1882 - 1956

Bela Lugosi demeure l'interprète de Dracula qui traverse les années et les siècles. Ses dernières frasques avec Ed Wood sont également légendaires.

Mise à jour le 28 février 2008

The BELA LUGOSI COLLECTION

Après avoir réuni ses classiques par thèmes de personnages (Dracula, Frankenstein, l'Homme invisible, etc.), Universal semble maintenant récidiver avec une série consacrée aux acteurs (dans le but probable de rendre disponible des films n'appartenant à aucune série précise). On débute avec le légendaire comédien hongrois Bela Lugosi.

MURDERS IN THE RUE MORGUE est encore considéré comme un prix de consolation pour Bela et le metteur en scène Robert Florey, tous deux retirés du projet FRANKENSTEIN. Arborant une extraordinaire paire de sourcils, Lugosi joue le personnage du docteur Mirakle, obsédé avec l'idée de mélanger du sang de primate avec un être humain dans le but de... euh... de prouver sa théorie de l'évolution humaine, assurément. Le tout se déroule à Paris en 1846 et est basé sur une histoire d'Edgar Allan Poe (histoire encore considérée comme le premier récit de détective de l'histoire de la littérature). Durant juste à peine 60 minutes, le film à l'origine s'est vu retirer quelques images trop macabres et a subi un remontage complet. La scène de torture de la prostituée kidnappée et quasi-crucifiée tient encore le coup, ainsi que l'interprétation sans retenue de Lugosi, mais certains moments voulant être drôles tombent toujours à plat. Mélanger des gros plans d'un vrai chimpanzé avec un acteur en costume poilu de gorille n'était pas la meilleure idée. Quand même, le visuel retire l'attention, puisé de l'expressionnisme allemand.

THE BLACK CAT demeure l'une des pièces maîtresses du metteur en scène Edgar G. Ulmer, proposant certains décors " art-déco " devançant leur temps. Le premier vrai duo Bela Lugosi-Boris Karloff ne fait pas vraiment de maître ici, les deux excellents en personnages doués de plusieurs facettes. Leur partie d'échecs décidant du sort d'une innocente fille demeure une pièce d'anthologie du cinéma d'horreur américain des années trente, ainsi que la cérémonie satanique. Cette histoire d'une vengeance couvée pendant quinze ans est remplie d'épouvante latente et de sous-entendus sexuels assez dérangeants. Et pourquoi pas un petit soupçon de nécrophilie? En dire trop sur le scénario serait une erreur; laissons aux spectateurs le soin d'en découvrir les multiples surprises. Peut-être la seule occasion pour les fans d'entendre Lugosi dire à haute voix le mot " baloney "! Ce film demeure le plus gros succès pour Universal en 1934.

Pour des raisons inexplicables, THE RAVEN demeure l'un des cinq films que j'ai vu le plus souvent dans ma vie, le revisitant à chaque soirée d'Halloween depuis environ les vingt dernières années! L'interprétation délicieuse de Bela en docteur Vollin et ses nombreux dialogues délirants (dont le célèbre : " Poe, you are avenged! ") en sont les principales raisons. Encore une fois, quelques touches humoristiques typiques de l'époque laissent froid. Lugosi est un personnage obsédé par l'œuvre de Poe, au point de se reconstituer dans sa cave une chambre de tortures diabolique. Il retient les services d'un criminel (joué par Karloff avec son habituelle touche de pathétisme) après l'avoir joyeusement défiguré suite à une chirurgie impromptue. Évidemment, le bon docteur veut se venger de quelques individus pour des torts réels ou imaginaires en les invitant à passer une fin de semaine chez lui... Plus flamboyant et plus présent, Lugosi remporte ce combat contre Karloff.

Les deux même acteurs se retrouvent en 1936 pour THE INVISIBLE RAY, film de science-fiction encore une fois très typique de son époque. Karloff localise une météorite ayant chuté en Afrique, qui va s'avérer hautement toxique. Victime de ses radiations, le prof Rukh perdra peu à peu la raison, deviendra vaguement transparent et verra son seul toucher semer la mort autour de lui. Dans un bon rôle secondaire, Lugosi joue un autre scientifique tentant de venir en aide à son collègue en détresse. Un visuel intéressant vient sauver la sauce, victime d'un scénario un peu trop ordinaire (mais considéré neuf pour l'époque?). La touche unique vient de l'intervention bénéfique de la vieille mère d'un des personnages principaux dans l'action. Donc, voici une production intéressante, mais pas un vrai digne classique venant d'Universal.

Finalement, l'inclusion de BLACK FRIDAY ici est un peu insultante dans une collection dédiée à Lugosi, qui tient ici un rôle très mineur (et y est particulièrement mauvais). Cette idée de transplantation de cerveaux est certes abracadabrante, mais est presque sauvée par le jeu magistral de Stanley Ridges dans un étonnant double rôle, celui d'un affable scientifique et d'un dur criminel. Ce rôle était d'ailleurs dédié à Karloff, qui l'a refusé après réflexion, jugeant ne pas avoir le talent nécessaire pour devenir un convaincant gangster américain. Il devient donc un autre scientifique, retors celui-là. Ce qui amena donc Lugosi à rétrograder son personnage en celui d'un mafioso new-yorkais (!). Mauvaise idée. Pour vendre le film à un public commençant à en voir trop de ce genre, un hypnotiseur professionnel fut engagé dans le but de mettre Lugosi en transe pour le tournage de sa scène de mort (il étouffe dans un placard à balais!). Bon, OK. Une autre production qui vaut le coup d'œil mais dont, encore une fois, l'inclusion ici demeure louche.

Fidèle à ses habitudes pour ce genre de collection, Universal nous présente tout cela compressé sur un seul disque (les trois premiers titres sur la face 1, les deux autres sur la face 2). Comme cela est arrivé pour les Universal Monsters Legacy Collection ou encore les coffrets de l'Abbott and Costello Collection, l'image gèle à plusieurs reprises sur certains lecteurs et ceci est parfaitement déplaisant, voire inacceptable. Même chose pour un autre récent produit, Hammer Horror Series (qui réunit huit films sur deux disques) et qui peu avoir de gros problèmes d'affichage. Ici, la présentation de ces vieux films de 1932 à 1940 demeure adéquate. Aucun supplément n'est fourni. L'intérieur de la pochette du Bela Lugosi Collection nous présente une magnifique photo de... Boris Karloff!  Blundering Man

BELA LUGOSI COLLECTION DVD

J’ai pris une chance, ne connaissant pas la compagnie LUMIVISION. Un programme double SCARED TO DEATH ( le seul Lugosi en couleur ) et THE DEVIL BAT sorti en VHS sous le titre KILLER BATS. Hé bien le transfert est Bon ( il n'y a qu'à regarder la bande annonce non retravaillée, arrghh )et Scared to death est sympathique. The Devil Bat si vous ne l’avez pas vu a une idée de base tordue: Lugosi, chimiste, se venge de son boss en créant une lotion après rasage vers laquelle sera attirée une chauve sourie vampire géante, ah ah  Mario Giguère

  BELA LUGOSI MEETS A BROOKLYN GORILLA - William Beaudine avec Bela Lugosi, Duke Mitchell, Sammy Petrillo, 1952, États Unis, 74m

Deux artistes en route pour divertir les troupes américaines sont tombées de l'avion sur l'île de Cola Cola. recueillis par la reine de la tribu locale, Nona, une jolie femme qui a fait ses études aux États Unis, ils seront hébergées chez le Dr Zabor (Bela Lugosi). Zabor travaille sur l'évolution et la dévolution rapide des espèces animales. Jaloux du jeune chanteur qui est tombé dans l'oeil de Nona, il le transforme en gorille. Son copain humoriste aura de la difficulté à le reconnaître.

Allons à l'évidence, Duke Mitchell et Sammy Petrillo, qui conservent leur vrai nom dans le film, sont de piètres imitations de Dean Martin et Jerry Lewis. Heureusement que Bela Lugosi fait son numéro et que l 'ensemble léger ne nous ennuie pas. Pas de quoi recevoir un oscar, mais Beaudine livre une comédie d'horreur qui flirte du côté d'Abbott et Costello. Qui sera étonné que tout cela ne soit qu'un rêve ? Mario Giguère

The CORPSE VANISHES aka Case of the missing bride - Wallace Fox, 1942, États Unis

Bela Lugosi est le docteur Lorenz qui envoi des spécimens rare d’orchidées à de belles et jeunes mariées, qui, une fois respirées, fait mourir les maris, et le vilain docteur va les kidnapper et les emportent dans son laboratoire secret pour leur faire un prélèvement de glande et l'injecter dans le corps de sa femme (qui en parait 70). Pour accomplir cette tache il n'est pas seul. Il a l'aide d'une vielle dame et de son fils hideux et stupide et d'un nain. Thème qui sera exploité plus d'une fois. Un petit bijou qui se regarde bien toutes les lumières fermées. Rana

FRANKENSTEIN MEETS THE WOLFMAN - 1943, États Unis

Je l'avais vu, il y a des années. Le film n'a pas très bonne réputation, et après un bon début ou Talbot, notre Lon Chaney Jr qui est toujours vivant, a des angoisses existentielles dues à sa lycanthropie, ça traîne en longueur. Bela Lugosi joue un Frankenstein grognon, un peu fanfaron et finalement, 5 minutes avant la fin, ils se chamailleront. Comme un mauvais gala de lutte. Trop peu, trop tard. Quelques bons moments dans un ensemble quelconque. Mario Giguère

INVISIBLE GHOST aka El Asesino Invisible- Joseph H. Lewis avec Bela Lugosi, Polly Ann Young, 1941, États Unis, 64m

Il y a eu plusieurs meurtres dans la maison de Mr Kessler ces dernières années et la police ne trouve aucune empreintes, ni meurtrier. Mr Kessler a l'air un peu fou quand le copain de sa fille le surprend en train de prendre son repas anniversaire de mariage devant sa femme... qui ne lui répond pas puisqu'elle n'est pas là. Voyez-vous, le jardinier garde sa femme, partiellement amnésique depuis l'accident d'auto qu'elle a eu en s'enfuyant avec le meilleur ami de Mr Kessler, mais il ne veut pas la présenter tant qu'elle n'a pas retrouvé tous ses esprits, mais... chaque fois que Mr Kessler (Bela Lugosi) la voit, il commet un meurtre. Voilà ou on en est au bout des 16 premières minutes, en fait, Ralph, le copain de la fille de Kessler sera accusé de la mort de la cuisinière. Personne ne se doute que le bon Kessler a des problèmes et on ne comprend pas pourquoi il semble enter en trance chaque fois qu'il la voit son épouse sensée disparue (d'où le titre) .

Joseph H Lewis signe une très bonne série B, soignant sa mise en scène, aussi inventive dans ses choix de cadrage que raffinée dans ses éclairages. Lugosi est égal à lui-même, on le sait coupable, mais il joue bien le trouble psychologique ou l'amnésie, ce que la fin nous indiquera. Il est entouré de comédiens corrects qui, sans être remarquables, font bien leur boulot. On sent bien un regard de haut envers le majordome de race noire, fruit de quelques situations cocasses, mais l'ensemble est respectueux. Premier de neuf films que Bela Lugosi va tourner pour la compagnie MONOGRAM. Mario Giguère

the INVISIBLE RAY - Lambert Hillyer, 1936, États Unis, 80m

Le docteur Rukh ( ne pas mélanger avec la petite sexologue ) a réussi à retrouver une météorite tombée il y a 225 millions d'années. Il en sera contaminé, mais possédera le Radium X qui peut détruire ou guérir. Sa jeune épouse et ses collègues ( dont Bela Lugosi ) le laisseront tomber, mais la vengeance du savant, qui brille maintenant dans le noir, sera terrible.

Les premières vingt minutes sont magnifiques, Karloff et Lugosi sont en forme, les décors sont majestueux, le concept scientifique intriguant. Malheureusement, le tout se transforme en histoire de jalousie et de vengeance très ordinaire, sans rythme précis. La fin est mièvre. Dommage. Mario Giguère

MURDER BY TELEVISION - Clifford Sanforth avec Bela Lugosi, Juen Collyer, 1935, États Unis, 60m

On s'apprête à faire les essais d'un nouveau mode de transmission révolutionnaire de télévision. L'invention fait l'envie de concurrents qui sont prêts à payer une petite fortune pour en avoir les plans. Justement, le frère jumeau du proche collaborateur du Dr Scofield se fait passer pour son frère... jumeau, question de voler les plans. Le docteur meurt pendant sa démonstration télévisée, sans raison évidente. Les importantes personnes qui étaient invitées dans sa maison pour l'occasion sont toutes soupçonnées du meurtre.

Ce qui m'a surprit le plus dans cette petite série B, c'est le format de la télévision, un bel écran pratiquement 50 pouces au format 16x9 ! Si, le format widescreen en 1935 ! Pour le reste, Clifford Sanforth, principalement producteur dans les années 30-40, n'a réalisé que quatre films et on comprend que ce n'est pas celui-ci, très théâtral et au gimmick meurtrier tiré par la racine des cheveux, qui aurait lui donné le succès public ou critique. Intéressant pour la prestation de Bela Lugosi dans le double rôle et l'écran télé, pour le reste, facilement dispensable. Mario Giguère

MURDERS IN THE RUE MORGUE - Robert Florey, 1932, États Unis

Inspiré très librement d'une nouvelle célèbre d'Edgar Poe, ce film est un étonnant mélange de genres qui, je le suppose, plaira à ceux qui apprécient les charmes de l'épouvante gothique. On y retrouve beaucoup de brouillard, une dose de mélodrame, un peu de comédie bon enfant, des scènes " classiques " maintenant devenues des clichés (poursuite finale sur les toits, jeune femme attachée et promise aux pires tourments, enquête de police lente et inefficace) et le fameux thème du " Lac des cygnes " associé à Bela Lugosi par les fans de cinéma fantastique.

Lugosi incarne le douteux Docteur Myrakle, qui a une belle idée en tête : injecter du sang de gorille dans les veines d'une jeune femme, qui deviendra ainsi une créature parfaite. Dans ce but, Bela parcourt le Paris nocturne en quête de victimes, ce qui déplaira à l'étudiant Dupin puisque sa fiancée est au nombre des belles assaillies par le vilain docteur...

Comme d'habitude, Lugosi ne peut s'empêcher d'en faire des tonnes. Un jeu aussi outrancier - certains diront : expressionniste - agacerait sans doute venant d'un teen hollywoodien, mais dans le cas de Lugosi, il passe beaucoup mieux pour différentes raisons :

1) L'époque du film (1932). La transition entre le jeu " muet " et " parlé " était encore en cours, et beaucoup d'acteurs jouaient de cette manière (c'est le cas ici), ce qui rendait le décalage moins évident entre les différents comédiens

2) L'aspect " théâtre filmé " de plusieurs longs-métrages d'époque rend ce type d'interprétation moins inappropriée, car, comme on le sait, sur une scène de théâtre, il convient de grossir les gestes pour être mieux perçu et compris de la salle

3) La forte présence et l'aspect charismatique (mais bizarrement hilarant) de Lugosi lui valent beaucoup d'indulgence de notre part. L'acteur hongrois n'avait d'ailleurs aucun équivalent...

4) Lugosi surjoue pendant toute la durée du film, mais cette homogénéité dans son approche du rôle confère une certaine stabilité au personnage, contrairement, mettons, aux tueurs du film Scream qui sont gentillets pendant les 5/6 du film avant de se déchaîner à la toute fin.

À signaler à l'actif du film quelques plans d'une étonnante modernité, comme cette scène où la jeune héroïne est poussée en balançoire par son fiancé : la caméra la suit en plongée et en mouvement (comme si elle était fixée à un système du genre " puits et le pendule "). Si vous avez envie de vous la jouer classique, pourquoi pas ? Cependant, je recommanderais d'autres Lugosi avant celui, tels The Black Cat et The Raven (deux excellents films gothiques), voire Island of Lost Souls. Howard Vernon


Bela Lugosi dans le rôle du Christ

Le VAMPIRE DECHU - Florin Lepan, 2007, France/Autriche/Roumanie

Un documentaire sur Bela Lugosi, ça vous branche? Ca tombe bien puisqu'en voila un. Sauf que si vous espérez un regard mordant sur sa carrière d'acteur et un passage en revue de ses plus mémorables cabotinages à l'écran, mieux vaut passer votre chemin. Le film s'intéresse plus aux origines de l'artiste et aux influences des mœurs de sa Transylvanie natale sur son travail - et en particulier son interprétation de Dracula - que sur ses rôles post-vampire. On y apprend l'existence de coutumes propres à sa région consistant à exhumer les cadavres et à leur arracher le cœur, ceci afin de conjurer le mauvais sort. Les derniers cas recensé d'un tel acte ne remonte d'ailleurs qu'aux années 1990 alors qu'ils sont bien évidemment interdits depuis quelques décennies. L'auteur du documentaire s'interroge donc sur l'importance de ce background étrange : est-ce là l'origine de l'aura mystérieuse de Bela Lugosi, de son aptitude secrète (pourquoi a-t-il pris un pseudonyme ?), de ses mensonges (fils de boulanger, Lugosi s'est inventé un passé d'aristocrate), de son charme vénéneux (son statu de sex-symbol surpassa celui de Clark Gable) ? Les réponses sont frustrantes puisqu'aucune n'est donnée mais elles s'avèrent légitimes car Lugosi est devenu de manière quasi instantanée l'incarnation même de Dracula, celle inscrite dans l'inconscient collectif. Bien entendu, sa carrière d'acteur est résumée dans les grandes lignes : star du théâtre sur la scène de Bucarest où il tenu une quantité de rôles impressionnante (dont celui du Christ !), Lugosi était aussi un haut fonctionnaire des affaires culturelles de Roumanie, pays au régime alors communiste - ce passé lui a d'ailleurs valut de finir sur la liste noire d'Hollywood pendant la " chasse à la sorcière " des années 1950. Après la chute du gouvernement, il a fuit le pays avant d'arpenter les scènes de Broadway où il devint célèbre en incarnant le conte vampire sur les planches. Puis il fait des pieds et des mains pour obtenir le rôle-titre de l'adaptation cinématographique de l'Universal - chose qui fut possible suite au décès de Lon Chaney originellement envisagé. La suite est connue : prisonnier du rôle, l'image de Lugosi est exploitée jusqu'à la corde et plonge peu à peu dans les abîmes du Z, son aura et sa popularité sont rapidement ombragées par le succès de Boris Karloff, son train de vie (divorces à répétition, dépendance à la morphine) le ruine avant une traversée du désert dans les années 1950 où il ne peut que se donner en spectacle dans des revues au rabais dans lesquelles il se moque du fameux vampire... Arrive enfin Ed Wood qui tente de remettre l'acteur à flot avec le non-succès que l'on sait.

Ce film court, 52 minutes, fait donc aussi ressurgir le fait que le rôle de Dracula fut aussi bien la clé du succès pour Lugosi, mais aussi son ticket pour l'Enfer. Difficile de dire si la faute en incombe aux studios uniquement tant il semble que l'acteur ait profité de manière abusive de son image de prince des ténèbres, comme en témoigne une interview de 1932 lors de laquelle il joue sur sa personnalité ambiguë, prouvant ainsi qu'il était véritablement habité par son personnage, qu'il était même littéralement vampirisé ! Son fils, Bela Lugosi Jr., témoigne, principalement de l'image de son père qu'il ne connut que très peu puisque Junior vint au monde alors que Lugosi avait déjà soixante années bien sonnées, mais aussi Boris Karloff - admiratif de son collègue, et le réalisateur hongrois István Szabó (SUNSHINE). L'ensemble est certes intéressant mais il est vrai qu'on aurait préféré un travail plus poussé au niveau de la riche filmographie de l'acteur. Mais ce n'est évidemment pas le sujet, ce dernier étant bel et bien celui d'une star respectée dont la personnalité fut trop rapidement éclipsée par un seul et unique rôle. Les revers du rêve hollywoodien, en quelque sorte. Kerozene

WHITE ZOMBIE - Victor Halperin avec Bela Lugosi et Madge Bellany, 1932, États Unis

Madelaine et Neil sont sur le point de se marier. Charles Beaumont, un riche célibataire réussi à convaincre le couple de célébrer le mariage chez lui à Port Prince. Évidemment, Beaumont est en amour avec la jolie Madelaine et il propose à la future mariée de partir avec lui et abandonner son futur époux, mais il n'aura pas gain de cause. Beaumont décide donc de visiter Murder Legendre, un inquiétant personnage qui a pour main-d'oeuvre des zombies! Legendre lui offre une potion qui changera la pauvre Madelaine en une créature prise entre la vie et la mort. Beaumont utilise la potion après le mariage entre Neil et Madelaine, pour ensuite prendre le cadavre de cette dernière et l'emmener dans un lieu isolé. Le vilain Legendre dévoile son plan et il trahit Beaumont pour mettre Madelaine dans son armée de zombies. Neil lui, décide coûte que coûte de retrouver sa bien-aimée et de tout surmonter pour qu'à la fin, l'amour triomphe.

WHITE ZOMBIE est à ma connaissance, le premier film a abordé le thème de la zombification et à surtout montrer, les plus que jamais populaires créatures. Je dois dire que j'ai été très surpris de voir, en tout cas dans la première scène où on les voit lentement descendre une colline d'un cimetière, des zombies véritablement EFFRAYANTS (Pas de quoi faire dans son pantalon mais bon, pas mal plus efficace que plusieurs étrons plus récents). Le film en tant que tel est assez agréable, agrémenté par un Bela Lugosi en pleine forme. Le réalisateur d'ailleurs, utilise à fond son regard hypnotique dans ce qui devait sûrement être à l'époque, un summum du flippant. Évidemment, WHITE ZOMBIE ne comporte pas des zombies avides de chairs humaines et son intérêt principal est surtout historique. On risque par contre, comme dans mon cas, d'être surpris par la qualité de l'ensemble. Abba

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