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MARIO BAVA 1914 - 1980

Le regretté Mario Bava, réalisateur, photographe et artisan d'effets spéciaux remarquable, a influencé toute une génération de réalisateurs dont Martin Scorcese, Dario Argento ou Tim Burton en passant par David Lynch. Paternel et tueur du Giallo ! On inclut les films qu'il a photographié ou produit car il y a souvent laissé sa marque.

mise à jour le 4 novembre 2022

KIDNAPPED - Mario Bava et Lamberto Bava avec Riccardo Cucciolla, Don Backy, Lea Lander, Maurice Poli, tourné en 1974, complété en 1998, remonté en 2007

J'ai écouté la version "restaurée par Lamberto Bava et Alfredo Leone" et Rabid Dogs... Puis, le résultat n'est pas aussi désastreux que quelques reviews l'avait dit.

Il y a quelques plans complémentaires qui ont été tournés avec de nouveaux comédiens... On y voit notamment la mère du petit garçon au début et à la fin du film, un type de la banque qui téléphone à la police pour signaler le vol et un inspecteur de police qui discute avec la mère au téléphone.

Ca ne brûle pas le punch de la fin, puisque qu'on ne connaît pas l'identité de cette femme et le pourquoi de son appel a la police... Mais ça donne quand même quelques indices et la fin devient moins gratuite. La nouvelle musique de Cipriani ne m'a pas particulièrement marqué, mais j'aimais beaucoup plus celle utilisé dans RABID DOGS.

En conclusion, le résultat est correct, mais elle ne transforme pas le film de beaucoup. Si vous vous attendez à beaucoup, vous allez être déçus. Black Knight

MARIO BAVA MAESTRO OF THE MACABRE 

Excellent documentaire sur le réalisateur Mario Bava, avec plein d’entretiens avec, entre autres, Joe Dante, John Carpenter, Alfredo Leone, le compositeur Rusticelli, Carlo Rambaldi, le biographe Tim Lucas, Tim Burton, son fils et son petit fils et j'en passe. Plein d’extraits, de confidences, d'analyses sur les films, l'influence de Bava et sa personnalité. Y a que le prix qui est trop élevé pour une heure sans extras, mais sinon, c'est à voir ! Mario Giguère

LA VENERE DI ILLE aka Venus of Ille, 1978, TV 

Est-ce que la belle statue qui a été découverte lors de travaux de déracinement d’arbres est envoûtée, ou pire, vivante ? Voilà le sujet principal de ce téléfilm dirigé de main de maître par Bava père et fils et mettant en vedette la charmante Daria Nicolodi. Le scénario tourne autour de l’amour et de ce que l’on est prêt à faire pour le vivre. La caméra bouge autour de Daria et du bronze avec une sensualité exacerbée. En cette époque ou le digital est roi, il fait bon de voir un réalisateur qui s’appuie sur le mouvement de caméra et le montage et le son pour nous faire croire à l’impossible. Une merveille de téléfilm ! Mario Giguère

SHOCK 1977

J’ai finalement regardé le dvd d'Anchor Bay. Un très beau transfert, à part un décalage de la trame française dans la deuxième partie, mais comme ça ne parle pas beaucoup ! Le défi était de taille, une bonne partie du film reposant sur les épaules d'un enfant, pas toujours excellent. J’ai mieux apprécié à cette deuxième écoute, connaissant le noeud de l'histoire que je ne dévoilerai pas. La chute de Daria Nicolodi vers la folie est bien amenée et son numéro d'actrice est toujours impressionant. En regardant l'entrevue de Lamberto Bava après le film, celui-ci confirme nos soupçons au sujet du scénario. Pas le meilleur Bava, mais une réussite. Mario Giguère

Avant-dernier film de Mario Bava, SHOCK signale le tournant qu'allait prendre le cinéma d'épouvante italien dans les années 80 : petit budget et effets-choc. Entre les mains de certains réalisateurs, les films que desservaient de telles contraintes pouvaient malgré tout devenir des classiques (ceux de Lucio Fulci, notamment). Pour d'autres, le résultat était moins convaincant.

Étant le professionnel que l'on connaît, Mario Bava a signé avec SHOCK un film réussi et original. Il disposait à la base d'un quatuor d'acteurs convaincants : Daria Nicolodi, John Steiner, Ivan Rassimov et le jeune David Colin jr. Chacun de ces quatre acteurs avait déjà été impliqué dans un film fantastique ou de terreur précédemment (pour le jeune acteur, ce fut Chi Sei ?).

Le scénario nous laisse croire au début à une classique histoire de maison hantée : Dora déménage dans une demeure avec son fils Marco et son conjoint Bruno. Or, assez rapidement, le comportement du fils devient bizarre... mais rien du genre THE EXORCIST. Juste de petits dérapages, qui s'aggravent cependant au point de devenir inquiétants. Et qu'en est-il de cette présence que Dora ressent un peu partout ?

Bava ne dévoile pas son jeu tout de suite, et au fur et à mesure que le film progresse, le scénario (auquel Bava n'a pas participé) révèle certaines surprises, certains secrets que le spectateur ignorait. Ces passages n'ont d'ailleurs rien de " coups de théâtre " laborieux improvisés pour sauver un scénario chancelant", mais s'inscrivent au contraire dans la logique narrative du film, une logique à la fois onirique, fantastique et réaliste.

La musique de I LIBRA rappelle étonnamment celle de GOBLIN, pour une raison claire d'ailleurs : ce groupe comprenait au moins un membre de Goblin. On a donc droit à un mélange de rock atmosphérique avec un hard rock progressif et tribal pas trop piqué des vers, de même qu'à un thème d'ambiance joué au piano.

Nicolodi y livre probablement sa meilleure performance d'actrice (ses rôles chez Argento ont toujours été un peu ingrats), celle d'une mère au passé trouble qui bascule peu à peu dans la folie. À côté d'elle, John Steiner fait peu de choses, se contentant d'avoir l'air d'un homme insouciant et un peu falôt. On reconnaît de temps en temps une lueur bizarre dans son regard, mais guère plus. Rassimov, lui, écope d'un rôle ingrat de psychiatre qui ne lui permet pas de développer ses capacités à camper des personnages inquiétants et démoniaques. Le reste du film repose donc sur les épaules de David Colin jr, très surprenant et crédible en enfant de 7 ans désaxé et possédé par l'esprit de son père mort.

Dans l'espace d'environ 90 minutes, Bava accumule choc après choc. Si certaines scènes paraissent aujourd'hui un peu bancales (un rasoir qui se balade dans les airs), la plupart des effets sont réussis et certains effets choc sont vraiment efficaces. Pour toutes ces raisons, SHOCK est une réussite intéressante... Probablement pas le chef-d'œuvre de Mario Bava, mais à ranger parmi les " bons " films du réalisateur, en dépit de contraintes budgétaires et d'une esthétique moins saisissante (au point de vue visuel et en ce qui concerne le travail avec la caméra) que certains films antérieurs. Howard Vernon

CANI ARRABIATI aka RABID DOGS - Mario Bava, Italie, 1974 

Ce film un peu bavard démarre sur les chapeaux de roues avec un vol à main armée que commettent Luigi Montefiori et sa bande.  Le départ donne le ton à tout le film, qui se situe presque en temps réel et qui se passe, chose inusitée, presque entièrement dans une voiture. Oh bien sûr Bava utilise d'autres lieux, mais l'essentiel de l'action se déroule à l'intérieur de la carlingue et captive son spectateur malgré une diarrhée verbale et la couleur peu évidente des sous-titres (jaunes, et le film n'est pas widescreen).  Les thèmes abordés sont la déshumanisation animale de l'homme traqué et la détresse morale de leurs otages, en passant par quelques références fétichistes qui font sourire.  Le tout, traité avec la caméra nerveuse et majestueuse de Bava, se savoure comme un Big Mac après un jeûne de six jours. Les acteurs sont dans le ton, et la musique (bien qu'un peu redondante) est tragiquement inoubliable.  Le thème musical nous reste longtemps dans la tête après le visionnement, ainsi que le destin de ces personnages de fiction et le "punch" si habile que Bava nous fait exploser au visage, presque aussi efficacement que dans BAY OF BLOOD, mais avec cette fois-ci un sentiment de réelle surprise qui plane dans l'esprit du spectateur.  Une grande oeuvre négligée. P.A. Buisson

La CASA DELL'ESORCISMO aka The House of  Exorcism aka Lisa and the Devil, Italie, 1973

Une jolie touriste, Lisa, se perd dans une ville où les habitants agissent de manière étrange. Tentant de retrouver son chemin, elle fait la rencontre d'un mystérieux personnage qui adore les suçons, qui se balade avec une marionnette géante et qui ressemble beaucoup trop à une célèbre peinture du Diable que l'on retrouve sur l'un des murs de la cité. Lisa va fuir cet homme à maintes reprises, faire une étrange rencontre et finalement se retrouver en compagnie d'un couple riche ainsi que leur chauffeur et ils s'arrêteront dans un gigantesque manoir habité par des personnages louches cachant un terrible secret. Meurtres sanglants et phénomènes paranormaux vont suivre.

LISA AND THE DEVIL est une oeuvre bien particulière, au début, on croit avoir affaire à un autre film plus "artistique" où le réalisateur ne fait que montrer des images bizarres dans le but de choquer le spectateur. Mais plus le récit prend de l'importance, plus on se rend compte que l'histoire est magnifiquement bien concoctée et que les scénaristes sont en plein contrôle de la situation. Au-delà des scènes surréalistes se trouvent donc un récit très bien construit qui passionne et qui nous fait réfléchir sur le comportement des personnages.

Mais bien sûr, il ne faut pas non plus laisser passer la direction magnifique de Mario Bava qui est au sommet de son art. Il réussit à créer un véritable suspense, semblable à celui de BLACK SABBATH, et ses plans magnifiquement travaillés donnent une ambiance toute particulière au récit. De plus, il a su diriger l'excellent Telly Sullivan pour nous donner une performance extraordinaire dans le rôle d'un Diable à la fois sympathique et cruel.

LISA AND THE DEVIL est un classique du cinéma d'horreur et mérite plusieurs visionnements. Oncle Freak

GLI ORRORI DEL CASTELLO DI NORIMBERGA aka THE BARON BLOOD - Mario Bava avec Joseph Cotten, Elke Sommer, 1972, Italie/Allemagne, 95m

De visite auprès de son oncle, le descendant du Baron Otto Van Kleist essaye d'en savoir un peu plus sur la malédiction qui pèse sur celui qui terrorisait la région en son temps. Armé d'un vieux parchemin, il se met en tête d'aller invoquer l'âme de son lointain ancêtre en compagnie de la jolie étudiante qu'il vient à peine de rencontrer. En prononçant ces incantations, les deux jeunes gens vont ressusciter le baron sanguinaire et tortionnaire mort depuis plus de trois siècles. La série d'atrocités va recommencer, car le baron n'est pas vraiment revenu d'outre tombe pour chômer !

BARON BLOOD se révèle être une oeuvrette assez prenante et pleine de charme près de 35 ans plus tard. Si l'intrigue tente d'innover, on ne peut en dire autant du déroulement du scénario fort classique et largement pourvu d'évènements prévisibles. Mais c'est déjà sur sa mise en scène que Bava s'en tire ici haut la main.

Cadrages assez acrobatiques, gros plans judicieux, il transcende même par la magie de ses éclairages le cadre, assez banal, d'un château Bavarois. Il nous gratifie de surcroÎt de quelques très jolies scènes, comme celle de la résurrection du Baron, celle d'une poursuite dans les rues désertes et embrumées d'une citée figée ou encore celle de la vengeance des torturés ou celle du vertige soudain de la belle Elke Sommer.

Pas toujours reconnu comme un bon film, Bava nous prouve ici qu'il n'y a pas réellement d'œuvre mineure chez les grands. Marc Evil

La BAIE SANGLANTE aka REAZIONE A CATENA aka Twitch of the Death Nerve, 1971, Italie

J'avoue, j'avoue, à 15 ans j'avais pris ce film avec un oncle cinéphile, uniquement pour me moquer, la jaquette nous semblait vraiment hideuse, on sentait le bon film d'horreur italien à deux balles, de plus, ma faible culture cinéma faisait que j'ignorais le nom de Mario Bava.

Et on s'est bien moqué pour tout dire, on trouvait les couleurs horriblement laides, le doublage nul, et le scénario, mon dieu le scénario !!! Une enfilade de meurtres qui nous semble à peine justifiés par le récit, on s'amusait à deviner à quelle mode serait tués les prochaines " innocentes " victimes (je mets entre guillemets parce que tous sont un peu pourris), on a facilement deviné que le couple copulant serait transpercé par la lance africaine (trop facile), par contre la fin nous avait un peu surpris en bien.

Et depuis, je regrette tous ses lazzis et sarcasmes, entre-temps j'ai vu le masque du démon, la corps et le fouet, et me suis passionné pour le cinéma de genre. Les visions suivantes de la Baie Sanglante ont été bien différentes, je me suis régalé de l'ironie des situations, j'ai apprécié la manière dont Bava filme et monte ses scènes, et ce qui me semblait sordide... me semble toujours sordide mais maintenant j'aime ça !! Les personnes sont beaucoup plus complexes psychologiquement que je ne l'avais pensé, mais pour la fin j'ai pas changé d'avis, elle est vraiment géniale !!! Je le revois régulièrement sans me lasser.

Bravo BAVA. Richard Ludes

FIVE DOLLS FOR AN AUGUST MOON aka CINQUE BAMBOLE PER LA LUNA D'AGOSTO  aka Cinq Filles Pour une Nuit Chaude d'Été, aka l'Île d'Épouvante, 1970, 81m.

Quatre couples sont réunis sur une île, avec deux domestiques, afin de discuter affaires; l'un d'entre eux vient en fait d'inventer une formule scientifique qui permettra à son possesseur de s'enrichir à coups de millions. Il y a là l'allumeuse typique, les industriels véreux de service et leurs épouses, dont deux lesbiennes qui n'ont pas envie qu'on apprenne leur liaison. Leur week-end de vacances se gâtera quand le corps d'un domestique sera retrouvé sur la plage avec une jolie plaie béante à la poitrine. Dès lors ils se rendront compte que pour certains d'entre eux, la vie humaine ne vaut pas cher la livre.

Après une période surtout marquée par des films de commande réalisés à contrecoeur ou pour l'argent, avec de gros budgets, le retour de Bava au giallo à petit budget se déroulant dans un seul et même lieu, pratiquement sans effets spéciaux, est un huis-clos plutôt réussi. Le style photographique du maître transpire dans chaque plan, et ses zooms de ponctuation n'ont jamais été aussi bien utilisés. On ne ménage pas les orgies psychédéliques de couleurs qui se fondent l'une dans l'autre dans une sublime sarabande visuelle. Edwige Fenech joue la séductrice impénitente et on regrette qu'elle ne figure que dans quelques scènes. La musique tropicale et envoûtante est un agrément qu'il serait difficile de négliger, créant une ambiance touffue que vient confirmer la végétation quasi tropicale de l'île. L'intrigue bien ficelée se déroule sans une seule anicroche, et on est loin de l'incohérence parfois reprochée au genre en général. Un bon film pour s'initier à l'univers feutré et coloré d'un des meilleurs réalisateurs italiens de l'époque. P.A. Buisson

Coincé avec la trame connue d'un Agatha Christie et n'ayant qu'une fin de semaine pour préparer le film, Bava s'amuse encore à nous amener sur plein de fausses pistes. Sa caméra racole Edwige Fenech, ici en garce mignonne, les éclairages sont toujours soignés. La musique est du tonnerre, le ton léger, l'ironie et l'humour noir abondent. On ne croirait pas du tout que Bava était mal pris. Et il signe le montage.

Le dvd offre une image et des couleurs superbes. En version anglaise ou originale sous-titrée, le noeud de l'intrigue, que je n'avais pas saisi en voyant la version française, nous rappelle les fins légères de ses films comme THE GIRL WHO KNEW TOO MUCH, l'original BLACK SABBATH ou le futur BAY OF BLOOD. Il est quand même curieux qu'un cinéaste qui pratiquait l'humour dans ses films au scénario sombre n'aie pas tellement réussi la seule vraie comédie qu'il ait signée, son DR GOLDFOOT. Mario Giguère

Ce film mineur de Mario Bava a quand même quelques qualités : l'habituel style du cinéaste italien, une équipe d'acteurs plaisants (dont William Berger et Edwige Fenech) et une bande son lounge de Piero Umiliani.

Pour le reste, il s'agit clairement d'une commande : transposer (sans trop souligner le démarquage) à l'écran le célèbre roman d'Agatha Christie, Les dix petits nègres.

On retrouve donc dix personnages sur une île. Trois d'entre eux désirent acheter une formule industrielle à un scientifique, lequel ne désire pas la vendre, malgré l'offre alléchante. Bientôt, les meurtres commencent à survenir et l'on suppose que quelqu'un parmi les dix manigance en vue d'obtenir l'argent, la formule ou les deux.

Comme souvent dans ce genre de films, la logique est un peu malmenée au profit des coups de théâtre. Je n'ai rien contre la logique malmenée, soit dit en passant, lorsqu'elle s'inscrit dans un cadre fantastique ou irréel, mais lorsqu'on baigne dans un cadre tout à fait réaliste, il s'agit plutôt de paresse scénaristique que d'un effet voulu délibérément.

Le style très distancié dans lequel baigne le film finit par laisser le spectateur indifférent au sort des personnages. Chaque mort n'a pas grand impact, et la musique légère d'Umiliani semble indiquer que tout cela n'est qu'un jeu un peu vain. Même les personnages ne s'en formalisent pas, préférant batifoler dans l'île, boire ou jouer aux échecs.

Il faut donc prendre le film pour ce qu'il est, qui, hélas, signalait déjà la tournure prise par la carrière de Mario Bava à partir de ce moment-là : sauf exception, des films de commande sympathiques mais sans grandes conséquences, entrecoupés de périodes de silence.

Seule la fin de ce long-métrage fait sortir le " vrai " Bava, une fois l'intrigue des Dix petits nègres expédiés, on l'on retrouve tout à coup la griffe scénaristique et visuelle du cinéaste, l'espace d'une dizaine de minutes, hélas trop furtivement écoulées. Howard Vernon

ROY COLT AND WINCHESTER JACK - Mario Bava avec Brett Halsey et Marilù Tolo, 1970, Italie

Après une bastonnade pour trouver qui est le chef de la bande, Colt décide de se trouver un job honnête. Pendant que Winchester s'acoquine avec une belle indienne - Marilù Tolo en grande forme - Colt deviens Sheriff et tout le monde et la bande du révérend partent à la recherche d'or caché.

Satire des westerns italiens de l'époque, la comédie se regarde beaucoup mieux que la suite du Docteur Goldfoot. Les acteurs ont un plaisir évident, la galerie de personnages est pittoresque, le rythme est rapide, bref, on s'amuse bien. La musique de Piero Ulimiani est excellente. On reconnaît la touche de Bava dans quelques éléments de décors peinturés sur vitre et plusieurs zooms et une fin ironique comme il en a souvent choisi. Car comme son film précédent: 5 FILLES PAR UNE CHAUDE NUIT D'ÉTÉ, le scénario a été retravaillé par Bava et ses collaborateurs. Le résultat est plaisant. Mario Giguère


Bekim Fehmiu

L'ODYSSÉE - Franco Rossi/Mario Bava avec Bekim Fehmiu, Irene Papas, Barbara Bach, Michèle Breton, Fausto Tozzi, Renaud Verley, Marina Berti, 1968, Italie/Yougoslavie/Allemagne

C'est avec un plaisir toujours renouvelé que j'ai regardé à nouveau la mini série de Franco Rossi et Mario Bava ( non crédité, il a réalisé l'épisode du cylcope Polyphème ).

D'entrée de jeu, on visite les lieux tels qu'on peut les voir aujourd'hui, avec la narration, qui sera omniprésente et la musique sublime de Carlo Rustichelli. Une impression de sérénité, de communion avec la nature se dégage immédiatement. Pendant environ 45 minutes on est dans la maison d'Ulysse, absent depuis déjà 20 ans, parti pour la guerre de Troie, mais perdu au retour. Penelope (la belle Irene Papas), son épouse, tisse et retisse, essayant de retarder le  moment ou elle devra choisir un nouvel époux parmi les princes prétendants, ignobles. Ulysse, en pleine mer déchaînée, car il est toujours victime du courroux de Poséidon, finirat par débarquer sur une île, accueilli par la jeune Nausicaa (sublime Barbara Bach). C'est sur cette île qu'il racontera les 20 dernières années, son combat de Troie, sa rencontre avec le cyclope, les sirènes, les dieux des vents, Cyrcée, son passage en enfer, ses faux retours en terre et la perte successive de ses compagnons. Le tout évidemment influencé par les dieux, aidé d'Athéna, qui prend une apparence différente à chaque visite.

On appréciera toujours la justesse de la mise en scène et les choix de narration. Le dialogues des dieux, habituellement des acteurs aux allures de photo-roman rococo, sont ici des montages de statues, simple et efficace et tellement évocateur. La distribution internationale est également remarquable, Irene Papas étant l'incarnation de la beauté grecque par excellence. Quitte à ne pas comprendre que la guerre ait éclatée au nom d'Hélène ! L'Épisode du cyclope passe toujours bien la rampe, Bava multipliant les effets de lumière pour bien faire passer les supercheries. Pour exemple, la "main géante factice" qui est toujours bien éclairée et donc ridicule ailleurs est ici toujours dans l'ombre et d'une crédibilité effarante. Ajoutez les effets sonores et la discrétion de la caméra et le repas de matelots que se fait Polyphème est toujours efficace.

On pourrait aussi écrire des pages pour parler de la prestation magnifique de Bekim Femhu dans le rôle d'Ulysse, un acteur peu revu au cinéma. Je me contenterai de vous inviter à regarder, découvrir ou revoir une des plus belles série télé jamais faites. Mario Giguère

QUANTE VOLTE... QUELLA NOTTE aka Four Times That Night aka Vier Mal Heute Nacht - Mario Bava avec Brett Halsey, Daniela Giordano, 1969, 83m

"À cette époque, en Italie, les rumeurs couraient à l'effet que vous étiez homosexuel si vous refusiez de réaliser un film érotique " Tel est le commentaire attribué à Bava dans les notes sur le film. Construit sur le principe du film RASHOMON : une nuit racontée par 4 personnes différentes. La jeune nymphe qui se fait draguer par le jeune obsédé ? le jeune homme qui se fait séduire par la nymphomane ? Le portier de l'immeuble qui voit la jeune nymphe se faire draguer par la voisine lesbienne ? Les explications, réelles ou pas du psychanalyste ? Au spectateur de décider, ou de simplement admirer la belle Daniela Giordano.

Encore une fois, Bava, confronté à un genre ou tout pourrait être plus simple, concocte un film plus intéressant que la normale. L’ensemble reste très léger, on reconnaît l'humour de THE GIRL WHO KNEW TOO MUCH ou de la fin originale de BLACK SABBATH, meilleur que son GOLDFOOT AND THE BIKINI BOMBS. La copie de film est rayée en début et fin de rouleau, mais l'ensemble est bien transféré sur le dvd. Un film à découvrir. Mario Giguère   

Une jeune femme (Daniela Giordano) marche dans un parc avec son cabot lorsqu'un inconnu en Citroën sport au capot démesurément long (Brett Halsey) l'aborde et l'invite à danser le soir même. Elle accepte et il passe chez elle la chercher, l'air séducteur, pour l'accompagner dans une discothèque incroyablement rétro-futuriste où tout le monde a l'air de véritablement prendre son pied. Quand ils en ont assez, elle demande à Brett de la raccompagner chez elle mais il n'obtempère pas tout à fait à ses demandes et prétend qu'il doit passer chez lui ramasser quelques trucs pour commencer.

C'est l'invitation du lion dans une tanière décorée avec goût, à l'époque où tout bon réalisateur avait son architecte de plateau. Et comme tout le monde sait que les Italiens sont les rois du design, on est en droit de s'attendre à ce que l'appartement du monsieur en jette. Plein les yeux !

Et c'est le cas. Outre le design qui imprègne l'ensemble - tout ce qui est dans le cadre caresse l'oeil, du mobilier à la plastique des acteurs, en passant par les courbes des bagnoles et les courbes des demoiselles... - on a aussi droit à un récit adroitement ficelé, qui joue avec la notion du "téléphone arabe" ou la perception qu'a chaque individu d'une même situation, avec une finale un peu étrange qui soulève quelques questions de logique.

Toutefois, on n'est pas là pour la cohérence; on est là pour les quatre différentes versions d'une même histoire, à la "Rashomon", procédé devenu populaire avec le temps. Nos histoires sont amusantes à visionner, joyeusement mises en musique, et on se rend compte devant une direction photo et des éclairages irréprochables que le maestro est derrière la caméra !

Pour une bouffée de légèreté donc, voilà un film qui a du caractère, qui n'a aucune prétention, et qui est une petite merveille visuelle - et même si de mauvaises langues chuchotent qu'il s'agit là d'un film mineur dans l'oeuvre de Bava, je proclame qu'il mérite tout de même le coup d'oeil et que je préfère cent fois un film mineur de Bava à un film majeur de, disons, Spielberg. Orloff

HATCHET FOR A HONEYMOON aka ROSSO SEGNO DELLA FOLLIA  aka Meurtres à la Hache - Mario Bava, 1969, Italie, 85m

Tout semble baigner pour notre héros, un fabriquant de robes de mariées prospère et optimiste; sa femme lui casse les couilles mais est pleine à craquer, les affaires vont bien, et il accepte sa folie avec une philosophie tranquille qui frôle la sagesse. Sa folie ? Il croit que chaque fois qu'il tue une femme vêtue d'une robe de mariée, il dissipe de plus en plus les brumes d'incertitude entourant la mort mystérieuse de sa mère. Selon lui, une femme ne devrait vivre que jusqu'à la lune de miel. C'est sans doute pourquoi il décide de se débarrasser de sa femme, qui lui devient rapidement insupportable; mais serait-ce là la fin de ses déboires, ou leur amplification ?

Bava a de tout temps été un touche-à-tout, et il signe ici, en plus de l'impeccable réalisation, la photographie époustouflante du film. Si le récit surprend de prime abord par sa singularité - le héros qui nous avoue dès les premières minutes qu'il est un dangereux psychopathe, et qu'il ne peut s'empêcher de tuer les jeunes mariées - c'est surtout la maîtrise visuelle dans laquelle est enveloppée toute l'entreprise qui force l'admiration. Ici, pas un seul plan ne manque de lumière, pas un seul mouvement n'est superflu ou vague. La caméra n'a plus de secret pour Bava et son assurance transpire dans chaque image. La performance des acteurs est juste (et Dagmar Lassander a un minois tout à fait admirable, comme la plupart des minettes qui mettent les pieds sur le plateau) et la musique "groovy" est de circonstance. Quelques touches psychédéliques hautes en couleur viennent agrémenter le visionnement, entre autres lors des délires en "wide angle". Impossible d'être déçu par ce petit film sans prétention conduit de main de maître, une fois de plus, par l'un des cinéastes les plus talentueux de l'époque. P.A. Buisson

 

DIABOLIK aka DANGER : DIABOLIK aka (si si !) FATAL MISSION - Mario Bava avec les yeux de John Philip Law, le mordillement de lèvres de Marisa Mell, les pleins pouvoirs de Michel Piccoli, le yacht et l'avion d'Adolfo Celi, le fou rire de Terry Thomas, les dip-dip-dôôôm' d'Ennio Morricone, et quelques grues dans le paysage dont certaines sur les docks, 1968, Italie

GRâââraaargh, je viens de découvrir que le distributeur America avait osé honorer Diabolik d'une jaquette à se souder à l'étagère du vidéoclub, dont le recto entasse pêle-mêle un fatras de corps exogènes : une sorte d'ultra-léger-motorisé, un pseudo rambo portant grenades et cartouches en bandoulière, des cow-boys et même la cavalerie, et - je promets - un éléphant d'Afrique ! Et puis rebaptiser ce classique Bava en "fatal mission", la forfaiture ne mérite-t-elle pas le rétablissement de la pendaison pour l'occasion ?

Un seul homme préoccupe plus l'inspecteur Ginco que tous les gangsters du monde : Diabolik. Super-criminel, as du braquage en cuir à même la peau, Diabolik défie la justice, la science, le trésor public et les touristes anglais. Bondissant aux quatre coins de l'écran, il bataille dans les tunnels et les châteaux, contre les trains et les hélicoptères, au fond des océans et des piscines. Nul ne connaît son visage, car, ganté de cuir noir de la tête aux pieds, il sait en cas de besoin se déguiser tout en gris, et déguiser sa jaguar noire en jaguar blanche, ou encore changer sa cagoule contre un masque de plongée. D'ailleurs, lui qui ne se laisserait même pas acheter la paire de lunettes de soleil trop classe de sa panoplie "tenue civile", il envoie littéralement planer la mafia toute entière vendue à la police en guise de correction. Et dans son autre combinaison d'ouvrier métallurgiste, il pourrait traverser Mars et Vénus sans dommage mais il préfère frimer à la maison avec sa grosse lance à cracher de l'or en fusion. Car à l'abri dans son repaire anti-ikéa, il déclenche sans effort les choeurs d'extase des sirènes de Morricone en câlinant à n'en plus finir Eva sa forever love-affair. Sa jaguar, quant à elle, fait vibrer en brûlant l'asphalte les trompettes psychédéliques dans un tel déluge d'électricité que les flancs sinueux des montagnes en tremblotent dans la vitre arrière, dans le crépuscule violet, ou orange. Euh non, bleu, rouge !

Mario Bava, qui d'ordinaire surcharge ses intérieurs gothiques en véritables foires à la brocante, déroule cette bande dessinée originelle à la manière d'un tapis géant dans une galerie d'art pop sixties. Sa mise en scène turbulente enchaîne gags, malices, gadgets et trucages dans une humeur faussement bon enfant aguichant les parents. Ses lumières, comme à l'accoutumée, feraient crever d'envie n'importe quel patron de night-club. Et encore mieux que dans Barbarella, le bellâtrissime John Philip Law trouve avec ce film fétiche immoral à budget mini un rôle qui lui va comme un écrin en or.

A quand un Diabolik versus Fantômas ? Bigeyes

OPERATION PAURA 1966 aka Kill, Baby... Kill!  aka OPÉRATION PEUR

J'ai encore plus apprécié ce film de Bava à la deuxième écoute, parce que la copie est meilleure et en widescreen. Dire que toute cette histoire se passe dans une seule nuit ! Et notre héros n'a même pas à se repeigner un cheveu au matin! Et que dire des pièces insérées dans le coeur, comme le pieu dans l'oeil gauche de Black Sunday: Bava s'amuse avec le scénario et avec les plans de caméras pour le plus grand plaisir du cinéphile, vivement le dvd.  Mario Giguère

DIE TOTEN AUGEN DES DR DRACULA - dvd

All I can say is that this German Region 2 disc is a must for fans of this Gothic classic, certainly the masterwork of the great Mario Bava. The malevolent mists never looked so blue and the creeping moss which covers the small Eastern European village frozen in fear never looked so stunningingly emerald. Spectral bursts of golden light abound.

Letterboxed at 1.85, a world of detail is revealed. Extras include a long recent interview with co star Erika Blanc, international trailers and a photo gallery. The resolution is just amazing and this is a must until a more definitive version arrives. In German language only. Region 2 PAL. Anolis Entertainment. Robert Monell

Cette édition allemande de deux disques est indispensable pour les amateurs de ce classique gothique, certainement le chef-d'oeuvre du grand Mario Bava. La brume maléfique n'a jamais parue si bleue et la mousse de lichens qui recouvre le petit village d'Europe de l'Est transi de peur n'a jamais parue si splendidement émeraude. Des éclats spectraux de lumière dorée abondent.

Au format 1.85, un monde de détails est révélé. Les extra incluent un long entretien avec la co-vedette Erika Blanc, les bandes-annonces destinées aux marchés étrangers et une galerie de photos. La résolution à l'écran est simplement splendide et est à posséder sans faute jusqu'à ce qu'une version définitive se présente. En Allemand seulement. Region 2, format PAL. Anolis Entertainment. Robert Monell

SAVAGE GRINGO 1966

DR. GOLDFOOT AND THE GIRL BOMBS aka Spie Vengono Dal Semifreddo aka Dr. Goldfoot & the Love Bomb aka The Spy Came From the Semi-Cold aka Two Mafia Guys From the FBI aka L'ESPION QUI VENAIT DU SURGELÉ- Mario Bava avec Vincent Price, Franco Franchi, Ciccio Ingrassia, Laura Antonelli, Fabian, 1966, Italie/États Unis 83m (italie), 78m (États Unis)

À la manière de Fu Manchu, Vincent Price a trouvé une manière de dominer le monde en parvenant à respecter le concept de la hiérarchie; génial en savant fou, il fabrique des femmes-bombes (d'où le titre éclatant d'imagination) et les envoie aux puissants de ce monde afin de leur faire exploser la tronche et de gentiment attendre qu'ils soient morts avant de prendre leur place. On tentera de le stopper en pleine ascension, mais les détectives italiens de second ordre étant ce qu'ils sont, leurs efforts auront plus ou moins d'impact sur le fil du récit.

Dès le générique ça démarre remarquablement bien, avec un thème de Les Baxter qui "groove" et un montage efficace qui nous présente les personnages du film, narré par nul autre que... Vincent Price, ici très enjoué. Les femmes-robot qu'il fabrique sont pratiquement indestructibles, et portent plus souvent qu'à leur tour des bikinis dorés qui ne laissent pas grand place à l'imagination, mais c'est ainsi qu'on les aime. On retrouve entre autre Laura Antonelli dans la distribution féminine, et sa présence n'est jamais à dédaigner, jolie comme elle est ! Les deux comiques Franco & Ciccio, très populaires en Italie à l'époque, sont cependant un peu moins appréciables. La direction photo de Bava est plus qu'adéquate, et sa réalisation ne manque pas de rythme !

Au bout d'une heure vingt, ça s'arrête et on se demande ce qui s'est passé... Les choses deviennent un peu surréalistes vers la fin, comme si Mario avait un peu consommé ou qu'il avait soudainement manqué de budget. La ballade en ballon est particulièrement hallucinogène... On se dit, en voyant ça, que Bava a soit voulu décrocher de ses habituelles réalisations plus "sérieuses", ou qu'il travaillait tout simplement sur commande (ici pour l'AIP). Que ce soit l'un ou l'autre, c'est réussi, car on sent sa touche même dans les séquences les plus fantaisistes. Lamberto, son fils, est crédité comme assistant, et on le jalouse d'être allé à une si bonne école. La musique de Baxter colle bien à l'action, elle est légère et caméléon, ni complètement "eurospy", ni tout à fait commune. Un Bava comme il ne s'en est, de mémoire d'homme, jamais refait. Orloff

Toujours déterminé à dominer le monde, le Dr Goldfoot (Vincent Price) s'allie à la Chine et cherche à causer la guerre entre les américains et les russes. Il continue donc de fabriquer et d'utiliser ses fameuses pin-up robots explosives, des filles toutes aussi sexy les unes que les autres, qui explosent dès qu'on les embrasse. Sur son chemin l'agent Dexter, souhaitant réintégrer sa place dans les services secrets, aidé par deux nigauds de portiers qui se prennent pour des espions.

Cette suite inattendue de Dr Goldfoot and the Bikini Machine ne m'avait pas impressionnée lorsque je l'ai vue dans son montage américain. C'est donc avec un plaisir immense que j'ai eu l'occasion de découvrir le montage original italien, le préféré de Mario Bava. C'est d'ailleurs dans le généreux entretien intitulé Dr Goldfoot et les filles explosives d'Eric Peretti que l'on découvre la rocambolesque aventure de cette co-production pas toujours facile, mais aussi le film de Mario Bava qui a connu le plus de succès en Italie. Il va sans dire que le duo comique Franco et Ciccio y est pour quelque chose, vedettes incontournables de l'époque, très mal servis dans la version d'AIP. Je ne suis pas très familier avec leur travail, n'ayant vu que quelques-uns de leurs films et ayant de la difficulté à les apprécier. Donnant dans le slapstick et la comédie facile, ils sont ici les deux nigauds qui se prennent pour des détectives et qui s'empêtrent de plus en plus profondément dans les machinations du Dr Goldfoot. Vincent Price s'amuse à cabotiner à son aise et les bikinis sont jolis. Bava s'en tire bien, obligé de satisfaire deux pays producteurs aux besoins bien différents. La musique de Les Baxter a évidemment disparue et est elle aussi plus légère. Sur ce coup, le dvd d'Artus nous offre les deux versions sur deux dvd pour notre plus grand bonheur. Un indispensable pour tout amateur de Mario Bava.

Versions: français, italien, anglais. Sous titres: français Format 1.85 original respecté 16/9ème compatible. Mario Giguère

I COLTELLI DEL VENDICATORE aka Viking Massacre aka Knives of the Avenger, 1965

La PLANÈTE DES VAMPIRES aka Terrore Nello Spazio - Mario Bava avec Barry Sullivan, Norma Bengell, Angel Aranda, 1965, Italie, 84m

Il est de notoriété publique que le scénariste Dan O'Bannon s'est inspiré de ce film et de It The terror from Beyond Space pour écrire celui d'Alien. Il n'est donc pas surprenant de voir, dans un futur lointain, les équipages des vaisseaux Argos et Galliot atterrir sur une planète d'où proviens un étrange signal de détresse. Ni de découvrir un vaisseau extraterrestre avec les squelettes de créatures deux fois plus grandes que les humains, ou de remarquer la sortie su sas de sortie de l'ascenseur la forme ovale très suggestive et Gigeresque. Plus surprenant est la folie meurtrière qui s'empare des astronautes à leur arrivée, la cause et le réveil des hommes décédés possédés par des entités étrangères, scène magnifique ou les morts qui sortent des sacs tel de nouveaux nés. Comme souvent à l'époque, on est étonné par le vaste espace que renferme le vaisseau spatial, loin des trucs claustrophobiques de la Nasa. Plus rare est le nombre de femmes dans l'équipage et le fait qu'elles ne préparent pas le café, comme c'est souvent le cas à l'écran à l'époque. Elles sont certes plus émotives que les hommes, plus stoïques, mais elles semblent faire partie intégrante de la mission, ce qui n'est pas souvent le cas durant les années 50-60. Comme il s'agit d'un film de Mario Bava, la photographie est particulièrement soignée, tout comme les décors et costumes. Quelques effets spéciaux jurent aux yeux du cinéphile moderne. Mais il y a de petites trouvailles remarquables, qui font d'ailleurs les frais d'un supplément. Il y a donc des images fortes, spécialement lors de l'exploration du vaisseau extraterrestre, dont l'écoute d'un message enregistré en langue inconnu, du plus bel effet. L'ensemble est fort dramatique, voire nihiliste et on peut comprendre l'effet qu'il a dû avoir à sa sortie sur de jeunes amateurs comme O'Bannon. Une petite merveille qu'il fait toujours bon découvrir ou revoir dans une merveilleuse copie.

Les suppléments du DVD d'Artus Films - Terreur dans l'espace, par Alain Petit, les effets spéciaux, diaporama d'affiches et photos, bandes-annonces de la collection SF Vintage. Mario Giguère

L'équipe d'un vaisseau spatial capte un signal d'alarme provenant d'une planète inconnue et décident d'aller y voir ce qui se trame. Dès l'atterrissage, d'étranges événements se produisent et installent un climat d'insécurité parmi l'équipage. Leur capitaine se rend compte que plusieurs de ses hommes se sont entretués, et alors qu'il part explorer la planète apparemment inhabitée et pas vraiment accueillante, il découvre un autre vaisseau échoué non loin du sien dans lequel reposent d'énormes squelettes. Mais ça ne fait que commencer...

Mario Bava a dû consacrer la plupart de son budget aux décors hallucinants et aux machines à fumée, car tous les plans sont remplis à ras bord d'étranges paysages, d'une épaisse brume et de matériel spatial très kitsch. La réalisation, tout d'abord lourde et convenue, devient vers le milieu du film fort alerte. Au son d'une musique électronique rétro complètement déjantée, la tension se resserre jusqu'au "punch" final, qui est ma foi assez amusant, et qui en a probablement inspiré des tonnes dans le genre. En voulant se joindre à la vague commerciale des films de science-fiction d'alors, Bava est parvenu à, encore une fois, se soulever au-dessus du lot et à nous donner en pâture une oeuvre qui, si elle manque un peu d'originalité, a au moins la prétention d'être honnête et divertissante. Orloff

BLOOD AND BLACK LACE aka SEI DONNE PER L'ASSASSINO, 1964

Si "La fille qui en savait trop" est la "grand mère de tous les Gialli", Blood and Black Lace en est le père !  Quelle merveille que cette ressortie dvd de ce classique de Mario Bava. Les couleurs sont superbes, le transfert permettant d'apprécier plus que jamais le travail photo de Bava. Le dialogue final de Cameron Mitchel et Eva Bartok est magnifique: elle bien éclairée, elle sait tout, pendant que Mitchell est dans l'ombre, le traître, et l'éclairage est maintenu durant le baiser. Le scénario est toujours aussi efficace après plus d'une écoute. Les extras sont nombreux, l'entretien avec Cameron Mitchell est particulièrement intéressant, plein d'anecdotes sur le réalisateur. J’ai écouté le film avec la piste française, très bonne et l'on peut écouter la trame sonore en solo, comme sur The Bird with the crystal plumage, un bonus intéressant. À voir ! Mario Giguère

LA STRADA PER FORT ALAMO aka Arizona Bill, 1964

LA FRUSTA E IL CORPO aka The Body and the Whip, 1963

Kurt (Christopher Lee) revient au château familial duquel il s'est fait chasser. Il faut dire que Kurt n'est pas un rigolo, et qu'à force de mettre en avant son sale caractère, s'est attiré les foudres des siens. Il est revenu, donc, au grand dame de son père, de son frère et des autres. Et en particulier une superbe jeune fille se baladant partout avec un fouet. Kurt s'empare de ce fouet pour fouetter la fille, qui, à notre grande surprise, prend son pied. "Tu n'as pas changé " dit-il alors avant de la combler de désire sur la plage. La nuit même, Kurt meurt, égorgé. Qui est le meurtrier ? Tous sont suspects. Mais Kurt revient d'entre les morts histoire de montrer qu'il n'est pas content.

Voici un film qui tourne rond, qui se regarde avec plaisir, grâce a ses images envoûtantes. Images aux éclairages superbes, magiques, des images qui flattent le regard à tout instant. Ajoutez à cela une bande son entraînante, une musique digne des plus grands classiques du cinéma. Les acteurs sont tous convaincants, et la mise en scène alerte. Bava fait par moment la démonstration de son usage excessif du zoom avant / arrière, ce qui peut faire sourire. Un bon film, superbement filmé avec cependant quelques longueurs. Kerozene

Voilà un excellent huis clos, dans une copie magnifiquement restaurée pour le dvd. Encore une fois, on se rend compte du magnifique travail photo de Bava. Daliah Levi est admirablement éclairée dans ce drame intimiste qui mérite plus d'une écoute. Le dvd les extras habituels, photos, bandes annonces et, comme les autres Bava édités chez VCI, la trame sonore en solo. Seul agacement, les sous-titres, un peu trop gros avec un lettrage curieux, presque trop enjoué pour un tel drame. Mario Giguère

Que ce film traîne un peu par instant, je pense (à mon humble avis), que cela provient essentiellement du fait qu'il s'agira d'un somptueux et sombre mélodrame, "enrobé" de fantastique au sens premier, comme le montre la fin spectaculaire.

Bava, qui n'a jamais été un grand directeur d'acteur, est excellemment servit par le hiératisme sadique de Christopher Lee, par la beauté perverse de Daliah Lavi , et par la présence de "seconds" rôles indispensables comme la gouvernante Harriet White et le "Peter Lorre transalpin" Luciano Pigozzi. Mais malgré cela, les scènes semblent parfois pencher dangereusement vers l'ennui.

C'est la "contrainte" d'un film naïf comme un roman noir:  

Accepter les clichés( qui ne sont pas des poncifs!) château gothique, nuit noire dans la tourmente, meurtres extravagants, personnages mystérieux, autant d'éléments propres à mettre en joie un spectateur comme moi, tout en faisant abstraction de la grandiloquence des répliques.

Le principe du bonheur est simple, se laisser porter, s'immerger totalement dans le romantisme fantasmatique du film, aux cotés du Maldoror Menliff chevauchant sur une grève battue par les vents, dans les prunelles sombres et magnifiques de Daliah Lavi lorsqu'elle s'élance dans les corridors, et découvre la cause du bruit qui la transporte: une branche de lierre cinglant une vitre comme un fouet et dont le sifflement est comme amplifié : tout le génie et la poésie de Bava sont là ! Jess Cougoar

The GIRL WHO KNEW TOO MUCH aka LA RAGAZZA CHE SAPEVA TROPPO - Mario Bava, 1963, Italie

Nora Dralston, une touriste américaine amateur de roman policier, vient à Rome pour prendre des vacances chez Esthel, une amie de la famille. Pendant la nuit, Esthel meurt d’une crise cardiaque. En quittant son appartement, pour chercher de l’aide, elle se fait attaquer par un voleur de sac à main. Dans un état de semi-conscience, elle assiste au meurtre d’une femme. Au matin, à son réveille, le cadavre a disparu. Puis, la police et le docteur Bassi (John Saxon) ne croient pas son histoire. Convaincue qu’elle n’a rien imaginé, elle fait donc enquête ...

Je dois probablement être très en retard ... Mais je n’avais jamais vu ce film avant aujourd’hui ! Et j’avoue qu’après son visionnement, j’aime encore plus le cinéma de Mario Bava qu’avant. Malgré que le personnage vécu de gants noirs et d’un imperméable rouille est absent et ainsi que plusieurs éléments qui appartiennent au Giallo, dont l’élément de la sexualité trouble. Ce film est classé historiquement comme étant le premier Giallo de l’histoire du cinéma. J’ai été fortement surpris par les nombreuses qualités du film (excellent noir et blanc, une splendide interprétation de John Saxon, bonne musique et une excellente technique). Pour moi, toute la séquence qui se déroule sur la place publique (avec le vol et le premier meurtre) est un vrai morceau d’anthologie. C’est simple, je crois que cette séquence est en fait la scène la plus impressionnante que Bava n’a jamais filmé et mérite le visionnement du film. Excellent. Black Knight

I TRE VOLTI DELLA PAURA aka Black Sabbath aka les TROIS VISAGES DE LA PEUR, 1963

La compagnie Image a sorti la version originale italienne sous-titrée en anglais, avec le montage original du film Black Sabbath . Dans le nouvel ordre: le téléphone, les wurdalaks et la goutte, avec une présentation finale de Karloff tordante. En plus de la  trame sonore originale. La beauté du transfert nous permet d'apprécier le travail de clair-obscur et la couleur, d'un expressionnisme raffiné et exquis. Le film est d'une beauté plastique à couper le souffle. L'épisode du téléphone a inspiré je ne sais pas combien de films, la tragédie des wurdalaks qui ne tuent que ceux qu'ils aiment en as inspiré également beaucoup et l'épisode de la goutte est toujours aussi efficace. Tout simplement magnifique. Mario Giguère

 

 

ERCOLE AL CENTRO DELLA TERRA aka Hercules in the Center of the Earth aka HERCULES CONTRE LES VAMPIRES avec Reg Park, Christopher Lee, 1961

Hercules doit aller chercher une pierre aux vertus guérisseuse dans les profondeurs de l'enfer pour sauver sa fiancée devenue neurasthénique pendant son dernier périple. Pluton sera très agacé que son compagnon parte avec une de ses filles et se vengera sur tout le peuple, l'effronté. Hercules affrontera avec succès toutes ses épreuves grâce à sa force dite Herculéenne, comme de raison, et son sens du pratique, moins connu ! Il terminera glorieusement avec les méchants vampires de Christopher Lee, des morts vivants qui ne font pas le poids.

Sur un scénario plein d'actions typiques, Bava soigne les éclairages et les effets spéciaux de cette descente aux enfers imaginative. Seul un monstre de pierre ne tient pas le coup, mais les morceaux de bravoure, tel cet arbre géant ou cette traversée au-dessus d'une rivière de lave, et les ambiances morbides des caveaux de Christopher Lee sont remarquables. J’ai eu le plaisir de visionner la version complète avec la séquence pré-générique, véritable catalogue des effets gothiques de l'époque. Cette seconde écoute m'a également permis d'apprécier les raccourcis scénaristiques employés par Bava pour sauver le budget et se concentrer sur les scènes d'action et de terreur. Une belle démonstration et un des meilleurs peblums produits à cette belle époque ! Mario Giguère

Je me souviens surtout d'un film décousu au montage approximatif plutôt comique et il me semblait qu'il n'y avait pas de vampires du tout.... Ma mémoire doit me jouer des tours.

C'était sur grand écran avec une bobine bien datée, un vrai bonheur. Kerozene

Ce film du légendaire Mario Bava s'inscrit dans le courant des péplums (films mythologiques) en vogue, dans l'Italie du début des années 60. Ce courant donna naissance à beaucoup de films, dont la majorité sont hélas médiocres et ont très mal vieilli. Demeurent quelques exceptions, comme Hercule à la conquête de l'Atlantide, probablement le meilleur du genre.

Cet Hercule contre les vampires comporte de nombreuses belles qualités, mais ce n'est décidément pas le chef-d'œuvre du genre. La mise en scène de Bava n'est plus à souligner : on connaît les grands talents du bonhomme, son sens du visuel, de la composition et de la photographie. C'est là l'un des points forts du film. Pour le reste :

Le titre français est trompeur : aucun vampire en vue. Quant au titre anglais (Hercules in the Haunted World ou Hercules at the center of the Earth), il induit un peu en erreur aussi. Le spectateur s'attend à un voyage incroyable en Enfer, alors que ce passage constitue seulement à peu près ¼ (ou 1/3, au mieux) du film en question. Le reste se déroule " sur le plancher des vaches ". En fait, la mission d'Hercule au centre de la Terre prend du temps à démarrer, et il s'en acquitte si aisément qu'on le voit ressortir triomphant avec un peu d'étonnement. On savait Hercule imbattable, mais à ce point-là ? N'empêche...

Cette partie est, du reste, la meilleure du film. Beaucoup de belles idées (un arbre qui saigne et hurle, une traversée au-dessus d'un lac de lave, etc.), mais souvent réalisées de façon assez rudimentaire : le monstre Procuste est assez ridicule, et encore plus quand Hercule le lance contre un mur de pierres, façon assez primaire de vaincre le mal sans efforts ! La mission d'Hercule semble peu périlleuse, vu sa façon expéditive de régler tous ses problèmes. Chaque fois que notre culturiste est confronté à un problème il le résout de la manière suivante : lancer quelque chose sur son assaillant... ou lancer son assaillant sur quelque chose.

Il aurait été intéressant de confronter le héros à des situations plus inextricables, dangereuses ou complexes.

Les épisodes se déroulant hors de l'Enfer sont du niveau d'un péplum traditionnel. Le méchant, campé par Christopher Lee, ne semble pas particulièrement impressionnant, mais je préfère quand même voir Lee interpréter le rôle qu'un acteur italien de troisième ordre, qui jouent souvent ces rôles de tyrans.

En bref, c'est loin d'être le meilleur Bava, mais ça se laisse regarder, surtout pour la section " infernale ". Howard Vernon

Attention, chef d'oeuvre. 

Classique du péplum 100% Fantastique, ou un gothique antique télescope le genre péplum, pour donner une oeuvre d,une indéniable beauté horrifique.

Hercule interprété par l'excellent et massif Reg Park, traverse une aventure complètement baroque, part à la recherche d'une pierre aux vertues magiques au fond des enfers, se heurte à un monstre de pierre, croise les amazones du jardin des Hespérides et combat nerveusement un Christopher Lee qui venait de trouver une gloire internationale dans l'écurie Hammer, en interprétant le rôle du Prince des vampires, Dracula.

Ici Lee, endosse à nouveau la tenue sombre, toute en cape, d'un prince des enfers, commandant une armée de non-morts, horribles ghoules, sortant de leurs sépulcrales demeures, sinistres caveaux de pierre, dans un plus pur style film d'horreur, n'allant pas sans rappeler "SANTO CONTRE LES FEMMES VAMPIRES" (entre autres...) ou, la saga Templière d'Ossorio, film à la photo, aux éclairages soignés (les terribles bleus / rouges de Bava, qui, rappelons-le, fut directeur  de la photo de formation-palette de couleurs baroques et oppressantes, qui furent le canevas de l'écriture du style Giallo, quelques années plus tard, et dont Bava fut le mentor, initiateur.

Car il est vrai que le passage ou une servante est égorgée dans les sombres allées tout en colonnes du palais, reste un must de l'épouvante gothique. L'héroïne se penche sur le corps de la défunte et... soudainement, le visage de Christopher Lee, sinistre, se dessine dans la flaque de sang s'écoulant de la gorge de la malheureuse, flaque macabre devenant miroir... Du grand boulot... que seul, ce cinoche italien-fou-baroque-ultime pouvait nous proposer.

Le final montrant un Hercule jusqu'auboutiste, anéantissant l'armée de ghoules et écrasant le prince vampire sous un menhir, dans un décor lugubre, sorte de Stonehenge macabre, sous les rayons blafards d'une lune complice, clos, un film grand, un classique en somme. Vince Rogers

The WONDERS OF ALADDIN - Le Meraviglie di Aladino - Henri Levin /Mario Bava, 1961, France/Italie/États unis  

Il faut savoir que le film de 1961 est co-réalisé par Mario Bava, parce que sur cette version doublée en anglais, son nom n'est nulle part. Pourtant, on reconnaît sa touche dans les scènes du méchant vizir et son laboratoire plein d'atmosphères, les tortures hors-caméra et les effets spéciaux modiques. Les costumes sont kitsch à souhait et Donald O'connor, dans le rôle d'Aladdin, n'est pas à la hauteur. Vittorio de Sica joue le génie aux trois souhaits. Une curiosité très colorée. Mario Giguère

 

GLI INVASORI  aka Erik the Conqueror aka La Ruér de Vikings, 1961

LA MASCHERA DEL DEMONIO aka Mask of the Demon, 1960

SEDDOK, L'EREDE DI SATANA aka LE MONSTRE AU MASQUE aka Atom age vampire - Anton Giulio Majano avec Alberto Lupo, Suzanne Loret, 1960, Italie, 104m

Le professeur Levin s'est fait depuis quelques années une spécialité des opérations de chirurgie esthétique. A l'origine d'une nouvelle thérapie fondée sur la régénération cellulaire, le scientifique voit enfin l'occasion de mettre en pratique de longues années de recherches quand une strip-teaseuse, défigurée à la suite d'un accident, est placée sous ses soins. Si l'opération est couronnée de succès, les effets secondaires ne tardent pas à se faire sentir et le visage de la jeune femme se déforme peu à peu. Pour lui rendre à nouveau sa beauté, Levin se lance à la recherche de cellules fraîches, qu'il compte prélever sur de ravissantes jeunes femmes. Afin de se donner le courage d'aller jusqu'aux meurtres, il se métamorphose la nuit venue en un monstre effrayant grâce à un sérum de sa composition...

Les films italiens d'horreur étaient encore à leurs balbutiements quand SEDDOK, L 'EREDE DI SATANA est sortie en 1960, sous l'impulsion d'un Mario Bava à la production. Étrange et rarissime télescopage des YEUX SANS VISAGES de Georges Franju et du Dr JEKYLL AND Mr HYDE de Robert Louis Stevenson, LE MONSTRE AU MASQUE est un mélange exquis de film policier, de fantastique gothique, d'érotisme léger (Aaah la scène d'ouverture dans la boîte de strip-tease..) en même temps qu'une histoire d'amour forte mais tragique. Il en devient très vite, au vu de l'année de sa réalisation et de sa maîtrise technique indéniable, une véritable curiosité pour tout amateur de film d'horreur. Marc Evil

 

GIANT OF MARATHON aka La Bataille de Marathon aka La Battaglia di Maratona - Jacques Tourneur, photographie Mario Bava avec Steeve Reeves, Mylène Demongeot, Sergio Fantoni, Daniela Rocca, 1959, 90m, Italie/France

Philipides (Steeve Reeves) vient de remporter les grands honneurs des jeux olympiques et se faire un ami chez les spartiates, ce qui n'est pas à négliger. Apôtre de la paix et détestant les armes, il se retrouve au coeur d'un complot monté par Teocrito, traître qui veut donner la voie libre aux Perses qui vont bientôt envahir la Grèce. Teocrito se sert de sa promise, Andromeda (sensuelle Mylène Demongeot) qu'il pousse dans ses bras. La croyant complice de la ruse, Philipides, pourtant amoureux de la jolie blonde, la repousse. Karis, pourtant sous les ordres de Teocrito, tombe elle aussi amoureuse de la montagne de muscles et l'avertira que les Perses sont aux portes d'Athènes. N'ayant que très peu de forces armées, les athéniens vont devoir périr ou capituler à moins de rallier les spartiates, ennemis jurés de jadis. Philipides saura-t-il convaincre les guerriers spartiates de se joindre à eux ? Saura-t-il repousser la flotte militaire imposante avec seulement cent hommes avant qu'ils n'atteignent les rivages de son pays ? Comprendra-t-il que l'amour d'Andromeda est sincère et éternel ? Suspense !

On nous souffle à l'oreille qu'encore une fois Mario Bava a dû terminer le tournage, ce qui lui valut d'avoir enfin le privilège de tourner son premier film, Le MASQUE DU DÉMON. On voit tout de suite sa patte lorsque l'on rencontre pour la première fois Mylène Demongeot dans la peau de la belle, Bava n'ayant pas son pareil pour éclairer en douceur les jolies femmes, la lumière caressant littéralement son corps. On a probablement droit aussi à beaucoup de "matte paintings" pour créer des décors gigantesque. On remarque plusieurs mouvements de grue plutôt rares dans les peplums de l'époque. L'histoire est classique, l'amour de Steeve Reeves est instantané tel un Tarzan qui rencontre sa Jane. La trahison, l'amour impossible n'en est que plus cruel, et aussi très habituelle dans le mélodrame. C'est dans la bataille finale que les astuces sont intéressantes, on se retrouve comme souvent devant le petit groupe d'hommes ingénieux et forts devant un ennemi cent fois plus nombreux et armés. Là dessus, le scénario est intéressant, on ne voit pas venir toutes les ruse des athlètes en pagnes. Steeve Reeves est correct dans le rôle principal, on n'a pas besoin d'un acteur shakespearien dans ce genre de rôle et Mylène Demongeot est tout simplement ravissante. Bava éclaire aussi bien Daniela Rocca, mais elle est plus une victime de son amour et n'est pas autant mise en valeur. Bref ça a dû remporter un bon succès à l'époque grâce aux acteurs charismatiques et ses batailles généreuses.

Le dvd de la compagnie Alpha offre une pellicule non restaurée mais en respectant le scope. Le générique français nous rappelle que c'est une co-production France-Italie. Amenez-en de bons peplums ! Mario Giguère

  CALTIKI aka Caltiki - il mostro immortale - Riccardo Freda & Mario Bava aka Robert Hampton avec John Merivale, Didi Sullivan, Gerard Herter, 1959, Italie, 76m

Au Mexique, lors d'une expédition dans des ruines maya, des chercheurs découvrent une grotte qui les mènent à un temple qui servait aux sacrifices humains. En explorant le lac souterrain à la poursuite des bijoux qui recouvrent les squelettes, on découvre Caltiki, un montre antédiluvien qui se nourrit de chair humaine et qui devient énorme sous l'influence de la radioactivité. Heureusement on le détruit avec l'aide du feu, mais un membre de l'expédition en a une partie d'attachée à son bras. Ramené aux États Unis, le bougre devient amer et méchant, convoitant la femme de son collègue. Par-dessus le marché, la comète Arsinoé revient vers la terre, comète qui aura pour effet de faire grandir le monstre immortel à un rythme effarant.

Dans le sillon de THE BLOB et du premier Quatermass, Riccardo Freda débute le tournage de cet excellent film, avec des pseudonymes américains pour tout le monde impliqué dans la production. Mario Bava, qui assumera le tournage après la quatrième journée, sous le pseudo John Foam, tourne efficacement les scènes d'horreur. Caltiki est beaucoup plus organique qu'un Blob et les scènes ou il a partiellement digéré un visage ou un bras m'ont effrayées dans ma jeunesse et elles tiennent le coup encore aujourd'hui. Pour avoir vu plusieurs numéros de danse, que ce soit dans des productions mexicaines ou américaines, la danseuse Gail Pearl est parmi les meilleures. Le travail d'éclairages est merveilleux, je note encore une scène de confrontation, comme dans Blood and Black Lace, entre le vilain et la femme courtisée, ou les deux acteurs avancent dans la pièce tout en gardant un éclairage dramatique, soulignant tour à tour le visage monstrueux de l'homme et le visage apeuré de la femme. Le film se passant presque entièrement de nuit, le travail des lumières et des ombres est superbe et je n'avais jamais vu le film dans une copie aussi belle. Mario Bava savait autant mettre en valeur ses actrices que rendre ses vilains encore plus horrifiques et ses effets spéciaux terriblement efficaces. Le tout se termine rapidement, le feu ne pardonnant pas, mais comme le titre nous annonce l'immortalité de la créature...

La présentation du film sur le coffret digipack Blu Ray + DVD + Livre d'Arts Films, par Stephane Derderian, se concentre sur la difficulté de classer le film. Des différences entre la série B et le cinéma bis en passant par horreur, ou la science fiction, pour moi il a toujours été simplement un excellent film de monstre. Pour sa part, Christian Luca s'attarde sur la collaboration de Bava et Freda au fil des années. On ajoute un diaporama d'affiches et de photos et la bande annonce originale. Le tout accompagné d'un livret 64 pages de Christian Lucas " Le Blob italien ", ou l'auteur va beaucoup écrire sur les influences sur le film et du film, surtout dans les années 50-60. Offert en français et italien avec sous-titres français en option. Mario Giguère

La MORTE VIENE DALLO SPAZIO aka LE DANGER VIENT DE L'ESPACE aka The Day the sky exploded - Paolo Heusch avec Paul Hubschmid, Fiorella Mari, Italie/France 1958, 82m, Noir et Blanc

En collaboration avec d'autres pays, Américains et Russes lancent une fusée vers la Lune avec à son homme à bord, John McLaren qui va inaugurer ce type de vol habité pour la première fois. Mais l'engin s'écarte irrémédiablement de sa trajectoire initiale. Le pilote libère alors sa cabine et revient sans mal sur Terre. La fusée, quant à elle, poursuit sa course folle dans l'espace, heurtant un groupe d'astéroïdes et provoquant ainsi une gigantesque déflagration. Des phénomènes étranges et inquiétants ne tardent pas à se manifester : par troupeaux entiers, les animaux migrent comme à la veille d'une catastrophe, des raz-de-marée et des vagues de chaleur sèment la mort et la désolation un peu partout sur la Terre...  Il va falloir peu de temps pour que les scientifiques repèrent une énorme météorite capable de disloquer la terre; qui se dirige à très grande vitesse vers notre planète. Si la Lune ne la dévie pas, il n'y aura plus aucun espoir de sauver notre Terre. Notre salut ? Lancer conjointement avec tous les pays du monde, des missiles nucléaires vers l'objectif afin de le désintégrer... 

Tableau de bord miroitant de mille loupiottes, salle de contrôle en pré-fabriquée, bip sonores et chambre d'échos en guise de musique de fond, pas de doute, c'est bien de la SF année 50 ! . Pourtant même si le rythme n'est pas très soutenu, le sujet mainte fois traité au cinéma n'est pas inintéressant pour autant avec le recul. Et puis il y a la présence créditée de Mario Bava à la photo et aux "effets spéciaux" (si l'on peut dire !!)...

Une curiosité à considérer avec tout le recul qu'il mérite... Marc Evil

I VAMPIRI aka The devil's commandment - Riccardo Freda et Mario Bava (non crédité) avec Gianna Maria Canale, Carlo D'Angelo, 1957, Italie, 78m

Paris en 1957. Un pêcheur récupère le cadavre d'une étudiante flottant dans la Seine. Peu de temps après une comédienne est enlevée dans sa loge...  Un mystérieux tueur en série, rapidement surnommé "I Vampiri" s'en prend à des jeunes femmes dont le seul point commun semble être leur groupe sanguin...

Parallèlement à l'enquête de la police, menée par l'inspecteur Santel, le jeune journaliste Pierre Valentin couvre l'affaire pour son journal, de manière beaucoup plus efficace. Il retrouve rapidement la trace d'un drogué, Joseph Segnoret, qui n'est autre que le bras armé du célèbre Professeur Du Grand. En effet, Julien du Grand, médecin qui ne s'embarrasse pas de scrupules, utilise le sang frais de jeunes filles pour assurer la vie éternelle à Giselle du Grand.

Rarement décor d'un film contemporain sera allé aussi loin dans la description d'une horreur aussi graphique : de la pièce où est retenue captive la pauvre Laurette, digne d'une véritable chambre des tortures, à la crypte ornée de têtes de squelettes blafards, chaque pierre semble imprégnée de la personnalité morbide de la Duchesse. Ici l'utilisation du noir et blanc explose littéralement, merveilleusement mise en valeur par une photographie d'exception qui renforce l'aspect malsain du film de Freda. Le film hésitant constamment entre polar noir et film d'horreur gothique, aura cependant du mal à trouver son rythme.

Suite à une opposition sur une vista plus "commerciale" qu'avait sa production sur le film, Freda quitte le tournage au bout de 10 jours, laissant sa place à Mario Bava qui le terminera. Cependant l'échec commercial retentissant du film lors de sa sortie en Italie, poussera Riccardo Freda à s'initier à la mode des pseudos Anglo-Saxon et réalisera son prochain film, "Caltilki" en 1959, sous le nom de Robert Hampton.

Malgré tout, "I Vampiri" et sa plastique envoûtante reste sans aucun doute une référence dans le paysage cinématographique de l'époque. Marc Evil

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