1 A Am B Blo Bod C Co D Des E F G Go H Hi I J K L M Me Moo N O P Pl Q R Ret S Se Sk Sp T Th Tr U V W X Y Z


THEY - Robert Harmon et Rick Bota avec Laura Regan, Marc Blucas, Dagmara Dominczyk, 2002, États Unis

Et si vos frayeurs nocturnes n'étaient autres que des bibittes dont on n'explique pas l'origine mais qui vivent dans les ténèbres et qui n'ont pour seul but dans l'existence que de vous y enfermer avec eux pour, peut-être, vous manger? Ce serait épeurant ça non? non?

Un jeune homme instable qui, enfant, était visité la nuit par des bibittes mal faites par ordinateur se suicide un jour, n'en pouvant plus, devant sa meilleure amie, une étudiante de cycles supérieurs en psychologie qui s'avère elle aussi à avoir eu de mauvais contacts avec les bibittes numériques dans son jeune temps. Évidemment* (?), après ce choc pour le moins ennuyeux, les bibittes recommencent à la hanter dès que la lumière s'éteint - chose pratique parce que les bibittes "influencent" l'électricité et ont la possibilité d'éteindre les lumières comme bon leur semble et donc de multiplier les scènes d'horreur insoutenable sans tenir compte de la cohérence du récit en les justifiant par un nouveau (ah non pas encore) grésillement des ampoules, flashlight, lumières du métro, etc., etc. On ne s'en lasse vraiment pas. Toujours est-il que deux autres personnages sortis de nulle part supposément parce que le suicidé du départ s'arrangeait pour n'avoir comme amis que des traumatisés de l'enfance sont eux aussi sujets à ces attaques terrifiantes et bon, on s'en doutera, meurent afin de remplir quelques minutes de cet interminable cauchemar.

Heureusement, le film ne présente aucun punch et je pourrai donc m'abstenir de vous les dévoiler. Reste une finale intéressante (surtout compte tenu du reste), une esthétisation presque impressionnante (compte tenu de la filmo du réalisateur et de sa collaboration à la carrière de Van Damme) qui par contre annule tout effet sur le spectateur et des bibittes, tellement mal foutues qu'elles en font peur.

Le DVD contient un "alternate ending" digne d'un film étudiant mal écrit (ce qui aurait tout de même constitué une continuation normale de l'ensemble) qui vous fera d'autant plus apprécier le véritable ending - et bon, là je sens que je mets beaucoup trop d'espoir : c'est nul quand même, c'est juste une nullité rafraîchissante dans un océan de nullité puante.

* évidemment oui bien sûr puisque les bibittes implantent un "device" dans le corps de leurs jeunes victimes afin de les retrouver plus tard pour les manger... (???!)

Commentaire du commis : je l'ai pas vu, ça sort juste mardi!!!!!   Memorial BBQ

Un enfant qui a peur du noir et de tout ce qui se cache dans le noir se fait littéralement kidnapper par une créature... 19 ans plus tard, Julia, étudiante en psychologie est à nouveau traumatisée et recommence à avoir des terreurs nocturnes. Qu'en est-il de ses marques sur la peau d'autres adultes qui souffrent de la peur du noir ? Existe-t-il vraiment des créatures qui ont peur de la lumière et qui vous attendent dans le noir ?

Laura Regan, une actrice blonde au corps d'enfant, rappelle une jeune Mia Farrow à laquelle il manque une conviction dramatique. En fait, le film est une série de clichés certes bien présentés, avec des créatures de Patrick Tatopoulos intéressantes, pour le peu qu'on en voit. Une fin alternative démontre bien que les scénaristes pouvaient finir l'histoire n'importe comment tellement on ne sent pas d'intention première, de réel fil de logique. Il reste quelques images et concepts intéressants, mais jamais nouveaux et jamais frappants. On note de nombreux emprunts scénaristiques à la série X FILES. Rien de bien original, donc. Mario Giguère

THEY SAVED HITLER'S BRAIN aka Madman of Mandoras aka Amazing ms.H - David Bradley, 1968, États Unis

Il y une confusion pour la sortie de ce film, donc le début du tournage se serait fait dans les années 50 et se serais terminé quelque part dans les années 60.Une fille part à la recherche de son père qui a été kidnappé par des méchants nazis sur une île isolée, qui reçoivent des ordres de nul autre qu'Adolf Hitler dont la tête est conservée dans un bocal. Cette vielle tête folle veut dominer le monde en répandant un gaz mortel sur le monde entier. Un film qu' Ed Wood aurait pu tourner, avec dialogues nuls, acteurs sans aucun talent, une scène de poursuite jour/nuit, il fait clair "bin non y fait nuit" t'es cinglé c'est le jour "ah t'as raison c'est la nuit" pour aboutir à une scène d'accident qui fut empruntée au film Thunder Road. Faut pas oublier la tête d'Hitler fondant dans le feu. Rana

The THING WITH TWO HEADS - Lee Frost, avec Ray Milland, Rosey Grier, Don Marshall et Roger Perry, 1972, États Unis, 93m

Un vieux scientifique (Ray Milland) aigri, grincheux, râleur et raciste, expert en greffes en tout genre expérimente des greffes d'un nouveau genre au fond de sa cave. Celle-ci cache en effet un gorille à deux têtes, la tête greffée ayant pour but de remplacer la tête d'origine. Pourquoi donc s'adonner à d'aussi farfelues expériences, serait-on tenté de se demander. Et bien tout simplement parce que notre vieux grincheux est atteint d'un cancer et qu'il ne lui reste que très peu de temps à vivre. Mais, afin de conserver son splendide cerveau et d'ainsi continuer à en faire bénéficier l'humanité, il prévoie de transplanter sa tête sur le corps d'un donneur. Mais le temps presse, le docteur se meurt, et les donneurs ne courent pas les rues. C'est donc un volontaire, un noir qui, au moment de passer sur la chaise électrique, se porte volontaire pour cette expérience scientifique dont il ne sait qu'une seule chose: qu'il n'en sortira pas vivant...  A son réveil, le vieux docteur xénophobe n'en croit pas ses yeux. Inutile de dire que le donneur non plus.

Sympathique petite série B complètement loufoque qui vaut principalement pour les prestations de Ray Milland et de Roosevelt Grier, le donneur ancien joueur de football américain. Inutile de dire que le tournage n'a pas dû être une partie de plaisir, les deux acteurs devant se maintenir collé l'un à l'autre lors des gros plans, ou alors courant avec une fausse tête collée sur l'épaule pour les plans larges.

Le film nous offre quelques scènes d'anthologie dont la fameuse scène de poursuite à moto, moto sur laquelle se trouve notre homme bicéphale ainsi qu'un docteur noir et poursuivi par une douzaine de voitures de police sur un terrain de motocross.

Le film est sorti une année après le similaire INCREDIBLE TWO HEADED TRANSPLANT, cependant THE THING WITH TWO HEADS bénéficie de cette aspect social qui n'est certes qu'un prétexte mais qui le rend particulièrement attachant. Kerozene

Un vieux schnock raciste est diagnostiqué mourrant; vu qu'il est lui-même médecin, il décide donc d'expérimenter pour sauver sa vie et transplante des têtes par-ci, par-là. Bon, OK. Il possède justement un gorille à deux têtes dans sa cave. Alors qu'il en est à ses derniers jours, il finit par obtenir la permission d'avoir comme sujet le corps d'un criminel qui fait face à la chaise électrique (et qui se proclame innocent, évidemment). Ce dernier préfère affronter la Science plutôt que de frire sous hauts voltages. Le problème, c'est qu'il est Noir! Notre bonhomme blanc se fait transférer la caboche (sans qu'il sache les origines ethniques de son nouveau corps) sur ce gros mec style joueur de football. Gros conflit d'idéologie à venir, il va sans dire...

Donc... vous avez tout ici pour plaire aux plus difficiles d'entre vous. Des chansons sur la trame sonore carrément absurdes, des effets spéciaux en caoutchouc de base qualité, une longue et invraisemblable scène de poursuite, une mise en scène qui fait penser aux pires épisodes de la série BATMAN des années 60 et, bien entendu, la vue de ce monstre bien incongru, un homme à deux têtes, ce qui le rend ici bi-racial! Quand le gorille à deux têtes s'échappe, il court pendant de longues minutes en pleine rue, sans qu'il n'y ait aucun piéton nulle part, jusqu'à ce qu'il pénètre dans un marché pour déguster quelques bonnes bananes (chaque bouche mâche avec joie)! Cet unique primate est la création d'un jeune Rick Baker (qui a probablement le double masque sur la tête à l'écran).

Le clou du spectacle est cette séquence de poursuite (déjà citée dans la critique de Kerozene sur le même sujet) alors que la police est aux trousses de notre créature bicéphale, qui s'empare d'une motocyclette, sème la pagaille pendant une relais cross-country de motos (il(s) gagne(nt) même la course!) et réussit à s'échapper d'environ 25 automobiles de patrouille qui lui (leur?) courent après, en pleine campagne. L'une après l'autre, toutes ces voitures prennent le champ, explosent, tombent dans des ravins qui apparaissent comme par magie et nous démontre à quel point ces policiers sont une bande de lourdauds incapables! Une séquence digne des meilleures anthologies, garanti. Et si j'ai bien compris, cette action se déroule le lendemain de l'opération! Il faut conclure que se faire greffer une deuxième tête améliore également les effets de récupération. Peu à peu, la tête du blanc prend charge du corps du noir, au point que le raciste fout un coup de poing sur la gueule de l'autre et l'assomme! Il faut vraiment le voir pour le croire.

Rosey Grier est un ancien joueur des N.Y. Giants qui a joué dans quelques films. Le voir courir à bout de souffle dans la plaine est pissant d'hilarité, avec la fausse tête en plastique qui branle à côté de la sienne véritable. Il a probablement été choisi parce qu'il est corpulent et que les producteurs croyaient que cela paraîtrait moins quand on lui collerait un frêle acteur de 65 ans derrière le dos. Ray Milland a bénéficié d'une carrière bien remplie au cinéma, gagnant même un Oscar en tant que Meilleur Acteur pour le film THE LOST WEEKEND de 1945, chef-d'œuvre sur l'alcoolisme avec une scène sortant d'un film d'horreur où notre héros, en pleine crise de délire intoxiqué, voit une chauve-souris sortir du mur! Qu'est-ce qu'un tel comédien pensait en signant le contrat pour ce film-ci, je vous le demande. $$$$

!La question qui se pose est la suivante: est-ce que tout cela se voulait une parodie sur les relations raciales aux États-Unis, déguisée de maladroite façon? Ou encore une satire sur les films de monstres? Qui sait? Le réalisateur Lee Frost a tâté de la série B pendant toute sa carrière, alors pourquoi se serait-il donné une mission plus subtile ici? Le film aurait facilement pu s'intituler THE THING WITH TWO HEADS AND FOUR KNEES, alors que pendant la désormais poursuite, on peut clairement voir les jambes de Milland derrière Grier sur la motocyclette! Une transplantation de genoux, tiens voilà une idée... Blundering Man

THIS DARKNESS: THE VAMPIRE VIRUS - Dylan O'leary avec David Everritt, Amanda Cool, Dylan O'Leary, 2003, États Unis, 106m

Le Docteur Van Helsing, septième de sa génération, est un éminent scientifique qui profite de larges subventions pour fabriquer un antidote au sida. De fait, lorsque le FBI enquête pour utilisation frauduleuse des sommes d'argent utilisées pour ses recherches, il finira par avouer qu'il est sur le point de créer un sérum d'immortalité, sérum qui intéresse énormément Tarquin, vampire mainte fois centenaires. Tarquin lui donne un ultimatum, lui fabriquer une fiancée parfaite et immortelle en 24 heures, sinon il commence à tuer ses proches. Ce qui arrive, Van Helsing, désespéré, n'a plus le choix de combattre, avec l'aide de l'agent du FBI, qui croit à son histoire.

Dylan O'Leary est à tous les postes, acteur principal, scénariste, réalisateur et producteur dans ce tournage vidéo ambitieux au résultat trop long et pas toujours bien photographié. Bravo pour l'approche scientifique, qui tente de vulgariser les recherches d'Adn pour le commun des mortels. Les vampires font de l'effet et on même droit à une scène d'attaque sous-marine, rappelant le Zombie de Fulci. Le film aurait bénÉficié d'un montage plus serré, d'un peu plus d'érotisme et d'un peu moins de Kung Fu. Mais au demeurant on applaudit l'effort pour renouveler le genre tant codifié. Mario Giguère

THUNDERCRACK! - Curt McDowell, 1975, États Unis - Version "cut" 120m

THUNDERCRACK! est un film fou. Une histoire d'horreur d'apparence classique traitée de manière inhabituelle. Une maison isolée, habitée par une femme à l'esprit pour le moins déglingué (Marion Eaton) et des visiteurs nocturnes perdus au milieu de la campagne forcés de s'y réfugier. Point de départ connu pour des protagonistes mus par des motivations diverses dont le dénominateur commun est le sexe sous toutes ses déclinaisons possibles. Prisonniers, ils interagissent gaillardement dans un décor limité à trois ou quatre pièces.

Avec son budget proche du zéro, son style très arthouse underground et ses acteurs qui en font des tonnes pour notre plus grand plaisir, Curt McDowell livre une comédie d'épouvante ponctuée de scènes pornographiques totalement absurdes et légères (dans le sens où elles sont toujours amenées de façon comique) mais pouvant être quelque peu dérangeantes pour les âmes prudes qui risquent de ne guère apprécier l'infiltration vaginale d'un concombre pelé ou une scène de sexe homosexuelle masculine. Un brin bavard, le film gagne encore lors de l'apparition de Bing (George Kuchar, également coscénariste), échappé d'un cirque dont les animaux se sont évadés et poursuivi par une femelle gorille amoureuse de lui.

Délirant de A à Z, drôle et perturbant, cette farce burlesque en noir et blanc s'étale dans sa version uncut sur une durée d'environ 150 minutes. Sur 120 minutes, nous avons droit à quelques fellations, deux sodomies (dont une avec un godemiché), quelques copulations plus standards et plusieurs masturbations. Que contient donc la demi-"  manquante ? Aucune idée, mais il sera bientôt possible de le savoir avec la sortie prochaine d'un DVD annoncé sur le site officiel du film : thundercrackthefilm.com Kerozene

THX-1138 - George Lucas avec Robert Duvall, Donald Pleasence et Maggie McOmie, 1970, États Unis 

Avant de devenir célèbre grâce à sa saga STAR WARS, George Lucas avait débuté sa carrière de cinéaste avec un film à budget modeste dans lequel un homme tente de s'échapper d'un système robotique répressif. THX-1138 est une vision aliénante d'une société de l'avenir où l'homme n'a plus de liberté. Il n'est qu'un travailleur qui perd son humanité.

Évidemment, cette oeuvre peut rappeler le roman 1984 de George Orwell, mais aussi le film 2001 de Kubrick par son ambiance cérébrale et son utilisation d'une photographie dominée par la couleur blanche.

Le traitement d'ensemble devient expérimental au point que certains spectateurs risquent de s'ennuyer. Le Director's Cut sorti en DVD au mois de septembre 2004 permet à des scènes d'être visuellement plus "technologique" (Lucas toujours toqué bien entendu sur le numérique...) , ce qui détone parfois avec la conception visuelle épurée imaginée au départ. Mais le propos n'est pas dénaturé pour autant, et la forme, qui est en parfaite symbiose avec le contenu pour exprimer l'aliénation et la déshumanisation, s'avère toujours aussi fascinante.

À voir pour sa vision presque abstraite du futur et pour s'éloigner de l'opulence visuelle des nouveaux STAR WARS même si en fin de compte des aspects de la mise en scène et du montage ne différent pas de THX-1138. Nazgul

The TIME TRAVELERS - Ib Melchior, 1964, États Unis  

En 1964, deux savants, leur assistante et l’électricien inventent une machine à voyager dans le temps et passent par la fenêtre de l'appareil dans un futur ou les derniers hommes non mutants essaient de s'envoler vers l'espace dans une belle fusée comme la NASA n'en a jamais construite. Apparition de Forest J. Ackerman, belles passes d’androïdes, de la musique du futur, quelques passages humanistes dans une ambiance futur rétro délicieuse à souhait. Une fin surprenante. Parfait avec un chip et une liqueur. Mario Giguère

THE TIME MACHINE aka La MACHINE A EXPLORER LE TEMPS  - Simon Wells, 2002, États Unis 

Nous sommes à Londres, à l'aube du XXe siècle et le génial savant Alexander (Guy Pearce) ne pense qu'a roucouler avec sa chère et tendre. Et lorsqu'il s'apprête à la demander en mariage lors d'un soir d'hiver enchanteur, un vilain gredin tout sale et armé d'un revolver surgit d'un buisson pour lui voler sa montre et la bague de fiançailles. Alexander s'y oppose fortement et bombe le torse, le pouilleux se fâche, tire et tue mademoiselle qui s'écroule dans la neige. Alexander est tout penaud et passe les mois qui suivent enfermé dans son bureau, affairé sur un projet top secret: la construction d'une machine à remonter le temps! Une fois la machine terminée, Alex remonte donc le temps (forcément) pour se retrouver quelques minutes avant que sa bien aimée ne se fasse dessouder. Il l'éloigne donc du lieu du drame et là paf, elle se fait écraser par un fiacre. Quand on a la poisse... Franchement dégoûté, notre romantique désespéré saute dans sa machine et se propulse dans le futur, le coeur plein de colère et avec une soif insatiable: celle de trouver la réponse à son incapacité à sauver celle qu'il aime. Chemin faisant, il fait une halte en l'an 2000 et des patates et découvre un Londres en pleine guerre civile. La Lune est en train de se faire coloniser mais le travail est tellement mal fait qu'elle explose dans le ciel générant ainsi un chaos planétaire... la fin d'une ère. Dans la cohue, Alex sauve ses fesses et fonce tête baissée jusqu'en l'an 801'702. Là il découvre un monde sauvage où les humains ont régressés. Cependant, quelques individus parlent toujours l'anglais ce qui arrange bien notre bonhomme, et quand l'un de ses individus a des mensurations à faire rêver Debbie Rochon, on imagine que ça l'arrange encore plus. Mais le problème est que ces gens ont une fonction: ils sont le garde manger des êtres de l'ombre, les morlocs: créatures souterraines au look de catcheurs consanguins chassant les humains pour les offrir à leurs seigneurs et maîtres, une race de créatures elles aussi souterraines et dotées d'une super intelligence. Cette race est dirigée par un Jeremy Irons au look de chanteur gothique sans doute soucieux de pouvoir payer ses impôts.

Sur le papier, cela donne une histoire tout de même joliment efficace. Le récit ne manque pas d'intérêts ni d'exotisme, le principe même de la machine offre des possibilités scénaristiques presque sans limite, le film nous fait même voyager en l'an 635'427'810 (!!!) - et c'est pas joli à voir, il y a de belles gonzesses, des créatures très vilaines, des décors splendides, des moyens généreux (80 millions de dollars), des effets spéciaux classieux, des acteurs confirmés (encore que Pearce semble un peu largué) et pourtant la sauce ne prend pas. Dès la première scène le film s'enlise dans la mouise pour ne jamais en sortir. Etonnamment, le réalisateur Simon Wells (arrière petit-fils d'H.G. Wells) s'avère incapable de tirer profit de son sujet et livre un produit d'une mièvrerie enfantine à se frapper la tête contre les murs. Cela n'a finalement rien d'étonnant quand on sait que monsieur est un transfuge de Disney et qu'il a donc très probablement subit lavages de cerveau après lavages de cerveau afin de se retrouver condamné à ne pondre que des produits fades à destination d'un public inerte. Mais le public inerte n'est peut-être plus aussi présent qu'autrefois puisque le film s'est pris une veste lors de sa sortie. Ben voila, fallait pas prendre les gens pour des idiots. Autant revoir la version 1960 signée George Pal. C'était naïf, mais sincère. Kerozene

TIME WALKER aka Being from Another Planet  - Tom Kennedy, 1982, États Unis  

Un chercheur sonde le cul d'une pyramide et y trouve un ancien tombeau de 3500 ans dans lequel repose gentiment un beau sarcophage. Il retourne alors aux Etats-Unis dans son Université avec le sarcophage sous le bras. Le directeur de l'Uni, tout excité, prépare une conférence de presse dès le lendemain, car le sarcophage est une découverte capitale ! Mais avant toute chose, il faut faire des radios de la chose. Alors hop, on prend quelques photos, mais le photographe s'est gouré et à foutu la dose maximale de rayons X - et donc, une jolie dose de radiations. En regardant les radios, il constate que des objets sont cachés dans un compartiment secret du sarcophage, il décide donc d'ouvrir ce dernier et y trouve ce qui semble être des diamants. Il reprend une radio de la chose pour faire comme si il n'y avait jamais rien eu, et se casse, offrant les cailloux à droite à gauche après qu'il se soit aperçu qu'ils ne valent rien. Mais la dose de radiations subit par la momie a eut pour effet de réveiller cette dernière qui se met à sécréter une substance hautement corrosive. La momie se ballade ensuite à la recherche de ses cailloux et tue la plupart de ceux qui les possèdent. On apprend alors sans trop de surprise qu'elle est en réalité une créature d'une autre planète et que les cailloux lui sont nécessaires pour rentrer chez elle...

Que voila une série bien mollassonne... Le rythme est mou, et l'intrigue n'est pas bien folichonne. Le concept de base est assez séduisant, mais n'est pas bien exploité. Le tout ressemble à un téléfilm standard. Le film se termine sur un cliffhanger, sans doute que les producteurs avaient envisagé une suite, mais celle-ci ne s'est jamais faite sans doute à cause du peu de succès obtenu... Kerozene

TO BECOME ONE - Neil Johnson avec David Vallon, Emma Grasso, 2002, Australie

La jeune Melinda a vécu l'enfer un an plus tôt lorsqu'un tueur masqué a tranché sa mère en deux. Revoici son anniversaire et le tueur est de retour pour trucider ses amis. Au lendemain du massacre, elle part avec les quelques amis qu'il lui reste à la campagne, quoi de mieux que de s'isoler dans les bois lorsqu'un maniaque nous court après... Vous pensez bien que le malotru les suit et tue un à un tous ces rigolos. Donc, au bout de trente minutes, Melinda est seule avec le maniaque masqué qui se révèle être son frère siamois, tel qu'annoncé sur la pochette du dvd, y a pas de gêne. Là on se retrouve dans une clinique bien spéciale ou un drôle de scientifique veut réunir leur corps à la suite d'une série d'opérations, ce que Melinda ne prise pas tellement, il va de soit.

Drôle de mélange, du slasher à la Jason au drame de la chair très proche des délires d'un David Cronenberg. Il faut surtout applaudir la performance de David Vallon dans le rôle du docteur Hatcher, le fou de service, un numéro mémorable. Malheureusement les acteurs assez jeunes, qui donnent leur 100% ne sont pas toujours à la hauteur et le mélange de genres ne saura plaire à tous. Le réalisateur nous répète souvent que le film n'a pour budget qu'un maigre $2000.00, ce qui est difficile à croire au vu du résultat, qui bénéficie grandement de l'expérience et des ressources de Johnson, documentariste et vidéoclippeur. La partie slasher est gore à souhaits. Mario Giguère

TOBOR THE GREAT aka TOBOR LE GRAND - Lee Sholem avec Charles Drake, Karin Booth, Billy Chapin, 1954, États Unis, 77m

L'homme se tourne vers l'exploration de l'espace, mais dans l'agence américaine chargée d'envoyer les premiers hommes dans l'espace il y a bisbille. Certains, comme le professeur Harrison, pensent que l'on devrait commencer par envoyer autre chose que des hommes dans les fusées, trop de dangers les guettent. Le jeune professeur Nordstrom est de son avis et le vieux Harrison lui montre sa solution: le robot TOBOR. Lors de sa présentation aux journalistes, un espion à l'accent russe s'est faufilé. On va kidnapper le professeur et son neveu, surnommé Gadge, comme dans "amateur de Gadget". Grâce à un lien télépathique, Tobor se réveille et part en mission vers les méchants !

Petit film rarement vu, Tobor vaut évidemment le détour pour son robot de grande taille qui impressionne. Au vu des relents de serial, on est quand même surprit lorsque que le jeune de onze ans est menacé au chalumeau ! Loin des robots menaçants, Tobor n'est violent que s'il est menacé, lui ou son maître. Il aura su impressionner bien des jeunes garçons qui rêvaient d'explorer l'espace avec un tel ami. La fille du professeur, fort jolie, a dans ce carcan classique un rôle complètement effacé. Vive les robots ! Mario Giguère

The TOOLBOX MURDERS - Dennis Connelly avec Cameron Mitchell, Pamelyn Ferdin, 1978, États Unis, 93m

Une série de femmes sont tuées à l'aide d'outils en l'espace de quelques jours dans un bloc appartements, la dernière étant kidnappée. La police, légèrement incompétente, n'a aucun indice pour retrouver la jeune Laurie, 15 ans, qui ne répond pas au profil des autres défuntes, plus matures pour ne pas dire dévergondées. On imagine que tout est relié à la mort d'une jeune fille, fréquemment vue en flashbacks...

Si les meurtres sont rapides et spectaculaires, ils sont tous groupés dans le premier tiers du film, ce qui donne un drôle de rythme, le film s'enlisant dans de longs monologues du tueur, nous expliquant en long et en large la raison de ses gestes. Le gore et la nudité réjouiront les amateurs, mais l'ensemble ne relève pas d'un grand classicisme, loin de là. Cameron Mitchell est égal à lui-même, toujours efficace, la jeune actrice a un visage fort connu, ayant joué dans plein de séries télévisées. Quelques punchs viennent épicer l'intrigue alors que le final s'inscrit dans un courant très nihiliste, bien en vogue en cette ère post vietnam. Mario Giguère

TOOLBOX MURDERS - Tobe Hooper, 2003, États Unis

Des meurtres successifs et assez sanglants sont commis dans un mystérieux et antique hôtel d'Hollywood en rénovation. Il semblerait qu'une mystérieuse entité se camoufle dans le vieux bâtiment. Nell, une jeune femme qui vient d'emménager avec son conjoint, devra résoudre l'énigme démoniaque que camoufle sa nouvelle demeure.

Je suis un véritable maniaque de ces petits films, où l'enjeu dramatique réside dans le massacre explicite d'un groupe de personnages. Peut-être est-ce moi qui a été dupe, mais j'ai bien aimé TOOLBOX. Tobe Hopper offre son meilleur film depuis longtemps. L'univers des " slashers " ne lui était pas inconnu, car outre son ultime chef d'œuvre, il avait réalisé FUN HOUSE au début des années 1980. Si son dernier est un " slasher " tout ce qui a de plus classique, et que l'intrigue a quelques grosses ficelles, il n'en demeure pas moins très efficace. Si on aime les SLASHERS, on passe un excellent moment dans cet hôtel. ( ce qui a été mon cas, et celui d'une grande partie de la salle, au FANTASIA, qui a très bien réagi. Après le générique, les gens acclamaient le film jusque dans les toilettes, et exprimaient où ils avaient sursautés.) TOOLBOX MURDERS a plusieurs petits défauts, mais certainement pas celui de nous laisser de glace. Les décors présentent de longs couloirs délabrés où l'on peut percevoir une détonation de bruits étranges, comme le veut la convention, mais pourtant à notre grand plaisir. Les habitants de l'hôtel sont tous aussi drôles qu'inquiétants, et à chaque fois que le meurtrier frappe, on cesse de respirer... Si le climat de TEXAS CHAINSAW est imbattable, celui de ce film a tout de même beaucoup en commun avec lui. On a qu'à citer la découvertes des cadavres par l'héroïne. Ajoutez à cela des meurtres gentiment gores (ils sont souvent dans la pénombre ), plusieurs sursauts garantis, et une prestation honorable d'Angela Bettis. Le film possède aussi une panoplie de références à d'autres films, dont l'éternel crochet de boucher de TEXAS CHAINSAW MASSCRE, mais aussi des clins d'œil à certaines légendes d'Hollywood. Bref, il s'agit d'un bon petit film assez terrifiant. Hitchcock 79

TORTIONNAIRES aka God's Bloody Acre - Harry Kerwin, 1975, États unis

Trois frères, dans le genre ermites éloignés de la société qui habitent les bois, se sentent obligés de quitter les lieux à cause de la construction d'un camping qui veut s’établir dans le coin. Les trois deviennent fous de rage et décident de mettre au point un plan pour empêcher sa venue. Sûrement l'un des moments le plus mémorables du film quand leur fameux plan c'est d'attaquer la machine de construction avec des cailloux. Ensuite, ils jurent que plus personne ne vont prendre leur territoire. Par la suite, un gars qui vient de lâcher son boulot et qui a envie d'aventure, une fille révoltée contre les hommes, un couple roule avec leur caravane et tout ce beau monde se ramasse au même endroit pour camper bien sur, et comme de faite il sont traqués et attaqués par nos trois zigotos. O a même droit a des répliques vraiment nulles du genre:

-a regarde-moi ce paysage

-tu m’écoutes oui?

-oui, je t’écoute

-alors, qu'est ce que j'ai dit?

-je ne sais pas?

-alors, pourquoi tu ma dit que tu m’écoutais?

Du bon trash comme je l'aime, sans oublier la fin "Leslie je les ai tous tués...On gèle l'image, pis on envoie le générique. Rana

TORTURE SHIP - Victor Halperin, 1939, États Unis

D'après une histoire de Jack London, Torture Ship débute avec un médecin qui offre la liberté aux pires criminels s'ils acceptent de partir en croisière avec lui. Sur le bateau, il poursuit des expériences sur les glandes visant à réformer les esprits méchants pour les transformer en bonnes personnes. Son neveu tombant amoureux d'une passagère qui se proclame innocente et la bande de tueurs projetant une mutinerie, les choses ne se déroulent pas comme le docteur l'avait prévu.

Le médecin qui fait des expériences sur les glandes est une figure essentielle du cinéma fantastique des années 30-40. Plus souvent qu'autrement il veut transformer une panthère ou un gorille en homme, ou ici, tel un Doc Savage, le savant veut transformer en bon chrétien des vilains sortis tout droit d'une bande dessinée de DICK TRACY. Au final, on ne voit jamais une opération et le concept est plus fascinant que le film tourné, mais le rythme est rapide et on ne s'ennuie pas. Halperin a tourné le célèbre WHITE ZOMBIE quelques années plus tôt. Mario Giguère

TOUCH OF HER FLESH - Michael Findlay, 1967, États Unis 

Michael et Roberta Findlay n'ont pas une réputation très enviable dans le domaine de la série B américaine. Cependant, leur " Flesh Trilogy " réalisée à la fin des années 60 semble plaire aux amateurs. J'ai donc décidé de donner sa chance au premier volet...

Dans ce film, Richard Jennings, un homme d'affaires, s'en va en congrès, mais se rend compte, à l'aéroport, qu'il a oublié sa valise. De retour chez lui, il découvre son épouse avec un autre homme. Ce sera le début pour lui d'une mission de vengeance contre elle et les autres " femmes de mauvaise vie ".

Résumé ainsi, le scénario a sans doute l'air amusant et pas trop piqué des vers. Il y a même de quoi faire un film relativement original. Mais voilà l'ennui : ce n'est pas le cas.

Malgré une durée réduite (75 minutes), TOUCH OF HER FLESH s'éternise en dépit du bon sens. Le nombre de meurtres (banals) est beaucoup trop réduit pour la durée du film et on a la curieuse impression de voir un film amateur muet doté d'une esthétique 60s. Le dialogue est minimal, et la quasi-totalité du film est mise en musique sans effets sonores (il n'y a à peu près jamais de silence).

Parlons-en de la musique : Findlay a utilisé du classique, probablement parce que les morceaux en question étaient dans le domaine public et ne lui coûtaient rien. Le résultat est bizarre : des ébats maladroitement filmés et assez timides sonorisés par un orchestre grandiloquent. Cette inadéquation de l'image et du son peut amuser à prime abord, mais finit par ennuyer ensuite.

Les scènes érotiques, alors ? Il est clair, au visionnement du film, que c'est sur cette base qu'il a pu jouer en salles... Mais soyons franc : si, pour 1967, c'était sûrement audacieux, de nos jours, ça n'impressionnera pas grand monde. Quelques femmes font des numéros de danse à go-go ou se maquillent nues dans leur loge, le tout filmé d'une manière fétichiste et morcelée par Findlay (il cadre souvent les corps sans montrer les visages). Il n'y a pas de quoi s'emballer.

L'interprétation est très médiocre, et le suspense, inexistant, peut-être à cause de l'aspect profondément amateur du tout, de cette musique classique, de ce dialogue presque absent, doublé de manière à sonner trop " studio ". On notera d'ailleurs un interminable monologue en voix-off débité par Findlay qui décrit les femmes comme des créatures corrompues. À l'actif du film, à peine pourra-t-on mentionner quelques beaux plans en noir et blanc ici et là, qui surgissent parfois de façon presque incongrue au sein de ce film quelconque.

Le DVD édité par Something Weird réunit les trois volets de la trilogie. Par conséquent, il n'y a aucune place pour un quelconque " bonus ". La restauration est valable, bien que le film ne soit pas présenté dans une copie impeccable (dans la première bobine, par exemple, une agaçante bande verticale plus ou moins transparente défile à la gauche de l'écran). Howard Vernon

The TOWERING INFERNO aka La Tour Infernale -.John Guillermin/Irwin Allen avec Paul Newman, Steve McQueen, William Holden, Faye Dunaway, Richard Chamberlain, Susan Blakely, Fred Astaire, Jennifer Jones, Robert Vaughn, O.J. Simpson, Robert Wagner, 1974, États Unis, 165m

Le jour même de son inauguration à San Francisco, un incendie provoqué par une surcharge dans un câble électrique se déclare dans un gigantesque gratte-ciel, piégeant du même coup toutes les personnalités présentes à la réception se déroulant au 135ième étage. L'architecte Doug Roberts fait porter le blâme de l'incendie à l'électricien Roger Simmons et au constructeur James Duncan, ceux-ci ayant préféré une installation électrique standard plutôt que sécuritaire pour des questions budgétaires. Pendant ce temps, le chef des pompiers O'Halloran tente tout ce qu'il peut avec son équipe et la collaboration de la NAVY pour éteindre cet incendie, et faire évacuer les personnes coincées au dernier étage de la tour. Le feu ayant fait plusieurs victimes, tout en continuant de progresser au point de devenir incontrôlable, une ultime solution est envisagé pour tenter de sauver les survivants restants.

Cette super-production marqua l'apogée du cinéma catastrophe tout en ayant été le plus gros succès de son producteur et co-réalisateur Irwin Allen, véritable spécialiste du genre. Avec un budget colossal pour l'époque marquant la première collaboration de deux majors (Fox et Warner) qui se détestaient pourtant, un casting somptueux comprenant des stars de plusieurs générations et des effets spéciaux efficaces, ce film spectaculaire peut être considéré comme un modèle du genre. S'inspirant à la fois de deux romans et de la construction du célèbre World Trade Center (inauguré un an après la sortie du film et en plus le tournage se serait terminé un 11 septembre), le scénario mélange des situations mélodramatiques peu crédibles entre les personnages, avec d'autres plus réalistes impliquant les pompiers et leurs difficiles méthodes de sauvetage pour contrecarrer un incendie dans une tour à étages. Ce sont donc les scènes d'action et de suspense qui donnent de la vigueur à ce long-métrage, et non les séquences conflictuelles entre les protagonistes, où la critique de la folie des grandeurs des bâtisseurs faisant fi de la responsabilité collective pour des raisons économiques ne passe pas vraiment, tellement elle est manichéenne en plus de s'apparenter à la catastrophe du Titanic. À tout le moins, la mise en scène est assez souple pour éviter d'alourdir l'ensemble, réussissant même à rendre poignants quelques morceaux de bravoures, dont certains impliquant quelques acteurs ayant refusé d'être doublé. En bref, un film catastrophe qui n'a pas trop mal vieilli et qui contient assez de moments captivants pour divertir les spectateurs. N'ayant pas peur de prendre des risques, Steve McQueen n'a aucun mal a dominer la distribution dans le rôle du chef de pompiers, tant sur le plan physique que sur le plan dramatique. Mathieu Lemée

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