John Woo est un maître du film d'action dont il faut voir les meilleurs films sans faute et une référence pour beaucoup de réalisateurs.

mise à jour le 15 novembre 2016

Une BALLE DANS LA TÊTE aka Bullet in the Head - John Woo avec Tony Leung Chiu-Wai, Jacky Cheung, Waise Lee, Simon Yam, 1990, Hong Kong, 136m

Trois amis fuient Hong Kong pour aller au Vietnam afin de se lancer dans une vie criminelle.

Le parcours d'Une balle dans la tête à été dur. Il faut savoir que si de nombreuses scènes du film sont incohérentes (comme par exemple cette baston au début, qui commence dans la rue, et en l'espace d'un plan, se situe dans un entrepôt) c'est parce que ce film de 2 heures en fait à la base 3! En effet, Une balle dans la tête à été littéralement défoncé au montage et inutile d'espérer voir la version intégrale de ce chef d'oeuvre, car de chef d'oeuvre, Une balle dans la tête en est certainement un, pour ma part il s'agit d'un de mes films préférés et à mes yeux jamais personne, même le grand Tsui Hark, n'a jamais fait mieux à Hong Kong... D'ailleurs John Woo et Tsui Hark ont collaboré longtemps... Jusqu'a ce que Tsui Hark plagie l'idée de John Woo de faire un film sur la guerre du Vietnam pour faire le très moyen Syndicat du crime 3... Mais peu importe. Ce qu'il faut savoir c'est que même si le film est parfois incohérent, qu'il à été massacré au montage du au mauvais accueil du public, Une balle dans la tête est à ce jour (et à mes yeux du moins) le meilleur film de guerre jamais fait.

John Woo installe son film lentement : toute la première demi-heure se déroule à Hong Kong et c'est à ce moment-là qu'Une balle dans la tête s'avère être le film le plus personnel du cinéaste... Puisqu'il s'agit purement et simplement d'un véritable bout de vie représenté à l'écran de ce dernier, au passage c'est dans ce morceau-la que les coupes sont les plus fréquentes puisque de nombreuses scènes manquent, comme celles ou Tony Leung se fait cramer la gueule par plusieurs types... Il nous présente trois personnages sensiblement différents mais unis par l'amitié, au passage les premières scènes, qui sont la à cet effet, sont de pures leçons de montage, qui iraient jusqu'a faire rougir le maitre spirituel de John Woo s'il était encore vivant, j'ai nommé Sam Peckinpah, par ailleurs en termes de mise en scène force est de constater qu'en regard de The Killer John Woo se calme un petit peu pour livrer un film beaucoup plus violent et beaucoup plus crade sans trop chercher à le styliser, évidemment c'est toujours un film de John Woo alors le monsieur ne résiste pas à quelques ralentis et arrêts sur image occasionnellement mais ici c'est davantage sur la violence qu'on est concentré... Violent, Une balle dans la tête l'est assurément puisque le film est certainement l'une des oeuvres les plus viscérales qu'il m'ait été donné de voir! On retiendra tout particulièrement la scène dans le camp de concentration, ou Leung et ses potes sont forcés à tuer des types, usant d'une violence psychologique d'une rare intensité John Woo enchaine baffe sur baffe au spectateur et livre ici ce qui est à ce jour son œuvre la plus violemment cradingue et sans concession.

Comme à son habitude, Woo brille par sa mise en scène mais aussi par sa direction d'acteurs... Le monsieur lâche le temps de ce film le légendaire Chow Yun-Fat pour le non moins bon (mais énervant) Tony Leung Chiu-Wai, reprend le bad mother fucker du Syndicat du crime, Waise Lee, se fait le luxe de choper un des meilleurs acteurs hongkongais, Simon Yam et donne le seul bon rôle de sa carrière à Jackie Cheung... Comme à son habitude Tony Leung est génial, Waise Lee sublime la prestation déjà donnée dans le Syndicat du crime, Simon Yam, mortel comme d'habitude et Jacky Cheung est étonnant de par sa crédibilité, portant les scènes les plus touchantes du film sur ses épaules, par ailleurs les dialogues sont, pour une fois dans un John Woo, très bien écrits, et le scénario est super rythmé, bref, c'est la classe.

D'ailleurs, en parlant de rythme, si John Woo se calme sur son style de mise en scène (qui était limite excessif dans The Killer), son film est plein de scènes d'action, toutes des occasions pour John Woo de prouver qu'il est l'un des meilleurs metteurs en scène au monde, on retiendra tout particulièrement la fusillade dans l'hôtel à Saigon et la poursuite finale qui en plus d'être un moment de violence ultra-bourrin est aussi une scène très émouvante...

Émouvant est aussi un mot qui permet de qualifier Une balle dans la tête puisque celui-ci enchaine les séquences émotionnellement fortes jusqu'à un final à chialer. Et puis en termes d'émotion, le film est assez riche puisque non seulement on a les larmes aux yeux plus d'une fois mais surtout Une balle dans la tête est un film très engagé, on sent toute la haine de la guerre de John Woo et tout son engagement personnel dans le film (particulièrement dans la première partie), faisant d'Une balle dans la tête son oeuvre la plus subversive, John Woo montre toutes les puissances en vigueur ici, que ce soit l'U.S. Army ou les Vietcongs comme de gros enculés, propose un point de vue de la guerre du Vietnam assez intéressant et présente tous les camps comme des chiens assoiffés de sang... Et puis Une balle dans la tête va même jusqu'a lancer des réflexions, notamment sur la vengeance.... Tout ce que je viens de décrire dans ces lignes est soutenu par une musique au synthé, qui est assez surprenante puisqu'elle déchire bien et rajoute beaucoup au potentiel émotionnel du film...

En somme, Une balle dans la tête est un pur chef d'oeuvre, à mes yeux jamais John Woo n'a fait mieux et à moins qu'il fasse un effort surhumain, jamais il ne le fera mieux... Un de mes films préférés Alors si vous l'avez jamais vu, va falloir vous dépêcher d'aller à la FNAC ou je ne sais ou pour choper l'édition HK Video (et pas une autre) et vous zieuter ce film...  Zering

HARD-BOILED aka À toute épreuve - John Woo avec CHow Yun-Fat et Tony Leung, 1992, Hong Kong, 128m 

Tequila est probablement le policier le plus couillu du monde, n'hésitant pas une seule seconde pour utiliser son flingue quand il le faut. Une opération dans un salon de thé pour intercepter des marchands d'armes tourne au drame quand son partenaire meurt durant le raid. Tequila profite de la guerre entre deux chefs de clan pour insérer une taupe qui l'informe des activités du groupe. Après quelques tentatives ratées, Tequila s'approche finalement du but dans ce qui sera un combat acharné pour venger son partenaire, mais aussi pour sauver des innocents.

Je suis quand même assez jeune et durant mon enfance, Hollywood tentait désespérément de vendre John Woo pour chacun de ses films comme si il était la plus belle chose depuis l'invention du pain tranché. Si le parcours Hollywoodien de Woo n'a pas eu le succès espéré, la machine cinématographique avait tous les droits d'avoir de grands espoirs avec la filmographie absolument splendide de Woo dans son pays d'origine et HARD-BOILED, si il peut-être son meilleur film, est sans aucun doute parmi les meilleurs films d'action jamais fait. Il faut le dire dès le départ, la technique de Woo pour tourner en relation avec les mises en scène extrêmement imaginative, offre certainement trois scènes d'action complètement haletantes et qui vont en crescendo pour offrir une véritable tuerie pour celle finale, qui se développe sur une très longue période de temps et qui trouve toujours le moyen d'offrir des éléments neufs. Woo y va plein pot en dosant bien son film pour qu'il reste intéressant, mais surtout pas redondant, et ce malgré un festival d'extras gigotant sous l'effet des balles. Chow-Yun Fat est probablement l'acteur d'action parfait et comme d'habitude, sa performance est de très haut niveau, malgré un scénario très mince, son personnage gagne en profondeur avec chaque scène. Un superbe film donc et une belle claque dans le visage pour quiconque se dit amateur de films d'action. Abba

The KILLER - John Woo avec Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sally Yeh, Chu Kong, 1989, Hong Kong, 104m

John Woo est connu mondialement pour la violence ultra-stylisée et la chorégraphie de la violence qui s'opèrent dans ses films. Cependant, la ou certains y voient de vulgaires films d'action stylisés à outrance, d'autres y voient des oeuvres certes spectaculaires et maniéristes, mais également bouleversantes, touchantes, et dont le style quelque peu excessif n'a que pour but de véhiculer des émotions très fortes... C'est ça THE KILLER, un polar culte qui ne vaut pas seulement par ses scènes d'action contrairement à ce que beaucoup voudraient faire croire. Pur remake du SAMOURAI de Melville, THE KILLER s'impose comme un des meilleurs polars de tous les temps ainsi que l'une des meilleures oeuvres de John Woo, une véritable tuerie intergalactique qui mérite bien quelques modestes explications!

Soyons clair, il y un avant THE KILLER et un après THE KILLER. Avant ce film, il n'y a jamais eu rien de tel. L'arrivée de ce film à complètement révolutionné le cinéma d'action, et a engendré MATRIX tout comme il a mis Scorsese sur le cul (le film lui est d'ailleurs dédié) et a inspiré Quentin Tarantino... Ce n'est donc pas de n'importe quel film dont on parle, puisque tout comme Sergio Leone, John Woo à investi un genre pourtant maintes fois exploité auparavant (ici le polar) et l'a révolutionné en imposant son style à chaque instant. Car c'est de la que vient la révolution, c'est de la que viennent tous ces mecs qui tirent avec deux flingues dans les mains tout en sautant partout, c'est de la que viennent tous les ralentis tant utilisés dans les films d'action pendant toute une époque. Tout ça, John Woo l'a fait avant et mieux que tout le monde, faisant preuve d'une maitrise jamais égalée, et ce, aussi bien d'un point de vue technique que scénaristique (j'y reviendrai, promis!). Signant des plans somptueux et faisant preuve d'un sens du cadre incroyable, John Woo chorégraphie également ses fusillades avec un brio incroyable, toujours sous l'influence du genre qu'il préfère... La comédie musicale, et oui car malgré la violence de ses films, John Woo reste un grand admirateur de comédies musicales, composant donc le moindre de ses films de la même façon, expliquant la présence quasi-omniprésente de la musique et le montage du film, Woo montant les images de son film à partir de la musique et non la musique a partir des images.... Mais en soit peu importe, le résultat à l'écran est détonnant, ça blaste, ça fait exploser tout le décor, ça saigne et ça tire de partout mais dans les moments les plus paisibles, la symbiose entre les images et la musique vous donnera des frissons, la bande-son étant aussi belle que la photographie...

Pourtant, si Woo laisse une grande place à l'action dans son film, ce sont les personnages qui en sont le point central. Reprenant le cultissime LE SAMOURAI mais le remixant à sa sauce, John Woo dresse le portrait de 4 personnages tous aussi touchants les uns que les autres, qu'il s'agisse de Jeff, tueur professionnel au noble code d'honneur et aux objectifs touchants, ou du flic Li, véritable justicier dans l'âme, John Woo prend ces personnages à la base simples, et les magnifie au travers de scènes d'une grande subtilité ou de dialogues certes naïfs et maladroits mais dont la bancalité est largement compensée par la puissance de l'interprétation. Chow Yun-Fat y fait en effet preuve d'un charisme exceptionnel mais livre également une de ses meilleures interprétations, tantôt subtil, tantôt émouvant, le bonhomme montre toute l'étendue de son talent, au même titre que Danny Lee ou de Chu Kong dont les magnifiques prestations donnent vie à des personnages bouleversants qui font face a d'autres personnages bien plus détestables. Manichéen, THE KILLER l'est assurément, John Woo ne nuance jamais réellement son histoire mais le tout reste d'une grande efficacité, le manque de nuances dans l'histoire étant largement compensé par la puissance des personnages et de l'histoire...

Qui plus est, ce manichéisme n'est finalement rien de plus que le résultat des obsessions de John Woo posées sur pellicule. Obsédé par l'amitié, la loyauté, la trahison, l'honneur et la rédemption. Thématiques centrales de THE KILLER, mais également du reste de la filmographie de John Woo, elles sont abordées ici de manière très explicite voire maladroite mais sont également le moteur d'émotions puissantes. En effet, l'un des points forts de THE KILLER est sa puissance émotionnelle incroyable. Bouleversant, THE KILLER l'est à bien des égards, mention spéciale à son final qui risque de vous assommer un bon coup et de vous laisser K.O, Woo enchaine les scènes poignantes tout comme il enchaine les fusillades cultes, et si THE KILLER est un grand film d'action, c'est également un sublime drame humain, et ce autant dans ses enjeux que dans son dénouement. THE KILLER est une oeuvre puissante émotionnellement, chose que les détracteurs de John Woo n'arrivent pas à voir, malheureusement pour eux... Dans toute cette tornade de sentiments et d'émotion fortes, John Woo parvient néanmoins à construire un scénario solide, parvenant à éviter avec brio toute forme de temps morts, malheureusement ce scénario est légèrement désavantagé par des dialogues assez mal écrits, mais en soit peu importe, le reste compense ce mineur défaut dans ce qui reste une oeuvre majeure du 7ème art.

THE KILLER est donc ni plus ni moins qu'un véritable chef d'oeuvre, un polar bouleversant animé par des personnages tous plus touchants les uns que les autres. John Woo s'impose pour la première fois avec ce film comme un véritable génie, maitrisant ses scènes d'action comme personne et faisant preuve d'un talent technique incroyable. Pour la première fois, le bonhomme impose réellement son style et révolutionne tout le cinéma d'action, exploit qu'il réitèrera 3 ans après avec le génial A TOUTE ÉPREUVE... La classe. THE KILLER est un des meilleurs films de John Woo, un véritable chef d'oeuvre qui n'a pas à rougir de la comparaison avec LE SAMOURAI, son modèle auquel il est d'ailleurs peut-être supérieur... Il s'agit donc d'un film à voir absolument. Zering

Les LARMES D'UN HEROS aka Heroes shed no Tears aka Ying xiong wu lei- John Woo avec Yuet Sang Chin, Doo Hee Jang, Ho Kon Kim, 1983, Hong Kong, 93m

Une bande de mercenaire est missionnée par le gouvernement thaïlandais pour kidnapper un baron de la drogue planqué dans le triangle d'or...

On peut voir dans ces larmes, le premier volet d'une trilogie consacrée à la guerre, suivi d"Une balle dans la tête" (1990) et clôt par "Windtalkers, les messagers du vent" (2004). Tourné trois ans avant l'apothéose stylistique du "Syndicat du crime", "Les larmes d'un héros" (un beau titre, très représentatif de l'œuvre de John Woo) reste néanmoins important dans la carrière du maître puisqu'on y trouve ses premiers gunfights qui débourrent. Mais de manière un peu brouillonne toutefois, car si ça canarde violemment pendant 1h20, le résultat n'est pas encore suffisamment virtuose pour être comparé aux grandes réussites à venir. Cela dit la Woo's touch est parfois reconnaissable avec ses ralentis et ses brusques travellings qui balayent le champ dans le feu de l'action. L'histoire est aussi traitée de façon élégiaque, tragique et jusqu'au-boutiste et les thèmes fétiches du cinéaste sont déjà présents : la famille, l'amitié, la loyauté, le sacrifice et la perte de l'innocence. Le héros (Eddy Ko) est prêt à tout pour protéger son gamin, tandis qu'une amitié indéfectible le lie à un soldat américain planqué au fin fond de la jungle.

Malheureusement, ces bonnes intentions sont partiellement ruinées par les producteurs qui défigurent "Les larmes d'un héros" avec deux scènes comiques à la ramasse (un des membres du commando s'amuse à tout parier avec ses dés) et une érotique complètement gratuite (une partie à trois entre le G.I et deux jolies chinoises). Des rajouts embarrassants qui jurent avec le sérieux et la gravité voulu par son auteur. Dans l'interview proposée en bonus par la galette "HK" d"Une balle dans la tête", John Woo explique que les producteurs ont fait tourner ces scènes par un autre, sans lui demander son avis, histoire de cadrer davantage avec leurs exigences commerciales.

Petit budget oblige, un côté cheap se dégage parfois des séquences gores (le soldat empalé par plusieurs lances) donnant à l'œuvre des allures de films d'exploitation. Et ce n'est pas forcément déplaisant puisque le rendu reste assez efficace, finalement. Un film attachant aussi et pas dénué d'intérêt dans le sens où il annonce le monument le plus puissant et le plus personnel de Woo : "Une balle dans la tête", dont "Les larmes d'un héros" en constitue la sympathique ébauche. Dirtydwige

ONCE A THIEF aka ZONG SHENG SI HAI - John Woo, 1990

3 voleurs professionnels à contrat (CHOW YUN-FAT, LESLIE CHEUNG et CHERIE CHUNG) sont en voyage à Paris dans le but de subtiliser une toile du LOUVRE. Après avoir réussi, ils acceptent de voler une dernière toile dans un lieu impénétrable pour ensuite prendre leur retraite. Mais, suite à ce vol, ils sont trahi par leur employeur qui veut récupérer la toile et les éliminer.

Le film s'ouvre avec des plans touristiques de la ville de Paris, un peu à la manière d'EXORCISME de Jess Franco: Plan de la Senne, du Louvre, des Champs-Elysée, etc. Tout y est ! Et c'est assez particulier de voir CHOW YUN-FAT et LESLIE CHEUNG déconné dans ses lieux alors que nous sommes plus habitués de les voir à Hongkong. Bref, ce film a gros budget (tourné à Paris coûte très cher) se divise en 2 parties. L'une à Paris et l'autre à Hongkong. Et la première est beaucoup plus intéressante. Parce que plus concis et qui mise vraiment d'avantage sur l'action que la 2ème. ONCE A THIEF est un film qui ne sait pas trop où se situer entre le thriller et la comédie... Et qui au final nous laissent le sentiment de ne pas avoir trop compris devant quel genre de film on était! Un film vraiment bizarre, je vous dis. La chorégraphie des guns fight est vraiment moins réussie que ceux de la série A BETTER TOMORROW et de THE KILLER, mais le film offre une excellente scène de vol de tableau qui est vraiment une scène classique. Et qui sera repris dans MISSION: IMPOSSIBLE (la scène avec TOM CRUISE suspendu par un câble suit le même suspense, sauf qu'ici LESLIE CHEUNG est suspendu après CHOW YUN-FAT et il capte les bougies d'un chandelier au lieu d'une goutte de sueurs) et c'est d'ailleurs étrange que personne n'en ait parlé à la sortie du film. Au moins, John Woo a eu sa revanche, puisque qu'il a réalisé lui-même MI:2 ! Mais, pour revenir à ONCE A THIEF, le film va dans tous les sens: Des cascades en automobiles de l'équipe Rémy Julienne, une histoire de triangle amoureux, des moments de comédies burlesques avec CHOW YUN-FAT qui nourrit des bébés en pleurant devant une télé habillé en cuisinier, des coups de théâtres vraiment spectaculaires mais complètement irréalistes...

Pour conclure, le film se veut un thriller intéressant et différent qui mérite un visionnement. Mais, c'est loin d'être un classique du maître du cinéma d'action. ONCE A THIEF est finalement un John Woo mineur, mais qui est quand même supérieur à ses 2 premiers films américains HARD TARGET et BROKEN HARROW. Black Knight

  PAYCHECK aka La Paye - John Woo avec Ben Affleck, Uma Thurman, Aaron Eckhart, Paul Giamatti et Colm Feore, 2003, États Unis, 119m

Jennings est un ingénieur et tout un. Sa spécialité, décortiquer une invention pour trouver comment elle fonctionne. Son emploi est très profitable, puisque des compagnies l'engagent pour détruire la concurrence. On lui offre le travail d'une vie, Jennings va travailler trois ans sur une invention dont il n'aura aucun souvenir ensuite. car sa mémoire sera effacée. Par la suite, il n'aura qu'à récolter un chèque qui le rendra multimillionnaire. Quand après avoir fait son travail il veut récupérer son argent, Jennins apprend qu'il n'y a pas du tout d'argent qui l'attend. Jennings veut savoir la vérité, mais rapidement, son employeur lui met des bâtons dans les roues au point de vouloir l'éliminer.

La carrière aux États Unis de John Woo n'a pas été des plus brillantes. Paycheck signe la mort de la carrière occidentale du réalisateur, pourtant reconnu pour ses films d'action. Malheureusement, Woo n'aura jamais vraiment eu de scénario digne de son talent à Hollywood et le temps de THE KILLER et de HARD-BOILED était en 2003 bien derrière lui. PAYCHECK fait parti de ses projets un peu douteux qui n'a simplement jamais fait bien paraître le réalisateur, devant jouer non seulement avec un acteur principal complètement plat, mais un scénario faible et un budget misérable considérant les ambitions du film.

Le plus gros avantage de PAYCHECK est certainement qu'on a pas le temps de s'emmerder. L'histoire se développe en environ 15 minutes pour ensuite devenir un thriller sci-fi dans les normes du genre. Woo gère bien ce rythme effréné et le mêle bien avec le concept du film qui est que chaque objet de Jennings viennent l'aider dans sa quête. De plus, la gimmick du film demeure quand même très intéressante.

J'ai parlé de la qualité du budget du film et il bien dommage de voir où PAYCHECK s'aventure à ce niveau. Le film transpire le projet à moyen budget qui vise les hautes sphères. Malheureusement, le décor est moisi, les extérieurs sont sans saveurs et le laboratoire semble revenir à tous les trois scènes, comme par économie. Dommage, car le scénario qui se tient bien à lui seul ne peut pas se rendre justice dans un tel budget. PAYCHECK malheureusement est un projet de sauvetage avec des moyens limités, avec un Affleck en pleine descente de stardom et un Woo devant absolument faire un succès.

PAYCHECK manque simplement d'âme. C'est un film tout à fait correct, bien réalisé, bien construit, mais qui ne se distingue en rien. Le scénario ne va jamais plus loin que passablement amusant, les acteurs n'ont aucune chimie entre eux, les scènes d'action manquent de punch. Tout y est pour un film à moitié aussi bon qu'il le voudrait. On se sent même obligé de mettre une scène de poursuite en voitures, complètement sans intérêt et qui clash avec l'atmosphère générale du film. Je dirai bien par contre ce que je veux, PAYCHECK ne cherchait qu'à être un divertissement profitable et en tant que tel, le film fait le boulot et assez bien même. Malheureusement, ce genre de projet ne profite à personne cherchant à relever sa carrière.

PAYCHECK est un film léger qui réussit son mandat, sans tenter d'aller plus loin. Cette approche conservatrice par contre, plombe un peu l'intérêt d'un film qui aurait pu en donner beaucoup plus, avec un meilleur casting et un budget adapté. Woo n'allait pas renaître de ses cendres aux USA et Affleck aura à attendre quelques années avant d'être un acteur principal pris véritablement au sérieux. Abba

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HONG KONG ET CHINE

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