ASSIGNMENT TERROR aka DRACULA VS FRANKENSTEIN aka El Monstruos del Terror - Tulio Demicheli & Hugo Fregonese avec Paul Naschy, Michael Rennie, Craig Hill, Karin Dor, Espagne/Allemagne/Italie, 1970, 83m

Des extraterrestres dont la planète d'origine ne sera bientôt plus habitable envoient une force d'invasion minime pour préparer leur invasion de la Terre. Après avoir empruntés des corps d'humains décédés, entre autres de jolies femmes car elle ont plus d'influence sur les terriens, ils s'apprêtent à redonner la vie aux monstres qui vont effrayer la populace. Ils préfèrent soumettre les Terriens à leur emprise et non détruire la planète puisqu'ils veulent y déménager, pas bête. On remet donc sur les rails Dracula, le monstre de Frankenstein (sous un nom d'emprunt imprononçable pour ne pas avoir de problèmes avec la compagnie Universal), la momie et le loup-garou. Ce loup-garou est notre vieil ami Waldemar Daninsky, dans son deuxième film, qui, sous forme humaine, est donc le seul qui parle et qui fais frémir une jolie blonde extraterrestre. Il deviens rapidement apparent que la faiblesse du procédé qui leur permet d'envahir un corps humain laisse les étrangers à la merci des émotions qu'ils se mettent à avoir...

Dans un scénario de Paul Naschy qui n'est pas sans rappeler l'argument du scénario de Destroy all Monsters aka Les Envahisseurs Attaquent, , sorti deux ans plus tôt, ou les vilains d'un autre monde prennent le contrôle des monstres géants japonais, Michael Rennie est celui qui garde la tête froide, du moins en apparences. Les mignonnes assistantes, interprétées par la ravissantes Karine Dor et Patty Shepard, ont pour leur part de plus en plus de faiblesses et découvrent de bien étranges sensations. Bref c'est l'amour qui cause des problèmes au plan d'invasion qui, par ailleurs, met en vedette des monstres dans l'ensemble bien sages. Évidemment la belle part reviens au Loup-Garou, qui n'affronte pas Dracula, mais plutôt la Momie. L'atmosphère fleur bleue qui baigne l'époque et le récit et les monologues sur les sentiments humains sont parfois bien drôles et on croit peu aux chances de réussite de cette invasion. Qu'à cela ne tienne, on a le plein de monstres, quelques batailles, des supplices, de la romance interstellaire, un laboratoire qui a fière allure et une populace innocente. Le tout sur une belle musique de Franco Salina. Moi qui ne l'avait jamais vu, je me suis régalé.

En suppléments sur la dvd d'Artus Films - Les monstres de la terreur, par Alain Petit - Diaporama d'affiches et photos - Bandes-annonces de la collection Ciné de Terror. Versions: français, espagnol, allemand - Sous titres : français. Mario Giguère

BIGFOOT - Robert F. Slatzer, 1970, États Unis 

Une jolie blonde (Joi Lansing) survole la forêt lorsque que son monomoteur a des ratés. Saut en parachute et puis on enlève la combinaison de pilote pour se retrouver en petite robe courte au décolleté vertigineux. Allé hop, elle est kidnappée par un bigfoot qui a décidément du goût. Il enchaînera avec une plantureuse brune, membre d'un gang de jeunes motards en virée dans la forêt. Son copain, qui préférait s'occuper de sa moto, c'est pas réaliste, se rend au magasin général et appelle la police qui ne le croit guère. Jasper B. Hawks (John Carradine), vendeur arnaqueur itinérant, saisit la chance de sa vie, il veut capturer ce sasquatch pour en faire une attraction payante. Le hic c'est qu'il y a une famille, une tribu de bigfoot, qui collectionne les gros poumons pour perpétuer la race, les madames poilues étant devenues stériles. La chasse commence...

Mélange de comédie Hillbilly et de film d'horreur, le film est soit disant tourné sur les lieux d'apparitions de bigfoot. En fait, il est surtout tourné en studio, avec quelques stock-shots d'animaux, des costumes de monstres qui ressemblent à des tapis et masques de caoutchouc ou simple maquillage. Carradine cabotine à cent milles à l'heure dans une production mal filmée, mauvais cadrage, doublages douteux parcimonieux et musique pas toujours appropriée, bref, ça sent le coup fourré à plein nez. Mais on ne peut en vouloir au cinéaste de nous montrer Joi Lansing, qui semble sortie tout droit d'un Russ Meyer, avec des dialogues ringards à souhait et finalement on rigole de bon coeur. Une perle de plus au collier de la filmographie du grand poilu ! Mario Giguère

The BLIND WOMAN'S CURSE aka THE TATTOOED SWORDSWOMAN aka BLACK CAT'S REVENGE aka THE HAUNTED LIFE OF A DRAGON-TATTOOED LASS aka STRANGE TALES OF DRAGON TATTOO - Teruo Ishii, 1970, Japon   

Teruo Ishii est surtout connu pour la série de TOKUGAWA (L'ENFER DES TORTURES, FEMMES CRIMINELLES...), ses films de tortures misogynes au cinémascope chatoyant et tous ceux qui pensent qu'il n'a jamais réalisé le moindre bout de pelloche sans malmener la gente féminine ignorent très certainement une bonne partie de sa filmographie, dont ce BLIND WOMAN'S CURSE. Le film s'ouvre sur un combat homérique où les coups de sabre font voler des gerbes de sang dans un ralentit contemplatif. De nombreux figurants tombent à terre jusqu'à l'affrontement entre un homme et une femme. Celle-ci lève son arme et assène le coup fatal alors qu'au même moment la fille de la victime s'interpose. La lame lui frappe le visage, elle tombe à terre puis un chat noir s'approche d'elle et lui lèche ses yeux ensanglantés. Trois ans plus tard et autant d'années de prison, notre sabreuse est de retour parmi les siens, bien décidées à garder profil bas. Mais rapidement, des personnes de son entourage se font assassiner. Les soupçons se portent sur un clan adverse. Les choses n'étant pas aussi simples, le spectateur assiste alors pantois à un défilé de personnages interagissant dans une confusion générale des plus invraisemblables. Un chef de clan malodorant coiffé d'un chapeau melon et vêtu d'un pagne et d'un veston essuie les railleries de ses paires, des joueurs de dés trichent et se font pincer, un cirque itinérant s'apparentant à un freak show abrite une sabreuse aveugle et un bossu ricaneur (Tatsumi Hijikata, vu dans L'EFFRAYANT Dr. H aka HORROR OF A MALFORMED MAN), une maison cache un piège vicelard, ça se trahit, ça s'accuse, ça se découpe et au milieu de tout ce bordel se tient notre femme-leader dont le dos est tatoué d'une tête de dragon et cinq des siens portent sur leur dos le reste de l'animal. Lors des combats, les six acolytes se tiennent côte à côte, formant, de dos, un seul et unique dragon...

Cette production Nikkatsu est joliment filmée, mais malheureusement incompréhensible. Ishii lui-même en était conscient et n'a jamais trouvé que son film avait un véritable sens. Évidemment, le visionnement de la chose en devient difficile. Difficile car il est extrêmement compliqué de comprendre quel individu est associée à quel clan, quel clan est l'ennemi de quel autre clan et pourquoi tout ce petit monde se tape sur le coin de la figure. Seule l'arrivée de la sabreuse aveugle semble faire sens, sa présence annonçant immédiatement un désir de vengeance. Mais le script tente-t-il de faire croire qu'elle est responsable des différents meurtres qui parsèment le film, ou peut-être est-ce elle qui parvient à monter les clans les uns contre les autres ? Bref, il est bien inutile d'insister et mieux vaut profiter des quelques images sublimes qui parsèment le film, comme le cirque baroque aux vapeurs de perversions dans lequel la fille aveugle lance des couteaux autour de cibles humaines, ou le duel final sous un ciel nocturne surréaliste dans lequel les nuages forment d'étonnantes spirales. A moins d'être un complétiste de Teruo Ishii, mieux vaut laisser ce titre de côté : son visionnement s'avère plutôt frustrant et contre toute attente le métrage se termine sur une note moralisatrice qui ressemble bien peu à l'auteur des TOKUGAWA. Reste tout de même la belle Meiko Kaji dans le rôle principal, autrement dit la future Femme Scorpion. Kerozene

The BLOOD ROSE aka La ROSE ECORCHEE - Claude Mulot avec Anny Duperey, Howard Vernon, France

 Une femme (Anny Duperey (!)) s'éprend d'un célèbre peintre. Ils vivent dans un grand château. Mais une autre femme, jalouse, provoque un accident qui défigure atrocement la femme du peintre. Dépité, le pauvre vit un calvaire et fait passer sa douce pour morte. Il découvre alors qu'un des hommes (Howard Vernon) travaillant pour lui dans sa serre privée, n'est autre qu'un chirurgien plastique oeuvrant pour des criminels. Il lui demande alors de s'occuper de sa femme, malheureusement irrécupérable, et bien sûr pour cela il lui faut une jeune fille vivante afin de lui prélever la peau de son visage.

Le thème de "la femme défigurée qui pousse au meurtre pour qu'elle retrouve sa beauté" a été mille fois exploité. Ici, l'intérêt ne réside pas dans l'histoire, mais plutôt dans l'atmosphère. Et surtout de ces scènes étranges montrant les serviteurs du peintre, des nains vêtus de peau de bête, s'acharner sur de pauvres jeunes filles innocentes et surtout bien roulée. Pervers. Drôle aussi de voir Anny Duperey avec un visage atrocement brulé et sa vision subjective floue. Le final contient même son lot de surprise que je ne dévoilerai pas ici. Intéressant.

Claude Mulot a, par la suite, oeuvré dans le porno. Kerozene

Un des tout premier film de Claude Mulot, avant son basculement dans le X sous le pseudonyme de Frédéric Lansac ("la femme objet", "shocking", etc...).

Il nous sert ici son "yeux sans visage's movie" personnel, avec toutefois quelques petites modifications.

Ici, un peintre du nom de Frédéric Lansac (tiens tiens...) voit sa femme (Annie Duperey) défigurée et paralysée à la suite d'un accident. Très belle autrefois, elle est devenue un monstre aigri servi par deux horribles nains vêtus de peaux de bête! La seule solution consiste pour ce monsieur à faire appel au savoir-faire d'un chirurgien-voyou (Howard Vernon), qui compte faire une greffe à partir d'un spécimen vivant. A partir de là, kidnapping, un bout de sein par-ci par-là, bagarre, fuite, et tout l'bazar de ce genre de film...

Finalement c'est peu passionnant, malgré tout les efforts de mulot à nous servir une ambiance gothique très sombre, le jeu faiblard des acteurs et le manque d'action ennuie plus qu'il ne fascine... comme quoi le Rollin il est balaise je vous dis!!

A noter également la présence d'Elisabeth Tessier... Franfran

BLOOD ON SATAN'S CLAW aka La NUIT DES MALÉFICES aka Satan's Skin - Piers Haggard avec Patrick Wymark, Linda Hayden, Barry Andrews, Michele Dotrice, Wendy Padbury, 1971, Grande Bretagne, 92m

Angleterre, 18ème siècle, un jeune fermier trouve des ossements étranges après avoir labouré sa terre. Il court chercher le juge, mais à leur retour, tout a disparut. Débute alors une série d'actes répréhensibles commis d'abord par les jeunes auxquels se joindra une partie grandissante de la populace. Pendant que le juge, sceptique, étudie un ouvrage sur la sorcellerie qui lui a prêté le docteur, les meurtres et la recherche de la marque du diable continue pendant que la belle Angel Blake est pour ainsi dire devenue la sorcière en chef, qui prépare le retour du diable.

Dans le documentaire de la BBC "A History of Horror", Mark Gatiss vantait les mérites de ce film peu connu. Il mentionnait alors le sous-genre qu'il appelait "Folk Horror". Un genre dont les films phare sont "Witchfinder's General" et "The Wicker Man" ainsi que cette Nuit des Maléfices. Des films ancrés dans le paganisme d'une autre époque et des croyances que l'on croit perdues. La facture est d'ailleurs assez sobre en général, si on fait abstraction d'un peu de nudité et de la scène ou le docteur découpe la "marque du diable", une plaque à la pilosité débridée sur une partie cachée par les vêtements. La sexualité faisant partie des tabous de l'époque, la luxure est partie intégrante des armes du malin, que l'on verra, à ma grande surprise. D'ailleurs s'il y avait un mince reproche à faire à ce film singulier, fort réussit, ce serait une fin plutôt rapide. Le "juge" interprété par Wymark est aux antipodes de Vincent Price en grand Inquisiteur, puisqu'il repousse ce qu'il croit être des superstitions de villageois fort naïfs. Pendant ce temps Linda Hayden joue la sorcière en chef, aux sourcils qui poussent avec sa ferveur satanique, qui se dénude, qui veut attraper la jeune Cathy qui porte la marque sans avoir de symptômes. Je n'ai reconnu Wendy Padbury dans le rôle qu'au générique final, elle qui a été Zoe, une compagne dans Doctor Who. La photographie est fort naturelle, on ne cherche pas à éblouir, on veut visiblement rester sobre et montrer l'inexplicable sous un jour réaliste, une approche qui va bien à ce film que j'ai beaucoup apprécié. Piers Haggard, incidemment un descendant de H. Ridder Haggard, l'écrivain à qui l'on doit les classiques King Solomon's Mines, la série Allan Quatermain et She, a surtout oeuvré pour la télévision et on lui doit les dernières aventures de Quatermass.

L'édition d'Artus films offre le film en version originale, française et sous-titrée, "Le sang et le Diable", par Alain Petit, le beau court-métrage "Hyrcania", un diaporama d'affiches et de photos ainsi que les bandes-annonces de la collection British Horror. Mario Giguère

BLOODTHIRSTY BUTCHERS - Andy Milligan, 1970, États Unis, 79m

This 1970 no-budget gorefest is now considered a grindhouse classic. Andy Milligan's version of SWEENY TODD: THE MAD BARBER OF FLEET STREET was produced in England by the legendary, late grade Z auteur, who wrote, shot, produced, directed, designed, costumed and sometimes acted in his films.

19th Century London, Fleet Street: a murderous barber cuts the throats and dismembers customers for their jewels. The victim's flesh is later cooked up in meat pies sold to the public in Maggie Lovett's bakery. Much badly acted melodrama and absurdly entertaining "dialogue" later the mounting death toll and greed lead to the mass murderer's undoing.

John Miranda is actually quite effective as Sweeny Todd as is Milligan regular Berwick Kaler as the "head butcher" and the rest of the cast tries really hard for credibility, perhaps too hard, but it all remains amusing and often spirals, as do the butcher's tools, into moments of inspired delirium, as in the frenetic climax. Get ready for a lot of bitchy, trashy one liners "I ain't apologizing to no one... you know what you are... a whore!" The gore effects are hilarously impoverished, chopped off rubber hands and fingers which don't bleed, etc. This played regularly on the US drive-in circuit in the early 70s making big bucks for producer William Mishkin but little for poor Andy.

On a two disc DVD package, with the even more demented THE RATS ARE COMING...THE WEREWOLVES ARE HERE! (1971) from Video Kart at bargain basement pricing. Fullscreen and murky video quality, which somehow suits Millagan's aesthetics. Robert Monell

The BLOODY JUDGE aka Le TRÔNE DE FEU aka Night of the Blood Monster aka Der Hexentöter von Blackmoor aka Il Trono di Fuoco aka El Proceso de las Brujas aka Throne of Fire, 1970

Un des films de Jess Franco avec Christopher Lee et un des trop nombreux films du sous-genre gros méchant inquisiteur! Lee fait le juge qui traite de sorciers et sorcières tous ceux et celles qui osent comploter contre l’Angleterre. Il y a une séquence de combat dans la forêt entre rebelles et soldats du gouvernement qui semble filmée avec une seule caméra, assez confuse et pas réussie. Bonne trame sonore de Bruno Nicolai. Je préfère toujours Mark of the Devil.  Mario Giguère

COUNT DRACULA aka Les NUITS DE DRACULA aka El Conde Drácula - Jess Franco, 1970, Espagne/Allemagne/Italie

C'est la troisième et (à moins d'une catastrophe) dernière fois que je regarde ce film de Franco. 

Mon premier visionnement remonte à l'adolescence, époque où je n'avais aucune idée de qui était Jess Franco. J'avais vu le film pour Christopher Lee, et également parce que je découvrais les " classiques " du cinéma fantastique. Je ne me rappelle guère de ce visionnement.

Mon second visionnement remonte à 1996. Là, je connaissais Franco, et j'étais curieux de revoir ce film. Je me souviens avoir trouvé l'expérience catastrophique et le film, lamentable.

Plein de bonnes intentions, je lui donne une dernière chance en 2003 et, ma foi, je garde le même verdict.

Pauvre Jess ! En cette année 1970, il désire réaliser la plus fidèle adaptation du roman de Bram Stoker. Il songe à la tourner en noir et blanc, avec narration en voix-off, pages de journal personnel, etc. Mais tout ça déplaît souverainement à Harry Alan Towers qui trouve le choix trop peu commercial.

Handicapé par un budget dérisoire, Franco entreprend néanmoins cette tâche sabotée d'avance : avec deux sous, réaliser une adaptation impersonnelle et respectueuse. On retrouve donc un certain nombre de scènes aussi anthologiques que grotesques dans ce 90 minutes laborieux, qui rend presque mal à l'aise (attention, quelques " spoilers ") :

- L'attaque des animaux empaillés ! Quel moment anthologique d'humour involontaire. Franco zoome sur des bestioles empaillées (gros hibou rigolo, oiseau, etc.) à grands renforts de musique apocalyptique, et avec contre-plans des acteurs terrifiés... hum...

- La chauve-souris agitée devant la fenêtre, dont quelqu'un tient les ailes à l'aide d'une corde 

- La VF qui tue, pour ne rien arranger : musique de L'au-delà de Fulci qui se superpose à la trame sonore du film, dialogues creux débités par des acteurs nuls, dialogues rajoutés, par rapport à la version originale anglaise

- Klaus Kinski, filmé dans sa cellule : on voit l'ombre du caméraman, de la caméra, du fil de la caméra ! Par ailleurs, de nombreux critiques jugent la performance de Kinski " géniale " alors que, dans le fond, n'importe qui en aurait fait autant.

- La " mort " de Christopher Lee. Même les effets spéciaux de transformation de Paul Naschy sont plus convaincants.

- Herbert Lom, lisant un " extrait d'un manuscrit perdu " : il tient dans ses mains un livre à l'état neuf !

Le film est coincé dans un académisme de mauvais aloi, et le résultat est extrêmement statique. Seuls quelques plans isolés rappellent ici et là le style de Franco (souvent des extérieurs cadrés de façon baroque... ou alors une unique scène forte : Soledad Miranda qui envoûte une petite fille, dans un parc).

Le casting réjouira les fans de Franco, mais chaque acteur est indifférent ou absent : Jack Taylor, pâle et insipide ; Maria Rohm, à peine entrevue ; Herbert Lom tente d'avoir l'air tragique, en vain ; Paul Muller joue de son regard glacé dans un rôle qui ne l'exige pas ; Franco lui-même interprète un serviteur bizarre, qu'on voit à peine ; Soledad Miranda domine l'interprétation avec Fred Williams, sans faire grand' chose, par ailleurs ; Christopher Lee, quant à lui, moustachu et austère, semble très peu loin du caractère surnaturel qu'il possède supposément...

En bref, ce pauvre Jess a ici complètement raté son but, et il était temps pour lui de changer de producteur... Howard Vernon

COUNT YORGA, VAMPIRE aka The loves of Count Yorga - Bob Kelljan avec Robert Quarry, Roger Perry, Judith Lang, Donna Anders, 1970, États Unis, 90m

Dans un manoir isolé, le maître des lieux, le comte Yorga, un homme séduisant mais à l'allure sinistre, dirige une séance de spiritisme, à la lueur des bougies. Sont présents Paul et son amie Erica, Michael et Donna, ainsi qu'un troisième couple tous plus ou moins sceptiques sur l'expérience en cours. Après la séance, qui a tout de même choquée Donna, il laisse partir ses hôtes mais tend un piège à Paul et Erica, qui se retrouvent prisonniers de leur van en pleine nuit dans la forêt. Paul est assommé, tandis qu'Erica est livrée aux crocs d'un vampire..

De retour en ville, le comportement d'Erica intrigue de plus en plus son mari. Alors que les médecins s'interrogent sur l'étrange maladie qui ronge Erica, Yorga reviens prendre possession de sa belle proie..

Pour le Docteur d'Erica, il n'y a plus aucun doute, elle est victime d'un vampire qu'il faut occire rapidement...

Ce qui fait de ce long métrage un film vampirique bien au-dessus de la moyenne, mieux encore un petit classique vu l'année de sa réalisation, c'est que son intrigue bien ficelée reste magnifiquement fidèle à l'esprit de ce que les fans de Dracula se font d'un vampire. L' atmosphère y est des plus tendues, et certaines scènes chocs pour l'époque (Erica dégustant le sang d'un chaton devant les yeux de son mari horrifié..) sont assez stupéfiantes. Quand on rajoute à cette peinture l'inévitable touche 60's des décors et des costumes, on à une idée du charme dégagée par ce Comte Yorga (superbement interprété par Quarry soit dit en passant)! Certes, nous nous doutons bien du destin qui attend nos innocents protagonistes, mais ça ne nous empêche pas d'être rivé à leurs actions et à celles du Comte. Définitivement un film à voir pour les amateurs de classiques de l'épouvante. Marc Evil

CURSE OF THE VAMPIRES aka CREATURES OF EVIL aka BLOOD OF THE VAMPIRES aka Ibulong mo sa Hangin - Gerardo de Leon, 1970, Philippines 

[SPOILERS] La famille Escodero vit des heures bien sombres. Alors que le patriarche refuse de donner la main de sa ravissante fille à son prétendant, son fils apprend avec horreur que sa défunte mère est enfermée dans la cave de la demeure familiale. Pour des raisons inconnues, elle a été victime d'une malédiction qui l'a vue se changer en vampire. Depuis, tous les soirs, son mari la fouette à la sortie de son cercueil avant de l'enchaîner au mur ! Ainsi début cette traditionnelle histoire de vampires qui navigue entre le soap-opera sirupeux et le fantastique gothique à la sauce philippine. Le vampire y est en effet très standard : canines proéminentes, visage grimaçant, ongles à l'affût et fuyant les crucifix. Le côté oriental est quant à lui présent principalement via des éclairages colorés accompagnant les protagonistes mais également via le final qui voit l'être aimé de notre charmante héroïne revenir d'entre les morts afin de tourmenter le frère de celle-ci, depuis devenu un cruel vampire responsable de la condition de suceuse de sang de sa soeur...

Le film se termine sur la victoire en fanfare de l'église sur le Mal, sur le pouvoir de Dieu sur le démon, avec tout ce que cela implique de subtilité : une délégation religieuse menée par un évêque appuyé d'un peloton de nonnes et une armée de villageois se met à prier devant la demeure Escodero en brandissant crucifix et autres bibelots tout en mettant le feu à la propriété. Si les méchants vampires périssent dans les flammes, notre héroïne, elle, rejoindra l'homme qu'elle aime dans un au-delà vaporeux où ils pourront enfin consommer leur passion sans modération... . L'amour triomphe, Dieu est grand et le Mal est vaincu... Final un peu lourd et naïf, certes, mais qui n'empêche nullement d'apprécier cette production philippine gentiment divertissante.. Kerozene


Maria Rohm

DE SADE 70 aka EUGENIE... OR THE STORY OF HER JOURNEY THROUGH PERVERSION aka Les INASSOUVIES aka Philosophy in the Boudoir aka Die Jungfrau und die PeitscheJess Franco avec Maria Rohm, Marie Liljedahl, Christopher Lee, Paul Muller, Jack Taylor, 1970, Espagne/Allemagne, 83m

Considéré perdu pendant de longues années, ce film de Jess Franco a récemment refait surface dans une version DVD publiée par Blue Underground.

Tourné en 1969, il propose une première mouture d'un scénario que Franco allait reprendre au fil des années, par le biais de films tels Plaisir à trois, Cocktail spécial et Eugénie (1980).

Époque obligeant, cette version de 1969 est sans doute la plus chaste du lot (Cocktail spécial étant, après tout, un film XXX). Le scénario s'inspire de La Philosophie dans le boudoir du Marquis de Sade, mais se permet plusieurs libertés avec la trame narrative originale du roman/pièce de théâtre original(e).

Eugénie est une adolescente révoltée contre sa mère. Elle s'est liée d'amitié avec Madame de St-Onge, une jeune mondaine qui souhaite l'inviter à passer un week-end dans son île. Madame de St-Onge parvient à ses fins en séduisant le père d'Eugénie, interprété par Paul Muller. À l'insu de la mère de famille, la jeune Eugénie accoste donc sur cette île où Madame de St-Onge et son demi-frère entreprendront de la pervertir...

Filmé de manière quasi-académique (utilisation d'une grue, travellings, aucun zoom, montage élégant), ce film de Franco surprend par sa sobriété. Après tout, qu'attendre d'un scénario pareil ? Écrit par Harry Alan Towers (tout comme Justine), il offrait l'avantage, selon Franco, de rester fidèle à la trame du roman de Sade, tout en ne montrant pas tout de manière explicite. Si vous avez lu La Philosophie dans le boudoir, vous comprenez sans doute qu'une adaptation intégrale du livre est impossible, ne serait-ce qu'en raison du long pamphlet philosophique que l'écrivain a greffé à son oeuvre, Français, encore un effort si vous voulez être Républicains.

L'illustration se veut donc d'un érotisme raffiné, dans la lignée de ce que pouvaient faire à la même période des cinéastes comme Radley Metzger, José Bénazéraf ou, un peu plus tard, Michel Lemoine. Chez Franco, la mort voisine souvent avec l'érotisme, et son film en fournit une preuve supplémentaire.

On y retrouve des personnages et des situations qui seront reprises dans sa filmographie, par le biais de films tels La comtesse perverse (île isolée où se déroulent des actes impensables), Tender Flesh (idem) et Gemidos de placer (le guitariste désabusé qui suit les personnages dans leurs orgies).

Les fans de Franco reconnaîtront parmi le casting le glacial Paul Muller dans un rôle bref de personnage dépourvu de moralité. Jack Taylor y est lui aussi froid et calculateur. Maria Rohm, dans le rôle de Madame de St-Onge, fait preuve d'une retenue et d'une détermination exemplaires : il s'agit de l'une des interprétations les plus justes d'un personnage réellement pervers, à des lieues du cabotinage hollywoodien auquel le spectateur moyen a souvent affaire lorsqu'on veut lui montrer de manière tangible à quoi le mal peut ressembler. Franco apparaît dans un bref cameo, et on doit également souligner le rôle de Christopher Lee, sorte de maître de cérémonie qui lit des passages de l'oeuvre de Sade.

Les fans de Franco apprécieront sans doute ce film, mais peuvent lui préférer Plaisir à trois, qui reprend les grandes lignes de ce scénario, mais de manière plus personnelle ; les néophytes, eux, y trouveront mieux leur compte, car ce film est moins excentrique et plus accessible que beaucoup d'oeuvres antérieures de Jess Franco.

Le DVD contient un documentaire très intéressant de 17 minutes où Franco s'explique, de même que le producteur et l'actrice principale (qui semble à la fois naïve, désabusée et parfois un peu sotte). Une bande-annonce et une riche galerie d'affiches et de photos complètent le tout. Notons aussi que le film peut être visionné en version française ou anglaise. La VF est réussie, et la " doubleuse " de Christina dans Une vierge chez les morts-vivants, d'Eugénie dans Eugénie de Sade, et d'Irina dans La Comtesse noire, prête sa voix à Maria Rohm. Howard Vernon

Mr Mistival confie sa fille Eugénie (Marie Liljedahl) à sa maîtresse, Mme de Saint-Ange (Maria Rohm) qui s'est déjà liée d'amitié avec la jeune fille. Arrivée sur une île pour le weekend, Eugénie va rencontrer le frère de Saint-Ange (Jack Taylor) et le spectateur voit se mettre en place un piège pervers. Eugénie, naïve mais ouverte aux nouvelles expériences, va se laisser entrainer dans des séances de saphisme et faire de troublants cauchemars ou elle est exploitée sexuellement. Ce ne sont point des rêves et elle se trouve coincée sur l'ile, offerte en pâture à des admirateurs du Marquis de Sade.

Nul autre que Christopher Lee est le grand meneur de cette bande de fanatiques de Sade, dans un rôle certes court, mais marquant, surtout pour l'acteur, qui n'était pas au courant qu'il se retrouverait dans un film érotique. Bercé par une musique lancinante et envoutante de Hans Günther Leonhardt/Bruno Nicolai, avec la voix angélique d'Edda Dell Orso, l'atmosphère est onirique et la photographie magnifique. La perversion est omniprésente et le piège tendu à la douce Eugénie d'une cruauté machiavélique. La fin en sera d'autant surprenante. Franco allait s'inspirer du scénario pour d'autres films et j'ai beaucoup pensé à La Comtesse Perverse ou Plaisir à Trois. Le réalisateur a carrément revisité Eugenie en 1970 et 1980, sans parler des références régulières au Marquis de Sade dans son oeuvre. C'est donc un film moins explicite que ses tournages futurs, mais on n'y perd pas au change. Outre la toujours sensuelle Maria Romh, Marie Liljedahl, actrice suédoise découverte auparavant dans INGA, transperce l'écran tandis que Jack Taylor a vraiment l'air d'un détraqué incestueux visqueux. Une jolie perle au collier du regretté Jess Franco.

Au menu des suppléments de l'édition Artus Films - Histoire d'une perversion, par Alain Petit, ancien collaborateur du réalisateur et donc toujours bien placé pou nous en parler, un diaporama d'affiches et photos et les bandes-annonces de la collection Jess Franco. Mario Giguère

The DUNWICH HORROR - Daniel Haller avec Dean Stockwell et Sandra Dee, 1970, États Unis d'après The Dreams of the Witch House

Wilbur Whateley ( Dean Stockwell ) s'intéresse au Necronomicon, ce qui lui permet de se faire reconduire à la maison par la jolie bibliothécaire ( Sandra Dee ). Par des trucs vraiment pas catholiques il la garde toute la fin de semaine, ce qui pique la curiosité de son amie et du propriétaire du livre ancien. L'arrière-grand-père de Wilbur a été brûlé par les villageois de Dunwich et ce petit-fils veut reprendre son boulot : ouvrir la porte aux grands anciens, des divinités d'une autre dimension. Il avait donc besoin d'une vierge...

Le choix de Sandra Dee, parodiée dans Grease ( Brillantine ), surprend au début, puis on se rend compte que l'image de pureté virginale de l'actrice convient au propos du scénario. La tension monte graduellement, mais on ne peut s'empêcher de noter le manque de subtilité des éclairages. La maison des Whateley, fascinante, aurait parut plus troublante sous les caméras d'un Dario Argento, pour nommer un réalisateur qui a trempé dans des scénarios sur la sorcellerie. Si la première apparition du frérot mi-humain, mi-démon de Wilbur est efficace, dans un montage rapide aux images solarisées, le réalisateur ne peut résister à nous montrer l'innommable en conclusion, mais la minceur du budget fait encore défaut et le tout tombe pas mal à plat. On se rappelle la recette également dans THE HAUNTED PALACE, autre adaptation d'un texte de Lovecraft mal servie par un monstre à deux sous révélé à la dernière minute. Mario Giguère

le FRISSON DES VAMPIRES - Jean Rollin, 1970, France 

Je suis encore sous le choc, époustouflé. Je croyais que Jean Rollin n'était qu'un con divertissant. Mais non, il se croit aussi obligé d'ajouter à ses films déjà difficiles à digérer une dose massive de poésie vampirique. Le "Frisson" m'a marqué tant par sa musique plus que risible que par ses protagonistes aux costumes "hippies" et tape-à-l'oeil. Plusieurs scènes me sont restées dans la tête, comme celle où la vampiresse (hybride de Cher et de Marylin Manson) sort de l'horloge grand-père sous les douze coups de minuit, ou encore la "chorégraphie" des deux cousins lors de leur première rencontre avec le couple de jeunes mariés.  Comment ce mec fait-il, avec une femme aussi canon, pour accepter son continuel refus de copuler ? Ça m'a aussi dépassé. Et que dire de ce grand moment sur la plage... Vive les spots et vive la nudité gratuite (je ne condamne rien, j'en suis un grand fan). Ce que je trouve dommage, c'est que Rollin ne se force pas tellement pour trouver des lieux pour terminer ses films... Les repérages, lui, il doit les passer à "sélectionner" ses actrices à la dur, sur son canapé...  Ça fait 4 films de Rollin que je vois et 3 d'entre eux finissent sur la criss de même plage...  M'enfin. Orloff

"A minuit les femmes vampires sortaient des horloges" aurait put écrire Gaston Leroux à propos du film de Rollin, le seul qu'il m'a été donner de voir à ce jour, et bien que je ne sois pas tombé amoureux du style du "maître ", je dois avouer que je me suis bien amusé à savourer ce film, c'est déjà assez génial qu'un français s'embarque dans une aventure pareille avec de pareils moyens, et son film dégage un étrange parfum, fait d'une poésie inquiétante et vaguement ennuyeuse ponctuée ça et là d'images insolites et forts belles ; je pense bien sur à la scène ou' Isolde la vampire lesbienne sort de l'horloge et entraîne sa victime consentante jusqu'au cimetière au milieu des hululements sinistres et des cris de chiens fous accompagnés par la musique "vampirpop" du "groupe "achantus! Mais également au dispositif meurtrier de deux pointes acérées couvrant les seins, aux masques mortuaires recouverts d'une cire figée par les siècles, un crane illuminé dans un aquarium ou nagent des cyprins dorés, à Sandra Julien recevant le "baiser" fatal, le sang d'une colombe fraîchement tuée qui en coulant le long d'un cercueil, réveille sa propriétaire, le jeu tour à tour outré ou grotesque des comédiens, leurs costumes somptueusement ridicules, bref un charme indéniable malgré l'aspect décousu et chaotique du montage.

Ils sont ce qu'ils sont, mais les vampires français existent ! Jess Cougoar

The HORROR OF FRANKENSTEIN aka Les Horreurs de Frankenstein - Jimmy Sangster, 1970

Ce volet-là est totalement en marge de la série. Pour tenter de renouveler le filon, la Hammer écarte Peter Cushing et donne le rôle du baron au jeune Ralph Bates. Veronica Carlson, toujours aussi fade, reprend quant à elle du service en Elizabeth. Le scénario semble adapté librement du bouquin. Horror of Frankenstein a la réputation d'être une sous-merde. Je ne suis pas d'accord du tout. Oh, bien sûr, l'histoire est sans surprises, mais en dehors de cela, le scénario, immoral à souhait, est parfaitement réjouissant. Après avoir buté ou fait buter la quasi-totalité des autres personnages, Frankie n'a même pas le moindre ennui ! Ralph Bates compose un baron cynique, dépourvu de tout sens moral, et pourtant vaguement sympathique. Bien que cette chère Elizabeth fasse tout pour tomber dans ses bras, il n'en a strictement rien à foutre d'elle et plutôt que de l'épouser ou même d'en faire sa maîtresse, il l'engage comme gouvernante. Il faut dire qu'il a dans son pieu Kate O'Mara, laquelle a nettement plus de charme que la Carlson : son personnage de servante-maîtresse elle aussi sans scrupules est un des grands atouts du film. Tout comme le pourvoyeur de cadavres alcoolique et rigolard de Dennis Price. Le monstre, lui, n'est qu'une brute stupide et antipathique, mais il est joué par David Prowse, Mr. Darth Vader himself, ce qui est rigolo. Bref, une rupture de ton totale, qui préfigure le Frankenstein de Warhol/Morrissey et les délires de Franco et autres. Un brin nanaresque, certes, mais on aime ça, non ?  Michel Pagel

 I DRINK YOUR BLOOD- David E. Durston, 1970, États Unis   

Une secte de hippies satanistes débarque dans une petite ville. Lors d'une cérémonie macabre où ils décapitent un poulet, une fille qui les espionnait se fait capturer. Le lendemain, elle revient, choquée. Les hippies investissent un hôtel abandonné et casse tout, torturent un des leurs en lui coupant la plante des pieds. Le grand-père de la fille choquée arrive alors avec son fusil mais ça tourne mal: les hippies lui administrent une bonne dose de LSD. Son petit fils, qui le récupère tout défoncé n'est pas content. Et après qu'il ai abattu un chien enragé, prélève du sang du chien et l'injecte à des gâteaux que les hippies achètent. Ceux-ci une fois contaminés pètent les plombs. Le massacre commence...

 Le film, plutôt de mauvais goût, n'hésite jamais à sombrer dans le sordide: une des filles du groupe, enceinte, se plante un pieu dans le ventre quand elle apprend qu'elle est enragée. Les animaux subissent: le poulet du début, des rats aussi se font butter pour les besoins du film. Une des filles contaminées copulent avec des habitants du bled et propage ainsi l'épidémie. Il y a moult décapitation et grosses baves balanches. J'ai appris que les personnes enragées avaient peur de l'eau... Alors quoi qu'on en dise, le film d'horreur a des vertus pédagogiques. Pas franchement agréable a regarder pour cause d'ambiance super glauque et énervante, ce film reste une curiosité morbide unique en son genre. Kerozene

INCENSE FOR THE DAMNED, aka BLOODSUCKERS - Robert Hartford-Davis  Avec Patrick McNee et Peter Cushing, 1970, Angleterre

Encore connu sous le titre de DOCTOR WEAR SCARLET, voici un film d'épouvante britannique méconnu. Un jeune étudiant d'Oxford, nommé Richard, a disparu en Grèce. Sa fiancée est très inquiète et celle-ci, avec le consentement de son Peter Cushing de père, part le retrouver avec Patrick McNee et deux amis du disparu. On apprend que celui-ci a rejoint une secte guidée par une (superbe) femme. Celle-ci utilise Richard comme réservoir à sang, car, oui, c'est une vampire. On apprend aussi que Richard est impuissant, d'ou une certaine crainte de retourner vers sa blonde... Mais voila, après la mort de la méchante et de retour à Oxford, c'est Richard qui commence à avoir soif. Le traitement de l'histoire diffère en bien des points avec le film de vampire traditionnel, ce qui surprend. Pas de grosses canines, et une explication "rationnelle" sur l’existence du vampirisme en tant conséquence d'un refoulement sexuel. Un des derniers plans montre un Peter Cushing en larme, c'est émouvant. Kerozene

the REVENGE OF DR. X aka The Double Garden - Kenneth G. Crane, scénario Ed Wood, 1970, États Unis/Japon

Un film sur scénario d’Ed Wood Jr. Incrédible. Un vieux savant qui a besoin de repos s'en va passer quelque temps au Japon. Il en profite pour croiser deux plantes carnivores, question de prouver que l'homme a ses origines dans l'océan, en créant un homme plante carnivore. Tout ça avec plein de références directes à Frankenstein. De la belle musique d'orgue Hammond, de jolies japonaises, un monstre gogo à souhait et un faux volcan. Que demander de plus ! Mario Giguère

Ici pas de revanche ni de Docteur X au programme mais seulement un Dr. Bragan scientifique de la NASA, pour ainsi dire plutôt stressé. Ne cessant de vociférer sur ses collègues pour le moindre problème, il accepte de prendre quelques jours de congés sur les bons conseils de son plus proche collègue. C'est ainsi que le Dr Nakamura, lui propose de se rendre au Japon, dans sa demeure familiale, juste habitée par sa cousine, scientifique à ces heures... A peine arrivée, Bragan, fasciné par la serre jouxtant la demeure, décide pour tuer le temps, de se remettre à la botanique, ses premiers amours ! Il ressort par la même de derrière sa cervelle dérangée, son projet d'étude de la flore et sa théorie selon laquelle les êtres humains sont les descendants de plantes ! ! Bragan toujours aussi obsessionnelle et abusif avec son assistante Noroko, décide d'effectuer un greffon expérimental à partir d'une plante carnivore et réussit à créer le Sectovorus, une créature bien vivante, sorte de power rangers végétal avec des gants de boxe, qui ne va pas tarder à engloutir souris, poulets et chiots, Bragan allant jusqu'à lui servir du sang humain pour la maintenir en vie. Mais lorsque le Sectovorus se déracine pour effectuer ses premiers pas, le Dr Bragan devra se décider entre protéger sa création ou la détruire, pour sauver l'humanité.

Doté d'un budget de toute évidence très faiblard, ce nanar botanique ne fascinera même pas les jardiniers en herbe. Si il ne se passe pour ainsi dire rien avant l'arrivée de Bragan dans la serre, il ne se passe à peu près rien non plus lorsqu'il débute ses expériences. Il est vrai que gratter quelques tiges ou effectuer des greffons sur des plantes n'a rien de vraiment excitant au niveau cinématographique ! L'ennui nous poursuivra donc jusqu'à l'apparition de Sectovorus auquel Bragan donnera vie une nuit d'orage dans le plus pur style du célèbre Frankenstein. Mais lorsque l'on découvrira la chose ainsi créée, il y aura vraiment de quoi esquisser de larges sourires....

Bref, un film qui dissuade fortement de se mettre à la botanique ! Marc Evil

SCARS OF DRACULA - Roy Ward Baker, 1970

Il s'agit du dernier Dracula de la Hammer se déroulant au XIXe siècle (si ma mémoire est bonne). L'histoire n'a rien de bien original, Dracula s'attaquant aux personnes de passage dans son château, d'autres personnes tentant de leur venir en aide. En résumant à l'extrême, c'est ça. Mais si le scénario ne contient aucune surprise (certaines scènes faisant nettement penser à HORROR OF DRACULA), il y a d'autres aspects plus positifs : les décors étant réussis et les acteurs plutôt bons (Christopher LEE a un rôle quand même plus parlant que dans DRACULA, PRINCE OF DARKNESS), sans parler de la musique toujours réussie de James BERNARD, une bonne atmosphère se crée pendant ce film. Et c'est déjà pas mal. Il y a quand même quelques nouveautés par rapport aux précédents opus : les chauves-souris de Dracula (ratées, ce qui les rend assez marrantes), le rôle un peu plus important du domestique du Comte, mélange d'Igor et de Koukol, il y a plus de gore qu'auparavant, ainsi que pas mal de sadisme entre Dracula et son "valet" (je n'ai pas retenu son nom). Et enfin, un anéantissement de Dracula inédit, puisque cette fois due à la foudre. Même s'il ne figure pas parmi les meilleurs (HORROR reste loin devant, à mon avis), ce DRACULA est plutôt sympa et je dois dire que j'ai pas mal apprécié. Abronsius

TASTE THE BLOOD OF DRACULA - Peter Sasdy, 1970, Angleterre

La fin des années 60 et le début des années 70 correspondent, dans l'esprit des amateurs, à la décadence de la Hammer Films. À cette époque, la célèbre firme britannique tentait désespérément de rester au goût du jour en suivant les tendances du cinéma vers une explicitation grandissante de la violence et de l'érotisme. Comment moderniser ces mythes un peu guindés (surtout dans leur traitement " hammerien ") que sont DRACULA et FRANKENSTEIN ?

Dans le premier cas, TASTE THE BLOOD OF DRACULA tente de donner une réponse. Christopher Lee endosse à nouveau la cape du buveur de sang maléfique, mais pour un rôle extrêmement bref et des apparitions dispersées un peu partout dans le film.

Le début est plutôt intéressant et original : on nous présente un trio de bourgeois en quête de sensations fortes. Faisant bonne figure socialement, ayant l'air de personnes respectables et vertueuses, les trois hommes représentent l'archétype du romantique blasé qui veut se sentir exister en vivant des sensations fortes. Tant mieux pour le trio, qui croisera un jeune sataniste rêvant de ressusciter Dracula...

Ce début oppose avec succès une époque victorienne faite de répression et de conventions sociales aux désirs cachés de ses citoyens. Christopher Lee y est absent, bien sûr, puisqu'il a trouvé la mort (temporaire) dans l'épisode précédent, DRACULA HAS RISEN FROM THE GRAVE.

Quand il réapparaît en découvrant des canines bien pointues, on se demande encore pourquoi un tel culte entoure ce comédien dont le registre est, il faut bien le dire, plutôt limité. Ici, deux ou trois répliques, un froncement de sourcils, des yeux " vilains " filmés en gros plan (Lugosi faisait la même chose en... 1931 !) constituent l'essentiel du " jeu " (?) de Lee. Autour de lui, on retrouve quelques archétypes hammeriens : le jeune couple qui devra combattre l'emprise du vampire, de jeunes femmes séduites par le comte, un château en ruines, une forêt inquiétante, et le tour est joué.

TASTE THE BLOOD OF DRACULA est un " Hammer " plutôt plaisant. Le scénariste n'a guère eu le choix de rajouter certains éléments nouveaux (le trio pervers) pour donner un peu de piquant à une idée épuisée par les volets précédents de la série, qui suivaient de plus près le roman original de Bram Stoker. La violence s'y fait plus visuelle, bien que ce ne soit rien de très choquant de nos jours. Quant à l'aspect érotique du film, il convient de mentionner qu'aucune nudité n'est visible à l'écran, et que le volet précédent (DRACULA HAS RISEN FROM THE GRAVE) semblait même un peu plus audacieux à cet égard.

Pour mémoire, j'ai vu la version complète de ce film (la scène du bordel est absente de certaines copies). Howard Vernon

EL VAMPIRO DE LA AUTOPISTA aka L'HORRIBLE SEXY VAMPIRE aka THE VAMPIRE OF THE HIGHWAY - José Luis Madrid Delavena avec Waldemar Wohlfahrt (en tant que Val Davis), Bernabe Barta Barri, Joe Camroy, Susan Carvasal, Victor Davis José Marco Davó, Luis Induni, Patricia Loran, Ada Tauler (la première victime, vue également dans quelques Franco, en tant qu'Adela Tauler), 1970, Espagne, 1h25

Dans un motel de la Forêt Noire, un couple de touristes est découvert étranglé : on ne trouve pas de trace du tueur. Le commissaire de police, chargé de l'enquête, s'entretient avec le médecin légiste. Il apprend que le meurtre présente de troublantes analogies avec d'autres récemment arrivés et qui n'ont pas l'apparence de crimes commis par un être humain, mais au contraire semblent dénoncer l'œuvre d'un vampire. Le médecin explique au commissaire que, depuis l'année 1886, date de la mort du baron Von Winninger, des homicides inexplicables surviennent tous les 28 ans...

Oh la jolie tranche de bis que voilà ! Tourné en Allemagne par José Luis Madrid Delavena, artisan du fantastique espagnol auteur par ailleurs de deux Paul Naschy, cet HORRIBLE SEXY VAMPIRE fait rapidement plonger le spectateur dans la franche hilarité. Le réalisateur collectionne les incohérences, les approximations et les faux raccords comme d'autres les timbres. Dans le rôle principal de Klaus, descendant du fameux baron vampire, Waldemar Wohlfahrt évoque davantage Plastic Bertrand ou un footballeur lituanien qu'un aristocrate menaçant. Il faut le voir louer une Mercedes décapotable alors que l'hiver bat son plein et que la plaine est recouverte d'un épais manteau neigeux. Des personnages disparaissent aussi vite qu'ils étaient apparus, victimes du vampire ou de la confusion du scénariste... qui n'est autre que le réalisateur (comme quoi, on ne peut pas tout faire, hein !). A plusieurs reprises, le commissaire accuse Klaus d'être sous l'emprise de l'alcool, comme s'il se doutait que tout le monde n'est pas très clair sur le plateau... Bien sûr, Delavena ne manque pas de déshabiller TOUTES ses comédiennes, comme pour en donner pour son argent au spectateur (s'il compte sur un scénario original c'est pas gagné en effet !). Au fur et à mesure que le visionnement progresse (si l'on peut dire), le script révèle des béances grandissantes, au point de ressembler à un Emmenthal suisse. Clou du spectacle, L'idée de mise en scène du film, le vampire disparaît et réapparaît sans cesse, en des effets spéciaux à peine dignes de Georges Méliès. Risquons une hypothèse : il doit s'agir d'une métaphore de la double condition de réalisateur-scénariste. Quand le premier apparaît, le second disparaît. Un "bis" abyssal et immanquable ! Stelvio

The WEREWOLF vs the VAMPIRE WOMAN aka L'OMBRE DU LOUP-GAROU aka WEREWOLF SHADOW aka LA FURIE DES VAMPIRES aka BLOOD MOON aka SHADOW OF THE WEREWOLF aka LA NOCHE DE WALPURGIS- Leon Klimovsky/Paul Naschy avec Paul Naschy et Gaby Fuchs, 1970, 84m

Deux collégiennes recherchent la tombe de la comtesse Waldessa. Ils rencontreront le comte Waldemar qui les aidera avec l'espoir de retrouver le moyen de redevenir un simple mortel, car il est loup-garou, le pauvre. Naturellement tout se complique et l'on réveille la comtesse jusqu'à l'incontournable duel qui donne son titre au film.

Paul Naschy réalise un film sobre, avec un brin d'érotisme, du sang et des montées dramatiques parsemées. Voilà la faiblesse du film, pas de montée dramatique constante, mais des moments forts éparpillés. Je me demande toujours s'il est voulu que le maquillage du loup-garou soit si foncé, pour ne pas en voir les défauts ou parce que les copies que l'on regarde n'y font pas justice ? Mario Giguère

Ceux qui connaissent un peu sa carrière savent que les débuts de Paul Naschy ont été assez difficiles. Au bilan, des échecs commerciaux, un film jamais sorti et un autre remonté avec des inserts risibles. Aussi, quand en 1970, il propose ce projet, il se heurte à certaines réticences, et l'un des producteurs refuse même que Naschy joue dans le film... Malgré tout, le projet se monte avec Naschy (soutenu par les autres producteurs) et le résultat est le premier succès de sa carrière, un film qui s'exportera sur le plan international, sous divers titres.

C'est probablement l'un des meilleurs Naschy. On y retrouve les constantes de ses films : mélange entre divers légendes ou folklores fantastiques, ambiance gothique dans un cadre moderne, romantisme, aspect dramatique, etc.

Le scénario de base est à l'image d'un certain cinéma populaire, à la fois simple et efficace : une étudiante se documente pour sa thèse, qui porte sur une comtesse impliquée dans des rites occultes, morte depuis plusieurs siècles. Elle sait que sa tombe se trouve dans une région du Nord de la France, et s'y rend en compagnie d'une amie. C'est là que les deux femmes rencontrent Waldemar Daninsky, un écrivain solitaire qui vit comme au XIXe siècle ou à peu près (pas d'électricité, etc.). Daninsky est un loup-garou, bien sûr, comme les fans de Naschy le savent... mais qu'arrive-t-il quand un loup-garou aide deux jeunes femmes à libérer une vampiresse sanguinaire, et qu'un maniaque sexuel rôle dans les environs ?

Tout cela pourrait donner un résultat kitsch et un peu bête (comme l'un des premiers Naschy fantastiques, Dracula vs Frankenstein), mais, non, ça fonctionne ! L'ambiance est là, la musique d'Anton Garcia Abril est hyper-efficace (le type a signé les bandes son de la série des Templiers Aveugles d'Amando de Ossorio), Klimovsky effectue un travail honnête d'artisan expérimenté.

... Et il y a ces " plus " qui aident à rendre un film singulier : 

* Patty Shepard, actrice américaine, offre une performance aussi étonnante qu'originale, en femme vampire réellement bizarre et " autre ". Pour avoir vu beaucoup de films de vampire dans ma vie, je peux affirmer que Patty Shepard se démarque et que toutes les scènes où elle intervient ont un petit quelque chose de magique.

* Naschy a parfois des défauts, mais ce film met plutôt ses qualités en avant, et le mélange des genres fonctionne bien

* Les autres interprètes sont généralement convaincants, ce qui ajoute de la qualité à l'ensemble, bien sûr.

* Beaucoup de moments visuellement très réussis, des images troublantes et véritablement habitées d'une poésie fantastique certaine.

En somme, c'est une bonne porte d'entrée pour découvrir l'œuvre de Naschy, souvent inégale, certes, mais dont les points saillants méritent d'être découverts. Howard Vernon

the WIZARD OF GORE, Hershell Gordon Lewis, 1970, États Unis

Les similitudes de ce film avec BLOOD SUCKING FREAKS sont assez effarantes. Ici, nous avons Montag, "Master of Illusions" (Sardu, "Master of the Macabre" dans BSF) qui nous propose des tours de magie ultra gores sur une scène, style découper une jeune fille en deux à l'aide d'une tronçonneuse, faire avaler des sabres de façon peu délicates par deux jeunes donzelles attachées, ouvrir le crâne d'une autre et lui sortir la cervelle avec délectation...  Bref, c'est bien dégueulasse et c'est très kitsh - façon Lewis, avec ses coupes qui passent du ventre nu d'une femme au même ventre recouvert de tripaille
visqueuse et de sang rouge vif. On notera que les victimes de Montag sont des femmes - comme pour Sardu (à une exception). Les femmes en question terminent leur séance saines et sauves sous le regard abasourdi des spectateurs. Mais au bout d'une heure, elles meurent subitement des blessures infligées par le vilain Montag. Comme ça, pouf. C'est absurde et rigolo, les acteurs sont incroyablement peu crédibles et le gore est très gore, les plans fixes de 24 secondes montrant la main de Montag plonger dans les tripes ne manquent pas, Lewis se délecte à fond dans l'absurde et le grand-guignolesque. Le final réserve une jolie surprise totalement débile mais bienvenue. Kerozene

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