3 PÉPITES SF VINTAGE CHEZ ARTUS
Artus Films sort LA PLANÈTE DES VAMPIRES + LA PLANÈTE DES HOMMES PERDUS + LA PLANÈTE DES TEMPÊTES...                  lire


De grand classiques qui côtoient des films méconnus, voici la Russie

mise à jour le 4 février 2015

AELITA - Yakov Protazanov avec Yuliya Solntseva, Igor Ilyinsky, Nikolai Tsereteli, 1924 Russie

Loss est ingénieur, heureux dans son ménage, il mijote dans ses loisirs les plans d'une fusée pour se rendre sur Mars. Amené à travailler sur un chantier et à s'éloigner plusieurs mois, il est rongé par la jalousie, un défaut qui le poussera à commettre l'irréparable au retour avec son épouse. Il en profite pour partir sur Mars ou l'attend la reine Aelita, qui l'observait en secret et rêvait de l'embrasser, cette coutume si bizarre et inconnue sur la planète rouge. C'est le virus de la révolution que Loss va transmettre à cette société opprimante !

Belle surprise que ce film de science fiction de l'époque muette, plusieurs années avant le Metropolis de Fritz Lang. On flirte avec des thèmes très proches du film allemand, surtout celui de la révolution du peuple, sous le joug de tyrans. C'est l'aspect visuel qui frappe, avec les décors et costumes de Mars tout en formes géométriques, plein de plastique transparent. Surprise aussi du côté d'un apprenti inspecteur de police, idiot et inefficace comme un futur Cruchot, qui détonne dans l'atmosphère mélodramatique quasi de rigueur. On aura droit à de nombreux retournements jusqu'à la fin.

Le dvd de la compagnie Bach Films offre un bon transfert avec en bonus les bandes annonces d'une dizaine de chefs-d'oeuvre du cinéma russe. Mario Giguère

AMPHIBIAN MAN aka Chelovek-Amfibiya - Vladimir Chebotaryov et Gennadi Kazansky, 1962, Russie

Des pêcheurs de perles sont effrayés par un démon marin que l'on aperçoit à l'occasion. Le démon s'avère être le fils d'un savant reclus, qui sauvera la jolie fille d'un vieux marin. Mais le vieux marin veut céder sa fille en mariage à un riche prétendant qu'elle n'aime pas, au moment ou l'homme amphibien tombe amoureux d'elle après l'avoir sauvée de la noyade. Ses excursions sur la terre ferme lui causent des problèmes avec les autorités locales pendant qu'un journaliste retrouve le professeur qui lui dévoile ses projets d'une nouvelle république sous-marine peuplée d'êtres amphibiens.

Toute une surprise que ce film qui date, mais qui présente une histoire intéressante, superbement réalisée. Les cadrages qui lorgnent le surréalisme et la photographie recherchée, avec des acteurs bien typés et un débat de société en filigrane, tout concourt à une belle réussite. Au savant qui rêve d'une société égalitaire sous l'eau, le journaliste répond que, là où il y a l'homme, comment peut-on éviter les inégalités ? Les séquences sous-marines sont également bien réalisées et on évite de justesse le dauphin qui viendrait sauver le héros. Une fin atypique couronne le tout. Un film à voir. Mario Giguère

L'HOTEL DE L'ALPINISTE MORT aka L'AUBERGE DES VISITEURS DE L'AU-DELA aka THE DEAD MOUNTAINEER HOTEL aka HOTEL OF THE PERISHED ALPINIST aka HUKKUNUD ALPINISTI HOTELL - Grigori Kromanov, 1979, Russie

L'inspecteur Glebsky, l'air bourru et décidé, arrive dans un hôtel de montagne isolé de tout. Si Glebsky a décidé de faire un court séjour hivernal dans ce lieu quasi désertique, ce n'est pas dans le but de prendre des vacances mais pour des raisons professionnelles suite à un coup de fil anonyme annonçant un meurtre. Situé dans un paysage montagnard de carte postale, l' " Hôtel de l'Alpiniste Mort " est un endroit idyllique pour tous les amoureux de grimpe : les parois enneigées entourant la bâtisse sont comme autant de murs naturels aux proportions magistrales et à l'allure des plus nobles protégeant une vallée enneigée dans laquelle beigne un soleil bienvenu. Glebsky apprend rapidement qu'aucun meurtre n'a jamais eu lieu et décide alors de passer la nuit avant de redescendre en ville - après tout, autant en profiter et se payer une petite soirée aux frais du contribuable. C'est alors qu'a lieu une avalanche, coupant l'hôtel du reste du monde. Dès lors débute une série d'incidents étranges voire paranormaux, dont un meurtre crapuleux commis d'une bien étrange façon. Glebsky, tel le bon flic qu'il est, entame immédiatement une enquête dans laquelle tous les locataires de l'hôtel sont des meurtriers potentiels.

L'HOTEL DE L'ALPINISTE MORT ne ressemble à rien de ce que l'on peut voir traditionnellement. Sa mise en scène, ses plans et ses mouvements de caméra improbables - qui ne sont d'ailleurs pas sans rappeler un certain Jésus Franco, sont à l'image des locataires de son lieu principal, c'est à dire atypiques et déroutants. Ces locataires offrent d'ailleurs un aspect quasiment lynchien à cette histoire surréaliste, entre le propriétaire au regard halluciné et le jeune couple amateur de musique psychédélique, on rencontre entre autre un tuberculeux au caractère irritable et une femme fatale à l'allure de star hollywoodienne. Glebsky évolue soudain dans un monde où le rationnel n'est plus qu'une vague notion incomprise et plonge peu à peu dans un univers science-fictionnel où faux-semblants et musique électronique finissent de flatter l'amateur d'étrangeté. Adapté d'un roman populaire des frères Strugatsky, L'HOTEL DE L'ALPINISTE MORT est le genre de film qui ne plait définitivement pas aux fans de Vin Diesel et qui prouve que le cinéma soviétique de genre possède quelques perles précieuses... et que l'Estonie est une région magnifique par la même occasion - encore faut-il aimer les montagnes et la neige...  Kerozene

NIGHT WATCH aka Nochnoy dozor - Timur Bekmambetov avec Konstantin Khabensky, Vladimir Menshov, Mariya Poroshina, 2004, Russie

Au 14ème siècle, les forces du bien et du mal, de la lumière et de la noirceur combattent, en vain. Devant le match nul à venir et pour ne par trucider tous les combattants, une trève est proclamée. Aujourd'hui, des siècles plus tard, tout ce beau monde, incognito, se surveille mutuellement pour ne pas compromettre l'équilibre du monde. On suit Anton, à la poursuite de deux vampires/métamorphes qui veulent amener l'élu, l'autre prophétique, du coté obscur et faire pencher la balance et amener la terre dans le chaos. Tout se complique...

Adapté d'une trilogie gothique russe très populaire, ce premier film est difficile a suivre, mais tout devient plus clair dans un final apocalyptique qui n'est pas sans rappeler une certaine saga des étoiles. D'ailleurs les influences sont nombreuses, de Matrix à Star Wars, en passant par Blade, les clins d'oeil, hommages ou copies de morceaux d'anthologie placent le film dans un courant mondial qui dérange à l'occasion. Mais on est devant un festin visuel qu'il faut admettre bien réussi, de cette séquence démente d'un boulon qui se détache d'un avion ou de cette transformation discrète mais efficace d'une chouette en femme. L'action est sans répit et spectaculaire, mais laisse un peu sur sa faim, se terminant de manière abrupte. Un peu normal et pardonnable pour un film conçu pour en préparer deux autres. Mais le film vaut le détour. Mario Giguère

PLANETA BUR aka Planet of Storms aka Cosmonauts on Venus aka Planet of Tempests - Pavel Klushantsev avec Vladimir Yemelyanov, Georgi Zhzhyonov, Gennadi Vernov, Yuri Sarantsev, Georgi Tejkh, Kyunna Ignatova, Russie, 1962, Russie, 78m

Un vulgaire météorite pulvérise le Capella, l'un des 3 vaisseaux intergalactiques russes à 2 doigts d'amorcer une 1ere exploration de Vénus. Changement de plans à la dernière minute oblige; la cosmonaute Walsa, du vaisseau Beta, restera seule en orbite. Ses deux co-équipiers tenteront un atterrissage avec John, ZE robot. Résultat: perte de contact avant de toucher le sol. Les trois autres camarades du Sirius se lancent (...) alors à leur recherche et découvrent milles et une surprises d'allure préhistorique. Graines de pavot géantes aux tentacules de serpents, petits Godzillas sautilleurs, énigmatiques sons stridents de sirènes sur fond d'éruptions volcaniques, etc.

46 ans plus tard, découverte plus qu'intéressante de la version originale basée sur une nouvelle d'Aleksandr Kazantsev qui en inspira plus d'un. Il y a une atmosphère, ce fameux ton russe, sans machisme, près du questionnement qui avec la présence de la propagande russe à l'ère des Spoutnik fascine. Présence de ratés bien sûr qui font bien sourire mais c'est rapidement pardonné. Walsa, seule dans son vaisseau, qui se mortifie un peu trop. John, l'incroyable et amusant robot de 7 pieds qui parfois déraille et surtout la 2eme fois qu'on entend la toune genre "Hourra nos cosmonautes". Cela restera un bijou pour son équilibre, ces couleurs et textures. Bravo au camarade Pavel Klushantsev et ses effets dont malheureusement l'américain Roger Corman en tira 3 différentes mise en boîte : Voyage to the Prehistoric Planet (1965), Queen of Blood (1966), les 2 de Curtis Harrington et Voyage to the Planet of Prehistoric Women (1968), la 1ere réalisation de Peter Bogdanovich assortit d'une miss démocratie, Mamie Van Doren. Deadmonton

  Partis de la Terre depuis quatre mois, trois vaisseaux russes approchent de Venus. Lorsque l'un d'eux est détruit par une météorite, les choses se compliquent pour l'expédition. On décide alors d'envoyer cinq des six cosmonautes dans un des vaisseaux, avec le robot John. La seule cosmonaute femme, Masha, reste en orbite. L'exploration s'avère périlleuse car il y a bel et bien de la vie sur la surface de la planète et l'éruption d'un volcan menace les hommes, pendant que Masha frôle la dépression et risque de partir sans eux.

Je n'avais vu auparavant que les deux films fabriqués par le producteur Roger Corman en insérant une partie de effets spéciaux de Planeta Bur, soit "Voyage to the Prehistoric Planet", sorti en 1965 et "Voyage to the Planet of Prehistoric Women", sorti en 1968. Comme l'explique le carton au début, le projet se veut un hommage au programme d'exploration spatiale de la Russie, Venus ayant été reconstituée de manière entièrement fictive, pour notre plus grand bonheur. En effet, les créatures abondent, petits dinosaures agressifs, plante tentaculaire carnivore, pseudo diplodocus et ptérodactyles sans compter une surprise finale du plus bel effet. Le robot "John" est pour sa part une petite merveille de design et n'a rien à envier à Robbie de "Forbidden Planet". Son triste sort est d'ailleurs émouvant pour tout amateur de robot. La seule femme, Masha, loin des jolis mannequins souvent utilisées dans les films américains de l'époque, étonne par son émotivité exacerbée, mais n'hésite pas à se sacrifier pour permettre aux gars d'aller s'amuser sur Venus. Car le film balance les moments tragiques avec des scènes d'une légèreté parfois étonnante. Idem pour la musique, laissant parfois la place à une chansonnette joyeuse pour revenir à l'utilisation de sonorités d'outre espace, trame sonore bercée par ce qui ressemble à des chants de sirène. C'est à voir pour tout amateur de science fiction classique et c'est tellement éloigné des "adaptations" de Corman pour mériter le détour.

En suppléments du dvd d'Artus Films - La Science-Fiction russe, par Alain Petit, qui m'a apprit qu'il y a finalement eu peu de productions de cet ampleur en science fiction au pays communiste, un diaporama d'affiches et photos plus les bandes-annonces de la collection SF Vintage. Offert en versions française et russe avec sous titres français. Mario Giguère

Le TESTAMENT DU PROFESSEUR DOWELL aka Zaveshchaniye professora Douelya - Leonid Menaker, 1984, Russie 

Le fameux professeur Dowell est mort ! Que voila une triste nouvelle pour la communauté scientifique mondiale. Son fils se rend alors dans la grande propriété qui sert également de clinique expérimentale à son père et à ses assistants. Ses expériences portaient sur la suppression des rejets suites à des greffes diverses (exemple, la tête d'un singe greffée sur celle d'un autre). Mais différents éléments laissent croire que l'accident de voiture dont il a été victime ne serait pas tout à fait un accident. Fiston mène l'enquête... et nous découvrons que le prof. Dowell est en fait réduit à l'état de tête vivante, façon THE BRAIN THAT WOULDN'T DIE...

L'histoire ne s'arrête pas là, mais autant vous laissez mariner et vous donner envie de voir cette étrange variation sur le thème de Frankenstein. Même si c'est un peu chiant. Parce que l'action n'est pas bien folichonne. Et ça se veut assez sérieux. Et c'est pas très bien filmé. Mais je vous dis quand même que l'opération de changement de tête a été pratiquée sur une jeune femme, avec la tête d'une autre jeune femme (oui, ça vaut mieux), et qu'elle a ensuite des problèmes d'identité. Enfin, tu vois le truc quoi. Pas folichon, mais curieux. D'ailleurs je me demande sérieusement si c'est russe - comme dit sur imdb - parce que ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas tourné en Russie ! Kerozene

VISIONS OF SUFFERING - Andrey Iskanov avec Igor Anikin, Alexandra Batrumova, 2006, Russie, 120m

Un homme fait des cauchemars psychédéliques qui hantent ses jours et ses nuits.

Avec un résumé comme celui-là, disons le tout de suite, ça donne pas mal de marge de manoeuvre pour un réalisateur. Et on peut dire qu'Iskanov s'en sert à toutes les sauces...

Trip d'acide est la première chose qui me vient à l'esprit après le visionnement de ce véritable ovni cinématographique. Écrit, monté, maquillé même par Iskanov, je ne peux pas dire que j'ai vraiment embarqué la dedans mais, une chose est sûre, c'est expérimental et weird et ça s'assume.L'imagerie est possiblement la seule chose a sauver de ce naufrage, car le Russe est aussi sans surprise le directeur photo et c'est la que notre homme a définitivement le plus de talent... mini dv, hd, pumping, et combien d'autres choses pour donner un look bien particulier a tout ces tableaux. Malheureusement c'est bien peu quand on passe près de 2 heures à tenter de comprendre ce qui se passe sans y arriver, n'est définitivement pas David Lynch qui veut....par contre je veux vraiment le numéro de son pusher. Pierre Beaulieu

The VIY aka Spirit of Evil - Georgi Kropachyov & Konstantin Yershov, 1967, Russie

Un jeune prêtre sous l'effet de l'alcool est contraint de dormir dans un étable. Pendant la nuit, une sorcière l'envoûte et vole accrochée à lui au-dessus du village. Par la suite, rendu au sol, il bat à mort la sorcière qui se transforme ensuite en jeune demoiselle. Le lendemain, le prêtre reçoit une lettre l'invitant à prier pour la jeune femme pendant 3 nuits. Lors de ces 3 nuits, le prêtre tentera d'exorcisé le corps de la défunte, alors que la sorcière tentera d'exercer sa vengeance!

THE VIY était LE FILM que je voulais le plus voir au Festival Fantasia 2006. J'avoue ne pas avoir été déçu. Il faut dire que mon intérêt premier pour le film était en raison que cette petite histoire de GOGOL avait servi à la base pour BLACK SUNDAY de Mario Bava et qu'avec cette sorcière et ce magnifique technicolor... SUSPIRIA et même INFERNO ne sont pas très loin ! De plus, ce film est l'une des 2 meilleures représentations d'un exorcisme avant THE EXORCIST. Au final, le film est un chef-d'oeuvre et la scène finale avec l'animation, le technicolor et la beauté de l'actrice (qui a une certaine ressemblance avec BARBARA STEELE) en sont les points forts. Black Knight

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ALLEMAGNE

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