotone. D'abord parce qu'il faut quand même se farcir un paquet de chansons interminables, ensuite parce qu'il ne se passe pas grand chose. Heureusement, certaines séquences musicales s'avèrent croustillantes, à commencer par une scène de boîte de nuit dans laquelle le bellâtre de service au look de Framboisier du groupe Les Musclés chante sur une mélodie rappelant le "Thriller" de Michael Jackson en se la pétant grave devant un par terre de gonzesses dandinant des hanches avec jubilation. Mais cette scène n'est rien en comparaison du rêve de Startrek qui singe carrément le roi de la pop au milieu d'un cimetière infesté de zombies dansants et s'adonnant à une chorégraphie plutôt approximative! Un grand moment de n'importe quoi qui permet de patienter un peu entre deux interventions du revenant Saamri qui répète inlassablement le même geste: il tend sa main charnue vers la caméra... Vu la lenteur du machin, on se réjouit tout de même qu'il possède quelques pouvoirs magiques qui vont l'aider à propulser un bad guy d'une fenêtre, à en ligoter un autre à l'aide de lianes avant de le plonger dans des sables mouvants ou de faire voler le mobilier histoire de bien faire flipper sa victime. Plutôt court pour un film indien (moins de deux heures), SAAMRI ne semble pas faire partie de la crème du catalogue du clan Ramsay, mais il a clairement le mérite de dépayser. A ne pas confondre avec le film homonyme réalisé par K.I.Shaikh en 1998. Kerozene

SHRUNKEN HEADS - Richard Elfman avec Julius Harris, Meg Foster, 1994, États Unis, 86m

Un gang de rue décide de tuer trois ados qui les ont mis dans le pétrin. C'est sans compter sur le marchand de journaux, un ancien tonton macoute du nom de Mr Sumatra. Sumatra va donc couper la tête des trois jeunes, les réduire, les ressusciter et les entraîner pendant un an pour assouvir leur vengeance.

Quel curieux mélange ! On se croirait d'abord dans un de ces films de bande de jeunes, comme dans les années 30 -40 -50 et on peut dire que les costumes et décors font beaucoup penser aux années 50. Ajoutez la copine du méchant leader des voyous, qui a à peine 15 ans, dont le coeur balance entre un des jeunes qui meurt et son copain délinquant qui a l'air résolument adulte. La jeune fille, très sexy, se révèle vierge quand le sorcier vaudou lui demande, car il a besoin d'elle pour sa dernière recette ! Le ton est donc curieux et irrévérencieux, ce qui ne surprend pas de la part de Richard Elfman, frère du célèbre compositeur Danny Elfman (BATMAN, SPIDERMAN et qui est représenté ici par une chanson d'Oingo Bongo) et réalisateur du bizarre FORBIDDEN ZONE. Sans parler du grand boss de la mafia locale, Moe, qui est une femme qui s'habille en homme. Ajoutez que la sortie dvd disponible chez RAZOR ENTERTAINMENT offre le film en 2D et en 3D et est "présentée" par deux marionnettes qui viennent régulièrement faire des blagues, un montage destiné à la télévision. Assez différent pour maintenir l'attention, plus humoristique qu'horrifique. Mario Giguère

SURVIVE STYLE 5+ - Gen Sekiguchi, 2004, Japon 

Dans le genre " cinéma indépendant optant pour un style auteur-chic-fashion moderno-branchouille ", SURVIVE STYLE 5+ se pose là, comme une espèce d'objet de frime visuelle surfant sur une vague éphémère qui risque de rapidement finir sa course. Le film comprend les tranches de vie de cinq différents groupes de personnes qui, à un moment donné, vont interagir les unes avec les autres - un peu à la façon d'un film de Robert Altman ou de Quentin Tarantino. Sans surprise, on est plus proche de l'esprit du deuxième étant donné le ton pince-sans-rire du film, son esthétique chiadée et sa bande son débordant de morceaux pop mais avec un penchant absurde supplémentaire et une forte dose de surréalisme typiquement nippon. Parmi les cinq groupes en question nous trouvons un homme qui, tout au long du film, fait face à la furie meurtrière de son épouse, finit par la tuer, l'enterre au milieu d'un bois avant que celle-ci ne revienne d'entre les morts pour le tourmenter à nouveau; une femme, publiciste de métier, qui peine à imposer ses idées promotionnelles nullissimes qui ne font rire qu'elle ; un salary man qui emmène sa famille voir le spectacle d'un hypnotiseur qui le " transforme " en oiseau avant de se faire tuer sur scène, laissant le pauvre homme dans sa condition de piaf encravaté ; un tueur à gage britannique grimaçant et se posant des questions sur le sens de la vie ; et une bande de trois jeunes déconneurs au sein de laquelle naît une idylle gay...

Chacun des cinq récits apporte son lot d'éléments drôles, émouvants ou iconoclastes, on sent une réelle volonté de la part du réalisateur de pousser le spectateur vers l'émerveillement comme s'il lui contait une sorte de poésie douce-amère chargée d'émotions magnifiées par des décors plus grands que nature et chargés de couleurs chatoyantes. Mais cette espèce de générosité visuelle et narrative est telle qu'elle en devient quasiment indigeste, car si on se laisse d'abord agréablement bercer par la chose (certains gags font mouche, certaines idées visuelles et de mise en scène sont remarquables), on devient peu à peu agacé par ce trop-plein de fausse subversion laissant peu à peu la place à un monde guimauve et naïf qui fini de plomber le morale par un ennui devenant carrément redoutable sur les vingt dernières minutes. Dommage, car Gen Sekiguchi semble être un réalisateur bourré d'idée ; il ne lui manque plus qu'à savoir se mesurer, à doser ses éléments, se restreindre sur les abus calorifiques - ou alors y aller carrément à fond en jouant la carte de l'absurde quitte à perdre une partie du public. Parmi les gueules connues, on retrouve Tadanobu Asano dans le rôle du mari harcelé par sa femme revenante (certains semblent voir là une sorte de clin d'œil à TOMIE, d'autres une mise en image des neuf vies d'un chat), le psychopathe de ICHI THE KILLER campe ici un rôle quasiment muet et ne fait finalement pas grand-chose à l'écran si ce n'est tirer la gueule ; et on retrouve aussi Vinnie Jones dans le rôle du tueur anglais et qui a visiblement quelques difficultés à se faire diriger par des non anglophones... jamais il n'a été aussi nul; sans oublier un petit rôle comique pour Sonny Chiba. SURVIVE STYLE 5+ fait partie de cette vague de films japonais complètement décalés, des gros budgets empreints de surréalismes et de fantastique, dont le ton oscille entre le drame, la comédie et l'onirisme. On pense à TOKYO ZOMBIE ou même à YAJI & KITA. Des films aux histoires complètement différentes, mais à l'esprit finalement très proche. Et dans le cas du film de Gen Sekiguchi, comme pour TOKYO ZOMBIE, ce mélange des genres s'avère finalement plus négatif que positif. Kerozene

WITHIN THE WOODS - Brad Sykes avec Janelle Herrera, Erin Holt, 2005, États Unis, 85m

Un producteur de téléréalité a organisé une journée bien spéciale. Cinq participants vont devoir passer 24 heures au "Camp Blood", surnommé ainsi pour la série de meurtres commis des années plus tôt par un psychopathe déguisé en clown. Naturellement les trois filles et les deux gars devraient normalement avoir la trouille en rencontrant le faux clown payé par le producteur, car le dernier participant resté sur place gagne un million de dollars. Malheureusement le faux clown est tué par le vrai, qui va commencer la chasse aux concurrents.

Brad Sykes a réalisé des films indépendants intéressants, j'ai vu DEATH FACTORY et surtout GOTH, qui m'avait vraiment plu. Ici, en partant sa propre compagnie de production, il semble avoir un budget plus restreint et un tournage serré. En effet, il n'y aura qu'un meurtre de nuit, on sauve sur les éclairages, et une téléréalité qui ne dure que 24 heures, c'est un peu court. Sykes veut, de son propre aveu, essayer de renouveler le genre du slasher, mais ses personnages sont stéréotypés et son intrigue pas si originale. On a bien une surprise en découvrant qui est le coupable, mais à ce point, n'importe qui aurait fait l'affaire. Du gore, un peu de nudité. On retiendra la performance d'Erin Holt, nunuche à la Paris Hilton, rigolote et surprenante. Sinon, ce n'est guère mémorable. Le film fait référence au premier film de Sykes, le nommé CAMP BLOOD, que l'on a pas besoin de connaître pour apprécier celui-ci. Mario Giguère

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