A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


The PACK aka The Long Dark Night - Robert Clouse avec Joe Don Baker, Richard B. Shull, Hope Alexander-Willis, Richard O'Brien, R.G. Armstrong, 1977, États Unis, 99m

Une île éloignée de la côte est visitée par des touristes de passage grâce à un traversier qui y effectue un voyage par semaine. Des chiens abandonnés par les touristes sur l'île se réunissent tout à coup en meute et commencent à attaquer les autres animaux. Lorsqu'un homme est finalement victimes des chiens, la découverte de son cadavre inquiète un biologiste, Jerry, en stage d'observation sur l'île. Convaincu que les chiens sont responsables et dangereux, Jerry cherche à regrouper toutes les personnes se trouvant sur l'île à organiser un système de défense contre les attaques de la meute. Cela n'empêche cependant pas les chiens de faire de nouvelles victimes et Jerry se doit alors de trouver un moyen de les supprimer pour sauver sa vie et celles des survivants restants.

Le point de départ de l'intrigue rappelle "THE BIRDS" d'Alfred Hitchcock avec cette idée d'une menace animale inexplicable et soudaine. Ce film se révèle cependant une heureuse surprise en évitant l'imitation gratuite. Le prologue démarre bien avec beaucoup d'à-propos et les développements qui suivent sont d'une progression plus logique que de coutume. On y retrouve tout de même l'outrance fictive nécessaire à la dramatisation pour rendre les passages plus impressionnants et une bonne dose d'humour pour saupoudrer le tout. Mais la plus grande qualité du film se retrouve dans la mise en scène experte de Robert Clouse. Avec une économie de moyens étonnante dans les effets, il a su habilement évoquer la menace de ces chiens revenus à l'état sauvage contre des humains. Ainsi, alors que les chiens ne semblent pas menaçants à première vue, on change de perspective dès qu'on les voit en action. Voilà donc un film d'horreur qui ne manquera de plaire à beaucoup de gens même si le gore est absent de l'écran et que l'on ne voit pas beaucoup de cadavres. En quelque sorte, le film joue sur l'effet de suggestion pour créer un climat d'horreur élevé comme pour "TEXAS CHAINSAW MASSACRE" de Tobe Hooper, plutôt que graphique. Sans être approfondis, les personnages sont tout de même campés avec beaucoup de présence par de bons acteurs. Mathieu Lemée

PANDEMONIUM aka Thursday the 12th - Alfred Sole, États Unis, 1982, 1h21

Une malédiction inexplicable frappe à répétition les majorettes d'une petite ville d'Indiana; d'innombrables meurtres ont été commis à travers les années et il est hasardeux par les temps qui courent (1982) d'exercer le triste métier de "cheerleader". Quelques irréductibles à la tête dure vont tout de même s'inscrire à des cours d'été pour devenir majorettes, et regardez-moi ça, il y a trois garçons et trois filles. Tout pour faire un match parfait, quoi. Mais depuis quand les garçons étudient-ils pour devenir majorettes ? Demandez-le à Alfred Sole. Comme tout le monde - même votre petite soeur - s'y attend, les meurtres commencent dès le premier soir.

Vous est-il déjà arrivé de grincer des dents dès les premières minutes d'un film ? D'espérer que la torture se termine au plus vite afin que vous puissiez passer à autre chose ? Si oui, vous comprendrez ma douleur devant le pénible visionnement que fut PANDEMONIUM. Bien que ne durant que 80 minutes, on s'y emmerde dès le départ et la rémission attendue ne vient pas. L'humour du film est tellement poche qu'on n'a même pas envie de sourire. Les péripéties en cours nous ennuient, les comédiens sont particulièrement mauvais et on se fout de leur sort. Voilà une parodie de "slasher" - car oui, c'est supposé en être une - qui n'est même pas parvenue à être plus captivante que ne serais-ce qu'un seul des films qu'elle singe. Si jamais vous apercevez cette abomination quelque part, passez votre tour, car croyez-moi personne n'est suffisamment désoeuvré pour visionner cette horreur et vivre avec ça sur la conscience. Observez plutôt votre mur, ça sera sans doute plus passionnant. Orloff

De l'ostie d'charogne!! Une comédie d'horreur qui se pense incroyablement "clever", mais qui tombe à plat et de beaucoup. C'est difficile de passer à travers.

Bon point: Paul Reubens amène un peu d'humour.

Autre bon point: J'ai maintenant un tape vierge. Hehe. Bad Feeble

PANIC IN YEAR ZERO! aka Panique en l'An Zéro - Ray Milland avec Ray Milland, Jean Hagen, Frankie Avalon, Marty Mitchel, 1962, États Unis, 92m, Noir et blanc

En route avec leur caravane pour une escapade en pleine nature, Harry Baldwin, sa femme Ann et leurs deux enfants, sont aveuglés par une lumière blanche suivie du bruit d'une forte explosion. L'absence soudaine de radio, l'apparition d'un étrange nuage surplombant la ville et l'affluence soudaine de centaines de véhicules sur les routes ne font que leur confirmer l'incroyable : Los Angeles vient d'être rasé, cible d'une attaque nucléaire. Pensant d'abord à rentrer chez eux, ils en sont vite dissuadés par les premiers bulletins radio diffusé d'urgence : ces attaques on été meurtrières et massives sur toutes les grandes villes du pays. Pour Harry, la seule priorité va alors d'être de mettre les siens rapidement à l'abri, à l'écart des groupes de pilleurs et voyous qui apparaissent et se répandent déjà partout. Avant que le chaos n'éclate et que toutes traces de civilisation ne disparaissent dans l'anarchie la plus complète, il parvient, après avoir fait le plein de vivres et de munitions, à trouver refuge dans une grotte, qu'il espère tenir à l'écart de toute intrusion extérieure. Malgré toutes ses précautions, les évènements vont en décider autrement...

PANIC IN YEAR ZERO! fut produit par American International Pictures qui finança la majorité des films de Corman. Normal par conséquent que l'on puisse penser à des films tels que DAY THE WORLD ENDED lors de son visionnement. Ray Milland qui se met magistralement en scène, se complet à décrire ici, la manière dont un père de famille responsable et bien sous tout rapport se retrouve subitement livré à lui-même, allant jusqu'à transgresser toutes les règles établies pour assurer la survie des siens, dans un monde au bord du chaos. Le plus intéressant est sans doute la complaisance presque malsaine avec laquelle Milland justifie les actes de Harry, qui mettant les protestations de sa femme et sa moralité au placard, n'hésite pas à piller des magasins, tirer sur des assaillants ou encore venger froidement sa fille victime de violences sexuelles ! Pire, son fils, Rick, y trouve même un certain plaisir. L'espoir d'un renouveau viendra une fois de plus des forces militaires, et empêchera la famille Badwin de sombrer et de se noyer dans les noirceurs de l'âme humaine...

Pas de Panic, cette année Zéro est fortement conseillée... Marc Evil

PARASITE - Andy Froemke,1995, États Unis

J'aime bien à l'occasion mettre un film inconnu dans l'appareil. Dès les premières images, dès le générique, on a de bons indices sur le film: pas de noms connus, de la musique au synthé à rabais, des éclairages et du son juste corrects, ça annonce mal.

Un professeur qui s'intéresse aux parasites s'acoquine avec un collègue qui s'intéresse au paranormal. Il a rencontré une femme qui contrôle à distance les individus. Notre protagoniste, sceptique, va commencer des expériences qui vont mal tourner...

Il y aura du potentiel dans le scénario, on nous suggère presque un parasite monstrueux sous cette dame, jouée par Julia Matias avec un certain flair. Ce seront de fausses pistes et on imagine ce que Cronenberg ou De Palma aurait pu tirer du matériel de base. Malheureusement le tout demeure quelconque, sans grande conviction. Autre indice du petit budget: le film produit par le nom du film: PARASITE PRODUCTIONS, à tout coup, sauf exceptions, on risque de s'ennuyer. Dommage. Mario Giguère

PARTY MONSTER - Fenton Bailey & Randy Barbato, États Unis/Hollande, 2003, 1h38 

Largement médiatisé, PARTY MONSTER s'attaque à la "fictionalisation" du livre DISCO BLOODBATH, de James St. James... Nos deux amis, Barbato & Bailey, l'ayant déjà "documentarisé" en '98, ils remettent le couvercle en signant une "adaptation", et on se demandera longtemps comment ils ont pu obtenir un quelconque financement.

Michael Alig & James St. James, deux "clubbers flamboyants", vivotent entre deux fêtes et deux comprimés d'ecstasy dans le New York des années '90. La consommation d'Alig ira en s'amplifiant, jusqu'à faire de lui un tueur. Qui n'éprouve aujourd'hui, apparemment, toujours aucun remords.

C'est ça. C'est tout. Sur un prétexte aussi mince, comment faire tenir toute une structure narrative ?! On a droit à Macaulay Culkin qui y va de ses moues et qui est ridiculement cabotin, le pire étant que c'est non intentionnel. La façon dont il bouge n'est qu'une vulgaire caricature "cheap" de la réalité - les extras du DVD nous confortant dans cette impression, alors que Seth Green et lui racontent avoir visionné des heures entières d'Alig et St. James afin de pouvoir les "imiter"...

Il est assez pénible de devoir suivre les errances répétitives de ces deux-là pendant tout ce temps, car ils ne font rien de tellement constructif : parties à la limite du ridicule et de la crédibilité, drogues, repas, bitcheries de bas étage... Les dialogues sont d'une pauvreté affligeante. Réparties "cinglantes" de niveau pré-scolaire. Où sont les "script doctors" quand on en a besoin !?

Le reste de la distribution va dans la même direction : Marylin Manson quasi-absent, ses apparitions étant assez drôles malgré leur brièveté; Mia Kirschner devant se débattre avec un rôle plus qu'insignifiant; Dylan McDermott sans consistance; même Chloë Sevigny parvient à être insipide, c'est tout dire !! Elle reste là, à sourire et à regarder béatement ce petit idiot de Culkin comme si c'était son gourou sans cervelle...

La musique est souvent anachronique, par exemple lorsque Keoki fait jouer du Vitalic dans un club... Et le film donne véritablement l'impression d'être un projet adolescent; dirigé par une main molle et inexpérimentée, et joué dans l'insouciance la plus totale, et tant pis si c'est mauvais.

Une bien belle perte de temps. Les deux réalisateurs ont pourtant beaucoup de terrain documentaire de couvert derrière eux, un titre sorti cette année (HIDDEN FUHRER : DEBATING THE ENIGMA OF HITLER'S SEXUALITY) et une chose bien prometteuse qui s'en vient prochainement, appelée INSIDE DEEP THROAT. Espérons que le fiasco de PARTY MONSTER est mort et enterré. Orloff

La PASSION DU CHRIST (psychotronique) aka The Passion of Christ - Mel Gibson - 2004, États Unis

**Notons tout d'abord que ce commentaire contient des éléments qui pourraient vous gâcher les punchs de cet affrontement grand-guignolesque entre le bien et le mal - ne pas lire si vous ne souhaitez pas connaître les résultats de cette querelle de barbus**

Un peu d'Histoire, avec un H majuscule. Jésus de Nazareth, un barbu, est trahi pour 30 cennes par un autre barbu de sa gang de barbus. Un peloton de méchants juifs barbus viennent l'arrêter et l'enchaîner - docile, il les laisse à leur besogne, recollant même l'oreille de l'un d'entre eux afin de démontrer sa grande générosité envers ses persécuteurs. Un peu tabassé, Jésus est barrouetté d'une instance à l'autre en quête d'une exécution, mais y a que les méchants juifs barbus qui veulent sa mort à ce pauvre diable et ils ont pas l'autorité nécessaire pour le condamner (c'est d'ailleurs là un détail un peu déroutant puisque dans un magnifique flashback, les juifs barbus passent à deux doigts de lapider Marie-Madeleine, sauvées in extremis par Jésus, artiste sensible, faisant des dessins dans le sable). M'enfin, à force d'insister, les méchants juifs réussissent à faire châtier Jésus et les Romains s'en donnent à coeur joie dans une magnifique scénette BDSM pince-sans-rire où le pauvre Jésus, rib steak galliléen, en mange, disons-le, une tabarnack. Mais ce n'est pas là suffisant pour les méchants juifs, ils insistent encore! Alors bon, comme Ponce Pilate a les mains sales, il se contrefout de l'importance Historique de l'instant et prend un break pour se laver. M'enfin, je suppose que vous connaissez la suite. Reste la finale, bâclée : Jésus, dans son tombeau, se relève, décidé à en finir avec ces putains de juifs (non, non, je divague, mais reste que la musique nous invite à croire qu'il est pas content et que Gibson prépare Jésus 2 : His Time to Cross).

Pris pour ce qu'il est, un méfait psychotronique, ce film est un chef-d'oeuvre. Projeté (dans quelques années) en programme double avec The Rocky Horror Picture Show ou Vampyros Lesbos, il a toutes les qualités pour plaire à l'amateur de fromage cinématographique. Chaudement recommandé - Jésus a besoin de vos encouragements chaque fois (112) qu'il se relève péniblement pour ramasser sa croix. Memorial BBQ

Décidément une curiosité, mais qui laisse perplexe. 

Mel Gibson raconte la passion du Christ comme une sorte de film gothique violent et grandiloquent. 

Quelques ingrédients sélectionnés par l'homme sans visage lui-même : 

- Une bande son pompeuse et démesurée qui ne cesse de ponctuer l'action sans demi-mesures 

- Des apparitions du diable, qui vient de temps en temps voir comment le Christ se porte. Il est montré comme une sorte d'androgyne, d'ailleurs interprété par une femme.

- D'autres phénomènes surnaturels, dont certains générés par ordinateur 

- Du sang, du sang et encore du sang (ça, on l'avait déjà dit, mais Gibson ne donne pas dans la dentelle) 

Gibson se permet quelques prudents flashbacks, à chaque fois provoqués par un objet signifiant (à la Proust... : ô la sandale... La sandale me rappelle que quand j'étais petit, etc.). En bref, ici, rien n'est suggéré et tout est montré. On a l'adaptation hollywoodienne de 2004 qu'on pouvait prévoir. Howard Vernon

PHANTASM - Don Coscarelli, 1979, États Unis

Le cimetière local sert-il à recruter des corps qui deviendront les esclaves d’une autre planète ? Je me suis procuré le dvd pour trois raisons, le prix modique, il est bourré d’extra, et plein de monde en dit toujours du bien. Car je l'avais vu à sa sortie et j'en avais un souvenir mitigé. Je me suis rappelé pourquoi en revoyant la scène de l'insecte ( un doigt coupé se transforme en gros truc de caoutchouc avec deux yeux qui brillent ) cette scène est ridicule, le reste du film est meilleur, pas trop logique, mais meilleur et avec une bonne musique qui ajoute à l'ambiance. Parmi les scènes coupées, une beuverie à la bière mexicaine, pas trop raffiné. Des films super 8 de tournage sympathiques, des props, le 12 pouces disco du thème, photos, entrevues, le déluge. Mario Giguère

PHANTOM FROM SPACE - W. Lee Wilder, 1953, États Unis

Un objet volant non identifié se promène de l'Alaska aux États-Unis pour finalement s'y écraser. Les communications sont perturbées dans la région pendant que des badauds sont attaqués par quelqu'un qui se promène dans un habit genre scaphandre mais dans son masque il n'y a pas de tête. En une nuit, ce fantôme de l'espace qui dégage des radiations sera poursuivi, tentera de communiquer avec l'assistante du professeur, enlèvera sa combine pour se promener tout nu mais invisible. Rien n'y fait, il ne peut respirer notre air...

Le rythme est lent, mais on s'y attends dans un film de 1953. On a un peu d'action, mais c'est un extraterrestre mal pris, qui n'est donc pas une vraie menace, qui se promène dans ce film aux effets ringards. Quand tout est fini, je me dis que cette histoire, raccourcie, aurait fait un bon épisode de THE OUTER LIMITS. Comme tel, ca reste un film intéressant pour amateurs de vieux films de science fiction, sinon passez tout droit. Mario Giguère

The PHANTOM PLANET aka LA PLANÈTE FANTÔME - William Marshall avec Dean Fredericks, Coleen Gray, 1961, États Unis, Noir et blanc, 82m 

Mars 2048, le vaisseau Pégase III aborde son dernier jour d'exploration spatiale. C'est alors que la base lunaire 1 reçoit un appel de détresse du vaisseau puis plus rien sur leurs radars. Le capitaine Chapman, pilote de Pégase IV est alors envoyé en mission de reconnaissance en compagnie du Lt. Ray Makonnen. Arrivé aux dernières coordonnées enregistrées par le radar, Pégase IV dévie mystérieusement de sa trajectoire avant d'être endommagé par une pluie de météorites. Nos deux astronautes, clé à molette en main (!), sortent pour une réparation de fortune qui coûte la vie à Makonnenn, aspiré par le vide intersidéral. Chapman, seul survivant assiste impuissant à l'entrée de sa fusée dans un champ gravitationnelle d'un énorme astroïde. Indemne, il est recueilli par les étranges petits habitants de Reton, la planète fantôme. Ayant inhalé son atmosphère par mégarde, Chapman se voit bientôt lui aussi réduit à la taille des locaux, c'est-à-dire à la taille d'un lilliputien ! Alors qu'il est condamné par les Retons à rester sur leur bout de caillou volant, la planète fantôme est subitement attaquée par une horde de Solarites qui veulent s'emparer de leur très convoité contrôleur universel de gravité...

Si il y a une chose que l'on ne peut enlever à cette sympathique pelloche S.F, c'est qu'elle joue la carte du divertissement du début à la fin, avec une certaine réussite. Si les moyens techniques ne sont toujours pas à la hauteur des bonnes idées scénaristiques que ce film tente de faire passer - et pour cause le film à déjà 45 ans - ce PHANTOM PLANET atteint sans mal son objectif principal. Ainsi les scènes de sortie dans l'espace sont étonnantes pour l'époque, même si la clé anglaise utilisée pour réparer le vaisseau fait un peu désordre en 2048 ! Mais que dire sur la philosophie de ces petits êtres errant sur leur petit bout de terre dans l'espace et qui en auraient tant à apprendre aux genres humains ! Bref, un bon moment à passer dans l'espace, ou à l'évidence, nous ne sommes pas seul...

Une mention pour le Solarite (interprété par Richard Kiel, mais si !) avec une tronche tellement incroyable qu'il a même sa place au bestiaire du club ! Marc Evil

PHANTOM OF THE PARADISE - Brian de Palma, 1974, États Unis 

Un des premiers films de Brian de Palma, tourné en 1974, cette "comédie musicale" glam hippie est un "mix" de Faust, du Fantôme de l'Opéra et de tous les éléments négatifs des films musicaux des années 70. Il raconte l'histoire d'un compositeur à qui un magnat ininspiré de la musique déroba son oeuvre. Assez drôle par bout, il n'est tout de même pas assez passionnant pour que je vous le conseille, malgré quelques excellentes trouvailles et une trame potable. Orloff

Il me fallait réparer une injustice et rétablir la situation catastrophique dans laquelle cet infâme Orloff a fourvoyé le Club. Car Orloff n'a jamais eu aussi tort ! PHANTOM OF THE PARADISE est sans aucun doute un des films les plus aboutis, les plus originaux et les plus ingénieux jamais réalisé à ce jour ! Car rares sont les films qui savent combiner de façon aussi adroite et ingénieuse la comédie musicale à l'épouvante, l'humour à la romance, la maestria visuelle à un montage exemplaire. Impossible de ne pas fondre d'admiration devant les personnages superbement écrits et interprétés et il est inévitable de succomber aux compositions musicales d'une efficacité redoutable - même pour quelqu'un comme moi qui n'est pas franchement fan de ce genre de musique.

PHANTOM OF THE PARADISE fait partie de ces rares films qui me font systématiquement frissonner de bonheur tant ils sont beaux et parfaits. Avec PHANTOM OF THE PARADISE, Brian De Palma est entré au panthéon du cinéma et a prouvé qu'il n'était pas un "élève" d'Hitchcock, mais bel et bien un véritable génie. Kerozene

PHANTOMS - Joe Chappelle, 1998, États Unis   

Lisa (Rose McGowan, PLANET TERROR) et Jennifer (Joanna Going, HOME ALONE 4, yeah!) sont deux frangines papoteuses qui débarquent dans le petit bled de Snowfield, 500 habitants. Seulement voila, les 500 gugus en question se sont volatilisés! Après quelques minutes nos deux poufs font la découverte de quelques cadavres gluants avant de tomber sur le vénérable shérif Ben Affleck et sa face de merlan accompagné de son fidèle agent Stu (Liev Schreiber, vu dans les trois SCREAM, un abonné des films aux affiches pourraves), flic ricaneur dégénéré à tendance nécrophile. L'ambiance se veut glauque et flippante: des têtes humaines sont retrouvées dans un four, des pièces vides sont fermées de l'intérieur, un papillon de nuit géant défigure ce brave Stu qui l'avait bien mérité et c'est alors qu'on apprend que tout ce vilain bazar n'est pas l'oeuvre d'une bande de spectres libidineux comme le titre le laisse suggérer, mais celle de l'Ennemi Séculaire! Haha, ça vous la coupe, hein?

Mais qu'est-ce que l'Ennemi Séculaire, me demanderez-vous avec raison? Et bien c'est une sorte de nappe de pétrole blobesquo-protéiforme en provenance du centre de la Terre, qui pompe toutes les formes de vie de la surface de la planète lorsque bon lui semble, c'est à dire après chaque digestion (comptez quelques dizaines d'années, voire des siècles... il semblerait que la disparition des mayas, c'est lui!). Et comment faire face à pareille chose? C'est ce bon vieux Peter O'Toole dans la peau d'un toubib foldingue qui trouvera la solution!

Joe Chappelle, le yes-man du studio Dimension "responsable" de HALLOWEEN 6, signe cette adaptation d'un bouquin de Dean Koontz au contenu de base intéressant et pour le moins intriguant. Mais le résultat à l'écran s'avère tout bonnement épouvantable! Mise en scène en roue libre, montage déglingué bourré de faux raccords, acteurs pathétiques (sauf Schreiber qui s'avère plutôt marrant) et surtout des effets spéciaux de synthèse atrocement hideux. Tout cela est très dommage car il y a malgré tout un je ne sais quoi d'attachant dans tout ce bordel, un petit quelque chose qui laisse penser qu'il aurait fallut de pas grand chose pour que le film exploite le potentiel de son sujet de manière divertissante. Il y a une sorte de charme rétro-80's qui rappelle LE BLOB à bien des égards aussi bien dans certains de ses éléments scénaristiques que quelques effets de maquillage. Pourtant, PHANTOMS reste un ratage total. Encore la faute aux Weinstein, diront certains... Kerozene

PHOBIA - John Huston avec Paul Michael Glaser, Susan Hogan, Alexandra Stewart, 1980, Etats-Unis/Canada

L'incursion d'un grand cinéaste classique dans le genre thriller horrifique, franchement cela ne peut que piquer la curiosité ! D'autant qu'un beau macaron bleu sur la jaquette française mentionne que le film était à l'affiche du festival du film fantastique d'Avoriaz en 1983.

Certes, en touche-à-tout inspiré (les polars avec Humphrey Bogart, Asphalt jungle, the Misfits, l'Homme qui voulut être roi, le Malin, etc.), Huston avait déjà donné dans le film de monstres avec un morceau de taille, Moby Dick. Mais " Phobia " ouatizite, jamais entendu parler... ? Attention, grand-papa est aussi réputé dans les encyclopédies de cinéma pour avoir livré quelques bobines académiques, sans conviction, sans personnalité, frisant la médiocrité et trahissant sa grande époque (tout ça !). Ce dédain de la critique officielle a bien entendu pour effet principal de faire saliver encore davantage sur le polo. " Phobia " étant systématiquement zappé des filmos sélectives, n'ai-je pas alors débusqué une de ces fameuses tâches dans son oscarisable carrière ? Si c'est une soupe digne d'être reniée, ce sera d'ailleurs balèze vu les preuves accablantes : un cliché au dos de la jaquette montre le cinéaste qu'on reconnaît aisément en plein tournage. Oui, grand-papa est bien dans le coup et, du reste, le chaland lambda que je suis est ferré.

Que de fols espoirs en poussant la bande dans la machine. Direct, la courte séquence pré-générique illustre habilement la claustrophobie, et vaut bien celles de Brian de Palma sur le même sujet dans Body double. Suit un générique appuyé par un charmant thème au piano sur fond d'orchestre philharmonique de luxe, genre ça y est c'est parti, vous êtes entre les mains d'un pro et en plus on a pas hésité à mettre des valises de billets sur la table.

Hélas, peut-être que le meilleur vient de filer. On découvre Starsky qui interprète le Docteur Ross (il aurait pu rempiler pour le même rôle dans la série Urgences), un psy qui expérimente au sein d'une clinique de nouvelles méthodes, controversées, sur des phobiques. Des taulards volontaires qui ont préféré la cantine de l'asile à celle de la cabane reçoivent des traitements de choc, consistant essentiellement en des confrontations avec des projections de films montrant les objets de leurs angoisses : par exemple un sujet au vertige assiste à une chute d'immeuble, etc.

Soudain, mystère, les cobayes sont éliminés les uns après les autres, et - astuce ! - ils succombent (grosso modo) par l'objet de leur phobie. La police enquête dur.

Evidemment, la découverte des différentes phobies retient d'abord l'attention : une femme est agoraphobe, une autre craint les violeurs (?), etc.&ldots; ou encore, une énorme masse black nommé Bouba déteste les serpents, au point de ne pas pouvoir empoigner un beau python à mains nues : c'est vraiment une phobie qui relève de la psychiatrie, ça ?

Mais passé ce cap, des scènes de meurtres peu saisissantes (à une ou deux exceptions près) s'enchaînent logiquement et on poireaute jusqu'à la résolution du whodunit. Ce suspense pas nerveux dévie alors fatalement : plutôt qu'à l'identité du meurtrier, on finit par se demander qui récoltera au générique de fin le prix des plus vaches, entre les policiers et les médecins la compétition est serrée.

De notre côté, la phobie répandue étant de ronfler devant le poste, c'est bien la seule terreur paralysante auquel le film nous expose. Avec son faible dénouement qui achève l'anesthésie générale, Huston frôle le niveau des films subliminaux de son docteur Ross.

L'idée de la rééducation par les images me semble convenue, repompée par exemple d'Orange mécanique, mais surtout, même le propos général n'échappe pas au poncif des histoires de psy, où on s'attend à des docteurs aussi maboules que leurs patients.

Sinon Starsky est pas volé question véhicule de fonctions, il récupère un coupé sport bleu d'enfer, avec des bandes jaunes et blanches sur les ailes. Toutefois il ne se lâche pas au point d'entrer pas la fenêtre de sa portière, Huston devait le surveiller de près sur le plateau.

Hélas dispensable. Bigeyes

PHONE BOOTH - Joel Schumacher, 2002, États Unis, 1h21 

Un individu qu'on veut nous présenter comme un gros vilain pas gentil [Colin Farrell], mais qui n'est en fait qu'un peu fourbe et testostéronné, entre dans la même cabine téléphonique chaque jour pour appeler sa "maîtresse", qu'il n'a en fait jamais profanée, et qui est interprétée anecdotiquement par Katie Holmes. Un bon matin, alors qu'il termine son appel, le téléphone sonne et il décroche. Une voix l'interpelle, connaissant son nom, et commence à jouer avec lui. Les implications de ce simple appel prendront une ampleur insoupçonnée alors que le beau Colin passera la prochaine heure et 20 dans sa cabine, aux prises avec un dangereux psychopathe...

Le synopsis tient sur une serviette de restaurant en décomposition tant il est simple, et on a droit, en quelque sorte, à un "huis clos" puisque toute l'action se déroule au même endroit. C'est pourtant au beau milieu d'une rue new yorkaise que se déroulera le "drame".

Schumacher parvient à rendre le tout captivant, entre autres grâce au scénario de Larry Cohen - qui mûrissait ce projet depuis paraît-il plus de 20 ans ! - et au talent de Farrell. La voix de Kiefer Sutherland, qui commence définitivement à beaucoup ressembler à son père, joue aussi une belle part dans la "teneur en haleine" du film... Disons que la VF doit prendre toute une claque à ce niveau, surtout si c'est l'ami Corbeil qui s'occupe du doublage...

Forrest Whitaker apparaît dans le rôle d'un flic bon enfant, alors que des putes hystériques et un pimp latino apparaissent aussi au registre fictif. Le temps passe vite et on ne s'emmerde pas, mais la leçon qu'on tente de nous donner est douteuse, et le préambule en forme de "constat" n'était vraiment pas nécessaire. Selon les membres du Salsoul Orchestra : "It's good for the soul". Orloff

PIRATES DES CARAÏBES: LE COFFRE DU MORT aka PIRATES OF THE CARIBBEAN : DEAD MAN'S CHEST - Gore Verbinski avec Johnny Depp, Keira Knightley et Orlando Bloom, 2006, États Unis

L'excentrique Jack Sparrow est de retour pour tenter de trouver un coffre qui contient le cœur d'un pirate à la tête de pieuvre. Il fait de nouveau équipe avec William Turner et Elizabeth Swann dans des circonstances pour le moins rocambolesques et problématiques...

Grand succès estival de 2003, le premier PIRATES DES CARAÏBES renouait avec le film d'aventures exotique sans se gêner de tabler sur les stéréotypes et l'humour. Sa suite, LE COFFRE DU MORT, ne s'est certes pas améliorée au niveau du scénario, mais les auteurs ont mis plus la gomme au niveau de l'ampleur du spectacle et des situations frôlant le style "cartoon". À ce titre, la présence de Johnny Depp dans la peau du désormais célèbre Jack Sparrow est plus que bénéfique. L'acteur offre des numéros cabotins d'une drôlerie irrésistible, même lors de scènes d'action échevelées à grand déploiement d'effets spéciaux très solides et luxueux.

À la réalisation, Gore Verbinski a décidé d'être plus vitaminé que pour le premier film, procurant ainsi aux amateurs du genre des passages d'action excessifs et jubilatoires. Notons à cela la création réussie de la créature Davy Jones et de l'attaque très spectaculaire du monstre marin géant.

Bref, on a droit à un divertissement généreux, certes encore un peu trop long mais au plaisir un cran au dessus de l'original. Nazgul

PITCH BLACK - David Twohy, 2000, États Unis/Australie

Nous ne parlons plus ici de grandeur mais de bassesse mercantile la plus vile. En dépit de quelques belles images et quelques retournements surprenants, j’ai failli quitter la salle au milieu de la représentation. Il existe une limite à ce qu’un cerveau humain peut absorber en invraisemblances et en clichés cinématographiques, et ce film s’en approche dangereusement. "Captain ! My brain ! She is not going to take it much longer !" (C’est plus drôle si vous imaginez l’accent de  Scotty.)  J’ai du mal à décider quel est le détail le plus ridicule, le punch le plus cliché du film. Serait-ce la scène où la  capitaine ne se détache pas tout de suite du câble lorsqu’elle réussit à s’extraire du puit ? Serait-ce la « révélation » que le jeune homme est une fille. (Mais Bon Dieu : pourquoi s’est-elle fait passer pour un gars ? La  moitié des autres naufragés sont des femmes ?) Mais ce serait passer sous silence le garde qui tue par erreur un des passagers survivants... L’esprit vacille... Sans doute conscient du vide total de toute l’entreprise, le réalisateur a packagé cet Alien du pauvre avec un montage tape à l’oeil de style vidéo absolument insupportable. Vite, de retour à la maison, j’ai écouté deux cantates de Bach... Ouf, ça, va mieux... J’ai bien cru y passer cette fois-ci... Joel Champetier

En tout cas les créatures sont intéressantes. Y a malheureusement le syndrome 2010, Odyssée de l'espace: vous avez peur d'un monolithe, on va vous en garocher 10,000, ce qui nous donne des flopées de monstres volants qui ne ressemblent qu'à une nuée de chauve-souries. Mais je n'ai pas détesté. Mario Giguère

P.J. aka Syndicat du crime - Jonh Guillermin avec George Peppard, Raymond Burr, Gayle Hunnicutt, Brock Peters, Wilfrid Hyde-White, Susan Saint James, Severn Darden, Coleen Gray, Jason Evers, 1968, États Unis, 109m

P.J. Detweiler est un détective privé engagé par une millionnaire, William Orbison, pour protéger sa maîtresse, Maureen Preble, des attaques de sa femme et de sa famille riche et avare. Bien que peu encouragé, P.J. accepte ce boulot parce qu'il est très bien payé. Sous le prétexte de protéger Maureen, Orbison se rend aux Bahamas avec elle, sa femme et ses associés afin que P.J. puisse piéger des agresseurs éventuels. P.J. en vient cependant à tuer l'un des associés d'Orbison pour défendre Maureen, dont il s'est d'ailleurs épris. En voulant justifier ce meurtre à son employeur, P.J. voit alors plusieurs obstacles mystérieux se mettrent sur sa route. Le détective en vient alors à découvrir les véritables raisons qui ont poussé Orbison à l'engager et la nature du piège mortel que celui-ci lui a tendu. Il se décide alors à l'affronter ainsi que ses sbires, personnellement.

Avec l'évolution des moeurs en cette fin des années 60, la censure au cinéma a connu une certaine évolution. C'est ainsi que les films policiers sont devenus plus violents et plus suggestifs en matière de sexe en plus d'employer un langage plus crû dans les dialogues. Parmi les longs-métrages ayant été les premiers à aller dans ce sens, "P.J." est rarement mentionné mais mérite de figurer dans cette liste, surtout qu'il a subi des coupes lors de sa diffusion à la télévision. À partir d'une intrigue compliquée à souhait destinée à mystifier le spectateur, le film mise sur des effets chocs pour faire passer le tout; scènes d'action avec tueries, massacres brutaux et bagarres pimentées de répliques cyniques et percutantes défilent sur l'écran à un rythme d'enfer. La réalisation est techniquement irréprochable avec une très belle photographie, un montage serré et des cadrages soignés. Quelques scènes légères de sexe prennent place dans l'ensemble mais c'est surtout la violence qui prime sur tout le reste. Les rebondissements nombreux du récit sont toutefois bien réglés et suscitent aussi l'intérêt. Un film devenu culte donc, à cause de la rareté de sa diffusion (il ne passe jamais à la télé et il n'existe pas en DVD ou VHS). George Peppard se montre désinvolte et à l'aise dans le rôle du héros face à un Raymond Burr redoutable et massif. Gayle Hunnicutt est belle et charmante. À voir absolument si vous en avez la chance. Mathieu Lemée

The PLAGUE aka Clive Barker's The Plague - Hal Masonberg avec James Van Der Beek, Ivana Milicevic, 2006, États Unis, 88m

À cinq heures ce matin, des rapports de partout sur la planète nous apprennent que tous les enfants de moins de neuf ans sont tombés dans un état catatonique.

Dix ans plus tard, on contrôle les naissances, car tous les nouveau-nés souffrent du mal mystérieux. Au moment ou l'on craint l'extinction de la race humaine, les enfants se réveillent tous. Ils ont une rage contre tous les adultes, ne parlent pas et tuent sans concession. Quelques rescapés essaient de comprendre et survivre. Curieusement, les enfants semblent absorber les connaissances de leurs victimes, et ces connaissances sont transmises à tous les ex-catatoniques.

Clive Barker n'est impliqué que dans la production, on est loin de ses scénarios plus imaginatifs et dérangeants. On croit en premier lieu avoir affaire à des zombies, mais tel ne sera pas le cas. On ne comprendra jamais ce qui a déclenché la maladie et on chemine vers une résolution aux accents bibliques qui détonnent. Les adultes ont, bien entendu, des réactions illogiques qui causent leur mort prématurée !

Deuxième film du réalisateur, le premier datant de 1994. Une réalisation correcte, sans vraiment d'éclat, mais suffisamment intéressante pour ne pas perdre l'intérêt. Ivana Milicevic s'en tire bien, elle est notamment apparue dans CASINO ROYALE. Mario Giguère

La PLANÈTE DES SINGES aka Planet of the Apes - Tim Burton, 2001, États Unis

Dans le futur, un militaire qui part en capsule spatiale pour récupérer un singe dans une tempête électromagnétique atterrit sur une planète de singes.

Burton a réussit a actualiser presque tous les films de la série originale. Comme d'habitude chez Burton, le film est visuellement original et j'en aurai pour plusieurs écoutes à l'apprécier tant l'ensemble est riche en images superbes. On a droit à plein d'espèces différentes de singes et primates. On peut d'ores et déjà compter sur un autre oscar pour Rick Baker. Du travail impeccable. Le mélange d'action, d'effets spéciaux, de parallèles avec la manière dont on traître les animaux, tout est bien dosé. J' ai bien vu venir quelques surprises du scénario, mais c'est bien amené. Bravo ! Mario Giguère

PLANET OUTLAWS - Ford Beebe/Saul A. Goodkind, 1953, États Unis 

On est en présence du remontage d'un serial en 12 épisodes: Buck Rogers, datant de 1939. Buck Rogers (Buster Crabbe) et son jeune compagnon sont congelés pendant 500 ans, se réveillant dans une terre sous l'emprise d'un dictateur. Ni une ni deux, Buck prend en main la révolution, en partant demander de l'aide aux hommes de Saturne ! La diplomatie étant compliquée, Buck s'échappe pour retourner sur la terre ou il vivra bien des péripéties.

Comme on s'en doute, le rythme est très rapide, surtout au début, mais finalement l'intrigue est tellement simple qu'on s'endort presque. Il faut dire que tout l'aspect visuel est moins intéressant qu'un Flash Gordon, des vaisseaux tout en angles à l'absence de créatures ou monstres. Le vilain ne peut non plus se mesurer au perfide Ming, il a plutôt l'air d'un mafioso chanceux d'avoir à sa disposition des "casques" qui rendent dociles ses adversaires. À voir à vos risques et périls ! Mario Giguère

PLANETE ROUGE aka Red Planet - Antony Hoffman, 2000, États Unis

En 2025, l'atmosphère terrestre est tellement dégueulasse qu'il devient urgent d'imaginer un plan de secours. Le plus évident étant la colonisation de Mars, la fameuse planète rouge. Le problème, c'est que le niveau d'oxygène de Mars n'est bien entendu pas suffisant, mais nos scientifiques, toujours pleins de bonnes idées, décident d'envoyer des algues à la surface de la planète, les algues étant les principales productrices d'oxygène de la planète Terre. Aux alentours de 2050 et des pépettes, un phénomène inattendu perturbe soudainement les projets de colonisation de Mars: les algues disparaissent! Houston décide donc d'envoyer une équipe de scientifiques dans l'espace, la première mission habitée sur Mars. L'équipe, dirigée par le Lieutenant Bowman (Carrie-Anne Moss - notons au passage que le nom de Bowman fut choisi en hommage au 2001 de Kubrick), est composée d'une belle bande de rigolos, à commencer par le sympathique et modeste Gallagher (Val Kilmer), le scientifique reconvertit à un catholicisme primaire Chantilas (Terence Stamp), le savant et comique de service Burchenal (Tom Sizemore) qui s'amuse à distiller de la vodka frelatée dans l'espace, et quelques autres éléments plus ou moins mineurs. Et manque de bol, leur arrivée en orbite autour de la planète rouge se passe au plus mal: le vaisseau est endommagé, une partie de l'équipage meurt, l'autre partie s'écrase au sol lors d'une scène réellement impressionnante et seule le Lt. Bowman reste en orbite dans le vaisseau mère après une opération de survie plutôt rocambolesque. Au sol, les survivants découvriront que Mars réserve bien des surprises...

Le pitch de départ de PLANETE ROUGE est plutôt sympathique avec son scénario à prétention écologique, mais son traitement le fait rapidement ressembler à une série Z pleine de pognon et toutes les scènes se déroulant à l'intérieur du vaisseau sont à tomber par terre tant elles s'avèrent mal foutues et pleines de clichés idiots garnis de dialogues pas toujours utiles. Il faut attendre l'arrivée sur Mars pour que les choses gagnent en intérêt et que le film dévoile enfin un véritable enjeu, à savoir la survie et l'éventuel sauvetage des astronautes en détresse perdus en territoire plus hostile qu'il n'y paraît. Histoire de pimenter le tout, on nous offre la présence d'un robot militaire reconvertit en outil scientifique qui ne manquera pas de griller un fusible ou deux avant de prendre en chasse nos chers survivants. Évidemment, il n'était pas question de livrer un film de science-fiction sans scènes d'action, ça aurait été un peu dur à digérer, non? Au fil de péripéties plus ou moins haletantes, seul survit notre bon Val Kilmer qui parvient à quitter Mars en lâchant un très convaincant "Fuck this planet!" Rempli de fureur tout en pointant un majeur plein de conviction vers l'objectif de la caméra. Sacré Val, heureusement que t'es là pour nous faire marrer. A ce jour, Anthony Hoffman, le réalisateur, n'a plus fait entendre parler de lui dans le monde du cinéma... Kerozene

PLUTONIUM BABY aka Bébé Plutonium- Ray Hirschman, 1987, États Unis

Un gamin qui a un truc qui gonfle et se dégonfle sur le cou vit avec son grand-père dans un bois. Sa mère, la fille du grand-père donc, travaillait dans une centrale nucléaire et fut enterrée vivante, enfermée dans un bidon de déchets radioactifs. Des méchants sans scrupules tentent d'étouffer l'affaire depuis une décade, mais le papy les emmerde, alors ils le buttent. Le môme est sauvé grâce à des ados cons qui campent par-là, la mère qui a muté se venge et enferme un gars dans un bidon radioactif. Le gosse part vivre à NYC.

10 ans plus tard, le vilain est libéré du bidon de déchets radioactifs par deux peigne-culs qui veulent mettre leur bière au frais et se tape totalement du Warning Sign. Le vilain sort, il n'est pas beau, mais son costard blanc est impeccable. Il part pour NYC pour retrouver le jeune devenu grand qui commence à avoir de drôles de démangeaisons...

Tout ça pour dire que le film ne chie pas loin. C'est du gros Z ringard. Heureusement on a droit à quelques dialogues bien crétins, à un écureuil mutant. Et cette scène de la bière au frais qui fallait quand même oser. Chouette titre tout de même. Kerozene

Le PORTRAIT DE DORIAN GRAY aka THE PICTURE OF DORIAN GRAY - Joseph Lewin, 1945, États Unis

Nous sommes en Angleterre, au XIXème siècle. Sir Henry (George Sanders), dilettante philosophe, rencontre Dorian Gray, jeune aristocrate au visage angélique qui devient obsédé à l'idée de perdre sa jeunesse suite à des propos amers tenus par Sir Henry. Etant en train de se faire faire un portrait par l'artiste Basil Hallwarth, il émet le souhait de voir ce portrait vieillir à sa place. Le comportement de Dorian, influencé par Sir Henry et ses propos par moment sulfureux, passe de celui d'être doux et attentionné à celui d'homme égoïste et sombre. Ainsi, alors qu'il tombe amoureux de la jeune artiste Sibyl, il parvient à la rendre triste au point de la pousser au suicide. C'est après ce terrible événement que Dorian remarque un fait surprenant: son portrait se met à changer d'expression. Le temps passe, et Dorian reste toujours aussi jeune et séduisant, alors que ses proches prennent de l'age et commencent à se méfier de cet homme à l'aura maléfique. Pendant ce temps, le portrait s'est peu à peu modifié pour devenir l'image de l'âme torturée de Dorian...

Classique intemporel adapté d'une nouvelle d'Oscar Wilde, LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY mérite sa réputation. Tourné en noir et blanc, à l'exception de quelques plans du fameux portrait montrés en couleur, le film a obtenu l'oscar de la meilleure photographie. Rien d'étonnant, les images du film sont effectivement somptueusement éclairées et servent à merveille le jeu des acteurs. Sanders y est particulièrement efficace dans son rôle de bourgeois grognon. Le fantastique est présent de manière discrète mais néanmoins constante, Lewin parvient à faire se dégager quelque chose de réellement fascinant de ce portrait influencé par la statue d'une divinité égyptienne - un chat, présent à côté et sur le portrait lui-même. Ce chat semble être la source du pouvoir paranormal de ce portrait qui finira par devenir une représentation cauchemardesque et torturée de l'âme de Dorian, une image qui marque définitivement le spectateur.

La nouvelle de Wilde connu de nombreuses adaptation, pas moins de 6 entre 1910 et 1918, et dans les 70's on eu droit -entre autre - à une version érotique en 1970 avec DORIAN GRAY signé Massimo Dllamano, et même une version féminine en 1983 avec Belinda Bauer dans le rôle titre qui joue aux côtés d'Anthony Perkins dans THE SINS OF DORIAN GRAY. Le personnage de Dorian Gray est aussi récemment apparu dans l'adaptation de THE LEAGUE OF EXTROARDINARY GENTLEMEN. Kerozene

The POSEIDON ADVENTURE aka L'aventure du Poséidon Ronald Neame avec Gene Hackman, Ernest Borgnine, Red Buttons, Carol Lynley, Roddy McDowall, Stella Stevens, Shelley Winters, Jack Albertson, Pamela Sue Martin, Eric Shea, Arthur O'Connell. Leslie Nielsen, 1972, États Unis, 117m

Un paquebot de plaisance appelé le Poséidon effectue un voyage sur la mer Méditerranée en direction de l'Italie et de la Grèce. Le représentant de la compagnie maritime propriétaire du navire ordonne au capitaine d'augmenter la vitesse du paquebot afin d'arriver plus rapidement à destination par souci d'économie, ce qui va à l'encontre des règles maritimes de sécurité les plus élémentaires. Le soir du réveillon du jour de l'an, presque tous les passagers fêtent dans la salle de réception mais un gigantesque raz-de-marée, provoqué par une secousse sismique près de la Grèce, retourne carrément le navire à l'envers; la trop grande vitesse de celui-ci ne lui ayant pas permis d'éviter la vague catastrophique. Un prêtre passager à bord du Poséidon, le révérend Scott, est convaincu que la seule façon de s'en sortir est de se rendre vers la poupe du navire à proximité des hélices car cette partie du bateau est probablement la seule immergée par où les secours peuvent rejoindre les rescapés. 9 autres personnes acceptent de suivre le prêtre dans son projet mais le trajet vers la poupe est laborieux et ne va pas sans conflits ni épreuves. Quelques-uns des 10 survivants parviennent finalement vers la poupe et sont sauvés par les secouristes, mais d'autres ont hélas perdu la vie au cours de l'aventure.

Puisqu'un remake de ce film catastrophe va bientôt sortir sur les écrans, j'ai pris la liberté de traiter de la version originale qui s'avère être le premier film du genre produit par Irwin Allen. Si le point de départ de l'intrigue semble s'inspirer quelque peu de la catastrophe du Titanic, l'incident qui y est décrit est tiré d'un roman s'inspirant de l'histoire du Queen Mary, un paquebot qui a failli être renversé par un raz-de-marée durant la Deuxième Guerre Mondiale. Les situations du récit sont généralement invraisemblables mais ils sont illustrés avec professionnalisme par le réalisateur britannique Ronald Neame. Le suspense engendre bien une certaine paranoïa claustrophobique chez le spectateur alors que les décors "à l'envers" impressionnent quelque peu, sauf que les personnages et les conflits qui les opposent relèvent d'une conception artificielle, ce qui empêche la tension d'atteindre vraiment son paroxysme. La mise en scène cherche à compenser cette lacune en symbolisant subtilement l'odyssée et la survie des personnages comme si ceux-ci étaient à bord d'une sorte d'Arche de Noé contemporaine où Dieu n'intervient pas (contrairement à ce que le personnage principal du prêtre croit, bien qu'il soit humainement moderne), ce qui ne surprend guère étant donné que le scénariste du film est le même que celui de Death Wish (Wendell Mayes) où se trouvait déjà un propos plutôt athée ou avant-gardiste sur la religion. Bref, ce long-métrage est un divertissement honorable qui possède un peu de lourdeur mais aussi quelques fragments personnels intéressants venant d'un réalisateur dont ce n'est évidemment pas la meilleure oeuvre. Les acteurs livrent de façon générale une bonne performance, bien qu'ils aient tendance à sur-jouer quelques fois. Mathieu Lemée

POSSESSED - Steven E. deSouza,  2000, États Unis, TV

Un gamin fan de comics et dont la tante s'amuse à le faire participer à des séances de ouija, devient posséder après la mort de celle-ci. Le père anti catho fera face à l'échec d'un révérend protestant qui fini dans une fâcheuse posture et acceptera l'intervention de Père Timothy Dalton, vétéran de la deuxième guerre (et hanté par celle-ci), et alcoolique a ses heures.

Le réalisateur du STREET FIGHTER avec Van Damme se rattrape comme il peut, et il faut dire qu'il ne peut pas beaucoup. Sous EXORCISTE de merde, POSSESSED c'est un peu "la guerre chez les curetons", surtout lorsqu'on voit un ralenti de trois curés de face, Dalton en tête, marchant d'un air décidé pour aller gicler de l'eau bénite sur le môme tête à claque. Un style très Michael Bay, sans Nicolas Cage et sans les explosions en arrière plan. LE gosse a vu Linda Blair à l'oeuvre et fait un peu la même chose: il vomit (mais moins bien), il jure (là il est assez doué), il pisse sur les curetons (ça c'est drôle mais il vise mal) et il lévite un peu. Risible tout de même, car le parallèle est inévitable et là, le film ne fait pas le poids. Le pire c'est que Dalton y croit dur comme fer et ne se lasse jamais de serrer le poing pour bien faire comprendre au démon qu'il va l'avoir dans l'cul. Le film montre aussi le vilain coté de l'église catho, plus intéressée par l'audimat et la politique. Ca reste une merde, tirée d'une histoire vraie parait-il. Encore une. Kerozene

THE POWER aka LA GUERRE DES CERVEAUX - Byron Haskin avec George Hamilton, Suzanne Pleshette, Yvonne De Carlo, 1968, États Unis, 108m

Une équipe de chercheurs travaillant sur l'endurance physique des humains constatent qu'un être supérieurement intelligent se cache parmi eux, sans savoir qui est précisément cet individu. Ce mutant, qui possède de très fort pouvoirs psychiques, a de mauvaises intentions et va rapidement se mettre à éliminer ses propres collègues. Le professeur Jim Tanner, soupçonné par la police tentera désespérément de prouver son innocence en découvrant l'identité de cette menace pour l'humanité.

THE POWER, malgré son sujet intéressant déçoit quelque peu. Son faible budget, son look très "studio" et l'absence d'effets "spectaculaires" en font un petit film qui tente, souvent en vain, d'attiser notre curiosité sur l'intrigue qu'il développe. Le thème du mutant abordé ici, fait bien sûr penser aux SCANNERS de Cronenberg, mais le rôle prépondérant donné ici à l'enquête policière (d'un intérêt très relatif) et le rythme très lent que distille le métrage empêche de pousser plus loin la comparaison. George Hamilton en savant persécuté aura du mal à convaincre et le duel psychique final entre les deux hommes, le bon et le méchant mutant, décevra même les plus indulgents. Dommage. Marc Evil

PREACHERMAN - Albert T. Viola, 1971, États Unis

Un film correct comme il s'en faisait tant à l'époque: un faux preacher qui exploite les gens, pour de l'argent et baiser les belles filles par le même fait, le tout dans un ton léger et amusant. Il ne faudrait pas laisser de côté les accents de rednecks fort prononcés et la musique dans le ton pour accompagner. On dirait un H.G. Lewis sans le gore et sans la nudité. On s'y amuse, mais à la longue, on a bien hâte qu'il se termine. Reste tout de même un bon souvenir et la sosie d'Anulka (de VAMPYRES) aide beaucoup à continuer de regarder. Bad Feeble

PREHISTORIC BIMBOS IN ARMAGEDDON CITY - Todd Sheets avec Tonia Monahan, Holly Starr, 1991, États Unis, 69m

Après une troisième guerre mondiale, une bande de sauvageonnes tente de reprendre le contrôle de Chicago aux mains de Nemesis. 

Film fauché tourné en vidéo qui n'a que le mérite de ne pas se prendre au sérieux. Plus proche des films italiens "post nuke" qui apparaissent dès lors comme des chef d'oeuvre à côté de lui, le film de Todd Sheets a une galerie de personnages colorée dont on remarquera surtout les robots et monstres qui semblent sortis tout droit du "Star Wars Turque", faut le faire. L'humour abonde, les références aussi, comme cette scène ou le réalisateur, qui est aussi acteur, rencontre un semblant d'Alien et lui annonce qu'il s'est trompé de film ! Les poursuites en automobiles entre les vilains se transforment en poursuite à bicyclette pour finir en poursuites en skateboard ! Le tout parfois sur une musique du groupe de Todd Sheets, le plus souvent sur des classiques pillés sans vergogne. Bref, on rigole entre copains, ce qui fait parfois sourire, mais qui paraît aussi long, malgré une durée fort minime. Mario Giguère

PRIME EVIL - Roberta Findlay avec William Beckwith, Christine Moore, Mavis Harris, Max Jacobs, 1988, États Unis

On débute en Europe au temps de la peste noire lors de la création d'une secte vouée au culte de Satan. New York, aujourd'hui, les adeptes n'ont pas trop vieilli depuis des siècles, grâce à des sacrifices humains commis tous les treize ans. Au tour d'un des membres de se préparer à sacrifier sa petite fille, Alexandra, jeune vierge traumatisée dans sa jeunesse. Elle succombe au charme du prêtre Seaton, prononcer Satan, pendant que des détectives enquêtent sur des disparitions de femmes à la chaîne...

Cheapo thrills, aka production fauchée dans le sens commun: photographie, son, acteurs, scénario plein de trous, rien n'est vraiment à la hauteur en plus de séances sataniques sans nudité, un comble. Il y a à vrai dire seulement William Beckwith, le patron de la secte, qui s'en tire bien. Pour le reste, du vite vu, vite oublié. Ah oui, y a une grosse poupée en caoutchouc mousse qui se prend pour Satan, plus risible que démoniaque. Âmes sensibles n'ont pas besoin de s'abstenir. Mario Giguère

PRIMER - Shane Carruth, 2004, États Unis

Contrairement à toutes attentes, la révolution du cinéma de science-fiction ne se fera peut-être pas à grands coups de SFX digitalisés pullulant dans tous les coins. Peut-être que la claque ne sera pas accompagnée de musique ronronnante pleine de basse et de beat électro. Peut-être qu'elle se passera même d'effets de style fashion à la MTV. Peut-être qu'elle se basera simplement sur une idée de base originale et remarquable, un scénario savamment écrit et une interprétation des plus convaincantes. PRIMER n'est sans doute pas ce film, mais il pourrait sérieusement en annoncer la couleur, car il s'impose comme l'un des films de SF les plus singuliers depuis bien longtemps. L'histoire est celle de deux génies trentenaires découvrant par hasard un moyen de remonter le temps de quelques heures, ils profitent ainsi de l'occasion pour vivre des journées de 36 heures. L'expérience ne se passe pas sans conséquences, mais plutôt que de miser sur les soucis traditionnels des risques d'interférences spacio-temporelles, le réalisateur-scénariste s'intéresse plutôt aux effets de l'expérience sur la relation de ses protagonistes. Ce qui ne l'empêche pas d'assainer une bonne claque à ses spectateurs.

La forme extrêmement sobre de ce micro budget ($7'000 !) qui ne bénéficie d'aucun artifice, mise avant tout sur son scénario et ses idées aux bases scientifiques des plus solides. Cependant, le rythme effréné des nombreux dialogues liés à leur orientation quelque peu académique (nécessaire à la crédibilité du film), risque de provoquer de méchantes migraines chez certains sujets. Il est évident que je suis passé à côté de quelques éléments clés du film - malheureusement, mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier son originalité et son intelligence. Deux points que ses détracteurs transformeront en faisant passer le métrage pour une pompeuse pelloche pleine de prétention intellectuelle se focalisant sur son nombril de scientifique élitiste. Il n'en est rien bien évidemment, car si ce film rebute, c'est principalement parce qu'il demande une attention de tous les instants, et surtout une deuxième, voire une troisième vision afin d'être pleinement compris (surtout pour quelqu'un qui comme moi n'est pas anglophone d'origine). Un exercice en effet de plus en plus rare dans le cinéma moderne, ce qui rend PRIMER d'autant plus courageux et précieux. Kerozene

PRIMEVAL - Michael Katleman avec Dominic Purcell, Brooke Langton, Orlando Jones, Jürgen Prochnow, Gideon Emery, Gabriel Malema, Linda Mpondo, Lehlohonolo Makoko, Dumisani Mbebe, Eddy Bekombo, 2007, États-Unis, 94m

En 1994, dans un fleuve situé aux confins de la jungle du Burundi près de la frontière sud-africaine, sévit un crocodile mangeur d'hommes nommé Gustave qui fait près de 9 mètres (25 pieds) et qui a à son actif plus de 300 victimes. Ayant manqué de jugement au cours d'un reportage, un producteur, Tim Manfrey, est expédié au Burundi dans le but de filmer et de capturer cette créature. Accompagné de la journaliste Aviva Masters et du caméraman Steven Johnson, Tim engage le chasseur de crocodiles de la région, Jacob Krieg, pour les aider à s'emparer de Gustave tout en obtenant la collaboration d'un spécialiste en reptiles, le docteur Collins. Les autorités du Burundi, pays en proie à la guerre civile, ont également confié à deux soldats la protection de l'expédition, à cause de possibles attaques des rebelles hutus qui sévissent dans la région. Le crocodile géant se veut toutefois très rusé et une proie difficile à prendre au piège et en plus, l'expédition est la cible d'agresseurs qui veulent s'emparer d'un ordinateur portable où sont enregistrés toutes les images filmées par les reporters américains.

Gustave existe réellement et continue toujours de s'attaquer aux humains dans la région frontalière du Burundi et de l'Afrique du Sud. L'idée de faire un film sur ce crocodile de taille gigantesque valait ce qu'elle vaut, mais le résultat est loin de se démarquer vraiment des oeuvrettes du même genre qui ont parues ces dernières années sur les écrans et en DVD. Les auteurs ont cru que l'évocation de l'instabilité politique qui prévalait au Burundi à l'époque où se situe l'intrigue, serait suffisante pour rendre leur récit original. Malheureusement, cette évocation se veut irrespectueuse pour les Africains, tellement les clichés à leur égard sont gros et négatifs. Quant aux scènes d'attaques du saurien, elles sont généralement rassemblées dans la deuxième moitié du film, ce qui occasionne des longueurs. Le design du crocodile par ordinateur ne casse rien, tout comme les affreux effets gores en CGI. Le tout manque donc de rythme et est mal mis en scène par un réalisateur venu de la télévision. Les personnages de race blanche s'avèrent tout aussi unidimensionnels que le reste (on y retrouve même pour la millième fois un protagoniste de chasseur fou et vengeur) et ils sont interprétés sans conviction par des acteurs de faible envergure. Comme disent les anglais: "This movie was PRIMEAWFUL". Une sévère déception que ne rachète pas la publicité mensongère qui parle d'un tueur en série. Mathieu Lemée

PROJECT: SHADOWCHASER aka Projet Romulus - John Eyres avec Martin Kove, Frank Zagarino, Meg Foster, Paul Koslo, Joss Ackland, Rico Ross, Raymond Evans, Robert Freeman, Kim Huffman, 1992, États Unis, 97m

Dans un futur proche, un groupe de terroristes mené par un robot puissant prend en otage les patients et le personnel d'un hôpital. La fille du président des États-Unis se trouvant parmi les otages, le FBI tente de mettre au point une opération de commando pour la libérer. Pour s'assurer du succès de l'opération, le FBI décide de libérer l'architecte de l'hôpital qui est emprisonné dans une prison cryogénique. Les agents libèrent cependant par erreur un ancien joueur de football, Desilva, qui joue cependant le jeu étant donné la promesse d'amnistie qui lui est proposée. Bien que le FBI finisse par découvrir sa véritable identité, Desilva reste cependant le seul espoir pour libérer la fille du président des griffes des terroristes puisqu'il est le seul à avoir réussi à survivre contre eux lors de l'opération de commando qui a échoué. Les choses se compliquent toutefois lorsqu'un dénommé Kinderman, un puissant financier qui est le créateur du robot commandant les terroristes, arrive sur les lieux pour exiger que sa création soit capturée intacte, ce qui n'est pas chose aisée.

Après avoir réalisé deux petits films pour le marché de la télévision, John Eyres se lance à tout rompre dans la science-fiction et le film d'action de série B avec ce film mélangeant des éléments de "TERMINATOR" et de "DIE HARD". La conception futuriste demeure cependant succincte et est même écartée au profit des scènes de bagarres et de fusillades attendues par les amateurs de violence. L'intrigue n'offre rien de bien original et se contente de multiplier les invraisemblances criantes au genre jusqu'à accoucher d'un rebondissement final que le spectateur attentif pourra aisément deviner. Une musique tonitruante accompagne le métrage au point d'appuyer un peu trop le suspense pour en devenir parfois agaçante. Toutefois, le rythme d'ensemble se maintient bien et ne laisse pas de place à l'ennui, surtout que l'on trouve son compte en matière d'action et d'humour involontaire provoqué par le ridicule des situations, les trucages réduits au strict minimum, le côté pantin des personnages et les astuces décelables du montage pour camoufler le faible budget du film. Martin Kove manque un peu d'envergure dans le rôle du héros tandis que Frank Zagarino s'avère de marbre dans le rôle de l'androïde. Mathieu Lemée

PROJECT: SHADOWCHASER 2 aka Projet Romulus 2 aka Night Siege aka Armed and Deadly - John Eyres avec Frank Zagarino, Bryan Genesse, Beth Toussaint, Danny Hill, Todd Jensen, Danny Keogh, Jeff Fannell, Hal Orlandini, Gavin Hood, 1994, États Unis, 94m

Dans un futur proche, un groupe de terroristes commandé par un puissant androïde parvient à s'emparer d'une base nucléaire avec la complicité de l'un des employés. Sous prétexte d'exiger la libération de prisonniers politiques, les terroristes ont en réalité l'intention de rayer Washington de la carte du monde en expédiant un missile nucléaire de type nouveau originaire d'un projet ultra-secret appelé Cobra, qui fût mis en veilleuse par le gouvernement. Les terroristes ont tué tout le personnel de la base nucléaire à l'exception d'un concierge alcoolique, Frank Meade et d'une scientifique, Laurie Webber, qui était revenue sur les lieux pour chercher de la documentation avec son jeune fils Ricky. Bien que Frank et Laurie ne s'entendent pas vraiment, ceux-ci parviennent à retarder les plans des terroristes et à leur causer pas mal d'ennuis. Pourront-ils cependant empêcher le redoutable androïde de lancer le missile nucléaire sur Washington à temps alors que le combat s'avère inégal?

Visiblement intéressée par le succès d'estime de "PROJECT: SHADOWCHASER", la compagnie israëlienne NU IMAGE a demandé à son réalisateur John Eyres d'en concevoir une suite. L'on retrouve donc ici le même mélange d'éléments largement inspirés de "TERMINATOR" et de "DIE HARD" que dans le premier film mais avec une plus grande surenchère dans la violence. Cette surenchère ne réussit cependant à masquer les nombreux clichés et les monstrueuses invraisemblances qui remplissent un scénario de commande routinière. L'ensemble fait illusion au niveau technique mais le spectateur ne se laissera pas berner longtemps devant le conventionnalisme des prises de vues et le manque flagrant d'imagination dans la conception visuelle et les données futuristes du film. À tout le moins, cette intrigue passe-partout contient des moments qui portent à rire à cause des nombreuses situations qui ne tiennent pas debout (comment un concierge alcoolique peut-il maîtriser les arts martiaux?) et des personnages plutôt éculés. Frank Zagarino semble confondre son personnage de robot avec celui d'un psychopathe tandis que Bryan Genesse n'a pas l'ombre d'un talent quelconque, que ce soit dramatique ou physique. Mathieu Lemée

 

PROJECT: SHADOWCHASER 3 aka Project: Shadowchaser 3000 aka Edge of Darkness aka Projet Romulus 3000 - John Eyres avec Sam Bottoms, Musetta Vander, Christopher Atkins, Frank Zagarino, Christopher Neame, Ricco Ross, Aubrey Morris, Robina Alston, Bill Kirchenbauer, Mark Phelan, 1995, États Unis, 99m

Une petite station orbitale se fait heurter violemment - et même carrément harponner, par un gigantesque vaisseau spatial disparu depuis 25 ans. Les survivants de la station investissent alors ce mystérieux vaisseau et se voient confrontés au courroux d'un cyborg possédant la faculté de prendre l'apparence de n'importe quel individu...

Après avoir investit un building façon DIE HARD puis une centrale nucléaire dans les deux premiers PROJECT SHADOWCHASER, le cyborg au physique de bon aryen interprété par Frank Zagarino se la joue space opera et tire de jolis lasers bleus qui illuminent gaiement un décors d'usine. Ce qui aurait pu être une petite série B d'action sympa s'avère être une grosse série Z tristement bordellique et difficile à suivre, la faute à un montage chaotique et à une mise en scène quasi inexistante. On se rattrape comme on peut avec deux ou trois effets gores rigolos - rapidement gâchés par un ou deux effets de morphing malvenus et on constate avec désespoir que même les petits films sans pognon se la jouent amis des bêtes et sauvent le toutou du film in extremis. En bref, seul Zagarino est rigolo dans ce merdier produit par Nu Image, et il n'apparaît en tout pas plus de dix minutes. Kerozene

Dans le futur, une station de communication à proximité de Mars appelée Comstat 5 entre en collision avec un vaisseau minier disparu depuis plus de 25 ans, le Siberia. Les employés de la station décident d'aller examiner le Siberia pour comprendre ce qui a pu se passer à bord et ils y découvrent un métal rare d'une grande richesse mais aucun survivant. Ils ignorent qu'un androïde protéiforme dont la programmation s'est déréglée a massacré tout l'équipage du Siberia. Celui-ci commence à s'en prendre au personnel de la station Comstat et à déjouer leur vigilance en prenant l'apparence de ses victimes. Par ailleurs, un conflit éclate entre les survivants de Comstat 5 car certains d'entre eux tiennent absolument à emporter le métal rare que contient le Siberia pour s'en mettre plein les poches à leur retour sur Terre. Les autres tentent de trouver un moyen de fuir la station ou de trouver un moyen d'anéantir le redoutable robot toujours à leurs trousses.

Difficile de trouver une intrigue moins inspirée que celle de ce film de science-fiction à rabais. Cette suite inutile de deux opus mêlant des éléments de "TERMINATOR" et "DIE HARD" se contente cette fois d'emprunter sans vergogne les thèmes et les idées maîtresses d'"ALIEN" et de "THE THING" sans vision neuve ni variations intéressantes. Quelques moments gores viennent retenir notre attention de temps en temps et les trucages sont parfois acceptables mais il y a tellement de clichés éculés et de dialogues d'une bêtise incommensurable que le film sombre facilement dans la série B de potache. Si l'on rigole par moments (surtout dans les quelques scènes figurant l'infatigable Frank Zagarino dans le rôle du robot) on s'emmerde plutôt royalement à la vue de ce produit de commande de NU IMAGE mal photographié et réalisé mollement par un John Eyres en panne complète d'imagination et d'inspiration. Au sein de décors futuristes oubliables, des acteurs au jeu trop appuyé évoluent maladroitement, ce qui témoigne plus d'un manque de direction d'acteurs que d'un manque de talent de leur part. Mathieu Lemée

PROJECT: SHADOWCHASER 4 aka Alien Chaser aka Orion's Key aka The Gates of Times aka Force de Vaincre - Mark Roper avec Frank Zagarino, Todd Jensen, Jennifer MacDonald, Greg Melvill-Smith, Brian O'Shaughnessy, Bismilla Mdaka, 1996, États Unis, 99m

Il y a plusieurs milliers d'années, une nation extraterrestre fit cadeau d'une clé cosmique à une tribu africaine. Un couple d'archéologues, les Cavanaugh, parvient à retrouver cet artefact très ancien enfoui sous la terre et leur découverte intéresse grandement leur commanditaire, le professeur Morton. Par ailleurs, les Cavanaugh ont, sans le savoir, réveillé un androïde redoutable programmé comme gardien de la clé cosmique et chargé de la récupérer. Au moment de remettre l'artefact à un sbire de Morton moyennant rétribution, Corinne Cavanaugh est attaquée par l'androïde. Son mari Michael parvient à la retrouver mais ils sont non seulement traqués par l'androïde, mais aussi par les hommes de main de Morton. Celui-ci promet aux Cavanaugh de payer pour transférer leur fils malade dans un hôpital où il pourra bénéficier de meilleurs soins, mais le couple d'archéologues découvre que la clé cosmique qu'il possède renferme un élixir pouvant guérir instantanément toutes les maladies et que l'androïde qui les poursuit doit rapporter cette clé à son peuple pour les sauver d'une épidémie mortelle. Michael et Corinne ont donc une difficile décision à prendre dont l'enjeu s'avère la vie de leur fils.

Après un troisième épisode chancelant et laborieux, la compagnie NU IMAGE a décidé sans réfléchir de concevoir une quatrième partie à la série "PROJECT: SHADOWCHASER". La mise en scène a cette fois été confié à un tâcheron de la compagnie, Mark Roper, qui ne fait montre d'aucun talent pour le métier de réalisateur. L'intrigue reprend grosso modo des clichés fatigués de plusieurs succès à la mode et les enchaîne mollement dans un montage peu reluisant. Les scènes d'actions sont techniquement potables mais elles s'avèrent tellement invraisemblables qu'on rigole bien fort dès qu'elles se présentent. Les dialogues sont boiteux et font également rire le spectateur même le moins difficile. En résumé, il ne s'agit rien de moins que d'une série B de plus à mettre dans la catégorie des "si mauvais et ridicule que cela en est rendu bon à force de rire". Les personnages sont de plus tellement tracés à gros traits qu'ils s'avèrent finalement aussi figés que l'androïde qui se veut le seul élément de continuité de la série. Les acteurs les interprètent d'ailleurs comme des pantins sans aucune âme comme s'ils avaient hâte d'en être débarrassé, ce qui contribue aussi au décalage involontairement comique du métrage. Mathieu Lemée

PROPHECY aka Prophecy, le monstre - John Frankenheimer avec Robert Foxworth, Talia Shire, Armand Assante, Richard Dysart, Victoria Racimo, 1979, États Unis, 102m

Un docteur d'une agence environnementale, Vern, est envoyé dans le Maine où un conflit existe entre une compagnie de pâtes et papiers et les Indiens qui habitent la région. Les Indiens accusent la compagnie de polluer l'environnement tandis que les dirigeants de la compagnie accusent les Indiens d'avoir tué les membres de leur personnel. Le docteur Vern découvre avec horreur que la compagnie de pâtes et papiers emploie du mercure, une substance pourtant interdite, qui pollue les eaux et affecte dangereusement l'équilibre écologique de la région. Les Indiens sont pour la plupart très malades et les animaux subissent d'étranges mutations: poissons trop grands, animaux plus sauvages. Les animaux comme les Indiens donnent naissance à des bébés déformés et le docteur en découvre un monstrueux sur le bord de la rivière qu'il veut ramener comme preuve. Surgit alors un animal mutant gigantesque qui tue tout sur son passage et sème la terreur. Vern, son épouse et les Indiens survivants tentent alors de gagner la civilisation mais le monstre est toujours sur leurs traces.

John Frankenheimer est un réalisateur qui a connu une carrière en dents de scie. Il a réalisé quelques bijoux comme "THE MANCHURIAN CANDIDATE" ou "BIRDMAN OF ALCATRAZ" mais aussi des films étranges et moins ambitieux comme celui-là. "PROPHECY" est effectivement un film de monstre à saveur écologique au scénario très simple et aux rebondissements d'usage courant. C'est une série B d'un grand studio avec quelques scènes chocs et un peu de gore (un type qui se fait arracher la tête par exemple) pour satisfaire les fans. La conception du monstre est plutôt rigolote: on dirait un ours mutant avec un gorille et un cochon, et les mouvements de caméras ainsi que le montage pour le montrer en action apparaissent tellement saccadés qu'on devine vite que le réalisateur tente désespérément de camoufler les problèmes techniques du monstre où probablement le fait qu'il s'agit d'un acteur dans un costume. Quoi qu'il en soit, après une première partie où l'on se contente de bien exposer le problème écologique, la deuxième partie est fertile en affrontements entre le monstre et les personnages jusqu'à une conclusion qui rappelle "MOBY DICK". Un nanar où les clichés et les effets spéciaux limités en feront rire certains et où les acteurs ne semblent pas garder leur sérieux. La musique de Leonard Rosenman est cependant excellente. Mathieu Lemée

The PROPHECY aka La Prophécie - Gregory Widen avec Christopher Walken, Eric Stoltz, Virginia Madsen, Viggo Mortensen, 1995, États Unis

Thomas (Elias Koteas) est un détective qui a faillit devenir prêtre, mais il avait perdu la foi, le Thomas ! Un mort singulier, malgré sa forme adulte ses cellules ont l'âge d'un bébé, le mène sur le chemin d'une jeune fille malade qui se met à parler comme un général, vétéran du vietnam. Il y a sous tout cela une lutte entre anges, Gabriel (Christopher Walken) veut l'âme du général, âme volée par Simon (Eric Stoltz) pendant que Lucifer (Viggo Mortensen) rôde dans les parages...

C'est peut-être le succès de la série X FILES qui a permit à ce film de voir le jour. Elias Koteas ne suscite pas d'empathie en tout cas et j'ai eu l'impression que son interprétation de Thomas sonnait faux. Alors on se concentre