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mise à jour le 13 aoüt 2008

LE CANARD À L'ORANGE aka L'Anatra All'Arancia aka Duck in Orange Sauce - Luciano Salce 1975, Italie, 1h43.

À l'aube de leur dixième voyage de noces, un couple se considérant comme "moderne" éprouve quelques petites difficultés. Lisa (Monica Vitti) est depuis trois mois engagée dans une aventure avec un anglais pincé avec qui elle compte se remarier, et son mari Lydio (Ugo Tognazzi) est au courant sans s'en formaliser. Ils décident d'un commun accord, pour crever l'abcès, d'inviter l'anglais (John Richardson) pendant le week-end afin de régler tout cela d'une manière convenable et civilisée. L'arrivée de Patty (Barbara Bouchet), la secrétaire bien développée de Lydio, ne plaira pas tellement à Lisa, et ce point de départ donnera lieu à des situations hilarantes.

Cette comédie "à l'italienne" qui laisse présager de bons moments livre heureusement beaucoup plus qu'elle ne promet. La situation décolle tout doucement, installant des éléments comiques classiques (flegme de Tognazzi, don de la réplique inné de Vitti, huis clos promettant d'être explosif), qui ne font véritablement mouche qu'au bout d'environ 40 minutes. Tognazzi tisse la toile de son plan diabolique pour conserver sa femme avec une habileté déconcertante. Barbara Bouchet, le cheveu noir et court, personnifie une cruche surnommée "figue sèche" qui passe plus de temps dévêtue qu'autre chose, pour le plus grand plaisir de tout mâle raisonnable. Vitti est mignonne et grinçante dans son indécision chronique. Les dialogues sont par moments hilarants, et le film, globalement, n'ennuie pas du tout. Une belle réussite sans prétention. Orloff

Le CARNAVAL DES BARBOUZES aka Spie Contro Il Mondo aka Gern Hab'Ich die Frauen Gekillt aka Killer's Carnival aka Spy Against the World aka Where Are You Taking That Woman - Alberto Cardone/Robert Lynn/Sheldon Reynolds/Louis Soulanès, 1966, Italie/France/Autriche, 1h34

Un docteur bien peinard se repose chez lui et s'apprête à se coucher lorsqu'il est perturbé par un bruit de verre brisé. Il s'agit d'un voyou en fuite qui s'est infiltré chez lui et qui le prend en otage. Le docteur, pour ne pas se laisser aller à la peur, se met à raconter des histoires moralisatrices : comment les journalistes peuvent être curieux et connaître une fin abrupte; à quel point le métier d'agent secret est ardu; et enfin les difficultés que peuvent rencontrer les détectives privés, même les plus futés.

Quatre histoires imbriquées ensemble d'une manière un peu insolite et facile se recoupent dans ce récit d'espionnage qui ma foi sort du lot habituel avec brio. Datant de 1966, et probablement une co-production, si l'on en juge par la diversité des lieux de tournage et du casting, et certains passages manifestement doublés, le film met en vedette une pléiade d'acteurs fort prisés à l'époque mais aujourd'hui pratiquement inconnus.

On a droit à une époustouflante Margaret Lee pendant à peine une minute, le temps de se laisser séduire par son sourire ravageur. À peine sommes-nous sortis de notre contemplation maladive qu'elle disparaît pour ne plus jamais revenir. Klaus Kinski y est sous-utilisé en sbire menaçant, qui meurt au bout de deux minutes de présence à l'écran. On y remarque aussi Agnès Spaak et Lex Barker.

Les dialogues y sont truculents, témoins directs du soin qu'apportaient les scénaristes d'antan au "style" des personnages (Ernesto Gastaldi a participé à l'écriture du scénario !). Le récit se déroule à un rythme vif, qui ne nous laisse pas nous ennuyer une seule seconde, et qui nous fait même regretter que certaines de ces jolies dames ne bénéficient pas de davantage d'attention.

De l'eurospy soigné, grand public, mais tout de même adapté aux difficiles exigences du cinéphile moderne qui, quand il opère un tel retour en arrière temporel, aime que ça soit fait avec une certaine classe... Orloff

La CASA DALLE FINESTRE CHE RIDONO aka The HOUSE WITH THE WINDOWS THAT LAUGHS - Pupi Avati, 1976 

Un homme est appelé dans un village d'Italie pour restaurer une fresque dans une église. Or cette oeuvre a été réalisée par un artiste pour le moins perturbé, ne s'intéressant et ne peignant que des gens à l'agonie. Son intérêt pour ce peintre va augmenter lorsqu'un de ses amis meurt alors qu'il allait lui faire des révélations sur cette fresque et son auteur. Il va alors commencer son enquête pour découvrir ce qui se cache dans ce village. Alors là, attention les yeux : Pupi Avati a fait là un film qui a une atmosphère incroyable. Un vrai climat suffocant se crée au fur et à mesure que l'histoire avance et, même si la progression du récit peut paraître assez lente (on a l'impression que le personnage principal n'avance pas beaucoup dans son enquête)tout se précipite dans la dernière partie du film et on n'attend qu'une chose, c'est de connaître enfin le dénouement. Peut-être un peu lent (c'est le climat du film qui le veut) mais très intéressant. Abronsius

Je le trouve surestimé, ce petit film. Il est pas  mal, mais ce n'est pas un chef-d'oeuvre, loin de là. C'est mou. et passablement ennuyeux. Kerozene

Le CHEVALIER DU MONDE PERDU aka Il Giustiziere della terra perduta aka Mad Rider aka Warrior of the Lost World - David Worth, Italie, 1983 

Après la bombe, le monde est dirigé par l'infâme Prossor (Donald Pleasance) et son armée de nazillons appellée les Omegas. Fascistes en diable, désireux d'éliminer toute trace d'humanité de la surface du globe, Prossor utilise de méthode peu orthodoxe: il hôte les sentiments de ses victimes. Rien que ça !

Une communauté pacifiste désire mettre fin au règne du tyran, mais ils attendent l'élu...  C'est alors que débarque Robert Ginty au guidon d'une super moto qui parle, façon Kit dans Knightrider, et qui insulte les méchants ("sales cons ! Sales cons !"), et qui tirent plein de missiles ! Après une petite fritée avec des Omega, Ginty et sa bécane se crashent dans un mur et sont recueilli par les gentils qui reconnaissent en lui l'élu. Ils lui confient la mission de récupérer un professeur savant génial qui sauvera le monde. Il ira en compagnie de la fille du prof. Pleins de dangers les guettent: des araignées, des serpents, des mutants, puis ils sauvent le prof, mais la fille reste prisonnière, il faut y retourner mais ils ne sont pas assez, alors ils recrutent des p'tits punks aux fringues tout neufs s'arment de mitraillettes qui font plein de "piou piou piou" qui tuent tous les méchants, et y a plein d'explosions et même un super tank (alors attention au super tank, il est vachement impressionnant !), et même que les gentils gagnent et que la fille embrasse le Robert qui part en solitaire à l'horizon sur sa moto tel Lucky Luke, et que Fred Williamson fait de la figuration.

Bon sang, je viens de passer 90 minutes à mater cette daube ? Kerozene

Le COEUR AILLEURS aka Il Cuore altrove - Pupi Avati, 2003, Italie

Le dernier Avati est léger, tellement qu'on se demande pourquoi on l'a regardé lorsque le générique apparaît à l'écran. Le Cœur ailleurs n'apporte absolument rien à son spectateur tellement il est rempli de clichés que l'on retrouve dans les comédies italiennes depuis les années 70. Donc si vous voulez voir quelque chose d'original, allez voir ailleurs.

Mais si vous croyez pouvoir être séduit par une petite histoire d'amour gentillette, peut-être que le film vous plaira. Ne dites pas que l'on ne vous a pas prévenu.

J'aimerais énormément pouvoir écrire une critique plus longue, mais il n'y a tellement rien à dire là-dessus que ça m'est impossible. Je vais donc vous laisser le commentaire de ma grand-mère avec qui j'ai vu le film : " C'est le genre de film que t'écoute un dimanche matin en buvant ton café." Oncle Freak

Le CRIME DU SIECLE aka INDAGINE SU UN DELITTO PERFETTO aka THE PERFECT CRIME - Giuseppe Rosati aka Aaron Leviathan avec Joseph Cotten, Adolfo Celi, Anthony Steel, Leonard Mann, Janet Agren, Gloria Guida, Alida Valli. Italie, 1979, 1h24

Le président d'une grosse multinationale anglaise périt dans l'explosion de son avion. Scotland Yard découvre qu'il s'agit d'un sabotage. Dans les jours qui suivent, les trois vice-présidents de la compagnie meurent l'un après l'autre, dans des circonstances atroces. Au fur et à mesure du déroulement de l'enquête policière, le mystère paraît s'épaissir ...

Souvent présenté à tort comme un giallo, ce jeu de piste criminel constitue en réalité une sorte de "cluedo" grandeur nature (un "whodunit", comme disent les Anglais). Sans doute fan d'Agatha Christie, le metteur en scène et scénariste Giuseppe Rosati s'est plu à brouiller les pistes jusqu'au vertige. Le spectateur se perd donc quelque peu en route, d'autant plus que la mise en scène s'avère d'une grande platitude. Inutile également d'espérer "se raccrocher" au fin limier de Scotland Yard chargé de l'enquête : le comédien Anthony Steel se montre aussi charismatique qu'une descente de lit ! Les autres acteurs "font le job" avec conscience professionnelle mais sans énormément de conviction. Au total, nous nous trouvons en présence d'un "produit" bien fade et suranné, dont la vanité n'a d'égale que l'artificialité. Stelvio

DANS LES REPLIS DE LA CHAIR aka Folds of the Flesh aka Nelle Pieghe Della Carne aka Las Endemoniadas - Sergio Bergonzelli 1970, Italie, 1h27

Un motocycliste traverse la campagne italienne à toute allure, avec sur ses traces des voitures de police. Il se réfugie sur le terrain d'une villa de bord de mer où une jolie femme s'active à creuser un trou pour enterrer un cadavre mais est bientôt pris par les policiers, qui ne suspectent rien du drame qui se  jouait dans la villa. Treize ans plus tard, le prisonnier (Fernando Sancho) revient à la villa pour opérer un chantage, mais les choses ne se passent pas exactement comme il l'avait prévu...

Davantage un thriller qu'un giallo, ce film de Sergio Bergonzelli co-écrit par Fabio de Agostini (Red Nights of the Gestapo) est plus qu'intéressant visuellement. Le montage alerte bourré d'effets amusants étonne; les effets kaléïdoscopiques des flashbacks, filmés dans des teintes pastel fort psychédéliques, valent leur pesant d'or. L'utilisation récurrente des plans en diagonale vient donner à l'ensemble un effet saisissant, et la technique raffinée et la direction photo exemplaire viennent couronner le tout. On a droit en prime à de fort jolies actrices, dont on ne révèle hélas que rarement les charmes. Tout cela aurait pu être une perfection absolue si ça n'avait été du scénario à coucher dehors, surchargé de retournements inutiles et improbables qui finissent par donner le vertige. À la limite de l'incompréhension, l'intrigue semble avoir été échafaudée afin de déstabiliser constamment le spectateur et ça fonctionne si bien que ça en devient agaçant. Demeurent la performance amusante de Fernando Sancho, quelques flashbacks à la limite de l'hallucination - dont celui du camp nazi - et des meurtres imaginatifs et très habilement mis en image. Et une musique psyché fort agréable. Orloff

The DARKNESS BEYOND aka L'ALTROVE - Ivan Zuccon, 2000, Italie    

Suite à une cérémonie occulte, une jeune femme se voit projetée dans un univers parallèle où l'humanité est en proie à des créatures maléfiques aux noms imprononçables (pour qui n'est pas familier avec l'univers de Lovecraft). Là, une poignée de soldats qu'on jurerait plongée en pleine seconde guerre mondiale, entre en possession du Necronomicon et fait face aux forces invisibles dont l'objectif est de récupérer le précieux bouquin qui leur permettra de s'assurer la domination du monde. Les morts sont ressuscités afin de mieux tromper les survivants au cours de dialogues fort peu convaincants ou de séances de tortures lorgnant vers le sado-masochisme et prenant place dans des sous-sols lugubres.

Premier volet d'une trilogie basée sur les écrits d'H.P. Lovecraft par le réalisateur transalpin Ivan Zuccon (suivront THE UNKNOWN BEYOND et THE SHUNNED HOUSE), ce DARKNESS BEYOND tente de jouer sur l'horreur graphique à la Lucio Fulci via des zombies salement amochés, ainsi que sur un univers étrange et cauchemardesque, sorte d'amalgame déséquilibré entre un au-delà à la Clive Barker et un esprit très " Twilight Zone ". Et il est clair que cela fait du bien de voir se profiler des petits films gentiment craspecs dans le paysage horrifique italien. Voila qui ne manque pas d'alimenter l'espoir d'un éventuel revival de l'horreur all'italiana et d'exciter les amateurs de la " grande époque ". Mais le film de Zuccon rappelle plus volontiers la période fade et triste du déclin de ce cinéma, celle qui commença durant la première moitié des années 1980 pour s'achever au début des 90's avec la disparition du genre. La faute à son budget ridicule ou à son esthétique DV ? Loin s'en faut. La faute en incombe à des acteurs à côté de la plaque et surtout à un scénario volontairement bordélique (on ne sait plus qui meurt, qui ressuscite, qui remeurt et qui revit) qui finit par nous emmener dans un film de couloir rempli de dialogues mous et théâtraux témoignant d'une volonté de livrer une œuvre horrifique intellectuelle prise de chou. On aurait adoré voir un film avec un esprit résolument bis assumant pleinement son statut de métrage horrifique, à la place il manque singulièrement de distance avec sa propre nature et fini par se mordre la queue à cause de prétentions auteurisantes. Le comble est que l'ensemble se trouve empreint d'une retenue inattendue : Zuccon cite Fulci et Barker mais sans tomber dans l'excès qui faisaient leur marque de fabrique. Un peu plus et on a droit à un PG-13 pour le territoire américain. Quant au final du film, il reste hautement incompréhensible car alors que l'humanité semble trouver le moyen de rendre le Nécronomicon définitivement indisponible (pourquoi ne pas le brûler ?), des curés s'entêtent à le dupliquer puis à le disperser à travers le monde. Mais, et c'est là que plus rien ne semble avoir de sens, remettent l'exemplaire original à l'un des soldats des forces du Mal... Allo docteur ? Kerozene

DAYS OF WRATH aka I GIORNI DELL'IRA aka Day of anger aka Gun law aka Blood and grit - Tonino Valerii avec  Lee Van Cleef, Giuliano Gemma, Walter Rilla, Christa Linder, Piero Lulli, Yvonne Sanson, Lukas Ammann, Andrea Bosic, Ennio Balbo, José Calvo, Giorgio Gargiullo, Anna Orso, Karl-Otto Alberty, Nino Nini, Virgilio Gazzolo, Eleonora Morana, Benito Stefanelli, Franco Balducci, Christian Consola, Nazzareno Natale, Ferruccio Viotti, Paolo Magalotti, Gianni Di Segni. Italie, Allemagne de l'ouest, 1967, 85min

Scott (Giuliano Gemma - A Pistol for ringo, Tenebrae), le bâtard du village, travaille comme concierge général pour la ville de Clifton. Les habitants le traitent comme un animal, tandis qu'il entretien le rêve secret de devenir un roi de la gâchette. L'arrivé du mystérieux Frank Talby (Lee Van Cleef - Sabata, Death rides a horse) donnera espoir au jeune bougre, qui tentera de devenir son compagnon fidèle. Talby lui apprend les règles de base et demande son aide pour un coup dangereux : faire chanter les dirigeants de la ville, pour une affaire de 50,000 dollars... Le duo s'amuse donc à emmerder les habitants de Clifton, tandis que Scott prend un plaisir vengeur à faire payer tous ceux qui l'ont maltraité auparavant, et son comportement devient de plus en plus violent...

Tonino Valerii (My name is Nobody) signe un western spaghetti intéressant mais loin d'être sans défauts majeurs. Mentionnons entre autres le scénario fragile et indécis ainsi que ce troisième acte bousculé où tout semble arriver en même temps, sans motivation concrète. Malgré ce manque de linéarité, le film baigne dans un contexte particulier : l'ère post Doc Holiday, ou, la fin des tireurs éclairs. Le pauvre Scott rêve de se procurer un pistolet en économisant ses pourboires, dans une ville où pratiquement personne ne portent d'arme - c'est un temps dépassé disent-ils! La transformation de zéro à antihéros de Scott est intéressante, mais elle est mal exploitée, et le jeune désabusé ne semble que fou de rage. Les performances sont excellentes : Gemma est intense, et Van Cleef est... lui-même! L'action est bien dosée malgré le rythme lent du film, tandis que la trame sonore d'influence " big band " de Riz Ortolani (Don't torture a duckling, Counselor at crime) ponctue avec expertise les points forts de chaque scène. La technique est au-dessus de la normale, et les lieux et visages ont une apparence exceptionnellement sale - et c'est tant mieux! Divertissant, mais ça manque de piquant et de direction. Humanoidzombie

DEAD ARE ALIVE aka  L'Etrusco uccide ancora - Armando Crispino, 1972, Italie/Allemagne/Yugoslavie

Un archéologue se sert d'une sonde pour photographier l'intérieur d'un tombeau étrusque. Mais voilà que les morts s'accumulent dans son entourage, des meurtres inspirés par le démon étrusque sur les fresques du tombeau. Comment s'y retrouver, d'autant plus que l'archéologue est alcoolique et sujet à des pertes de mémoire, qu'il essaie de renouer avec son ex qui est avec un Maestro colérique. Tout se complique quand la police s'en mêle.

On ne vous fera pas le tableau plus compliqué, parce que ça se complique au point de s'y perdre. C'est bien le plus grand défaut du film, entretenir une confusion perpétuelle, voire inutile, accumulant les sous intrigues à profusion. Aucun zombie malgré le titre, trompeur, et un final typiquement giallo, une explication qui remonte à l'enfance d'un des personnages. À éviter. Mario Giguère

DEATH CARRIES A CANE aka Chassés-Croisés sur une Lame de Rasoir aka The Tormenter aka Trauma aka Maniac at Large aka Passi di danza su una lama di rasoio - Maurizio Pradeaux, 1972, Italie/Espagne/France, 1h26.

Une jeune femme (la troublante Susan Scott) qui prend l'air avec ses parents sur un plateau achalandé essaie d'apercevoir la terrasse de son appartement avec les jumelles touristiques mises à sa disposition. Mais elle aperçoit plutôt un meurtrier à l'ouvrage dans un appartement non loin. Personne, tout d'abord, ne veut croire qu'elle a réellement été témoin d'un meurtre, mais son entourage doit se rendre à l'évidence quand on parle, le lendemain dans les journaux, de l'assassinat d'une jeune fille. Ce n'est pas le premier que recense la police et ce ne sera pas le dernier, car le tueur se lancera avec appétit sur les traces de ce témoin gênant.

Giallo assez moyen côté narratif, ce film de Maurizio Pradeaux se distingue de la masse par son côté technique halluciné. Les prises de vues inusités abondent, et les travelings "à l'épaule" plutôt artisanaux sont fréquents, ce qui donne un aspect bancal et artificiel à l'image. De nombreux panoramiques tournoyants et des plans un peu tordus couronnent le tout. Susan Scott interprète une délicieuse cruche. L'habileté de Pradeaux tient à un seul détail; le spectateur confus en vient à soupçonner presque chaque protagoniste à un moment ou un autre du film. La musique est intéressante mais certains éclairages laissent à désirer. Le doublage français un peu délirant joue avec les nerfs, particulièrement dans la scène ou figure la vieille concierge. L'ensemble est charmant et le dénouement surprend, mais on reste sur notre faim, éprouvant presque l'impression qu'il manque une pièce au puzzle. Damnée incomplétude. Orloff

  DELINQUANTS aka MERY POUR TOUJOURS aka MERY PER SEMPRE aka MARY FOREVER - Marco Risi avec Michele Placido, Tony Sperandeo, Claudio Amendola, Alessandro Di Sanzo, 1989, Italie, 1h42

Toujours dans ma période sicilienne, me voici de retour à Palerme. Cette fois j'ai été accroché par un relookage façon "class 1984" pour la distribution VHS, aux antipodes de l'affiche du film. Et aussi par la participation de certains des meilleurs flics ou voyous qu'on connaît dans les parages.

Or il ne s'agit nullement d'un film de genre : le prof, qui choisit une affectation temporaire dans la sale prison pour mineurs, n'enseignera pas l'option nunchaku. Les garçons ne s'attarderont pas non plus à se savonner dans les douches.
Et pourtant le film fonce dans le tas comme jamais : les gueules juvéniles sont vraiment défoncées, les gamins visitent les putes dès qu'ils sortent, s'ils restent ils se violent entre eux, les gardiens les châtaignent, un élève se secoue la bite en classe, sans oublier les canifs ou le zeste de mafia. Histoire de finir ma grand-mère dans son fauteuil, un travesti déboule au milieu de cette zone.

Marco Risi, que je découvre, tourne du social haletant. 

Ne manquent que les embrouilles de drogue... réservées à la réalité du tournage ? 

A peine 5 minutes, un poil forcées sur la morale et le pathos, mériteraient de dégager. Bref, même avec une raideur de bon téléfilm, saisi par la classe de ces acteurs dont je ne doutais pas, j'ai ramassé une claque. Pas sur la joue où je me méfiais : voyez l'effet Bigeyes

La DERNIÈRE BALLE À PILE OU FACE aka Testa o croce aka Heads or Tails - Piero Pierotti avec John Ericson, Spela Rozin, Edwige Fenech, 1969, Italie, 90m

Un bled perdu, un saloon où les filles distraient les hommes et un banquier amoureux de la plus belle des filles du saloon: Shanda. Le banquier est retrouvé mort dans le lit avec Shanda évanouie à ses côtés, tout le monde la croit coupable, y comprit les femmes du village, bonnes chrétiennes, qui veulent brûler vive cette "sorcière" qui éloigne les hommes du droit chemin. Le shériff, pour la protéger, l'envoie dans la ville la plus proche subir son procès, mais les deux assistant chargées de l'escorter et un bûcheron de passage vont plutôt la violer et la laisser pour morte. Elle est recueillie par un bandit recherché dans plusieurs états, surnommé Black Talisman, elle s'amourache de lui, qui va la venger en punissant ses assaillants et recherchant le coupable du meurtre du banquier.

Western nihiliste, La DERNIÈRE BALLE À PILE OU FACE n'offrira jamais de récompense et de fin joyeuse à ses spectateurs. Edwige Fenech y tient le rôle de Manuela, fille du saloon, qui se fera fouetter en pleine rue devant la maison de la veuve banquière, pendant que la madame semble en extase en voyant le spectacle, Cette veuve se dévoilera rapidement sadomasochiste, séduisant tout ce qui bouge, demandant aux hommes de lui faire violence. La pauvre Manuela se reprendra, exigeant d'être celle qui va couper au couteau le membre viril d'un des agresseurs de Shanda, un acte très éloigné des prochains personnages de la belle Fenech ! Le couple d'indiens qui vie avec Black Talisman ne dit pas mot, mais on sent la jalousie de l'indienne. Rien ne sera facile et la mort rôdera au-dessus de tous les personnages. En cette fin des années de "Flower Power". le film illustre bien le nihilisme qui entre à pleine portes dans le cinéma italien. Mario Giguère

La DERNIÈRE CHANCE aka L'ULTIMA CHANCE aka Last chance aka The Stateline Motel aka Last chance for a born loser aka La Dernière chance - Maurizio Lucid avec Fabio Testi, Eli Wallach, Ursula Andress, Massimo Girotti, Howard Ross, Barbara Bach, Carlo De Mejo, Céline Lomez, 1975, 101m uncut

Floyd (Fabio Testi - The Big racket) sort de prison et, ne perdant pas de temps, il rencontre Joe (Eli Wallach - The Good, the bad and the ugly), un complice avec qui il vole une bijouterie à Montréal. Ce dernier expose alors le plan : Floyd devra garder la marchandise sur lui, pour ensuite traverser la frontière et rejoindre Joe aux Etats-Unis dans 48 heures. Floyd part alors vers sa destination, mais une inattention au volant fait en sorte que sa voiture reste prise dans un banc de neige! Il passe alors la nuit au motel Last Chance, où il fait la rencontre de la belle Michelle (Ursula Andress - The Nurse). Celle-ci semble cependant se douter de quelque chose ...

Ne vous fiez pas à la jaquette canadienne qui présente ce film comme un enchaînement de poursuites automobiles; ce n'est vraiment pas le cas. Le résultat n'est pas si bon que ça : le rythme est lent, et le tout ressemble à un Hitchcock bâclé. L'intérêt réside évidemment dans la distribution inhabituelle. Remarquez Massimo Girotti (le mari de Michelle) de Baron Blood, Barbara Bach (la fiancée du policier) de Street Law, et pour les fans du cinéma québécois, la jolie Céline Lomez (la fille de ménage) des films cultes Après-ski et Gina. De plus, l'action semble se dérouler entièrement au Québec; la première partie du film montre une poursuite dans l'ouest de Montréal, et le reste se déroule dans la région rurale de St-Donat -- voir l'écriteau sur la voiture de police municipale. L'excellente musique de Luis Enriquez Bacalov (Mister Scarface, Django) ajoute aussi un certain charme à l'affaire. En somme, le réalisateur de It can be done amigo! nous livre un film plutôt ordinaire mais intéressant pour les habitués du genre ... et les Montréalais curieux. HumanoidZombie

 

LA DERNIERE ORGIE DU 3e REICH aka L' Ultima orgia del III Reich aka GESTAPO'S LAST ORGY aka CALIGULA REINCARNATED AS HITLER aka Bourreaux SS - CESARE CANEVARI - 1976, Italie

Ce film aurait pu être un énième "prison de femmes" chez les nazis, sous-genre minable truffés de films tous plus ou moins mauvais que les autres (peut-être déclenché par le "succès" d'Ilsa), mais il n'en est rien.

Largement au-dessus du lot, il met en scène une "joy division" de la 3ème guerre mondiale, chargée de fournir en "filles" les soldats allemands. Toutes les horreurs de la chose seront détaillées lors de la première partie, mais par la suite, une jeune femme (la très belle Daniela Poggi) va dérouter le commandant par son attitude suicidaire et sa froideur devant la mort. A tel point qu'il va en tomber amoureux, mais ce qui causera sa perte car la jeune femme a la vengeance patiente!

Ce film relativement peu connu mérite d'être redécouvert, de très nombreux plans et "effets cinématographiques" sont très bien vu et originaux, la musique est très bien, et même s'il faut s'accrocher pour supporter certaines scènes, la violence et la nudité ne sont pas si gratuit ici. Franfran

Et un film sicko, un! Exploitant sans vergogne le thème de l'Holocauste comme tant d'Ilsa ou autre Salon Kitty, Gestapo's Last Orgy est souvent classé haut dans les listes de films dérangeants à la Video Nasties. En effet, l'heure et demie est remplie à souhait de sexe, violence et croix gammée... et pas grand chose de plus: le film est une suite de scènes-choc sans grande structure narrative. Bon, ouais, il y a la relation amoureuse entre la belle juive et son bourreau, mais le sujet est traité avec assez de froideur pour qu'on s'en tape et qu'on n'accroche que sur le volet provoc. Des exemples? Une escouade de soldats à poils qui violent des prisonnières au commandement de leur supérieur... Un souper de SS avec au menu une fricassé de "unborned jewish" (cibole y a dû en falloir des foetus pour nourrir 8 personnes)... Des bobettes faites en cheveux de juives... Une fellation à un fusil... Une fille jetée au dobermans... Et bien sûr des tas de seventies girls toutes-nues-tounes-nues... Bref tous les éléments pour faire un bon festival de mauvais goût à la sauce "women behind bars". Mais surprise! Ce qui frappe est que tout ce sordide est dans une enveloppe cinématographiquement bien intéressante. Arrêt sur image, noir et blanc, surexposition, montage rapide; un côté arty qui rend le visionnement unique et agréable. Ce Cesare Canevari a quand même du style. En plus, la B.O. est pas mauvaise, passant de l'orchestral inspiré à l'euro pop rock psychédélique. Cependant, et cela pour notre plus grand plaisir, quelques scènes sont bien risibles, comme celle des rats dévoreurs qui sont clairement des gerboises ou celle du truc liquide machin blanc qui fait "fondre" la chair et qui est vraisemblablement du lait. Bref cette Orgie de Gestapo reste certes choquante par son traitement de l'Holocauste en forme d'entertainment, mais toutefois c'est à voir pour l'extrême de certaines scènes et le traitement visuel qui vieilli bien. Anthropophaluc

DESERT OF FIRE aka Deserto di fuoco aka Désert de Feu - Renzo Merusi avec Edwige Fenech et George Wang, 1971, Italie

Dans le désert, au pays des berbères, 4 hommes à chevaux s'emparent de la paye des travailleurs d'une grosse compagnie. Le leader des voleurs, El Marish ( George Wang ) tue les trois complices mais l'esprit d'un homme décédé l'aveugle et fait disparaître le fruit du butin. Sa maîtresse, Juana ( Edwige Fenech ) ne voulait que son argent et comme il n'en a pas, elle le laisse seul. Elle est la fille d'un Anglais, un alcoolique qui cherche le trésor de son beau-père, une cache d'armes en plein désert. Un sud africain, Jean, a la carte du trésor, l'argent de la paye volé et avec l'aide du paternel il veut s'emparer des armes destinées à une révolution dans son pays, tout en courtisant la belle Juana. Mais El Marish crie vengeance et la mère de Juana ne veut pas que sa fille fréquente un étranger.

Sur fond de cupidité se déroule cette histoire dramatique et tarabiscotée qui nous laisse pantois. J'aurais bien aimé me sentir impliqué, mais aucun des personnages n'attire la sympathie tout le long d'une intrigue somme toute banale. Le montage n'est pas très fluide, le montage son coupant la musique brutalement. Ceci dit, la trame sonore contient de magnifiques morceaux, dont le thème interprété par Edda Dell'Orso, que l'on retrouve sur sa compilation: Al Cinema con... Edda Dell'Orso. Edwige Fenech a un rôle plutôt effacé, de faire valoir, continuellement sous sa cape noire, comme tous les personnages berbères. On retient le duel entre El Marish et son sabre contre Jean et sa guitare recouverte de métal ! Clong, Ketching ! Mario Giguère

DESTINATION PLANETE HYDRA aka STAR PILOT aka STARBIRD aka 2+5: MISSIONE HYDRA  - Pietro Francisci, 1965, Italie

Un scientifique, son assistant et sa fille découvrent un vaisseau spatial sous la terre en pleine campagne italienne. Les locataires du véhicule spatial, de robustes gaillards vêtus de combinaisons noires et dirigés par une femme de tête, kidnappent nos héros ainsi que des espions "orientaux" avant de retourner vers leur planète dirigée par Gordon Mitchell.

En voila une sacrée boutade bisseuse qui réserve son lot de séduisantes kitscheries. Mentionnons tout d'abord la prestation hilarante de Kirk Morris, tellement concentré à l'idée de garder le torse bombé qu'il en oublie son jeu et adopte une allure gauche, limite ridicule par moment. Il y a également Leontine May, ravissante actrice aux cheveux noirs et aux formes alléchantes qui ne parvient guère à mettre en valeur ses talents en sautillant dans tous les coins de l'écran, faute sans doute au scénario stupide qu'elle se devait de respecter. Les effets spéciaux sont rudimentaires, principalement les prise de vue dans l'immensité intersidérale lors desquelles la simulation de l'apesanteur provoque quelques rires sincères, surtout quand les protagonistes y font du trampoline. Et enfin, le must, l'attaque de gorilles extraterrestres portant des chaussures sur une planète inconnue ! Si le discours général du film se veut pacifique avec un petit côté "faites l'amour pas la guerre", un fort relent de xénophobie se fait ressentir au moment de l'apparition d'espions asiatiques: "Qui êtes-vous ?", demande le professeur. "Ca ne se voit pas ? Nous sommes des orientaux !" Répond le vilain espion en menaçant nos héros de son revolver. DESTINATION PLANETE HYDRA est une série B franchement drôle, un de ces si précieux so bad it's good ! Kerozene

Le DIABLE A SEPT VISAGES aka IL DIAVOLO A SETTE FACCE aka LE DIABLE A SEPT FACES aka THE DEVIL HAS SEVEN FACES - Osvaldo Civirani avec Carroll Baker, George Hilton, Stephen Boyd, Lucretia Love, Luciano Pigozzi, 1971,  Italie, 1h29

Une jeune et jolie jeune femme est victime d'agressions inexplicables. Alors que la police se perd en conjectures, le danger se fait plus pressant...

Carroll Baker, George Hilton, 1971, des agressions, un mobile mystérieux... Voilà qui annonce un joli giallo, me dis-je en enclenchant cette VHS dans mon lecteur... Quelle déception ! Certes, l'intrigue suit vaguement les règles du sous-genre si cher à nos coeurs. Mais quelle platitude de mise en scène, quelle incapacité à torcher une scène de meurtre correcte et quelle impuissance à créer l'atmosphère de mystère nécessaire ! Osvaldo Civirani justifie sa réputation de tâcheron sans âme, dans un genre qui ne pardonne guère le manque d'inventivité. Seuls surnagent les acteurs auxquels on s'accroche vaguement. Les sourcils de George Hilton, les minijupes de Carroll Baker, c'est bien mais c'est finalement fort peu ! Unique véritable point positif de cette poussive enquête tournée aux Pays-Bas, la voluptueuse musique du grand Stelvio Cipriani. Un tout petit giallo donc (Bon ok, DERNIER APPEL d'Alberto De Martino est pire). A réserver aux vrais collectionneurs du genre... Stelvio

DJANGO STRIKES AGAIN aka Django 2: il grande ritorno - Nello Rosssati avec Franco nero, 1987, Italie

Crisse de Crisse, Un rip-off de RAMBO en DJANGO!! HAHAHAHAH .

Vraiment une merde ce film, Moi qu-y avait adoré l'original... Voila que Franco Nero se promène avec un petit tabarnak comme sidekick, il shoot presque au bazooka et pousse des wise-crack!!!

NONNNNNNNNNNNNNNNNNNN , Avoid like the plague!!! Mouni


Jaquette Japonaise

DOOR INTO DARKNESS : THE DOLL aka La Porta Sul Buio : la Bambole - Mario Foglietti avec Robert Hoffman, Mara Venier, Erika Blanc, Gianfranco D'Angelo, 1973, Italie

Une personne schizophrénique s'est échappée d'un institut. La police est aussitôt avertie car le patient est dangereux. On suit dès lors les traces d'un homme louche en imper qui traîne une valise suspecte. Il suit une jolie rousse qui va trouver la mort. Ni une, ni deux, il suit une autre jolie dame et s'insinue dans sa maison, y prenant curieusement pied...

Dans le prologue, Dario Argento nous met au défit de prédire quelle est la personne qui commet les meurtres et il faut dire qu'on se fait avoir ! Écrit et réalisé par Mario Foglietti, un réalisateur de la chaîne télévisée RAI, productrice de la série, l'épisode ne détonne pas autant que l'affirme Luigi Cozzi, qui a tourné quelques scènes pour boucler le tournage dans les temps requis. Erika Blanc a toujours une présence remarquable, tout comme Mara Venier, devenue par la suite célèbre présentatrice vedette à la télé italienne. Mais la grande surprise est nulle autre que la présence de Gianfranco D'angelo en inspecteur de police, lui que l'on connaît pour ses pitreries avec Alvaro Vitali ou Edwige Fenech. Un bon suspense qui frappe sa cible, même si toutes les explications dans l'épilogue sont à tirer par les cheveux ! Mario Giguère

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JOE D'AMATO

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