Dai pour Géant et Kaiju pour monstres: Daikaiju est le mot qui désigne en Japonais les monstres géants qui détruisent le paysage urbain Nippon. On inclu ici leurs amis d'autres nations comme Gorgo qui a fait un joli carton en Angleterre ! Sans oublier les singes géants ! Godzilla a maintenant sa propre page, anisi que KING KONG

mise à jour le 26 avril 2008


Joanna Kerns

A*P*E aka Attack of the giant horny gorilla - Paul Leder, avec Joanna Kerns, Rod Arrants, 1976, Corée/Usa

Deux gars ramènent un singe de presque 36 pieds à bord d'un bateau quand le singe se réveille. Il s'enfuie en direction de Séoul et tombe amoureux d'une belle actrice blonde (Johanna Kerns) qui éprouve de l'horreur mais aussi de la sympathie pour le gros primate. L'armée américaine stationnée dans le coin refuse de croire à l'arrivée du grand poilu, mais finalement ils se rendront à l'évidence, au moment ou l'ordre arrive de capturer vivant la bête ! Notre gros tapis cherche sa blondinette partout et la retrouve juste avant que l'armée n'arrive avec de nouveaux ordres: détruire le grand laid ! Heureusement il y a une belle histoire d'amour parallèlement entre la Marilyn Monroe des pauvres et un journaliste américain...

Pétoche que c'est poche mais que c'est drôle ! Réalisé pour deux sous et quart, avec un costume de gorille sorti des studios des années quarante, des roches en styrofoam, des acteurs coréens qui font de leur mieux, des enfants qui rient, des petits tanks en plastique. Pourquoi un gorille de presque 35 pieds ? ( On hésite entre 35 et 36 dans le film ) Pour pas avoir à faire de maquette trop compliquée, heureusement, celles-là sont tellement mal faites, on dirait des trucs en carton !

Faut le voir pour le croire ! Mario Giguère

Un bateau vogue paisiblement au large des côtes sud-coréennes. Deux marins bourrus tapent la discute en fumant une cigarette. Ils parlent de leur mystérieuse cargaison, une attraction à destination de Disneyland ! Tout d'un coup, un bruit sourd se fait entendre, et une gigantesque main simiesque explose le plafond de la cale du bateau. Car en effet, alors qu'on ne s'en doutait absolument pas, la cargaison en question n'est autre qu'un singe géant. Il explose le bateau dans une impressionnante explosion, et là, sans même pouvoir reprendre son souffle, il se fait attaquer par un requin géant. S'en suit un duel gargantuesque à l'issu duquel notre gorille sortira vainqueur. Pas fatigué du tout, il débarque sur la côte et piétine quelques maquettes.

A peu près au même moment, Marilyn, star Hollywoodienne, débarque au pays pour y tourné une superproduction. Et c'est lorsque le gros macaque la verra en pleine scène de détresse qu'il l'enlèvera et succombera à ses charmes.

Hallucinant ! Je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier cet ovni cinématographique. Marrant de voir ça après le remake de YONGGARY, également une coproduction américano-coréenne à l'origine diffusée en 3D, ce qui nous donne la possibilité de voir plein de projectiles en tout genre se diriger dangereusement vers le spectateur. Mais ici, pas d'images de synthèse, mais un bon vieux gars dans un magnifique costume de singe qui fait vachement bien le singe. Il faut le voir se battre contre les hélicoptères et les avions, il faut le voir écraser avec rage les superbes maquettes qui ont avalé les trois quarts du budget et fuire les figurants qui ont tous l'air de se marrer comme des petits fous ! Mais malgré sa force hors du commun, il succombera aux attaques répétées des forces armées. Et à l'actrice de lâcher un désespéré "why ?", auquel son bien aimé répond: "it is too big for such a small world....".

Putain, c'est beau. Kerozene

ATTACK OF THE MONSTERS aka Gamera vs Guiron aka Gamera tai daikaijû Giron - Noriaki Yuasa, 1969, Japon

À tous les enfants du monde: si vous êtes de petits garçons, ne montez pas dans une soucoupe volante qui atterrit près de chez vous et n'acceptez pas de beignes de jolies extraterrestres, elles veulent vous manger le... cerveau ; petites filles, si votre frérot et son copain s'envolent en soucoupe volante et que votre mère ne vous croit pas, parlez-en à des journalistes masculins, ils vous prendront au sérieux, eux ! Mais surtout, quand tout ira mal parce que vous ne m'écoutez jamais, criez fort le nom de Gamera car seule une tortue géante peut vous sortir du pétrin dans lequel vous vous êtes placés volontairement !

Deux autres gamins qui partent dans l'espace et qui sauveront la terre, avec l'aide de Gamera. Rien de bien nouveau, mais un monstre tranchant, Guiron, qui donnera du fil à retordre, ou plutôt des lames à éviter à Gamera, toujours aussi résistant ! Budget minime pour un film pour petits garçons et grands amateurs de caoutchouc, dans un mélange amusant, qui nous ressert une planète qui est juste à l'opposé du soleil et donc que l'on ne connaît pas. Heureusement que le sang de Gamera est bleu-vert, parce que ça pisse longtemps ! Le cannibalisme dans un film familial, fallait le faire. Mario Giguère

ATTACK OF THE SUPERMONSTERS - Toru Sotoyama, 1982, Japon, 83m

En l'an 2000, les dinosaures réapparaissent sur terre, enfouis qu'ils étaient sous la croûte terrestre. Devenus géants à cause de la pression exercée sous terre et télépathe pour des raisons pas évidentes, ils sont sous la régence de Tyrannus, un tyrannosaure qui a le pouvoir de contrôler les animaux de la terre, transformants chiens, chauve-souris ou rats en armées lancées pour détruire les terriens. Heureusement il y a une organisation scientifique, comprenant un frère et une soeur bionique qui peuvent se réunir pour devenir Gemini, contrôlant un super vaisseau, pour 3 minutes et demi !

Avant tout ça, il faut savoir que c'est la compilation de 4 épisodes d'une série télévisée à ma connaissance unique, car elle combine le dessin animé et le kaiju en maquettes et costumes live. Méchante drôle d'idée, réalisée avec des moyens ridicules et traduit en anglais avec des voix... encore plus risibles. Voyez-vous, les dinosaures parlent, m'enfin, il s'agit surtout de KILL THE PUNY HUMANS, KILL, DESTROY ! De quoi éclater de rire devant un tel truc à peine descriptible et original que par sa forme. Je ne sais plus trop si je dois encore rire, mais le seul souvenir de Tyrannus me fout le sourire dans la face ! Pour maniaques invétérés et amateurs de curiosités. Mario Giguère

The BEAST FROM 20 000 FATHOMS aka Le monstres des temps perdus - Eugene Lourie avec Paul Christian, Paula Raymond, Cecil Kellaway, Kenneth Tobey, Donald Woods, Jack Pennick, Lee Van Cleef, Steve Brodie, Ross Elliott, 1953, États Unis, 79m

Près du cercle arctique, les militaires américains font exploser une bombe atomique expérimentale. Sans qu'ils le sachent, cette explosion a réveillé et libéré un dinosaure pris dans les glaciers depuis plus 100 millions d'années. Sa présence provoque quelques incidents et le monstre traverse l'océan pour se diriger vers New York. Les scientifiques et l'armée tentent de trouver un moyen pour l'arrêter mais en vain. Le dinosaure arrive à New York où il sème la panique en détruisant tout sur son passage. Les scientifiques et l'armée tentent alors une tentative risquée pour tuer le monstre qui se dirige vers Coney Island.

Parmi la pléthore de films de S-F des années 50, celui-ci est sans doute l'un des meilleurs. Le réalisateur Eugene Lourie, plus connu pour son "GORGO" tourné quelques années plus tard et pour son travail de décorateur a mis en scène un film où il prend visiblement le parti du monstre plutôt que celui des humains (la scène finale de la mort du monstre en témoigne comme le reste du film). Inspirée d'une nouvelle du célèbre auteur Ray Bradbury, l'intrigue évolue sans temps mort avec pour la première fois à l'écran la magie des effets spéciaux de Ray Harryhausen qui a su animer le monstre de façon convaincante. Le thème du monstre géant qui n'est pas à sa place et qui foule aux pieds une civilisation qu'il ne connaît pas sera repris par les Japonais pour le scénario et la conception de "GODZILLA" l'année suivante. Comme quoi ce film est un modèle du genre. Eugene Lourie se démarque donc des autres réalisateurs de science-fiction même si les personnages semblent accessoires. Ils sont cependant bien campés par des acteurs habitués à ce type de production. Mathieu Lemée

The BLACK SCORPION aka Le Scorpion Noir - Edward Ludwig avec Richard Denning, Mara Corday, Carlos Rivas, Mario Navarro, 1957, États Unis, 88m

Suite à un tremblement de terre au Mexique, un nouveau volcan fait son apparition et entre en éruption. Une fois le calme revenu, un géologue américain et son confrère mexicain essayent de se rendre sur le site du volcan pour faire des études préliminaires. S'étant arrêté dans le petit village de San Lorenzo, la population enjoint les deux scientifiques de ne pas aller jusqu'au volcan car un démon en sort et vient prendre le bétail. Le démon s'avère en fait un scorpion noir géant qui tue tout ce qui passe à sa portée. Les scientifiques croient que ce scorpion vient du centre de la terre et que l'éruption volcanique l'a amené à la surface. Les deux géologues prennent le risque d'explorer le repaire souterrain du scorpion dans le but de le tuer au gaz, mais ils découvrent sous terre de grandes galeries et plusieurs sortes d'insectes de taille gigantesque. Ils décident donc de boucher la seule sortie à la dynamite mais quelques mois plus tard, d'autres scorpions géants sont signalés dont le plus gros, le scorpion noir se dirige tout droit vers la capitale, Mexico. Comme le monstre est à l'épreuve des balles et des missiles de tank, l'armée s'avère impuissante à stopper sa progression vers la ville et les autorités scientifiques doivent trouver un autre moyen de l'éliminer.

Parmi les nombreux films traitant de la menace d'insectes géants, celui-ci a l'avantage de se situer en dehors des États-Unis, en l'occurrence au Mexique. Par ailleurs, le gigantisme du monstre n'est pas justifié pour une fois par des radiations nucléaires, ce qui constitue un changement rafraîchissant pour le genre. L'explication qui est fourni au spectateur sur les raisons de l'existence d'un tel insecte apparaît évidemment tout droit sorti d'une imagination débridée et peu concluante. L'intrigue ne traîne cependant pas en longueurs inutiles et nous épargne le couplet moralisateur et patriotique habituel à ce genre de production. Le vétéran concepteur de trucages, Willis O'Brien, s'en est donné à coeur joie dans la création et la manipulation des insectes, particulièrement le scorpion noir, qui a une tête aux lèvres dégoulinantes de bave. Certaines scènes sont cependant moins réussies techniquement au niveau des effets spéciaux, mais le vétéran de la série B, Edward Ludwig a su compenser en misant un peu plus sur l'action et le rythme que la plupart des autres films du même genre. Deux séquences s'avèrent à souligner: celle du repaire souterrain des scorpions où O'Brien profite de l'occasion pour retrouver un peu l'imaginaire de l'île de "KING KONG", et la scène finale au stade de Mexico, spectaculaire, drôle et divertissante alors que le scorpion se bat contre des tanks et des hélicoptères. Bref, sans être un chef-d'oeuvre, ce film de monstres vaut admirablement le détour. Bien entendu, le héros joué par Richard Denning emportera dans ses bras Mara Corday (encore elle!) à la fin du film. Mathieu Lemée

BOA VS. PYTHON - David Flores avec David Hewlett, Jaime Bergman, Kirk B.R. Woller, Adam Kendrick, Angel Boris, 2004, États Unis, 91m, TV

Dans une réserve privé, un python gigantesque parvient à échapper à ses détenteurs. Pour éviter des pertes de vies humaines inutiles, le F.B.I. réquisitionne un boa tout aussi gigantesque appartenant à un scientifique spécialisé dans l'étude des moeurs de serpents, afin de pourchasser le python. Muni d'un détecteur et d'une mini-caméra, le boa géant est libéré dans la zone souterraine où le python s'est réfugié, tandis que le scientifique et des agents spéciaux suivent son déplacement à distance. Ils ignorent que des chasseurs se trouvent également sur les lieux pour faire du python leur trophée. Leur présence modifie les comportements des deux serpents, ce qui inquiète gravement le scientifique, d'autant plus que le détecteur et la mini-caméra du boa ne fonctionnent plus.

La compagnie UFO (Unified Film Organization), reconnue pour ses films à petits budgets inspirés de thèmes à la mode, avait profité du succès d"ANACONDA" pour lancer eux-mêmes quelques films de serpents géants, en l'occurrence, "PYTHON", "PYTHON 2" et "BOA". Comme les affrontements entre monstres sont maintenant légions (FREDDY VS. JASON, ALIEN VS. PREDATOR) ils ont alors décidé de réunir leurs deux serpents pour une confrontation, croyant jouer gagnant. Peine perdue. Le spectateur doit attendre jusqu'à la toute fin du film pour le duel attendu entre les deux monstres et pour se rendre jusque là, il doit endurer une enfilade de clichés. On assiste donc aux scènes habituelles où chacun des serpents trucident des acteurs inconnus. Les trucages informatiques sont tellement évidents qu'on a l'impression de regarder un film d'animation. Un film qui n'a donc pas les moyens de ses ambitions. Une chance que les acteurs ne se prennent pas trop au sérieux et parviennent à nous faire rire dans quelques séquences. Mathieu Lemée

CLOVERFIELD - Matt Reeves avec Lizzy Caplan, Jessica Lucas, 2008, États Unis, 85m

Tout le film est du tournage en camescope retrouvé par l'armée sur l'incident "Cloverfield". Lors de la fête organisée pour le départ vers le Japon de leur copain, on confie un camescope à un individu qui va prendre les messages de départ pour l'heureux homme. Pendant la soirée il se passe des incidents extraordinaire à Manhattan lorsqu'une créature gigantesque envahit la cité. Panique, fuite, les quelques personnes que l'on suit essaient de sauver une copine coincé dans son appartement. Mais le monstre destructeur rôde, fait beaucoup de dégâts tandis que l'armée tente d'évacuer les civils. Le cauchemar ne fait que débuter.

Ce film trouvera-t-il son public ? Assistant à la première représentation c'est difficile à prévoir. J'y ai trouvé mon compte, mais quelques spectateurs étaient rebutés par la caméra tenue à la main et l'image qui bouge tout le temps, rappelez-vous BLAIR WITCH. Difficile d'imaginer le budget, mais il doit être important car les scènes de destruction et les scènes de monstres sont impressionnantes, c'est le moins que l'on puisse dire ! Ca prend un peu trop son temps à démarrer, alors on est presque heureux lorsque la symphonie de destruction débute. Il faudra attendre pratiquement jusqu'à la fin pour avoir un bon aperçu de la créature gigantesque, mais elle est vraiment spéciale. On pouvait bien croire à un reptile du genre Godzilla avec cette immense queue aperçue au début, mais plus on avance plus le montre se dévoile, grotesque et terrifiant tout en étant fascinant.

On relève des parentés qui ne sont probablement pas fortuites avec la série japonaise GODZILLA. Pensons à sa sortie après un tremblement de terre, le bateau qui coule mais aussi les nombreux parasites qui tombent de la créature, tout comme ceux sur la peau du monstre japonais. Je jurerait aussi que la musique du générique final n'est pas si éloignée des odes écrites par Akira Ifikube pour le roi des monstres. Bref, on s'inscrit dans une tradition bien établie, tradition que l'on va renouveler par la forme, étonnante, proche de toutes ces téléréalités qui donnent leur quinze minutes de gloire à des inconnus. Chapeau aux studios de Phil Tippett, responsables d'un monstre qui va entrer dans la légende. Donc, du tout bon pour amateur de kaiju, vivement le dvd ! Mario Giguère

CRATER LAKE MONSTER - William R. Stromberg avec Richard Cardella, Glenn Roberts, Marc Siegel et Bob Hyman, 1977, États Unis

Au Texas, ou en Arizona, un météore de l'espace s'écrase à fond la caisse dans un lac. La chaleur de l'impact, de cette grosse boule à mite galactique produit l'éclosion d'un œuf de dinosaure du Crétacé (mais pas du Précambrien). Ce dinosaure, un plésiosaure, se met à terrifier la communauté d'abrutis ayant établis domicile là-bas.

Quel film crisse ! Chef-d'œuvre réussi du genre, le film intègre parfaitement les trucages ineptes et les comédiens au jeu plus qu'approximatif. Les rebondissements se suivent à un rythme primesautier et les métaphores sociales sont plus qu'astucieuses. Non content d'offrir un divertissement puissamment réflectif, le réalisateur, dont ce sera le dernier (mais aussi le premier) tournage, nous délivre un avertissement : la menace ne vient pas d'un régime totalitaire mais bien de l'espace. Fortement impressionnés, Ronald Reagan et Michael Gorbatchev se taperont le luxe de signer un puissant discours directement inspiré de ce film où il sera dit que le Monde libre et l'Empire du Mal devront coopérer pour mettre fin à la menace des gros crisses d'astéroïdes dangereux.

Jean Vigo n'aurait pas renié ce film (référence directe à Michel Simon et l'Atalante lorsque le fermier barbu s'en va attaquer le monstre et est affreusement dévoré)

Bonne équipe d'interprètes aussi ! Bravo ! 

(1) CRATER LAKE MONSTER

É.-U. 1977. Drame d'horreur de W. R. Stromberg.- Un monstre dinosaurien, ressemblant presque à un dragon qui ne crache pas le feu, qui ne crache rien en fait, sème la zizanie dans un petit village de " rednecks ".- Chef-d'œuvre réussi. Trucages ineptes parfaitement crédibles. Passages d'une virtuosité peu banale. 1er film de Phil Tippet où il n'apparaît pas. Des grosses jambes M. Eliot, comme toujours.- Choucroute Melba

Je n'ai pas vu le nom de Phil Tippet, mais celui de Dave Allen qui a fait plein d'animations cheap mais le fun pour entre autre Flesh Gordon et Laser blast et pour les productions Empire et Full moon. Vraiment pas désagréable, je n'avais jamais vu ce plésiosaure qui meurt trop rapidement, triste vie de dinosaure pas respecté ! Mario Giguère

Un météore atterri dans le lac d'un petit village tout ce qu'il y a de plus paisible. Quelques mois plus tard, une créature fait apparition et se met à dévorer les quelques touristes osant s'aventurer près du lac. Le shérif enquête sur toute l'histoire... 

Un film de série Z avec tout ce qui est possible d'y mettre dans le genre: de mauvais acteurs over-the-top, une créature savoureuse tantôt en image par image tantôt en marionnette caoutchoutée, un petit village tranquille où tout le monde se connaît, de la musique tout droit sortie de films des années 50 ainsi que la naïveté hors-pair des personnages. On insère à la mi-chemin du film un criminel pour ajouter un petit supplément à la sauce ce qui donnera une poursuite " haletante " entre un hors-la-loi moustachu et un shérif moustachu. Le village contient ses deux abrutis de service qui apportent un humour de " rednecks " et soudain, ils se bagarrent et nous avons droit à un des moments les plus comiques du film. Un autre moment digne de mention est lorsqu'un couple se retrouve en bateau, relaxant tranquillement: ils regardent le ciel et se disent comment la nuit est belle ce soir, mais euh, le tout est tourné au gros soleil de midi !!

Les grands acteurs de ce film ont pour la plupart arrêté leur carrière de cinéma avec ce film tout comme le scénariste qui joue également le rôle du héros, notre shérif moustachu. La mise en scène est tout ce qu'il y a de plus classique pour ne pas dire banale, sauf quelques plans subjectifs loufoques où on se prend pour la créature ou encore mieux, une tête qui a perdu son corps (!). Donc, un film amusant sorti de la poussière en DVD par RHINO VIDEO. Bad Feeble

DAIMAJIN aka MAJIN THE MONSTER OF TERROR aka MAJIN THE STONE SAMOURAI aka THE DEVIL GOT ANGRY aka THE GIANT MAJIN aka THE VENGEANCE OF THE MONSTER aka MAJIN aka MAJIN THE HIDEOUS IDOL - Kimiyoshi Yasuda, 1966, Japon

En 1966, un an après la mise en chantier de son concurrent direct de Godzilla - à savoir Gamera, la Daiei tourne dans la foulée sa trilogie DAIMAJIN qui transpose le kaiju-eiga jusqu'alors post-atomique, dans un Japon féodale en proie à la tyrannie. En effet, un petit et cruel seigneur aux dents longues usurpe le trône de son supérieur et massacre sa famille. Mais ses deux enfants parviendront à s'échapper et seront protégés par une vieille prêtresse vivant sur la montagne de Daimajin, un Dieu représenté par une gigantesque statue de pierre sculptée à même la montagne. Dès lors, le peuple se voit réduit à l'esclavage et privé de ses droits les plus élémentaires. Dix ans plus tard, les enfants du seigneur déchu passeront à l'action, mais seul l'intervention divine du golem aux pouvoirs supernaturels parviendront à mettre un terme à cette infâme dictature.

Si DAIMAJIN se trouve être quelque peu prévisible - seul véritable reproche que l'on pourrait lui faire, il propose un attachant mélange de tragédie, de poésie et de fantastique. Le film prend son temps pour exposer les faits et la situation des protagonistes en introduisant petit à petit l'importance de la menace que pourrait être cette créature mystérieuse. Elle se révélera bien entendu lors du magnifique finale. La scène de l'arrivée de Daimajin sous un ciel rougeâtre chargé de nuages bleutés résume à elle seule les qualités visuelles et poétiques du film et contrairement à ses collègues de l'ère atomique le golem ne s'acharne pas aveuglément sur des maquettes mais cherche dans un premier temps à punir le mal. Les effets spéciaux sont beaux, la créature est étonnante avec son look de samouraï au faciès diabolique et le tout est magnifié par un cinémascope de toute beauté. Bravo DAIMAJIN ! Kerozene

D-WAR aka Dragon Wars - Hyung-rae Shim avec Jason Behr, Robert Forster, 2007, Corée, 90m

Il y a 500 ans devait avoir lieu un combat entre les forces du bien et du mal, incarnées par deux dragons géants, mais un de ces dragons était pour l'instant une jeune femme et son bien aimé a préféré le suicide collectif plutôt que de voir sa douce devenir une bête géante. Mal lui en prit, aujourd'hui, 500 ans plus tard, les merveilles de la réincarnation ramènent la situation au goût du jour, qui plus est à Los Angeles, envahi par une armée de dinosaures qui veulent s'emparer d'une jeune femme qui n'a aucune idée de ce qui lui arrive, aidée par son chevalier réincarné.

Hyung-rae Shim n'ayant pas apprécié la faible réception internationale de son remake de Yonggary, il rempile avec une montagne d'effets digitaux, mieux réussit, c'est vrai, mais avec un scénario embourbé. Les trous dans la logique sont immenses, les coïncidences trop nombreuses, les personnages pas attachants, bref, si on a droit à un spectacle intéressant, pour le reste, on peine à suivre l'histoire. Dommage, car la première bande annonce, sortie il y a bien quatre ans sur internet, promettait énormément. Trop d'attente, mais aussi trop d'ambition et une excuse de scénario qui devrait pourtant être d'une importance primordiale. Un succès en Corée, mais un échec international, principalement dû au budget excessif mis à la disposition du projet. Dommage. Mario Giguère

GAMERA 3 - Shusuke Kaneko, Japon

Toujours aussi bon à la deuxième écoute, franchement bon. J'avais oublié le cimetière sous marin de Gameras. Encore une fois le réalisme dans l'exécution et dans le scénario, toutes ces conséquences à l'apparitions de créatures gigantesques en font un must, comme pour les deux autres films de la même équipe. La seule chose qui est dommage c'est qu'on parle d'une tortue, mais bon, comme disait Jean Paul 2, toutes les créatures sont égales, etc... Mario Giguère

GAMERA THE BRAVE aka Gamera: Chiisaki yusha-tachi - Ryuta Tazaki avec Kaho, Kanji Tsuda, Susumu Terajima, 2006, Japon, 127m

1973, des villageois sont sauvées in extremis de la destruction par Gamera, qui se sacrifie pour détruire une horde de Gayos. Un jeune garçon est subjugué par cette vision. 2006, maintenant veuf, son jeune fils de onze ans, Toru, ne croit pas au paradis d'où sa mère veillerait sur lui. Il découvre un oeuf, d'où sort une petite tortue, qu'il surnomme Toto, comme le surnom que lui donnait sa mère. Toto grandit vraiment rapidement et un jour plane et vole. Son père finira par découvrir l'animal et il apprend à Toru que c'est un Gamera, de la race qui a jadis combattu des monstres. L'armée arrive pour s'emparer de la tortue. Apparaît alors Zedus, un lézard géant qui bouffe des humains. Gamera est malade et Zedus se dirige vers Nagoya. Les enfants se rendent compte qu'une pierre sur laquelle a été trouvé l'oeuf de tortue est nécessaire à sa survie...

Retour au format original de la série. Après la trilogie de Kaneko, excellente et dramatique, profitant de l'absence de Godzilla sur les écrans, on ressort Gamera, protecteur et ami des enfants. Pour peu que l'on accepte ce presque "retour en arrière", et le design plus "peluche" aux coins arrondis de notre tortue géante, on a droit à un bon spectacle de Kaiju. Les effets sont efficaces, les jeunes acteurs convaincants et le scénario avance avec un bon rythme vers un final inspirant. Car ce sont les enfants qui vont sauver leur protecteur, en dépit des adultes, qui ne pensent qu'à s'enfuir. Zedus est fascinant et certaines scènes sont réellement superbes. La musique, qui multiplie les influences, est souvent fort originale pour le genre. Recommendé. Mario Giguère

GAMERA VS MONSTER X Noriaki Yuasa 1970-Japan 

Obnoxious brat Hiroshi is given a tour of the Expo 70 site just before it is scheduled to open in Japan. But the event is threatened when the giant flying turtle, Gamera, and the horned lizard, Jiger, follow one of the displays, an ancient statue called "the devil's whistle", as it being moved from "Wester Island" to Japan.

Involuntary surrealism and giant monster destruction includes Gamera getting crucified by Jiger's sharp projectiles, Jiger ramming ships on the way to Japan, Gamera and Jiger crushing the metropolitan area, Gamera getting impregnated after Jiger penetrates him with his spiked tail. Gamera freezes while Hiroshi and friends take a mini-sub into the body of the turtle to find a baby Jiger feeding on Gamera's blood. The writers must have seen FANTASTIC VOYAGE. A favorite scene has the revived Gamera sticking telephone poles in his ears to block out Jiger's sound waves! The giant lizard also emits a heat ray which is shown turning victims into skeletons. Gamera flings the statue into Jiger's forehead and Expo 70 is allowed to open. Adults are depicted as foolish and narrowminded while the kids know that Gamera is a friend to all children. It sounds incredibly stupid, but it's nonstop action packed fun with many bizarre images. Robert Monell

La petite peste Hiroshi a droit à la visite du site d'Expo 70 avant son ouverture officielle au Japon. Mais l'évènement est en danger lorsque la tortue géante, Gamera, et le lézard à corne Jiger suivent une des attractions, une statue ancienne qui est déplacée des îles Wester au Japon.

Surréalisme involontaire et destruction de monstres géants incluant Gamera crucifié par des projectiles de Jiger, Jiger chargeant les navires en direction du Japon, Gamera et Jiger détruisant le centre-ville, Gamera  soudain enceinte après que Jiger le pénètre de sa queue à pics. Gamera gelé pendant qu'Hiroshi et ses amis entrent dans le corps de la tortue en mini sous-marin et trouvent un bébé Jiger se nourrissant du sang de Gamera. Les scénaristes ont sûrement vu LE VOYAGE FANTASTIQUE. Une scène préférée présente Gamera dégelé plantant des poteaux de téléphone dans ses oreilles pour bloquer les ondes sonores de Jiger ! Le lézard géant a également un rayon de chaleur qui transforme ses victimes en squelettes. Gamera lance la statue dans le front de Jiger et l'Expo 70 peut maintenant ouvrir. Les adultes sont dépeints comme des imbéciles à l'esprit restreint pendant que les jeunes savent que Gamera est l'ami de tous les enfants. Ca paraît incroyablement stupide, mais c'est de l'action continuelle pleine de fun et plein d'images bizarres. Robert Monell

GARUDA - Monthon Arayangkoon avec Sornram Thapitak, Sara Leigh, 2004, Thaïlande, version en mandarin sous-titrée en anglais

Il y a 80,000 ans vivaient dans l'harmonie des volatiles géants anthropomorphes qui se sont chicanés. De nos jours, en creusant un tunnel sous la ville de Bangkok, on retrouve une caverne remplie des ossements de ces oiseaux gigantesques. Mais il n'y a pas que des os et la scientifique appelée sur les lieux ne comprend pas la présence d'une bande de militaires agressifs armées jusqu'aux dents. Mais ces soldats font partie d'une unité très spéciale qui combat les monstres. Hors donc un Garuda se réveille et sème la foire.

On le dit un grand succès en Thaïlande, mais la vision de ce Garuda est assez difficile. D'abord les emprunts évidents aux films du genre, aux films américains mais non japonais, nous assurent d'une quantité de blagues niaises, de personnages pas crédibles, d'action sans queue ni tête dans un scénario remplit de copies faciles. Sans parler du racisme latent exprimé régulièrement, en plus du système de caste encore apprécié dans ce coin de la terre. Parlons du monstre mythologique dépouillé de sa signification historique pour devenir un gros oiseau en image de synthèse aux proportions maladroites. Il nous offre quelques bons plans, mais n'est pas crédible avec ses membres démesurés. On a envie de tuer la scientifique et son petit ami, ne serait-ce que pour ne pas qu'ils causent la mort de trop d'hommes ! Aucun personnage n'est vraiment sympathique. L'ombre de la série Alien et du Godzilla de Roland Emmerich plane sur l'ensemble. N'empêche, je ne voulais pas rater un nouveau monstre géant, ils se font si rares ! Pour fans de monstres seulement. Mario Giguère

The GIANT BEHEMOTH aka Behemoth, the Sea Monster - Eugene Lourie avec Gene Evans, Andre Morell, John Turner. 1959, Royaume Uni/États Unis, 71m

Sur les rivages d'un village de la côte d'Angleterre, de nombreux poissons sont trouvés morts. Deux savants essaient d'en découvrir la cause alors que les pêcheurs de l'endroit s'inquiètent. Ils s'avèrent finalement que les poissons ont été tués par des radiations puissantes. Surgit alors une sorte de brontosaure monstrueux qui commence à tout piétiner sur son passage et qui tire en plus des rayons radioactifs avec ses yeux, faisant plusieurs victimes. Des recherches sont entreprises pour le retrouver et l'anéantir mais le monstre franchit la Tamise et arrive dans la capitale londonienne où il sème la terreur. Les savants arriveront-ils à le détruire?

Après "THE BEAST FROM 20 000 FATHOMS", Eugene Lourie nous remet ça avec un autre film mettant en vedette un monstre foulant au pied la civilisation. L'intrigue se passe cette fois à Londres et en Angleterre, ce qui fait changement après que nous ayons été habitués au contexte américain dans ce genre de film. Les données de base sont plutôt fantaisistes mais Lourie démontre sa supériorité sur ses confrères dans ce type de production grâce à l'adresse de sa mise en scène. Après Ray Harryhausen, Lourie a cette fois fait appel à Willis O'Brien, concepteur des trucages du "KING KONG" de 1933 et le résultat est tout aussi réussi dans les effets spéciaux. Le suspense est bien amené et l'humour ne manque pas. Encore une fois, Lourie démontre son affection pour le monstre plus que pour les humains. Signalons que la morphologie du monstre en dehors de ses pouvoirs radioactifs rappelle le fameux monstre du Loch Ness, l'intrigue se situant dans le pays d'où vient cette légende après tout! Du fameux divertissement représentatif de la S-F des années 50, le menace communiste en moins. Mathieu Lemée

Des pêcheurs sont retrouvés brûlés et aveugles, murmurant qu'ils ont aperçu un monstre géant. Justement dans les parages, un spécialiste des retombées radioactives va enquêter et finir par découvrir un monstre préhistorique de la famille des plésiosaures qui émet des rayons radioactifs. Lorsqu'il met pied sur terre (le monstre, pas le spécialiste), on se dépêche de trouver comment le détruire, en un morceau, sinon une bombe conventionnelle ne ferait qu'éparpiller des milliers de petits bouts radioactifs. Quel dilemme !

Voilà un film ou ont quand même travaillé le réalisateur de Gorgo et le spécialiste d"effets spéciaux de King Kong (Willis O'Brien). On s'attend à mieux, mais le film et son monstre ne sont pas vraiment mémorables. La radioactivité et ses rayons tiennent du gadget pas vraiment impressionnant et le monstre n'est pas des plus réussis. La sculpture n'est pas très détaillée et il bouge de manière plutôt maladroite. Il faut par surcroît attendre un bon 50 minutes avant de le voir. Le scénario est simpliste, les personnages pas très mémorables, malgré la présence d'André Morell, un comédien bien apprécié dans d'autres productions (Quatermass). Vite vu, vite oublié. Mario Giguère

GORGO aka Terreur sur Londres - Eugene Lourie, 1961, Angleterre

Deux pêcheurs sur les cotes d'Irlande ont des gros problèmes avec leur bateau. Ils vont a une petite ville côtière, dont tous les pêcheurs ne veulent pas répondre a leur questions. Ils sont mystérieux et muets. Quand le boss du village arrive et leur dit de déguerpir, les deux pêcheurs se demandent pourquoi il n'est pas si hospitalier que ca avec eux. Ils décident de rester dans les parages et découvrent que des plongeurs vont chercher de l'or dans le fond de la mer. Un plongeur disparais et, quelque minutes plus tard, apparaît un monstre préhistorique d'une trentaine de pieds. Les villageois sont apeurés, mais nos deux pêcheurs téméraires proposent un marché aux boss du village. Ils leur débarrassent du monstre mais en échange ils veulent de l'or : marché conclu. Le monstre capturé, ils emportent la créature dans un cirque Londonien où tous les habitants sont attirés par le nouveau phénomène, mais sur les cotes d’Irlande maman Gorgo, qui fait le triple de son fils, s'ennuie de son rejeton et file tout droit sur Londres pour tout détruire sur son passage, et veut récupérer fiston. C'est le même genre que Godzilla, c'est-à-dire un homme avec un habit qui s'amuse a détruire des maquettes, le réalisateur n’en est pas à ses premières expériences, car il étais déjà habitué dans ce genre de films. En gros c'est un film de monstre qui s’écoute très bien grrrrrr. Rana

Des marins anglais se voient soudainement pris au sein d'une tempête au moment même où une éruption volcanique fait jaillir une île hors de l'eau. Une fois ce sacré coup de grisou passé, ils remarquent que sa puissance a fait remonter des bestioles des profondeurs. Décidant de faire une halte sur une île a proximité le temps de réparer leur rafiot les marins, malgré eux, font face à une créature préhistorique, une sorte de tyrannosaure aquatique de quelques 5 mètres de haut. Ni une ni deux, ils décident de le capturer et de l'exhiber dans une foire londonienne. Manque de bol, ils ont capturé un bébé dino, et c'est alors que maman dino, furax, 60 mètres de haut, vient chercher son rejeton, détruisant au passage la capitale britannique, riant à la face des militaires, ignorant les roquettes et autres décharges électriques balancées dans sa face reptilienne. Les monuments de la ville y passent, les gens meurent... Maman dino récupère le rejeton et retourne paisiblement au fond des mers, laissant derrière elle une ville dévastée, réduite en miette...

Le film de monstre ultime ! Mieux que GODZILLA, mieux que KING KONG ! GORGO, c'est le monstre plus humain que les humains. L'instinct maternel écrase la cupidité de l'homme avec furie. L'homme est le véritable monstre de ce film superbement mis en scène. Et le réalisateur Eugène Lourie réussit là où beaucoup d'autres se sont plantés: son film de monstre est palpitant du début à la fin sans être avare d'images de la bestiole. Les images sont superbes, les effets spéciaux bien mieux maîtrisés que dans les niponneries de la Toho, même si le gars dans son costume en caoutchouc fait toujours sourire. Bref, un classique. Kerozene

HANUMAN VS 7 ULTRAMAN - Shohei Tojo, 1974, Japon/Thaïlande, version originale Thaïlandaise

De jeunes enfants s'amusent dans des ruines de temples lorsque Piko aperçoit des voleurs de têtes de statues! Ni une ni deux, Piko court et rattrape la voiture, sapristi, tombe, rattrape encore les méchants et se fait tirer une balle en pleine tête. Du haut de la galaxie M78, tel les dieux de l'Olympe, Maman Ultraman descends sa main géante et recueille le corps de Piko. Piko partagera sa vie avec le dieu Hanuman, nouveau frère de la famille des Ultra ! Entre des supplications au Dieu du Soleil pour calmer celui-ci qui se rapproche de la terre et cause une sécheresse et les monstres qui sortent de terre, Hanuman en a plein les bras. Cette bande de monstres le tabassent sans vergogne jusqu'à ce que le reste des Ultraman apparaissent. À compte égal, Hanuman s'en tire mieux !

Question de répondre aux besoins de marchés différents, la compagnie Tsuburaya s'occupe des effets spéciaux de ce film pour enfants hors du commun. Pas de temps mort et un Hanuman, Dieu singe qui danse continuellement s'il ne se bat pas, qui fait presque office de fanfaron au regard de ses frères Ultra sérieux comme des papes. Beaucoup de moments dramatiques et énormément d'humour dans les combats de monstres, tenant plus du slapstick ou des Trois Stooges. Le mélange d'Hanuman et Dieu Soleil avec les géants Ultra est plutôt incongru, mais ça passe bien, somme toute. Les enfants en rajoutent un max durant les scènes tragiques, pendant que les adultes, responsables de l'arrivée des monstres, ont l'air incompétents et désemparés. Au final un film hors du commun, parfois surprenant, qui se regarde avec le sourire ou le fou rire pour tout amateur de monstres géants ! Mario Giguère

HANUMAN ET LES 5 KAMEN RIDERS aka Go-Nin Raidaa tai kingu Daaku aka 5 Kamen Riders vs. King Dark, 1974, Thaïlande, version  originale Thaïlandaise

Les Thaïlandais, probablement fiers de leur collaboration avec la compagnie Tsuburaya sur le film  HANUMAN ET LES SEPT ULTRABROTHERS, ont enchaîné avec les héros de la Toei, les KAMEN RIDERS. Mais cette fois-ci, il semble, sans la collaboration de la Toei. Tant pis, on reprend le mélange fort curieux qui semble à la fois s'adresser aux enfants, mais comportant nudité, perversité et grotesquerie gore dans des passages troublants au vu du reste ! 

On semble rencontrer des protagonistes du film précédent en enfer ( version originale thaïlandaise oblige, une certaine confusion est de mise ). Scènes de torture et de nudité féminine comme dans le récent film thaïlandais au titre évocateur de HELL, on ne rigole pas dans l'enfer de ce pays. Pour en pas y aller ou y retourner, trois sbires vont tenter de nourrir le boss des enfers qui a besoin de sang féminin en bonne quantité.  Les 5 Kamen Riders vont aider un "docteur"  kidnappé avec sa  copine/soeur/épouse  et détruire tous les monstres sur leur passage. Pas dépourvu, le méchant force le docteur à utiliser une bien drôle de machine à créer des monstres mi-humains, mi-bêtess: tête de porc; de taureau; de poulet ! Vilains personnages ridicules qui subiront le sort de leurs confrères aux mains des Riders, après que Hanuman, on l'oubliait, les aient ressuscités ! Hanuman reviendra au final lorsque le big boss deviendra un géant qui pique une crise en ville. Hanuman, qui aime bien écraser et broyer les méchants, aura droit à son combat de géant, sans vraiment s'ennuyer des sept Ultra-frères, le vilain étant fait de ferraille pas vraiment solide.

Un rôle effacé pour le roi singe Hanuman, donc, et une autre preuve des standards très différents de ce qui est acceptable dans un film pour tous ! Une curiosité pittoresque pour amateurs en manque de psychotronique et de nanars ! Mario Giguère

HYDRA: LE MONSTRE DES PROFONDEURS aka HYDRA: MONSTER FROM THE DEEP aka SERPIENTE DE MAR aka THE SEA SERPENT aka: HYDRA - Amando de Ossorio, 1985, Espagne

Suite au largage indésirable d'une bombe atomique au large des côtes portugaises, un serpent de mer surgit des profondeurs de l'océan et fait passer les témoins de ses attaques pour de doux dingues illuminés. Nos héros, un pêcheur tenu pour responsable de la perte du bateau de son boss ainsi que de la mort de quelques marins, et une jeune femme internée en asile d'aliénés, rendent visite à un vieux biologiste marin (Ray Milland) pour les aider dans leur chasse au monstre...

HYDRA propose ni plus ni moins que l'un des plus mémorables craignos monsters qui n'ai jamais arpenté les écrans. Serpent de mer grotesque semblant directement issu d'une production Corman des années 1950, c'est donc avec 30 ans de retard que le père des zombies templiers nous livre avec son dernier film un ultime clin d'oeil bis tellement énorme et grossier qu'on ne peut s'incliner devant tant de génie kitsch et de ringardise émérite. Le monstre, sorte de gigantesque chaussette marine à écaille affublée de deux balles de ping-pong en guise d'yeux et d'une bouche pleine de dents, attaque brutalement quelques marins, une pauvre fille alcoolique ou des contrebandiers mais détruit également de merveilleuses maquettes de phare, de bateaux, d'hélicoptère et pour finir celle d'un pont dans de tonitruantes explosions qui le feront hurler de douleur avant qu'il ne s'enfuie au large sous le regard attristé d'un Ray Milland bien fatigué. Impossible de ne pas succomber aux charmes naïfs de cette pelloche hilarante et aux dialogues ahurissants (et avec une apparition de Jack Taylor en mafieux à lunettes), qui est au film de monstres ce que l'olive est au martini - à savoir un petit plus dispensable mais tellement savoureux. Kerozene

Sapristi ! Drôle et nanardesque sans fin, le monstre est d'un ridicule consommé, on sent la main dans la marionnette. Et quel cri, s'il crie trop longtemps, on semble entendre des primates dans le fond du décor sonore, ahurissant. Contient des classiques du genre, comme la chambre d'hôpital qui ressemble à une chambre d'hôtel, le gars la fille pas rapport qui tombent amoureux et qui finissent en courant sur la plage tel Leslie Nielsen et Priscilla Presley, des hangars remplit de stock mais sans surveillance, les premiers témoins qui sont alcooliques, évidemment ! Et quand le film se termine, finalement, y a que nos quatre protagonistes encore en vie qui l'ont vu ce monstre ! Moi, c'est simple, je les croirait pas s'ils me contaient l'histoire ! Tiens ! Mario Giguère

IT CAME FROM BENEATH THE SEA - Robert Gordon avec Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis et Ian Keith, 1955, États Unis

1955. L'Amérique se remet lentement des combats meurtriers qu'elle a du endurer contre les cannibales nord-coréens. Pour assurer la sécurité du Monde libre ainsi que celle de la côte Ouest de leur continent, les États-Unis d'Amérique se doivent de surveiller les eaux internationales afin de faire sauter des navires de guerre chinois, nord-coréens, soviétiques ou canadiens.

Un militaire de carrière (Rouen, Gettysburg, El-Alamein, Berlin, Kaboul), allié de son réservoir féminin et d'une bande de scientifiques (un seul nous sera réellement dévoilé sous un angle humain), devra affronter une gigantesque pieuvre armée de tentacules monstrueux qui tentera de détruire le Golden Gate Bridge.

Monument de l'âge d'or cinéma de science-fiction américain, IT CAME FROM BENEATH THE SEA n'est pas sans rappeler le joli KING KONG d'Ernest B. Schoedsack, sans le singe géant ni l'intrigue amoureuse entre le poilu simiesque et Fay Wray et ni l'exposition finale à New York. Par contre, sous un œil critique et bien aiguisé, il devient évident que l'entité tentaculaire n'est rien d'autre qu'un King Kong des profondeurs marines.

Réalisé dans des décors d'un rouge délirant, l'œuvre a été tournée en noir et blanc, apportant un propos véritablement alarmiste (il est évident que cette " bibitte " représente l'idéologie Marxiste à son meilleur et, que ses poulpes, elles, sont les colonnes de l'U.R.S.S.) et terrifiant. Non seulement film-politique, IT CAME FROM BENEATH THE SEA ne laisse pas pour autant l'amateur de sensations fortes en manque : avalanche de trucages fascinants, poursuites maritimes prodigieusement montées, dialogues très " je te crisse mon poing sur le nez " ainsi que plans bouleversants d'un San Francisco persécuté par la dévastation.

Alors s'il s'agit à la fois d'un thriller politico-horrifique, il ne faut pas laisser de côté qu'il y a aussi un zeste de pamphlet écologique dans tout ça. Je vous laisse chercher ça tout seul, question de ne pas vous enlevez tout plaisir d'analyses cinématographiques.

Conçus par le grand Ray Harryhausen, les trucages sont absolument saisissants de réalisme. Il faut voir ces tentacules envahir San Francisco, allez chercher son maïs soufflé dans le four à micro-onde (brûlé dû au fait qu'il a éclaté 6min et qu'on ne doit pas dépasser 3m30) et revenir pour se rendre compte de la dévastation des lieux: le chien a uriné sur le divan et Matisse n'a pas pensé enterrer son gros caca dans le sable gris de sa litière.

Kenneth Tobey (que l'on reverra 35 ans plus tard dans l'inoubliable GREMLINS 2 : THE NEW BATCH) livre le plus grand rôle de sa carrière.- Choucroute Melba

(10) IT CAME FROM BENEATH THE SEA 

É.-U. 1955. Drame d'horreur de R. Gordon avec Kenneth Tobey, Faith Domergue et Donald Curtis.- Traitement magistral d'un sujet à connotations politiques aux résonances universelles. Rythme vif, alerte, entraînant et soutenu. Recherches réussies du côté du montage et des effets spéciaux. Mise en scène fort brillante. Images d'un lyrisme indéniable. Interprétation authentique.

Tout ce qui vient de la mer n'est pas nécessairement bon. C'est l'exception qui confirme la règle: j'aime tous les autres films avec de l'animation de Ray Harryhausen, mais celui-ci, son premier ?, est long, mais long et plate. Les tentacules sont rares, trop rares. Seule Faith Domergue est très intéressante dans son rôle de scientifique. Vivement un site web consacré aux femmes scientifiques ! Mario Giguère

KING KONG ESCAPES aka Kingukongu No Gyakushu aka King Kong s'est échappé - Ishirô Honda avec Rhodes Reason, Mie Hama, Kinda Miller, Akira Takarada, 1967, Japon, 96m

Le Dr Who a fabriqué un robot géant à l'image de King Kong pour aller chercher un minerai rare, l'élément X, plus puissant que l'uranium. Malheureusement ses circuits sont ruinés par les radiations. Ni une, ni deux, on part kidnapper l'authentique King Kong, qui est amoureux d'une jolie blonde sortie d'un sous-marin en mission pour l'ONU. Hypnotisé, notre grand poilu devient mineur, mais lui aussi a des difficultés, les radiations détruisant les effets de l'hypnose. Ce qui devait arriver arrivera, les deux géants s'affronteront en plein Tokyo !

Sous influence James Bondienne, on réunit Mie Hama, qui a joué dans YOU ONLY LIVE TWICE avec un sosie de Connery, Rhodes Reason ! Mais il s'agit bien d'un film de monstres et Honda excelle comme toujours dans la mise en scène, d'une justesse toujours remarquable. Magnifique également est la musique sublime d'Akira Ifikube. L'histoire est curieuse mais bouge à un bon rythme. Seule grosse ombre au tableau, le costume de Kong, caricatural et grotesque. La théorie avancée dans un excellent article du magazine GFAN veut que Tsuburaya, responsables des effets spéciaux hors pair, se veut sympathique aux enfants, public cible, et aurait décidé délibérément de ne pas faire peur avec un singe bourru au visage plus drôle qu'impressionnant. Mais pour peu qu'on apprécie le genre, on ne peut qu'apprécier un film bien ficelé durant lequel on ne s'ennuie pas une minute ! Mario Giguère

KONGA - John Lemont avec Michael Gough, Margo Johns, Jess Conrad, Claire Gordon, Austin Trevor, Jack Watson, George Pastell, 1961, Royaume Uni/États Unis, 90m

Le professeur Decker revient à Londres après une expédition en Afrique, avec un bébé chimpanzé sous le bras et un échantillon de plantes carnivores d'une espèce non répertoriée. Or, cette plante contient des enzymes capables de faire accentuer la croissance de n'importe quelle espèce. Decker veut faire la démonstration de sa découverte, affirmant ainsi avoir trouvé un moyen de faire grandir les humains mais son doyen d'université se moque de ses travaux et le ridiculise publiquement. Decker injecte alors sa découverte à son chimpanzé qui grandit rapidement et se sert de l'animal pour se débarrasser de tous ceux qui s'opposent à ses travaux ou des importuns pouvant lui nuire. Mais la maîtresse de Decker, se sentant délaissée par lui, surtout lorsqu'elle apprend qu'il avait tenté de séduire une étudiante, veut se venger de lui et elle fait une ultime injection au chimpanzé qui devient alors un gorille géant. Celui-çi commence alors à tout saccager dans la ville en tenant Decker dans sa main. Les autorités militaires tentent alors de trouver un moyen pour anéantir cette menace.

Près de douze ans après "MIGHTY JOE YOUNG", le producteur Herman J. Cohen, plus connu pour sa série de films fantastiques rock'n roll commençant par "I WAS A TEENAGE...", a ramené le gorille géant à l'avant-plan et au goût du jour au début des années 60, pour la première fois en couleurs. Les amateurs de films de série B à l'humour involontaire au second, voir au troisième degré seront ravis de ce "KONGA" au scénario farfelu, aux dialogues squelettiques et aux effets spéciaux cradingues. Réalisé par un inconnu au bataillon, le film, inspiré d'un comic book, est tellement d'un ridicule affligeant qu'on se plie en quatre ou qu'on ramasse la poussière à force de se rouler par terre durant les 90 minutes de visionnement. Les miniatures n'ont jamais eu autant l'air de miniatures (le gorille tient même une poupée en bois à l'effigie d'un personnage), l'acteur revêtu d'un costume de gorille est d'une évidence criante, et l'on se demande comment l'armée a-t-elle pu tuer le gorille quand sur l'écran les balles manquent carrément leur cible. Ce décalage amusant entre une histoire mêlant "KING KONG" et "FRANKENSTEIN" et un amateurisme technique n'atteignant pas les limites d'un produit acceptable ou ambitieux en font un classique indiscutable du nanar psychotronique, rivalisant même avec les "chefs-d'oeuvres" de Ed Wood Jr. Vous risquez en tout cas la crise cardiaque à force de rire en le regardant. Michael Gough a un jeu si outrancier dans le rôle du savant qu'on le comprend et le félicite de n'avoir pas pris ce sujet au sérieux. Mathieu Lemée

J'étais très jeune lorsque j'ai vu pour la première fois ce KONGA qui est si impressionnant sur l'affiche. Je ne retenais qu'une déception, confirmée, que la version géante de Konga, petit chimpanzé à l'origine, n'est visible que dans les dernières minutes. La fin est aussi peu édifiante, on est fort loin des combats armés contre Godzilla, pour nommer un monstre qui offre de la résistance ! Les aspects adultes du récit: la secrétaire du savant qui s'est occupée pendant un an de sa maison et qui ne rêve que de le marier, qui est même prête à oublier ses meurtres contre promesse de mariage, ou l'obsession du professeur pour sa plus belle étudiante, m'avaient passé par-dessus la tête à 10 ans...  Le pillage éhonté de MURDERS IN THE RUE MORGUE est aussi plus évident. Un petit film d'exploitation sans véritable envergure, qui vaut la peine pour la vision d'un autre singe géant et qui doit laisser la place à la rigolade si on y est enclin, parce qu'au premier degré, y on est loin d'un classique, on s'entend ! Mario Giguère

KRAA ! THE SEA MONSTER - Michael Deak & Aaron Osborne avec John Paul Fedele, Alison Lohman, 1998, États Unis, 69m 

Lord Doom veut s'en prendre à la planète de la semaine, la Terre. Pour se faire, il envoie Kraa, un monstre géant qui devrait tout détruire. C'est sans compter la Space Patrol, 4 jeunes qui, avec l'aide de l'agent Mogyar, une espèce de tortue à l'accent espagnol, vont tout essayer pour empêcher l'annihilation prévue.

Aaron Osboren s'occupe des scènes de monstres. Il n'a réalisé que trois films. Outre Kraa, on lui doit Zarkorr ! The invader et Caged Heat 3000. Il a cependant une longue carrière comme "production designer" sur des films et série comme ULTRAMAN, la série américaine, CARNOSAUR ou I AM SAM. Les séquences de monstres sont, comme tout le film, du niveau des séries télévisée du samedi matin, tel les POWER RANGERS, version américaine. Les ados de l'espace y sont pour beaucoup, comme l'humour bon enfant. Le monstre est filmé un peu trop au ralenti, ce qui n'accentue pas le réalisme, bien au contraire, ni celui des explosions. Rien de bien sérieux, ni de trop fou, mais un monstre intéressant, à tout le moins. Alison Lohman sera bien la seule actrice à continuer d'oeuvrer, notamment dans le film BIG FISH. Mario Giguère

LATITUDE ZERO aka Ido zero daisakusen - Ishirô Honda, 1969, Japon 

Un bathyscaphe descend au fond des mers avec à bord un savant Japonais, Ken Tashiro (Akira Takarada), un Français: Jules Masson (Masumi Okada) et un journaliste photographe américain: Perry Lawton (Richard Jaeckel). Leur câble de survie sectionné suite à une éruption, ils sont sauvés grâce au sous-marin du Capt. Craig McKenzie alias Joseph Cotten (Baron Blood). Il les ramène dans sa cité secrète, en avance de centaines d'années sur nos cités, mais poursuivit par le méchant Dr. Malic, alias Cesar Romero (le Joker de la télé série Batman) qui, à bord du requin noir, veut détruire tout ce qu'il y a de bon sous l'eau. Le Dr Malic est passé maître dans la greffe d'organes, ayant créé des hommes chauve-souris, des rats géants, transplantant le cerveau de sa lieutenant dans le corps d'un lion aux ailes greffées de condor ! Les deux sous-marins se lanceront dans une lutte à finir, multipliant les armes nouvelles, sous les yeux des monstres de Malic.

Film rarement vu à cause de la co-production, LATITUDE ZERO a été réalisé dans la tourmente du film d'espionnage rempli de gadgets, mais escamotant l'espion sexy pour mieux mettre en lumière les effets spéciaux de la Toho, monstres et véhicules fantastiques. On y va d'invraisemblances agréables, les greffes se faisant en très peu de temps. Que l'on pense au bain qui rend la peau à l'abri des balles ou aux diamants qui servent de babioles dans ce monde cosmopolite ou la paix a permis aux génies de s'épanouir et de rendre la vie tellement agréable. Notons la présence de Linda Hayne dans la peau du Dr Barton, aux costumes révélateurs, digne fac-similé de Bond Girl. Curieusement les monstres sont peu convaincants, les rats, des hommes à quatre pattes en habit de fourrure sont risibles, les chauves-souris humaines plus efficaces. Le Lion ailé, dont la présence est toutefois limitée, a aussi l'air d'une peluche. Les véhicules sont superbes, par contre, et renvoient aux romans de Jules Verne. Cesar Romero s'en donne à coeur joie pendant que Joseph Cotten joue le digne leader presque zen, un peu vieux pour jouer les héros, mais c'était une autre époque... Le message final anti-guerre est bien senti. Mario Giguère

LOCH NESS - John Henderson, 1996, Angleterre/États Unis 

Un scientifique sur le déclin, risée de sa profession pour avoir pourchassé le yéti, est envoyé en Écosse pour prouver que le monstre n'existe pas.

Je ne vais pas raconter plus, parce que le film s'enfonce dans une affligeante mièvrerie, pleine de bons sentiments baveux de partout. Les ficelles du scénario sont des câbles gros comme une maison et le spectateur un tant soit peu habitué à regarder des films sait exactement ce qui va se passer une heure avant que ça ait lieu. Message écologique, histoire d'amour banale, deux monstres basiques vu l'espace de deux minutes, et une façon évidente de prendre le spectateur pour un con fait de ce petit film familial une grosse daube dégueulasse. Dommage que Ian Holm y soit impliqué, j'ai de l'estime pour ce monsieur. Kerozene

MIGHTY GORGA - David L. Hewitt, 1969, États Unis, 82m

Sapristi, un propriétaire de cirque, en mal de numéro spécial, au bord de faillite, décide de partir en Afrique pour ramener un gorille géant. Avec l'aide d'une jolie chasseresse, il se retrouvera sur un plateau ou le temps semble arrêté, y a des grosses fleurs, des dinosaures et un gorille géant ! Mais il y a aussi un trésor de colliers de perles caché dans une grotte, ce qui attire le rival de la chasseresse, qui n'a connu d'homme que son père et son rival, autrement dit le bel aventurier de propriétaire de cirque va s'acoquiner en le temps de le dire avec la belle et la bête.

Sapristi, plus poche, tu meurs. On s'attend à des acteurs amateurs, mais l'Afrique ne ressemble qu'au sud des États Unis, le dinosaure ressemble à un jouet à bas prix, mal peinturé par surcroît. Les indigènes sont des blancs même pas bronzés et mauvais, mais mauvais. La pièce de résistante, MIGHTY GORGA, est un des gorilles les plus cheap jamais filmés. Alors on rit, heureusement, devant cette enfilade de clichés probablement tourné pour le marché des ciné-parcs. L'affiche est belle. Pour amateurs de pochetées, uniquement. Mario Giguère

the MIGHTY PEKING MAN aka le Colosse de Hong Kong aka Goliathon aka Hsing Hsing wang, 1977, Hong Kong    

Je n'ai pas résisté au dvd pas trop cher sur ebay. Cet ersatz de King Kong se regarde toujours aussi bien, ça bouge vite, pas de temps morts, des tigres qui se battent plus vrai que dans n'importe quel Tarzan, une fille élevée par un gorille géant qui se maquille chaque matin, de belles miniatures et une fin d'une tristesse incommensurable. Sans oublier la belle chanson ! Depuis la première fois où je l’avais visionné, j'ai découvert le cinéma d'Hong Kong et le rythme effréné, comme la fin ou rien n'est épargné, me surprennent moins. Car à Hong Kong rien n'est sacré et on ne se gêne pas pour faire avancer le scénario quitte à sacrifier femmes et enfants. Un très bon film de yéti géant ! Mario Giguère

The MILPITAS MONSTER aka The MUTANT BEAST - Robert L. Burril, 1975, États Unis, 78m

Quelle mauvaise surprise que d'acheter le dvd du film THE MUTANT BEAST et de se retrouver avec THE MILPITAS MONSTER !

Milpitas, petite ville américaine forte en agriculture et en dépotoir. Une créature de 50 pieds et 20 tonnes sort de la décharge à ciel ouvert, pour aller fouiller dans les poubelles des citoyens honnêtes. Mazette, de grosses empreintes géantes et des poubelles renversées, quoi de plus stimulant pour aller manifester sa désapprobation à la mairie ! Notre zigoto géant va déranger la danse locale des étudiants et s'emparer de Priscilla. Se servant de l'ivrogne du coin comme appât (le monstre étant attiré par son odeur fétide) la police, les pompiers et les étudiants vont s'attaquer au monstre. Parce que l'ODORAMA, machine à détecter les monstres, ne semble pas fonctionner ou les scénaristes l'ont oubliée.

Ben le film ne s'améliore pas avec le temps. Ce qui se veut une comédie n'est jamais bien drôle et la production amateur ne sauve pas les meubles. Pire, cette version dvd a des couleurs bien trop saturées et un son pourri, ce qui n'aide pas à voir le monstre qui, probablement heureusement, n'est jamais très bien éclairé. En plus les hurluberlus lui ont souvent collé le cri de Rodan, la honte ! Y a pas grand chose à sauver. Mario Giguère

MONSTER - Eric Forsberg avec Sarah Lieving, Erin Sullivan, 2008, États Unis

Paraîtrait qu'en 2003, un tremblement de terre a fait 7000 victimes au Japon. On nous montre une vidéo retrouvée ou deux femmes s'en allant faire un reportage sont surprises par l'attaque d'un monstre géant.

Dieu que c'est mauvais. La firme Asylum qui a prit l'habitude de devancer ou copier les blockbusters Américains a regardé à profusion la bande annonce du film CLOVERFIELD et nous en régurgite un ersatz sans talent évident. Qui plus est, on accumule les plans noirs entre séquences et les pixellations monstres, plus effrayantes que les quelques tentacules aperçues. On a le culot d'arriver devant une ruine quelconque et de nous la faire passer pour l'ambassade américaine détruite. D'ailleurs les incessants "Nous sommes américaines" agacent furieusement, aller faire des entrevues au Japon sans interprète, c'est déjà pas fort. La vision furtive, quelques secondes, du monstre au look de pieuvre hystérique, ne saurait pardonner un long métrage ennuyant, paresseux qui a l'air interminable alors qu'il n'est pas si long que cela.

Ne vous fiez pas à une affiche plus spectaculaire que le film ! Mario Giguère

MONSTER aka MONSTROID - Kenneth Hartford avec James Mitchum, John Carradine, Anthony Eisley, 1979, États Unis

On sera prévenu dès le générique, les faits relatés dans ce nanar se sont réellement déroulés en Juin 1971 en Colombie ou le petit village tranquille de Chimayo vit sous la terreur. Sous les eaux profondes d'un lac voisin, une chose indescriptible les menace, une bête sanguinaire qui frappe les habitants un à un, sans avertissement. D'où vient cet horrible monstre que personne ne semble n'avoir jamais vu... de son vivant ?

A - Est-il une punition divine contre ceux qui ont péché ici bas ? 

B - Est-ce le résultat d'une maléfique vengeance ancestrale ou d'un sort jeté par l'étrange sorcière du village ? 

C - Où n'est-ce pas plutôt et plus simplement le produit d'une pollution toxique engendrée par une usine de ciment appartenant à une multinationale américaine sans foi ni loi ?

Une chose est pourtant certaine : les attaques de la créature deviennent de plus en plus fréquente et alarmante et tous s'accordent à dire qu'elles doivent cesser dans les plus brefs délai avant qu'elle ne tue encore... et encore...  pour notre plus grand plaisir !! La Colombie à enfin son monstre du Loch Ness...!

Tous les poncifs du film du genre sont ici réunis. Des paysans colombiens apeurés et désarmés devant l'inconnu et qui se réfugient dans la prière, des américains pleins de pognons, méchants et calculateurs, une journaliste troublionne à la recherche de la vérité vraie, des scènes gratuites de type folklorique, pleins d'attaques nocturnes et un monstre en plastique à l'allure hilarante (voir le bestiaire de Mario!!) dans la superbe scène finale. Une chose est sûr, c'est que l'on ne s'ennuie guère et que le côté kitsch de l'ensemble fonctionne à merveille près de 30 ans plus tard...

PS : Tous ceux qui ont répondu "C" aux questionnaires ci dessus ont gagné ! Marc Evil

MONSTER FROM A PREHISTORIC PLANET aka DAIKYOJU GAPPA aka The giant Beast Gappa - Haruyasu Noguchi, 1967, Japon/États Unis, 89m

Pour célébrer ses 50 ans de publication, le patron du Playmate Magazine présente à la presse son projet grandiose. La création près de Tokyo, d'une île tropicale d'un nouveau genre, qui combinerait à la fois parc de loisirs et réserves animalières. C'est dans le but de pourvoir ce parc qu'une expédition maritime est envoyée dans le Pacifique sud. Sur une petite île volcanique, peuplée d'indigènes, ils trouvent un bébé reptile d'une espèce inconnue, qu'une secousse sismique a effrayé. Malgré les protestations des autochtones, qui avertissent les étrangers qu'emporter avec eux cet animal, provoquera la colère de leur Dieu Gappa, ces scientifiques repartent vers Tokyo. Peu après, Papa et Maman Gappa partent furax à sa recherche et comme ça ne plaisante pas chez les Gappa, ils cassent tout sur leur passage, direction Tokyo.

Éminemment sympathique cette famille Gappa (issue d'un curieux croisement lézard / oiseau... il répond présent au bestiaire du club.. allez le voir !) ravira les plus sceptiques. Même si, les monstres font vraiment cheap et que les effets visuels font souvent sourire, ce n'est jamais moqueur, et toujours emprunt d'une certaine beauté.

A ce titre, la scène du lac souterrain où l'œuf de Gappa éclos, est superbe. Pendant près d'une heure, les magnifiques maquettes en cartons qui explosent non-stop, les acteurs qui semblent parfois danser dans leur costume, contribuent fortement à renforcer l'esthétisme de l'ensemble. Quand à la scène finale des retrouvailles de cette famille hors du commun sur le tarmac de l'aéroport de Tokyo, accompagné de la musique de circonstance sous l'oeil larmoyant des scientifiques et militaires Japonais....elle est tout simplement monstrueuse-ment kitsch, voire fabuleuse.

Le principal problème me direz-vous ? Il souffre sans aucun doute de la concurrence d'un autre grand monstre, GODZILLA, quand même beaucoup plus charismatique que Gappa.

Mais ce n'est pas grave, ce film reste quand même un must pour les fans de ces grands monstres nippons. Ce n'est sûrement pas Mario qui me contredira ! Une très bonne surprise. Marc Evil

MONSTER ISLAND aka L'ÎLE AUX MONSTRES - Jack Perez avec Carmen Electra, Daniel Letterle, Mary Elizabeth Winstead, Adam West, 2004, États Unis/Canada, TV

Yo, Josh a gagné un party sur une île avec sa classe à un concours de la station MTV. Avec un spectacle de Carmen Electra en prime, Josh il est pas jojo car il vient de rompre avec sa copine et... c'est pas important, y aura des monstres, en fait des insectes géants sur l'île ! Et le docteur Harryhausen (Adam West) qui cabotine au max et plein de petites maquettes de bateau et d'hélicoptère et de faux volcan. Faut dire qu'on est parait-il dans le triangle des Bermudes mais que l'on tourne dans la forêt près de Vancouver...

Heureusement qu'il y a les monstres et que le film ne se prend vraiment pas au sérieux, parce que l'on a droit à une enfilade de clichés ininterrompue. Carmen Electra a une présence trop courte, mais les mantes religieuses sont très bien et les actrices mignonnes dans l'ensemble. Apparition surprise de Nick Carter, on s'en fout bien. Léger et sucré, pour l'amateur d'animation image par image et de Carmen. Adam West est presque drôle. Mario Giguère

OCTOPUS - John Eyres, 2000, États Unis 

En pleine Guerre Froide, un sous-marin russe en direction de Cuba se fait torpiller et perd sa cargaison de produits radioactifs dans les grands fonds. Plusieurs années plus tard, en Europe de l'Est, un terroriste fait péter une ambassade américaine puis se fait pincer par un jeune agent de la CIA. Sa mission, par la suite, est de le ramener aux États-Unis dans un sous-marin, histoire que personne ne puisse les localiser. Le sous-marin est commandé par un capitaine casse-cou. Dans le sous-marin se trouve aussi une belle biologiste russe. Mais les potes du terroriste sont au courant et s'apprêtent à détourner un bateau de croisière pour récupérer leur copain.

Bref, toujours est-il que le sous-marin arrive dans une zone appelée "L'Oeil du Diable", une zone dans laquelle beaucoup de navires ont disparus. Notamment un légendaire sous-marin russe à destination de Cuba...  Normal, depuis que ce sous-marin a largué ses merdes, une espèce a subit d'impressionnantes mutations ! Mais de quelle espèce s'agit-il ? Je vous le donne en mille, le suspense est trop insoutenable : une pieuvre ! Et oui, une gigantesque pieuvre carnivore attaque le sous-marin avec ses vilains tentacules en images de synthèse toutes pourries.

La suite de l'histoire, tout le monde la connaît, classique, aucune surprise. C'est un peu la formule du studio Nu Image, on n'invente rien, on n'innove pas, on copie et si possible, on le fait mal (exception pour SPIDERS de Gary Jones quand même). Je disais donc: scénar nul. Mais il y a aussi les acteurs, les effets spéciaux, les décors, les maquettes (ah ! les maquettes lors des plans sous-marins !), les dialogues (des fois complètement hors sujet)... rien pour relever le niveau. Et surtout pas le final ô combien surprenant duquel survit miraculeusement le héros casse-cou. Kerozene

OCTOPUS 2: RIVER OF FEAR - Yossi Wein, 2002, États Unis 

Une semaine après la vision d'OCTOPUS premier du nom, je remarque qu'une chaîne passe sa suite sous le titre de TENTACULES. C'est vendredi soir, pourquoi ne pas s'en jeter un p'tit avant de sortir faire la fête ? Allé hop, ça peut pas faire de mal.

Alors on reprend là où le premier s'arrêtait... Ah non c'est pas ça. Non, pas du tout. Nous sommes ici dans les alentours de la baie de New York à quelques jours du 4 juillet. Un couple de touristes saouls se ballade maladroitement près de la rive, quand soudain, de gros tentacules surgissent de l'eau et les attaquent. Le lendemain, deux flics de la police portuaire découvrent les corps. Après une rapide petite enquête, ils interrogent un clodo qui a été témoin de la scène. Celui-ci leur explique ce qu'il a vu, forcément, ils ne le croient pas. Mais, pour une raison que j'ignore (sans doute des voix ou même son petit doigt le lui a dit) l'un d'eux maintient soudainement la thèse des tentacules et de leur propriétaire le calamar géant hantant dans la baie de la Grande Pomme. N'importe quoi, pensent bien sûr son chef et ses collègues. N'empêche qu'un bateau explose et d'autres disparitions sont signalées et que la fête nationale arrive à grand pas, alors faudrait songer à prendre la chose au sérieux, merde alors !

Bref, on connaît un peu l'histoire, classique quoi, sauf qu'à la fin on passe pratiquement du film de monstre au film catastrophe, avec un suspense insoutenable ! Bon, qu'est ce qu'il y a de plus par rapport au premier...  Pas grand chose en fait, si ce n'est que les tentacules ne sont pas en images de synthèse. Bon point. Que la pieuvre a un gros oeil jaune qui brille. Bon point aussi. Que le film contient même une scène d'anthologie montrant la pieuvre prendre d'assaut la statue de la liberté ! Très bon point (mais alors qu'est ce qu'on rigole, car côté effets spéciaux, on frise l'amateurisme !) Qu'ils ont osé introduire une histoire de juge dealer de drogue et que les politiciens sont montrés comme des personnes totalement incompétentes ! Bon point encore. Dis donc, quatre bons points qui rendent la suite meilleure que l'originale. Est-ce que ça suffit pour en faire un bon film ? Mouahahaha. Kerozene

ONE MILLION AC/DC - Ed DePriest, 1969, États Unis 

De la plume de scénariste d'Ed Wood arrive une histoire fort simple, un autre prétexte à montrer de la copulation en fourrure et des montres à cinq sous. Une tribu du temps des cavernes, qui parle un très bon anglais et dont les femmes ont un minimum de maquillage, se retrouvent coincés dans leur foyer lorsqu'un tyrannausaurus rex s'installe à l'entrée de leurs cavernes. Pas de problème, c'est le jour de l'orgie ! Avec moult raisins et vin, tout un chacun se frotte l'épiderme sous une musique impossible à écouter.

Une autre excuse pour de faux ébats, avec en prime un monstre de caoutchouc qui mesure un bon 7 pouces et que l'on retrouve dans tous les magasins à un dollar de quartier ! Les acteurs cabotinent et s'adressent au public, chantonnent, inventent l'arc et la flèche. Je ne ferai pas plus l'éloge de ce non-film, mais sans l'existence de SOMETHING WEIRD , ces pellicules auraient disparues depuis longtemps. En programme double avec le fauché, mais beaucoup plus sympathique, MIGHTY GORGA. Mario Giguère

OROCHI  le dragon a huit têtes aka Yamato Takeru -Takao Okawara, 1994, Japon

Tout est trop propre dans cette espèce de Sinbad Japonais, en plus d'un monstre aquatique dont je n'avais aucun  souvenir, pour cause, un design des plus quelconque. Heureusement, le monstre à huit têtes vient sauver le film. Proche parent de King Ghidora, juste plus de têtes et pas d'ailes, le monstre est convaincant et impressionant,  mais comme bien des dragons, il s'énervera et perdra la tête, pardon, les têtes. Mario Giguère

PULGASARI - Shin Sang-ok, 1985, Corée du Nord

Grâce à mon ami André, j'ai pu voir le film Pulgasari, un monstre coréen qui protège le peuple opprimé en mangeant du métal ( les armes de ses adversaires ) et en grandissant jusqu'à 150 pieds. Pas mal du tout, de très belles séquences de combat, une allure de croisement entre Godzilla et un taureau. Mais je comprends facilement qu'on ne l'aie pas vu à la salle paroissiale quand j'étais petit, torture, pendaison, sacrifices, les coréens sont moins reposant que les japonais, et puis la musique d'Ifikube aurait fait tout une différence. Un monstre à voir, oui. Mario Giguère

  A l'époque féodale, dans une contrée remplie de gentils paysans pacifistes, régnait un seigneur vil et cruel qui ne vivait que pour la guerre. Manquant de fer pour subvenir aux besoins en arme de son armée, ses sbires obligèrent un vieux forgeron à fondre tous les outils de la région pour en faire des épées, des boucliers ou autres instruments de mort. Mais le valeureux s'opposa à la demande seigneuriale car accepter ce travail revenait à ôter des mains des paysans leurs outils de travail. Et sans ces outils, pas de travail. Et sans travail, pas moyen pour eux de subvenir à leur besoin. Les soldats se fâchèrent alors très fort et tapèrent le grand-père sans défense, ce qui provoqua la colère des paysans qui se soulevèrent contre les soldats. Traité comme un traître, le vieux est jeté en prison, tout comme les paysans résistants, à la différence que pépé se vu privé de nourriture. Pour protester contre ce traitement à peine digne des geôles de Guantanamo, tout le monde entama une grève de la faim. C'est alors qu'on accorda au vieux désormais mourant, une portion de riz. Mais plutôt que de le manger, il prit sa nourriture et la modela en une petite figurine avant de mourir misérablement. Cette figurine, c'est Pulgasari, une créature à corne se tenant sur ses deux patounes arrière. Et rapidement, Pulgasari prit vie dans le but de protéger les paysans de l'oppression du méchant. Mais Pulgasari avait faim, et Pulgasari ne mangeait que du métal ! Et plus il bouffait, plus il grandissait...

PULGASARI est donc un kaiju eiga en provenance de Corée du Nord, un film de monstre traditionnel que l'on pourrait situer quelque part entre GODZILLA pour la créature et la série des DAIMAJIN pour le cadre de l'action. Mais c'est la genèse de PULGASARI qui le rend si particulier. C'est sur les ordres de Kim-Jong il, alors fils du dictateur en place, que le réalisateur-producteur sud-coréen Shin Sang-ok fut kidnappé à Hong Kong en 1978 alors qu'il enquêtait sur la disparition de sa femme avec qui il venait de divorcer - et qui avait elle aussi été kidnappée par les services secrets nord-coréens. Grand amateur de cinéma, Kim-Jong il était désireux de lancer la production nationale, du coup il choisit l'un des plus populaires et prolifiques cinéastes chez le voisin. Après tout, pourquoi se priver ? Shin Sang-ok réalisa sept films pour la Corée du Nord avant de s'échapper en 1986 avant de demander l'asile aux États-Unis où il réalisa quelques films dont la série d'action pour moufflets LES 3 NINJAS. De ces sept films, c'est bien évidemment PULGASARI le plus populaire.

Ce sont des spécialistes de la Toho, firme-mère de GODZILLA, qui signèrent les effets spéciaux du film. On retrouve donc le traditionnel homme en costume piétinant des maquettes en hurlant à tue-tête, écrabouillant des méchants et avalant des kilos de métal ; il va même jusqu'à gober des boulets de canon pour les recracher en direction de ses attaquants, mais le soucis est qu'une fois débarrassé du tyran, PULGASARI a toujours la dalle, et qu'il a bouffé tout le métal du pays. Du coup, nos paysans sont bien avancés. Seul un sacrifice permettra de venir à bout du monstre et c'est là que l'on se prend toute la subtilité du propos en pleine face : oui, le sacrifice de soi est nécessaire pour la sauvegarde de la nation ! PULGASARI a évidemment été vu par certain comme une métaphore du " péril capitaliste " et il est évident que le fond du film tend vers quelque chose s'y approchant mais c'est bel et bien l'aspect " dévouement envers son pays " plus que le " sus aux occidentaux " qui m'a le plus gêné. Mis à part ça, PULGASARI n'est pas non plus l