Sur une suggestion de Kerozene, le films cultes de la Thaïlande

Mise à jour le 31 décembre 2007

The ADENTURE OF IRON PUSSY aka Hua jai tor ra nong - Michael Shaowanasai & Apich, 2003, Thaïlande

Iron Pussy est un travesti travaillant comme agent secret au nom du gouvernement. Il intègre une équipe d'employées de maison pour le compte d'une famille riche et puissante qui oeuvre dans le trafic d'armes et se fond sans difficulté au sein de ses collègues féminines toutes absolument charmantes.... Alors que notre machin est bien évidemment plus grand, plus costaud et nettement plus moche, cela ne l'empêche pas de faire tomber raide dingue tous les hommes et de rendre les femmes jalouses. De plus, notre agent undercover possède de nombreux talents, comme le fait de savoir chanter - ce qui nous donne droit à quelques séquences musicales absolument horripilantes. Le soir, il intègre son costume d'Iron Pussy et se transforme en justicier travelo à la démarche féline...

Et voila le contenu de cette comédie gentiment lourdingue, pas vraiment drôle et très peu subversive malgré son côté apparemment branque. Il est vrai qu'avec un agent secret travelo aux sorties nocturnes façon justicier masqué et qui pousse la chansonnette devant un par terre de trafiquants d'armes héroïnomanes et son humour gay, on est en droit d'attendre de cette aventure qu'elle soit provocatrice et très politiquement incorrecte. Mais il n'en est rien, THE ADVENTURE OF IRON PUSSY est même tellement inoffensif qu'il passerait presque (j'insiste sur le presque) bien comme film dominical pour famille nombreuse. Qui a dit " c'est de l'arnaque " ? Kerozene

ANGULIMALA - Sutape Tunnirut, 2003, Thaïlande 

Ahimsaka est né sous de mauvais augures. Il a beau être né dans la caste des brahmines, il est prédestiné à devenir un puissant meurtrier. Son père veut donc le mettre à mort, mais sa mère le sauve, l'envoyant chez un guru qui lui demande de garder les chèvres. Le bon guru a cependant fiancé une jeune et jolie demoiselle qu'il répudie parce qu'elle s'avère être de la caste des intouchables. Révolté, Ahimsaka la sauve et rencontre un dieu qui lui montre le chemin pour chasser son mauvais sort. Il devra délivrer 1000 hommes de leur misère en les trucidant. Ahimsaka devient dès lors Angulimala, la terreur du pays, portant au cou le collier fabriqué avec les doigts de ses victimes, histoire de bien comptabiliser ses "sauvetages". Au moment de tuer sa 1000ème victime, qui est nul autre que Bouddha, il comprendra bien des choses...

Véritable fable bouddhiste sur un tueur en série avant la lettre, Angulimala est une lumière tout à fait spéciale dans un panorama de tuerie gratuite coutumière. Il est difficile de comprendre comment un peuple a jadis épousé des prémisses discriminatoires aussi cinglantes mais la religion est la mère de tant d'excès... la photographie est superbe et la musique ponctuée de chants incantatoires obsédants. Un conte cruel qui débouche sur la découverte d'un bouddhisme serein. Surprenant. Mario Giguère

ART OF THE DEVIL - Tanit Jitnukul, 2004,Thaïlande

Une jeune fille pas trop mal roulée séduit un riche monsieur déjà père de quatre enfants. Lorsqu'elle tombe enceinte, le millionnaire dévoile sa vraie personnalité et prouve qu'il n'était intéressé que par son cul. Le salaud pousse même la perversion jusqu'à la " vendre " à une bande de queutards plagistes... Suite à quoi elle trouve le moyen de se faire heurter par une voiture et perd son enfant. Pas de bol. Mais la garce est rancunière et avec l'aide d'un sorcier pratiquant une magie noire très proche du vaudou, elle va éliminer les membres de la famille du salopard un par un de manière particulièrement sanglante. L'un vomi des serpents, un autre des lames de rasoir, bref, Jitnukul ne fait pas dans la dentelle et compte bien choquer son monde avec des séquences gores percutantes.

Seulement voila. Si les affiches du film font passer celles de la saga SAW pour des exemples de sobriété politiquement correcte, force est de constater que le contenu de ART OF THE DEVIL n'est pas à la hauteur des prétentions. Les séquences chocs s'avèrent en réalité fort trompeuses de par leur mise en scène minimaliste qui ne feront frémir personne: le mec crache du sang et un court plan dévoile les lames de rasoir au milieu de la flaque. Simple mais inefficace et surtout ben loin des atrocités suggérées par les visuels publicitaires. Autour de ces quelques scènes la brochette de très mauvais acteurs ne cesse de geindre, couiner, pleurer et râler pour franchement nous casser les pieds. Quant à notre mère vengeresse, elle est accompagnée dans son périple par le fantôme de sa défunte fille dont l'originalité et d'être albinos. Fini les serpillières noires, voici la version blondasse aux yeux vitreux. Mais ce lifting ne la rend pas plus efficace pour autant. Le Jitnukul de BANG RAJAN semble loin, très loin même de ce ART OF THE DEVIL mollasson et filmé avec deux pieds gauches, à tel point qu'on a bien du mal à croire qu'il s'agit du même homme. Kerozene

BANG RAJAN aka BANGRAJAN aka LEGEND OF THE VILLAGE WARRIORS - Tanit Jitnukul, 2000, Thaïlande 

Au XVIIIème siècle, les birmans envahirent la Thaïlande en massacrant à peu près tout le monde sur leur passage. Mais les habitants du village de Bang Rajan firent fièrement face à leurs ennemis en leur opposant une résistance aussi héroïque qu'exemplaire.

C'est ce fait réel que raconte ce film souvent et très justement comparé au BRAVEHEART de Mel Gibson. Fresque historique et barbare mettant en scène des combats homériques sanglants croisés avec des histoires d'amour, de foi et de loyauté, BANG RAJAN est effectivement impressionnant de part son aspect de superproduction remplie de figurants se foutant sur la gueule sur des champs de bataille marécageux, armés de haches et autres bambous taillés en pointe. Mais la réputation du film, qui le prétend extrêmement sauvage et barbare, a en réalité tendance à le desservir. Jamais en effet le film de Jitnukul n'atteint l'intensité dramatique ou les piques de violence ultra-gores des batailles du film de Gibson, ni ne touche de manière aussi efficace dans son récit et son dénouement - pour autant que l'on soit touché par BRAVEHEART. BANG RAJAN reste néanmoins une jolie réussite, un film joliment réalisé qui mérite amplement le coup d'oeil et permet de découvrir un épisode emblématique de l'Histoire de la Thaïlande inconnu de la grande majorité des occidentaux. Kerozene

CITIZEN DOG aka Mah nakorn - Wisit Sasanatieng avec Mahasamut Boonyaruk, Saengthong Gate-Uthong, 2004, Thaïlande, 100m

Pod es bien averti par sa grand-mère, s'il quitte son village pour aller à Bangkok, il lui poussera une queue comme tous ses habitants. Pod est donc très nerveux et se coupe le doigt à l'usine de sardines. Il le retrouvera, sur la main d'un autre employé. Ils se l'échangeront. Pod est secrètement amoureux de Jin, qui est obsédée par un livre qui est dans une langue inconnue. Pod devient chauffeur de taxi pour plaire à Jin qui est devenue écologiste, récupérant des contenants de plastique qu'elle accumule en nombre astronomique...

Wisit Sasanatieng est entre autre réalisateur de publicités, son travail, dont nous avons pu voir 10 minutes avant la représentation du film, est très absurde et décalé tout en étant d'un esthétisme raffiné. Sur une narration omniprésente, Pod vit des aventures d'une absurdité renversante qui sont menées jusqu'à un final inéluctable. On ne peut s'empêcher de sourire et rire à gorge déployée devant les doigts qui se recollent par magie, la rencontre avec la fillette de 8 ans qui dit en avoir 30 et son ourson parlant qui fume comme une cheminée. Les personnages pittoresques s'enfilent et l'on savoure chaque minute de ce film hors-norme. Ceci dit, je n'ai pas encore vu Amélie Poulin, film auquel on le compare abondamment ! Mario Giguère

COBRA THUNDERBOLT aka COBRA FIRE - Tanong Srichua, 1984, Thaïlande 

Le chauve Colonel Thel, scotché sur une chaise roulante depuis la guerre contre le Laos, invente un nouveau type de tank extrêmement maniable et révolutionnaire : le Cobra Thunderbolt. Mais le magna de l'industrie de l'armement, qui vendrait père et mère aux pires ordures de la planète si cela pouvait lui rapporter quelques francs, désire plus que tout mettre la main sur les plans du fameux tank dans le but de le revendre à toutes les crapules militarisées de la planète. Bien entendu, le Colonel Thel refuse de les lui céder, ce qui fâche très fort notre méchant de service. Du coup, il kidnappe la femme de Thel avant que celle-ci ne se soit littéralement explosée lors d'une tentative de libération avortée et que Thel se fasse kidnapper à son tour. Thel se fait alors secourir par un duo de choc : sa fille propulsée par un jetpack (qui rappelle celui du James Bond... THUNDERBOLT (!)) et son meilleur ami le sergent aux commandes du Cobra Thunderbolt. Ensemble, ils vont libérer le gentil Colonel en faisant tout péter chez les méchants : une horde de mercenaires armés au service de l'industriel de l'armement.

Actioner bourrin totalement décérébré remplit de dialogues pourris, de gunfights bordelliques et de cascades motorisées, COBRA THUNDERBOLT n'en est pas moins un film d'un ennui profond. La platitude de l'action rend l'ensemble extrêmement répétitif et donc lassant malgré le nombre exagéré d'explosions et de douilles chaudes tombant sur le sol. Seuls quelques éléments épars parviennent à tirer le spectateur plongé malgré lui dans une profonde léthargie, à savoir l'explosion de la femme de Thel qui vole littéralement en morceaux, la démonstration peu crédible du Cobra Thunderbolt, les quelques cascades en moto du Sergent et la fille de Thel propulsée par son jetpack. En revanche, on se fout complètement des états d'âme de Thel, des journalistes qui ne cessent de se plaindre parce qu'on ne leur laisse pas faire leur travail et des flics qui pataugent dans la semoule. Une étrange voix off vient parfois se greffer sur les images afin de faire le point et expliquer de temps à autre ce qu'il se passe. Sans doute pour que le spectateur somnolant ne perde pas trop le fil de l'histoire. Kerozene

CROCODILE - Sompote Sands, 1981, Thaïlande/Corée 

La bombe nucléaire fait des ravages, c'est bien connu. Elle crée des troubles météorologiques et elle cause de graves mutations, comme sur ce crocodile thaïlandais qui n'a rien demandé à personne et qui devient gigantesque et qui peut se balader dans l'eau de mer. Mais il ne reste pas dans la mer et décide d'aller bouffer des villageois. Pas contents, une poignée d'hommes courageux qui ont vu LES DENTS DE LA MER prennent leur rafiot pour chasser le croco....

Hautement risible, ringard et mal foutu, ce CROCODILE fait mal au coeur. Réalisé en Thaïlande au début des années 80, il a un train de retard sur PIRANHAS & co. Le croco est très grand et très drôle, il bouffe tout le monde, hommes, femmes et enfants, les figurants-buffet font les zouaves dans l'eau et crachent du sang avant de s'essuyer la gueule en attendant le "cut" du réalisateur. La fin est surprenante de ringardise: les baroudeurs fâchent le croco qui fait littéralement des bonds par dessus leur bateau ! Incroyable ! Un croco mutant athlète en somme. On a également droit à une scène où un petit croco est tué pour de vrai devant la caméra. Kerozene

HANUMAN ET LES 5 KAMEN RIDERS aka Go-Nin Raidaa tai kingu Daaku aka 5 Kamen Riders vs. King Dark, 1974, Thaïlande, version  originale Thaïlandaise

Les Thaïlandais, probablement fiers de leur collaboration avec la compagnie Tsuburaya sur le film  HANUMAN ET LES SEPT ULTRABROTHERS, ont enchaîné avec les héros de la Toei, les KAMEN RIDERS. Mais cette fois-ci, il semble, sans la collaboration de la Toei. Tant pis, on reprend le mélange fort curieux qui semble à la fois s'adresser aux enfants, mais comportant nudité, perversité et grotesquerie gore dans des passages troublants au vu du reste ! 

On semble rencontrer des protagonistes du film précédent en enfer ( version originale thaïlandaise oblige, une certaine confusion est de mise ). Scènes de torture et de nudité féminine comme dans le récent film thaïlandais au titre évocateur de HELL, on ne rigole pas dans l'enfer de ce pays. Pour en pas y aller ou y retourner, trois sbires vont tenter de nourrir le boss des enfers qui a besoin de sang féminin en bonne quantité.  Les 5 Kamen Riders vont aider un "docteur"  kidnappé avec sa  copine/soeur/épouse  et détruire tous les monstres sur leur passage. Pas dépourvu, le méchant force le docteur à utiliser une bien drôle de machine à créer des monstres mi-humains, mi-bêtess: tête de porc; de taureau; de poulet ! Vilains personnages ridicules qui subiront le sort de leurs confrères aux mains des Riders, après que Hanuman, on l'oubliait, les aient ressuscités ! Hanuman reviendra au final lorsque le big boss deviendra un géant qui pique une crise en ville. Hanuman, qui aime bien écraser et broyer les méchants, aura droit à son combat de géant, sans vraiment s'ennuyer des sept Ultra-frères, le vilain étant fait de ferraille pas vraiment solide.

Un rôle effacé pour le roi singe Hanuman, donc, et une autre preuve des standards très différents de ce qui est acceptable dans un film pour tous ! Une curiosité pittoresque pour amateurs en manque de psychotronique et de nanars ! Mario Giguère

HELL aka Narok - Tanit Jitnukul avec Nathawan Woravit, Baworanrit Chantasakda, 2005, Thaïlande

Une équipe de tournage a un accident et suite à une erreur comme il en arrive tant, ils se retrouvent tous en enfer, alors que seule une personne est vraiment morte. Attachés, torturés, ils réussissent à s'échapper et cherchent à sortir de l'enfer, poursuivis par les méchants gardiens qui n'ont pas envie de les laisser partir. Faut dire, ce qu'ils auraient à raconter aux vivants serait une très mauvaise publicité pour l'endroit.

C'est par milliers d'années que l'on souffre en enfer, membres brisés, lave versée dans la bouche, mais toujours prêts à re-souffrir. Cette vision très vieillotte de l'enfer pour faire peur au bon peuple manque de subtilité et mélange les grotesques gardiens qui semblent sortir d'un film de Conan à des tortures somme toutes banalisées par leur répétition. Difficile d'avoir de l'empathie pour des personnages stéréotypés qui méritent tous d'y rester, par-dessus le marché. Difficile aussi de comprendre comment il est si facile de se défaire de ses liens et de se promener aussi facilement.

Rien d'aussi éprouvant que ce qui est annoncé par la bande annonce, l'imagination n'étant pas au rendez-vous en enfer ! Mario Giguère

OMEN aka Sung horn - Thammarak Kamuttmanoch écrit par Oxide Pang Chun, Danny Pang, 2003, Thaïlande

Je n'essaierai pas de résumer l'inrésumable mais je vous avertis que pratiquement personne n'a compris dans mon entourage, voire dans la salle, mais que je dévoile ce que j'en sais... à vos périls.

3 jeunes adultes se retrouvent dans une aventure incroyable. L'un d'eux a un accident de voiture et se réveille chez une vielle dame. L'autre se prend d'amitié pour un jeune garçon qui vend des babioles dans la rue et le troisième tombe amoureux d'une jeune femme qui échappe un pot de fleurs sur sa voiture. Lorsque les deux premiers retournent chez la vielle dame, ils ne la trouvent pas mais découvrent une photo de leur autre copain et de sa nouvelle blonde, une vielle photo qui n'a pas encore été prise. La vielle dame retrouvée leur annonce une mort imminente. Les deux copains en déduisent que la nouvelle copine sera responsable de la mort de leur copain. Le petit garçon qui vend des babioles se fait frapper par une voiture, on découvre que c'est une fille et elle nous raconte une histoire extraordinaire...

En fait, j'ai l'impression que l'on doit connaître la mythologie thaïlandaise surnaturelle à fond pour avoir espoir de s'y retrouver. Il y a de la réincarnation, celle d'un petit chien. Il y a aussi le concept de la double ou triple réincarnation et d'un fantôme du futur qui révèle son passé, le futur des trois jeunes hommes, qui peut changer ou pas, dépendant de nos croyances dans la prédestination. Comme tout se révèle et dévoilé dans les dernières minutes, on pouvait entendre littéralement les méninges des tous les spectateurs se faire aller à qui mieux mieux et les étonnements spectaculaires de la majorité lorsque les lumières se sont rallumées. C'est surtout le concept de la réincarnation multiple qui me sidère. Est-ce que des fragments du moi peuvent se diviser pour se retrouver dans plusieurs corps ? C'est une bonne question. Alors les frères Pang nous ont monté un beau bateau, qui frustre la majorité des spectateurs, parce qu'on y connaît rien, dans le fond ! Ah oui, la musique appuie tellement fort les effets que s'en est dérangeant ! Mario Giguère

ONG BAK - Prachya Pinkaew, 2003, Thaïlande 

Après un article coup de coeur dans Mad Movies, j'ai trouvé facilement le film Thaï sur ebay. Surprise qui n'aurait pas dû en être une, les Thaïlandais ne mettent pas de sous-titre anglais à leurs films, comme ceux de Hong Kong. Mais comme l'histoire est simple et que l'action y règne en maître, ce n'est pas grave...

ONG BAK est le nom d'une statue de Bouddha dans un petit village de la campagne thaïlandaise. On a volé la tête d'Ong Bak, porte-bonheur du village. Ting, un orphelin élevé au temple, part à Bangkok retrouver l'objet volé. Il sera amené à participer malgré lui à des combats de rue ou sa technique fera des ravages, au grand dam de Khom Tuan, le boss mafieux responsable des disparitions de Bouddha.

Phanom Yeerum joue Ting sous le pseudonyme Tony Jaa. C'est une forme ancienne de boxe Thaïs qu'il pratique, employant tout le corps et particulièrement les coups de genoux et de coudes. Il est des combats sublimes et des cascades incroyables, souvent montrées à 2 ou 3 reprises, parfois au ralenti, qui soulèvent l'admiration. Le scénario prétexte est pour l'ensemble du déjà vu, mais la maîtrise des scènes d'action est impeccable. Comme dans les bons drames du genre il y aura d'innocentes victimes et Ting ne réussira pas à avoir raison du bras droit du méchant au premier combat. Tony Jaa est d'ores et déjà voué à une carrière internationale, sur les pas de Bruce Lee et Jet Li. Les droits du film a été acheté en France par Luc Besson et a rencontré un succès plus grand que TIGRE ET DRAGON, ce qui annonce bien ! À voir sans faute. Mario Giguère

The PROTECTOR aka TOM YUNG GOONG aka L'Honneur du Dragon aka Warrior King aka Ong Bak 2 - Prachya Pinkaew avec Tony Jaa, 2005, Thaïlande, 108m, 81m aux États Unis

Un jeune paysan qui élève des éléphants avec son père pour faire perdurer une tradition ancienne reçoit un triste cadeau du destin. Son père est assassiné par des mafieux qui volent en plus les deux éléphants qu'il élevait avec son paternel. Pour venger son père et trouver ses éléphants, il devra aller en Australie affronter de dangereux gangs de rues, de puissants fiers à bras aux soldes de Madame Rose. La plus puissante des mafieuses en Australie.

ONG BAK était un tour de force mais j'ai trouvé que ce film tombait à plan du moment où l'action arrêtait. Tom Yung Goong réussit où Ong Bak échouait, on minimalise l'acting à son domaine le plus simple ( et cliché) pour ne pas déranger et obstruer le rythme du film. Tony Jaa est plus impressionnant que jamais, on se demande s'il est humain de faire autant d'acrobaties impossibles. Rajoutons à cela que le film est beaucoup plus agréable à regarder que le premier effort de Pinkaew, certains plans sont franchement jolis et on offre même un plan séquence de presque 10 minutes avec des combats sans arrêts. De quoi faire baver même les plus réticents.

Un point positif du film est son côté kitsch très avoué. Un méchant fait retentir une alarme dans Sydney et une armée de méchants en roller-blade, skate, BMX, Motocross viennent attaquer notre héros qui évidemment torche les pas gentils. S'en suit une scène où notre ami Jaa pendant 10 minutes va détruire une armée de mafieux à lui seul en pétant littéralement un membre à chaque pas gentils constituant le groupe. Sans oublier le combat final où notre héros utilise des os d'éléphants comme arme à s'attacher sur les bras. Véritable délice.

En somme, un effort louable de la part de Pinkaew qui a offert un film plus efficace et plaisant à regarder que son précédent tout en mettant le phénomène qu'est Tony Jaa dans une situation où il est constamment à son avantage. Abba

RE-CYCLE aka Gwai wik - Oxide Pang Chun & Danny Pang avec Angelica Lee, 2006, Thaïlande/Hong Kong, 108m 

Ting-Yin est une écrivaine populaire dont un des romans vient d'être adapté au cinéma. Lors le la conférence de presse du lancement, les questions sur sa vie personnelle, versus ses écrits, la mettent visiblement mal à l'aise. Elle annonce que son prochain roman parlera de fantômes. Dès les premières périodes d'écriture, d'étrange évènements la bouleversent. Prenant l'ascenseur, elle débarque dans un autre monde...

Alice au pays des horreurs, une fable pro-vie. Ainsi se résume trop rapidement un film au visuel magnifique. Si dans les premières minutes dans ce monde de RE-CYCLE, on pense au SILENT HILL de Gans pour ses immeubles en ruines et ses apparitions monstrueuses, on est rapidement embarqué dans un concept littéraire qui rappelle le récent GREAT YOKAI WAR. On ne gâchera pas votre plaisir en vous en disant plus sur l'idée de base, car plus que cette idée, somme toute fort simple, c'est le voyage initiatique et les visions magnifiques et fantastiques qui valent le détour. Décors fantasmagoriques, oniriques, morts vivants par centaines et des énigmes à résoudre pour sortir de l'endroit.

La réalisation se fie peut-être trop sur l'orgie d'effets spéciaux et l'intrigue de base est probablement trop évidente (on devine souvent ce que Ting-Yin prend du temps à comprendre) mais le film offre des images fortes qui valent à elles seules le détour. Mario Giguère

  SARS WAR - Taweewat Wantha, 2004, Thaïlande   

La 4ème génération de l'abominable virus SARS fait actuellement des ravages sur le continent africain et le gouvernement thaïlandais promet à ses concitoyens que le pays n'a rien à craindre d'une éventuelle épidémie. C'est sans compter sur un moustique clandestin porteur dudit virus qui débarque nonchalamment dans le ciel thaï avant de se faire gaillardement éclater sur la nuque d'un brave quidam, non sans lui avoir sucé le sang au préalable. La victime du moustique se rend alors dans un building avant de subir les effets du virus qui le transforme en zombie baveux avide de chaire humaine ! Dans le même building, une bande de malfrats profondément stupides ,dont le total des Q.I. additionnés ne doit pas dépasser la douzaine de points, séquestrent la fille d'un riche homme d'affaire qui envoie au secours de son héritière un justicier sabreur puceau aussi futé qu'une prune mais au talent martial sans pareil. A son arrivée dans le bâtiment, notre héros doit faire face à une horde de zombies affamés !

SARS WAR, c'est un peu la version thaï du DEMONS 2 de Lamberto Bava, mais en plus con (ce qui relève quand même de l'exploit). Version thaï impliquant son lot de bastons de boxe thaï, de découpages au sabre et de cascades parfois étonnantes, mais aussi de blagues en dessous de la ceinture, d'apparitions inattendues de travelos paniqués poussant des hurlements de castra, de grimaces grotesques, de jeux d'acteur (?) outrancièrement cartoonesques et de référence hors sujet (le sabre laser jedi à pile). En résumé : c'est très gore, mais c'est très, mais alors très con; SARS WAR est donc réservé aux amateurs de gaudrioles déglinguées du bulbe uniquement. Kerozene

SCARED aka Rap nawng sayawng khwan - Pakphum Wonjinda, 2005, Thaïlande

Des étudiants et étudiantes à bord d'un autobus en direction de leur vacances, sont contraint de prendre une autre route suite à une pluie démentielle qui a rendue la route trop vaseux. Ne sachant pas trop quel chemin prendre, ils font embarquer un guide qui leur fera prendre un détour. Le détour les conduira devant un pont maudit qui s'écroulera lors du passage de l'autobus et qui les tiendra prisonnier d'un dangereux tueur psychopathe !

SCARED est un slasher Thaïlandais et comme ils font face à un contrôle rigide en matière de violence et de nudité... J'ai trouvé le résultat largement bien et j'ai remarqué l'effort qu'ils ont eu à contourner certaines règles pour offrir un produit de qualité. Par exemple, plusieurs morts peuvent battre n'importe quel "R" et rejoint facilement des UNRATED. Mais à l'avenir, je leur recommande de tourner au moins des plans de nudité pour le marché étranger comme dans l'bon vieux temps !

La photographie est tout à fait convenable, d'ailleurs quelques plans comme ceux des arbres sont magnifiques. Dans le rayon des armes utilisées pour détruire, et il y a plein de bouts de bois meurtrier, une vitre de voiture, du gaz et il y a l'utilisation d'une scie circulaire munie d'un manche à ranger dans le rayon des meilleures armes utilisées dans un slasher.

Il y a quelques détails niais comme cette épicerie digne d'un Maxi qui est perdu dans les bois, mais dans l'ensemble le film constitue une très bonne écoute à part une fin des plus horrible.

www.scaredthemovie.com  Black Knight

SHUTTER - Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, 2004, Thaïlande, 92m 

Un photographe et sa blonde retournent à la maison après une soirée bien arrosée. Lors du chemin du retour, ils frappent une passante avec leur automobile. Ils s'enfuient en laissant le corps inanimé sans savoir si elle est vivante ou morte. Le lendemain, les journaux ne rapportent pas l'incident, mais le photographe découvre d'étrange lueur sur ses photographies et fait des cauchemars récurrents. La victime est-elle morte et essaie t'elle de se venger ?

Ce film est une espèce de clone à la JUON ou à la RINGU. Tous les éléments du genre s'y trouvent : Porte grinçante, apparition horrifiante, femme aux cheveux longs, bruits stridents et photographies déformées. Si vous n'êtes pas encore lasser par le genre, ce film saura vous plaire et vous donnez votre dose d'images horrifiantes. Le film est un divertissement tout à fait valable, mais rapidement oubliable comme le niveau de l'originalité n'est pas très élevé. Si vous adorez le genre, le film est à avoir incontestablement puisque je vous garantis que vous allez sursauter quelque fois. Black Knight

The TESSERACT Danny Pang alias Oxide Pang Chun, 2003, Thaïlande/Japon/Angleterre 

Adapté d'un bouquin d'Alex Garland (THE BEACH, ugh!), ce film nous présente plusieurs personnages habitant un hôtel en ruine du nom de Heaven. On a un jeune américain nerveux aux rêves sombres attendant l'arrivée d'hommes en costard pour jouer le livreur d'une cargaison douteuse, une psychologue anglaise tournant un documentaire sur les enfants en Thaïlande, une tueuse à gages perdant son sang tranquillement dans une des chambres et un petit garçon, Wit, travaillant dans cet endroit suspect, volant quelques bricoles à ses locataires pour un peu de monnaie. Les personnages et leur destinée s'entre-croiseront dans ce film humide où tout le monde est constamment en sueur tout en étant à la recherche de quelque chose de mieux.

On démarre le film avec un rêve (aidé de CGI) du jeune américain puis lors de son réveil, on se retrouve avec un montage nerveux, efficace qui nous annonce un film aux éclairages sombres, baigné d'une ambiance particulière. On nous fait la présentation des personnages assez rapidement en entre-croisant et en rejouant des séquences complètes d'un point de vue à un autre et le tout s'avère captivant.

Malheureusement, un coup toute l'intrigue installée, le film perd des plumes tout en demeurant un bon passe-temps alors l'enthousiasme y est toujours. Seulement, le dérapage n'a pas terminé et à partir d'une scène particulièrement mielleuse comme ça n'est pas permis, entre l'Anglaise et le petit Wit, avec laquelle on aurait pu passer l'éponge, rien ne s'améliore et rendu au final, on en a marre. Finale au ralenti douteux où on se fout pas mal rendu à ce point de ce qui peut arriver nous achève complètement avec un message lourd et vide d'intérêt. Dommage tout de même, le film étant rempli de bons moments avec une mise en scène bien intéressante d'un des deux frères Pang (THE EYE 1 & 2), mais le tout reste en tête comme une oeuvre déplaisante et vide. Dommage en effet. Bad Feeble

TIGER BLADE aka THE TIGER BLADE - Theeratorn Siriphunvaraporn, 2005, Thaïlande 

Prenez une brochette d'agents gouvernementaux undercover gominés comme des danseurs de tektonics et confrontez-les à un méchoui de terroristes internationaux arborant des tatouages magiques les protégeant des balles. Saupoudrez le tout d'une pincée de faux-semblant avec un méchant pas si méchant et des gentils en réalité très méchants histoire de laisser croire que l'on donne un corps à une histoire en réalité creuse comme la tête d'un footballeur, injectez-y un soupçon de mythologie fantastique avec la présence de la fameuse "Tiger Blade" (en réalité une épée magique rouillée qui ne sera présente à l'écran qu'une minute et trente secondes sur la totalité du métrage), n'oubliez pas d'y coller un sidekick rigolo et ventripotent qui se prend vent sur vent face à un troupeau de gonzesses en bikini et remplissez-moi tout ça d'une bonne bouillie de combats de boxe thaï et d'une poursuite en kart sur l'autoroute. Secouez le tout, laissez reposer deux minutes et vous obtenez TIGER BLADE, une série B d'action conne comme une bille, pas toujours compréhensible et tristement mal torchée.
Pas très digeste, le film de Theeratorn Siriphunvaraporn (porn?). Pas très malin non plus. Ni très honnête, comme en témoigne cette scène où un motard se fait coller une grenade dans le casque, passage mémorable volé au DOBERMANN de Jan Kounen. Quant aux scènes d'action, elles sont peut-être le seul véritable intérêt du film. Malheureusement elles sont mal montées, mal filmées et déçoivent car elles sont câblées - alors que le cinéma d'action thaï nous avait habitué à des affrontements secs et brutaux, bien loin des virevoltements aériens du cinéma d'Hong Kong. Reste cette poursuite en kart où les protagonistes se faufilent entre les roues de semi-remorques. L'intention y est, le résultat n'est en revanche que ridicule, la faute à des accélérés comiques et des effets spéciaux trop voyants. Vous l'aurez compris, TIGER BLADE, c'est loin d'être de la haute gastronomie.

Site www en thaï (bonne chance): www.tigerblademovie.com Kerozene

Google
 
Web www.clubdesmonstres.com

FILMS DU JAPON

100 FILMS | INTRODUCTION | ART | ARCHIVES | BESTIAIREBLOG | NOS CHOIX | COURRIER | DICTIONNAIRE VISUEL | EDWIGE FENECH | FIGURINES | FORUM | GAZETTE | LECTURES | LIENS | LUTTE | MP3 - WAV | REPORTAGES | RESSOURCES | PHOTOS | VISIONNEMENTS | VENTE