Longtemps très locale, la production Coréenne est en trrain d'envahir les écrans du monde, avec raison. 

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mise à jour le 14 Janvier 2008

A BITTERSWEET LIFE aka Dalkomhan Insaeng - Ji-woon Kim avec Jeong-min Hwang , Yu-mi Jeong, Ku Jin, 2005, Corée, 120m

Un videur d'hôtel de luxe contrôlé par les yakuzas, Sun Woo, a une demande spéciale de son patron: vérifier pendant son absence de trois jours si sa jeune copine a un amant et advenant le cas, les éliminer. Mademoiselle a effectivement un amant mais Sun Woo décide ne pas les trucider, leur demandant de ne plus se revoir. Son patron n'accepte pas ce mensonge et décide de le faire parler pour l'éliminer par la suite. Notre homme survit miraculeusement et décide de crier vengeance...

Sur cette idée de base fort simple et presque prévisible, Kim réalise un film raffiné aux images travaillées, aux combats à main nue fulgurants et aux combats armés rappelant les meilleurs John Woo. Le nihilisme pervasif ne prévoit qu'une seule issue et le chemin pour y parvenir est heureusement parsemé de personnages secondaires fort savoureux, comme les marchands d'armes incompétents ! Sun Woo, brillamment interprété par Lee Byung-Hyun, ne répondra jamais à la question: pourquoi ? On imagine facilement que c'est par coup de foudre pour la belle, mais ce serait trop simple et c'est toute sa vie qui bascule pour un instant de... compassion ? J'avais adoré le travail du réalisateur sur A TALE OF TWO SISTERS. Je vais continuer de suivre le travail d'un artiste hors-pair. Mario Giguère

A*P*E aka Attack of the giant horny gorilla - Paul Leder, avec Joanna Kerns, Rod Arrants, 1976, Corée/États Unis

Deux gars ramènent un singe de presque 36 pieds à bord d'un bateau quand le singe se réveille. Il s'enfuie en direction de Séoul et tombe amoureux d'une belle actrice blonde qui éprouve de l'horreur mais aussi de la sympathie pour le gros primate. L'armée américaine stationnée dans le coin refuse de croire à l'arrivée du grand poilu, mais finalement ils se rendront à l'évidence, au moment ou l'ordre arrive de capturer vivant la bête ! Notre gros tapis cherche sa blondinette partout et la retrouve juste avant que l'armée n'arrive avec de nouveaux ordres: détruire le grand laid ! Heureusement il y a une belle histoire d'amour parallèlement entre la Marilyn Monroe des pauvres et un journaliste américain...

Pétoche que c'est poche mais que c'est drôle ! Réalisé pour deux sous et quart, avec un costume de gorille sorti des studios des années quarante, des roches en styrofoam, des acteurs coréens qui font de leur mieux, des enfants qui rient, des petits tanks en plastique. Pourquoi un gorille de presque 35 pieds ? ( On hésite entre 35 et 36 dans le film ) Pour pas avoir à faire de maquette trop compliquée, heureusement, celles-là sont tellement mal faites, on dirait des trucs en carton !

Faut le voir pour le croire ! Mario Giguère

Un bateau vogue paisiblement au large des côtes sud-coréennes. Deux marins bourrus tapent la discute en fumant une cigarette. Ils parlent de leur mystérieuse cargaison, une attraction à destination de Disneyland ! Tout d'un coup, un bruit sourd se fait entendre, et une gigantesque main simiesque explose le plafond de la cale du bateau. Car en effet, alors qu'on ne s'en doutait absolument pas, la cargaison en question n'est autre qu'un singe géant. Il explose le bateau dans une impressionnante explosion, et là, sans même pouvoir reprendre son souffle, il se fait attaquer par un requin géant. S'en suit un duel gargantuesque à l'issu duquel notre gorille sortira vainqueur. Pas fatigué du tout, il débarque sur la côte et piétine quelques maquettes.

A peu près au même moment, Marilyn, star Hollywoodienne, débarque au pays pour y tourné une superproduction. Et c'est lorsque le gros macaque la verra en pleine scène de détresse qu'il l'enlèvera et succombera à ses charmes.

Hallucinant ! Je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier cet ovni cinématographique. Marrant de voir ça après le remake de YONGGARY, également une coproduction américano-coréenne à l'origine diffusée en 3D, ce qui nous donne la possibilité de voir plein de projectiles en tout genre se diriger dangereusement vers le spectateur. Mais ici, pas d'images de synthèse, mais un bon vieux gars dans un magnifique costume de singe qui fait vachement bien le singe. Il faut le voir se battre contre les hélicoptères et les avions, il faut le voir écraser avec rage les superbes maquettes qui ont avalé les trois quarts du budget et fuire les figurants qui ont tous l'air de se marrer comme des petits fous ! Mais malgré sa force hors du commun, il succombera aux attaques répétées des forces armées. Et à l'actrice de lâcher un désespéré "why ?", auquel son bien aimé répond: "it is too big for such a small world....".

Putain, c'est beau. Kerozene

ARAHAN: JANGPUNG DAE JAKJEON aka: Arahan: Urban Martial Arts Action - Ryu Seung-wan, 2004, Corée, 114m

Un monde oubliant de simples faveurs philosophiques bascule actuellement vers le chaos. Le fragile groupe des 7 Maîtres Maruchi, n'étant plus que 5, est le 1er menacé du retour du "maître suprême du mal absolu". Le jeune et naïf policier débutant maladroitement sa carrière insistant pour qu'on lui apprenne le jang-pung [palm wind] - après avoir croiser la belle indépendante et unique fille, Eui-jin [So-yi Yoon], de l'un des maîtres,  arrivera-t'il à temps dans son apprentissage du Tao avec son énergie Chi ?

Sympathique et "éducative" comédie pour la famille d'un jeune réalisateur, Ryoo Seung-wan [oh! il a déjà assisté PARK Chan-Wook] mettant en vedette son frère, vedette montante dans ce sud, offrant de sains sourires envers les super-héros à CG et arts martiaux. Équilibre et rythme avec des interprètes attachants et de renoms dont l'ultime combat final peu sembler long. Sung-kee Ahn [Silmido et 69 films] comme papa, So-yi Yoon [Soul Guardians], Ju-sang Yun [Natural City/Versus] et surtout, quel beau méchant : Doo-hong Jung [Resurrection of the Little Match Girl, Musa/The Warriors] LE principal directeur chorégraphique des films d'actions coréens.

2 prix au Puchon International Fantastic Film Festival. Deadmonton

BAD GUY aka NABBEUN NAMJA - Ki-Duk Kim, 2001, Corée, 100m 

Hank-Ki, un criminel muet qui s'occupe d'une petite maison de prostitution, tombe amoureux d'une jeune étudiante qui attend son petit ami sur le banc d'un parc. Lorsque ce dernier arrive et que le couple est prêt à partir, Hank-Ki, s'approche et l'embrasse passionnément. Elle demande des excuses qui ne viendront pas. Dégoûté d'être ainsi rejeté, Hank-Ki complote une histoire où la jeune fille sera accusée du vol d'un porte-feuille. Elle se retrouve contrainte de rembourser une forte somme d'argent. Ne pouvant pas payer, elle prend une dette à Hank-Ki qui la forcera à se prostituer pour rembourser. Sachant Hank-Ki amoureux d'elle, elle fera tout pour le faire souffrir.

Réalisé par le réalisateur de l'excellent LIES. BAD GUY est encore une fois une histoire d'amour difficile entre deux êtres écorchés par la vie. Il y a ici un mélange de passion, de haine, de tendresse et de cruauté. Le film se déroule tout en douceur, dans le calme et sur l'étrange sensibilité de criminel. Les 2 interprètes principaux Jo Jae-Hyeon (dans le rôle difficile du muet) et Seo Won (dans celui de l'étudiante) donnent des interprétations fortes et courageuses. Jo Jae-Hyeon à même quelques traits avec un certain Antony Wong. Bad Guy offre aussi des retournements de situation parfaitement inattendus et non dénués d'un certain humour noir: À un moment donné, Hank-Ki se retrouve en prison et son complice tue un individu gratuitement pour aller en dedans pour lui faire sa fête ! BAD GUY est une œuvre forte et formidablement originale. Recommandé. Black Knight

BLOODY BEACH - In Soo Kim, 2000, Corée

Une bande d'adolescents formant une communauté d'internautes qui passe son temps à chatter pour ne rien dire, se réuni l'espace de quelques jours dans une maison en bord de mer. On apprend rapidement qu'un certain Sandmanz tenta d'intégrer le petit groupe qui le rejeta en bloc telle une vieille chaussette. La rumeur veut que suite à ce rejet, Sandmanz fut profondément attristé et se serait suicidé. Ce sujet génère quelques tensions entre nos camarades qui vont gentiment commencer à se faire éliminer par un psychopathe à l'identité mystérieuse.

Ce slasher coréen ne fait qu'appliquer les règles du slasher à l'américaine. Les premières victimes sont comme de coutume les protagonistes qui enfreignent les règles : l'adolescente qui fume en cachette et le couple fornicateur. Quant au tueur, il apparaît rapidement comme étant l'un des membres du petit groupe d'amis (ce qui n'est d'ailleurs pas franchement compréhensible, mais passons). BLOODY BEACH fait vaguement penser à une version moderne de BLACK CHRISTMAS où l'e-mail remplace le téléphone, d'autant plus qu'une bonne partie du film se déroule en intérieur - et non pas sur la plage comme le titre du film le laisse penser. En gros, rien de bien folichon. Néanmoins, certains meurtres s'avèrent bien sauvages et gores : gros plan sur un couteau qui pénètre la chair, doigts tranchés par une cisaille, jambes bousillées à grands coups de hache, ... et surtout le film nous offre une scène un peu olé olé où la fille fait preuve d'une détermination et une soif de sexe à toute épreuve, prenant ainsi le contre-pied des habituelles scènes du style où ce sont les hommes qui apparaissent habituellement comme étant de gros obsédés. Kerozene

BUNSHINSABA aka INCANTATIONS aka OUIJA BOARD - Byeong-ki Ahn, 2004, Corée du Sud 

Après NIGHTMARE et PHONE, Byeong-ki Ahn revient pour la troisième fois - et pour son troisième film, au film de fantôme pâlichon aux cheveux longs. Ras le bol dirons certain - et ceux ci peuvent dores et déjà passer leur chemin, chouette se diront les amateurs. On y découvre une jeune écolière appelant à l'aide l'esprit d'une élève assassinée 30 ans plus tôt afin de se venger de certaines camarades de classe persécutrices. Le résultat s'avère plus qu'efficace: les jeunes filles se mettent le feu après avoir recouvert leur tête d'un sac en plastique !

BUSHINSABA n'apporte rien de neuf au genre et ne fait que citer ses prédécesseurs. Le résultat est au final regardable, voire divertissant, mais il est évident que les spectateurs lassés des histoires d'écolières fantomatiques sortant de l'ombre en penchant la tête ne lui trouveront que des défauts. Kerozene

CITY HORROR : The SONG OF THE DEAD, Corée, 2002 

En 553 le général Bailan mène son armée contre Sun Law mais est défait par la sorcière adverse. Aujourd'hui, sur le site original ou est enfoui Bailan, un producteur et une chanteuse, Wei Lan, commencent l'enregistrement de son premier disque. Mais Wei Lan entends et voit une femme mystérieuse pendant que le producteur commence à arranger une mélodie qui est restée sur un enregistrement inconnu...

Voici ce qui semble faire partie d'une série télévisée, d'une durée d'une heure, d'horreur urbaine Coréenne. Le tournage est en vidéo, mais la production est de qualité. Les acteurs ne sont pas toujours à la hauteur et l'intrigue est très classique, mais on ne s'ennuie pas. Il y a, à la suite du vcd, les bandes annonces de deux autres titres de la série, qui semblent prometteurs. Mario Giguère

CITY HORROR: THE EVIL SPIRIT - Chung Hye Young , 2002, Corée

Cha retourne dans son village natal avec une équipe chargée de réaliser un documentaire. Elle retrouve ses amis d'enfance, qui se sont tous mariés, mais qui sont maintenant tous veuf ou veuves. Cha se remémore la petite Yan, fille d'une sorcière locale devenue orpheline à neuf ans, qui a subi les humiliations et la mort aux mains involontaire des ses petits amis. Les morts se multiplient lorsque Yan semble se repointer sur place !

Téléfilm coréen d'une série de quatre, c'est le deuxième que je vois. Il est semblable au précédent, bien fait, mais avec des acteurs moyens et une intrigue qui suit des chemins hyper connus. On ne s'ennuie pas vraiment, mais on reste sur sa faim, devant une copie habile mais somme toute interchangeable avec tant d'histoires de fantômes asiatiques récents. Mario Giguère

DOUBLE AGENT aka Ijung gancheob - Hyeon-jeong Kim, 2003, Corée 

L'action se passe fin 70, pour continuer dans les années 80. Un agent des services secrets de la Corée du Nord fait défection pour la Corée du Sud, il est d'abord interrogé, soupçonné d'être un agent double. Il coopère et finalement devient une personne ressource pour les renseignements de la Corée du Sud. Puis, comme le titre du film l'indique, on assiste à la supercherie, le contact avec les agents infiltrés, le réseau complexe d'espions à la solde du Nord. L'étau se resserrera inexorablement pendant que les sentiments d'une espionne et un jeune transfuge mettront tout le réseau en péril.

Drame psychologique et drame d'espionnage réaliste, DOUBLE AGENT nous fait entrer dans un monde éloigné des 007 habituels et est dès le début d'une cruauté difficile à regarder. Pas de pitié dans le monde du contre espionnage, pas de pardon pour les fautes et des convictions politiques inébranlables.

Un film très différent, donc, du lot habituel du festival Fantasia, qui a attiré moins de public, mais fort applaudi par les gens présents. Mario Giguère

DUELIST - Myung-se Lee, 2005, Corée du Sud

Cela faisait six ans que l'on attendait Myung-se Lee après son très bon SUR LA TRACE DU SERPENT, film sombre et sèchement brutal. Et le voila qui revient avec un film de sabre qui explose littéralement le box-office local, et qui se voit précédé d'une réputation plutôt positive. C'est donc avec une certaine excitation que l'on se pose devant ce blockbuster épique mais ce n'est que pour mieux subir la chose et essuyer une monstrueuse déception, voire même une grande frustration. Car contre toute attente, Lee opte pour une histoire niaise de romance pour adolescentes fans de Dawson Creek en mettant en scène les amours impossibles d'une policière au caractère bien trempé et d'un bandit au visage triste et angélique. Le traitement à la soap pour teenager s'avère d'autant plus indigeste qu'il est appuyé par une bande son absolument atroce mélangeant guitares distordues et violons mièvres, que le tout est injecté d'un humour lourdaud et qu'il semble que le réalisateur ait soudainement des envies de reconnaissances internationales en marchant sur les traces de Zhang Yimou et de son SECRET DES POIGNARDS VOLANTS. DUELIST aligne en effet les scènes plastiquement superbes un peu à la manière du cinéaste chinois en faisant tirer en longueur une histoire dont on vient rapidement à se foutre tant on en connaît l'issue à l'avance. Quant aux chorégraphies, elles n'atteignent pas la virtuosité des films chinois malgré les évidentes prétentions d'en coller plein la vue. Les amateurs de grosses bluettes asiatiques en costumes seront probablement aux anges, les autres s'emmerderont sec devant cette pelloche gonflante et ronflante et tenteront de se rattraper sur les images par moment époustouflantes - il faut bien le reconnaître. Kerozene

Le site français: www.duelist-lefilm.com

  D-WAR aka Dragon Wars - Hyung-rae Shim avec Jason Behr, Robert Forster, 2007, Corée, 90m

Il y a 500 ans devait avoir lieu un combat entre les forces du bien et du mal, incarnées par deux dragons géants, mais un de ces dragons était pour l'instant une jeune femme et son bien aimé a préféré le suicide collectif plutôt que de voir sa douce devenir une bête géante. Mal lui en prit, aujourd'hui, 500 ans plus tard, les merveilles de la réincarnation ramènent la situation au goût du jour, qui plus est à Los Angeles, envahi par une armée de dinosaures qui veulent s'emparer d'une jeune femme qui n'a aucune idée de ce qui lui arrive, aidée par son chevalier réincarné.

Hyung-rae Shim n'ayant pas apprécié la faible réception internationale de son remake de Yonggary, il rempile avec une montagne d'effets digitaux, mieux réussit, c'est vrai, mais avec un scénario embourbé. Les trous dans la logique sont immenses, les coïncidences trop nombreuses, les personnages pas attachants, bref, si on a droit à un spectacle intéressant, pour le reste, on peine à suivre l'histoire. Dommage, car la première bande annonce, sortie il y a bien quatre ans sur internet, promettait énormément. Trop d'attente, mais aussi trop d'ambition et une excuse de scénario qui devrait pourtant être d'une importance primordiale. Un succès en Corée, mais un échec international, principalement dû au budget excessif mis à la disposition du projet. Dommage. Mario Giguère

The HOST - Bong Joon-ho, 2006, Corée du Sud, 1h59

"A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo..." (allocine.fr)

Attention, chef d'œuvre ! A la fois film de monstre, thriller critique et comédie hilarante, THE HOST procure au cinéphile deux heures jouissives et inoubliables. Ce troisième film de Bong Joon-ho, déjà remarqué avec le polar MEMORIES OF MURDER (sorte de giallo rural coréen), place la barre très haut. Le monstre aquatique, que l'on doit à l'équipe responsable des créatures de LORD OF THE RINGS, traverse le film, gluant et dévastateur. A la fois extrêmement bien conçu (mouvements très crédibles) et caoutchouteux comme aux grandes heures de San-Ku-Kaï, il survolte un scénario déjà riche et complexe, mêlant critique sociale et dénonciation rigolarde mais cinglante de l'impérialisme américain (voir la séquence pré-générique, digne d'un bis 70's). On suit avec délice la course-poursuite entre cette famille de "losers", magnifiquement interprétée, et le monstre, mobile et imprévisible, sans cesse susceptible de ressurgir des égouts où il se planque et emmène ses victimes. Bong Joon-ho tire le maximum de toutes les situations, qu'il s'agisse de scènes d'angoisse ou de répliques moqueuses, à l'humour très mordant. Bref, THE HOST est le film de l'année, à voir toutes affaires cessantes. Une merveille ! Stelvio

INTO THE MIRROR aka Geoul Sokeuro - Kim Seong-Ho, 2003, Corée du Sud, 1h53

La Corée, depuis quelques temps, explose carrément sur le marché international, et ce de plusieurs façons. Tout d'abord avec ses "copies" de quelques succès américains, mais aussi avec ses films atypiques, entre autres ceux de Park-Chan Woo. Fortement inspirés et fascinés par la culture américaine, les Coréens ont quand même quelques traits caractéristiques quand vient le temps de nous torcher une comédie; les claques sur la gueule pleuvent et les dialogues "d'auto-promotion" frisent le ridicule. Leur sens de la hiérarchie semble très important, alors il n'est pas rare que certains individus soient traités comme de la merde uniquement parce qu'ils sont "en bas de l'échelle".

Fantasia présentait cette année un panorama fort varié du cinéma coréen, et parmi la sélection figurait ce petit thriller ayant pour thème la découverte du subconscient, avec pour visuellement agrémenter le tout une sur-utilisation du motif visuel du miroir.

Un policier "raté" (Ji-Tae Yu, vu dans ATTACK THE GAS STATION en '99, et en 2003 dans NATURAL CITY & OLDBOY) - il a contribué à la mort d'un collègue lors d'une prise d'otages un peu confuse, un an plus tôt, en ratant sa cible - est maintenant chef de la sécurité dans un grand magasin grâce à son oncle, qui en est le gérant. Sa vie est sans histoires; il se saoule dans un bar du coin chaque soir après le boulot et refuse de se regarder dans un miroir, se considérant comme un beau perdant. Une vague de meurtres étranges, dans des circonstances troublantes, ont lieu dans le magasin, ce qui déclenche une enquête qui remuera autant la vie des promoteurs que son passé trouble, et disons seulement qu'il n'en est pas à une découverte près !

Avec sa scène d'ouverture fort efficace, INTO THE MIRROR s'annonce comme une jouissive incursion dans le surnaturel "à chocs" auquel les Asiatiques nous ont habitués ces derniers temps. Même si l'explication finale ne tient pas toujours debout, on est bien content de constamment sursauter devant les chocs qui s'accumulent et le suspense constant. Mais bon, tout le monde peut se tromper, car la marchandise ici livrée ne correspond pas tout à fait à ce à quoi on s'attendait.

Nous avons droit à une longue enquête policière sagement menée, doublée d'une introspection constante du personnage principal. Disons que le tout aurait gagné à être "resserré" car à près de deux heures, le sommeil du spectateur n'est jamais bien loin.

Les effets-choc sont bien réussis, certes, mais n'interviennent que trop rarement. La scène finale est bien entendu fort surprenante, arrachant même quelques frissons au public n'ayant pas succombé à Morphée, mais le chemin pour y parvenir est long et ardu.

Retenons ici le joli minois de Hye-Na Kim, fantomatique héroïne, dont on entendra probablement parler davantage dans les années qui suivront. INTO THE MIRROR est donc une sympathique expérience, si l'on a envie de se pencher sur le destin "tragique" du héros, mais si les longueurs et les développements erratiques de personnages qui ne mènent à rien vous donnent des boutons, je vous conseillerais bien sobrement de passer votre tour. Orloff

I'M A CYBORG BUT THAT'S OK - Chan-wook Park, 2006, Corée du Sud

Tout ne tourne pas très rond dans la tête de Young-goon. La pauvre est en effet persuadée d'être un cyborg ! C'est après avoir tenter de se recharger en mettant les doigts dans une prise que sa mère décide de la faire interner en hôpital psychiatrique. Là, elle y fait la connaissance de toute une faune de doux-dingues et surtout de Il-sun, un jeune homme pas si fou avec un cœur gros comme ça qui parviendra - entre autre - à sauver Young-goon de son anorexie (car un cyborg ne mange pas, c'est bien connu). C'est mignon tout plein, on dirait AMELIE POULAIN CHEZ LES NEUNEUS et hormis les quelques scènes de rêves durant lesquelles Young-goon se transforme en Terminator sanguinaire, le film est d'un ennui redoutable !

Chan-wook Park avait déjà amorcé son changement d'orientation avec le précédent - et somptueux - LADY VENGEANCE. Là, la bifurcation est nette et flagrante, et ce n'est pas forcément pour le meilleur. Celui qui savait si bien sublimer la violence et la douleur ne possède pas (encore ?) le langage cinématographique sachant illustrer la douceur et la tendresse. Son film est rapidement plombé par une sorte de poésie enfantine naïve qui ne fait malheureusement pas illusion et semble trahir la volonté d'un auteur à se débarrasser d'une étiquette qu'il juge trop embarrassante. Seulement à force de se renier soi-même, il y a des risques pour qu'on y laisse des plumes et ces plumes sont sans doute ce qu'il manque à I'M A CYBORG BUT THAT'S OK. Kerozene

JOINT SECURITY AREA - Chan-wook Park, 2000, Corée

Avant de se faire remarquer avec sa trilogie de la vengeance (SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE, OLD BOY et LADY VENGEANCE), Chan-wook Park a marqué le coup en raflant le grand prix du festival du film asiatique de Deauville avec JSA. JSA traite du mal principal rongeant le peuple coréen, à savoir la séparation Nord-Sud. L'intrigue prend place à la frontière des deux Corées, au moment où un soldat sudiste tente de fuir le poste de garde nordiste dans lequel vient d'avoir lieu une fusillade. Les forces neutres de la zone démilitarisée, à savoir la Suisse et la Suède, engagent une suissesse d'origine coréenne afin d'enquêter sur l'affaire dans le but de déterminer qui est responsable de la tuerie, et surtout d'éviter de faire en sorte que cette affaire ne mène à un éventuel conflit. L'histoire qui se révèle alors est celle d'une amitié sincère entre des frères ennemis par obligation, celle d'un peuple déchiré au plus profond de sa chaire.

Bien loin de la violence clinique et extrêmement brutale de OLD BOY, Park signe ici un film de commande qui lui parle sans doute moins que ses films à venir, mais qui ne l'empêche pas d'aborder le sujet avec classe et subtilité. Malgré tout non exempte de violence, les moments forts du film sont surtout présents lors des longs flashbacks illustrant les événements qui précédèrent le drame d'ouverture: la rencontre entre les soldats aux postes de garde à la frontière qui se découvrent de véritables atomes crochus contredisants toute la propagande qui leur a été enseignée. Park rend la présence de cette frontière aussi douloureuse via ses protagonistes, qu'absurde (les touristes américains la visite comme s'il s'agissait d'un parc d'amusement). Malheureusement la réalité est ce qu'elle est, c'est à dire triste et dure, et si la fin peu dérouter les spectateurs occidentaux elle est sans doute pleine de bon sens pour les coréens.

Belle histoire humaniste donc, magnifiée par une photographie d'une beauté époustouflante aux éclairages extrêmement soignés et ponctuée de rares effets digitaux gratuits et inutiles (un hibou...) que l'on pardonne volontiers. Kerozene

KICK THE MOON, aka Shinlaui Dalbam, Kim Sang-Jin, 2001, Corée du Sud, 1h58

Ça débute avec un espèce de concours de chant ridicule, où les élèves les plus cools d'un lycée coréen se relaient sur scène pour interpréter des tubes vraiment fromageux. On nous met en scène la rivalité qui oppose deux élèves, un garçon réservé et l'autre plutôt populaire et bagarreur. Dix ans plus tard, le tough est devenu un professeur qui utilise des méthodes plutôt violentes pour punir ses élèves désobéissants, tandis que Young-Jun, l'autre lascar, est maintenant un gangster suivi par une véritable armée de subordonnés. Ils se revoient, reprennent un semblant de relation jusqu'à ce qu'une jolie fille, de laquelle ils tomberont tous deux amoureux, ne vienne réveiller leur ancienne rivalité.

Du réalisateur de ATTACK THE GAS STATION, cette comédie (?) coréenne se regarde sans déplaisir, mais sans réel plaisir non plus... Kim Sang-Jin crée un petit univers tout à fait irréaliste où tout le monde se tape sur la gueule - un trait typiquement coréen, typique d'une certaine inconscience sociale - et où les gangsters sont des individus ridicules incapables de vraiment faire du mal à quiconque.

On note encore une fois l'obsession des asiatiques pour les boys bands, cette plaie qui gâche plus d'un film... Le récit est improbable mais quelquefois amusant à suivre, mais s'étend trop longuement sur des sous-intrigues qui, bien qu'elles ne soient jamais abandonnées en cours de route, ne servent pas à grand chose.

L'interprétation est caricaturale sans tomber dans l'hystérie, et le seul comédien qui sort vraiment de la mêlée avec distinction est Sung-Jae Lee, qui était déjà de la distribution de ATTACK THE GAS STATION et que l'on a aussi vu dans PUBLIC ENEMY. Reste la bien jolie Hye-su Kim (TOO TIRED TO DIE) qui sert de love interest mais dont on ne développe pas vraiment les motivations. Un film bien terne et superficiel donc, qui insiste beaucoup trop sur l'immaturité pour être pris au sérieux. Orloff

 

MEMENTO MORI aka Yeogo goedam II - Tae-Yong Kim/Kyu-Dong Min, 1999   

Une jeune lycéenne homosexuelle (et fort jolie) est persécutée par ses camarades et reniée par sa copine. Elle se jette alors du toit de l'école. Une autre élève découvre leur journal intime avant le suicide et se rapproche inévitablement des deux filles. Mais après la mort de la gouine, il semblerait que sa présence hante les lieux. C'est alors que l'on découvre son passé et le pourquoi de son retour parmi les vivants.

Attention, il ne faut pas se faire d'illusion. Ici, c'est à un film sur les relations humaines qu'on a à faire, pas un film de fantôme. L'action débute d'ailleurs très lentement à tel point qu'on se demande même par moment si on ne s'est pas trompé de film. Mais au fur et à mesure le film prend ses marques et s'avère être une jolie bluette avec ses 2-3 effets gentiment chocs, mais rien de bien flippant. La mise en scène est soignée et les acteurs, actrices surtout, sont plus que convaincants. On regrettera l'absence totale de nichons ou des scènes de lesbianisme explicite. Kerozene

MUSA - Sung-su Kim, 2001, Corée 

Au 14ème siècle, une délégation diplomatique de Corée est rejetée dans le désert par la dynastie naissante Ming. Une bande de mongols Yuen tuent leurs escortes chinoises, mais voilà que le général Coréen sauve une princesse ( Zhang Ziyi ) Ming du convoi Yuen. Ils seront ardemment poursuivis par les troupes Mongols jusqu'à un fort qui se révèle abandonné. Un terrible siège s'annonce...

Film historique à grand déploiement, MUSA débute très lentement dans le désert. Heureusement que le tout se corse dans des scènes de poursuite avec des poussées de violences étonnantes. Le sang gicle, les têtes sont coupées, les flèches pleuvent et les sabres et massues rencontrent l'ennemi dans des chorégraphies d'un réalisme cru. Le scénario ressemble étrangement à un vieux western américain: attaque de la diligence, poursuite dans le vallon, dans la forêt, attaque du fort, les similitudes sont nombreuses, la différence se situant dans le refus du "happy end" américain habituel. On philosophe entre deux combats, également. La musique m'a aussi fait décrocher à quelques reprises, trop moderne pour un récit classique. Un film fort apprécié avec quelques réserves. Mario Giguère

NIGHTMARE aka Gawi - Byeong-ki Ahn, 2000, Corée 

Un groupe de 7 jeunes adultes cachent un terrible secret. Lorsqu'ils commencent à mourir les uns après les autres, l'oeil arraché, la gorge tranchée, la question se pose: a-t-on affaire à la vengeance d'un fantôme ou la folie d'un des leurs ?

Un scénario qui reprend des thèmes bien connus, du slasher américain et de fantôme japonais, Nightmare brasse la linéarité, divulgant au compte goutte les informations sur l'acte mortel. On finit par comprendre que le tout est présenté sous l'angle de la seule personne qui n'est pas au courant de l'histoire, mais là encore, le puzzle ne se complète que dans les dernières minutes. On mélange pratiquement le giallo à la Argento avec l'univers de Ring. Si l'équation est intéressante, on a de la difficulté à éprouver de la compassion pour les victimes et l'ensembe a des airs constants de déjà vu. En version originale sous-titrée, les prénoms originaux qui sont si peu familiers ont ajouté à une certaine confusion, je l'avoue. D'autre part, je commence à mieux comprendre le phrasé coréen, qui termine souvent la phrase sur une note descendante, comme le cantonais, ce qui n'a pas à être perçu comme une émotion lassive, juste une particularité linguistique. Film intéressant mais pas indispensable, loin de là. Mario Giguère

NO BLOOD NO TEARS - Seung-wan Ryoo, 2002, Corée du Sud   

Après un premier long d'excellente réputation et réalisé avec quelques bouts de ficelles (DIE BAD, terminé en 2000), le réalisateur Seung-wan Ryoo, prodige local et futur auteur d'ARAHAN et de VIOLENT CITY, se voit offrir un budget très confortable pour les besoins de ce NO BLOOD NO TEARS, thriller noir pour intrigue à tiroir sur fond d'amourettes et de gunfights. Visiblement, Ryoo aime le cinéma occidental et il le fait savoir. Son film présente une bande de truands d'horizons divers à la recherche de l'argent généré par les paris de combats clandestins. Les protagonistes se croisent et se recroisent, à la manière d'un LOCK, STOCK, AND TWO SMOKING BARRELS, avec scènes de bastons martiales en plus - malheureusement atrocement mal filmées. Et comme on en est à citer des films " cool ", autant y aller carrément et se la jouer OCEAN'S ELEVEN avec une bande son jazz-rock super groovy que les fans de Clooney et ses potos apprécieront peut-être mais qui s'avère en réalité traduire une abominable faute de goût. En plus de cela, il nous colle quelques morceaux pop façon Tarantino&ldots; le problème est qu'il s'agit là de ce que (selon moi) Tarantino maîtrise le moins.

Donc, résumons : un scénar " malin " façon Guy Ritchie, une bande son " fun " façon Soderbergh/Tarantino, des combats filmés avec les pieds&ldots;. Mais que reste-t-il ? Ben pas grand-chose en fait. Il y a les superbes actrices et quelques scènes ici et là qui méritent d'être sauvées, mais noyées au milieu de ce gloubiboulga filmique, c'est peine perdue. Ryoo se rattrapera deux ans plus tard avec le très divertissant ARAHAN. Kerozene

NOWHERE TO HIDE - Myung-se Lee avec Joong-Hoon Park, 1999, Corée, 90m

Le détective Woo (Tiens tiens), policier aux méthodes brutales, se doit de retrouver l'homme qui a assassiné un important chef de la pègre. Notre inspecteur décide donc de flanquer des raclées à tous ceux ses suspects pour leur faire cracher le morceau. Petit à petit, Woo s'approche de la confrontation finale, mais il va en perdre bien des plumes.

J'aurais tellement voulu aimer ce film mais malheureusement, rien à faire. La pochette de mon VHS annonçait un hommage à John Woo, on le voit assez rapidement, ralentis, face à face et plans séquences sont au rendez-vous. Ce qui manque par contre, c'est de l'intérêt face à un film qui manque cruellement de rythme et qui s'avère assez pénible. D'accord c'est visuellement assez réussi et la photographie est très recherchée mais c'est en même temps tout le problème. J'ai eu l'impression de regarder un exercice de style qui cherchait désespérément à être cool au détriment du scénario. On alterne humour et sérieux de façon abrupte sans trop de succès et dans mon cas, c'est devenu rapidement très irritant. Sans parler du personnage principal qui cabotine tellement qu'il élimine toute chance qu'on s'attache à lui. On sent que le réalisateur a voulu en faire à sa tête, qu'il ne cherchait pas à faire un beau petit film académique mais qu'il s'est aventuré dans une avenue assez casse-cou qui créée une énorme distanciation qui malheureusement pour lui, fait mieux voir les nombreux défauts du film. Dommage, l'intention était bonne. Abba

OLD BOY - Chan-wook Park, 2003, Corée du Sud

Que feriez-vous si vous étiez enfermé durant 15 années dans une chambre au papier peint hideux par quelqu'un dont vous ignorez l'identité et pour une raison que vous ne connaissez pas ? Oh Daesu, lui, a eu le temps de se la poser, cette question. Après 11 ans de dépression et diverses tentatives de suicide, il s'est fait une raison et s'est fixé un but. Trouvé le responsable et lui faire la peau. Un beau matin, il se réveille en haut d'un immeuble. Habité par une rage débordante et une insatiable soif de vengeance, Daesu va mener une enquête surprenante à la révélation aussi douteuse que douloureuse.

Ce pitch de départ des plus excitants permet à Chan-wook Park de jouer avec son spectateur qui tentera bien vainement de deviner le pourquoi du comment de l'incarcération de Daesu. Celui-ci mène son enquête à grands coups de poing dans la gueule et dessoude du bad guy à tour de bras. Le rythme posé et contemplatif du film, tout en contraste avec ses scènes d'ultra violence sanglante, nous conduit calmement vers la tant attendue révélation, comme à l'image de cette scène magnifique dans laquelle Daesu se bat dans un couloir contre une douzaine de types patibulaires armés de bâtons et de couteaux. Une scène filmée en plan séquence directement issue d'un bon vieux jeu vidéo classique dans le style de Double Dragon. Tout comme pour SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE, le film vogue calmement vers sa terrible conclusion en amenant son héros désabusé et seul au monde au travers divers escales d'intense brutalité puis à une relation amoureuse quelque peu douteuse. OLD BOY intègre ces mêmes éléments pour une histoire encore plus forte, plus absurde et au final nettement plus tordu. Park est définitivement un auteur à suivre, un cinéaste qui, avec Kim Ki-Duk, offre au cinéma coréen ses lettres de noblesse. Kerozene

Oh Dae-su est kidnappé puis enfermé dans une chambre d'hotel sans savoir qui sont ses ravisseurs ni pourquoi ils l'ont choisit. Son seul lien avec l'extérieur est une télévision et c'est par elle qu'il apprendra que sa femme a été assassinée et qu'il est le principal suspect. 15 ans plus tard, il est relâché avec de l'argent et un cellulaire. Il se lance alors dans une recherche frénétique pour découvrir qui est responsable de son "emprisonnement" et bien sûr, se venger.

Deuxième épisode d'une trilogie sur la vengeance qui avait commencé par l'excellent SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE, OLDBOY est un voyage dans la cruauté humaine (et animal) intense qui ne peut laisser personne indifférent. Beaucoup moins violent que son prédécesseur, ce film renferme tout de même quelques moments de pure poésie cruelle tel cet affrontement au marteau avec une trentaine de brigands, le tout filmé avec retrait et sobriété.

L'éclairage, la direction artistique tout comme la musique, un savant mélange de musique classique et d'électro, est soigné et absorbe le spectateur dans le cauchemar que vit le personnage principal.

Par contre, ce film est loin d'être parfait. SYMPATHY... (qui aura droit aussi à sa sortie cinéma) était de loin supérieur et plus achevé. Ce qui m'a le plus dérangé dans OLDBOY c'est la finale, lorsqu'on apprend la raison principale de toute l'entreprise. Raison plutôt mince et superficielle. Mais Chan-Woon Park a assez de talent pour nous le faire oublier et maintenir notre intérêt jusqu'au générique.

Donc, ne laissez pas la hype brimé votre expérience cinématographique et écoutez ce film si ce n'est pas déjà fait. Pas aussi génial qu'on le prétend mais une sacré baffe dans le visage du cinéphile.

Et pour que j'aime un film coréen, pour ceux qui me connaissent, ça, c'est tout un exploit. Mathieu Prudent

PHONE - Byeong-ki Ahn, 2002, Corée du Sud, 1h40.

Ji-Won, une journaliste coréenne, vient de publier un article sur un réseau de pédophiles qui fait beaucoup de bruit et, excédée par les menaces qui lui sont faites sur son téléphone cellulaire, décide de changer de numéro et de se terrer dans une maison que lui prêtent un couple d'amis. Les appels ne cessent pas pour autant et elle découvre avec effarement que tous ceux ayant précédemment utilisé son nouveau numéro de téléphone sont morts dans des circonstances plus que suspectes. Chaque fois qu'elle entend la sonnerie de son mobile, rien de bien réjouissant ne se profile à l'horizon...

Voilà une production coréenne comme il s'en produit des tonnes, prévisible dans son ensemble et soporifique dans le détail. Les clichés asiatiques abondent, de la fillette possédée et supposément inquiétante (la repoussante Seo-woo Eun) au téléphone qui ne cesse de sonner chaque fois qu'une inquiétude surgit. On a même droit aux flash-back mal placés - et foutrement mal indiqués, ce qui crée une certaine confusion dès qu'on est le moindrement inattentif - et à des "visions" qu'a l'héroïne des crimes du passé. La mise en scène est trop traditionnelle et sage pour créer la tension tant attendue, et la direction photo, avec ses teintes pastel abondantes, nous rappelle sans cesse que la réalité se dissimule derrière des gels de couleur. La bande son orchestrale est sans originalité et souligne des effets ternes, que l'on voit venir de très loin. PHONE est un drame psychologique surnaturel jouant sur plusieurs registres mais sans identité propre, se contentant de calquer plusieurs succès récents du box-office coréen et jouant sur des coïncidences gigantesques, à croire qu'il n'y a que quelques centaines d'habitants en ville. Comme poésie occulte, on a déjà vu mieux. Orloff

J'ai eu de la difficulté au début du film, on change de personnage, mais je ne m'en suis pas rendu compte rapidement, les Coréennes se ressemblant toutes à mes yeux de Nord Américain. Donc, une jeune fille disparaît et une journaliste, qui enquêtait sur un réseau de prostitution juvénile et qui change de numéro de téléphone parce qu'elle se fait harceler, se retrouve avec son numéro de téléphone. Elle continue d'avoir de drôles d'appels et lorsque la fille de sa soeur répond à sa place, la petite semble possédée par l'esprit du téléphone.

Si ça semble confus, ça ne se règle pas non plus dans le scénario. Entre le client du réseau de prostitution qui va finir par se manifester et la petite qui est bel et bien possédée et l'étrange triangle amoureux qui se dessine, on finira par tout comprendre lorsque le récit tombe dans le classique Edgar Allan Poe.

Tout cela est très bien photographié mais le montage qui retourne dans le temps sans avertir crée de la confusion. Il y a de bons moments, mais on ne peut plus classiques et l'ensemble est une enfilade de scènes déjà vues autant en Asie qu'en Amérique du Nord. La musique est particulièrement non efficace, faible au niveau sonore et bien trop classique et trop mièvre pour soutenir le film. Le final rachète un peu le film, je n'avais pas venu venir toutes les situations. Ca reste peu. Mario Giguère

The PRESIDENT'S LAST BANG aka Gu-tte Gu-Saramdul - Im Sang-Soo, 2005, Corée du Sud 

En 1979, le président coréen convie à une petite soirée le chef des services secret, son chef de sécurité et son secrétaire. Bouffe fastueuse, blagues salaces et chanteuses frivoles au programme de cette chaleureuse soirée qui s'avérera être la dernière du dirigeant politique au pouvoir depuis 20 ans. THE PRESIDENT'S LAST BANG revient sur un des événements les plus important de l'Histoire de la Corée du Sud, la fin de son dictateur Park Chung-Hee et de son régime. Régime certes bénéfique pour l'économie du pays mais oppressant pour ses habitants. Là où le film se distingue de manière épatante, c'est grâce à son approche satirique totalement bluffante et inattendue. Son réalisateur adopte un ton peu commun au cinéma coréen, en particulier lorsque celui-ci traite de politique. Ses propos sont clairs: critiquer l'absurdité d'un régime violent, hypocrite et menteur à travers la description des événements prenant place avant, pendant et après l'assassinat du dirigeant mégalo et qui décrivent les dérives et incompétences d'un gouvernement au final ridicule et maladroit. Mais cette moquerie n'est pas gratuite, elle traduit bel et bien un malaise ancré dans les racines de la culture coréenne contemporaine.

Les enfants du président Park n'ont d'ailleurs pas apprécié la chose. Ces deux puissants politicards actuellement en activité, s'ils ne sont pas parvenus à interdire le film, ont en revanche obtenus des coupes, ce qui ne manqua pas de faire grand bruit au Pays du Matin Calme. THE PRESIDENT'S LAST BANG est un film politique, certes, mais bien loin de la rigueur sèche d'un DOUBLE AGENT. On nage ici en pleine comédie noire ponctuée d'éclairs de violence, le tout emballé de manière élégante par une mise en scène remarquable et une photographie somptueuse. Indispensable, que l'on aime le cinéma coréen ou non. Kerozene

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