mise à jour 11 septembre 2008

pages 1 | 2

JE VAIS, JE TIRE ET JE REVIENS aka ANY GUN CAN PLAY aka BLOOD RIVER aka FOR A FEW BULLETS MORE aka VADO... L'AMMAZZO E TORNO - Enzo G. Castellari, Italie, 1967

George Hilton est l'Étranger, un mystérieux cow boy solitaire dont le nom n'est connu de personne, mais dont la rapidité à dégainer est légendaire et l'humour très pince sans rire, comme le prouve la superbe scène d'ouverture. Chasseur de prime de son état, l'Etranger s'amuse à faire monter la prime de Monetero, bandit responsable du braquage d'un wagon et de sa cargaison d'or.

Castellari s'amuse ici à prendre le contre pied du western italien cynique et sans concession. Ici, les méchants ne sont pas vraiment qui on pourrait croire. Si l'histoire se met en place de façon classique avec les habituelles histoires de "pacte/trahison", le final - qui prend place dans les ruines d'une vieille église, réserve bien des surprises. En clair, un très bon western dirigé par un très bon réalisateur. Mention également à George Hilton qui s'en sort avec les honneurs. Kerozene

Le JOUR DU JUGEMENT aka DAY OF JUDGEMENT aka DOOMSDAY aka DRUMMER OF VENGEANCE aka IL GIORNO DEL GIUDIZIO - Mario Gariazzo, 1971, Italie

A la fin de la guerre de Sécession, un soldat yankee de retour chez lui découvre avec effroi sa demeure familiale incendiée. Sa femme et son fils ont tous les deux étés assassinés et tout ce qu'il reste de son passé se résume à un jouet: un petit bonhomme monté sur ressort qui joue du tambour... La raison de ce massacre ne fait pour lui aucun doute, sa femme était Cheyenne et il s'agit là d'un odieux crime raciste. Quelques temps plus tard, les habitants d'un village se font éliminer les uns après les autres par un mystérieux étranger qui prend soin de commander des cercueils à l'avance et de faire creuser des tombes par le fossoyeur bossu. Mais surtout, chacune de ses exécutions se fait sous la forme d'un duel rythmé par le petit joueur de tambour à ressort...

Western mineur avec une nouvelle histoire de vengeance appliquée par un homme aux origines troubles. Des origines troubles uniquement aux yeux des victimes cette fois ci. Le film se veut sombre et lugubre et tente de mettre en avant une sorte d'aura fantasmagorique autour de ce tueur inconnu que le fossoyeur n'hésite pas à comparer à un envoyé de Dieu lui-même, sorte d'ange de la mort chargé de nettoyer l'humanité de ses pécheurs. Mais les tentatives de Mario Gariazzo, dont c'est ici le deuxième film et deuxième western, de générer le mystère et l'angoisse restent vaines. Son Homme sans nom, incarné par un Ty Hardin au regarde bleu perçant et à la moustache blonde, ne parvient pas à générer une aura suffisamment énigmatique, la faute en incombe beaucoup à un scénario qui abuse quelque peu des ellipses narratives et qui privilégie les dialogues imbéciles. Il est vrai que le doublage français n'aide pas vraiment à apprécier le film... Même la musique d'Ennio Moriconne n'est guère inspirée... On regrettera également le sous emploi du personnage d'adjoint au shérif incarné par nul autre que Gordon Mitchell qui ne bénéficie que de deux minutes de présence à l'écran. On appréciera en revanche la présence, même très courte, de Rosalba Neri en magnifique squaw. Kerozene

JUSQU'A LA DERNIERE GOUTTE DE SANG aka TO THE LAST DROPS OF BLOOD aka BURY THEM DEEP aka ALL'ULTIMO SANGUE - Paolo Moffa, 1968, Italie

Billy Gun est un redoutable bandit qui a volé 400'000 dollars en or au nez et à la barbe de l'armée Américaine. Celle-ci engage alors le fameux Clive Norton (Craig Hill) afin de lui mettre le grappin dessus. Norton accepte à condition de pouvoir bénéficier de l'aide d'El Chaleco (Ettore Manni, la série des Angélique, mais aussi RABID DOGS), le propre frère de Billy Gun, un truand arrêté par Norton lui-même qui est sur le point de se faire pendre. Les deux hommes ne peuvent évidemment pas s'encadrer mais finiront par se lier pour parvenir à leur fin. Mais c'est sans compter sur Cordero, redoutable et sanguinaire bandit mexicain appâté par l'or.

Ce western italien d'honnête facture saura divertir les amateurs du genre, sans pour autant apporté quoi que ce soit de neuf sous le soleil du far west. Toujours est-il qu'il se distingue par quelques éléments, comme la musique de Nico Fidenco, qui mérite un sincère coup d'oreille et qui ne marche pas sur les traces de Morricone. Il y a également la photographie soignée, un cinémascope joliment utilisé pour des cadrages parfois d'une grande beauté et signée Franco Villa et Joe D'Amato (sous son nom Aristide Massaccesi). Puis il y a la violence du film: Billy Gun et Cordero font un étalage aussi froid que brutal d'impulsions meurtrières tellement gratuites qu'elles en sont presque désarmantes. Ils ne laissent aucun témoins derrière eux, assassinent qui ose les contredire, et ce sans aucune hésitation. Cet aspect étonnant détonne étrangement avec les quelques blagues amères disséminées ici et là et qui semblent totalement hors propos, un point négatif qui pèse bien peu comparé à celui concernant la mise en scène hâtive de Paolo Moffa qui ne parvient jamais à maîtriser son sujet, négligeant l'atmosphère au profit d'un rythme quelque peu chaotique. Côté casting, Craig Hill semble s'inspirer légèrement du cow-boy sans nom, et jouant de son regard bleu sous son stetson poussiéreux. Mais n'est pas Clint qui veut et l'aura de ce (trop) gentil Norton ne parvient pas vraiment à séduire. Kerozene

Le JUSTICIER DU SUD aka GUN SHY PILUK aka PILUK, THE TIMID ONE aka GIURÒ... E LI UCCISE AD UNO AD UNO aka PILUK IL TIMIDO - Guido Celano, 1968, Italie

Non loin de la frontière canadienne, un village subit continuellement les coups de gueule néfastes des frères Mason: une bande de salopards dont le chef prend un malin plaisir à éliminer ses rivaux d'une balle dans le dos. A tel point qu'il s'en fait sa spécialité. Et comme les activités des frères Mason ne sont pas franchement très légales, notre lâche de service s'en va assassiner le shérif d'une balle, dans le dos bien évidemment. Agonisant, le pauvre mourrant a juste le temps de dire à Piluk, son père, que les Mason sont les coupables de son meurtre. Profondément attristé, le papa récupère le six-coups du fiston et entame alors une vengeance loin du regard de tous, éliminant un par un les membres du gang Mason d'une balle logée entre les deux yeux. Arrive un nouveau shérif (Edmond Purdom), un type sympa comme tout, féru de justice, souriant et juste, qui tombe amoureux de la petite-fille de Piluk et qui s'engage à montrer à tous ce que c'est de vivre dans la légalité. Du coup, il se met logiquement les Mason à dos mais trouve tout de même bizarre de voir le grand-père Piluk toujours revenir de promenade avec des cadavres sur son chariot. "Je les ai trouvés au bord de la route", dit alors Piluk d'un air innocent...

Étrange titre français que ce JUSTICIER DU SUD. Il n'est jamais dit que le personnage incarné par Edmund Purdom vient du Sud - ni même qu'il est justicier d'ailleurs, et ce n'est certainement pas papy Piluk qui est originaire de là-bas non plus. Qu'à cela ne tienne, on n'en est pas à notre premier titrage bidon. Et après tout, cet élément reste sans doute ce qu'il y a de plus intrigant, voire même de plus intéressant en ce qui concerne ce film d'une désolante platitude. Nous sommes en 1968, le western italien est à son apogée, les clones de Clint Eastwood et de Franco Nero pullulent et le mythe du cow-boy solitaire et sans remord est plus que jamais dans l'air du temps. Et voila que Guido Celano (TUÉ À FROID) signe le plus "américain" des westerns italiens. Son approche désespérément manichéenne rappelle les aventures sans relief des gentils cow-boys tous blancs chassant les méchants bandits tous noirs, et comme Celano tient à ne pas faire dans l'ambiguïté, il appuie bien le fait que ce salaud de Mason assassine tous ses adversaires de la manière la plus lâche qu'il soit et que son héros gériatrique se montre des plus audacieux. Le film est platement filmé, voire catastrophiquement filmé : il faut cette bagarre en plans si serrés que les protagonistes en ont la tête coupée (!), ou encore certaines scènes tournées caméra à l'épaule par des opérateurs visiblement peu habitués à cette technique (bonjour le mal de mer). Quant à la mise en scène, elle est on ne peut plus impersonnelle et soporifique. LE JUSTICIER DU SUD est un film profondément navrant et énervant de nullité. Kerozene

KEOMA - Enzo G Castellari, 1976, Italie 

Franco Nero est Keoma, un métisse mi blanc mi indien, qui retourne dans son bled natal. Un bled dirigé d'une main de fer par un salopard secondé par les trois frères de Keoma. Trois frangins jaloux de l'amour que leur père porte à son fils bâtard.

Dans une ambiance poussiéreuse et sale, dans un bled où la peste et la peur règnent en maître, l'espoir n'est pas de mise. Et ce n'est pas le nettoyage réalisé par Franco Nero, désabusé et déçu, qui le rendra beaucoup plus salubre.

Ambiance glauque, photographie magistrale, ralentis à la Peckinpah, musique fantastique, KEOMA est un grand western spaghetti ! Kerozene

Quel ravissement. Le DVD de Anchor Bay comprend une entrevue avec Franco Nero, qui n'est pas si "fini" qu'on pourrait le supposer en visionnant DJANGO.

Le film lui-même... est une pure merveille. Un transfert superbe, widescreen impeccable, et tout le génie de Castellari qui se manifeste dans le moindre plan. Un scénario en béton - d'après une histoire de George Eastman ! - et une performance époustouflante de concision de Nero. Olga Karlatos bien mignonne. Le "score" spaghetti opera des frères De Angelis qui agace au départ, mais finit par se laisser apprivoiser. La parabole sociale, un peu moins importante selon moi, que l'étourdissante maîtrise technique.

Les vilains ont de vilaines gueules, on ne voit pas le temps passer et je ne vois pas ce que je pourrais dire de négatif sur ce film. À part peut-être qu'il gagnerait à être connu, car on pourrait ainsi le placer au "top" des spaghetti westerns avec les efforts de Leone.

Les américains n'ont rien compris. Orloff

LUCKY LUKE - Terence Hill, 1990, Italie, 1h30

Comme on ne peut éviter de crier d'horreur en entendant le beuglement de vache de Céline Dion, je ne pouvais passer sous silence cette abomination (ça rime). Terence Hill a beau être une figure fort sympathique du cinéma italien, et avoir fait preuve d'un talent de persuasion tout particulier pour convaincre Morris de le laisser réaliser l'adaptation de son oeuvre; il n'empêche que son travail de chef de plateau tient ici davantage du bâclage approximatif que d'un art, quel qu'il soit.

Dès le générique on sent que les choses ne tournent pas rond. Un cowboy nasillard chante le thème du film - thème qui, bien malheureusement, a été composé pour le film, et ne figure donc pas dans les épisodes "animés" du célèbre cowboy. On se rend aussi compte, devant les désolantes images défilant sous nos yeux, que Hill n'a pas vraiment respecté l'apparence traditionnelle du Luke qu'on connaît; nous nous retrouvons face à un blond aux yeux bleus tout de blanc vêtu. Huh ?

Jolly Jumper est semblable à lui-même, mais ses blagues sont d'une fadeur assommante. Hill lui fait faire des trucs complètement gratuits, comme pour nous démontrer niaisement à quel point son canasson est bien dressé.

L'humour enfantin pue, l'histoire n'a aucune crédibilité, ça frôle la démence. Les Indiens sont douteux, Joe Dalton est interprété par un petit gros (!?!) et aucun des quatre frères ne se ressemble. On a poussé l'insulte jusqu'à dessiner des éléments du récit sur la pellicule (des signaux de fumée, une mouche dans une scène de duel qu'Averill gobe...). Des numéros musicaux ridicules apparaissent ça et là, comme pour augmenter la douleur déjà considérable qu'est le visionnement de cette daube.

Dire que Hill l'icône a déshonoré Lucky Luke serait un peu fort. Il a probablement fait de son mieux, hélas, nous prouvant hors de tout doute que sa position la plus avantageuse est devant la caméra, et non derrière. La pensée qu'il existe une série télé de la même trempe me fait froid dans le dos. Un ratage complet. Orloff

LONG RIDERS - Walter Hill avec David, Keith, Robert Carradine, James et Stacy Keach, Dennis et Randy Quaid, 1980, États Unis, 99m

LONG RIDERS s'attarde à l'histoire de ce fascinant personnage qu'est Jesse James. Après la guerre civile, Jesse James et sa bande se voient victimes de nombreuses dettes qu'ils considèrent injustifiées. Avec une seule idée en tête, la vengeance, Jesse James et sa bande vont pendant plus de 15 ans volés des banques partout dans les USA. Ici, c'est une vision des conflits que pouvaient avoir la bande à ses débuts jusqu'à la mort du plus populaire criminel de l'histoire des États Unis.

Ce qui s'annonçait comme un western peu alléchant s'est rapidement transformé en jolie surprise! LONG RIDERS est un film peaufiné, un peu kitsch sans en faire son créneau en plus d'avoir un casting tout à fait incroyable. Trois groupes de frères pour un seul film, c'est énormément audacieux mais le résultat est phénoménal au niveau des performances.

Ce qu'on peut reprocher à ce film , c'est surtout de ne pas donner assez de scènes à Jesse James et aussi de le présenter de façon aussi fade comparativement aux autres membres de la bande qui ont droit à un portrait précis et plus élaboré. Par exemple, notons la superbe performance de David Carradine dans le rôle de Cole Younger qui a droit à beaucoup de scènes, dont une mémorable bagarre aux couteaux contre James Remar. On a surtout l'impression de suivre le personnage de Jesse au début et à la fin du film, tandis que le milieu se concentre plus sur le reste de la bande. Je trouve le traitement dommage, quoi que tout de même intéressant.

En plus du cast masculin comprenant la famille Carradine, la famille Keach et aussi la famille Quaid ( Denis dans son jeune temps), on a droit à une solide performance de Pamela Reed dans le rôle de Belle Starr qui se la joue pute avec une assurance assez saisissante. En plus du fait qu'elle est vraiment sexy dans son accoutrement.

J'ai passé un très bon moment, je vous le conseille donc vivement. Abba

The MAGNIFICENT SEVEN RIDE! - George McCowan avec Lee Van Cleef, Stephanie Powers, Michael Callan, 1972, États Unis 

Lee Van Cleef dans le rôle de Chris Adams est devenu le shériff d'une petite ville, rangé avec une très jolie femme. Elle lui demande justement d'avoir clémence pour un jeune qui a commis un vol. Il finit par lui donner raison et le regrettera lorsque le jeune Shelly prend sa femme en otage et lui fait subir le sort pire que la mort avant de la tuer. Adams sera appelé à reformer une bande de sept justiciers, qu'il sortira de prison, pour sauver les veuves et orphelins d'un petit village près de la frontière mexicaine. Il est suivi tout le long par Noah Forbes, un écrivain qui veut écrire sa biographie!

Classique dans son scénario et sa facture, cette suite tardive au classique MAGNIFICENT SEVEN se regarde comme un téléfilm consensuel. Hors la présence toujours remarquable de Van Cleef et de la belle Stephanie Powers, pas de grosses surprises et des coups de feu qui ne laissent pas souvent de sang sur les morts. Quelques explosions de bon aloi. Mario Giguère

MANNAJA aka Mannaja: A Man Called Blade aka Mannay, l'homme à la hache - Sergio Martino avec Maurizio Merli, John Steiner, Donald O'Brien, Philippe Leroy, Sonja Jeannine, Martine Brochard, Salvatore Puntillo, Rik Battaglia, 1977, Italie, 96m

Blade est un chasseur de primes aussi habile au maniement de la hachette que du pistolet. Il arrive à Suttonville, un village minier sous la coupe d'un dénommé McGowan, qui a tué autrefois le père de Blade. Le chasseur de primes a donc un compte à régler avec l'homme d'affaires, bien que celui-ci soit maintenant handicapé et confiné à une chaise roulante. Blade doit cependant mettre de côté sa vengeance le temps de pouvoir sauver la fille de McGowan, Deborah, victime d'un enlèvement. Il sert donc d'intermédiaire lors du paiement de la rançon pour la libérer mais il s'agit d'un coup monté de toutes pièces par Voller, l'homme de confiance de McGowan, et par Deborah elle-même afin qu'ils prennent tous les deux le contrôle de la mine. Blade est capturé et laisser pour mort dans le désert tandis que McGowan est éliminé. Une ancienne victime de Blade vient cependant délivrer le chasseur de primes et après avoir repris des forces et avoir recouvré la vue, qu'il avait temporairement perdu dans le désert, celui-ci revient en ville pour affronter et liquider Deborah, Voller et ses hommes alors que les mineurs se préparent à une révolte.

Comptant parmi les derniers westerns-spaghettis produits vers la fin des années 70, ce film en résume assez bien l'esthétique. Cependant, à partir d'une intrigue qui emprunte et mêle plusieurs clichés du genre, le réalisateur Sergio Martino s'est amusé à utiliser des effets stylisés de mise en scène pour donner une texture fantastique ou fantomatique au récit afin de démarquer quelque peu son film des autres. On se retrouve donc devant un long-métrage aux plans et aux séquences qui sont en contraste les uns par rapport aux autres, ce qui témoigne chez Martino d'un travail inspiré des films de Sam Peckinpah (des plans ralentis lors des scènes d'action raccordées avec des images plutôt comiques par exemple). Comme de juste, l'ambiance est sulfureuse à souhait, voire quasi-surréaliste (décors minables, présence accru du brouillard, rues boueuses) et la violence s'avère plus gore et plus appuyée que dans la grande majorité des autres westerns italiens. Une ballade musicale aux accents profonds accompagne le tout pour renforcer l'atmosphère pesante du film, bien qu'on ait tendance à la répéter un peu trop souvent. Certains trouveront le film outrancier, affecté ou trop emphatique, mais les amateurs du genre y trouveront largement de quoi se réjouir. Maurizio Merli crève littéralement l'écran et n'a pas peur du soleil ni de se salir de boue à l'occasion de son seul et unique western tandis que John Steiner incarne le méchant avec une allure vampirique redoutable (il porte une cape et il a deux chiens dangereux comme si c'était les chiens de l'enfer!). Une vraie curiosité à découvrir dans la collection DVD Blue Underground sur les westerns-spaghettis. Mathieu Lemée

MASSACRE TIME aka Tempo di Massacro aka The Brute and the Beast aka Colt Concert aka Le Colt Cantarono la Morte - Lucio Fulci, 1966, Italie, 1h26

Franco Nero cherche tranquillement de l'or, au bord d'une rivière, quand un type provenant de son bled natal l'aborde avec un message le pressant de revenir en ville. Nero cherche à comprendre mais son ami s'enfuit. Il revient donc à ses racines seulement pour se rendre compte que la ferme familiale appartient dorénavant à un riche bourgeois, monsieur Scott, et son frère est devenu esclave de la tequila et survit dans un trou sordide. En cherchant à comprendre, il se rendra compte que le fils dément de Scott mène son père au doigt et à l'oeil et sème la panique partout où il passe.

Spaghetti western très efficace de Lucio Fulci, Le Temps du Massacre commence sur une note plutôt pessimiste alors que des individus peu recommandables organisent une chasse à l'homme uniquement pour se divertir. Le pessimisme de l'ensemble ne se relâchera plus jusqu'à la fin et cette atmosphère dépressive contribue largement à la réussite du film. Franco Nero compose un héros maussade et tenace comme on les aime. Le personnage de saoulon désinvolte de son frère est aussi très sympathique. La musique, tantôt de l'orgue funèbre - écho du fils de Scott dont c'est l'instrument fétiche - et ailleurs de nobles  chansonnettes "à la" Morricone, est plutôt entraînante malgré sa mélancolie étudiée. On a aussi droit à une très belle photographie et quelques trouvailles  visuelles fort intéressantes, malgré les zooms constants propres à Lucio. Les retournements de situation sont honnêtes et plausibles et Fernando Di Leo, qui a écrit le scénario, ne peut que s'en féliciter, et nous aussi, par la même occasion. Orloff

La MORT ÉTAIT AU RENDEZ-VOUS aka DEATH RIDES A HORSE aka Da uomo a uomo - Giulio Petroni avec John Phillip Law, Lee Van Cleef, Luigi Pistilli, Anthony Dawson, Carla Cassola, Jose Torres, Mario Brega, 1967, Italei, 115m

Alors qu'il était enfant, Bill (Law) est témoin chez lui du massacre de sa famille par une bande de hors-la-loi masqués. 15 ans plus tard, devenu un véritable tireur d'élite et dégainant comme l'éclair, Bill part à la recherche des meurtriers pour assouvir sa vengeance. Sa route croise celle de Ryan (Van Cleef), un vétéran tireur qui a également un compte à régler avec cette même bande qui l'a fait mettre en prison. Les deux hommes ne peuvent cependant se tolérer car chacun veut exercer lui-même sa propre revanche. Les choses empirent lorsque Bill apprend que Ryan faisait autrefois partie de la bande et était présent lors du massacre de sa famille. Ils règlent néanmoins ensemble leurs comptes à tous les bandits. Vont-ils s'entretuer entre eux?...

Giulio Petroni, ancien critique d'art devenu réalisateur de westerns italiens, démontre avec ce film qu'il est l'un des meilleurs dans le genre après Sergio Leone. Il parvient non seulement à mettre en scène l'un des films les plus violents du genre (scène de viol, massacres, tortures, nombreuses tueries, plusieurs morts), ce qui va satisfaire les amateurs de sensations fortes et d'action, mais en plus il arrive à introduire des éléments humains et psychologiques fouillés, de quoi plaire aussi à un public recherchant une intrigue recherché et intelligente. C'est une réussite peu commune, considérant le fait que le thème de la vengeance n'est pas neuf. Par ailleurs, le mélange d'action violente et d'humanité est si honnête et convaincant qu'il est difficile de trouver des longueurs et des raccourcis artificiels pendant que l'on regarde le film, tellement la construction d'ensemble donne le change. Le rythme ne faiblit pas et John Phillip Law offre une des meilleures performances de sa carrière, c'est tout dire. Un must. Signalons également l'excellente trame sonore d'Ennio Morricone dont la musique thème a été reprise par Quentin Tarantino dans "Kill Bill vol. 1" lors de la scène de massacre au bar japonais (Cette musique ne figure pas, hélas, sur le CD de la trame sonore de "Kill Bill vol. 1" mais on peut la trouver dans la compilation "Spaghetti-Westerns vol. 3") Mathieu Lemée

MY NAME IS NOBODY aka Mon Nom est Personne aka Il Mio nome è Nessuno - Tonino Valerii avec Henry Fonda, Terence Hill, 1973, Italie/États Unis/Allemagne, 117m, produit et sur une idée de Sergio Leone

Jack Beauregard (Henry Fonda), la gâchette la plus rapide de l'ouest, se prépare à quitter le continent pour l'Europe. Ses envies de retraite se compliquent lorsqu'arrive sur son chemin un jeune admirateur sans nom (d'ou le titre), un authentique fan avant l'heure, qui a un rêve pour Beauregard. Il veut le voir terminer sa carrière en affrontant seul la Horde Sauvage, 150 brutes salopards qui font du bruit comme 1000 quand ils chevauchent dans la plaine. Réglant ses dernières affaire, Beauregard ne peut y échapper et se retrouvera seul devant l'assaut de la Horde, cadeau de Personne.

Je ne me rappelait pas l'avoir vu, j'étais très jeune et pourtant, dès les premières minutes, la scène m'est revenue: Henry Fonda, seul, calme, pas résigné, presque zen, qui voit arriver les 150 bandits. Sur une idée de Leone, bercé par la musique inoubliable d'Ennio Morricone, Valerii accumule les scènes anthologiques, mélangeant action et humour. Terence Hill assure plusieurs séquences comiques avec bonheur. On aurait peut-être aimé une conclusion différente ou à tout le moins un massacre qui éviterait le recours à ce curieux montage, somme toute propice au propos. L'humour est parfois au simple niveau de la baffe comme dans la longue carrière du duo formé de Terence Hill et Bud Spencer, mais en général on s'amuse et on apprécie la galerie pittoresque de faciès caricaturaux. À revoir avec plaisir. Mario Giguère

NAVAJO JOE aka A Dollar a Head aka Joe el implacable - Sergio Corbucci avec Burt Reynolds, Aldo Sambrell, Nicoletta Machiavelli, Fernando Rey, Tanya Lopert, Franca Polesello, Lucia Modugno, Pierre Cressoy, 1966, Italie/Espagne, 93m

Navajo Joe est le seul survivant du massacre de sa tribu, incluant sa femme, commis par des bandits chasseurs de scalps commandés par un métis nommé Duncan. Désireux de se venger, Joe se lance à leur poursuite. Il retrouve les bandits alors qu'ils attaquent un train et il parvient à leur soutirer le convoi à leurs nez et à leurs barbes. Arrivé à la destination prévue sur l'itinéraire du train, la petite ville appelée Esperanza, Joe fait un marché avec les habitants pour les protéger des représailles des criminels, qui convoitent toujours le butin contenu dans le train. Joe demande effectivement un dollar par tête pour chaque bandit abattu. L'indien est cependant trahi par la populace et capturé par les chasseurs de scalps qui le torturent. Joe parvient toutefois à s'échapper et grâce à de nombreuses ruses, il arrive à abattre presque tous les bandits. Joe attire ensuite Duncan et le reste de ses hommes à l'intérieur d'un cimetière indien pour terminer sa vengeance.

Scénarisé par Fernando Di Leo, ce western italien traduit autant ses préoccupations personnelles que celles du réalisateur Sergio Corbucci. C'est ainsi qu'à travers cette histoire de vengeance, les auteurs illustrent, non sans un certain humour noir, la complicité entre les criminels et la populace dans le sort réservé aux Indiens lors de la conquête de l'Ouest, sans oublier les métis au passage. Le film aurait dû toutefois éviter les invraisemblances et les conventions assimilées par le succès des films de Leone. Même le ton outrancier habituel de Corbucci dessert le film par son côté brouillon, bien que le spectateur peut y déceler en amorce ce qui fera le charme de "DJANGO" et du "GRAND SILENCE", autres westerns du réalisateur sortis un peu plus tard. "NAVAJO JOE" possède néanmoins son propre charme grâce à son rythme assuré, ses paysages magnifiquement filmés et ses personnages crevant l'écran par leur présence indéniable. Qui plus est, la trame sonore d'Ennio Morricone, avec ses mélopées lancinantes, s'avère à nouveau un charme pour les oreilles. Burt Reynolds, qui a du sang Cherokee dans les veines, campe le personnage de l'indien vengeur avec noblesse et conviction alors qu'Aldo Sambrell rend bien sur la pellicule l'esprit tourmenté de son personnage de métis chef des bandits. Mathieu Lemée

NO NAME ON THE BULLET aka Une balle signée X - Jack Arnold avec Audie Murphy, Joan Evans, Charles Drake, Virginia Grey, Warren Stevens, R.G. Armstrong, Willis Bouchey, Edgar Stehli,1959, États Unis, 77m

Un cowboy vêtu de noir arrive dans la ville de Lordsburg. Les habitants reconnaissent en lui le tueur à gages John Gant et sa présence en ville signifie que quelqu'un est destiné à mourir. Plusieurs citoyens trouvent dans leur passé des raisons suffisantes et des ennemis mortels pour être la victime du tueur. La peur se répand alors dans la ville où tous se demandent qui sera la cible de John Gant. Le médecin de la ville, Luke Canfield, se lie avec le tueur et cherche à comprendre ses motivations tout en le persuadant de renoncer au meurtre. Le shérif de la ville tente de faire expulser Gant sous la pression d'un homme influant mais le tueur ne se laisse pas intimider et reste en ville. Gant ne peut d'ailleurs être mis en état d'arrestation pour ses meurtres passés car sa méthode est de toujours provoquer sa victime pour qu'elle tire en premier afin que lui soit alors en état de légitime défense. La terreur ne cesse de s'accroître à Lordsburg, ce qui inquiète grandement le docteur Canfield, préoccupé par la santé des habitants, ce qui suscite d'ailleurs l'admiration de Gant. Cette histoire se terminera de façon inattendue.

On connaît bien le réalisateur Jack Arnold pour ses films fantastiques à succès (TARANTULA, LE MÉTÉORE DE LA NUIT, L'ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR) mais on oublie qu'il a également travaillé dans d'autres genres avec efficacité. C'est ainsi que dans les années 50, Arnold, qui était sous contrat avec "UNIVERSAL PICTURES", tournait aussi des westerns à petit budget en plus de ses films de S-F. Le présent échantillon est sans l'ombre d'un doute l'un meilleurs westerns de cette période. Écrite par un scénariste qui travailla plus tard dans "STAR TREK", l'intrigue est l'une des plus originales du genre. Le suspense est maintenu à un haut niveau de tension, bien que l'identité de la future victime du tueur n'est pas demeurée inconnue avec toute la rigueur souhaitée car le spectateur attentif peut le deviner à mi-chemin du film. L'intérêt se situe surtout sur le sentiment généralisé de culpabilité des personnages qui se dévoile dès l'arrivée du tueur à gages et de leurs réactions crédibles au cours du récit. Le dialogue et les situations sont d'ailleurs brillants dans ce sens et les scènes se déroulent sans temps mort ni clichés dans un climat constant de paranoïa jusqu'à une conclusion fort satisfaisante. La mise en scène d'Arnold est personnelle et l'on sent même poindre une touche de fantastique à ce western dans la façon de présenter la psychologie des principaux personnages. Le film représente en quelque sorte un microcosme (avec unité de lieu) de l'Amérique profonde où le quotidien sans histoires bascule vers la terreur enfouie dans chacun, révélant les travers de l'individualisme, ce qui renverse les valeurs américaines trop bien établies, thème récurrent chez Arnold. À visionner dès que vous en avez la chance (le film est disponible sur DVD). Plus connu comme héros de guerre et comme acteur mineur de westerns tout aussi mineurs, Audie Murphy trouve là l'un des meilleurs rôles de sa carrière en incarnant avec réalisme et sans tics inutiles (grâce à la technique de l'underplay, à l'opposé de celle de l'Actor's Studio) le personnage du tueur à gages intriguant qui n'a pas froid aux yeux mais qui a une conception de la justice aussi valable que n'importe quel héros ou représentant de la loi. Un classique incontournable que l'on ne se lasse jamais de revoir. Mathieu Lemée

PALE RIDER aka Le Cavalier Solitaire - Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Michael Moriarty, Carrie Snodgress, Richard Dysart, Chris Penn, Sydney Penny, Richard Kiel, 1985, États Unis, 116m

Dans une petite ville minière du Far-West, un propriétaire puissant, Coy LaHood, tente par tous les moyens d'avoir le monopole des terrains miniers de la région. Quelques mineurs isolés parviennent difficilement à lui tenir tête, surtout que l'extraction de l'or n'est pas simple et seul LaHood possède du matériel industriel de grande envergure pour faciliter l'extraction de l'or. Comme en plus, ces mineurs isolés s'endettent de plus en plus, LaHood a bon espoir de tout raflé. Arrive alors en ville un cavalier solitaire portant un col blanc de prêtre qui se porte à la défense de Hull Bartlett, l'un des mineurs isolés, contre les hommes de main de LaHood. Surnommé Preacher par la fille de la fiancée de Bartlett, celui-ci devient vite le miracle et l'espoir tant souhaité par les mineurs. Vexé, LaHood tente alors d'acheter Preacher mais en vain. Il fait alors venir un redoutable marshall et ses six adjoints pour faire le ménage et se débarrasser de Preacher une fois pour toutes.

Les années 80 ont été la période la plus anémique du genre western. Clint Eastwood, refusant de voir le genre disparaître, en a alors réalisé un, son premier depuis 9 ans (THE OUTLAW JOSEY WALES). Force est de constater que ce retour aux sources ne déçoit pas. Le scénario mêle adroitement les mythologies bibliques avec celles du western sans pour autant être un film de propagande religieuse. En fait, l'intrigue permet à Eastwood de nous offrir une mise en scène qui revient aux sources grâce à un classicisme souple digne des meilleurs westerns de John Ford. Le style italien n'a pas été oublié non plus puisque le personnage qu'incarne Eastwood et tout ce qu'il porte est directement inspiré de celui qu'il a incarné dans la trilogie des "DOLLARS" de Sergio Leone. De plus, la scène finale renvoie aux "SEPT MERCENAIRES", mais avec quelques variations intéressantes. En somme un film hommage aux pères d'un genre populaire et délaissé. Eastwood offre encore une interprétation réussie grâce à son allure et son dialogue toujours mordant. Notons la présence muette de Richard Kiel en homme de main se faisant donner une leçon par Clint lui-même. Mathieu Lemée

PAS DE PITIE POUR LES SALOPARDS aka BEYOND THE LAW aka BLOODSILVER aka THE GOOD DIE FIRST aka AL DI LA DELLA LEGGE - Giorgio Stegani, 1968, Italie/Allemagne de l'Ouest

Ben Novack (Antonio Sabato), jeune européen fraîchement débarqué sur le continent américain et employé d'une compagnie minière dirigée par le gros Cooper (Bud Spencer), se fait dérober la paie des mineurs de Silvertown, petite ville de l'Ouest exploitant un filon d'argent (sans blague). D'abord furieux, les mineurs sont rappelés à l'ordre par Cudlip (Lee van Cleef), un affranchi pouilleux sillonant le désert en vivant de petits larcins en compagnie de ses deux acolytes (dont Lionel Stander) qui ont comme principe de voler sans tuer. D'ailleurs, ce sont ces trois personnages qui sont à l'origine de la disparition de la paie des mineurs. Rapidement, Novack et le sheriff de Silvertown retournent chercher la paie en prenant comme garde du corps ce vieux filou de Cudlip qui se trouve avoir en tête l'idée de dérober à nouveau la paie. Chemin faisant, le convoi se fait attaquer par les hommes de Burton (Gordon Mitchell, terrible !) qui ne reculera devant rien pour arriver à son but. Le shérif blessé, les villageois demandent à Cudlip de le remplacer, ce qui ne manque pas de le faire rire dans un premier temps, mais très vite, il prend son rôle à coeur. Un rôle qui aura pour effet de transformer purement et simplement sa personnalité de petit truand en homme de loi droit et respecté.

PAS DE PITIE POUR LES SALOPARDS est un western assez léger au premier abord, le ton est plutôt humoristique, Lee van Cleef incarne un cow boy débonnaire sympathique, il est le bandit au grand coeur qui retournera sa veste pour le bien de son prochain et au grand désarroi de ses camarades. On est bien loin du personnage de Sentensa dans LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND. Ici, c'est Gordon Mitchell qui fait le bad guy. Un bad guy ultra caricatural qui tire tout le temps la gueule (Gordon Mitchell, quoi), vêtu de noir des pieds à la tête et portant une cape noire elle aussi, lui donnant un air d'exécuteur tout droit sorti des entrailles de l'enfer. Sabato joue le gentil qui préfère utiliser sa tête plutôt que les six coups et ensembles ils s'uniront contre Burton. Bud Spencer, qui a pour une fois laissé sa barbe au vestiaire, est employé à contre emploi: il ne distribue étonnamment pas de baffes et joue dans le registre de la sobriété. Un western assez léger donc, mais bien torché et bien ficelé (Fernando Di Leo en a cosigné le scénario), au casting rayonnant, dont l'issue finale ne manquera pas d'en surprendre plus d'un. Kerozene

UN PISTOLET POUR RINGO aka A PüISTOL FOR RINGO aka BALLAD OF DEATH VALLEY aka UNE PISTOLA PER RINGO - Duccio Tessari, 1965, Italie

Dans un village non loin de la frontière mexicaine, le gang du vilain Sancho dérobe l'argent de la banque. Poursuivis par le shérif et ses hommes, les fuyards trouvent refuge dans une grande ferme et en profitent pour prendre le propriétaire de celle-ci, sa fille et son personnel en otage. Voila qui embête le shérif car la fille en question n'est autre que sa tendre dulcinée. Impossible pour le shérif et ses hommes d'approcher la ferme sans risquer la vie des otages, il décide donc d'y envoyer Ringo, une fine gâchette mercenaire qui profite de l'opportunité pour se voir accorder une remise de peine. Se faisant passer pour un fuyard, Ringo infiltre le gang, joue avec leurs nerfs, se moque de certains truands à l'esprit simple, en bref il s'amuse avec eux pour mieux les surprendre...

Voici la première aventure de Ringo avec Giuliano Gemma (dont c'est ici le premier western après beaucoup de péplums et quelques ANGELIQUE...), l'antithèse de l'homme sans nom: dragueur, rigolard, blagueur et débonnaire, il ne boit que du lait mais partage tout de même deux choses avec son illustre cousin, il adore l'argent et sait se servir d'un six coups comme personne. C'est sur un ton léger que Tessari nous compte les aventures de ce héros pas tout propre sur lui. La donne est claire dès le premier plan lorsque la caméra dévoile la rue principale du village dans laquelle deux cow-boys se font face. Ils ont le regard mauvais et semblent sur le point de dégainer à tout instant. "Salut Joe, comment tu vas?" dit le premier, "Salut Jack!" répond l'autre avant qu'ils ne reprennent leur chemin. Ah la bonne blague ! Mais qu'on se rassure, si ce gag d'ouverture est digne du ZAZ, l'humour du film s'avère nettement supérieur par la suite et tend même vers une certaine forme de cynisme grinçant. Autre atout du film, Sancho (Fernando Sancho). Gros pistolero sans scrupule abattant ses otages comme on change de slip, sifflant des bouteilles de whiskey au goulot et ne supportant guère de voir le propriétaire des lieux garder un calme olympien et séduisant ce qui semble être sa compagne. Quant à la musique d'Ennio Morricone, elle est en adéquation avec le film: légère et enlevée. Ce qui détonne drôlement avec la suite des aventures de Ringo : LE RETOUR DE RINGO, un film sombre et nihiliste. Kerozene

POUR DJANGO LES SALAUDS ONT UN PRIX aka MEME POUR DJANGO LES SALAUDS ONT UN PRIX aka DJANGO: LES SALAUDS ONT UN PRIX aka EVEN DJANGO HAS HIS PRICE aka A PISTOL FOR DJANGO aka DJANGO'S CUT PRICE CORPSES aka ANCHE PER DJANGO LE CAROGNE HANNU UN PREZZO - Luigi Batzella, 1971, Italie

Ce film est censé être le meilleur des trois westerns réalisés par Luigi Batzella - caché ici sous le pseudo de Paolo Solvay. N'ayant pas vu les deux autres films à l'heure où j'écris ces lignes, je n'ose - ou plutôt n'arrive pas à imaginer les daubes que ça doit être. Parce qu'on est déjà en présence d'un grand moment de cinéma pathétique puissamment merdique et misérable de par le vide artistique, narratif, [coller ici un qualificatif à choix] dont il témoigne. Que les amateurs du pistolero au cercueil passent leur chemin, il n'y a rien - mais alors rien du tout - ici qui rappelle le chef d'oeuvre de Sergio Corbucci.

Ici, Django n'est qu'un sale petit frimeur qui désire dessouder un gang de quatre frangins mexicains responsable du braquage d'une banque. Il rencontre un paria se cachant dans une grotte, une brune stupide, un joueur de cartes cynique et un clone de Bud Spencer. A la fin, Django dégomme les frangins (dont l'un d'eux s'avérera être une fille - ce que le spectateur aura compris depuis bien longtemps), libère une blondasse qui est en réalité sa fiancée et refuse la prime que le shérif, caché sous le costume du joueur de cartes, s'apprêtait à lui verser.... Voila un final bien moisi de partout où le tueur taciturne se voit transformé en bon samaritain romantique mais définitivement raciste, le joueur devient un homme de loi, le Bud Spencer s'avère être un brave gaillard et tout le monde fini par se prendre dans les bras en rigolant niaisement comme si cette merveilleuse aventure les avait uni pour la vie.

Le scénario est pourri de bout en bout mais Batzella fait tout pour que son film au titre finalement mensonger soit en plus de cela totalement irregardable: cadrage bancale, photo hideuse, montage par Batzella lui-même plus qu'approximatif et une brochette d'acteurs tous plus mièvres et cabotins les uns que les autres. Seul le chef du gang des frangins parvient à nous faire esquisser un sourire, et encore, le mérite en revient aux trois doubleurs français responsables des navrantes voix de la douzaine de protagonistes du film. Sans aucun doute l'un des plus mauvais films que j'ai jamais vu. Kerozene

PRIEZ LES MORTS, TUEZ LES VIVANTS aka SHOOT THE LIVING AND PRAY FOR THE DEAD aka PRAY TO KILL AND RETURN ALIVE aka PREGA IL MORTO E AMMAZZA IL VIVO - Giuseppe Vari, 1971, Italie

Une bande de truands menée par Dan Hogan (Klaus Kinski) doit passer la frontière mexicaine avec l'or du casse qu'ils viennent de commettre. Un nommé John Webb, qui a assassiné le guide qui leur permettra de rejoindre la frontière sans encombre, leur donne rendez-vous dans une auberge. Là, il leur propose ses services de guide en échange de la moitié du butin...

Ce western au pitch très classique a la particularité de posséder une structure qu'il l'est beaucoup moins. Il prend place pour ainsi dire dans deux décors. La première moitié se déroule dans l'auberge, lieu où John Webb, mystérieux cow-boy tout de noir vêtu, commencera à semer la discorde de façon sournoise au sein du gang. La deuxième moitié se déroule sur la "route du chacal", celle qui mènera tout ce petit monde au Mexique. Au fur et à mesure du récit, les membres du gang se font éliminer un par un, la plupart par leur propre chef, Kinski. Ce dernier est bien entendu le principal atout du film, il est parfait en cruel cow-boy psychotique et misogyne, assassinant ses associés dans le dos, ou encore laissant mourir une femme dans les sables mouvants le cul posé sur une butte de sable le sourire en coin. La mise en scène n'est pas spécialement inspirée, bien que l'on retiendra deux ou trois plans fort réussis et marquants et côté musique, rien de bien folichon à relever si ce n'est qu'on n'est bien loin des clichés du genre all'italiana. Sympathique, mais dispensable. Kerozene

EL PURO, LA RANCON EST POUR TOI aka EL PURO, LA RANCON EST A TOI aka EL PURO; THE REWARD'S YOURS... THE MAN'S MINE aka TAGLIA E TUA... L'UOMO L'AMMAZZO IO  - Edoardo Mulargia, 1969, Italie/Espagne

El Puro n'est plus que l'ombre de lui même. Ancienne légende de l'Ouest, ce pistolero autrefois redouté de tous dont la tête vaut $10'000 n'est plus qu'une sale outre pleine de whiskey qui se cache de ses poursuivants depuis dix ans. Le plus coriace, Gypsy, psychopathe homosexuel méchamment névrosé et récemment évadé de prison, vient de retrouver sa trace...

Western terne et poussièreux, EL PURO ne possède ni héros modèle à la John Wayne, ni anti-héros mystérieux à la Clint Eastwood. El Puro (Robert Woods, vu entre autre dans quelques Franco) n'est nullement attachant. Il est simplement pathétique. Entre ses monologues défaitistes et ses cuites carabinées, il ne subsiste rien de sa gloire passée. Seule la mort brutale de sa chère et tendre (Rosalba Neri en prostituée) le sortira finalement de sa fange. On oublie donc les clichés en vigueur et on observe un sombre polar transposé dans le vieil Ouest américain. Seul le final et la musique d'Alessandro Alessandroni - qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de Morricone pour LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, marquent par leur appartenance au genre. Un rien bavard, le film se détache tout de même par son rythme posé, sa violence crue (le meurtre de Rosalba Neri), ses personnages patibulaires torturés, son bad guy homosexuel (fait suffisamment rare dans un western pour être signalé) et son atmosphère un rien morbide. Kerozene

Les RAVAGEURS DE L'OUEST aka ONCE UPON A TIME IN THE WILD WILD WEST aka C'ERA UNA VOLTA QUESTO PAZZO PAZZO WEST - Francesco Degli Espinosa (sous le pseudo d'Enzo Matassi), 1972, Italie

Deux frangins qui passent leur temps à se taper sur la gueule histoire de rigoler, se font bannir à grands coups de pieds au cul par leur grosse mamma, et ce sous les yeux du père apparemment dérouillé du ciboulot. Les deux frères décident donc de se rendre à Stranger City sur le dos de leur âne appelé Ouragan... Chemin faisant, ils racontent leur rêve respectif au sujet de Stranger City: une ville grande, riche et florissante, remplie de pistoleros émérites et de femmes magnifiques alors qu'au même moment, les images de la ville défilent devant nos yeux outrés qui découvrent la ville la plus minable de l'Ouest américain. Sur place, les deux frangins partent à la rencontre de leur aîné Mike (Gordon Mitchell), propriétaire du saloon local. S'en suit alors la découverte de l'alcool et des filles (dont Malisa Longo), provocant une déferlante de bagarre balourde et de blagues affligeantes.

LES RAVAGEURS DE L'OUEST, qui commence étrangement sur des plans insistants de prés et de ruisseaux (?), semble faire partie de ce qui a pu se faire de pire en matière de western. Alors que le genre a gentiment entamé son déclin, ce film là semble avoir pour vocation de précipité sa chute. Comédie grasse et sans âme, horriblement filmée et atrocement montée, elle ne permet même pas se rattraper sur ses blagues tant elles sont désolantes. Côté casting, c'est également la catastrophe, Gordon Mitchell en tête qui ne sait jamais où poser les yeux et ça se sent. On retiendra le désolant personnage de dandy homosexuel présent pour amuser la galerie et appelé "Coco le Parigot", qui situe bien le niveau de la chose... Kerozene

Le RETOUR DE RINGO aka IL RITORNO DI RINGO aka THE RETURN OF RINGO aka THE ANGRY GUN - Duccio Tessari, 1965, Italie/Espagne

Le blond Montgomery Brown - Ringo pour les intimes (Giulliano Gemma), revient à son village du Nouveau Mexique après s'être vaillamment battu du côté des nordistes durant la guerre de Sécession. Malheureusement, les choses ont bien changées au village. Deux frères mexicains s'étant enrichit grâce à un filon d'or, ont profités de la guerre pour faire main basse sur la région. La population est terrifiée, le shérif n'ose même plus porter son six-coups à la ceinture, le père de de Ringo est mort et pire que tout, sa femme vit avec l'un des deux frangins. Mais Ringo revient, méconnaissable. Vêtu d'habits de paysan mexicains misérables, barbus et noirauds, il se décide à venger les siens. Il découvre alors qu'il est père d'une adorable petite fille...

Suite d'UN PISTOLET POUR RINGO du même Tessari, le film laisse de côté l'humour du premier film pour s'orienter vers le drame familial. Passablement violent, émotionnellement chargé et techniquement très réussit (scope intelligemment utilisé, plans séquences ingénieux), le film parvient sans peine à se faire sa place au sein du western italien. La musique de Morricone n'est pas étrangère encore une fois à la réussite de l'entreprise. La galerie de seconds rôles est également remarquable: Myosotis le fleuriste freluquet, la putain au charme vénéneux, le shériff pleutre, les frangins machiavéliques... Mais ce qui étonne le plus dans ce film, c'est l'ambiance quasi fantastique distillée tout au long du film. Le village est en permanence victime d'un vent faisant voler la poussière et la paille à travers les rues de la ville, ce qui lui donne un statut d'entité vivante et peu amicale. Ambiance quasi surnaturelle également lorsque Ringo dévoile sa véritable identité à ses adversaires en train de célébrer un mariage dans une église remplie de cercueils occupés. "Je suis de retour !" clame alors une voix d'outre-tombe, alors que quinze minutes avant il assistait à ses propres funérailles! Un western à voir donc, auquel on retrouve Fernando Di Leo aux postes de co-scénariste et d'assistant réalisateur. Kerozene

RINGO AU PISTOLET D'OR aka JOHNNY ORO aka RINGO AND HIS GOLDEN GUN - Sergio Corbucci, 1965, Italie   

Ringo (Johnny Oro en italien), chasseur de prime charmeur et flegmatique tout de noir vêtu, porte un revolver et des éperons en or. Et parce qu'il a éliminé le gang des frères Perez, le petit dernier, Juanito, compte bien lui faire la peau. Si Ringo ne s'est jamais chargé de Juanito, c'est que ce dernier ne touche jamais d'arme: il demande aux autres de tuer pour lui. Du coup, sa tête n'est jamais mise à pris et il ne représente aucun intérêt pour Ringo.

Notre chasseur de prime, suite à un malheureux concours de circonstance, se voit contraint de passer quelques jours dans la prison d'un village dans lequel règne un ordre exemplaire. Le shérif est en effet un homme droit, rigide, qui interdit à ses concitoyens le port d'arme. Ringo accepte sans broncher la punition. C'est alors que Juanito, ses hommes et une tribu apaches décident de prendre la ville d'assaut.

Un an avant DJANGO, Corbucci faisait déjà équipe avec le scénariste Franco Rossetti pour ce film qui n'annonce en rien les futurs déferlements de violences nihilistes pour lesquels il s'est fait connaître. Le shérif droit et juste rappelle trop les personnages politiquement lisses incarnés par John Wayne tandis que Ringo fait le gars blasé dans sa cellule. Il faut alors attendre l'attaque finale pour que le tout décolle vraiment et lui donner un air de RIO BRAVO apocalyptique. On retiendra surtout le face à face final limite grand-guignolesque. A noter enfin la présence de Ruggero Deodato au poste d'assistant réalisateur. Kerozene

RUN, MAN, RUN aka SALUDOS HOMBRE aka CORRI, UOMO, CORR aka THE BIG GUNDOWN 2 - Sergio Sollima, 1968, Italie

Tomas Milian retrouve son personnage de Cuchillo qu'il incarna deux ans plus tôt dans le western THE BIG GUNDOWN de Sollima. Cuchillo, qui veut dire "couteaux" en espagnol, est un petit voleur mexicain incapable de tirer avec un pistolet, mais qui est extrêmement adroit au lancer de la lame tranchante.

Cuchillo se retrouve ici mêlé malgré lui dans une chasse au trésor après avoir aidé à évader un poète révolutionnaire de prison. Un poète propriétaire de 30'000$ en or, un magot destiné à financer la révolution, mais évidemment convoité par de nombreux bandits. Après la mort du poète, Cuchillo est le seul à savoir où se cache l'or, et devient ainsi la cible de bandits mexicains, d'un chasseur de prime américain, de businessmen flingueurs français...  et de sa femme qui désespère de se marier un jour avec cet homme qui ne cesse d'attirer des ennuis.

Sollima casse ici l'image du héros taciturne qui ne laisse passer que très peu d'émotion au profit d'un citoyen quasi minable, naïf et égoïste mais au fond doté d'un coeur grand comme ça. Milian est impeccable dans son rôle et parvient à rendre son personnage drôle et attachant sans jamais sombrer dans la gaudriole. Le film reste passionnant grâce aussi à une galerie de personnages hauts en couleur: les deux français sadiques, l'Américain solitaire (Donald O'Brien), la blonde de l'armée du salut, le poète révolutionnaire, ... L'aventure est menée de manière exemplaire par un réalisateur qui maîtrise son sujet et sait donner du souffle à son oeuvre bercée par une musique créditée à Bruno Nicolaï mais en réalité due à Morricone. Kerozene

Sergio Sollima est surtout connu pour ses westerns politiques. Celui-ci, récemment sorti en DVD par Blue Underground dans leur Spaghetti Western Box Set, est une suite de son Big Gundown, réalisé deux ans plus tôt. On y retrouve donc l'acteur cubain Tomas Milian dans le rôle de Cuchillo.

Emprisonné plus ou moins à tort, le voleur Cuchillo rencontre un poète révolutionnaire qui lui demande de s'enfuir avec lui et de le conduire à la frontière du Mexique et des États-Unis. En échange, il lui donnera cent dollars. Cuchillo accepte et s'enfuit, mais le poète meurt en lui demandant de remettre un trésor énorme pour la cause révolutionnaire des Mexicains. Le problème est cependant de taille, car le poète est mort avant d'avoir pu s'expliquer clairement à Cuchillo. Alors, comme dans un film d'espionnage, plusieurs factions s'affrontent et tentent de trouver l'argent.

Disons-le d'emblée, ce Run man run est le titre le plus faible du Spaghetti Box Set. Tomas Milian s'y fait plus discret qu'à l'accoutumée, l'humour y est dispensé avec une certaine parcimonie, et sa longue durée (120 minutes) n'arrange rien à l'affaire. N'ayant pas les talents de conteur d'un Corbucci, Sollima fait de son mieux mais sa réalisation demeure impersonnelle, et le rythme est souvent pesant. On a l'impression d'un western lent qui aurait gagné à être amputé d'une bonne quinzaine de minutes, afin d'en resserrer le rythme et d'aller droit au but...

Car, dans le fond, bien que le propos soit de gauche (comme celui d'un grand nombre de cinéastes italiens, par ailleurs), Sollima aurait dû se rendre compte qu'il ne faisait pas là une œuvre politique sérieuse, en dépit de sa bonne volonté. Les relations entre les personnages sont trop esquissées rapidement pour donner lieu à une véritable prise de conscience sociale. En plus, on nous a fait le coup des révolutionnaires sympathiques trop souvent pour qu'on donne dans le panneau sans au moins désirer approfondir un peu la question... ce que le cinéaste ne fait pas, peut-être à cause des contraintes génériques dans lesquelles il se trouve confiné.

N'empêche... Run man run n'est pas un mauvais film, mais ce n'est pas non plus l'un des fleurons du genre. Il s'agit d'un western honnête, consciencieusement réalisé, mais auquel il manque l'étincelle nécessaire, ce je-ne-sais-quoi dont sont faits ses concurrents plus aboutis. Howard Vernon

SABATA aka Ehi amico... c'è Sabata, hai chiuso! - Gianfranco Parolini avec Lee Van Cleef, William Berger, Ignazio Spalla, Franco Ressel, Linda Veras, Roberto Undari, Nick Jordan, Gianni Rizzo, Luciano Pigozzi, Marco Zuanelli, Franco Marletta, Andrea Aureli, Romano Puppo, Vittorio André, John Bartha, Spartaco Conversi, Antonio Gradoli, Rodolfo Lodi, Gino Marturano, Joseph Mathews, Mimmo Poli, Carlo Tamberlani, Bruno Ukmar, Franco Ukmar, 1970, Italie 106min - 111m uncut

Un vol de banque exceptionnel prend place pendant que tout le monde s'enivre au Saloon local. Un inconnu du nom de Sabata (Lee Van Cleef - For a few dollars more) décide d'intercepter les bandits et de ramener le coffre au maire de la ville. La récompense est minable comparativement au contenu du coffre, mais Sabata a une idée derrière la tête... Accompagné d'un robineux nommé Carrincha (Ignazio Spalla) et d'un Indien muet acrobatique (Nick Jordan - Supermen vs the Amazons), Sabata mène une enquête contre Stengel (Franco Ressel), le coupable du vol. Il réclame une compensation monétaire faramineuse en échange de son silence, mais Stengel riposte en force, engageant assassins et meurtriers pour envoyer Sabata six pieds sous-terre! Au milieu de l'action, un musicien de saloon nommé Banjo (William Berger - Keoma), vieux copain de Sabata, semble lui aussi vouloir une part du gâteau...

Dénichez ce film à tout prix! Avec un décompte dépassant 65 morts (dont une trentaine attribuée à Sabata) et son atmosphère de bande dessinée, ce western spaghetti est gagnant sur toute la ligne. Le scénario laisse tomber la logique et les éléments dramatiques, laissant place aux gadgets de Sabata, qui est toujours un pas devant ses ennemis, les abattants dans des scènes James Bondesque. Les personnages sont bien sûr très caricaturaux et unidimensionnels, mais tout cela fait partie du jeu du réalisateur Gianfranco Parolini. Ayant travaillé dans un cirque lors de sa jeunesse, ce dernier n'hésite pas à incorporer des acrobaties à ses films - voire les pirouettes de Nick Jordan - qui viennent d'ailleurs rehausser le facteur fromagé du film. L'ensemble bénéficie également d'une production soignée signée Alberto Grimaldi (The Good, the bad, and the ugly). Ajoutez les cadrages précis de Sandro Marconi (Django 2) et une trame sonore enjouée de la part de Marcello Giombini (Anthropophagus, Star Odyssey), et vous avez de quoi plaire à tout le monde! Suivi par Adios, Sabata (sans Van Cleef), et The Return of Sabata. Humanoid Zombie

SANTO CONTRA LOS JINETES DEL TERROR aka Santo vs the riders of terror - René Cardona, 1970, Mexique, version originale sous-titres anglais

Un groupe de lépreux s'échappent du leprosarium local. Ils seront récupérés par une bande de malfrats qui les utiliseront pour commettre des crimes puis ils se feront carrément passer pour eux. Le Shérif local fait appel à une légende vivante, Santo, qui se servira autant de ses ruses que de sa force pour trouver les vrais coupables et traiter avec respect ces malades. Les sauvera-t-il à temps ou les villageois réussiront-ils à les brûler vivant ?

On savait que Santo était une légende vivante dont le masque est passé de justicier en justicier, comme le Fantôme de Lee Falk. Ici on a droit à un véritable western, à une autre incarnation du lutteur au masque d'argent. Il aura fort à faire à cette époque ou les armes parlent souvent et ou il est difficile de calmer les veuves. Son masque fait jaser et on le traître carrément de "pigeon à tête blanche" ce qui amène une belle bagarre. À chaque fois qu'il monte à cheval, on sent la doublure à la carrure plus mince. Un western atypique et un film de Santo assez court qui se regarde bien. Une autre page de la légende est écrite ! Mario Giguère

  SENTENCE DE MORT aka SENTENZA DI MORTE aka DEATH SENTENCE aka DJANGO UNBARMEHRZIG WIE DIE SONNE - Mario Lanfranchi avec Robin Clarke, Richard Conte, Enrico Maria Salerno, Adolfo Celi, Tomas Milian, 1967, Italie

Faux western, faux polar, fausse tragédie, faux fantastique,,, mais vrai film.

L'agenda d'un demi-sosie de Steve McQueen vire à la routine : il enchaîne les rendez-vous au cours desquels il colle des balles dans chaque assassin de son frère.

Sur le fond le suspense est donc modeste, tout réside dans la forme.
... que j'ai adorée, la meilleure made in Italy de l'époque, et spécialement dans le registre surnaturel qui flambe les yeux : le rouge rouge, le saloon gigantesque aux quelques pantins figés, les 10 cavaliers qui portent des torches, le cimetière et l'église comme recoins à spectres, l'enchaînement précipité de scènes lentes qui égare le temps et l'espace, la perversité croissante du top 4 de la crapulerie rencontré, les cartes à jouer implacables.

Gianni Ferrio (qui sonorisera aussi Adios california de Michele Lupo, grand western post-Keoma : eh oui il en existe) donne exactement le souffle espéré.

Richard Conte, Enrico Maria Salerno, Adolfo Celi et Tomas Milian offrent de la chair à bourreau certifiée pur chacal.

Stevie mcqueen n'existe que par sa mission à leur faire la peau. En résumé, il possède un caractère « rancunier » comme aurait pu dépeindre Jean de La Bruyère.

Certes, une madame blonde tente bien, un instant, de détourner la conversation genre dis-donc beau cowboy il y fait frisquet la nuit dans ton cimetière tous les deux autour du feu de bois, hein. Lui ne percute nada, concentré contre son colt, il reste complètement de marbre sauf son organe reproducteur : gravement il précise d'ailleurs qu'il va juste faire ce qu'il a à faire, parce que s'il ne le faisait pas ce ne serait pas fait, d'autant qu'en vrai qu'il n'a rien d'autre à faire (je retranscris ici l'esprit du dialogue). Bigeyes

Les SEPT MERCENAIRES aka THE MAGNIFICENT SEVEN - John Sturges, 1960, États Unis 

Les westerns sortis de la grosse industrie américaine regorgent de cette espèce d'humour de kermesse de paroisse, de cette bonté de soir de Noël, de ces dénouements benêts de contentement. Bah, comme beaucoup des oncles ici, probablement, tout ça me chauffe au point que je préfère les chapeaux sur la tête des italiens.

Alors pourquoi tester ses nerfs sur ce capharnaüm de trompettes mouchachosses, de guitarasses tortillasses et de tacosses tambours qui, en comparaison, fait sonner n'importe quelle trilogie de starouarze comme une chorale de modestes ?

D'une, parce que le concept de base est complètement nippon, c'est en traversant le pacifique qu'il est devenu : sept gros frimeurs d'hollywood contre quarante fusils pouilleux.

Au milieu d'un village folklorique où gesticulent des péons en pyjamas blancs, on se fume le cigare, on en fait des caisses en marchant trois pas comme si on avait été élevé à cheval sur un fût de chêne. Le moustachu cruel est une sacrée vedette avec sa belle chemise rouge. Et puis Charles Bronson fend des bûches torse poil.

En voilà d'un spectacle simple et efficace, éminemment familial, compréhensible des meilleurs d'entre nous, du dernier petit cousin retardé mental à grand tonton qui commence à baver dans la soupe aux potirons.

Deux, parce que Yul Brynner, le chauve officiel d'Hollywood qui veille à garder son chapeau au soleil, adopte déjà la démarche robotique de Mondwest que le jeune Michael Myers avait dû apprécier. Probablement du temps où il habitait encore chez ses parents et qu'il sortait au ciné avec sa grande soeur.

Trois, parce que si le but du jeu est de trouver son chouchou des sept, je décerne de bon cœur mon pompon au mercenaire qui porte des gants noirs comme un acteur de porno gay. Qui d'ailleurs avait marqué de manière indélébile mes souvenirs de mioche. Alors lui, ils ont vraiment décidé de se le griller jusqu'au bout : à l'origine il est soi-disant un chasseur de primes, en clair un charognard, maintenant aux abois parce que toutes ses relations professionnelles veulent se le buter par amitié. Forcément il a tendance à se terrer en douce au moindre pétard. A un moment il se fait même surprendre en pleine crise de delirium tremens, une cruche de gros plant du pays nantais à la main. Son objectif principal pendant tout le film semblerait d'attraper trois mouches à la fois dans sa main droite, pour se prouver qu'il lui reste encore des glandes en état de goutter, sacré Robert Vaughn : un numéro de cirque ambulant. Bigeyes

SHANGHAI JOE aka the Fighting Fists of Shanghai Joe aka My Name Is Shanghai Joe aka To Kill or to Die aka Il-Mio nome è Shanghai Joe - Mario Caiano, 1972, Italie

Un chinois maître ès Kung Fu débarque aux États-Unis pour recommencer sa vie et choisit le Texas pour s'établir.  Risible prétexte s'il en est pour Mario Caiano, mais ce dernier se contente, à ce que j'ai cru comprendre, de très peu.  Notre Joe se heurte au racisme des texans et se frotte mine de rien à des trafiquants d'esclaves mexicains (qui ont l'air de tout sauf de mexicains), qu'il décidera de combattre, se souvenant soudain qu'il appartient à un ordre moral chinois qui ne vit que pour lutter contre l'injustice à travers le monde.  Maintenant, si vous n'avez jamais envisagé le pire, préparez-vous.  Car s'est là que commence la débandade : combats au ralenti "featuring" Shangaï Joe qui lance des assiettes à la tête de cow-boys complètement ahuris, bonds spectaculaires filmés en "reverse" et pimentés du cri inoubliable du chinois en guerre, et effets spéciaux à donner mal à la rate.  Sur la pochette, on peut lire "Klaus Kinski dans... Shangaï Joe". Et effectivement, à environ une heure du début du film, on a droit à sa brève présence dans le rôle d'un somptueux scalpeur fou qui s'en prend à notre héros. Mal lui en prend, car personne ne survit à l'expertisekaratécate de Joe; Kinski meurt dans d'atroces souffrances à peine deux minutes après son arrivés à l'écran.  Un bijoux de spaghetti western différent, une féroce comédie qui s'ignore, bref du baume au coeur des tristes sires pour une soirée de pluie aux larmes. Orloff

Chen Lee est Shangai Joe, un jeune chinois rempli de sagesse qui pose le pied sur les Etats-Unis à la glorieuse époque de la conquête de l'Ouest. Désireux de mener une vie nouvelle, il refuse de faire comme les siens en ouvrant une blanchisserie. Son rêve à lui, c'est de devenir cow-boy. Malheureusement, déjà que ce n'est pas facile pour les noirs de se faire entendre, inutile de préciser à quel point c'est pas évident pour un chinois, surtout si celui-ci vise le job le plus couru des rednecks conservateurs et des hors-la-loi sans foi ni loi. Suite à plusieurs malheureuses rencontres à l'issue desquelles Shangai Joe s'en sort à grands coups de pied dans la gueule (car il est bien entendu expert en art martiaux), sa tête est mise à prix, poussant les pires mercenaires à ses trousses. Ainsi rencontrera-t-il de fortes gueules, comme celles de Cameron Mitchell ou Klaus Kinski, mais aussi l'amour, incarné par Christina, jeune et belle mexicaine méprisée des vilains hommes blancs. Ne trouvant adversaire à sa taille, un acolyte japonais ayant trahi les codes d'honneur viendra lui faire face.

Mario Caiano nous a concocté ici un bon petit western bien fou comme on les aime. Le mélange kung-fu - western italien prend merveilleusement bien. L'histoire est extrêmement simple et permet d'étaler une galerie de personnages décalés tous aussi délicieux les uns que les autres : Pedro le cannibale, Mitchell le faiseur de pièges, Kinski le scalpeur, etc&ldots; Le tout mené sur une musique de Bruno Nicolai qui lorgne inévitablement sur le grand Ennio, c'est un véritable petit bonheur pas prétentieux pour un sou, qui nous fait rapidement oublier les piètres qualités d'acteurs de Chen Lee. Kerozene

Le SPÉCIALISTE aka GLI SPECIALISTI aka SPECIALISTS aka DROP THEM OR I'LL SHOOT - Sergio Corbucci, 1969, Italie/France/RFA

Johnny Halliday est Hud, cavalier solitaire au regard bleu perçant, portant une côte de maille en guise de gilet pare-balle et possédant la réputation enviable de tueur sans merci. Après avoir montrer à quelques hommes du truand mexicain El Diablo qu'il ne fallait pas se mettre en travers de son chemin, Hud se dirige vers Blackstone, un bled tenu par un shérif aux élans pacifistes pas toujours bien vus puisqu'il exige de toute personne pénétrant dans sa juridiction de lui confier son ou ses armes. Seulement la population de Blackstone a peur, car elle est responsable du lynchage injustifié du frère de Hud qui lui nourrit le désire de venger sa mort. Tous réclame donc l'arrestation de Hud, mais le shérif tient à ce que la loi soit respectée de tous.

Juste après LE GRAND SILENCE, Corbucci continue sur sa lancée des pistoleros solitaires, lancée qui se terminera d'ailleurs avec ce film qui se prit une veste lors de sa sortie. Corbucci a ici lâché la bride et adopte un ton nettement plus léger que pour DJANGO ou LE GRAND SILENCE, du coup, l'ensemble du film apparaît inévitablement édulcoré en comparaison avec ses prédécesseurs - même lors du final certes marquant (et rappelant étrangement les photos de l'artiste Spencer Tunik puisque tout le bled se retrouve à poil) mais nettement moins violent. Pourtant, quelques éclairs de violence et quelques personnages poussent parfois le film vers un lyrisme plus sombre, notamment avec El Diablo (Mario Adorf), bandit manchot narcissique ne se déplaçant jamais sans son jeune biographe, Virginia (Françoise Fabian), responsable de tous les maux de Blackstone et manipulatrice machiavélique, et enfin une bande de quatre hippies semblant sortir d'une autre époque, fumant de gros joints et agissant comme de sales petites frappes. Quant à Johnny, il ne se démerde pas trop mal et a de l'allure dans sa défroque de cow-boy ne souriant jamais. Malheureusement la version française trahi un certain inconfort pour l'acteur à réciter ses textes de manière adaptée, idem pour Françoise Fabian d'ailleurs. Côté musique, le score de Angelo Francesco Lavagnino sonne bien tristement et peine à se faire remarquer, on regrette forcément les grands noms du genre, d'autant plus que Lavagnino semble ne jamais savoir quelle orientation prendre, ne serait-ce que dans l'instrumentation de ses morceaux. Ce n'est pas pour autant que LE SPÉCIALISTE est un mauvais film, il se laisse regarder sans déplaisir mais fait clairement pâle figure à côté d'autres titres de Corbucci signés à cette même époque. Kerozene

The STRANGER AND THE GUNFIGHTER aka La brute, le colt et le karaté aka Là dove non bate il sole - Antonio Margheriti alias Anthony M. Dawson avec Lee Van Cleef, Lo Lieh, Julian Ugarte, Karen Yeh, Patty Sheppard, Erika Blanc, Femi Benussi, Georges Rigaud, Goyo Peralta, Al Tung, 1974, 107m

Un cowboy rugueux, Dakota, cherche à dévaliser le coffre de banque de Monsieur Wang, un chinois vivant à Monterey. Mais au lieu de l'argent, Dakota ne trouve que quatre photos de femmes. Wang ayant été tué malencontreusement au cours du vol, Dakota est arrêté et condamné à être pendu pour ce crime. Un jeune Chinois neveu de Wang, Wang Ho Kiang, part pour les États-Unis afin de récupérer la fortune de son oncle. Or, il s'avère que Wang avait tatoué sur la peau (les fesses!) de ses quatre maîtresses des indices conduisant à la cachette de l'argent. Ho Kiang fait alors libérer Dakota de prison pour le mener à la tombe de son oncle où les photos des maîtresses en question ont été enterrées. Une fois les photos récupérées, Ho Kiang et Dakota se lancent alors à la recherche des quatre femmes en question pour rassembler les indices menant au trésor de Wang. Leur odyssée est cependant chargée d'embûches et seul l'habileté dans la pratique des arts martiaux de Ho Kiang jumelée avec la dextérité au pistolet de Dakota les aident à en réchapper. Une surprise les attend néanmoins au bout de leur quête.

Depuis le succès de "SOLEIL ROUGE", certains westerns ont emboîté le pas en insérant des personnages orientaux dans le cadre du genre. C'est ainsi qu'avec la mode des films de kung-fu asiatique, quelques réalisateurs italiens ont décidé d'exploiter ce filon en mariant des combats d'arts martiaux, style Shaw Brothers, avec les clichés stylisés du western-spaghetti. Ce film de Margheriti n'est donc pas le premier du lot (voir MON NOM EST SHANGHAÏ JOE par exemple) mais il se démarque par sa truculence et par le traitement humoristique des affrontements, que ce soit au pistolet ou à mains nues, entre les protagonistes. Sans être d'une transcendance quelconque, la mise en scène ne manque pas d'ardeur et illustre avec savoir-faire une intrigue pleine de rebondissements amusants. Le film se veut donc une parodie colorée, voire pittoresque, où les scènes de violence sont traités avec légèreté, tout comme les moments égrillards. Co-production oblige, (Carlo Ponti avec Shaw Brothers) le budget du film se veut confortable et au-dessus de la moyenne, ce qui ne gâche rien. Lee Van Cleef nous offre une composition dégagée de son personnage de cowboy et Lo Lieh, en plus d'être en grande forme acrobatique, est d'une sincérité naïve très drôle dans son rôle de Chinois évoluant dans l'Ouest américain. À voir donc. Mathieu Lemée

T'AS LE BONJOUR DE TRINITA aka RITA NEL WEST aka LITTLE RITA NEL WEST aka CRAZY WESTERNERS - Ferdinando Baldi, 1967, Italie

Little Rita, "la plus grande emmerdeuse de l'Ouest", se met en tête de réunir tout l'or du pays dans une caverne gardée par des indiens dans le but de le détruire, la raison étant qu'il est à l'origine de tous les maux que connaissent les hommes. Déjà bien avancée dans sa mission, il lui reste à faire face aux pires salopards encore en vie, à savoir Ringo et Django. Une chose à laquelle elle parvient avec une insolente facilité. Mais son chemin croise celui de Trinita, et soudain son coeur chavire...

RITA NEL WEST parodie allègrement le western à l'italienne: le sombre pistolero est remplacé par une gamine incarnée par Rita Pavone, chanteuse populaire locale, Ringo (Kirk Morris !) se fait ridiculiser dans un saloon, Django se fait flinguer dans un cimetière lors d'une scène faisant évidemment référence au final du classique de Sergio Corbucci et de nombreux titres de modèles du genre sont cités au travers de dialogues pas toujours légers mais rigolards:

- Ringo: Je ne l'ai fait que pour une poignée de dollars.

- Little Rita: Et moi je suis sûre que tu l'as fait pour quelques dollars de plus.

Le film n'oublie pas non plus de se moquer gentiment du western américain lors de la mort de Django qui lâche en agonisant: "Je veux mourir comme dans un western américain: les indiens et les mexicains meurent sur le coup, mais les cow boy ont droit à 2 minutes 35 de monologue sur leur vie...". Une blague pas si déplacée que cela quand on y pense. Mais parfois la parodie sombre dans des excès d'absurdité dignes du ZAZ, notamment lorsque Little Rita extermine le gang de Sancho (Fernando Sancho) grâce à une grenade qui propulse et explose des mannequins de mousse à dix mètres du sol!

Du côté des indiens, on retiendra la très drôle interprétation du chef Bison Acide par Gordon Mitchell, se triballant constamment avec un club de golf et fumant le narguilé en balançant des phrases ridicules pleines de sagesse dignes d'un Confucius sous... acide. Vient enfin Trinita, incarné par nul autre que Terence Hill, pas moins de trois années avant la création de son personnage dans ON L'APPELLE TRINITA. La raison de ce paradoxe temporelle tient au fait que le film fut exploité en France après le succès du film d'Enzo Barboni, Trinita s'appelant ici à l'origine Black Star. La version française fait de plus l'impasse sur ce qui fait d'ailleurs la plus grande originalité du film, à savoir ses scènes chantées! Car RITA NEL WEST est à la base une comédie musicale mettant à profit l'organe vocale de Rita Pavone. Ce remontage, réduisant le métrage à 75 petites minutes, rend certaines scènes du film totalement surréalistes, comme lorsque les gangsters mexicains s'apprêtent à exécuter Little Rita dans un élan chorégraphique! On nage alors en plein délire que le contexte musical aurait bien entendu rendu compréhensible. Malgré cela (ou grâce à ça), le film reste agréable, frais et divertissant. Kerozene

The TERROR OF TINY TOWN - Sam Newfield, 1938, États Unis   

THE TERROR OF TINY TOWN a tout du western classique: une ville poussiéreuse, un gentil cow-boy aux habits blancs, un méchant cow-boy aux habits sombres et son gang de crapules, une prétendante prise entre deux feux, un saloon avec ses prostituées et sa matrone chanteuse de cabaret, un peu d'action et beaucoup de romance... Bref, le contenu classique du western américain de l'époque. Sauf que le père Newfield n'utilise que des nains pour interpréter ses personnages, ce qui donne lieu à des séquences proprement surréalistes puisque les décors du film ne sont évidemment pas adaptés du tout à leur petite taille! En revanche, et heureusement, les chevaux le sont. Il est donc impossible de ne pas rire à la vision d'une naine pointant avec peine un revolver aussi grand que son bras sur un truand ou encore lorsque les cow-boys au faciès durs et déterminés traversent l'entrée du saloon en passant sous la porte! Le sentiment que l'on éprouve devant un pareil spectacle oscille entre un étrange étonnement - voire de la fascination - et une certaine gêne, car le film est ce qu'il est, c'est à dire une exploitation du handicape des ces petites gens qui frise l'indécence. Il n'empèche que cette pelloche est une curiosité qu'il faut avoir vu au moins une fois. Newfield, toujours prompt à innover, signe à la même époque HARLEM ON THE PRAIRIE, un western au casting 100% noir. Kerozene

An ben c'est le fun ! Et c'est traité sérieusement la plupart du temps. Il y a bien ici et là quelques gags propres à la petitesse des acteurs, comme le fait de devoir être deux pour jouer de la contrebasse ou ce serveur qui avalent d'un trait son énorme verre de bière, sinon, le scénario n'a probablement pas été écrit en fonction des acteurs, qui par ailleurs, font partie d'une troupe spécialisée:Jed Buell's Midgets. C'est donc curieux, ouais les portes de saloon sont pas mal hautes, mais ce n'est pas condescendant. Comme la majorité des films de cette époque, c'est ponctué de chansons simplettes au refrain facile et il y a au moins le héros qui est de toute évidence doublé pour chanter la sienne ! Mario Giguère

TEXAS ADDIO aka Django The Avenger - Ferdinando Baldi avec Franco Nero, Alberto Dell'Acqua, Elisa Montés, José Guardiola, Livio Lorenzon, Hugo Blanco, José Suarez, Luigi Pistilli, 1966, Italie, 92m

Shériff d'une petite ville du Texas, Burt Sullivan décide de partir pour le Mexique afin de retrouver l'assassin de son père et de le ramener aux États-Unis pour qu'il soit jugé. Il est accompagné pour ce voyage par son jeune frère Jim. Le meurtrier s'avère être Cisco Delgado, qui est maintenant devenu un important ranchero tenant, grâce à ses hommes de main, toute une ville et sa région environnante sous sa coupe. Les deux frères Sulllivan ne se laissent pourtant pas impressionner et parviennent à approcher le ranchero en question pour lui régler son compte. Mais un secret inattendu est dévoilé alors que Cisco Delgado se révèle être le véritable père de Jim. Pris au dépourvu, Burt est reconduit à la frontière par les hommes de main du ranchero tandis que Jim reste avec son "nouveau" père. Burt réussit pourtant à se débarrasser des tireurs à la solde de Cisco et revient au Mexique pour l'affronter personnellement. Burt risque cependant d'affronter aussi son frère Jim dans la foulée, ce qui pourrait mettre fin tragiquement à leur amitié fraternelle.

Ferdinando Baldi est un autre de ces fertiles réalisateurs italiens de films commerciaux qui s'est toujours mis à la remorque des modes. Il s'est néanmoins surtout distingué dans le western-spaghetti grâce à quelques traits