
mise à jour le 18 novembre 2007
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PLAYGIRL KILLER aka Decoy for Terror aka Portrait of Fear - Erick Santamaria, 1968, Canada On débute sur un joli paysage où un couple arrive en canot pour relaxer un bel après-midi d'été. L'homme charismatique (William Kerwin, aussi scénariste), voyant la dame prendre une pause magnifique, sort son crayon vite fait pour la dessiner. Mais voilà le problème, elle se met à bouger et le mec n'apprécie vraiment pas: " DON'T MOVE!! ", ce qui incite la dame à faire le contraire, bien sûr. Notre " héros " pète les plombs et la tue sur-le-champ puis se met à courir de la justice. Tout ceci en moins de 5 minutes. Son règne continuera avec les modèles avides de mouvements, mais il a tout de même une idée en tête: accomplir une peinture qui lui est parvenu à travers ses rêves. Ce film est particulièrement surprenant. On s'attend à une pâle copie de COLOR ME BLOOD RED (sorti 3 ans plus tôt) de notre ami Herschell et on se retrouve plutôt avec un film supérieur de tous côtés. La mise en scène est sur automatique, mais Kerwin possède un tel charisme à l'écran en poussant son personnage à l'extrême qu'un grand sourire de plaisir s'installe sur notre gueule pour la durée du film. Une fin à la EC Comics fait également parti du tout pour ajouter la cerise sur une oeuvre déjà réussie. Un bon film de la vieille époque qui accumule les années sans trop de rides. Bad Feeble |
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La POMME, LA QUEUE ET LES PÉPINS aka The Apple, the Stem and the Seeds, Claude Fournier, 1974, Canada, 1h28 Une production Cinépix rated "ET" for "Extremely Trash". C'est con, parce que ce film mythique, je le cherche depuis des lustres. Sa réputation a dépassé bien des frontières, et Léo Bonneville, dans une édition d'époque de Séquences, au temps où cette revue était administrée par des ecclésiastiques prônant des valeurs chrétiennes, l'avait "ramassé" en disant que le cinéma canadien était tombé bien bas. Il n'avait pas tort. Pourtant, malgré tous les bruits qui couraient au sujet de la rareté présumée de cette oeuvre, il suffisait de se pencher pour le trouver. Tout d'abord aperçu au Ciné-Vidéo-Club Cartier, à Québec, à la sortie d'une projection d'ARBRES, loué dans la fièvre du moment mais jamais visionné (je lui préférai LE CHEF SE DÉNIAISE, plus rare et plus... niais, si on peut dire), je le recroisai pas plus tard que la semaine dernière à la Boîte Noire, rue St-Denis. Cette brève mise en situation devrait suffire à vous expliquer à quel point mes espérances étaient élevées lorsque j'insérai la vidéocassette dans mon magnétoscope. ÇA PARLE DE QUOI ? Martial (Donald Lautrec), un gars "ben ordinaire" qui travaille dans une clinique de fertilisation animale de Laval, et qui est membre actif d'un parti politique, est sur le point de se marier. Sa femme, Louise (Han Masson), est une belle petite brunette qui "vient avec" une famille trash à souhaits, avec un `beau-frère (Réal Béland) qui sacre comme un charretier et qui boit une gorgée de bière entre chaque respiration, et un papa bien moustachu (Roméo Pérusse) qui a des problèmes digestifs qui le font éructer et flatuler à tout rompre. Sa maman, au moins, est une Janine Sutto normale. Alors notre Martial, en bon gosse, se marie avec Louise, et part en "voyage de noces", qui consiste en fait à rester deux semaines dans la même chambre d'hôtel cheap pour procréer. Voilà, un petit problème survient : le moineau de monsieur ne lève plus. Nous suivrons dès lors les efforts du couple nouvellement constitué pour "redresser" la situation, qui risque bien de menacer l'équilibre familial et social de Martial; tassez-vous, tout s'écroule ! APPRÉCIATION ? On reste bouche bée devant cette production audacieuse, qui va vraiment loin pour faire rire. Fournier emploie ici un humour scabreux très particulier au début des années '70, un humour vulgaire et sale, misogyne et grossier, et il est étonnant de voir que cette oeuvre a obtenu un quelconque financement. Ce qui étonne le plus, c'est la participation de "gros noms" de l'époque; Janine Sutto n'avait peut-être pas lu le scénario, car elle ne se compromet pas trop, mais il y a quand même Lautrec qui prend part à plusieurs outrages, Danielle Ouimet et Louise Turcot dans des rôles habillés - allez comprendre ! - et un Paul Buissonneau complètement délirant dans la peau d'un chercheur somnolent et fort imbu de lui-même. Certaines scènes sont vraiment réussies, et on demeure abasourdi par tant de trouvailles, qui défilent l'une après l'autre sans que le rythme ne ralentisse; tellement qu'on dirait parfois un film à sketches ! Jean Lapointe offre une performance absolument ahurissante dans la peau d'un libraire gai, atteignant des sommets comiques rarement entrevus dans sa carrière récente. Le cabotinage éhonté dont il fait preuve est incroyable ! LA POMME... est donc un cocktail difficile à avaler, où l'on aurait mélangé du sexe volontairement théâtral à une vulgarité sans bornes, un soupçon de dialogues à saveur politique, des personnages caricaturaux, le tout brassé sauvagement par un scénariste obnubilé par sa phase anale visiblement refoulée, recraché sur pellicule à la va-vite pour capitaliser sur le succès de DEUX FEMMES EN OR ('70) et des CHATS BOTTÉS ('71), aussi des oeuvres de Fournier. Reste à savoir ce que vaut son ALIEN THUNDER, tourné la même année que LA POMME... et qui a l'air ma fois aussi effrontément trash. C'était là le premier film de Han Masson, qui enchaîna avec JOS CARBONE en '76, et s'éloigna peu à peu du cinéma de genre pour obtenir un semblant de "respectabilité" qui culmina en '90 dans DING ET DONG, LE FILM. Lautrec, lui, à travers ses nombreux tours de chant, allait récidiver dans GINA de Denys Arcand, qui ne vole pas tellement plus haut, mais qui confirme que l'homme choisissait sciemment les scénarios des films dans lesquels il apparaissait en fonction de leur bas niveau. C'est ce qu'on appelle un GRAND du cinéma québécois. Orloff |
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PREMIER JUILLET : LE FILM aka Moving - Philippe Gagnon, Canada, 1h30 Une coutume québécoise veut que la date "officielle" du déménagement soit, pour tout le monde, le premier juillet. Les baux se terminent à cette date et dans les villes le moindrement peuplées, tout le monde déménage en même temps, créant un certain remue-ménage dans les familles. Voici que dans notre petit monde cinématographique, on se penche enfin sur la question. On a donc droit à une production estampillée INIS, ce qui ne présage dès le départ rien de bon. Rien que la musique du menu du DVD devrait suffir à nous donner une idée de ce qui nous attend, mais on persiste, et je signe. Un film choral. Des destins qui se croisent. Des gens reliés les uns aux autres sans vraiment la savoir. La théorie du 6 degrés de séparation bafouillée. C'est bien à la mode ces temps-ci, ce genre de scénario. Bien mis en images, ça peut donner un résultat intéressant, mais quand on se prend les pieds dans les fleurs du tapis, le spectateur a envie de crier "au secours !"... Je me demandai donc dès les premières minutes si j'allais endurer cette "chose" jusqu'à sa conclusion. Puis ma curiosité morbide et ma prédilection pour la merde sur pellicule l'emportèrent et c'est avec un certain masochisme que je regardai les personnages "évoluer" jusqu'à une fin sirupeuse où tout s'arrange, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Douleur immense de voir des fonds ainsi gaspillés. Douleur profonde de voir que personne dans l'équipe, ni dans le pré, ni dans la post, ni EN COURS DE TOURNAGE, ne s'est rendu compte que tous les acteurs jouaient faux, que les dialogues pitoyables sonnaient creux, que les événements dépeints étaient hautement improbables et que la garde-robe "cheap estival" faisait mal aux yeux. Acteurs de téléroman lorsqu'ils ne sont pas carrément amateurs, les protagonistes de cette inutilité flagrante agacent dès le premier regard. Les situations tirées par les cheveux nous donnent envie de lancer le film par la fenêtre, mais je crois que le pire dans toute cette galère, c'est la musique. Haut-le-coeur assuré. On finit avec une morale hallucinante de bêtise, avec des personnages incroyablement irresponsables qui s'en tirent à bon compte, l'idiotie mordante de la jeunesse glorifiée, et les rues du Plateau monopolisées pendant une bonne partie de l'été dernier au nom de cette abomination qui sert de pub au Clan Panneton. En tout cas, ça ne donne pas envie de déménager. Orloff |
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REVENGE OF THE RADIOACTIVE REPORTER - Craig Pryce, 1991, Canada, 1h20 Un reporter un peu con, salement fringué, invite sa copine et son frangin dans un party costumé pour une soirée de réjouissances, soirée au cours de laquelle il leur révèlera qu'il enquête sur un "gros coup" et qu'il est peut-être en danger. Le lendemain, il se rend à la réunion administrative du comité de gestion d'une centrale nucléaire, où il les accuse de négligence dans le traitement d'une fuite de matériel radioactif qui contamine les eaux locales et provoque de multiples cancers parmi la population. Le PDG l'amène faire un tour pour le rassurer sur leurs procédures de sécurité, puis le pousse dans un bassin de liquide fumant et, on l'imagine, toxique. En ressortira un homme nouveau, mélange égal du reporter con et d'un espèce de Freddy Krueger du pauvre, au visage ravagé par la radioactivité, déambulant dans un costume giallesque pour passer inaperçu tout en se vengeant de cette humiliation du derme, et en essayant de regagner l'amour de sa douce Richelle, une blondinette frisée qui n'est peut-être pas très prête à fréquenter ce Mr. Hyde permanent. Film canadien à petit budget, REVENGE OF THE RADIOACTIVE REPORTER fut la première carte de visite de Craig Pryce, un tacheron aussi connu pour la réalisation de THE DARK en '94, et de quelques épisodes sélectionnés parmi les séries télé les plus nulles et impopulaires de l'histoire récente de la télévision insignifiante. On se demande donc comment cette comédie horrifique, ni drôle ni horrifique, sur-éclairée et particulièrement mal jouée, a pu faire en sorte qu'on le voie comme un professionnel. Les deux personnages "principaux", si on peut se permettre, sont d'une nullité aberrante, et c'est là leur premier et seul film, heureusement. Que dire de l'acteur personnifiant le frère de la boule de latex !? Chacune de ses apparitions agace et émerveille; comment Pryce a-t-il pu laisser autant de cabotinage infantile dans le choix de ses prises finales !? Les effets spéciaux sont corrects sans être géniaux, mais ne rachètent rien; même à 1h20, le film est long pour quiconque n'ayant pas trop envie de perdre son temps. Voilà donc encore un beau boulot de visionnement-sacrifice pour lequel le reste des membres du Club me doivent une fière chandelle. Orloff |
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REVIVAL BLUES - Claude Gagnon, 2002, Canada/Japon, 1h50 Un homme d'affaires japonais (Takashi Naitô), en visite à Okinawa, en profite pour aller rendre visite à un vieil ami (Eiji Okuda) qu'il n'a pas vu depuis plus de vingt ans, et avec qui il faisait partie, dans un passé assez lointain, d'un groupe de blues. Son voyage d'affaires n'est qu'un vague prétexte pour faire la paix avec son ami, avec qui il s'était jadis brouillé pour d'obscures raisons. Il apprend toutefois que ce dernier souffre d'un cancer généralisé, et qu'il n'a plus que quelques mois à vivre. Il fera alors tout ce qu'il peut pour regagner l'amitié du mourant, et pour rendre ses derniers jours agréables. Réalisé, scénarisé, photographié et monté par Claude Gagnon, un revenant du cinéma québécois, si l'on peut dire, qui s'est cantonné depuis '91 au rôle de producteur (LE PETIT CIEL, HISTOIRES D'HIVER), REVIVAL BLUES est une pure merveille d'intimisme, film "québécois" tourné au Japon avec des acteurs locaux en quelques semaines, et selon son auteur "dans un état de pur bonheur". Une curiosité, certes, mais un paradoxe; pourquoi, avec un scénario de cette qualité, Claude Gagnon a-t-il été forcé d'aller tourner son film au Japon ? Choix artistique, ou nostalgie des années '70 pendant lesquelles Gagnon a vécu là-bas ? Il était plus facile d'obtenir du financement, et c'était semble-t-il une question de production, les Japonais ayant des méthodes de tournage plus "expéditives" et beaucoup moins régies par la poigne de fer des syndicats. La trame narrative est donc très "japonaise", tant au niveau du rythme que du côté linéaire; le film est certes raconté en ordre chronologique, mais n'est narrativement pas très bavard, et le spectateur découvre de quoi il retourne progressivement, un détail minutieux après l'autre, des indices nuancés étant semés ça et là au fil du récit avec beaucoup de talent. On explore autant la très belle relation qui se tisse entre Ken (l'homme d'affaires) et Yosuke (le mourant), que l'éveil de Ken au monde qui l'entoure. Beaucoup de symbolisme ici, et une attention particulière au détail font du visionnement une expérience fort stimulante. Les lieux de tournage souvent surprenants (un bar-bunker cubiste d'Okinawa, les rues si particulières de Kyoto) sont un agrément visuel non négligeable et les dialogues, entièrement improvisés, donnent une certaine authenticité à l'ensemble. Yosuke, le mourant, est interprété par un ami de longue date de Gagnon, avec qui il avait tourné LE PIANISTE en '91, et qui donne ici une performance très juste et touchante. Ken, l'homme d'affaires à la libido débordante, est personnifié par Takashi Naitô, beau joueur qui est aussi apparu dans AFTERLIFE en '98, qui a fait partie de la série RASEN en '99 et qui a prêté sa voix au père de Chihiro dans le SPIRITED AWAY de Miyazaki !! Une actrice très populaire au Japon, Kaori Momoi, complète le tableau. Elle joue l'ancienne chanteuse du groupe de blues défunt, maintenant propriétaire décatie d'un petit bar de quartier et confidente de Ken. Momoi a entre autres collaboré avec Kurosawa pour son KAGEMUSHA en '80, est apparue dans LA FAMILLE YEN en '88, et dans SWALLOWTAIL & BUTTERFLY en '96 ! Un casting de béton donc, pour un superbe film, qui marque le retour à la réalisation de Claude Gagnon, principalement célèbre pour son KENNY en '88. OVNI dans le paysage cinématographique québécois parce que libre de toute mode ou tendance, cette co-production Japon / Canada sera prochainement sur nos écrans et je vous encourage fortement à lui jeter un coup d'oeil, car ça vaut largement le détour ! Orloff |
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On se plait à imaginer une sortie en salles pour le réalisateur Québécois qui vise de plus en plus haut, avec succès. Mario Giguère |
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ROULETTE RUSSE aka RUSSIAN ROULETTE - Lou Lombardo avec George Segal, Denholm Elliott, Val Avery, Cristina Raines, Bo Brundin, Louise Fletcher, 1975, Canada-Angleterre, 1h28 Suspendu de ses fonctions, le policier Timothy Shaver se voit confier une ultime mission : protéger de l'assassinat le Premier soviétique Kossyguine, en visite à Vancouver... Production anglo-canadienne, cette bande de série B méconnue constitue une assez bonne surprise. Ancien chef-opérateur de Robert Altman, Lou Lombardo filme de façon élégante sinon très originale cette course-poursuite au montage serré sans fioritures, et à l'intrigue complexe. Les extérieurs à Vancouver en Colombie britannique sont judicieusement choisis. Avec son habituelle décontraction un peu gênée, George Segal met dans le mille dans ce rôle de flic un peu loser, jusqu'à un final vertigineux que n'aurait pas renié un Peter Yates ou un William Friedkin. A condition toutefois de ne pas en attendre monts et merveille ce modeste polar d'espionnage tient donc en haleine et permet de passer un agréable petit moment estampillé seventies ! Stelvio |
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SCREAMERS aka PLANÈTE HURLANTE - Christian Duguay, 1995, Canada En 2078, sur la lointaine planète Sirius B et ses déprimants paysages désertiques, vivent les derniers soldats d'une guerre intergalactique qui vit terriens contre terriens se massacrer. L'arme ultime développée durant cette guerre, ce sont les hurleurs (screamers donc), de petits robots autonomes munis de lames circulaires et découpant en morceau à peu près tout ce qu'ils croisent sur leur route. Mais les screamers se sont développés d'eux-mêmes et ont acquis une indépendance menaçante ainsi qu'une formidable capacité de développement. C'est ce que découvre le commandant Hendricksson (Peter Weller) lorsqu'il recueille un petit garçon apparemment innocent mais dont l'enveloppe dissimule une robotique de pointe, et surtout un danger pour les siens. Christian Duguay (SCANNERS II et III) adapte Philip K. Dick sur un scénario de Dan O'Bannon. Et effectivement, on retrouve les thèmes dickiens de rigueur : double identité, paranoïa, faux-semblants... Mais si les précédentes adaptations de K. Dick, comme BLADE RUNNER ou TOTAL RECALL parvenaient à nous bluffer en nous mettant en lieu et place du protagoniste principal et en nous faisant douter de l'identité de chacun, Duguay lui manque définitivement de subtilité à tel point que les ficelles qu'il utilise s'apparentent plus à des cordes d'amarrage. Pas de surprise donc dans SCREAMERS, on se rattrape comme on peut sur les quelques dialogues bien sentis (" Qu'est ce que je fais depuis une heure ? Des ronds de fumée avec mon cul ? ") et les quelques timides effets gores perdus au milieu d'images de synthèse pas très belles. SCREAMERS est un divertissement oubliable. Kerozene |
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SEDUCTION
OF EVIL - Andre Dubois avec Isabelle Stephen, Kerri Taylor, Andre
Dubois, Daniel Brown, 207, Québec, 45m Hommage réussit à la firme Hammer réalisé avec brio. Scénarisé et mis en scène par André Dubois, grand amateur de la firme anglaise, SEDUCTION OF EVIL réussit son pari de retrouver la sensualité, le frisson et la mise en scène avec des influences de Mario Bava ou Dario Argento aux éclairages. Entouré de professionnels et d'amateurs avertis pour un tournage qui s'étire sur plus de deux ans, Dubois surprend par la qualité de ses cadrages et des éclairages, la sensualité qui ne tombe jamais dans le mauvais goût et la sobriété des émotions qui se dégagent de l'oeuvre. Car la nostalgie, du passé amoureux du protagoniste, et du réalisateur pour une époque révolue, est le leitmotiv d'un moyen métrage qui annonce l'arrivée d'un réalisateur à surveiller. Dubois parle maintenant d'une trilogie et on rêve déjà à l'épisode qui devrait mettre en vedette nul autre que Santo, autre héros du réalisateur. Daniel Brown est magistral dans le rôle de Dracula. Mario Giguère |
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SHE DEMONS OF THE BLACK SUN - SvBell avec Isabelle Stephen, Melantha Blackthorne, Suzi Lorraine, Kerri Taylor, Marie-Claire Benoit, Penelope Jolicoeur, Jan Pivon, 2006, Québec Isabelle, une étudiante étrangère, aime danser au bar Black Sun. Mais ses nouveaux amis vont la droguer et abuser d'elle. Elle se retire alors dans son sous-sol ou elle invoque un démon pour l'aider à se venger des quatre malotrus. Les agresseurs deviendront les victimes, séduits par les démones qui les transportent vers Isabelle qui va les punir les positions respectives des actes commis ! Un nouveau film pour SvBell, missionnaire de la série B qui s'entoure d'amateurs pleins de ressources et qui améliore le produit final. Malgré quelques longueurs et passages prévisibles, l'ensemble est bien monté, avec des effets toujours bien dosés et quelques scènes chocs qui ont eu leur bel effet. Si la balance du son est faible dans les scènes du bar, le reste du film est efficace, tant au niveau de la prise du son, du montage, remplit d'effets de transition bienvenus (poussant l'audace jusqu'à une séquence en enfer !), que de l'ensemble du jeu des comédiennes. Melantha Blackthorne est superbe en démone défigurée et assure une présence remarquable. Isabelle Stephen est plus naturelle dans son jeu, c'est vraiment autour d'elle que tout se déroule et elle assure bien durant les séances avec Melantha et les scènes gore imaginatives. Soulignons la présence d'Ivan Judd, au look de Frank Zappa, qui a les répliques les plus drôles du film et la mort la plus jouissive. Les séquences en psychothérapie rappellent immédiatement le précédent THE NIGHT THEY RETURNED par le procédé scénaristique et la photographie plutôt sombre pour un cabinet médical. La nudité est pour une première fois présente et abondante, mais justifiée par le sujet, après tout on est dans le "Rape and Revenge". SvBell bénificie d'un budget un tant soit peu plus confortable avec $20,000 dollars, mais on reste dans la série B aux moyens très limités. L'équipe s'en tire très bien, la musique est entraînante et l'on annonce un authentique film de femmes en prison doublé de fantômes comme prochain projet. Ca promets ! Mario Giguère |
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SILENT HILL - Christophe Gans avec Radha Mitchell, Laurie Holden, Deborah Kara Unger, 2006, Canada/Japon/États Unis/France Rose veut à tout prix visiter Silent Hill parce que sa fille adoptée, somnambule, ne cesse de prononcer son nom. Dès leur arrivée, Rose doit retrouver sa fille perdue dans cette ville fantôme, cité victime d'un incendie de mine qui ne s'est toujours pas éteint. Son mari essaie de la rejoindre, mais se trouve aux prises avec la police et le sombre mystère de Silent Hill. Je dis d'abord que je ne connais pas le jeu. Je dis tout de suite après que ça me tente de m'y plonger ! Gans nous embarque dans un voyage avec quelques ficelles connues, mais avec des surprises aux bons endroits et une mythologie superbe. La caméra est souple, la musique, souvent en retrait, est superbe. Radha Mitchell ne convainc pas dans un premier temps, mais elle fait sa marque et Laurie Holden est surprenante. Ambiance suffocante, monstres magnifiques et gore bien senti, on pense souvent à Clive Barker pour l'imagerie. J'ai carrément été surprit par la montée gore, la quantité de sang et de torture à l'écran, ça secoue. Une adaptation qui ne sent pas l'adaptation et un très bon film d'horreur, point à la ligne. Merci monsieur Gans ! Mario Giguère |
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SINNERS AND SAINTS - Melantha Blackthorne, 2004, Canada Un curé en cuire expert en art martiaux, armé de grosses pétoires, portant des ray-ban et une paire de bottes aux semelles compensées, dessoude les suppôts de Satan à grands coups de pompes dans les dents. Aidé par une nonne qui ne rechigne pas à se battre les seins à l'air, il va découvrir l'incroyable vérité sur une espèce extraterrestre devenue cruelle malgré elle. Melantha Blackthorne, actrice pour Sv Bell sur THE NIGHT THEY RETURNED et PURPLE GLOW, signe un gros délire gothico-humoristico-trash qui passe de la farce ahurissante au jeu vidéo rétro. Grâce à un sens de l'humour pas toujours fin mais constamment présent ainsi qu'un certain sens du rythme, ce film tourné en MiniDV se laisse voir avec amusement malgré ses nombreux défauts. Parmi ceux-ci, on retiendra principalement l'utilisation abusive de décors numériques atrocement laids, quelques effets gratuits en images de synthèse grossières, une musique gothique qui ne plaira qu'aux initiés, des acteurs amateurs pas toujours convaincants et un scénario extrêmement confus. Mais les points positifs permettent de contrebalancer tout ça: outre la nonne à moitié à poil, on a droit à quelques passages gores pas piqués des vers (un coup de pied entre les jambes fait sortir la bite de la victime par sa bouche et ses testicules par les oreilles), des scènes de kung-fu étonnamment bien filmées et montées - chose finalement rare dans le cinéma occidental, des démons lubriques, un viol dans un cimetière, des cyber-cénobites femelles qui ont le feu aux fesses et une quantité de gags salaces au mauvais goût aussi prononcé que le sujet du film. Et le plus étonnant finalement, c'est que c'est une femme qui est responsable de ce petit budget irrévérencieux! Alors certes, ce n'est pas le film de l'année, mais il n'empêche qu'autant d'idées tordues, même emballées de manière parfois douteuse, ça fait plaisir. Kerozene |
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SPACEMEN, GO-GO GIRLS AND THE TRUE MEANING OF CHRISTMAS - Brett Kelly avec Brett Kelly, Jody Haucke, Anne-Marie Frigon, 2004, Canada, 33m Deux habitants d'Uranus débarquent sur terre pour trouver le carburant nécessaire question de gagner la guerre contre Jupiter. Ils trouvent sur leur chemin la branche canadienne des l'Alliance internationale des danseuses à Go Go combattantes du crime ! Ca va barder ! Tournage vidéo sur le campus universitaire d'Ottawa et des environs avec une bande de joyeux lurons et de sensuelles danseuses dans cette parodie de vieux bis qui fait la large part aux jeux de mots et batailles farfelues. Extraits de Phantom Planet pour les fusées, musique de circonstance et enthousiasme de bon aloi font de cette histoire une bonne partie de rigolade pour amateur du genre. En prime Brinke Stevens en dirigeante des Go-Go Girls, yes, et le premier ministre du Canada, not really. La branche Russe des danseuses justicières est tordante ! Mario Giguère |
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SPACEMEN, G0-GO GIRLS & THE GREAT EASTER HUNT - Brett Kelly avec Renee Morra, Sonya Myers, Jodi Pittman, 2005, Canada, 18m Le grand méchant carnivore Baltok s'est évadé des prisons d'Uranus. Ressemblant comme deux gouttes d'eau au Grand Lapin de Pâques, il arrive sur terre. Gare aux Go-Go Girls qui se rendront jusqu'à l'Île de Pâques, de circonstance, pour arrêter ce monstre, en compagnie des deux crétins de l'espace aperçus lors de l'aventure précédente. On rempile pour un court qui fait la belle part aux Go-Go Girls avec rencontre de la branche de l'île célèbre. Brett Kelly y va plus court, question de ne pas étirer la sauce, et l'on s'amuse encore devant les gags foisonneux et les jolies danseuses. Mention au grand boss d'Uranus, un ersatz du grand MING de Flash Gordon, désopilant. On attends la suite ! Mario Giguère |
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STARDOM - Denis Arcand, 2000, France/Canada Welcome to Denis Arcand's fantasmes. Le film avec lequel les médias nous battent les oreilles depuis au moins un mois - on a vu Arcand partout, des CHOIX DE SOPHIE à CHRISTIANNE CHARETTE, et là ça va mal parce que je n'écoute jamais la télé, il a dû visiter beaucoup d'autres plateaux - se révèle en fait être plus éloigné du cinéma qu'on pourrait imaginer. On dirait par moments qu'il est devenu un téléfilm, alors qu'ironiquement il essaie de critiquer le milieu de la télé et de la célébrité... Qu'arrive-t-il à une jeune fille pulpeuse, qui n'a aucun talent particulier si ce n'est sa beauté, quand une agence de mannequins décide de la propulser "au sommet" ? La réponse est là : rien. Par le truchement de nombreuses parodies des "styles" télévisuels de diverses stations, Arcand nous informe du cheminement de Tina, l'écervelée et poitrinaire Jessica Paré, que l'on ne voit toujours qu'à travers les innombrables "médias" qui la guettent jour et nuit. Robert Lepage interprète un vidéaste "branché" et ténébreux qui filme ses moindres mouvements, ce qui nous permet aussi d'être témoin de sa "vie privée". Il y a quelques moments fort amusants, dont les scènes où figure Frank Langella - qui personnifie un ambassadeur luxurieux qui devient fou à cause de la beauté de Tina - et les rires procurés par la parodie de Musique Plus, où nous avons droit à une veejay hyperactive complètement inculte. En général divertissant, le film a ses limites, mais elle ne nuiront pas à sa carrière. Le point le plus frustrant, selon moi, reste la "pixelisation", pour respecter l'esprit "télé" peut-être, des seins de miss Paré lorsqu'elle se retrouve nue. Disons seulement qu'on ne va pas faire ça à un public anxieux de voir les glorieuses mamelles, c'est inadmissible. Parce que paraît qu'en plus, elle a bien aimé tourner les scènes déshabillées, la p'tite... Orloff |
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SUBCONSCIOUS CRUELTY - Karim Hussain, 1999, Québec, 92m Autours du thème suivant: Lorsque l'hémisphère droit du cerveau prend le dessus sur la gauche, les individus éprouvent des désirs de sang et de sexe. Le film s'articule autours de 4 séquences: Un homme qui éprouve des désirs incestueux envers sa soeur enceinte, tue le nouveau né à sa naissance et enduit sa soeur avec le sang; 5 personnes nues font une orgie sanglante avec la terre qui saigne abondamment; Un cadre dynamique d'une Cie se masturbe devant des vidéos pornos et des "aliens" lui donne une piqûre dans le cerveau pour détruire son hémisphère droit du cerveau; Jésus-Christ après s'avoir lamenté sur la rue St-Catherine ouest se fait violer et dévorer par 3 belles vampires nues. Expliqué comme ça, ca ne donne pas beaucoup de rapport. Mais avec l'aide judicieux d'un narrateur, "l'histoire" se tient un peu plus. Le film mélange abondamment les thèmes de la religion, du sexe, de la violence, de l'inceste, du cannibalisme et du capitalisme dans le but évident de choquer le maximum de spectateur et ainsi apporter le maximum de publicité au film. Et, je dois avouer que ca fonctionne bien. Lors de la scène de "l'avortement", j'ai entendu un nombre incroyable de fois la porte de sortie claquée derrière les spectateurs qui quittaient le film et qui se demandait comment des gens pouvaient payer pour voir un tel film. Puis pour ajouter à mon plaisir, 2 fanboys assis à coté de moi narrêtait pas de porter leurs doigts devant leur visage et de lancé des: "Ho God !", "It's fuck top!", "It's Disgusting". Dans l'assistance, Karim Hussain accompagné de sa mère (une très gentille dame en passant) étaient très fiers du résultat. C'est beaucoup mieux que DIVIDED INTO ZERO de Mitch Davis. Les mouvements de caméras sont très fluides, la photographie avec des couleurs bleu et rouge à la INFERNO était excellente et la trame sonore (enregistrée à Tokyo) était tout à fait sublime. Certes, le film choque et se veut politiquement incorrecte. Mais au moins, il livre la marchandise et de manière tout à fait compétente pour un film au budget limité (100000$) et par un tournage qui c'est étendu sur 6 ans. Et de plus, le film n'est pas seulement une accumulation de scènes gore extrêmes, il y a un propos réel derrière tout ca. Bref, j'ai bien aimé le film. Black Knight |
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SUR LE SEUIL - Eric Tessier, Québec, 2003 Je ne vais quand même pas vous faire un review trop détaillé avant la sortie film. Mais, je vais seulement vous en dire quelques mots. Le film de Eric Tessier est très bon. Lui et Patrick Senécal (qui est présent dans le film), étaient là pour présenter le film et ils ont vraiment aimé la réaction du public. il s'agit d'un habile thriller surnaturel avec aussi quelques touches de gore. Tellement que je me demande si ça ne risque pas d'être interdit pour les moins de 18 ans ou légèrement coupé. Il y a une scène qui pourra certainement causer un problème pour monsieur et madame tout le monde qui vont penser aller voir seulement "un p'tit film d'horreur avec Patrick Huard et de Michel Coté". Un spectateur de Fantasia derrière moi à eu un malaise lors de la scène finale du film tellement c'était intense. Tellement que Daniel avait dû prévenir un gardien de sécurité pour s'assurer de son bien. J'espère maintenant que j'ai suscité chez vous quelques attentes! Black Knight Personne n'ose parler ici de ce film et je comprends pourquoi maintenant. L'histoire: Un psy reçoit à son hôpital un auteur à succès d'horreur {wow!} dont même les ébauches d'écrits se concrétisent. -Ça promet donc une "méchante bonne pelleté" de scènes à couper le souffle ! Sauf qu'avec une bonne musique et de trop nombreux "courts intermèdes-abstrato-psychéliques" {malheur à celui sur la route avant la conclusion}, le film ne fait que promettre et l'attente s'avère inutile. J'en suis même sortie épuisée à aider la gang. Puis cette question: le ketchup est-il si dispendieux ici? -Vive la photocopieuse{1seconde} et à bas l'actrice qui joue la nounou ayant le même look même 36 ans auparavant {ce n'est pas elle le "mal"?}. Deadmonton Sur le seuil est un bel exemple de quoi ne pas faire lorsque l'on vend un film : celui de créer des attentes tellement grandes chez le spectateur qu'il en devient impossible de le satisfaire au point d'arrivée. Le projet s'avérait alléchant, une adaptation du roman du " Stephen King " québécois qui donnerait ainsi naissance au premier thriller fantastique québécois ( ce qui d'ailleurs, est faux, les cinéphiles avec un peu de mémoire se rappelleront Le Diable est parmi nous avec Danielle Ouimet ainsi que Dans le ventre du dragon). Les bandes-annonces montraient des images terrifiantes, annonçant un film d'horreur digne des plus grands chefs d'uvres américains, de quoi mettre l'eau à la bouche des amateurs patriotiques du genre. Je me souviens d'ailleurs que la bande-annonce en question était projetée avant le film principal lors du Festival Fantasia et les spectateurs, qui détestent les publicités, l'écoutaient avec un silence religieux. D'ailleurs, Sur le seuil avait fait son avant-première lors du Festival, les commentaires s'avérèrent excellents et on parlait même de l'un des meilleurs films d'horreur de l'année 2003. Pour ceux comme moi qui l'avaient manqué, il a fallu attendre impatiemment jusqu'au mois d'octobre pour pouvoir enfin voir nos écrans de multiplexes se couvrir d'hémoglobine bien de chez nous. La majorité d'entre vous connaisse déjà le synopsis du film, alors nous passerons immédiatement à la critique. Sur le seuil avait le matériel nécessaire pour être une belle réussite, mais s'avère être une gigantesque déception. Pas un ratage complet, on note quelques bons éléments, mais l'ensemble ne répond pas aux attentes qu'il a promis. D'abord, le scénario surprend par son manque d'originalité, on ne sait combien de fois on n'a vu une histoire d'auteur dont les écrits deviennent réels, bien sûr, ce concept, si mieux fait, aurait pu donner de quoi d'original, mais ce n'est pas le cas. Le film devient tellement prévisible que l'on devine la fin quinze minutes après le début. Les dialogues atroces, qui rendent l'uvre complètement ridicule, ne viennent pas aider la cause. En fait, ils sont tellement ridicules qu'il cause parfois même l'hilarité. Lorsqu'ils sont dits par des personnages unidimensionnels tellement bernés, on se demande ce que les scénaristes faisaient lors de l'écriture du scénario. En effet, chacun d'eux a un comportement bien spécifique, l'un croit, l'autre pas, l'autre on sait pas et le garde tout le long du film. D'ailleurs, les développer un peu plus n'aurait servi à rien puisque la majorité d'entre eux ne font qu'une apparition de quinze minutes dans le film pour ensuite disparaître complètement. D'un point de vue technique, la réalisation d'Éric Tessier est classique, à défaut qu'il ai décidé de rendre son image très pâle pour donner un look médical, ce qui marche relativement bien dans les scènes d'hôpital. Il utilise également la caméra à l'épaule qu'il s'amuse à brasser dans les scènes épeurantes pour créer un suspense, mais on a vu ce truc tellement de fois qu'il ne marche plus très bien. Le plus étrange du film reste l'apparition continuelle de quelques secondes d'images psychédéliques qui entrecoupent continuellement le film, comme si le réalisateur voulait nous rappeler que l'on écoutait une uvre différente des autres. Malheureusement, l'effet rate puisque ces images sont tellement dénuées de sens que l'on a plutôt l'impression de voir des bandes-annonces pour un film expérimental. Les acteurs sont très mauvais, Michel Côté joue de manière tellement grosse que l'on ne croit pas du tout à son personnage et que l'on se bouche les oreilles lorsqu'il ouvre la bouche pour émettre un autre de ses atroces phrases. Patrick Huard est correct lors des premières scènes où il reste silencieux et amène même, par sa présence, un certain climat de mystère, mais dès qu'il se met à parler et à montrer ses talents très minces de comédiens, on croit avoir droit à l'un de ses numéros d'humoriste. Seul Albert Millaire se démarque du lot avec un jeu sobre et dans le ton. Sa présence, bien trop courte, amène le climat de mystère que l'on a cherché désespérément tout le long du film. D'ailleurs, ses quinze minutes de gloire où il raconte son passé dans l'église s'avère être le meilleur moment du film où Tessier a réussi à enfin créer un bon suspense et une tension qui garde le spectateur rivé sur son siège. D'ailleurs, ce moment du film s'avère tellement réussi qu'il se démarque du reste du film de manière étonnante. Dommage que tout le film n'aie pas été fait avec autant de travail. Finalement, même les amateurs de bon vieux gore vont être déçu parce que le film est, en fin de compte, pas si violent que ça. Il y a quelques plans sanglants, mais pas assez pour choquer. Dommage, puisque même les pires atrocités cinématographiques peuvent parfois faire oublier leur maladresse en utilisant des litres de viandes intestinales. Si Sur le seuil aurait suivi leur exemple, cela aurait sûrement été pour le mieux. Un film à éviter, sauf si vous voulez encourager une production de films d'horreur au Québec. Sinon, vous vous trouvez devant deux choix, soit lire le roman original ou encore attendre le remake américain que Miramax est en train de nous concocter en espérant voir quelque chose d'un peu mieux. Oncle Freak Il faut mettre tout de suite au clair que ce n'est ni le premier film d'épouvante québécois, ni le premier fantastique du Québec, contrairement à ce que les médias claironnaient à l'automne dernier. Ayant lu le roman de Patrick Senécal à l'époque de sa parution, j'étais curieux de voir comment Éric Tessier avait pu le mettre en images. Le résultat est valable, bien que le roman suscite plus d'images évocatrices et perturbantes... mais cela est peut-être aussi dû au fait que je connaissais tous les punchs et les secrets de ce film qui est, après tout, basé sur une énigme. L'interprétation est globalement bonne (sauf Patrick Huard, qui m'a semblé peu convaincant), la bande son industrielle/atmosphérique souligne avec éloquence le visuel du film, et l'histoire inventée par Patrick Senécal est originale. Certains critiques ont reproché le côté lent du film, surtout dans sa première heure et, même si je conviens qu'ils ont raison, je vois difficilement comment on aurait pu exposer et mettre en place la situation d'une autre manière. Peut-être en resserrant le montage, ou en conférant une atmosphère plus tendue ? Sinon, saluons l'intégrité du scénariste et du réalisateur qui ont respecté le roman jusque dans sa fin et sont parvenus, au terme d'années de labeur et de démarches, à réaliser un tel film au Québec, en 2003, ce qui relève de l'exploit. Je me demande quel public Sur le seuil rejoindra. Les fans de téléromans le trouveront sans doute glauque, alors que les ados risquent de lui reprocher sa retenue et son sérieux (ce que j'ai pu constater en salles). Néanmoins, cette sobriété est mise au service du récit et s'oppose avec succès au Mal caricatural tel qu'il apparaît dans beaucoup de films hollywoodiens. Pour ma part, j'ai trouvé l'expérience intéressante. Elle a aussi le mérite d'ouvrir les portes à un cinéma québécois de genre qui semble sur le point de prendre de l'expansion (LA PEAU BLANCHE, etc.) Howard Vernon |
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The SURROGATE aka Blind Rage - Don Carmody, 1984, Canada, 1h40 Qu'arrive-t-il quand, en 1984, les gus de Cinépix considèrent avoir tout essayé pour percer le marché québécois et se contentent de ne récolter que des échecs, sans parler de cette haine tenace que leur vouent les pseudo-sociologues en soutane de Médiafilms, attribuant systématiquement la cote 7 (minable) à tous les films qu'ils distribuent ou produisent ? Ils assument leur statut de société de production dite "de genre" et se lancent dans les thrillers semi-érotiques pour un marché anglophone. Co-produit avec Télé-Métropole, THE SURROGATE avait à mes yeux toutes les apparences d'une curiosité : tourné à Montréal avec Carole Laure, la reine du bis québécois; Shannon Tweed, la reine du tweed - euh pardon, des cheapies érotiques de l'époque; et Michael Ironside, maître incontesté de la production douteuse, sosie pâlot de Jack Nicholson, et ayant à son actif depuis 1977 plus de 123 rôles dans des productions aussi glorieuses que TOP GUN, "V" ou encore TOTAL RECALL. C'est donc avec une certaine appréhension que j'insérai l'objet dans mon VCR, la main tremblante et l'oeil ému. Bilan : ça m'a tout de même pris trois jours avant de le terminer. On commence avec Frank (Art Hindle, qui a fait ses classes notamment avec Bob Clark dans BLACK CHRISTMAS, puis dans INVASION OF THE BODY SNATCHERS, THE BROOD de Cronenberg, puis les deux premier PORKY'S), un honnête vendeur de voitures marié à la belle Shannon Tweed, qui a un léger problème : il ne contrôle pas ses sautes d'humeur et pète les plombs plutôt facilement. Monsieur fait des petites crises et se pète des "black outs". Il n'apprécie pas vraiment la relation très "fag hag" qu'entretient sa femme avec un ami homo (Jim Bailey, grinçant et "drama queen" au possible) et a du mal à faire face avec son impotence et ses problèmes de couples. Sa psychiatre lui conseille d'essayer une "surrogate", spécialiste des fantaisies sexuelles chargée de faire renaître la flamme de la passion dans le ménage. Tandis qu'Ironside traîne sa gueule découragée de gauche à droite à la recherche du coupable de la série de meurtres qui sévit en ville, "l'exotique" Carole Laure fait de son mieux pour faire bander l'ami Frank. Routinier et manquant parfois de logique, le récit se laisse découvrir sans hâte, ne nous réservant que peu de surprises mais étant présenté dans une enveloppe tellement soporifique qu'on ne flaire rien. On regarde sans juger, bercé par le rythme étudié du récit sans queue ni tête, luttant avec notre incrédulité naissante et la vision apaisante des mamelles fort maternelles de Miss Tweed. THE SURROGATE peut être amusant si on n'est pas rancunier et si l'on a envie de visionner une curiosité d'époque, musique fromagée et garde-robe inclus. Je ne vous demanderai qu'une chose : ne me blâmez pas pour vos crises de fluorescence. Orloff |
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SWEET MOVIE - Dusan Makavejev, 1974, Canada/France/Allemagne Mis à part le visage angélique de notre Carole Laure nationale, il n'y a pas grand chose de "sweet" dans ce film de Dusan Makajevev. La belle incarne la participante canadienne du concours Miss Monde 1984. Elle emporte le concours et se retrouve mariée avec un magnat du pétrole qu'elle quittera vite pour retourner dans le monde extérieur et se retrouver dans une valise rouge en direction de Paris où elle découvrira les joies et les peines du sexe avec un chanteur mexicain avant de se retrouver catatonique dans une commune où l'on pratique des rituels thérapeutiques plutôt dégoûtants. La trame parallèle du film est axée sur Anna Prucnal incarnant une révolutionnaire-strip-teaseuse pour jeunes garçons a ses heures naviguant un bateau nommé Survival. Elle accueille à bord un ancien marin du Potemkine joué par Pierre Clémenti, acteur unique que l'on a pu voir dans Belle de Jour de Bunuel. Dans ce film, Makavejev brise beaucoup d'interdits, met ses acteurs dans des situations embarrassantes sans jamais perdre de vue le contexte politique du moment. Dans la majeure partie du film, il ramène l'humain a ce qu'il a de plus charnel en donnant toute l'importance au corps, a ses besoins et a ses sécrétions. Il explore l'imagerie corporelle, entre autres en filmant la belle Carole se casser des oeufs sur la tête ou en se prélassant dans un bassin rempli de chocolat. Véritable gynécologue cinématographique, il ne gêne pas pour filmer l'homme et la femme dans ce qu'ils ont de plus intimes sans pour autant créer des images excitantes. C'est plutôt le contraire qui se produit, surtout quand ils filment des poilus s'adonnant à une orgie alimentaire. Si on remet ce film, dans son contexte historique étant la révolution sexuelle des années 70, on excuse Makavejev de faire une fixation aussi intense sur le sexe et ses aléas. Comme dans sa filmographie précédente, Makavejev réalise un film fourre-tout, incluant autant des images de documentaires scientifiques, des chants révolutionnaires et de la musique mexicaine. Il mêle passé et le présent, fiction et le documentaire, dialogues et chants en laissant le spectateur faire tous les liens lui-même. Sweet Movie est un joyeux bordel où l'on retient ce que l'on veut, un peu comme dans la vie. Certains y verront des analogies intéressantes avec la révolution communiste, d'autres une ode a la vie dans toutes ses imperfections ou un non-sens complet. Mongola Batteries |
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TERROR TRAIN aka Le Train de la Terreur aka Train of Terror aka Le Monstre du Train - Roger Spottiswoode, 1979, Canada/États Unis, 97m Lors d'une partouze d'initiation sur un campus d'université, une blague de mauvais goût tourne mal et traumatise un jeune vierge à l'aide d'un cadavre en morceaux à la belle voix féminine truquée. Quatre ans plus tard, nos débutants terminent l'université et célèbrent le tout sur un train loué pour l'occasion tout en engageant un magicien pour un divertissement supplémentaire pendant ce voyage festif où déguisements et boissons sont requis. La mauvaise blague est pratiquement devenue une légende, mais un passager du train s'en souvient très bien et commence son carnage tranquillement, en silence, vêtu d'un costume camouflant son identité à ses anciens compatriotes... Sorti dans le début de la foulée des slashers de l'époque et mettant en vedette Jamie Lee Curtis, ce petit film sans grande prétention se laisse regarder sans problème. On y retrouve plusieurs bons moments de frousse comme la finale avec la poursuite de Curtis d'un wagon à l'autre, mais c'est plutôt le climat de huis clos sur un train qui donne une touche légèrement alléchante au récit. L'équipage du train découvre des cadavres, mais ne veulent pas semer la panique, préférant informer les responsables de la partouze se retrouvant avec tout un problème sur les bras. L'un des suspects les plus viables demeurant le magicien, il est plutôt amusant de voir David Copperfield (!) se débrouiller dans le rôle avec, comme toujours, ses sourcils infernaux. Nous voilà donc avec un film tentant un peu d'originalité dans la forme slasher déjà convenue et réussissant sans grande difficulté à capter notre attention et à nous divertir pendant sa durée complète. À défaut d'être captivant, on s'y amuse si on ne boude pas son plaisir. Bad Feeble |
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TIRESIA - Bertrand Bonello, 2003, France/ Canada Cette uvre étrange donne l'impression de vivre une sorte de rêve éveillé en plus de nous plonger dans un monde inconnu où l'horreur rencontre le fantastique pour donner une histoire bien curieuse. Un homme kidnappe une prostituée et l'enferme dans son sous-sol, lui expliquant qu'il fera d'elle sa rose, son idéal féminin. La femme, une brésilienne nommée Tiresia, est en fait un transsexuel et comme elle n'a pas accès à ses hormones, elle reprend tranquillement ses traits masculins. Voyant son fantasme brisé, son agresseur lui crève les yeux ( une scène très dure, un spectateur hurlait d'horreur lors de mon visonnement ) et l'abandonne au bord d'une route de campagne. Tiresia est alors receuillis par une famille de fermiers et découvre que la perte de sa vue lui a donné un don de voyance. Elle se servira de ce pouvoir pour aider les habitants de la communauté, ce qui mettra en colère le prêtre du village. Comme vous l'avez remarqué à la lecture du synopsis, le film de Bonello se divise en deux parties, l'une étant le reflet de l'autre. Les deux chapitres comportent des événements et des personnages semblables ( Laurent Lucas interprète avec brio deux rôles et Tiresia est joué par deux acteurs différents ). En étant très attentif au fil du récit, on se rend rapidement compte que l'on écoute le même film à deux reprises, mais on a l'impression qu'une phase du film est plus sombre que l'autre. Mis à part cet aspect très énigmatique, on note une photographie soignée qui réussit avec merveille à créer une ambiance très lourde et très déstabilisante. La caméra est également voyeuse, on est donc très distancié des événements, témoin de scènes à l'imagerie troublante ( la première vision de Tiresia nue choque ) qui hypnotise autant qu'il horrifie. On ne fait donc que suivre le film avec curiosité, à chercher les pistes qui peuvent nous permettre de mieux comprendre le récit et à tout simplement se laisser guider par Bonello qui nous mène là où l'on oserait jamais aller. Tiresia est une véritable expérience cinématographique et il serait très dommage de passer à côté. Laissez-vous emporter dans des terres inconnues. Oncle Freak |
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TOUT FEU, TOUT FEMME aka All Fire, All Woman - Gilles Richer, 1975, Canada, 1h28 François Chartrand (Jean Lapointe) est un pompier légèrement mésadapté - voire retardé - qui officie pour la ville de Montréal et qui cause nombre de problèmes à son chef, le démonstratif Guy l'Écuyer. Il rencontre Isabelle, une étudiante en psychologie (Andrée Boucher), en éteignant un feu chez elle, et lui propose à contrecoeur de l'héberger chez lui en constant que son appartement a été carrément saccagé par ses collègues pendant l'intervention. La Boucher tombe alors en amour avec lui, fera tout ce qu'elle peut pour le "déniaiser" - il a peur des femmes - et ira même jusqu'à peupler son immeuble de "poupounes" afin de lui faire oublier sa phobie du sexe féminin. Il guérira, certes, mais un peu trop au goût d'Isabelle... Film mythique produit à l'époque par Cinépix, TOUT FEU TOUT FEMME demeurait introuvable jusqu'à ce que Drive-In ait la merveilleuse idée de le diffuser il y a de cela quelques mois. L'absence de distribution vidéo est inexplicable : on tient là le type de comédie qui faisait les délices de papa dans le milieu des années '70, après l'explosion de "vues de cul" causée par VALÉRIE et DEUX FEMMES EN OR. On y retrouve des pompiers, des minettes à poil, de l'alcool en quantité et du gros humour gras; les rebondissements requis y sont, il y a "progression" psychologique des personnages et même quelques poursuites automobiles "loufoques". La séquence de pré-générique est à cet effet particulièrement savoureuse... L'atmosphère est définitivement légère, avec un message plutôt douteux qui, en gros, signifie qu'un vrai mâle doit prouver qu'il en est un en baisant tout ce qui bouge. Un facteur irritant vient ponctuer un peu trop régulièrement l'action : chaque fois qu'un déplacement en véhicule banalisé a lieu, une sirène retentit et ne s'arrête JAMAIS. Gilles Richer a scénarisé TIENS-TOI BIEN APRÈS LES OREILLES À PAPA en 1971 et J'AI MON VOYAGE en 1973 avant de se mettre à la réalisation. TOUT FEU fut sa seule contribution à notre cinématographie trash québécoise, outre la mise au monde de sa fille Isabelle. Jean Lapointe cabotine à souhait, passant d'un sérieux exemplaire à un état de dégénéré mental irréversible dans la même scène. Il est dommage qu'il n'ait pas été davantage employé dans les films de genre de l'époque... On a toutefois du mal à croire que ce personnage au visage ingrat et à la calvitie naissante tombe toutes ces filles, mais après tout, on est en territoire fictif... Guy l'Écuyer, en chef pompier déchaîné, qui semble découragé par le laisser-aller de ses hommes, en met des tonnes, mais c'est comme ça qu'on l'aime. Son rôle ressemble vaguement à celui qu'il interprétait dans LE MARTIEN DE NOËL, en '71... Il est difficile de croire qu'il jouait, la même année que TOUT FEU, le rôle d'un inspecteur de police dans UNE NUIT EN AMÉRIQUE de feu Jean Chabot... Que devient-il de nos jours ?! On croise rapidement le mignon minois de Danielle Ouimet dans un rôle muet, ainsi que celui de nombre de beautés féminines de l'époque qui se dandinent brièvement avec leurs fesses blanches et leur pillosité abondante. Il est aussi recommandé de porter attention à la chanson-titre, une ineptie débilitante chantée en duo par Boucher et Lapointe, ce dernier se contentant d'y éructer des onomatopées inarticulées. J'vous dit, on n'en fait plus, des comme ça. Orloff Les comédies sexy pullulaient au Québec, au courant des années 70. On y alternait le très vulgaire (LA POMME, LA QUEUE ET LES PÉPINS) avec des films plus gentillets, comme celui-ci. Jean Lapointe y incarne François Chartrand, un pompier effrayé par les femmes. Lorsqu'il en sauve une (Andrée Boucher) d'un incendie, elle se retrouve sans logement et vient habiter chez lui à condition qu'ils soient " copains copains ". Chartrand accepte, mais sa locataire, une fois sur place, souhaite changer son fusil d'épaule, ce qui traumatise notre homme. Selon le psy de la jeune femme, la seule façon de régler le problème serait d'entourer le pompier d'une cohorte de jeunes femmes... Ce qui arrivera, bien sûr. Cette comédie n'est pas très hargneuse : on n'y entend aucun sacre, et l'érotisme y est traité de manière légère, dans le style pièce de théâtre d'été. La séquence la plus anthologique (et c'est un bien grand mot, dans le contexte) est celle d'une partie de strip-poker à laquelle Chartrand est forcé de participer. Comme l'ensemble est traité de manière un peu grotesque, il ne faut pas espérer ressentir un grand émoi érotique de ce côté-là ! L'humour n'est donc pas corrosif ou agressif. L'inspiration humoristique est clignotante : beaucoup de scènes reposent sur les maladresses des pompiers qui se trompent d'adresse, déclenchent des alarmes par erreur, sont généralement incompétents, etc. L'intérêt vient surtout de l'interprétation de Lapointe en homme dépassé par les événements. On s'amusera aussi à repérer des " vedettes " de l'époque, comme l'inévitable Guy L'Écuyer ou Danièle Ouimet. La chanson-thème est elle aussi un grand moment de ringardise. Des voix de femmes chantent, sur un accompagnement enjoué et rapide : " Viens mon Françou, mon Franci, mon François ", invitations reprises sans cesse, auxquelles Lapointe répond en balbutiant " Qui ça, moé ? De que c'est ? Comment ça ? " et ainsi de suite.. Howard Vernon |
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Le VIOL D'UNE JEUNE FILLE DOUCE aka In Trouble - Gilles Carle, 1968, Canada Ce film d'un Gilles Carle alors très jeune, repose sur une histoire simple tournant principalement autour de Julie, une jeune femme bien 68 c'est-à-dire coquette, émancipée, indépendante et ouverte d'esprit. Elle choisit de mener à terme sa grossesse, malgré le fait que le père est inconnu et que sa meilleure amie Katerine trouve ça dégueulasse. Ses diverses relations nous amènent à la rencontre du Québec des années 60, moment où la modernité émerge et où la tradition ne comprend pas ce qui lui arrive. Son amant juif-marocain, sa voisine folle et anglaise et ses 3 frères machos réactionnaires font irruption dans sa vie pour ensuite disparaître et la laisser seule avec Tancrède, son fidèle ami. Carle joue intelligemment avec les niveaux de langage et de culture pour créer des scènes et des dialogues délicieusement absurdes et révélateurs. Bien entendu, on sent l'influence de la nouvelle-vague française surtout quant au ton froid et détaché adopté par les personnages, mais Carle se réapproprie le genre sans tomber dans le pathos de la copie. Les dialogues des frères Pilon (surtout ceux de Donald) raflent le premier prix pour leur haute teneur en absurdité! Bien que le scénario soit simple, les personnages pris dans plusieurs des couches de la société québécoise mettent en relief la richesse et la complexité de la belle province. Même si les temps ont changé, ce film ne perd rien de sa pertinence, de son originalité et de sa fraîcheur et vaut vraiment le détour! Mongola Batteries |
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WEEK-END SAUVAGE aka DEATH WEEKEND aka THE HOUSE BY THE LAKE - William Fruet avec Don Stroud, Brenda Vaccaro, Chuck Shamata, Richard Ayres, Kyle Edwards, Don Granberry, 1976, Canada, 1h28, produit par Ivan Reitman "Harry et Diane se rendent à la campagne pour le week-end en puissante voiture de sport. Harry, le séduisant playboy laisse conduire sa conquête. Quatre voyous en auto décident de provoquer Diane ; il s'ensuit un tas de péripéties... Après avoir semé les trouble-fêtes, Harry et Diane arrivent enfin à destination dans l'immense et luxueuse maison. Mais sont-ils seuls pour longtemps ?" On l'aura compris à la lecture de ce résumé-jaquette, ce WEEK-END SAUVAGE est un survival dans les règles de l'art. J'avais vu sa bande-annonce avec voix off glaçante à plusieurs reprises sur des VHS locatives, mais je n'avais jamais pu le dénicher. La VHS enfin dégottée au fin fond d'un bac à soldes, je remarque que le film est signé William Fruet, responsable entre autres des faiblards SPASMS et TRAPPED... Pensant donc n'avoir droit qu'à un rip-off peu inspiré de LAST HOUSE ON THE LEFT (que j'ai toujours trouvé un peu surfait), je commence mon visionnement sans conviction. Ma surprise n'en sera que meilleure ! Dès les premières minutes, le film épate par sa nervosité et son rythme. L'action s'emballe d'entrée, et pourtant tout ne sera ensuite que crescendo dans la violence. Fruet ne cherche pas à en mettre plein la vue, il filme juste cette escalade dans l'horreur et le sanglant avec sobriété, confiant dans son script riche en péripéties. La photo sait mettre en valeur ces grandes étendues isolées, au calme trompeur. Rien ne manque pour assurer un impeccable "survival" : les morts sont particulièrement éprouvantes et imaginatives (vous verrez par vous-mêmes) et la bande de ploucs ultra-violents fait froid dans le dos. Bref, le meilleur film d'un mauvais réalisateur (Fruet) peut être supérieur au plus mauvais d'un bon cinéaste (Craven) ! Stelvio |
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WESLEY WILLIS: THE DADDY OF ROCK'IN ROLL - Daniel Bitton avec Wesley Willis, Vaginal Croutons et plusieurs chums. 2001, Canada, 59m Ce documentaire trace le quotidien du chanteur et artiste Wesley Willis. Plusieurs membres de ce forum, amateurs de curiosité et de psychotronie doivent connaître le personnage. Sinon, en voici une brève description: Il est black, obèse (320 lbs), souffre de schizophrénie (il entend les voix de trois démons qu'il nomme: Nervewrecker, Heartbreaker et Meansucker) et il est l'objet d'un culte (comme Normand L'amour) pour ses chansons rigolotes de bestialités et d'inepties vulgaires! Ce documentaire au budget de 17000$, nous envoie dans le quotidien de l'artiste: Visite chez ses amis, promenades en autobus, visites de magasins de disques, session d'enregistrement dans un studio, etc. Le ton donné rend le personnage très sympathique, mais malheureusement le documentaire souffre de graves problèmes: montage inepte et bâclé, photographie nulle, etc. Mais curieusement ça colle très bien à l'univers chaotique de Wesley Willis. Si vous êtes fan de Wesley Willis ou de personnages psychotroniques, vous devriez trouver le documentaire amusant. En attendant, je vous conseille d'aller au moins sur Kazaa et de downloader quelques uns de ses "succès" comme: Get On The Bus, I'm Doing It Well On The Side Of The Rea, Pop That Pussy, Casper The Homosexual Friendly Ghost, I Can't Drive, He's Doing Time In Jail, Jesus Is The Answer, I'm Sorry That I Got Fat, Suck a Cheetas dick, Retard Rap. C'est complètement hilarant ! Black Knight |
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ZOMBIE COP VS The Alien Terror - Brian Singleton, 2001, Canada, 34m "Supportez le cinéma local!" était écrit sur la pochette imprimée à l'aide d'une Canon Couleur. Chose que je fis tout de suite. Décision que j'ai regrettée au moment des premières images de ce projet vidéo (DV) tourné entièrement dans la belle région de la capitale nationale. L'histoire? Il y a une histoire? Un policier se fait attaquer par une horde de zombies. Il se fait mordre et devient lui-même un mort-vivant. De retour chez lui, il retrouve le confort de son appartement, de son ourson en peluche et de sa femme vampire. Le soir venu, des extra-terrestres essaient de comploter pour prendre le contrôle de l'univers. Et, bien sûr, notre Zombie Cop essaie de les en empêcher. Alors voilà... Ny allons pas par 4 chemins, ce film shot-on-video est vraiment mauvais (pour ne pas dire une pure merde). L'histoire ne tient pas debout, le montage est maladroit, la musique (on n'en parle même pas), la caméra arrive parfois à être à la bonne place, les scènes d'action manques totalement de rythme (les combats sont ridicules), et, à ma plus grande stupéfaction, le focus est à automatique! Alors vous imaginez le résultat. Et que dire des comédiens. Josh Grace, si "imposant" dans "Jesus Christ Vampire Hunter" du réalisateur, lui aussi ontarien, Lee Demarbre, est mal dirigé et son interprétation de policier zombie est très fade. Pour ce qui est des extra-terrestres, on croirait un mix entre Keanu Reeves dans "The Matrix" et la constipation qu'afflige depuis toujours Bruce Willis. Seul la femme du policier, la ravissante Jade, arrive à imposer sa présence. Peut-être dû à son amateurisme qui lui donne un jeu naturel. Et le reste de la distribution est encore pire. Mais que font les acteurs avec ces perruques? Le scénario, écrit aussi par Singleton, se perd quelque part entre la parodie et le sérieux, ce qui a comme effet de rendre le film encore plus faux qu'il l'est déjà. Il faut quand même donner une mention positive aux effets spéciaux. Que ce soit une tête tranchée, un empalement, un corps en flamme ou tout simplement du sang qui gicle à profusion, ils sont tous bien réussis malgré la restriction visible du budget. Et l'intention? Mr. Singleton voulait-il nous divertir? Nous ennuyer? S'amuser? Expérimenter avec le médium? Dur de le dire, puisque ce film ne marche tout simplement pas. On ne s'amuse pas. On ne rit pas. On s'ennuie pour mourir. La durée de trente minutes semble une éternité. A-t-il voulut rendre hommage aux films qui l'ont marqué? La seule référence frappante est une scène où Jade écrit à l'ordinateur et que l'on entend ce qu'elle écrit en narration (lien direct avec Scully de "The X-Files"). À part ça, rien. Absolument rien. À part peut-être... un hommage qu'il a voulut rendre à ses deux réalisateurs préférés: Wes Craven et John Carpenter. À bien y penser, peut-être que Brian Singleton a voulut rendre hommage à ses 2 idoles en imitant leur style. C'est-à-dire, en filmant n'importe quoi, n'importe comment. "Zombie Cop..." redéfinit le terme "navet". Brian Singleton s'est fait expulser de son Cégep où il étudiait le cinéma. Et je crois qu'il n'a pas compris le message. Je n'ai qu'une chose à lui dire: "Coupe toi les cheveux and get a life!". Mathieu PRUDENT |
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