Une des créatures les plus célèbres de la littérature et du cinéma, d'après le roman de Mary Shelley, la créature de Frankenstein, souvent désignée par le nom de son créateur, est un incontournable du cinéma fantastique. Tour d'horizon par ordre chronologique. 

mise à jour le 31 décembre 2007

1910

1931

1935

1939

1941

FRANKENSTEIN MEETS THE WOLFMAN - 1943, États Unis

Je l'avais vu, il y a des années. Le film n'a pas très bonne réputation, et après un bon début ou Talbot, notre Lon Chaney Jr qui est toujours vivant, a des angoisses existentielles dues à sa lycanthropie, ça traîne en longueur. Bela Lugosi joue un Frankenstein grognon, un peu fanfaron et finalement, 5 minutes avant la fin, ils se chamailleront. Comme un mauvais gala de lutte. Trop peu, trop tard. Quelques bons moments dans un ensemble quelconque. Mario Giguère

HOUSE OF FRANKENSTEIN , 1944, Erle C. Kenton, États Unis

Un savant fou (Boris Karloff) et son assistant qui est bossu, s’évadent d'une prison En cours de route sil tombent sur un homme nommé Lampini qui roule avec sa caravane. Dans sa caravane, Lampini dit avoir le corps de Dracula (John Carradine) ,que celui-ci a un pieux au coeur et que si on lui enlève il reprendra vie. L'assistant du savant tue Lampini et son chauffeur pour ensuite prendre leur place. Il redonnera vie a Dracula, mais son existence sera de courte durée, juste le temps d’envoûter une jeune fille. Nos deux compagnons de route continuent leur ballade et arrivent à une fête foraine, où notre bossu vient sauver la vie d'une fille qui se faisait fouetter par son père, et hop, un compagnon de plus pour la route. Arrivés au château, dans le sous-sol ils trouvent les corps de Frankenstein (Glenn Strange) et du loup-garou (Lon Chaney,Jr) congelés dans d’énormes blocs de glace et décident de leur faire reprendre vie.

Ce film est la suite de Frankenstein meet the wolf man, et comme la plupart des vieux Universal on y retrouve toujours une bonne ambiance. Ce fut sûrement un gros coup pour l'époque de réunir Dracula, Frankenstein et le Wolfman. Rana

HOUSE OF DRACULA de Erle C.Kenton avec David Carradine, Lon Chaney Jr, Lionel Atwill, 1945, 67m, États Unis

Le Comte Dracula (Carradine) se présente au docteur Edelman dans l'espoir que celui-ci le guérisse de son vampirisme. Talbot (Chaney)arrive aussi pour se départir de sa lychantropie, comme l'assistante bossue du docteur qui veut perdre sa bosse ! Tout ce beau monde découvrira Frankenstein neurasthénique qui ne demande rien. Toute cette ribambelle s'agitera quand le docteur devient à moitié vampire qui veut dominer le village. Diantre !

Petit film à la fin abrupte, House of Dracula se regarde avec le sourire. Onslow Stevens campe un Docteur Edelman qui, par son jeu et les plans de caméras, renvoi à l’expressionnisme allemand. C'est à ce chapitre que le film se distingue, l'intrigue et les acteurs de soutien étant de facture très légère. Le monstre de Frankenstein n'y fait qu'une apparition très réduite. Mario Giguère

ABBOTT & COSTELLO MEET FRANKENSTEIN , 1948, Étast Unis 

Dracula veut installer le cerveau d'Abbott dans la tête de Frankenstein, question d'avoir un monstre niais qui ne se rebellera pas. Mais le Loup garou s'y oppose avec l'aide des deux nigauds. Voilà une franche pantalonnade qui fait encore sourire. La présence de Lugosi et Lon Chaney Jr, qui ont le mérite de garder leur sérieux devant les pitreries du duo humoristique, y sont pour beaucoup dans la réussite de ce petit scénario ingénieux pour réunir tout ce beau monde. Avec un bon documentaire sur le DVD et une galerie bien fournie de photos et affiches. Mario Giguère

TEENAGE  FRANKENSTEIN, 1957, États unis

The CURSE OF FRANKENSTEIN aka Frankenstein s'est Échappé - Terence Fisher, 1957, Angleterre

Celui-là, à l'époque, a dû faire l'effet d'une bombe. Premier film de monstres "classiques" anglais, premier Frankenstein en couleurs, et résurrection de personnages que la dégénérescence des productions Universal avait transformé en personnages de comédie. Pas la peine de résumer l'histoire : tout le monde la connaît. Quoique simplifiée, c'est en gros celle du bouquin. Peter Cushing est impeccable en Frankenstein (mais Peter Cushing est toujours impeccable), Hazel Court est une Elizabeth convenable, et Christopher Lee aurait probablement pu camper un monstre aussi mémorable que celui de son illustre prédécesseur si le scénario lui en avait laissé la chance. Hélas, la créature n'est ici qu'une brute sanguinaire sur le sort de laquelle il est difficile de s'apitoyer. Dommage que Lee n'ait jamais repris le rôle par la suite.

Dans l'ensemble, le film est bien fait, il se laisse regarder avec plaisir, mais n'atteint pas franchement des sommets. A noter que le titre français stupide tend à accroître la confusion qui règne entre le monstre et son créateur.  Michel Pagel

L'histoire? Vous la connaissez tous. Le Baron Frankenstein s’engouffre peu à  peu dans la folie afin de réaliser son rêve: créer la vie. Je dois dire que je ne suis pas un fan des films de frankenstein, donc mauvais juge. Mais ce n'est pas le meilleur Hammer à mon avis. Le film est néanmoins un fier représentant des films d'horreur de cette époque. C'est donc un bon film, à voir une fois, mais en ce qui me concerne, je doute que l’envie de le revoir me reprenne d'ici quelques années. Angel Guts

The REVENGE OF FRANKENSTEIN aka La Revanche de Frankenstein - Terence Fisher, 1958, Angleterre

Il s'avère que le baron, censément guillotiné à la fin de l'épisode précédent, a en fait échappé à la mort, ce qui lui permet de continuer ses expériences dans une autre ville. Établi sous le nom de Dr. Stein, il soigne gratuitement les pauvres, non par humanité mais parce que cela lui permet de récupérer les portions de corps dont il a besoin ("Il va falloir amputer, mon brave"). Avec l'aide de son assistant, Hans (Francis Matthews), il crée un monstre plutôt beau gosse et parfaitement sain d'esprit (Michael Gwynn), qui se change progressivement en tueur cannibale une fois que son cerveau a été endommagé au cours d'une bagarre. A la fin, Frankenstein lui-même est agressé par ses patients et laissé pour mort. Heureusement, son assistant réalise une transplantation de son cerveau dans un nouveau corps en patchwork, et le bon docteur peut aller s'établir à Londres (sous le nom de Dr. Franck).

Rare exemple de suite nettement supérieure au premier film, La Revanche de Frankenstein tient en haleine de bout en bout. Ce n'est sans doute pas évident dans le bref résumé que je viens d'en faire, mais le scénario est réglé au millimètre, la mise en scène de Fisher égale à elle-même, c'est-à-dire brillante, et l'interprétation fabuleuse. Cushing peaufine son personnage de baron froid, dépourvu de scrupules, et vous a de ces regards à faire froid dans le dos. La créature, cette fois, attire nettement plus la pitié que la révulsion. Un seul petit regret : la Hammer Girl de service, Eunice Grayson, n'a guère l'occasion de prouver son talent, car son rôle est réduit au minimum vital. Mais on ne va pas faire la fine bouche. Michel Pagel

TALES OF FRANKENSTEIN - Télépilote , 1958, États Unis/Angleterre 

FRANKENSTEIN’S DAUGHTER -  Richard E. Cunha, 1958, États Unis

Un descendant de la famille Frankenstein continue les recherches de ses ancêtres et veut créer la première créature femelle constituée de matières mortes, volées sur des cadavres. C'est avec cette prémisse pour le moins "originale" que se construit ce film à très petit budget des années 50, produit par "Layton Film Productions Inc." qui ne compte que deux films à son actif.

Malgré un budget minime et certains acteurs pas très convaincants (le viel oncle est vraiment pénible), Frankenstein's daughter se laisse regarder avec amusement et on se surprend à avoir du plaisir et même à adhérer totalement à l'histoire. Ce qui est intéressant du film c'est qu'il commence avec un monstre: Trudie se transforme la nuit en monstre à cause d'une potion qu'Oliver, docteur Frankenstein en personne, lui donne; pour laisser place au vrai monstre: la créature raboutée de morceaux de cadavres. Un peu à la PSYCHO (si on pousse les choses), le film nous emmène dans une direction pour ensuite nous emmener dans une direction contraire. Bref, pas mauvais ni bon. Ce film est à voir pour sa naïveté, digne d' Edward D. Wood jr. C+

phrase culte: "Look how beautiful she is!" Matthieu Prudent

The EVIL OF FRANKENSTEIN aka L'Empreinte de Frankenstein - Freddie Francis, 1964, Angleterre

La catastrophe. L'horreur. Le nadir. Après le quasi chef  d'oeuvre qu'était le précédent, la chute est rude. Celui-là est un nanar, un vrai. Le fait que, pour la première fois, le maquillage du monstre (Kiwi Kingston) rappelle celui de Karloff ne suffit pas à masquer les invraisemblances du scénario. Cushing, vaguement sympathique dans cet épisode, fait son boulot avec conscience mais il ne parvient pas à éviter le naufrage. On s'ennuie, sauf quand on rigole, et la scène finale, où le monstre se saoule la gueule avant de faire sauter le château (avec quoi ???) serait digne de Mel Brooks si l'humour en était volontaire. Telle quelle, elle rappellerait plutôt les pires moments d'Al Adamson. Allez, soyons juste, il y a une idée vaguement intéressante : ayant engagé un hypnotiseur pour assener au monstre un choc mental intense afin de l'animer (!), le baron perd le contrôle de sa création au profit dudit hypnotiseur, ce qui donne lieu à quelques rebondissements sauvant un peu le spectateur de la somnolence. Cela dit, ce film est sans aucun doute le plus mauvais de la série, et même une des plus mauvaises productions Hammer, point final. Quant à la Hammer girl de service, elle a encore moins à faire que dans le précédent, si bien que son nom ne figure même pas dans mon guide, et j'ai la flemme de le rechercher au générique. Michel Pagel

The MUNSTERS, télésérie, 1964, États unis

JESSE JAMES MEETS FRANKENSTEIN'S DAUGHTER - William Beaudine, 1965, États Unis 

Je veux bien parier que la plupart d'entre nous en avaient entendu parler, mais combien l'avaient vu, hein ? Et quel chef-d'oeuvre, mes amis ! Willam Beaudine, on le surnommait "One Shot" parce qu'il tournait tout en une prise. Sincèrement, si c'était bien le cas, il savait se servir d'une caméra, parce que le résultat n'est carrément pas si mal, bien meilleur que je ne m'y attendais. (D'accord, je me suis tapé tout Ed Wood, la semaine dernière, et Beaudine paraît à des milliers d'années-lumière au-dessus, mais enfin, j'ai intercalé du Welles et du Kubrick entre les deux, donc mon radar ne devrait pas être trop faussé.) Beaudine évite les erreurs de base, il n'y a pas de fautes de continuité ni d'aberrations de mise en scène, les décors sont dignes de n'importe quelle série B et les costumes n'ont pas l'air sortis de la garde-robe des acteurs. En dépit de tout cela, rassurez-vous, c'est quand même du nanar et du beau. De toute façon, avec un titre pareil... Comment résister à un titre pareil, je vous le demande ?

Or donc, Maria Frankenstein qui, contrairement à ce que dit le titre, n'est pas la fille mais la petite-fille du bon docteur, a fui Vienne en compagnie de son frère Rudolph (lequel a lui-même l'âge d'être son grand-père), car "nos expériences y étaient incomprises". Eh oui ! Je parie que vous ne vous y attendiez pas, mais cette chère Maria poursuit les expériences de Frankenstein (dont elle nous apprend à un moment qu'il était comte. Ah bon ? Cela dit, maintenant que j'y pense : Vienne ? Bon, laissons tomber... Elle et Rudolph ont bel et bien un semblant d'accent germanique, c'est sans doute une preuve.) Or donc, nos Frankies se sont réfugiés dans un endroit assez insaisissable, où représentants de la loi et bandits présentent toutes les caractéristiques du Yankee moyen mais où tous les paysans ont eux un type et un accent qui évoque nettement le Mexique. Mettons que ça se passe pas très loin du Rio Grande et oublions ça. Ils se sont installés dans une mission abandonnée, près d'un village de paysans mexicains, donc, qu'ils utilisent pour leurs expériences - lesquelles ratent avec opiniâtreté, causant la mort d'un patient après l'autre, ce qui fait qu'au bout d'un moment, les locaux ont tendance à émigrer. "Leurs" expériences ? Non : celles de Maria, car Rudolph, tout en feignant de l'aider, réprouve la chose et s'arrange pour la saboter en injectant (par pur humanisme) du poison aux cobayes (ce qui nous vaut la vision trop rare de cette merveilleuse fiole, rangée dans l'armoire à produits chimiques, qui porte une tête de mort et la seule mention "Poison". Celle-ci ressemble en outre à une bouteille de San-Pellegrino. D'ailleurs, le poison est rouge. Si ça se trouve, C'EST du San-Pellegrino.) Quand son dernier sujet meurt sur la table d'opération, Maria déclare "Ils sont trop faibles. Ce qu'il nous faudrait, c'est un homme fort, un géant !"

Et là, paf ! cut sur le géant en question, en train de se castagner avec un autre mec pas mal baraqué, histoire de gagner un pari. Ledit géant se nomme (dans le film) Hank, et il fait partie de la bande à Jesse James. Je devrais plutôt dire qu'il EST la bande à Jesse James, pas mal décimée puisque Hank et Jesse sont seuls. Après avoir encaissé les sous du manager de l'autre hercule, ils s'associent aux trois derniers survivants de la horde sauvage (je vous jure que je n'invente pas), afin d'attaquer une diligence transportant le stock d'une banque, pour un montant de cent mille dollars. Hélas, il y a un traître dans leurs rangs : Ronnie, furieux de devoir partager, va vendre tout le monde au marshal du coin, afin d'empocher la récompense dix mille dollars pour la capture de Jesse James. Ce qui nous prouve qu'il ne sait pas compter, parce que s'il avait accepté de partager, il en gagnait vingt mille. Mais une nouvelle fois, passons. L'attaque de la diligence se déroule comme on peut le prévoir : les gars de la horde sauvage se font descendre (sauf Ronnie) et Jesse réussit à s'échapper en compagnie de Hank, gravement blessé. Dans leur fuite, nos héros (car Jesse James est présenté comme le bandit bien aimé de la légende, qui vole aux riches pour donner aux pauvres) tombent sur la dernière famille d'émigrants du village des Frankies, famille dont la fille, Juanita, prenant en pitié le géant blessé ("Il nettoyait son revolver", affirme Jesse sans rire) accepte de les accompagner chez un médecin discret (devinez lequel). En chemin, Jesse la sauve des assauts d'un unique Indien qui passait par-là, ce qui fait qu'elle lui tombe dans les bras. Et hop ! Tout le monde se retrouve chez les Frankenstein. Maria, ravie de voir arriver un si beau spécimen d'humanité pour ses expériences, soigne bien volontiers Hank et, après une vaine tentative pour séduire notre bandit préféré, l'envoie chercher des médicaments en ville, en lui donnant une ordonnance sous enveloppe scellée. Évidemment, cette courge de Jesse ne pense pas à ouvrir le pli, et ce que lit le brave pharmacien qu'il réveille de bon matin, c'est "Le porteur de cette lettre est le bandit Jesse James, prévenez le marshal." Heureusement, le marshal est absent. Mais Ronnie, lui, est là. Il sangle son colt sur sa hanche et se précipite à l'échoppe où Jesse attend comme un cave le retour de l'apothicaire. Pan, pan ! Ronnie est mort. Jesse lit enfin la fausse ordonnance, comprend qu'il y a anguille sous roche et galope vers la vieille mission. Sur la route, il croise Juanita qui, horrifiée, le supplie de ne pas retourner là-bas car "Hank n'est plus le même. Ah, si tu voyais ce qu'ils lui ont fait. Je ne veux pas qu'ils te fassent la même chose. Si tu vas là-bas, moi, je vais chercher le marshal, na !" Et moi, je vais à la ligne, parce que ça commence à faire dense, comme paragraphe.

Reprenons. Pendant l'absence de Jesse, la vilaine Maria a remplacé le cerveau de Hank par "le dernier cerveau artificiel préparé par mon grand-père". Ledit cerveau flotte au milieu d'un liquide suspect au sein d'un grand pot de verre. Jusque là, rien que de très normal. Là où ça devient rigolo, c'est quand Maria "l'active" : elle jette dessus ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une pincée de gros sel (si j'ose dire), et d'un seul coup, le cerveau se met à palpiter en faisant "ba-boum, ba-boum". Le scénariste aurait confondu coeur et cerveau que je n'en serais pas plus étonné que ça. Mais faut lui pardonner : après tout, ce sont deux organes vitaux, et quand on est stressé parce qu'on doit écrire un scénario de long métrage en trois heures, on est bien excusable d'une telle minuscule erreur... Bref ! Une fois le cerveau greffé, Maria revêt Hank d'une espèce de casque de pompier peint de très jolies bandes aux couleurs de l'Éthiopie (pour lui mettre la rasta au court-bouillon, vous croyez ?) et surmonté d'élégantes antennes qui s'illuminent en faisant bzzzz. Elle en revêt un quasiment semblable et commence à laver le cerveau du cobaye : "Désormais, tu t'appelles Igor (fieille dradizion vamiliale, fous zafoir, ach !), et tu devras m'obéir". Voyant que ce sujet d'expérience-là ne donne pas de signe de faiblesse, Rudolph s'apprête à lui inoculer du San-Pellegrino, mais cette fois, sa soeurette s'en aperçoit et notre Igor nouveau né se charge d'étrangler le traître.

Là-dessus, Jesse arrive et, alors qu'il menace la belle Maria (car elle n'est pas mal, en effet), il est assommé par son ex-ami, nouvelle créature de Frankenstein, et se retrouve à son tour sur la table d'opération. Avant que la mâtine n'ait eu le temps de lui faire Dieu sait quoi (car elle n'a plus de cerveaux en réserve), débarquent à leur tour Juanita et le marshall. Le second se fait promptement mettre K.O. par Igor; auquel Maria commande ensuite de tuer Juanita. Et là, coup de théâtre ! Un reste de la personnalité d'Hank surgit, se rappelle que la jeune Mexicaine a été bonne avec lui quand il était blessé, et c'est au contraire la méchante qui se fait étrangler. Hélas, l'éclair de lucidité ne dure pas : Igor se tourne ensuite vers Jesse qui ne peut se résoudre à abattre son vieil ami (oui, il a été détaché entre temps par Juanita, mais si vous n'arrêtez pas de m'interrompre, on n'en finira jamais) et est sur le point de succomber quand la belle, la mort dans l'âme et les larmes aux yeux, tire à deux reprises sur le pauvre monstre. Et ça se termine sur une vue du marshall emmenant Jesse en prison (on se doute qu'il s'évadera, quand même, c'est le héros), alors que Juanita les regarde partir après avoir promis d'attendre son beau bandit bien aimé. (Enfin, quand je dis beau, là, c'est une figure de style).

Certes, tout ce qui précède est parfaitement ridicule, mais c'en est justement l'intérêt. Déjà, rien que l'idée de mélanger le western et le fantastique gothique a de quoi réjouir. Et le pire, c'est que la mayonnaise ne prend pas trop mal : l'intérieur de la vieille mission ressemble très fort à un château hammerien (hélas, la photographie du film, elle, n'évoque la Hammer que d'assez loin, d'autant que le transfert sur DVD n'est pas un chef-d'oeuvre) et le laboratoire de Maria n'a rien à envier à celui des Frankenstein qui se succédèrent au fil de l'histoire dans d'innombrables nanars. Le scénario, aussi débile qu'il soit, se déroule bien, et on se surprend parfois presque à regarder la chose au premier degré. En tout cas, on ne s'ennuie pas un instant, et c'est déjà une énorme qualité. Qu'est-ce qui empêche donc ce film d'être une honnête série B ? Deux choses. D'abord l'humour involontaire de certains détails, comme le cerveau précité, et d'un bon paquet de dialogues. Ensuite, le talent très très relatif des acteurs. Il y en a de totalement inexpressifs (Hank, Jesse James, le marshall) et d'autres qui en font des kilotonnes (les deux dames, notamment, mais aussi Ronnie). Pour être juste, signalons qu'il y a aussi un peu d'humour volontaire et qu'il ne passe pas trop mal. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer cet échange impérissable :

JUANITA : Oh, Jesse, dis-moi que tu veux que je vienne avec toi quand tu partiras ! 

JESSE : Non, ma chérie, c'est impossible, je suis un hors-la-loi, je finirai au bout d'une corde. 

JUANITA : Oh, si, si, Jesse, dis-moi que tu veux que je vienne ! Tu veux, hein, dis, tu veux ? DIS-MOI QUE TU VEUX !

JESSE : (soupir attendri) Eh bien, oui, ma chérie, je le veux. 

JUANITA : Bon, évidemment, je ne pourrai pas venir, parce que ma place est ici, mais c'était important pour moi que tu me le dises.

JESSE : (atterré) Ah, ça, c'est bien les femmes, tiens ! 

Bref, j'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui n'a absolument pas volé sa réputation et dont les auteurs n'ont pas à rougir, malgré les éclats de rire bon enfant qu'il suscite parfois. Du coup, j'ai très envie de voir "Billy the Kid vs Dracula" du même Beaudine, mais il ne semble pas encore disponible.

Aux amateurs, je signale que celui de "Jesse James..." s'orne d'un commentaire audio de Joe Bob Briggs que je n'ai pas encore écouté mais qui doit valoir son pesant de cacahuètes, si vous voyez ce que je veux dire et je crois que oui...  Michel Pagel

CARRY ON SCREAMING! - Gerald Thomas avec Harry H. Corbett, Kenneth Williams, Jim Dale, Fenella Fielding, Jon Pertwee, 1966, Angleterre

Le Docteur Orlando Watt a un commerce lucratif. Avec l'aide d'une créature aux allures de Frankenstein qui kidnappe de jeunes femmes, il transforme les corps en mannequins qu'il vend aux boutiques. Oh, le docteur Warr est mort depuis quinze ans, mais sa soeur le réveille au besoin avec une décharge électrique. L'inspecteur Bung est sur l'affaire mais son attirance envers Valeria, la soeur d'Orlando, brouille l'affaire, quand il ne s'embrouille pas avec sa femme, ayant bu une potion du Dr Jekyll !

Je connais la série de comédie anglaise CARRY ON (31 films au compteur ) par le billet de la télévision. On passait à l'époque toute une série de ces farceS polissonnes et CARRY ON CAMPING a titillé mon adolescence ! On est en présence ici d'une véritable satire des films de la Hammer, ambiance et musique très sérieuse, mais des personnages, des calembours et quiproquos à la pelle. Valeria (Fenella Fielding) a des allures de Morticia Adams, tandis que les créatures à la Frankenstein sont en fait une race disparue depuis des siècles, ressuscitée par le frère d'Orlando (Jon Pertwee alias Doctor Who). Une belle surprise qui plaira aux amateurs de la Hammer et qui ferait un bon programme double avec ABBOTT and COSTELLO meet FRANKENSTEIN. Mario Giguère

FRANKENSTEIN CREATED WOMAN  aka Frankenstein Créa la Femme - Terence Fisher, 1967, Angleterre

Là, le niveau remonte en flèche. Malgré une idée de base discutable (il est possible de capturer l'âme au moment où elle quitte le corps d'un trépassé et de la transplanter dans une autre enveloppe charnelle), le scénario tient la route et se déroule sans accrocs. En outre, le film bénéficie de plusieurs scènes choc assez impressionnantes. Le baron de Cushing est, cette fois encore, plutôt sympathique, et flanqué d'un vieux toubib rigolo à la place du sempiternel jeune assistant, ce qui fournit un changement d'ambiance appréciable. Et puis surtout, il y a Susan Denberg.  Donc, en gros, trois jeunes nobliaux ivrognes tuent le père d'une jeune infirme et font accuser du crime l'amant de cette dernière, lequel est décapité. Elle-même, de désespoir, se jette à l'eau. Frankenstein récupère l'âme du premier et l'implante dans le corps de la seconde. En fait, les deux esprits semble cohabiter, et la belle n'a rien de plus pressé que de venger ceux qu'elle aimait en assassinant les trois godelureaux, à la suite de quoi, elle se rejette à l'eau. Simple et de bon goût. Et puis surtout, si je ne l'ai déjà dit, il y a Susan Denberg. Cette pauvre fille a très peu tourné et a fini très jeune dans la débine la plus totale avant de disparaître. C'est un scandale ! Au début du film, elle joue une boiteuse défigurée, et elle se débrouille quand même pour être magnifique. Après sa résurrection, Frankie lui ayant gentiment corrigé ses défauts, elle se révèle absolument superbe. Et il n'y a pas que le physique : elle est crédible d'un bout à l'autre dans son rôle. Celui de la plus jolie créature de Frankenstein de l'histoire du cinéma.

A mon avis, un des deux sommets de la série. Michel Pagel

MAD MONSTER PARTY - Jules Bass, 1967, États Unis 

Le docteur Frankenstein convoque toute l'assemblée des monstres pour annoncer sa retraite au profit de son neveu, ce qui ne fera pas l'affaire du comte Dracula ! Ni de la fiancée de Frankenstein, le loup-garou ne parle pas beaucoup et la créature ne fait que des bulles ! Mais est-ce que "IT" va se pointer ?

Tourné en animation de marionnette image par image et avec les voix de Boris Karloff et Phyllis Diller, entre autre, le film enfile les clichés de l'horreur pour bien s'en moquer. Visualisé d'après des dessins de Jack Davis et avec Harry Kurtzman et Forrest Ackerman parmi les scénaristes, on est en terrain connu, plein de gags autant visuels que de jeux de mots savoureux. L'assistante du professeur a un tour de poitrine incroyable. Seule note qui fausse à mon oreille, les chansons, un peu quelconques, qui cassent le rythme. Sinon c'est du tout bon. Mario Giguère

FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED  aka Le Retour de Frankenstein - Terence Fisher, 1969, Angleterre

Ce volet-là retrouve un peu l'esprit de "Revenge of Frankenstein", à savoir que le baron y est présenté comme une franche crapule : il contraint son jeune assistant à l'aider par un chantage ignoble, n'hésite pas devant le meurtre de sang-froid et, dans une scène qui frôle le contresens pour cet homme de science détaché des plaisirs terrestres, va jusqu'à violer la fiancée dudit jeune assistant (Veronica Carlson). Cushing est absolument fabuleux. Tout autre que lui en ferait des tonnes : il demeure d'une sobriété glaçante. Le scénario, en dehors de la scène déjà signalée, est bien écrit, malgré une ou deux invraisemblances, et on ne s'ennuie pas une seconde. Ce coup-ci, Frankie ne crée pas de monstre mais se contente d'une transplantation de cerveau, si bien qu'il est pour la première fois "détruit" par une créature au moins aussi intelligente que lui et en pleine possession de ses moyens. Veronica Carlson est bien mignonne mais un brin fade, surtout en comparaison de Susan Denberg. (Oui, d'accord, on va le savoir.) Bref : un bon moment mais, en dehors de l'interprétation de Cushing, sans génie.  Michel Pagel

DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN aka LOS MONSTRUOS DEL TERROR aka DRACULA A LA RECHERCHE DE FRANKENSTEIN aka REINCARNATOR aka ASSIGNMENT TERROR aka DRACULA VERSUS FRANKENSTEIN aka OPERATION TERROR aka OPERAZIONE TERROR aka THE MAN WHO CAME FROM UMMO - Hugo Fregonese & Tulio Demichelli, 1969, Espagne / Allemagne de l'Ouest / Italie

Quel est le meilleur moyen d'éliminer une bonne fois pour toute cette dégoûtante espèce humaine de la surface de la Terre sans toutefois nuire à l'environnement ? Une race mourante d'extra-terrestres libidineuse originaire de la planète Ummo et désireuse de faire main basse sur la planète bleue, répond à cette question par une théorie qui vaut ce qu'elle vaut : il faut exploiter les peurs primaires des hommes ! Une petite poignée de représentants aliens prennent alors possession des corps de quelques êtres humains afin de mener à bien leur mission qui consiste à ressusciter les grands monstres de l'Histoire dans le but de coller une frousse d'enfer au monde entier. Le comte Dracula, le monstre de Frankenstein, une momie égyptienne et Waldemar Daninsky - autrement dit le loup-garou incarné par Paul Naschy également auteur du scénario - sont tirés un à un de leur sommeil sépulcral par notre E.T. déguisé en savant fou.

Seulement voila. Nos extra-terrestres estiment que les humains sont des êtres faibles car guidés par leurs émotions. Ce qui fait de nous des proies faciles. Et pourtant, cette incroyable faculté que nous avons d'aimer, de nous fâcher ou d'avoir peur, va être la clé de notre salut ! Et c'est justement grâce à la part d'humanité présente en Waldemar Daninsky que le loup-garou fera face aux autres salopards de monstres qui eux ne s'avèrent être que des bêtes criminelles. Par la même occasion Waldemar fera naître en une femelle extra-terrestre des sentiments qu'elle avait jusque là ignorés, prouvant ainsi que la plus grande force de l'Univers n'est autre que l'Amour avec un grand A.

Les amateurs de pelloches d'exploitation, d'horreur gothique (le QG des envahisseurs se situe dans les profondeurs d'un lugubre château) ou même de SF déglinguée vont sans doute tirer une gueule déconfite face aux pathétiques et chaotiques tribulations de Waldemar et ses potos. Le rythme gériatrique du métrage, son montage incohérent (en partie dû à la présence de deux réalisateurs et à des difficultés financières qui rendirent le tournage difficile), son histoire qui verse dans le Barbara Cartland sous LSD ont vite fait de plomber l'atmosphère. D'autant plus que le fameux duel promis par le titre n'arrivera jamais (et donc à ne surtout pas confondre avec le film homonyme d'Al Adamson réalisé deux ans plus tard) ! On se console alors comme on peut avec les maquillages ringards du monstre de Frankenstein, de Dracula au teint plus que blafard et de la momie aux yeux très expressifs. Reste le toujours convaincant lycanthrope de Paul Naschy... Kerozene

HORROR OF FRANKENSTEIN  aka Les Horreurs de Frankenstein - Jimmy Sangster, 1970, Angleterre

Ce volet-là est totalement en marge de la série. Pour tenter de renouveler le filon, la Hammer écarte Peter Cushing et donne le rôle du baron au jeune Ralph Bates. Veronica Carlson, toujours aussi fade, reprend quant à elle du service en Elizabeth. Le scénario semble adapté librement du bouquin. Horror of Frankenstein a la réputation d'être une sous-merde. Je ne suis pas d'accord du tout. Oh, bien sûr, l'histoire est sans surprises, mais en dehors de cela, le scénario, immoral à souhait, est parfaitement réjouissant. Après avoir buté ou fait buter la quasi-totalité des autres personnages, Frankie n'a même pas le moindre ennui ! Ralph Bates compose un baron cynique, dépourvu de tout sens moral, et pourtant vaguement sympathique. Bien que cette chère Elizabeth fasse tout pour tomber dans ses bras, il n'en a strictement rien à foutre d'elle et plutôt que de l'épouser ou même d'en faire sa maîtresse, il l'engage comme gouvernante. Il faut dire qu'il a dans son pieu Kate O'Mara, laquelle a nettement plus de charme que la Carlson : son personnage de servante-maîtresse elle aussi sans scrupules est un des grands atouts du film. Tout comme le pourvoyeur de cadavres alcoolique et rigolard de Dennis Price. Le monstre, lui, n'est qu'une brute stupide et antipathique, mais il est joué par David Prowse, Mr. Darth Vader himself, ce qui est rigolo. Bref, une rupture de ton totale, qui préfigure le Frankenstein de Warhol/Morrissey et les délires de Franco et autres. Un brin nanaresque, certes, mais on aime ça, non ?  Michel Pagel

DRACULA VS FRANKENSTEIN - AL ADAMSON, 1971, États Unis

Ca date de 1971 et ca sent bon le film indépendant et cheap à l'époque du peace and love. Lon Chaney Jr a l'air magané sans bon sens, Russ Tamblyn a un petit rôle cheap, Forrest J, Ackerman conduit son char pi Dracula le force à sortir pour se faire taper par Frankenstein, les deux monstres vont se battre pour une blonde aux grands yeux débordants, bref personne n'y gagne sauf le spectateur pas trop difficile qui as envie de s'amuser . Mario Giguère

The SCREAMING DEAD aka DRACULA PRISONNIER DE FRANKENSTEIN - Jess Franco avec Howard Vernon, 1971

Le Baron Frankenstein ressuscite Dracula et l'utilise pour augmenter ses desseins mégalomaniaques. Il trouve sur sa route Johathan Harker et une gitane qui, avec l'aide d'un loup-garou, lui feront la vie dure.

Quelle belle surprise et quel curieux film que cet autre opus de Frankenstein. Le film arrive presque à se passer de dialogues, à l'exception des monologues du Baron et les monologues de la gitane qui nous expliquent ce qui se passe. C'est presque un hommage au cinéma muet, un retour aux racines de l'expressionnisme, sans exclure l'inclusion obligatoire d'un numéro de cabaret et les incessants zooms de Franco. Vernon incarne un Dracula à la présence forte au contraire du loup-garou qui a l'air d'un petit chien mexicain surexcité, clin d'oeil à Paul Naschy ?

Très intéressant. Mario Giguère

 

LADY FRANKENSTEIN aka La Figlia di Frankenstein La - Aureliano Luppi/Mel Welles, 1971, Italie/États Unis

Ce film est une petite merveille. Le Baron Frankenstein (Joseph Cotten dans son dernier rôle) crée un monstre qui se fait cramer le visage à cause de vilaines chauves-souris. Si si. Le monstre se lève et tue son créateur, puis s'en va tuer les villageois et villageoises. La fille du baron décide de créer une autre créature pour le contrer, mais aussi pour satisfaire ses pulsions sexuelles. Le monstre a une gueule terrible. Un oeil exorbité, un crâne atrophié, une démarche gauche. Il tue des filles nues. La fille du baron (superbe Rosalba Neri qui nous laisse observer son anatomie) prend son pied avec son serviteur retardé pendant qu'il se fait tuer, puis sa créature l'étranglera en plein coït... Bref, ça délire pas mal et c'est un vrai bonheur. Apparemment ma version est coupée. Celle que j'ai fait 77 minutes. Il n'y a pas de combat entre les deux créatures, alors que j'ai lu qu'il y en avait un. J'ai lu aussi que la baronne se faisait tringler sur sa table d'opération, ce qui est également absent de ma copie. Kerozene

Des intentions nobles du père, on passe aux désirs inassouvis de la fille, la superbe Rosalba Neri. L'édition dvd de Creature Features offre un transfert correct d'une copie plus complète que la version vhs déjà vue. L'intrigue est simple et la fin toujours déconcertante, mais Neri vaut le détour. La musique et les ambiances sonores viennent palier des décors de laboratoires assez sommaires. Une variation intéressante d'un thème connu. Mario Giguère

 

SANTO CONTRA LA HIJA DE FRANKENSTEIN - Miguel M. Delgado, 1971, Mexique

La fille du docteur Frankenstein a plus de cent ans, mais elle en parait beaucoup moins. Elle a développé un sérum qui rajeunit les cellules et son assistant, comme tout son personnel, est composé de vieillards qui lui sont fidèles pour recevoir leur dose régulière de jouvence. Mais la belle a besoin de doses de plus en plus rapprochées et le traitement est de plus en plus douloureux: la solution: attraper Santo, dont le sang a des propriétés spéciales 100 fois plus regénératives qu'un humain normal ! Quel Homme ce Santo ! Oui mais justement, il sera difficile de l'attraper, alors kidnappons sa copine, Norma, pour l'attirer dans le repaire de la fille de Frankenstein !

Belle réussite que ce Santo en pleine forme qui affronte Freda Frankenstein, cruelle à souhait, jouée par la belle Gina Romand. Elle a deux créatures, Truxon, un homme dont le sang d'un gorille change son humanité et Ursus, très proche du monstre de la Universal, au maquillage fort réussi. Il y a des sous-entendus sexuels peu fréquents dans le film, Norma affirme à sa soeur que lorsqu'ils sont seuls, Santo enlève son masque et qu'il est irrésistible, opinion partagée par Freda qui le démasque et lui donne un baiser langoureux auquel Santo ne répond pas. Ajoutez un bon laboratoire et une photographie pleine d'atmosphère et vous avez un bon cru à déguster. Mario Giguère

The EROTIC RITES OF FRANKENSTEIN - Jess Franco, 1972, Espagne/Italie

Grade Z French-Spanish coproduction in the style of Franco's beloved Italian sex and violence Fumetti.

"I foresee pleasure, death and blood," predicts Melissa (Anne Libert), the cannibal-birdwoman created by Cagliostro (Howard Vernon, in one of his most essential roles), the evil magician/scientist who is creating a race called "Phantos" with which he plans to dominate the world. Wall to wall nudity, gore, perversion, torture, flesh stripping and wildness scored by, according to onscreen credit "sound by Musique pour l'Image" - H. Tical Vincent Gemini Robert Hermel Vladimir Cosma-a bizarre composite of crashing organ chords and electronic whoops.

Franco's transgressive reimaginaing of the Universal classic, BRIDE OF FRANKENSTEIN, actually was adverterised by one French video company with a still from that 1935 James Whale film! But Franco's film is even more over the top in terms of "Pleasure, Death and Blood", in a way it comments on the late 1960s-early 1970s era of burgeoning sex and violence in the cinema. Franco's film is certainly NOT mainstream but an outre blend of grotesque Fantastique and sexual hijinx. The silver skinned monster (Fred Harrisson/Fernando Bilbao) has to be seen to be believed, you can notice that the cheap make up FX are peeling on close inspection! Lots of close ups of skulls and blinding crimson lights shining directly into the camera give the proceedings a Kenneth Anger feeling.

A favorite scene has the head and hands of the reanimated Dr Frankenstein (Dennis Price) cleanly severed by a vat of sulphuric acid suddenly thrown on him. Such surreal imagery, though, can't really be described in words, it has to be SEEN. The Spanish version is considerably longer and contains a scene with Lina Romay not seen in the French alternate, but the French version has all the nudity which is "covered" in the Spanish. Britt Nichols, as "the bride", is sexy and charming even when is getting her head ripped off by the savage looking Luis Barboo. Robert Monell

Série Z Franco-Espagnole dans le style Jess Franco sexe italien et violence fumetti comme on les aime.

" Je vois plaisir, mort et sang " prédit Melissa ( Anne Libert ) la femme-oiseau cannibale créée par Cagliostro ( Howard Vernon dans un de ses meilleurs rôles ), le méchant magicien/scientifique qui crée une race nommée " Phantos " avec laquelle il prévoit dominer le monde. Nudité mur à mur, gore, perversion, torture, flagellation et sauvagerie accompagné de la musique de, selon les crédits " son et musique pour l'image " - H. Tical Vincent Gemini Robert Hermel Vladimir Cosma - un mélange bizarre de notes d'orgues écrasées et de borborygmes électroniques.

La nouvelle mouture agressive de Franco du classique de la Universal, LA FIANCÉE DE FRANKENSTEIN, a été de fait commercialisé par une compagnie française de vidéo avec une photo du film de James Whale ! Mais le film de Franco va bien plus loin en termes de "  plaisir, mort et sang ", d'une certaine manière qui en dit long sur la fin des années 60, débuts 70, une ère de découvertes sexuelles et de violence au cinéma. Le film de Franco n'est certainement pas traditionnel, mais un mélange outrancier de fantastique grotesque et de surprises sexuelles. Le monstre à la peau argentée ( Fred Harrison/Fernando Bilbao ) doit être vu pour y croire, on peut remarquer le maquillage à rabais qui décolle quand la caméra se rapproche trop ! Beaucoup de gros plans de crânes et de lumière écarlate qui frappe directement la lentille.

Une scène préférée montre la tête et les mains de Frankenstein réanimé ( Dennis Price ) clairement coupées par un bassin d'acide sulfurique projeté subitement sur lui. Une telle imagerie surréaliste, cependant, ne peut être rendue en mots, il faut le voir ! La version espagnole est considérablement plus longue et contient une scène avec Lina Romay qui ne se retrouve pas dans la version française, mais celle-ci a toute la nudité cachée dans la version espagnole. Britt Nichols, dans le rôle de la Fiancée est sexy et charmante même lorsque sa tête est arrachée par un Luis Barboo à l'allure sauvage. Robert Monell   

FRANKENSTEIN AND THE MONSTER FROM HELL aka Frankenstein et le Monstre de l'Enfer, Terence Fisher, 1973, Angleterre

Pour ce dernier volet, un Peter Cushing vieilli revient à son rôle de prédilection. Frankenstein, incarcéré dans un asile d'aliénés, est parvenu à en devenir le médecin-chef (il y a une raison logique à ça) et poursuit ses expériences. Malgré le titre, aucune créature surnaturelle en vue : un simple monstre fait de bric et de broc, comme d'ordinaire. L'histoire est fort bien montée, Cushing assure toujours comme une bête en baron plutôt sympathique quoiqu'un brin obsédé par son art, Shane Briant est un assistant compétent, et la charmante Madeline Smith compose un émouvant personnage d'assistante muette. Quant au monstre, c'est une nouvelle fois David Prowse qui l'incarne, mais avec un maquillage totalement différent de celui qu'il portait dans le film précédent, si bien qu'il est encore méconnaissable (mais ce type a-t-il jamais joué avec sa vraie tête?). Jamais la créature de Frankenstein n'a eu un aspect aussi bestial. Une conclusion remarquable à un cycle, dans l'ensemble, d'une fort bonne tenue.  Michel Pagel

FRANKENSTEIN, The TRUE STORY, 1973

BLACKENSTEIN, 1973

La GRIFFE DE FRANKENSTEIN aka Horror Hospital aka Computer Killers aka Doctor Bloodbath - Anthony Balch, 1973, Royaume Uni, 1h25 

Un musicien hippie (Robin Askwith, visage de poupon capricieux évoquant Jagger), fatigué de la scène de Londres et déçu par sa récente défaite pugilistique aux mains d'un travelo longiligne, décide de prendre des vacances dont il a bien besoin. Un pote lui conseille des "vacances échevelées" (Hairy Holidays dans la VO) en campagne et sans davantage préciser de quoi il s'agit, le voilà parti pour une maison de repos au fond de la brousse, cheveux au vent. Dans le train Judy, une mignonnette en mini-jupe attire son attention - et la nôtre ! - et ils découvriront qu'ils se dirigent vers la même piaule, où travaille depuis presque toujours la tante de mademoiselle. Personne n'est venu les chercher à la gare, hormis deux motocyclistes louches, et une fois sur place ils sont accueillis par un nain patibulaire. Ça commence bien !

HORROR HOSPITAL est un film d'horreur british avec une touche d'humour bienvenue, antithèse complète des productions un peu soporifiques de la Hammer. Vu l'époque, tout le monde y arbore d'énormes favoris, ce qui est plutôt amusant, et le héros est une "rock star", phénomène bien connu pour obséder les adolescents de jadis. On ne s'ennuie donc pas, d'autant plus que le rythme y est plutôt vif, un événement bousculant l'autre, et le recul nous permettant de savourer encore plus des moments souvent involontairement hilarants.

Michael Gough y incarne un docteur handicapé qui veut opérer toutes les "jeunes personnes" se présentant à sa porte et en faire ses esclaves, et il convient particulièrement au rôle, avec sa sale gueule d'aristocrate corrompu... Notre rock star, Robin Askwith, qui a fait ses débuts aux côtés de Macolm MacDowell dans IF... en '68, semble préférer l'irrévérence au sérieux, car après un détour dans TOWER OF EVIL en '72 et dans les CANTERBURY TALES de Pasolini, le ton semi-sérieux de cet Hôpital de l'Horreur semble l'avoir orienté vers des productions plus humoristiques comme quelques "CARRY ON..." et autres "CONFESSIONS...", célèbres séries "comiques" anglaises.

Vanessa Shaw, interprète de l'inoubliable Judy, nous donne à voir quelque chose de très intéressant lors d'une scène de douche, et n'a suite à cette apparition plus refait de cinéma, ce qui est à déplorer. Apparaît aussi ici Dennis Price, bon vivant qui n'est plus à présenter, vétéran horrifique et longtemps habitué des plateaux de Franco, ce qui n'a probablement pas nui à la cirrhose du foie qui l'a emporté en '73.

Anthony Balch, dont c'est aussi le dernier film, s'en tire très bien à la réalisation; on ne lui reprochera que ses "indices" musicaux peu subtils - bruit horrifique soudain lorsqu'il filme un zombie qui surgit dans le cadre, etc. ... - et son empressement à inclure une panoplie d'éléments bizarres (le nain serviteur, une voiture de luxe qui fait aussi office de guillotine, les "gardes" de l'endroit constamment vêtus de leur casque de moto...), éléments qui font de son film une oeuvre unique et déstabilisante, pour peu qu'on se laisse facilement impressionner par l'inhabituel. Orloff

FRANKENSTEIN'S CASTLE OF FREAKS aka IL CASTELLO DELLA PAURA aka CASTLE OF FREAKS aka TERROR CASTLE aka TERROR aka MONSTERS OF FRANKENSTEIN aka HOUSE OF FREAKS, 1974, Italie

Un homme de Neandertal se fait abattre par des villageois furieux. L'homme se fait enterrer (un nain, un grand idiot et l'affreux Alan Collins), puis les hommes de main du prof Frankenstein vont le déterrer pour le ramener à leur maître. Celui-ci, comme à son habitude, aspire à créer la vie. Entre temps, sa fille débarque, accompagnée d'une copine qui tombera amoureuse du prof, le nain se fait bannir de la demeure et rencontre un autre homme de néandertalien appelé Ook parce qu'il ne fait que répéter "ook ook" (incarné par un certain Boris Lugosi), la femme d'Alan Collins couche avec le cuisto bossu et aime se faire battre par lui. Bref, tout ce petit monde s'active mollement, jusqu'au dénouement final, lorsque le nain, pour se venger, libère la créature du prof, suite à quoi la majorité des protagonistes meurent.

Pas un grand film, loin de là, mais une curiosité plutôt intrigante et assez sympathique. La créature est une des plus laide que j'ai vu - et pourtant il n'y a pas beaucoup de maquillage, et les décors sont joliment cheap. Kerozene

CHAIR POUR FRANKENSTEIN  Frankenstein revu par Andy Warhol et Paul Morrissey, 1974, Italie

Le Baron Frankenstein est bien plus occupé à bidouillé l'être parfait qu'à tringler sa bonne femme. Après avoir créé une femelle, il part à la recherche d'un fougueux étalon. Pour ce faire, il part au bordel où ce diable de Joe D'Alessandro a emmené un pote puceau désireux de se retirer au couvent. Le puceau ne baise pas et Frankenstein est persuadé que c'est lui qui fait hurler les putes de plaisir. Alors à sa sortie, en compagnie de son pote bourré, il se fait couper la tête. Frank mène alors son expérience à bien pendant que sa femme engage D'Allessandro comme homme à nicker. Sa rencontre avec son pote devenu créature amènera Frank à sa fin.

Je l'avais pas vu depuis un bail, je n'avais pas un super souvenir. Et je me suis bien éclaté. Le Frankenstein nécrophile prenant son pied en palpant les organes internes de sa femelle, les dialogues vides et ridicules du couple chacun assis au bout d'une immense table, Otto, l'homme de main frustré à tendance psychopathe, le gore grand-guignolesque (la tête coupée qui a les yeux qui bouge). Comme pour le DRACULA, Morrissey prend le contre-pied de l’univers Hammer Film. Son baron n'est plus un illuminé génial sans scrupule, mais une ordure nécrophile et incestueuse. Un délice. Kerozene

1974, États Unis 

1974, Japon 

 

 

FRANKENSTEIN: UNE HISTOIRE D'AMOUR aka Frankenstein 95 - Bob Thénault avec Gérard Berner, Karin Petersen, France, 1974  

Une K7 pas chère affichait fièrement le titre de FRANKENSTEIN 95, montrant un jeune donzelle à terre, seins nus dans ce qui semble être un vestiaire... Cela sentait bon le Z. Un Eurociné se cacherait-il là-dessous ? Secrètement, j'espérais LES EXPERIENCES EROTIQUES DE FRANKENSTEIN. Le film commence, l'image est naze, style Eurociné. Youpi me dis-je alors. C'est alors que le titre apparaît: FRANKENSTEIN: UNE HISTOIRE D'AMOUR.....  Aïe. Mais quelle daube. Du Z français sans les ingrédients qui font qu'un Z est bon: du cul, de la violence, du sang, des maquillages cheap. Ici, on aperçoit une paire de nichons, deux gouttes de sang et on ne voit jamais le visage du monstre ! C'est dire si le budget ne devait être élevé. Lamentable, long, prétentieux, ce Frankenstein-là est à jeter aux  oubliettes. Reste un poil rigolo, le fameux savant expiant sa faute, parlant au ciel, demandant à Dieu de bien vouloir le pardonner d'avoir voulu prendre sa place. Kerozene

PLUS MOCHE QUE FRANKENSTEIN, TU MEURS aka FRANKENSTEIN AL'ITALIANA - Armando Crispino, 1975, Italie 

J'ai réessayé. J'avais fait une vague tentative il y a deux ou trois ans, mais là, je m'y suis mis sérieux. Peine perdue : je n'ai pas réussi à regarder jusqu'au bout PLUS MOCHE QUE FRANKENSTEIN TU MEURS d'Armando Crispino. J'ai tenu vingt minutes avant de toucher pour la première fois à l'avance rapide, mais ensuite, mon doigt n'a pratiquement pas quitté la touche.

Pourtant, Armando Crispino, c'est FRISSONS D'HORREUR, et deux ou trois autres petites perles du bis italien. Mais là, soit il n'était pas en forme, soit il n'en avait rien à foutre (ce qui peut se comprendre), soit les deux.

La première scène, cependant, laissait bien augurer de la suite : un Dr. Frankenstein vieillissant emmène sa jeune fiancée américaine à son château ancestral (en Italie, oui, mais on ne va pas chipoter). Tandis qu'ils traversent en fiacre une campagne un brin desséchée, le Dr. vante la beauté du paysage et la joie de vivre de ses habitants — alors que les seuls qu'on aperçoit sont des squelettes figés dans les champs, en position de paysans au travail. Le tout sur un ton de comédie de bas étage, certes, mais c'est suffisamment décalé pour intriguer. Pas de pot, cet aspect surréaliste disparaît définitivement du film dès la scène suivante, pendant laquelle la créature interrompt le mariage de Frankie (c'est ainsi qu'on le nomme : Francesco, dit Frankie, baron Frankenstein) et de Janet (pas Elizabeth, pour une fois).

A partir de là, rythme pesant rime avec gags lourdingues. Le film repose sur deux ressorts comiques que j'aurai peine à qualifier d'éventés, étant donné que le premier est justement le pet.

— Professeur, il a ouvert un oeil ! s'exclame ce grand dadais d'Igor après l'opération qui doit redonner vie au monstre, tombé en pièces entre temps pour des raisons peu claires. (On entend un bruit caractéristique.) Oh, et maintenant, il a fait un prout ! (sic)

Désopilant, pour le moins. Je ne sais pas combien il y a de pets dans ce film, vu que j'ai donc pas mal usé de l'avance rapide, mais j'en ai au moins entendu trois dans la demi-heure de métrage que j'ai regardée intégralement.

Quant au deuxième ressort comique, je vous le donne en mille ... c'est bien sûr la plaisanterie graveleuse. Comme dans Frankenstein Junior, Lady Frankenstein et Frankenstein 90 (le premier étant le seul bon film du lot), le monstre en a une grosse et comble toutes ces dames, servant dans l'ordre une figurante obèse, les deux assistantes de Frankenstein et enfin sa jeune fiancée.

Là, Frankenstein se fâche. Ignorant les cris pitoyables ("Oh, Papa, pardon, Papa !") que pousse le monstre, il le chasse. Un peu plus tard, se ravisant, il décide de se faire greffer le service trois pièces si populaire auprès de la gent féminine. Pas de pot : l'opération tourne mal, si bien que créature et créateur se retrouvent impuissants tous les deux. On les retrouve faisant de la broderie anglaise (cadrés de telle manière qu'au début, on a l'impression qu'ils se recousent la zigounette — tordant, je vous dis), tandis qu'un Igor ravi doit satisfaire les exigences des trois bougresses, évidemment nymphomanes. Et ça se termine comme ça. Boudiou, la chute !

J'ai oublié de vous dire : le monstre, c'est Aldo Maccione, comme pouvait le laisser supposer le titre français (l'original étant "Frankenstein All'Italiana"). Que vous en dire : c'est Aldo. Il a l'air con, il en fait des tonnes, et c'est visiblement tout ce que lui demande le réalisateur. Avec son maquillage à la Karloff, il est peut-être vaguement plus supportable que d'habitude mais c'est tout.

Ah, oui. Chaque fois que l'action piétine vraiment trop lamentablement, une de ces dames montre ses seins. C'est déjà ça, vous me direz. Mais ça et une première scène d'une minute potable, ça fait pas beaucoup, quand même. Michel Pagel

  FRANKENSTEIN ISLAND - Jerry Warren, 1981, États Unis 

Quinze ans après son dernier méfait (THE WILD WORLD OF BATWOMAN), Jerry Warren remet le couvert pour une ultime élucubration pelliculée qui est en très bonne place au sein de la course au film le plus déglingué de l'histoire du cinéma. Nous sommes en 1981 et Warren semble toujours vivre dans les 60's: son film est à peine terminé qu'il se prend 20 ans dans les dents et on n'ose à peine imaginer les spectateurs de l'époque qui ont du en avoir gros sur le coeur en découvrant la chose, sorte de remake en couleur de son inepte TEENAGE ZOMBIE.L'histoire nous conte les mésaventures de quatre aérostiers qui se crashent sur la plage d'une île habitée par des amazones en bikini-léopard. Les donzelles invitent nos hommes qui assistent à d'hilarantes danses locales provoquant des bondissements de bourlets sur des rythmes de perçus décalés et observent ces femmes fumer de la drogue à même des crânes humains! L'île abrite également la descendante du baron Frankenstein, une scientifique mariée à un certain Von Helsing (!), vieux sage bicentenaire barbu qui nous apprend que les amazones sont en fait d'origine extra-terrestre! Mais l'une d'elles se trouve être a fille de Cameron Mitchell, marin prisonnier depuis 17 ans et qui cite Poe d'un air dépité à longueur de journée du fond de sa cellule. Dans le laboratoire repose un cerveau (ou plutôt ce qu'il en reste, le boucher du coin n'ayant visiblement pas été très délicat) qui contrôle les paroles de tous les hommes sur l'île et qui punit quiconque ose prononcer le nom d'un lieu externe à l'île elle-même (par exemple, si un type dit "Miami", il sera foudroyé de douleur pendant trente secondes!). Mais le pire dans cet ahurissant cocktail foutraque est l'utilisation de John Carradine en Frankenstein défunt: son visage apparaît en transparence un peu n'importe comment sur une paroi rocheuse, dans le ciel ou sur un mur et commande à ses "zombies" (des mecs en col roulé et lunettes noires) de foutre le bordel. Warren recycle comme il peut, c'est à dire très maladroitement, des chutes d'essais du pauvre acteur qui - il est vrai - en a vu d'autres. Le final nous dévoile enfin le monstre de Frankenstein surgissant des eaux et gesticulant comme un mongole dégénéré, le cerveau est détruit et nos héros rentrent sains et saufs. Résultat: c'est gravissime de bout en bout! Kerozene

FRANKENSTEIN GENERAL HOSPITAL - Deborah Roberts, 1988 

Ben oui, je me suis dit : tant qu'à faire, autant continuer dans la foulée de "Plus Moche que Frankenstein tu meurs", histoire de pouvoir faire des comparaisons, toujours passionnantes lorsque le sujet en vaut la peine par ses implications philosophiques profondes. N'écoutant que mon courage, j'ai donc visionné ce soir : FRANKENSTEIN GENERAL HOSPITAL, de Deborah Roberts, 1988.

Prenez deux sous-genres bien distincts, le "Film Comique en Milieu Hospitalier" et la "Comédie qui Raconte Comment le Dernier Descendant de Frankenstein Recrée un Monstre", et vous obtenez la chose ci-dessus. Il y a strictement tous les gags que permettent l'un et l'autre décor, ce qui en fait quand même un certain nombre. Les films se mélangent à peine, d'ailleurs, puisque toutes les scènes se déroulant dans les salles d'hôpital sont filmées en couleurs, toutes celles du laboratoire de Frankenstein en n&b façon années 30. Cet élément est de plus intégré à la narration, puisque les personnages entrant dans le laboratoire s'étonnent de se retrouver privés de couleurs.

Bon, disons-le tout net, Frankenstein General Hospital n'est pas un chef-d'oeuvre mais il se hisse cent coudées au-dessus de l'abomination italienne chroniquée il y a peu. Les gags ne sont pas tous bons, loin de là, mais il y en a donc une profusion, si bien qu'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. En outre, si la blague sexuelle à trois balles n'est pas évitée (vous pensez bien), elle n'est pas omniprésente comme dans l'autre opus : le monstre est certes bien monté, mais il ne se tape que la psychiatre, et à la fin, ils partent en amoureux. Il n'y a par ailleurs qu'un seul pet dans tout le film. (Je rêve d'une comédie moderne sans pet).

Bon, le scénario, c'est le même que d'habitude, en gros. Le dernier descendant de Victor Frankenstein (son arrière-arrière-arrière-petit-fils, nous dit-on, ce qui laisse à penser que les Frankenstein mâle se reproduisent assez âgés) mène ses expériences dans un laboratoire secret, au sous-sol de l'hôpital où il travaille sous le nom de Dr. Bob Frankenheimer. Ajoutez à ça le médecin-chef paranoïaque, l'aide-soignante qui tue systématiquement ses patients par maladresse, le chirurgien qui tue les siens aussi (mais ce sont en fait des meurtres commis par l'assistant de Bob, Iggy, pour fournir des pièces détachées à son maître), l'infirmière obsédée par les médecins, le patient qui traîne en permanence dans un couloir, sur un brancard, et que tout le monde ignore malgré ses gestes désespérés, la psychologue adepte du SM et la secrétaire incompétente qui pratique la kinésithérapie en amateur, et vous aurez tous les ingrédients d'un joyeux bordel.

Redisons-le : ça ne vole pas bien haut, mais dans l'ensemble, c'est plutôt sympathique. A trois ou quatre plus un pack de bière, ça doit même être très rigolo. Michel Pagel

FRANKENHOOKER - Frank Henenlotter, 1990, États Unis

Je sais que la plupart d'entre vous l'ont déjà vu mais j'ai eu une bonne surprise en le visionnant alors j'ai décidé de pondre une petite critique rapido presto.

Après un tragique accident de tondeuse qui coûta la vie à sa petite amie, un étudiant en médecine s'obsède à vouloir la faire revivre. N'ayant seulement gardé que la tête, il se doit de trouver des morceaux de femme pour compléter le corps. Le moyen le plus facile étant de les faucher à des putes, il y parvient avec grand succès à l'aide du crack extra puissant qu'il concocte. Ce crack en question, dont les putes sont friandes, fait exploser quiconque en abuse, ce qui laisse l'embarras du choix à notre fou pour monter son unique puzzle. Les problèmes commencent quand la créature se met à faire le trottoir et que le pimp des putes explosées s'en mêlent.

Cette comédie loufoque signée Henenlotter (qui d'autre?) est vraiment le film le plus drôle que j'ai vu depuis des siècles! Un bon mélange composé d'horreur, d'humour, de gore, de nudité avec une très grande quantité de "CHEESE". Une série B comme je les aime. Beaucoup de moments vraiment marrants comme quand les putes tombent sur le gros sac rempli de crack, ou le moyen particulier que possède le scientifique fou de se détendre. Et que dire de la fin!  Ok, ce n'est pas un chef-d’oeuvre mais je m'attendais à bien peu en le visionnant. Je croyais que ce film serait plutôt mou mais Henenlotter n'a aucunement perdu son mordant. Basket Case est un film que je chéris depuis des lustres et celui ci est dans la même veine. Il ne me manque plus que de me taper Brain Damage... ou une pute, étant donné que le prix du dvd est comparable. Dumbdom

FRANKENSTEIN UNBOUND - Roger Corman, 1990, États Unis

FRANKENSTEIN 2000 - Joe D'Amato, 1991, Italie

Un tournage vidéo pour Joe D'amato qui date de 1991. Un peu de Carrie, suivi de Death wish et un grand bout de Patrick mélangé à Frankenstein. Des acteurs mauvais, à part l'actrice principale qui s'en tire bien, et probablement une coproduction avec un pays teutonique, car la moitié des acteurs est doublée dans un anglais incroyable. Quelques bonnes séquences dans un ensemble quelconque.  Mario Giguère

FRANKENSTEIN - Kenneth Branagh, 1994, Angleterre/Japon/États Unis

LUST FOR FRANKENSTEIN - Jess Franco, Lina Romay, Michelle Bauer, 1998, Espagne

La fille de Frankenstein revient à la maison paternelle et découvre la dernière création du docteur: Goddess ( Michelle Bauer), qui lui offre un pacte : "donne moi du sang, je te donnerai de l'extase ". Le ton est donné dans ce film tourné en vidéo, avec un budget qui a l'air mince, avec des ébats amoureux simulés et la même chanson servie pendant tout le film. La moitié du film se regarde comme un long vidéoclip, avec effets vidéo déjà vus. Les actrices principales ne sont plus dans la fleur de l'âge et les accents espagnols sont à couper au couteau. Co-produit ou financé par le magazine Draculina, qui offre les sempiternelles scream queens depuis vingt ans. Il y a quelques moments intéressants avec Michelle Bauer, mais ça reste destiné à un public que j'imagine très réduit. En prime petit reportage sur le tournage, l'équipe est plus grande que je ne le croyais ! Tender Flesh est plus intéressant. Mario Giguère

VAN HELSING - Stephen Sommers, 2004, États Unis

Vous connaissez Van Helsing ? Vous savez, c'est le fameux professeur vieillissant qui ne cesse de traquer le Comte Dracula dans le roman originel de Bram Stoker. Et bien ce petit filou de Stephen Sommers, pas très patient, décide après son diptyque sur la MOMIE de s'attaquer aux trois autres mythiques créatures du bestiaire de l'Universal, à savoir le loup-garou, Dracula et le monstre de Frankenstein. Afin de mêler ces mythes sous un seul et même titre, il opte pour VAN HELSING, offrant donc au rôle titre le privilège de passer du statut d' " ennemi de Dracula " à celui d' " ennemi de toutes les forces du mal du monde pour le compte du Vatican ". Et c'est Hugh Jackman qui hérite du rôle.

Avouons-le, le concept s'avère carrément jouissif, et les quelques images entrevues ici et là laissaient présager une sorte de western fantastique gothique rempli de créatures cauchemardesques et de décors époustouflants. Malheureusement, à vouloir trop en faire, le père Sommers coule son film dès la première séquence.

Transylvanie, 1887, un vieux château en ruine s'élève alors sur l'écran dans un noir et blanc aux contrastes chatoyants. Le cœur des cinéphiles se met alors à battre la chamade, pensant immédiatement au FRANKENSTEIN de James Whale. " It's alive !!! " entend-on, alors que des villageois furieux, armés de torches et d'outils divers tentent d'enfoncer la porte du château à grands coups de bélier ! L'excitation monte, la salive monte aux lèvres, puis soudain, surgit un personnage inattendu : le Comte Dracula. Et tout s'effondre. L'hommage, la magie, la fascination, il ne reste plus rien à cause d'un seul plan. Ce Dracula là ne fera pas date dans l'histoire. Il est laid, il n'a aucun charisme, aucune présence et aucune grâce. Dès lors, le film ne cesse de s'embourber dans la fange. Sommers fini son introduction en tentant d'aligner une série de plans majestueusement filmés mais rate le coche systématiquement.

Arrive alors Van Helsing, au profil si proche du Wolverine des films adaptés des X-MEN qu'on aurait presque tendance à croire qu'on a à faire à une préquelle. Il ignore tout de ses origines et il travail pour une organisation qu'il ne porte pas très haut dans son cœur mais le fait quand même parce que finalement ce sont les gentils. Il se rend en Transylvanie où il fera face à de vilains vampires, à de gros loups-garou, à des villageois hostiles, et rencontrera une belle gonzesse (Kate UNDERWORLD Beckinsale) qu'il est censé sauver. Et ça y va à grands renforts de gerboulades de CGI pas beaux qui dégoulinent de manière incessante sur l'écran. Le pauvre Comte Dracula ne parvient jamais à convaincre, seul le monstre de Frankenstein, seule créature sentimentalement humaine du film parvient à péniblement tirer son épingle du jeu.

Stephen Sommers, qui avait plutôt fait du bon travail sur DEEP RISING et LA MOMIE répète les erreurs du RETOUR DE LA MOMIE en privilégiant une surenchère vomitive d'actions abracadabrantes et d'effets spéciaux de synthèse au détriment d'un scénario digne de ce nom et d'un développement de caractères qui n'aurait pas été de trop. Que retenir donc de cet amalgame épuisant de cascades surréalistes et de dialogues décérébrés accompagnés d'une musique ahurissante et totalement hors propos d'Alan Silvestri qui s'est amusé à jouer du flamenco ? Des actrices à la plastique sublime et un générique de fin d'une grande beauté esthétique. Triste. Kerozene

Site officiel : www.vanhelsing.net 

se procurer le film  www.amazon.com

FRANKENSTEIN VS. THE CREATURE FROM BLOOD COVE - William Winkler avec Larry Butler, Dezzie Rae Ascalon, Corey J. Marshall, 2005 États Unis

Sur la côte de la Californie, trois scientifiques ont créé un montre amphibien dont ils perdent contrôle. Ni une ni deux, il se retrouve sur la plage et attaque une équipe de reporter de photos coquines, évidemment qu'il s'en prend à la beauté presque nue ! Nos savants fous vont donc en Europe déterrer le corps de la créature de Frankenstein et le font revivre pour... arrêter le terrorisme ! Naturellement son conditionnement mental fait défaut et il attaque tout ce qui bouge, peu vêtue de préférence. Les reporters sont en otage dans le labo pendant que le fantôme de Frankenstein, le créateur, se manifeste et que le combat s'engage entre les deux monstres !

Production indépendante tournée en vidéo, en glorieux noir et blanc, écrit produit et réalisé par William Winkler, le film est une amusante parodie des classiques de la Universal, matinée de nudité. Avec en prime des caméos de Ron Jeremy, Raven de La Croix, Lloyd Kaufman, on comprend que l'on flirte avec le film coquin, mais tellement soft, lors d'une scène dans un bar de striptease ou notre monstre fracasse tout. Les moyens sont limités et le format vidéo est certes un obstacle pour recréer l'ambiance des classiques de la Universal, mais le ton est la parodie. Les combats de monstres tiennent plus du ballet tourné au ralenti que de la furieuse attaque, mais il fait bon voir enfin ces créatures s'affronter ! Le final, qui renvoie plus au cinéma expressionniste dans la tradition allemande, est un petit bijou qui achève un hommage bien sympathique.

Le dvd est de très bonne facture, rempli d'extras dont on retient une "lapdance pour Frankenstein". Mario Giguère

plus de détails : www.williamwincklerproductions.com

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Web www.clubdesmonstres.com

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