1924 - 1978

Edward Davis Wood Jr. plus simplement connu sous le nom d''Ed Wood, a la réputation, surfaite, dêtre le plus mauvais réalisateur au monde. Le film de Tim Burton avec Johnny Depp a créé plus de mythes qu'il n'a renseigné le cinéphile sur un homme dont la carrière ne se résume pas à la réalisation et qui a connu un destin fort peu enviable. On propose donc ses réalisations, ses nombreux scénarios et les documentaires sur l' homme, par ordre chronologique.

GLEN OR GLENDA aka LOUIS OU LOUISE - Ed Wood, 1953, États Unis    

Pour son premier long métrage, Ed Wood aborde un sujet qui lui est cher : le travestissement. C'est sous le regard " complice " d'un Bela Lugosi en roue libre que l'on nous apprend les vicissitudes des hommes attirés par les vêtements des femmes. Sont-ils des détraqués, sont-ils homosexuels, sont-ils contagieux ? Autant de questions essentielles auxquelles les réalisateur apporte des réponses " scientifiquement correctes " puisqu'exposées par un docteur visiblement spécialiste en la matière.

Lui-même adepte du travestissement, l'auteur apparaît évidemment passionné. Il va même jusqu'à interprété le personnage principal (Glen/Glenda - ou Louis/Louise en France !) et prouve qu'il était peut-être meilleur acteur que réalisateur. Et comme il s'agit là d'Ed Wood et que l'artiste n'est pas franchement connu pour sa sobriété filmique, son métrage part rapidement en sucette lors d'instants réellement autres, les plus absurdes étant ceux où Bela Lugosi se pose en observateur du monde moderne depuis une pièce lugubre digne d'un film d'horreur, en tenant des propos incompréhensibles au sujet de " queues de chiots ", d' " escargots " et de " grand dragon vert devant la porte ", le tout sur un ton hautement dramatique souligné par un regard inquisiteur. Des grands moments de n'importe quoi dans un film qui semble pourtant être motivé par de vagues prétentions sociologiques, voire pédagogiques. Ed Wood insiste effectivement sur les difficultés que les travestis ont à vivre avec leur condition (le film s'ouvre sur le suicide de l'un d'eux) et présente deux " cas d'école ". Le premier : le travesti de base (Ed Wood lui-même), hétérosexuel souffrant de ne pouvoir vivre au naturel sans subir les regards d'autrui - et en particulier de sa future femme. Le second : l'homme s'habillant en femme car il est une femme dans un corps d'homme - ou plus exactement un " pseudohermaphrodite " dans ce cas là ; on découvre alors un type partir à la guerre avec une valise de sous-vêtements féminins et qui va subir un changement de sexe après son retour du front ! Gravement foutraque, limite surréaliste par moment (des images de bisons en furie se superpose au portrait de Lugosi sans vraiment que l'on sache pourquoi) et sincèrement (bien qu'involontairement) drôle, GLEN OR GLENDA mérite finalement d'être plus populaire que le soporifique PLAN 9 FROM OUTER SPACE. Kerozene

ORGY OF THE DEAD - Stephen Apostolof alias A.C. Stephens, scénario Ed Wood, 1965, États Unis

Totalement impensable ! Un jeune couple se crash en voiture près d'un cimetière dans lequel se déroule une étrange cérémonie funèbre: Criswell, vêtu d'une cape noire et secondée d'une vamp à la peau laiteuse, observe des filles sortir de leur tombes afin de danser pour lui dans le plus simple appareil. Et c'est parti pour 90 minutes ! Avec tout de même 2-3 éléments entre chaque danse histoire de tenir le spectateur éveillé. Le couple qui observe la scène se fait capturer par une momie qui parle et un loup-garou qui hurle, tout deux fort ridicules. Criswell lit ses monologues sur un carton visiblement situé sous la caméra. Les filles qui dansent semblent se demander ce qu'elles foutent là. Les autres aussi d'ailleurs. La scène de l'accident se passe de nuit et contient plusieurs plans de jour. Les dialogues sont splendides. Les acteurs sont tous ultra convaincants. Le décor en studio est splendide. Bref, on sent bien qu'il y ait du Ed Wood là-dedans, puisqu'il en a écrit le scénario. Quoi ? Quel scénario ? Kerozene

The legendary Ed Wood (PLAN 9 FROM OUTER SPACE) was an ex Marine, transvestite, alcoholic, pulp novelist, actor, producer-director of Grade Z horror and sex films and subject of Tim Burton's ED WOOD. Ed, of course, was not the worst director who ever lived and his talent as a writer of delightfully skewered scenarios enlivens ORGY OF THE DEAD, directed by his associate, Stephen Apostolof.

Bob and Shirley, an aspiring writer and his flaming redhead girlfriend, are involved in a car accident while searching for a supposedly haunted graveyard. Knocked unconscious, the are transported to the cemetery which is a strange purgatory where the celebrity psychic Criswell ("Emperor of the night") and the buxom Ghoulita (a precusor to Elvira) preside over a parade of zombie nudie-cuties who perform topless dances which illustrate their past lives: a bride who murdered her husband dances in front of his skeleton, a prostitute acts out her nightly prowls, etc. The performances are basically the whole show with some hilarously "metaphysical" observations from Criswell punctuation the action. A werewolf and a mummy are also on hand as bouncers who tie the couple to stakes and force them to watch the spectacle. Robert Caramico's photography is surprisingly stylish at times, utilizing Mario Bava style colored lighting to illuminate the single set, which resembles a deluxe strip lounge decorated with gravestones and crypts. Typical dialogue: "Torture, torture, it pleasures me." Apostolof was a better director than Wood, but Ed's vision dominates with all its unintentional humor, stentorian exclamations, obsession with sex and death.

The new Rhino DVD is a terrific transfer from excellent, colorful elements, supervised by Apostolof, who in an accompanying interview segment reflects on his career and association with Wood, who he says was always broke and drinking. Some may find the amusing trailer goes down a lot easier than the feature, which begins to wear thin during the numerous and protracted erotic dance scenes. Robert Monell

ONE MILLION AC/DC - Ed DePriest, scénario Ed Wood, 1969, États Unis 

De la plume de scénariste d'Ed Wood arrive une histoire fort simple, un autre prétexte à montrer de la copulation en fourrure et des montres à cinq sous. Une tribu du temps des cavernes, qui parle un très bon anglais et dont les femmes ont un minimum de maquillage, se retrouvent coincés dans leur foyer lorsqu'un tyrannausaurus rex s'installe à l'entrée de leurs cavernes. Pas de problème, c'est le jour de l'orgie ! Avec moult raisins et vin, tout un chacun se frotte l'épiderme sous une musique impossible à écouter.

Une autre excuse pour de faux ébats, avec en prime un monstre de caoutchouc qui mesure un bon 7 pouces et que l'on retrouve dans tous les magasins à un dollar de quartier ! Les acteurs cabotinent et s'adressent au public, chantonnent, inventent l'arc et la flèche. Je ne ferai pas plus l'éloge de ce non-film, mais sans l'existence de SOMETHING WEIRD , ces pellicules auraient disparues depuis longtemps. En programme double avec le fauché, mais beaucoup plus sympathique, MIGHTY GORGA. Mario Giguère

the REVENGE OF DR. X aka The Double Garden - Kenneth G. Crane, scénario Ed Wood, 1970, États Unis/Japon

Un film sur scénario d’Ed Wood Jr. Incrédible. Un vieux savant qui a besoin de repos s'en va passer quelque temps au Japon. Il en profite pour croiser deux plantes carnivores, question de prouver que l'homme a ses origines dans l'océan en créant un homme plante carnivore. Tout ça avec plein de références directes à Frankenstein. De la belle musique d'orgue Hammond, de jolies japonaises, un monstre gogo à souhait et un faux volcan. Que demander de plus ! Mario Giguère

Ici pas de revanche ni de Docteur X au programme mais seulement un Dr. Bragan scientifique de la NASA, pour ainsi dire plutôt stressé. Ne cessant de vociférer sur ses collègues pour le moindre problème, il accepte de prendre quelques jours de congés sur les bons conseils de son plus proche collègue. C'est ainsi que le Dr Nakamura, lui propose de se rendre au Japon, dans sa demeure familiale, juste habitée par sa cousine, scientifique à ces heures... A peine arrivée, Bragan, fasciné par la serre jouxtant la demeure, décide pour tuer le temps, de se remettre à la botanique, ses premiers amours ! Il ressort par la même de derrière sa cervelle dérangée, son projet d'étude de la flore et sa théorie selon laquelle les êtres humains sont les descendants de plantes ! ! Bragan toujours aussi obsessionnelle et abusif avec son assistante Noroko, décide d'effectuer un greffon expérimental à partir d'une plante carnivore et réussit à créer le Sectovorus, une créature bien vivante, sorte de power rangers végétal avec des gants de boxe, qui ne va pas tarder à engloutir souris, poulets et chiots, Bragan allant jusqu'à lui servir du sang humain pour la maintenir en vie. Mais lorsque le Sectovorus se déracine pour effectuer ses premiers pas, le Dr Bragan devra se décider entre protéger sa création ou la détruire, pour sauver l'humanité.

Doté d'un budget de toute évidence très faiblard, ce nanar botanique ne fascinera même pas les jardiniers en herbe. Si il ne se passe pour ainsi dire rien avant l'arrivée de Bragan dans la serre, il ne se passe à peu près rien non plus lorsqu'il débute ses expériences. Il est vrai que gratter quelques tiges ou effectuer des greffons sur des plantes n'a rien de vraiment excitant au niveau cinématographique ! L'ennui nous poursuivra donc jusqu'à l'apparition de Sectovorus auquel Bragan donnera vie une nuit d'orage dans le plus pur style du célèbre Frankenstein. Mais lorsque l'on découvrira la chose ainsi créée, il y aura vraiment de quoi esquisser de larges sourires....

Bref, un film qui dissuade fortement de se mettre à la botanique ! Marc Evil

The HAUNTED WORLD OF EDWARD D. WOOD JR - Brett Thompson, 1996, États Unis, 112m

Profitant de la sortie du film de Tim Burton, ED WOOD, Brett Thompson réunit les gens qui ont côtoyé le légendaire réalisateur de "mauvais films". On se concentre donc sur ses cinq réalisations et surtout sur GLEN OR GLENDA et PLAN NINE FROM OUTER SPACE. On retrouve donc des entrevues avec Dolores Fuller, Vampira, Paul Marco, Conrad Brooks, Bela Lugosi Jr et Lyle Talbot, pour n'en nommer que quelques-uns. Ajoutez des extraits de films, des photos d'archive et quelques inédits, dont la restauration de son premier tournage, un court-métrage western intitulé CROSSROADS OF LAREDO.

Ses "collaborateurs" sont souvent très critiques des méthodes peu orthodoxes de travail de Wood, tout comme on s'attarde à corriger les libertés prises par le scénario du film de Burton. Si Wood portait bel et bien des sous-vêtements féminins, suite à une enfance particulière, il ne l'a jamais fait lors de tournages. Bela Lugosi Jr est particulièrement cinglant et critique de la façon dont Wood a exploité les dernières années de son père. Le révérend Lynn Lemon raconte comment Wood a arnaqué, pour ainsi dire, une communauté religieuse pour faire son PLAN NINE FROM OUTER SPACE. On ne parle pas, ou on évite de parler de sa carrière de scénariste, plus fructueuse, ni de son métier d'écrivain de romans populaire, mais on parle de ses dernière années où son alcoolisme a ruiné sa vie. Un parcours qui se termine tragiquement pour un homme qui a concrétisé ce que d'autre ont tant rêvé: faire des films, tout simplement. La mise en scène des entretiens est parfois très artificielle, probablement en clin d'oeil au réalisateur mal aimé.

On en sort fasciné par cette vie si singulière et on a envie de se retaper ses films en continu. Ne serait-ce que pour se rappeler qu'il est loin d'être le pire réalisateur de tous les temps et qu'il sait souvent nous amuser, pas toujours volontairement, certes, mais c'est déjà une qualité qui n'est pas si universelle. Mario Giguère

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LARRY BUCHANAN

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