Plus connue pour son théâtre, la Norvège commence à nous offrir des films de genre qui se distinguent.

Mise à jour le 1 août 2013

The BOTHERSOME MAN - Jens Lien, 2006, Norvège/Islande

Andreas, un homme visiblement largué car récemment suicidé, arrive dans une ville dont il ne connaît rien. Il est accueillit, logé, on lui offre un job, il rencontre rapidement une belle femme décoratrice d'intérieur et tout le monde est vachement sympa. Mais ce petit monde a comme un arrière-goût d'amertume : tout est réglé comme sur du papier à musique, personne ne s'offusque de rien, personne ne se réjouit de rien, les relations amoureuses sont finalement tristes car dénuées de sentiments réels et si un type se tue devant vous cela n'étonne personne. La seule réaction sera l'arrivée de deux fonctionnaires ternes venus pour faire le nettoyage. Pire encore, les odeurs n'existent plus, les aliments n'ont aucun goût, tout se ressemble dans une société uniformisée à l'extrême et arpentée par un peuple insouciant car lobotomisé. Et le jour où Andreas décide de s'ôter la vie à nouveau, il découvre que dans ce monde, même ce privilège discutable lui est refusé. Sa rébellion contre le système commence alors.

Ingénieux, drôle, original, touchant... les qualificatifs élogieux que l'on pourrait donner à THE BOTHERSOME MAN sont plus que nombreux car il s'agit ni plus ni moins de l'un des meilleurs films que j'ai pu voir ces dernières années. Dans cet au-delà presque monochrome, Jens Lien dépeint un monde certes aseptisé et dénué de sentiment mais qui est en même temps le reflet de celui dans lequel nous vivons. Son film est une violente et acerbe réaction face à l'uniformisation de l'individu dans les civilisations occidentales, une sorte de coup de gueule à un monde McDonaldisé où tout individu " normal " va acheter ses meubles forcément impersonnels chez Ikea, où l'intérêt pour l'autre n'est que superficiel et où les plaisirs basiques sont délaissés pour une culture du "paraître bien dans sa peau" aux yeux d'autrui. Le premier plan du film, un long gros plan d'un couple de jeunes adultes s'embrassant baveusement et profondément mais sans passion aucune, traduit à lui seul la détresse de la situation actuelle et est aussi absurde qu'effrayant. THE BOTHERSOME MAN est franchement drôle au niveau de sa forme - et bizarrement la scène du suicide d'Andreas est la plus hilarante de toutes (j'en ai pleuré de rire), mais inquiétant dans le fond. Voire effrayant.

Fort d'un scénario ingénieux, Jens Lien soigne également sa réalisation de manière prodigieuse. Les plans propres et superbement cadrés sont d'une sobriété aussi séduisante que déconcertante et la progression narrative est d'une intelligence rare permettant une mise en place se passant de tous dialogues superflus. Exemplaire et indispensable ! Kerozene

Site officiel : http://www.bothersomeman.com 

DARK SOULS aka Mørke sjeler - César Ducasse & Mathieu Peteul, 2010, Norvège/France

Un psychopathe armé d'une perceuse sévit dans la région d'Oslo. Sa méthode: attaquer des passants au hasard en leur perforant un trou dans le crâne avant d'y verser un liquide noirâtre. Les victimes ne meurent pas. Elles deviennent amorphes, faibles, semblent pourrir à vue d'oeil et vomissent régulièrement un liquide noir et visqueux. Le père de l'une d'elle se met en tête de retrouver le coupable...

Ce qui semble commencer comme un slasher nordique emprunte rapidement une direction inattendue, et au vu de l'attaque d'ouverture, on ne peut qu'en être soulagé: dans "Dark Souls", les attaques à la perceuse ne sont pas franchement pas d'une grande efficacité. Cela n'a finalement que peu d'importance, l'intérêt de film se situant ailleurs. Il se situe dans cette enquête menée par un père meurtri et désespéré face aux forces de l'ordre incompétentes, un homme dépité qui tente tant bien que mal de prendre soin de sa progéniture mourante. Il en devient touchant par moment, ce quinquagénaire bedonnant bien éloigné - et bien plus crédible que - des héros du cinéma d'horreur contemporain... En dire plus serait criminel, car l'intérêt et la force de "Dark Souls" se situent justement dans son déroulement. Un déroulement aux finalités peut-être attendues mais dont les étapes pour y parvenir tiennent en haleine. Les français César Ducasse et Mathieu Peteul n'ont certes pas signé un chef d'œuvre qui te prend aux tripes - ces attaques à la perceuse manquent vraiment de panache, la mise en scène n'est pas très dynamique (style nordique en fait) - mais un film fantastique honnête et efficace qui pour une fois évite les stéréotypes sans tomber dans le jeunisme bêtifiant, ni dans l'humour référentiel. Kerozene

DEAD SNOW - Tommy Wirkola, 2009, Norvège   

L'annonce d'un film de zombies nazis, dans les montagnes enneigées de Norvège m'a chauffé les méninges, surtout après avoir vu les photos et les affiches de celui-ci. Une histoire classique mais en Norvège, un zombie flick que l'on dit dans l'esprit de Shaun of the dead.

Une bande d'amis part rejoindre la jeune proprio d'un chalet pour un week-end de randonnée avec option scooter des neiges. Ils vont se retrouver attaqués par une horde de créatures coincée dans la neige depuis la seconde guerre mondiale.

Quelque chose m'a frappé lors de la vision du film, l'histoire a beau se dérouler chez les vikings et dans leur langue, il y a un manque flagrant d'identité nordique. Comme si le réalisateur voulait brosser tout le monde dans le sens du poil.

Les personnages sont ultra stéréotypés et bizarrement ça sent le "je veux aller à Hollywood" opportuniste à plein nez. Puis il y en a marre des réalisateurs qui font chacun leur tour leur "Shaun of the dead" ou leur "Braindead" pas drôle. Le traitement aurait dû être plus sérieux et plus "dark" surtout vu le contexte visuel et géographique. Et vu les alléchantes premières images, le look des zombies, il aurait été cool que le film fasse au moins un peu peur.

Je ne parle même pas de la musique "djeun's" rock toute pourrie, alors que la Norvège est un des royaumes du Death et du Black Metal. 

Sinon, il est clair que les zombies sont beaux, les paysages aussi. La mise en scène est fonctionnelle, "à l'américaine", tout comme les persos et leurs dialogues. C'est gore comme il faut et il est quand même rare de pêcher une série B d'Europe du nord, qui mérite (malgré tout) qu'on y jette un oeil au moins pour ses monstres.

Il y a deux trucs que beaucoup de réalisateurs de films d'horreur n'ont pas encore bien compris : 

il y a des films débiles et des films qui nous prennent pour des débiles.

Ne pas faire de films d'horreur si vous n'aimez pas ça. Ça évite de prendre le genre (et nous par la même occasion) de haut. El Guapo de la Muerte

FRITT VILT aka COLD PREY - Roar Uthaug avec Ingrid Bolsø Berdal, Rolf Kristian Larsen, Tomas Alf Larsen, 2006, Norvège, 97ma
 
La Norvège est sans doute plus connue pour ces fameuses omelettes que pour ces Slashers ! Et ce n'est pas avec Roar Uthaug, que ce rapport de force changera !... Et pour cause, son film n'est qu'une accumulation de clichés ne parvenant jamais à se démarquer de ce qui se fait de plus naze outre atlantique. Jugez-plutôt :
Cinq jeunes partent faire du snowboard en hors piste lorsque le pépin arrive. L'un d'entre eux, Morten Tobias (pas de doute, on est en Norvège !) chute brutalement et se fracture le "Tibias Mortel" (d'ou son nom sans doute)... Pas de choix pour ces potes, que d'investir, en attendant d'hypothétique secours, un vieil hôtel abandonné croisé peu de temps auparavant. Manque de pot, un psychopathe à élu domicile depuis les 70's dans la cave... et il n'aime apparemment pas être dérangé !

Impossible, sans le savoir auparavant, que l'on visionne un film Norvégien.. Et le principal problème se situe sans aucun doute là! Même si le film prend les couleurs de sa glaciale terre natale et nous offre de magnifiques images de montagne, la consolation au final restera plutôt maigre, tant la ressemblance avec les films américains est proche. Roar Uthaug ne parvient pas totalement à créer un climat de paranoïa et de stress, qui pourtant, au vu du lieu où se tient l'action, aurait pu s'y prêter parfaitement. COLD PREY s'attache longuement à présenter ses personnages. Inutile de chercher à percer la psychologie du tueur, il n'est là que pour terroriser les jeunes héros auxquels on aura eu largement le temps de s'habituer, le premier meurtre ne survenant qu'à la demi heure bien entamée. Le nombre de participant étant de six en comptant le maniac du piolet, on aura vite fait le total, en épargnant le survivant final, du nombre de mort qu'il nous restera à nous mettre sous la dent... Faut dire que Jason, de ce côté-là au moins, fait de deux à trois fois mieux !!

Dommage que Uthaug ait lui, refusé d'emprunter le hors piste pour réaliser son film. Marc Evil

  Cinq jeunes partent s'éclater ensemble aux sports d'hiver. En pleine séance de snowboard, l'un des leurs se casse la gueule. Résultat : une jambe pétée. À la nuit tombée, la bande se réfugie dans un hôtel abandonné pour y attendre d'éventuels secours. Monumentale erreur puisqu'un tueur rôde également dans les parages...

Avec le très bon survival "Manhunt" (Patrik Syversen, 2008), la trilogie "Cold prey" a su imposer la Norvège sur le terrain de l'horreur. Remarqué dans de nombreux festoches (dont Gerardmer), le premier "Fritt vilt" (en v.o.) est un slasher haut de gamme, pas révolutionnaire sur le fond, mais très efficace sur la forme.

Situé dans un enfer glacial isolé de tout, le film tire sa principale force de son environnement à la "Shining" : un hôtel flippant encerclé par la neige. De ce décor rugueux et pas franchement rassurant, Uthaug en tire le meilleur parti (la découverte de la chambre brûlée fait froid dans le dos) et isole ses personnages, les laisses seules face à la mort. Un cadre cauchemardesque relayé à l'image par une photographie ultra soignée.

Cela dit, "Cold Prey" n'est pas toujours exempt de défaut (on a encore le droit aux jump scares de rigueur et à la silhouette traversant subitement le premier plan...). En revanche, il ne cède jamais au gore gratuit (le torture porn n'est donc pas convié à la fête) et préfère mettre en place une tension graduelle, décuplée par la présence d'un boogeyman assez impressionnant (le twist final révélant son identité est plutôt téléphoné, dommage). Si on rajoute à l'ensemble une scream queen des plus convaincantes (excellente Ingrid Bolsø Berdal), on peut affirmer que "Cold Prey" se doit d'être maté par tout slasherophile qui se respecte.

Je vous recommande par la même occasion le "Cold Prey II", une suite encore meilleure que son prédécesseur...

Sinon, je n'ai pas encore vu "Cold Prey III". C'est aussi bon ? Dirtydwige

INSOMNIA - Erik Skjoldbjærg avec Stellan Skarsgård, Norvège, 97m

Jonas Engstrom, un inspecteur Suisse se rend en Norvège pour enquêter le meurtre d'une jeune adolescente de 15 ans. Le meurtrier apparaît avoir fait un crime tout à fait parfait, amenant l'inspecteur à être tellement obsédé par l'enquête qu'il en devient insomniaque . Des imprévus viennent gêner une enquête qui n'avance pas, l'inspecteur descend par mégarde son partenaire pendant une descente dans le brouillard. Engstrom traffique la scène du crime et la folie peu à peu, commence à le dominer.

C'est assez intriguant ce film, l'ambiance est installée avec beaucoup de brio. Le réalisateur montre une région qui malgré ses 24 heures de soleil est d'une froideur extrêmement malsaine et inconfortable. Ne vous attendez surtout pas à une orgie de couleurs. c'est tellement neutre qu'on pourrait y mettre une ressemblance avec le purgatoire Le point négatif de cette ambiance est que le film perd un peu son spectateur quand la scène n'est pas le moindrement stimulante ( heureusement, le film est court et ces scènes un peu raté ne sont pas nombreuses) . Le point positif que le point négatif amène ( Comme c'est clair) c'est l'imprévisibilité qui entoure chacune des scènes. C'est aussi grâce à la performance impressionnante de Stellan Skarsgard qui dépeint un personnage fascinant qui, à cause de tous les problèmes qui l'entourent devient carrément dément.

Skarsgard ne joue pas le rôle d'un dément, IL est dément. On n'aurait pas pu trouver un meilleur choix pour interpréter le rôle principal. Pour ce qui est des autres acteurs, personne ne se démarque particulièrement mais rien n'est exagéré, le jeu de l'ensemble des acteurs est très subtil et toute en finesse ce qui aide encore plus l'incroyable atmosphère qui règne.

Un film surprenant, prenant, complexe et intéressant qui intéressera les fans non pas seulement d'enquêtes mais aussi pour ceux qui aiment les personnages complexes et tordus. IL ne me reste maintenant qu'à écouter le remake américain de Christopher Nolan avec Al Pacino et Robin Williams. Abba

KING OF DEVIL'S ISLAND aka Kongen av Bastøy - Marius Holst avec Stellan Skarsgård, Benjamin Helstad, Kristoffer Joner, 2010, Norvège/France/Suisse/Pologne,120m

Récit classique basé sur un fait vécu. Norvège, 1915, une école de réforme sur une île coupée du continent ou des jeunes vivent dans des conditions difficiles. Il y a des sévices sexuels qui se dévoileront et les plus vieux vont mener la révolte contre une direction qui ne s'occupe pas du problème.

Une misère trop souvent vue mais une réalisation très bonne et des acteurs prenants. J'ai souvent pensé au vidéoclip de la chanson Désenchantée de Mylène Farmer, spécialement dans ce final ou des jeunes s'en vont dans la neige comme vers le néant. Séquence finale très éprouvante et bien efficace. Le film est très sobre, si on devine rapidement qu''il y a abus sexuel sur les plus faibles, rien n'est montré. Les moments de révolte n'en sont que plus forts. Une réussite dans le genre. Mario Giguère

KITCHEN STORIES aka Salmer fra kjokkenet - Bent Hamer, Norvège/Suède, 2003, 1h35

Synopsis intéressant grâce à l'élément de départ véridique que furent les études suédoises des années 50 sur les faits et gestes au foyer.

Film "mignon" ayant pour monstre un représentant du capitalisme ne s'arrêtant que 2 courts instants mais ivre avec son biplan privé d'où il émerge des sons de fiesta outranciers pour une petite campagne hivernale.

Film manquant de déversement de sang a possibilité de sommeil élevé puisqu'il s'agit d'humanisme, d'une amitié déployée lentement entre un suédois et un vieux-grincheux-norvégien sous une ambiance à la Tati.

-On somnole déjà? 

-Vite, un tit visionnement de la bande annonce et ça devrait être parfait. 

Outre ses gags charmeurs et le contexte historique, ce 4ème film de Bent Hamer parfait pour un dimanche soir pour ceux n'ayant pas de patience a le mérite de rendre encore plus avide de films étrangers. Deadmonton

le site officiel

MANHUNT aka BACKWOODS aka ROVDYR - Patrik Syversen, 2008, Norvège    

Dans les 70's, un groupe de jeunes norvégiens traversent les vastes étendues boisées de leur beau pays dans un van volkswagen. Après une halte dans un relais routier et une petite altercation avec les bouseux locaux, nos jeunes repartent avec une nouvelle passagère complètement flippée. Et pour cause- Les bouseux du coin pratiquent le sport préféré du comte Zaroff lui-même: la chasse à l'homme. Et c'est parti pour une bonne heure de course forestière et de meurtres à l'arme blanche. Le scénario tient donc sur un post-it et il paraît évident que la seule motivation de Patrik Syversen est de rendre hommage aux bons vieux survival d'antan en misant principalement sur une ambiance oppressante et des scènes d'une perversité malsaine. Le pari s'avère malheureusement raté malgré des chasseurs énigmatiques, silencieux et définitivement sadiques (ça provoque au couteau de chasse, ça ligote au fil barbelé,...) et à des meurtres brutaux voire carrément complaisants dans le sordide, plaçant ainsi MANHUNT comme le représentant norvégien de la vague des films d'horreur "réalistes" actuels. La faute en incombe principalement à des victimes potentielles trop stupides pour générer le moindre attachement et à un rythme répétitif qui accuse le manque d'expérience du réalisateur et qui plonge inévitablement le spectateur dans une certaine lassitude. Dommage, car l'esthétique du film, sa musique et son cadre laissaient présager un hommage des plus plaisants.

Site officiel: www.rovdyrfilm.no    Kerozene

NEXT DOOR aka NABOER - Pål Sletaune, 2005, Norvège/Danemark/Suède 

John est un jeune type un peu perdu. Il vient de se faire larguer par sa copine qui semble être devenue très proche d'un certain Åke et du coup, il n'a pas trop la pêche. Il rencontre alors sa voisine de palier, une fille pas trop mal roulée à l'allure un peu débraillée qui lui demande de lui donner un coup de main pour l'aider à déplacer un meuble dans son appartement. Il accepte. Le meuble en question se trouve être une armoire à placer devant la porte d'entrée. Voila une bien étrange invitation, d'autant plus étrange que la jeune fille en question a une soeur tout aussi mystérieuse mais surtout nettement plus chaudasse. Si John est d'abord méfiant, il est aussi rapidement attiré par ces filles vivant dans un appartement s'apparentant parfois à un dédale de portes et de couloirs, et entame un jeu de séduction qui l'amènera à une séance de sexe sado-masochiste extrêmement brutale avec la plus jeune des soeurs. C'est le début d'une descente dans un enfer schizophrénique pour John, une véritable chute à la recherche d'une vérité inavouable...

NEXT DOOR est le type de thriller radical qui refuse toutes concessions afin de mettre quelque peu mal à l'aise le spectateur confortablement assis dans son fauteuil. Ce sentiment est particulièrement fort lors de cette scène dans laquelle John et la fille font l'amour tout en s'envoyant de puissants coups de poing en pleine face. La violence est ici extrême et le cadre si inhabituel que l'impact est maximum et laisse sans voix, un peu à la manière de la scène du viol de Monica Belucci dans IRRÉVERSIBLE - sans pour autant atteindre un tel niveau d'intensité. Ces quelques minutes sont le point culminant d'un film bourré de qualités et qui réussi merveilleusement bien à nous entraîner dans la folie de son personnage principal. Si cette plongée lugubre s'avère fascinante, son issue s'avère en revanche prévisible. Peut-être saura-t-elle surprendre certains spectateurs mais le cinéphage aura vite fait de deviner le pot au rose. Cela n'enlève rien à l'intérêt que suscite le film, le premier film norvégien a s'être vu interdit au moins de 18 ans en... 18 années en Norvège. Kerozene

TROLL HUNTER aka Trolljegeren avec Otto Jespersen, Glenn Erland Tosterud, Johanna Mørck, 2010, Norvège, 103m

Trois étudiants universitaires débutent un reportage vidéo, caméra à l'épaule, pour tenter de retracer un braconnier qui extermine des ours en Norvège. Ils trouvent Hans, le suivent et le harcèlent longtemps et le traquent en forêt de nuit. Ils entendent alors de drôles de bruits, voient des flashs de lumière et Hans qui court vers eux et le cameraman est certain qu'il a crié TROLL ! Qu'est-ce que ca veut dire ? Hans lâche le morceau et leur avoue qu'il est chasseur de Trolls, qu'il travaille pour le gouvernement et qu'ils leur parle uniquement parce que la profession est difficile, mal payée et fort dangereuse et que quelqu'un doit savoir. Oh, il y a aussi le fait que les Trolls sont plus agressifs que la normale et qu'il veut comprendre pourquoi.

Un autre film tourné en vidéo avec la caméra qui bouge sans cesse, que je me disais, pseudo véritable, pas encore un. Erreur ! Celui-là, il est fichtrement bien fait et très drôle. Notre curiosité est aiguisée par cette idée saugrenue, qui sera bien développée, un concept impossible de nos jours auquel on arrivera à croire dans le cadre du film. Chasseur de Troll ! Une vaste conspiration gouvernementale, un homme seul et plusieurs races de bestioles dont on nous apprendra les moeurs et qui nous semblent de plus en plus des victimes plus le temps passe. Inévitablement, j'ai pensé à cet autre film de Norvège, Rare Exports, qui lui aussi parle d'un sujet impossible, le Père Noel, et nous y fait croire. Deux qualités sont essentielles: les effets spéciaux sont vraiment bien faits et l'humour pince-sans-rire frappe le mille. Otto Jespersen dans le rôle d'Hans, trolljegeren, ou chasseur de Trolls, garde un visage de marbre avec des dialogues qui frisent la folie et qui devraient le mener à l'institut psychiatrique dans d'autres circonstances. Le tournage a dû être farci de reprises. Alors on pense à The Blair Witch Project qui avait cette qualité d'être tourné dans le plus grand sérieux. Ces créatures en titres sont fascinantes et absolument tordantes, déformées, caricaturales et pourtant, "filmées de nuit" elles sont plus vivantes que bien des créations digitales de ces dernières années. L'épilogue est totalement exquis. Je ne vous en dirai pas plus, sauf que c'est uni film à découvrir. Mario Giguère

The WHORE aka HORA - Reinert Kiil, 2009, Norvège  

Derrière ce titre ô combien délicat se dissimule en fait un film d'une grande tendresse, un véritable hymne à l'amour et à la douceur de vivre... Autrement dit un bon vieux rape & revenge des familles, bien brut de décoffrage, avec sa victime tringlée peu délicatement par une bande de voyous imbibés de bière, et appliquant tout aussi subtilement la redoutable loi du talion. Les trois agresseurs, dont un flic sodomite et un simple d'esprit qui ne peut honorer madame que si celle-ci est dans les vapes, sont de véritables raclures de fond de bidet, des mecs forcément amoraux et complètement pourris qui n'en sont d'ailleurs pas à leur coup d'essai. Non content de défoncer la pauvre Jenny par tous les trous, ils lui gravent au couteau le mot Hora ("Pute" en norvégien) sur le front, imprimant ad aeternam cet instant atroce dans la partie visible de sa chaire, comme si le reste ne suffisait pas. Totalement traumatisée, Jenny entame alors une vendetta ravageuse, et inflige des châtiments radicaux à base de découpage de kikis et de vagin piégé.

Difficile de nos jours de se lancer dans le rape & revenge avec l'espoir d'aboutir à quelque chose de convaincant sans tomber dans la redite. Le film de Reinert Kiil ne racontant absolument rien de neuf et ne cherchant malheureusement pas à innover en quoi que ce soit n'y parvient en aucun cas. De plus, "The Whore" laisse de marbre; là où on devrait ressentir un sentiment de répulsion et de dégoût, ne survient qu'un vague soulagement témoignant des 45 minutes de vide abyssal qui ont précédé. 45 minutes durant lesquelles le réalisateur nous a gratifié d'innombrables plans de son actrice fumant des clopes en scrutant le néant de son regard vide et tournant en rond dans son salon avant l'instant tant redouté du viol. Passionnant. Là où "The Whore" pousse le bouchon un peu plus loin que les autres films du genre, c'est au niveau des actes vengeurs d'une Jenny hagarde qui n'hésite pas à s'attaquer aux attributs masculins de ses agresseurs, l'occasion pour Kiil de nous offrir quelques plans de pénis déchiquetés ou tranchés en morceaux. Rien de vraiment transcendant mais suffisant pour lâcher une petite grimace ou deux. Cependant, le plus agaçant dans tout cela est l'acharnement du réalisateur à absolument vouloir donner à son film un rendu "vintage", une patine "grindhouse". Non pas que la volonté soit mauvais, mais il ne fait qu'appliquer les méthodes de ses prédécesseurs (allant même jusqu'à reprendre l'idée de la pellicule manquante de "Planet Terror"), et ceci de manière nettement et inévitablement moins convaincante. Kerozene

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