Le Western a certe connu ses heures de gloire il y a belle lurette, mais a ressucité grâce aux italiens dans les années 60-70. Genre que l'on essaie de réanimer régulièrement, parfois avec succès. Voyez aussi plusieurs westerns sur la page de Sergio Leone, Charles Bronson et Clint Eastwood

mise à jour 12 décembre 2007

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$100,000 ! POUR RINGO aka Centomila dollari per Ringo - Alberto de Martino avec Richard Harrison, Fernando Sancho, 1965, Italie/Espagne

Un groupe d'indiens est entrain de poursuivre une jeune femme montée à cheval avec un petit enfant . Elle réussit à s'abriter parmi des rochers et commence à décimer les indiens! Mais voyant qu'elle se trouve perdue, elle place l'enfant sur la selle de son cheval et le fait fuir. Un blanc, Tom Charret qui a observé la scène intervient et abat les derniers indiens. Puis il ramasse une lance et l'enfonce dans la poitrine de la jeune femme. Avant de partir, il fouille ses affaires et s'empare d'un document. De retour au village, Tom accompagné de ses deux frères Dane et Loock réunit des habitants afin de se débarrasser des indiens qui occupent la réserve, car ce dernier ambitionne de s'approprier des territoires et d'un ranch ayant appartenu  à un certain Ward Custer mort à la guerre! La tribu des Apaches est campée sur un plateau. Ce sont des gens pacifiques sous les ordres de Osso Grigio. parmi eux se trouve Cavallo Selvaggio un des plus vaillants et Oneida est la plus belle parmi les jeunes filles! Le bébé prénommé Shane a été élevé par celle-ci et les Apaches l'ont pris en affection. L'attaque des blancs surprend les indiens et beaucoup se font tuer  excepté Osso Grigio et quelques autres qui réussissent à s'enfuir en amenant Shane avec eux.

Quelques années se sont écoulés et un étranger arrive à un petit ranch afin de se rassasier. Un groupe de pistoleros à la solde de Tom tente de l'arrêter mais il est abattu. Sa dextérité au pistolet fait croire à l'aubergiste et autres clients qu'il s'agit de Ward Custer un as de la gachette et que ce dernier est revenu afin de se venger de Tom Charett. L'étranger se lie d'amitié avec un chasseur de primes Chuck! Au village Tom est devenu le maître du pays  et il entretient un maîtresse Déborah qui est amoureuse d'Ivan un joueur  qui ferait n'importe quoi pour elle! Parmi ses différentes activités, Tom vend des armes au Mexicain. L'arrivée de l'étranger donne lieu à un rixe dans le salon, car maintenant on croit qu'il est le père de Shane et le mari de la femme tuée par Tom! L'étranger s'installe dans le ranch du père de Shane. Là il fait la connaissance de José, un aveugle qui le prend pour son ancien maître! Oneida est aussi là convaincu qu'il est bien le père de Shane, mais voici que les frères de Tom Lock et Dane tendent un piège à l'étranger! Ils incendient le ranch, José est tué et tous les trois parviennent à l'échapper! Au village, Tom découvre que Déborah file le parfait amour avec Ivan et tente de les tuer! L'étranger arrive à temps et fait prisonnier Tom. Aidé par Chuk, il amène Tom et le livre au général pour une somme de 5,OOO$! L'étranger se rend au campement afin de parler à Osso Grisgio. Il lui dit qu'il va pouvoir se venger de ceux qui ont ravagé son campement! Entre temps Tom qui doit sa délivrance grâce à ses deux frères, fait prisonnier Déborah et Ivan et les tue après les avoir torturé! Ringo tombe aussi dans ses mains mais est sauvé par Chuck. Tous deux engagent une bataille sans merci contre Tom et son armée! Tous deux semblent ne pas s'en sortir mais arrive Cavallo Selviaggio et son armée ! Voyant qu'il est perdu, Tom cherche à s'enfuir mais l'étranger le tue. Osso Griggio a compris que désormais il pourrait avoir confiance en lui. Ce dernier en compagnie de Chuck et de Shane s'en retournent au pays. C'est avec une larme à l'oeil que la belle Oneida voit partir l'enfant qu'elle avait élevé et celui dont elle en était amoureuse...

Alberto de Martino a réalisé un excellent film qui malgré un scénario à la Bud Boetticher ou à la Delmer Daves : Indiens Apaches, un enfant à la recherche de son père, un étranger que l'on prend pour un autre, reste dans la grande tradition du western européeen! Mis en scène en 1966, $1OO,OOO POUR RINGO fait partie de ces westerns qui firent les beaux jours du cinéma bis des années 196O!!! Véritable touche à tout Alberto de Martino qui signa l'horrible "MANOIR DE LA TERREUR" avec Gérard Tichy ré-embauche celui-ci pour jouer à nouveau le rôle du salaud : Tom Charett. En tête de série : Richard Harrison qui dans son rôle d'étranger nous donne une composition Eastwoodienne que l'on retrouve dans "POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS". Richard Harrisson oeuvra lui aussi pour tous les genres : westerns, policiers, film de guerre, péplums est ce héros à la fine gâchette, rôle d'ailleurs qu'il reprendra dans le mémorable western d'Antonio Margheriti :"AVEC DJANGO LA MORT EST LA". A ses côtés, délaissant sa silhouette de bandit mexicain, c'est avec un vif plaisir de retrouver notre grand ami Fernando Sancho qui est Chuck le chasseur de primes sympathique. A l'affiche, Eléonora Bianchi qui est Déborah, Massimo Seratto est Ivan et une autre "trogne" du western européeen : Lee Burton alias Guido Lollobrigida qui n'est autre que le propre frère de Gina Lollobrigida.

Terminons cette critique positive en déclarant que ça bouge énormément, on ne s'ennuie pas avec des superbes images colorées en scope et puis la merveilleuse partition musicale signée Bruno Nicolaï dont la chanson  originale est chantée par Bobby Solo : "RINGO CAME TO FIGHT". Bobby Solo qui fut l'inoubliable interprète de ce succès mondial : "UNA LACRIMA SUL VISO".

Un film à découvrir. On peut le trouver chez SOMETHING WEIRD VIDEO mais dans une copie non scopée en Pan et Scan. Il est bien dommage que ce film ne connut pas un succès lors de sa sortie en France. Projeté le plus souvent dans des salles de quartier, je me souviens l'avoir vu en 1972, au cinéma le "PAX" un jeudi après-midi à 16H3O pour la somme de 1,OO Franc.... Eric Escofier

4 DE L'APOCALYPSE aka I Quattro dell'apocalisse, 1975, Lucio Fulci, Italie

Un joueur (Fabio Testi), une pute, un alcoolique (Michael J. Pollard) et un fossoyeur noir se retrouvent compagnons de cellule. Après que la ville se soit fait nettoyer par une sorte de milice masquée, ils sont lâchés par le shérif sur une calèche à travers le désert. Ca se chamaille un peu, ça s'envoie des vannes, et ça découvre que la fille est enceinte. En chemin ils rencontres un groupe d'amiches puis font la connaissance de Chaco (Tomas Milian), une fine gachette qui s'avèrera être une véritable ordure qui abusera de la jeune fille après lui avoir fait bouffer du peyocle et flinguera la jambe à Pollard. Largués comme de pauvres merdes au milieu du désert, le petit groupe tente de survivre, le Fabio jurant la mort de Chaco.

Même dans le western spaghetti, Fulci est reconnaissable entre mille tant sa patte est présente. Quand ça s'flingue, le sang gicle plus qu'à l'accoutumée. Quand ça viole, ça le fait froidement, dégueulassement. Quand un heureux événement survient, il est tout de suite rattrapé par la triste réalité des choses. Personnellement, j'ai failli verser une larme lors de la scène triste du film, tant j'aurai voulu qu'elle se passe bien. Merde, c'est du Fulci pourtant. Ce mec avait un coeur ! Pas un chef-d'oeuvre du western spaghetti, mais un bon film qui mélange avec brio sadisme et romantisme. Mais attention, pas du romantisme à deux balles, je le répète, c'est du Fulci ! Kerozene

4 DOLLARS DE VENGEANCE aka CUATRO DÓLARES DE VENGENZA aka 4 DOLLARI DI VENDETTA aka  FOUR DOLLARS FOR VENGEANCE - Jaime Jesús Balcázar, 1966, Espagne/Italie

Roy Dexter, exemplaire capitaine de l'armée nordiste, rentre chez lui victorieux et auréolé de succès à la fin de la guerre de Sécession. Heureux, il retrouve les bras de Mercedes, sa promise, ainsi que son meilleur ami. Il souhaite désormais abandonner l'armée pour se consacrer à une carrière politique et se présenter au poste de gouverneur contre l'odieux Hamilton. Mais son colonel lui demande d'accomplir une dernière mission : apporter à Washington une caisse de dollars en or frappés à l'effigie du général Lee. A contre cœur, Roy accepte. Sur la route le menant vers la capitale, lui et ses hommes sont attaqués par des truands mexicains. L'attaque vire au massacre ; seul Roy parvient à se tirer d'affaire. Mais de retour chez lui, il se voit accuser du vol des fameux dollars et de trahison ayant coûté la vie à ses hommes. Condamné aux travaux forcés à vie, Roy nourrit un ardent désire de vengeance et s'évade tout en faisant croire à son décès. Déguisé en mexicain, Roy retourne chez lui dans le but de faire cracher les salopards qui l'ont trahi et le leur faire payer comme des rats.

Jaime Jesús Balcázar (entre autre dialoguiste sur le CASTLE OF FU MANCHU de Jésus Franco ou coscénariste du MIEL DU DIABLE de Fulci) signe ici un western conventionnel qui ne représente pas des masses d'intérêt. Non seulement son héros - trop prévisible, ne possède ni mystère ni charisme (l'acteur bis Robert " LA COMTESSE PERVERSE " Woods n'est pas bien convaincant), mais surtout son scénario ne réserve absolument aucune surprise quant à l'identité des traîtres et de l'issu du film. Par-dessus cela, l'invariable thème musical revenant sans cesse dégage une atmosphère de western léger et guilleret alors que les événements vécus par le héros relèvent du drame désespéré. Que les protagonistes chevauchent leurs montures, se battent au pistolet ou à coup de poing, qu'il s'agisse d'une scène de séduction ou d'action, ce même air de trompette imbécile vient casser les oreilles. 4 DOLLARS DE VENGENCE (quatre dollars car les conspirateurs sont au nombre de quatre...), dont le scénario a été co-écrit par Bruno Corbucci est donc un western des plus dispensables. Kerozene

5 RAFALES POUR RINGO aka LA REVANCHE DE RINGO aka Cinco pistolas de Texas - John Marshall alias Ignacio F. Iquino/Juan Xiol avec Anthony P. Tabler, Vicky Lagos, Joan Rock, Alberto Farnese, Mary Conte, Spencer Parker, 1967, Italie/Espagne, édition DVD chez ESI

Proposée en dvd couplé avec POUR UN WHISKEY DE PLUS avec R. Hundar, entre autres, dans une collection proposant, et c'est tant mieux, des productions Eurociné

Ah, quel heureux film, dans un format mal fichu, du plein cadre, mais s'étirant parfois vers le haut ! , pour une histoire assez confuse au fond, ou se croise, des gentils - au moins un, le héros et des méchants donc, dans une approche assez caricaturale, disons, du western européen, de la toute première heure, hispanisant plutôt, d'où est absente, la toute violence baroque Transalpine et plagiant, en définitive, le classicisme étalon, qu'est ( ou était...) le maître américain en la matière.

Mais disons-le, sympathique malgré tout, oui, pour ces coups de feu orthodoxes, loin des déflagrations si chères au cinoche italien, qui manquent pourtant cruellement ici, pour ces dialogues, devenant presque naturalistes... une suite de vécu, au quotidien, façon : le héros répondant à la troupe en pleine cavalcade, lui proposant de tourner à droite ( comme dirait le MEDEF...) : Oui, d'accord ! ... , simplement, heureux et convaincu et pas du tout contrariant - bref - un cinoche indispensable, encore plus mieux, que l'attraction Western, de Marne Lavallée. Vince Rogers

ADIOS CALIFORNIA aka CALIFORNIA - Michele Lupo, 1977, Italie/Espagne 

ADIOS CALIFORNIA dépeint le Sud des États Unis de l'après guerre de Sécession comme rarement il a été montrée auparavant. Les villes et villages sont réduits à l'état de ruine, le pays est saccagé, la famine guette les soldats qui se retrouvent non seulement sans argent, mais également dénigrés de tous. Certains sont prêts à travailler dans des conditions proches de l'esclavage tandis que les autres tentent comme ils peuvent de garder un semblant de dignité. Et la guerre étant ce qu'elle est, certains bons bougres se sont vus contraints de voler quelques vivres, voire un cheval, afin de survivre. Malheureusement pour eux, la justice à mis leur tête à prix, et quelques chasseurs de prime sans scrupule se sont mis en tête de tuer tous ces malheureux pour se remplir les poches.

Willy, jeune gars de nature généreuse, rencontre California (Giuliano Gemma), sorte de cow boy taciturne qui attire la sympathie du fait qu'il sauve un pauvre chat des griffes de soldats affamés. Tous deux anciens soldats sudistes entament un bout de chemin en direction de la ferme des parents de Willy. Malheureusement, ce dernier ne s'en sortira pas, suite à une malencontreuse rencontre avec une famille nordiste cherchant à venger l'un de ses fils mort au combat. California se rend alors seul à la ferme pour annoncer la mauvaise nouvelle aux parents de Willy et tombe amoureux de leur fille. C'est alors qu'un chasseur de prime en mauvaise posture la kidnappe lors d'une rixe sanglante, provoquant le courroux de California.

Si le qualificatif "crépusculaire" doit être attribué à un seul western, peut-être serait-ce celui-ci. En 1977, alors que le genre est en train de disparaître, on observe quelques ovnis comme celui-ci qui n'hésitent pas à surenchérir dans la violence. Ici les morts sont d'une brutalité sourde, les plaies saignent abondamment et les coups sont douloureux. Michele Lupo insiste en plus sur une atmosphère pesante et malsaine en situant son action dans un décor désolé, détruit, gris et morose. Il pleut souvent dans ADIOS CALIFORNIA, obligeant les protagonistes à évoluer en pleine boue, ce qui accentue la gravité de la précarité sociale vécue par ces anciens soldats haïs par une population qui ne souhaite qu'oublier des années de batailles en tenant pour responsables les pauvres types en uniforme subissant les conséquences d'une guerre forcément dégueulasse. Accompagné par une musique très 70's, ce western à la violence proche des polars italiens de cette époque ne manque pas de surprendre par son côté sombre et sa violence acerbe. Une réussite. Kerozene

ADIOS, SABATA aka The Bounty Huntersa ka Indio Black aka Indio Sabata aka Sabata 2 aka Indio Black, sai che ti dico... Sei un gran figlio di... - Gianfranco Parolini avec Yul Brynner, Dean Reed, Ignazio Spalla, Nieves Navarro (Susan Scott), Franco Fantasia, Joseph P. Persaud, Andrea Scotti, Sal Borgese, Salvatore Billa, Gérard Herter, Federico Boido, Massimo Carocci, Omar Bonaro, Luciano Casamonica, Vittorio Fanfoni, Vittorio Caronia, Franco Marletta, Bruno Corazzari, Antonio Gradoli, Thomas Kerr, Gianni Siragusa, Andrea Aureli, Calisto Calisti, Thomas Rudy, Furio Pellerani, Stefano Rizzo, Gianni Rizzo, 1971, Italie/Espagne, 104m uncut

Un révolutionnaire embauche Sabata (Yul Brynner) pour intercepter une cargaison d'or destiné au colonel Skimell, un vilain Autrichien. L'homme en noir sera aidé du gros Escudo (Ignazio Spalla - de la trilogie Sabata), bras droit du chef des révolutionnaires mexicains. Plus tard se joindra à eux le blondinet Ballantine (Dean Reed), un vieux copain de Sabata, qui semble vouloir s'approprier de l'or pour lui-seul. Les trois hommes devront cependant coopérer du mieux qu'ils le peuvent, s'ils espèrent survivre aux forces du colonel Skimel!

Le film s'intitulait originalement Indio Black, et n'avait rien à voir avec le premier Sabata. Cependant, avec l'immense succès du premier Sabata, le producteur rebaptisa le personnage de Yul Brynner durant le doublage sonore. Le film résultant est inférieur à l'originale, mais néanmoins très appréciable. Le charisme de l'ancien Sabata est ici troqué pour une froideur mystérieuse, voire antipathique. Brynner est vêtu de noir, chemise ouverte et pantalon pattes d'éléphants - qui lui donne une allure disco plutôt cocasse. Son interprétation est malheureusement très mécanique, presque robotique, d'où découle peut-être son " casting " dans Westworld deux ans plus tard... Le deuxième acte du film s'avère plutôt ennuyeux, mais l'action ne tarde pas à reprendre pour la dernière demi-heure. Les scènes d'action manque un peu de flair, mais Parolini incorpore acrobaties et gadgets variés (fusils modifiés, boules d'aciers meurtrières, fioles de nitroglycérine) pour les rendre plus satisfaisantes. Une atmosphère quelque peu surréaliste se dégage de certaines scènes dont cette fusillade, où les soldats du colonel Skimell sont habillés en hommes d'affaires, en plein combat. Et quoi dire du " Flamenco of death "... Bizarre! La musique est cette fois signée Bruno Nicolai (grand collaborateur de Morricone) qui livre une trame rythmée, inspirée de l'oeuvre du grand maestro. En boni, remarquez la présence de Nieves Navarro - la chanteuse de saloon - qui se fera remarqué six ans plus tard dans Trap them and kill them... Tous comptes rendus, même avec ses lacunes évidentes, Adios, Sabata demeure un western spaghetti fort au-dessus de la moyenne, qui se laisse regarder facilement. Humanoid Zombie

AUJOURD'HUI MA PEAU, DEMAIN LA TIENNE aka I CAME, I SAW, I SHOT aka VADO, VEDO E SPARO aka I TRE CHE SCHONVOLSERO IL WEST - Enzo G. Catellari, 1968, Italie / Espagne

Trois personnages totalement disparates, à savoir Edwin Kean (Frank Wolf) - un adepte du déguisement, Moses (Antonio Sabato) - une petite frappe coureur de jupons et Clay Watson (John Saxon) - joueur de poker dandy, sont à la poursuite d'un butin de $400'000. Tous prétendent vouloir le partager, mais tous tentent de s'en emparer sous le nez de ses associés. Ajoutez à cela une belle mexicaine amoureuse de Moses, un gang de truands mexicain à la gâchette facile, un peloton de l'armée confédérée et un vieux couple composé d'une grosse mamma possessive et de son mari amateur de jeunes donzelles, et vous aurez une idée du casting haut en couleur de ce western comique dans lequel on ne compte pas les morts.

Castellari amorce très tôt avec le ton de la comédie dans le western. Il n'est peut-être pas le premier, mais l'explosion de ce sous-genre aura lieu quelques années après et trouvera son paroxysme avec MON NOM EST PERSONNE qui engendra par la suite une ribambelle d'ersatz le plus souvent ratés. Mais Castellari, en bon réalisateur qu'il est, aborde le genre avec une réjouissance communicative et n'oublie pas de se faire plaisir avec un nombre de cascades invraisemblables, notamment avec la doublure de John Saxon qui use et abuse du trampoline lors de courses poursuites effrénées, accessoires qui sera exploité de manière encore plus énorme dans SABATA de Gianfranco Parolini l'année suivante. Cascades et courses poursuites donc, mais aussi grandes bagarres généreuses en pains dans la face, gunfights abondamment nourris et un humour très bon enfant font de ce film un solide divertissement auquel ne manque plus que les fameux ralentis si chers à Castellari, mais qui n'oublie pas cependant de nous gratifier de ces plans dont il a le secret et dans lesquels les personnages sont vu au travers d'objets situés en premier plan, comme une anse de panier ou une roue de diligence. Kerozene

BILLY LE KID aka FURIA DE LA LEY aka BILLY THE KID - Léon Klimovsky, Espagne/France, 1962

Dans un village de l'Ouest sauvage américain, un homme, père de famille ayant fuit la Louisiane avec les siens, a fait l'acquisition d'un terrain de plusieurs hectares. Et il ne compte pas s'en séparer. Pas même pour une grosse somme d'argent que lui propose un riche propriétaire qui a déjà fait l'acquisition de toutes les terres environnantes. A force d'essuyer des refus de cette tête de mule de Louisiane, il demande à ses hommes, dirigés par un vilain méchant tout de noir vêtu et très justement appelé Black, d'aller le taquiner. Black étant un peu limité intellectuellement parlant, et surtout un peu impulsif, il fout le feu au ranch, et tue le monsieur ! Le fils de ce dernier, Billy, amoureux de la fille du méchant, promet à sa mère meurtrie de venger sa famille... 

Si ce western est tout sauf passionnant, il faut bien admettre qu'il dégage malgré tout un certain charme provenant probablement de ses incohérences scénaristiques. Fortement inspiré par le western traditionnel américain (on pourrait croire qu'il a été fait dans les années 40), peu d'éléments laissent entrevoir ses racines européennes. Il y a notamment la musique de Daniel White, qui oscille entre banjo des montagnes et trompettes jazzy qui rappelle certaines bandes espagnoles signées Franco. On est bien loin de la "véritable" histoire de Billy le Kid, celui-ci dégaine peu et se prend une torgnole dans une des bagarres de saloon les plus mals filmées de l'histoire. Il commet dans ce film son premier meurtre, celui qui sera sans doute le début d'une légendaire série. Ici, Billy le Kid, commence son périple à l'age de 30 ans ! Reste l'interprétation de Black par Jack Taylor, très rigolo, et qui fait plein de grimaces quand il presse la gâchette.

Ce film est co-produit par Eurociné, indiqué Eurocineac au générique. Kerozene

Eurocinéac était le nom d'Eurociné avant qu'ils décident de l'abréger. Howard Vernon

BLACK JACK aka A GENOUX DJANGO aka BLACK JOE aka BLACKJACK aka UN UOMO PER CINQUE VENDETTE - Gianfranco Baldanello, 1968, Italie

Jack Murphy (Robert Woods - EL PURO LA RANÇON EST POUR TOI et plein d'autres westerns) est un beau gosse sympa comme tout. Il vit tranquillement dans une ville fantôme en compagnie de sa blonde et innocente petite soeur et de son beau frère, mène un amour idéal avec une fille de bonne famille et dirige une bande de malfrats avec laquelle il cambriole une banque avec un talent tout ce qu'il y a de plus remarquable. Seulement quand vient l'heure du partage, le gang n'est pas d'accord de laisser 25% du butin à Jack. Il a beau être le cerveau de l'opération, ce n'est au final guère équitable étant donné le nombre de cow-boys qui ont pris part à ce vol. Mais Jack ne se laisse pas faire, dégomme un ou deux de ses désormais ex-acolytes et s'envole avec le pactole en laissant les plus méchants de la bande en vie. Là on se dit que Jack déconne un peu parce que vu le ramassis de gueules cassées et l'écume qui pend à leur lèvre, il est probable qu'ils ne le laissent pas s'envoler si facilement. Et là Jack pourrait me répondre que je suis con et que s'il les avait tous butés dès le début, il n'y aurait pas eu de film. Certes. N'empêche que nos bandits débarquent chez Jack, cassent la gueule à son beau-frère, violent sa soeur qui se fait ensuite scalper par l'indien du groupe, tailladent la joue droite de Jack, lui poignardent sa main droite, lui glissent une corde au cou et lui flinguent les genoux! Les méchants reprennent leur pognon et quittent les lieux. C'est alors qu'arrive le petite amie de Jack qui lui évite une mort certaine. Fin du premier acte.

Jack n'est plus tout à fait le même depuis sa mésaventure. Balafré et boiteux, le visage grimaçant et les cheveux grisonnants, il a perdu son sourire angélique et nourri une insatiable soif de vengeance. Arrive alors son beau-frère qui lui annonce qu'il n'a toujours aucune trace des responsables de la mort de sa soeur. Jack monte alors son destrier et se lance à travers le désert (?) duquel il ressort totalement desséché, puis parvient - on se demande encore comment - à mettre la main sur ses bourreaux. Il les élimine un par un de manière souvent sadique. Le premier, il l'offre en pâture à des villageois aveuglés par la somme d'argent qu'il leur promet en échange de son lynchage. D'autres sont pris au piège dans une carrière et manipulés par l'écho de la voix de Jack qui s'amuse comme un dingue à leur faire perdre la boule. L'indien sera quant à lui étrangler avec le scalp de la frangine! Jack n'hésite pas à faire subir les pires souffrances ou les pires humiliations à ses ennemis mais affiche par moment un profond dérèglement psychologique: il roule des yeux comme un illuminé, il hurle d'un rire sardonique devant ses victimes et semble parfois carrément surgir de l'au-delà, vêtu dans ses fringues noirs et trébuchant du haut de sa canne en bois. D'où un côté quasi surréaliste et une ambiance aux limites du fantastique lors de certaines scènes comme celle de la carrière où Jack utilise l'écho de sa voix, ou son arrivée chez l'Indien en compagnie d'un orage prophétique, ou encore cette partie de poker aux limites du surnaturel pendant laquelle Jack ne retourne jamais ses cartes....

BLACK JACK souffre d'incohérences scénaristiques et d'un certain manque de bon sens? Qu'à cela ne tienne, il reste un solide western sombre et violent, un film qui parvient à surprendre en fuyant les sentiers d'un genre trop balisé tout en utilisant à son avantage certains de ses clichés les plus usités. Un film qui commence la fleur au fusil pour finir dans la noirceur la plus opaque. Et comme en plus la musique est bonne - à défaut d'être originale - je n'hésite pas une seconde à le recommander à tout amateur de westerns qui se respecte! Kerozene

BLINDMAN aka Il Pistolero cieco aka Le Justicier Aveugle - Ferdinando Baldi avec Tony Anthony, Ringo Starr, 1971, Italie 

Blindman (aveugle donc), a pour mission d'escorter un groupe de 50 femmes à leurs futurs époux. Mais alors qu'il vient prendre livraison de sa cargaison, les belles se sont fait refourguer à une bande de bandits, ces derniers ayant apparemment l'intention de les revendre à des militaires mexicains. Blindman va donc tout faire pour les récupérer.

Et c'est un western, oui, oui... enfin une espèce de western. Disons tout de suite que Blindman ne restera pas dans les mémoires pour sa cohérence scénaristique assez limitée. Disons que la progression de l'histoire est assez foutraque, même si elle permet d'enchaîner les péripéties à un rythme suffisant. Mais ce qui fait l'intérêt de cette petite perle c'est : l'exploitation.

Tout d'abord le coup des dames emprisonnées donne lieu à des scènes typiques WIP : rien de très trash, mais une horde de donzelles poitrines et fesses à l'air nettoyées à grands renforts de seaux d'eau. Une scène incroyable dans le désert ou les vilains poursuivent les filles en fuite avec pas mal de violence et de cruauté et que ma copine rapproche de l'Enlèvement des Sabines. Le tout filmé très honnêtement.

Le héros : il est franchement inspiré d'un autre personnage aussi aveugle, mais bretteur japonais, Zatoichi, auquel il emprunte une forme d'humour particulière en sus de sa cécité. Le métrage alterne ainsi tranquillement des passages "drôles" avec des moments de cruauté surprenants pour un western de cette époque.

Faut pas s'attendre à du Sollima ou du Corbucci, mais dans une autre optique, ce Blindman est hautement recommandable et bien goûteux.

Accessoirement, y'a aussi un Beatle. En méchant. 

Le dvd Italien de chez Alan Young est correct, présentant le film en scope 16:9 en italien sst italien. Je dis correct, car bien que clamant être tirée du négatif original, la galette fournit des couleurs un peu pastellisées avec des hautes lumières assez cramées. Une autre édition, allemande celle-ci doit voir le jour prochainement et aura l'avantage de comporter une piste anglaise. Riton

BLUEBERRY - Jan Kounen, 2004, France

Mike Blueberry, jeune puceau de l'Ouest sauvage, vient de tirer sa crampe avec la plus jolie putain du coin. Surgit alors Wally (Michael Madsen), vieux roublard à la gachette facile venu pour se vider les burnes. La scène tourne au drame, Blueberry fuit, touché à l'épaule laissant, derrière lui le bordel brûler et son coeur déchiré. Perdu dans les montagnes, se vidant de son sang, le jeune Mike tombe à terre avant d'être récupéré par des indiens aux connaissances shamaniques hyper développées. Quelques années plus tard, Blueberry se tape la face de Vincent Cassel, arbore une étoile de shérif, et est assisté de Rolling Star (Ernest Borgnine), adjoint propulsé sur chaise roulante, Billy (Jan Kounen), l'idiot du village et Jimmy (Colm Meany), adepte du bourbon bon marché.

Quelques salopards souhaitent mettre la main sur l'or légendaire se trouvant dans les fameuses montagnes gardées par ces vilains peau-rouges. Blueberry, sauvé par les Indiens des montagnes qu'ils considèrent comme ses frères, ne tient pas vraiment à ce que quelques illuminés se mettent en tête de leur faire du tort. C'est alors que resurgit de nul part ce bon vieux Wally, lui aussi à la recherche d'un trésor indien, mais un trésor spirituel.

Jean Kounen adapte très librement la bande dessinée Blueberry et se tape un méchant délire ésotérique, livrant ainsi un produit en haute teneur psychédélique. S'il laisse de côté l'ultra-violence cartoonesque de DOBERMANN au profit d'un récit plus porté sur la spiritualité, il n'oublie néanmoins pas de nous en mettre plein la vue via une photographie absolument magnifique. Le montage peut déconcerter lui aussi au départ, mais l'accumulation de plans séquences suivit de mouvements rapides montés de façon épileptique fait mouche. Le récit du film nous emmène par la suite dans un délire visuel hypnotisant que l'on peut adorer ou détester.

Kounen réussit son pari, quoi qu'on veuille en dire. Le salaud a bénéficié d'un budget colossal et n'en a fait qu'à sa tête, résultat: le film d'auteur psychédélique commercialement le plus casse-gueule du cinéma français. Attention, futur film culte! Kerozene

Site officiel : www.blueberry-lefilm.com 

  CHAPAGUA aka GOLD OF THE HEROES aka GOLD OF THE BRAVADOS aka L'ORO DEI BRAVADOS - Giancarlo Romitelli alias Don Reynolds, 1970, Italie / France

Jack Harrison (George Ardisson) et Chapagua (Bobby Lapointe), respectivement cow-boy hors-la-loi et bandit mexicain, mettent leurs grosses mains sur un pactole de 100'000 dollars en or dans les environs de la frontière mexicaine. La guerre de Sécession étant en cours, impossible pour eux de se balader sereinement avec le magot. Ils décident donc de le cacher en attendant la fin de la guerre. Et comme il n'y en a pas un qui puisse faire aveuglément confiance en l'autre, ils décident de trouver une planque dont le chemin est connu de moitié : l'un des deux avance un certain temps les yeux bandé, puis c'est au tour de l'autre de se faire bander les yeux un même laps de temps et ainsi de suite jusqu'à la découverte de la cachette idéale...
La guerre est terminée. Jack, qui s'était entre temps enrôlé dans l'armée nordiste, est de retour au pays. Chapagua, lui, est devenu un criminel recherché. Et alors que chacun tente de mettre ses mains sur le magot sans que l'autre le sache, c'est une femme fatale qui parvient à les manipuler en usant de ses charmes puis en les droguant à l'éther.

CHAPAGUA commence sur de bonnes bases, avec ses deux personnages principaux aux relations forcément tendues mais malgré tout attachants et sa bande son entêtante. Rapidement, Jack s'impose comme l'archétype du cow-boy solitaire sans scrupule. Il a l'air sec, ne se laisse pas bluffer facilement, il dégaine comme une flèche comme le prouve ce duel à l'issue duquel il étend quatre salopards les doigts dans le nez et surtout il a une réputation à faire flipper les plus grands pistoleros de l'Ouest. Et contrairement à ce que le titre français laisse présager, c'est bien Jack qui est au centre de cette histoire, et non Chapagua. Ce point, sans aucun doute dû à la présence de Bobby Lapointe, n'est qu'un détail et ne nuit pas outre mesure à l'appréciation du film. Cependant, plus le métrage avance, plus il s'allège. Le ton dramatique du début, l'esprit relativement sombre et brutal qui en émanait, laissent petit à petit la place à de plus en plus de légèreté pour au final aboutir sur une bonne rigolade entre potes. Etrange démarche qui aboutit sur un inévitable sentiment d'insatisfaction que d'inutiles scènes de remplissage et une mise en scène impersonnelle finissent de plomber. Kerozene

CINQ GACHETTES D'OR aka 5 GACHETTES D'OR aka 5 GACHETTES EN OR aka TODAY WE KILL, TOMORROW WE DIE aka TODAY IT'S ME... TOMORROW IT'S YOU aka OGGI A ME... DOMANI A TE! - Tonino Cervi, 1968, Italie

Bill Kiowa (Brett Halsey, sous le pseudo de Montgomery Ford) vient de purger une peine de cinq ans de prison pour le meurtre de sa femme indienne. Durant ces cinq années, Kiowa n'a pensé qu'à une chose: faire la peau d'Elfego (Tatsuya Nakadai, KAGEMUSHA), le bandit mexicain meurtrier de son épouse et responsable du coup monté qui l'envoya derrière les barreaux. Une fois dehors, Kiowa recrute quatre des plus fines gâchettes de l'Ouest: un joueur de poker tricheur, une grosse brute barbue (Bud Spencer), un shérif tranquille (William Berger, KEOMA) et un jeune pistolero. Ensemble, ils traqueront Elfego et son gang et les élimineront jusqu'au dernier.

En surface, le scénario de CINQ GACHETTES D'OR est on ne peut plus classique, on retrouve la sempiternelle histoire de vengeance menée par un Brett Halsey qui marche exactement sur les traces de Clint Eastwood et Franco Nero: teint sombre, barbe de trois jours, yeux bleus perçants et sourire inexistant. Mais le film contient suffisamment de passages et d'éléments croustillants pour l'élever au-dessus de la masse des westerns italiens habituels. De plus, il se démarque de par l'utilisation de décors peu courant dans le genre, comme une plaine boueuse et enneigée ou un territoire fortement boisé, ainsi que par sa bande sonore pour une fois très éloignée des standards moriconniens. Il est probable que la présence de Dario Argento au poste de coscénariste aux côtés de Cervi y soit pour quelque chose également, notamment en ce qui concerne le personnage d'Elfego qui prend un malin plaisir à tuer ses adversaires à la machette. Il est d'ailleurs drôle de noter la présence d'un prestigieux acteur japonais dans la peau du truand mexicain, d'autant plus que Nakadai semble en faire des tonnes: il roule les yeux sans arrêt et adopte une démarche quasi-théâtrale. Le final du film prend place dans une forêt dans laquelle nos cinq compagnons entameront un cruel jeu du chat et de la souris, éliminant un à un les quarante membres du gang d'Elfego, ce qui donne droit à 25 minutes de traque meurtrière qui procurent bien du plaisir. Kerozene

COMPANEROS aka Vamos a Matar, Companeros ! aka Los Companeros - Sergio Corbucci, 1970, Italie / Espagne / Allemagne de l'Ouest, 1h58

Mexique, en pleine révolution civile. Le pouvoir en place est menacé par deux groupes qui cherchent à le renverser; tout d'abord les disciples de Xantos, un intellectuel pacifiste qui veut redonner le pouvoir au peuple et une certaine dignité au pays, et ensuite Mongo, un gros sauvage qui fait miroiter des idéaux prolétaires à ses troupes afin de s'en mettre plein les poches.

Vasco, un cireur de bottes aux nombreuses simagrées (jouissif Tòmas Milian), est envoyé par Mongo à San Bernardino pour massacrer la population et prendre possession du village. Au même moment arrive Yodlaf Peterson (splendide Franco Nero), un suédois marchand d'armes qui est venu vendre ses fusils à Mongo. Entre les deux personnages naîtra alors une relation d'amour / haine tortueuse, déchirés que sont les personnages entre leurs idéaux, leurs valeurs et leurs capacités intellectuelles, le tout sur fond de révolution.

COMPANEROS est une superbe réussite, sur absolument tous les plans. Euro-western de luxe, il réunit la crème des artisans ayant fait du genre un art. Le thème musical d'Ennio Morricone, majestueuse ode amer sur la guerre civile, reste ancré en nous longtemps après le visionnement. La cinématographie majestueuse et les paysages d'Almeira, en Espagne, utilisés pour recréer un Mexique fictif et où le soleil plombe constamment, sont agrémentés d'un montage impeccable d'Eugenio Alabiso, ultime monteur du bis italien, fibre essentielle de cette délicate cathédrale d'action jouissive.

La trame est vieille comme le monde, mais ô combien efficace : deux individus que tout sépare apprennent à s'apprécier et deviennent ultimement les meilleurs amis du monde. La complicité qui unit Nero et Milian est ici palpable, et le caméléon cubain est au sommet de sa forme. La réalisation de Corbucci est posée mais néanmoins fort efficace, captant l'action d'une main de maître, enfilant les péripéties et les scènes fortes sans temps morts.

Que dire du casting ? En plus des deux personnages centraux, les personnages de soutien sont aussi impressionnants à leur façon... Que ça soit Fernando Rey en Xantos, qui retrouve ici Franco Nero pour la deuxième fois en '70 (la première fois étant lors du tournage de TRISTANA, sous la direction de Bùnuel...), Jack Palance en vilain fumeur de cannabis, ou encore un caméo extrêmement bref d'Eduardo Fajardo en général mexicain suintant la cruauté...

Le DVD d'Anchor Bay contient un documentaire d'environ 20 minutes, extrêmement intéressant, avec Nero, Milian et Morricone en entrevue, qui s'accordent tous pour dire que le tournage de COMPANEROS fut une expérience ultimement amusante et que le film leur rappelle uniformément de bien beaux souvenirs... Orloff

I CRUDELLI Aka The Hellbenders aka The Cruel Ones aka Los Despiadados - Sergio Corbucci Avec Joseph Cotten, Norma Bengell, Al Mulock, Aldo Sambrell, Julián Mateos, Ángel Aranda, Claudio Fora, Gino Pernice, Julio Peña, Claudio Gora, Ennio Girolami, José Nieto, María Martín, Giovanni Ivan Scratuglia, Rafael Vaquero, Simón Arriaga, José Canalejas, Álvaro de Luna, Claudio Scarchilli, Benito Stefanelli, 1966,  Italie/Espagne, 92m uncut

Jonas (Joseph Cotten - Baron Blood) est un sudiste extrémiste qui désire rebâtir l'armée confédérée du général Lee. Lui et ses fils tendent alors une embuscade meurtrière pour une escorte de trente soldats yankees transportant une somme d'argent faramineuse. Les escrocs dissimulent le butin dans un cercueil, et tentent de traverser l'Amérique. Avec l'aide de Kitty, une blondine alcoolique, ils se font passer pour des soldats confédérés escortant une veuve et son mari défunt vers un lieu d'enterrement propice. Cependant, lorsque Kitty tente de s'enfuir avec le pognon, les fils de Jonas devront l'abattre et ainsi dénicher une autre femme pour jouer le rôle de la veuve. Entre alors Claire (Norma Bengell - Planet of the vampires), une jeune femme forte d'esprit, qui dérangera les plans du vieux Jonas...

Produit la même année que Django, ce western (avec cercueil!) de Corbucci s'avère très restreint, comparativement au reste de son oeuvre. Ceux cherchant la comédie et le caractère " plus gros que nature " de Companeros seront d'autant plus déçus que ceux qui recherchent la violence explosive de Django. Le film comporte évidemment ses fusillades, mais rien d'excessif ou de mémorable dans la tradition Corbucci. L'ensemble se veut très sérieux, et même, par moments, purement mélodramatique. Le film n'est pas ennuyeux pour autant, proposant un rythme juste et constant. Il s'agit d'un type de " road movie " ponctué par quelques scènes clés, servant à foutent des bâtons dans les roues des méchants protagonistes. La finale, quoique prévisible, est allégorique et efficace... Les performances sont quelques fois difficiles à digérer, et la technique n'affiche rien d'éclatant, malgré qu'elle soit au-dessus de la moyenne. Ennio Morricone rythme agilement le voyage, mais sa trame est légèrement fade, voire non mémorable. Aldo Sambrell (For a few dollars more, Navajo Joe), joue le rôle d'un bandit mexicain. Pas si mal... Humanoid Zombie

CONDENADOS A VIVIR aka Cut-throats nine - Joaquin Luis Romero Marchent avec Emma Cohen, Alberto Dalbés, Antonio Iranzo, Manuel Trejada, Simòn Arriaga, Xan das Bolas, Eduardo Calvo, Ricardo Dìaz, Rafael Hernàndez, Mabel Karr, José Manuel Martin, Roberto Undari, 1972, Espagne, 90m uncut

Un sergent et sa fille escortent sept dangereux prisonniers en caravane jusqu'à Fort Green. Rendus en forêt, ils se font intercepter par des bandits sauvages. Ces derniers croyaient que la caravane contenait un lot d'or important. Furieux de ne découvrir que neuf passagers, ils abattent les gardes et envoient la caravane à toute allure, sans chauffeur. Après un accident inévitable, le sergent insiste à livrer les sept enchaînés à leurs destinations, traversant forêts et montagnes enneigés pour atteindre la destination. Cette tâche s'avère plus difficile qu'il ne le pensait, et la révolte ne tardera pas...

En dire plus serait un crime! Cet espano-western a été brillamment réalisé par un habitué du genre, un certain Joaquin Luis Romero Marchent. Le film s'avère violent, froid et cruel tant au niveau physique que psychologique. Tous les protagonistes (il n'y a pas de héros) souffrent d'une manière ou d'une autre. Même le spectateur reçoit des claques aux visages; le scénario nous surprend à toutes les vingt minutes, jouant avec les clichés du genre, les transformant pour nous déboussoler. Le réalisateur réussi même à intégrer du développement subtil à des personnages à première vue unidimensionnels, en utilisant des arrêts sur images, accompagnés de retours à l'arrière révélant un souvenir, ou clarifiant quelques détails de l'histoire. Ce western ne tombe cependant jamais dans le sentimentalisme souvent propre au western italien, ou dans l'explication justificative à l'Américaine. Plusieurs éléments sont laissés dans le sous-entendu, et le spectateur est laissé à faire ses propres conclusions. Ce film comporte tellement de scènes fortes et d'éléments originaux... Je n'en dirai pas plus! Trouver ce film, à tout prix! Humanoid Zombie

DAYS OF WRATH aka I GIORNI DELL'IRA aka Day of anger / aka Gun law / aka Blood and grit - Tonino Valerii  avec  Lee Van Cleef, Giuliano Gemma, Walter Rilla, Christa Linder, Piero Lulli, Yvonne Sanson, Lukas Ammann, Andrea Bosic, Ennio Balbo, José Calvo, Giorgio Gargiullo, Anna Orso, Karl-Otto Alberty, Nino Nini, Virgilio Gazzolo, Eleonora Morana, Benito Stefanelli, Franco Balducci, Christian Consola, Nazzareno Natale, Ferruccio Viotti, Paolo Magalotti, Gianni Di Segni. Italie, Allemagne de l'ouest, 1967, 85min

Scott (Giuliano Gemma - A Pistol for ringo, Tenebrae), le bâtard du village, travaille comme concierge général pour la ville de Clifton. Les habitants le traitent comme un animal, tandis qu'il entretien le rêve secret de devenir un roi de la gâchette. L'arrivé du mystérieux Frank Talby (Lee Van Cleef - Sabata, Death rides a horse) donnera espoir au jeune bougre, qui tentera de devenir son compagnon fidèle. Talby lui apprend les règles de base et demande son aide pour un coup dangereux : faire chanter les dirigeants de la ville, pour une affaire de 50,000 dollars... Le duo s'amuse donc à emmerder les habitants de Clifton, tandis que Scott prend un plaisir vengeur à faire payer tous ceux qui l'ont maltraité auparavant, et son comportement devient de plus en plus violent...

Tonino Valerii (My name is Nobody) signe un western spaghetti intéressant mais loin d'être sans défauts majeurs. Mentionnons entre autres le scénario fragile et indécis ainsi que ce troisième acte bousculé où tout semble arriver en même temps, sans motivation concrète. Malgré ce manque de linéarité, le film baigne dans un contexte particulier : l'ère post Doc Holiday, ou, la fin des tireurs éclairs. Le pauvre Scott rêve de se procurer un pistolet en économisant ses pourboires, dans une ville où pratiquement personne ne portent d'arme - c'est un temps dépassé disent-ils! La transformation de zéro à antihéros de Scott est intéressante, mais elle est mal exploitée, et le jeune désabusé ne semble que fou de rage. Les performances sont excellentes : Gemma est intense, et Van Cleef est... lui-même! L'action est bien dosée malgré le rythme lent du film, tandis que la trame sonore d'influence " big band " de Riz Ortolani (Don't torture a duckling, Counselor at crime) ponctue avec expertise les points forts de chaque scène. La technique est au-dessus de la normale, et les lieux et visages ont une apparence exceptionnellement sale - et c'est tant mieux! Divertissant, mais ça manque de piquant et de direction. Humanoidzombie

Le DERNIER FACE A FACE aka IL ETAIT UNE FOIS EN ARIZONA aka FACCIA A FACCIA aka FACE TO FACE - Sergio Sollima, 1967, Italie / Espagne

Brad Fletcher (Gian Maria Volontè), professeur d'histoire réservé, est mourrant. Afin de soigner ses poumons malades, son docteur lui a conseillé d'abandonner son travail et de se rendre au Texas où l'air lui sera bénéfique. Une fois sur place, il rencontre par accident Beauregard Bennett (Tomas Milian), criminel sanguinaire recherché par toutes les polices de l'Ouest et les mercenaires du pays. Bennett représente tout ce que Fletcher n'est pas: il est impulsif et sauvage, il tue avant de poser des questions, il est illettré, sale et vulgaire. Mais suite à un concours de circonstance, Fletcher en vient à sauver la vie de Bennett et petit à petit, il découvre un monde dont il ignorait l'existence: le monde du crime. Et alors que Bennett reconstruit son ancien gang La Horde Sauvage, Fletcher prend conscience que sa supériorité intellectuelle peut lui permettre de faire les choses en grand... Le petit professeur coincé est en passe de devenir l'un des plus grands criminels de l'Histoire de l'Ouest.

Sergio Sollima réalise avec panache un grand western humain. Humain car son histoire, il la traite avec soin et met en avant un thème finalement très rare dans le genre qui nous intéresse ici: la nature humaine. Toutes les histoires de vengeance basiques, de crimes crapuleux, de casses sanglants, de corruption de l'esprit, de trahison honteuse, sont ici réunies pour illustrer la déchéance morale du bon professeur Fletcher en parallèle de la rédemption du tueur Bennett. Au milieu se situe Siringo (William Berger), sorte d'agent secret désireux d'infiltrer la Horde Sauvage par tous les moyens. Et si Siringo représente la loi, il n'hésite pas à employer même les moyens les plus répréhensibles, comme assassiner un shérif de sang froid devant un Bennett soupçonneux. Personne n'est entièrement bon ou mauvais dans LE DERNIER FACE À FACE, mais les plus mauvais ne sont certainement pas ceux que l'on croit, comme le démontre cette communauté recluse vivant dans les montagnes et composées de criminels et de parias qui pourtant transpirent le bonheur et la bonté. Merveilleux film donc, superbement enlevé par une musique obsédante de Moriconne et filmée en techniscope avec maestria par un réalisateur qui a su donner avec Leone ses lettres de noblesse au western italien. Kerozene

DES DOLLARS PLEIN LA GUEULE aka PIÙ FORTE SORELLE aka FOR A BOOK OF DOLLARS - Renzo Spaziani, 1976, Italie 

(Je ne suis sûr ni du réalisateur, ni de l'année de production, je me suis basé sur le livre "Il était une fois le western européen" de Jean-François Giré qui me semble plus fiable que l'imdb.)

Trois bonnes soeurs se font braquer par des brigands mexicains et se font voler l'argent qu'elles comptaient investir pour la construction d'une église. C'est alors qu'arrive Amen, chasseur de prime blondinet qui se mettra en tête de faire tomber le gang de truands mexicains dirigés par le bien nommé Catapulte. En effet, Catapulte prend un malin plaisir à propulser ses prisonniers dans les airs à l'aide d'une catapulte, en ayant préalablement attaché des feux d'artifice à leur ceinturon et leur chapeau, ce qui fait éclater de rire ses acolytes imbibés de pinard.

Cette boutade rigolarde et sans le sou est plus à ranger du côté des comédies italiennes graveleuses plutôt que du côté des westerns. On sombre très rapidement dans un humour au ras des pâquerettes: Catapulte a des allures de beatnik, un de ses sbires est un homo caricaturale qui se fait remballer à chacune de ses avances, les bandits ingurgitent du laxatif pour chevaux, ce qui débouche sur un concert d'aérophagie des plus gracieux, etc...  On rigole peu à vrai dire, car tout cela est horriblement mis en boîte et fait passer les aventures de LA 7ème COMPAGNIE pour des monuments de finesse. Les spectateurs amateurs de comédie Z les moins regardant pourront toujours y trouver une certaine dimension amusante, les autres trouveront tout cela définitivement navrant. Kerozene

DIEU LES CREE, MOI JE LES TUE aka GOD FORGIVES: HIS LIFE IS MINE aka GOD MADE THEM... I KILL THEM; aka: DIO LI CREA... IO LI AMMAZZO!- Paolo Bianchini, 1968, Italie

Wells City, un bled poussiéreux de l'Ouest sauvage, est victime d'un crime odieux: si l'or de la banque a été volé, ce n'est certes pas la première fois, mais en revanche le fait que tout le personnel se soit fait assassiner est une première! Les autorités décident de faire appel à Slim Corbett (Dean Reed), chasseur de prime célèbre pour sa gâchette rapide et son efficacité, mais aussi son coût élevé. Arrive alors un playboy dandy vêtu à la dernière mode de Paris, fin gastronome et tombeur de ces dames, qui se pose comme une fleur à Wells City. Toutes les filles tombent à ses pieds, les quelques fortes têtes qui osent l'importuner également, mais avec une balle dans le corps. Bénéficiant d'un flegme désarmant, d'un humour pince sans rire et d'un charme arrogant, il rappelle James Bond version Roger Moore. Mais sous son air débonnaire se cache un fin limier qui saura démasquer qui, parmi les dirigeants de la ville, est coupable de ces nombreux crimes.

Le film de Bianchini (SUPERARGO CONTRE LES ROBOTS) aborde son sujet de manière apparemment légère et désinvolte. Mais ce ton léger masque une violence et une cruauté plus inattendue encore que s'il avait été traité de manière sérieuse. Car si notre ami Slim Corbett a une démarche de rigolo, ses actes n'en sont pas moins secs et mortels, sournois et rusés. Idem en ce qui concerne son ennemi principal, un beau gosse lui aussi qui prend son pied en torturant ses victimes sous l'oeil complice de son serviteur nain. Bianchini soigne sa réalisation et certaines scènes s'avèrent particulièrement réussies, brillamment filmées et montées. Sa mise en scène passe sans heurts de la comédie au drame, de l'action à la tragédie. DIEU LES CREE, MOI JE LES TUE dégage donc quelque chose de profondément hybride, une sorte de fausse comédie traitée à la manière d'un thriller sanglant ou un film violent détourné de façon comique. Une ambiguïté sans doute due à Fernando DiLeo crédité à l'écriture d'un scénario original, mais peut-être aussi à Dean Reed, étrange acteur d'origine américaine qui pousse la chansonnette durant le générique du film. Dean Reed était un chanteur Américain sympathisant gauchiste très populaire en Amérique du Sud à la fin des années 1950, plus qu'Elvis Presley à ce qu'il paraît, puis en Europe de l'Est dans les années 1960 et 1970. Il fut retrouvé mort près de chez lui à Berlin Est en 1986, alors qu'il travaillait à la préparation d'un film qui ne donnait pas le beau rôle au FBI. Officiellement, Dean Reed s'est suicidé... Une fois ces faits connus, le héros de DIEU LES CREE, MOI JE LES TUE tenant tête à des représentants des autorités corrompus par le profit prend soudain une dimension supplémentaire, même si celle-ci est sans doute due à un pur hasard. Toujours est-il que DIEU LES CREE, MOI JE LES TUE est une petite perle qui mérite un sérieux coup d'œil. Kerozene

DIEU PARDONNE... MOI PAS! aka GOD FORGIVES... I DON'T aka BLOOR RIVER aka DIO PERDONA... IO NO! - Giuseppe Colizzi, 1968, Italie  

Un train transportant une importante quantité d'or, ainsi que de nombreux passagers, s'est fait attaquer par une bande de truands à l'identité inconnue. Tous les passagers du train se sont fait assassiner. Tous, sauf un, qui avouera avoir reconnu Bill San Antonio (Frank Wolff) à la tête des voleurs. Étrange, car il y a un an, Cat (Terence Hill) tua ce vieux salopards lors d'un duel fumant dans une grange en flamme. Et pourtant, il semblerait que ce vieux Bill soit revenu d'entre les morts. Et si Hutch (Bud Spencer), tient à lui mettre la main dessus pour le compte de l'assurance pour laquelle il bosse, Cat, lui, tient à le retrouver pour terminer un travail inachevé, et éventuellement garder l'or pour lui.

Le duo Hill-Spencer dans un western au ton sérieux ? Ca existe. Et pour cette première collaboration, l'humour est certes présent mais il est très pince-sans-rire. Ici, pas de blagues potaches, ni de grosses baffes dans la gueule. On est bien plus proche du western ténébreux rempli de gueules patibulaires et bouffant de la poussière de bobine en bobine... Mais nous ne sommes pas non plus en présence des musts du genre sombrant dans des névroses crépusculaires, cela va de soit. Cat est néanmoins un anti-héros sombre et crapuleux comme il faut. Fumant le cigarillos sous son air de beau gosse à l'expression grave, il garde une personnalité dédaigneuse et opportuniste, avare en compliment et intolérante. Hutch lui est plus simple, plus naïf, plus honnête (pléonasme ?), radical dans ses actes mais jamais hypocrite... Quant à Bill, il tient le chapeau de la crapule la plus puante qui soit. Manipulateur, injurieux, méprisant, il dégage malgré son allure un rien élégante toute l'hypocrisie du vieux fils de pute que l'on aime détester. Un personnage qui ne passe pas inaperçu et qui permet d'apprécier un métrage dans l'ensemble moyen aux scènes mémorables plutôt rares, comme celle où Terence Hill, attaché par les pieds, frappe ses adversaires la tête en bas. Mais quel titre ! Kerozene

DJANGO - Sergio Corbucci avec Franco Nero, 1966, Italie 

C'est le western spaghetti par excellence ce cult movie!

Musique superbe, genre 60's/rock/héroique, guitares malsaines, ça pue, c'est sale, les mecs sont cons, laids et violents, les femmes sont toutes des putes, et y a de la boue partout!

On prend son pied avec les airs dégaines au maximum des acteurs, les scènes de combats leonnesques, la mentalité pourrie de tout le monde, et même du héros qui est un vrai salaud aussi!

Django se balade au début du film en traînant un cercueil, et il dessoude tous ceux qui l'emmerde (à la baby cart). On croit que c'est un gentil quand il flingue une bande de mexicains qui voulaient se violer une pute, mais en fait il roule pour sa propre gueule et ne s'intéresse qu'au fric.

En un mot, toute cette merde et cette irrévérence, c'est génial!! Franfran

DJANGO & SARTANA aka ONE DAMNED DAY AT DAWN... DJANGO MEETS SARTANA aka QUEL MALEDETTO GIORNO D'INVERNO... DJANGO E SARTANA ALL'ULTIMO - Demofilo Fidani, 1970, Italie

La pouilleuse petite ville de Black City vit dans la peur depuis que ce salaud de Bud Willer (Dean Stratford) et son sanguinaire acolyte Sanchez ont assassinés le shérif et ses hommes avant de vider le coffre de la banque. Cela fait des mois, voire des années, que le bureau du shérif est vide. Mais aujourd'hui les choses vont commencer à changer, car arrive enfin un nouveau représentant de l'ordre (Fabio Testi). Fort d'un calme olympien, ce shérif à l'air un peu niais rencontre Bud Willer au saloon et se fait humilier de manière passive par le brigand et ses hommes. Mais au fond du saloon, un sombre et mystérieux étranger (Hunt Powers) observe la scène avec un sourire sarcastique. Cet homme dont tout le monde ignore l'origine propose au shérif de lui prêter main forte. Le shérif refuse, car il va affronter Bud en duel au petit matin, et personne ne doit entraver ses projets d'application de la justice. Mais s'il refuse, c'est aussi parce qu'il reconnaît l'étranger: "Je t'ai reconnu, tu es Django!", et que Django est un hors la loi. Le spectateur, médusé, apprend effectivement après 70 minutes de film que ce type est le fameux Django. Logiquement, Testi incarne Sartana...  "Je suis Sartana", dit-il à Django à dix secondes de la fin, "Tu entendras parler de moi"...

Que penser de ce cross-over dont l'idée apparue sans doute à Fidani en cours de post-production ? Il est certain en effet, que cette rencontre au sommet n'a pas été préméditée, Fidani joue la carte de l'opportunisme et tente comme il peut de donner de l'attrait à un film qui en possède bien peu. Platement emballée, son histoire de shérif passif et boudeur ne tient pas spécialement bien la route. Il se limite à filmer trois ou quatre décors relativement miteux (le saloon est encore plus minable que dans le Z LES RAVAGEURS DE L'OUEST) et oublie d'insuffler un rythme à l'ensemble. Reste les deux gunfights finaux, pas franchement bien foutus, mais qui ont la particularité de se dérouler lors d'une petite tempête faisant voler paille et poussière, créant ainsi un climat quasi-surnaturel. A niveau du casting, Fabio Testi semble s'inspirer du Droopy de Tex Avery : le regard blême et le jeu mou, il ne convainc pas grand monde en shérif ; Hunt Powers est déjà plus solide dans le rôle de Django, mais il est desservi par deux ou trois dialogues bien stupides; reste Dean Stratford dans le rôle du sadique Bud Willer, bien plus rigolo et convainquant que ses collègues... il faut dire que son rôle est nettement plus drôle aussi : il tue gratuitement, viole une femme, frappe tout le monde et impose le respect. Forcément, ça aide. DJANGO ET SARTANA n'est donc pas la rencontre explosive attendue des deux légendes solitaires du western italien et ne s'avère au final posséder qu'un intérêt très relatif. Kerozene

DJANGO LE PROSCRIT aka DJANGO THE CONDEMNED aka DJANGO THE HONORABLE KILLER aka OUTLAW OF RED RIVER aka EL PROSCRITO DEL RIO COLORADO - Maury Dexter, 1964, Espagne

Deux familles mexicaines sont sur le point de s'unir: le patriarche de l'une s'apprête à épouser la fille de l'autre. Mais la fille du patriarche aime le frère de la future femme de son père, frère qui n'approuve pas, justement, l'union de sa soeur avec cet homme qu'il méprise au grand désarroi de son père à lui. Vous suivez là ? Au milieu de tout ça se trouve Django O'Brien (George Montgomery au look très John Wayne), mystérieux personnage dont on dit qu'il a tué sa femme (rassurez-vous, ce n'est pas vrai), ami de l'homme sur le point d'épouser la fille, qui se pose là en tant que spectateur de ce soap opera légèrement pompeux. Par moment dérangé par un vilain criminel notoire, Django se fait passer à tabac. Il participe même à une fusillade ! Mais il revient toujours vers son ami dont la future femme finit par porter son dévolu sur Django, alors que son frère se fait tuer par le méchant bandit.

Voici donc un western de 75 interminables minutes de bavardages inintéressants filmés de façon mollassonne par un réalisateur jamais inspiré. Les scènes d'action, rares, sont rapidement expédiées. Les dialogues, de plus doublés de façon calamiteuse, font effet pendant les premières minutes provoquant quelques rires sincères. La séquence d'ouverture offre aussi la meilleure scène du film, lorsque Django se fait tabasser (hors champs) par des bandites puis enfermer dans une pièce dont la fenêtre est ouverte. Prouvant sa supériorité intellectuelle, notre héros le remarquera et parviendra ainsi à s'échapper. Mais les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures et tout ça finit par sombrer le spectateur dans un ennui profond. Très très profond.

Ce film, sorti une année avant le véritable DJANGO, a été distribué en France par Eurociné. Kerozene

DJANGO NE PRIE PAS aka COWARDS DON'T PAY aka TASTE OF VENGEANCE aka I VIGLIACCHI NON PREGANO - Mario Siciliano, 1968, Italie

A la fin de la guerre de Sécession, Django (Gianni Garko) aspire à une vie paisible auprès de sa bien aimée. Mais un soir d'orage, quatre soldats nordistes affublés d'étoile symbolisant la justice violent et tuent sa femme. Django, blessé, est recueillit et sauvé par son ami Daniel (Ivan Rassimov), dont le frère Robert vient de se faire kidnapper contre une demande de rançon. Django décide donc d'aider son ami et fait alors preuve d'une insatiable soif de tuer. Incapable de le raisonner, Daniel empruntera le chemin de la justice, quitte à devoir faire face à la folie psychotique de Django.

Ce film, dont la version française utilise abusivement le nom de Django (le personnage se nomme Brian Care dans la version originale), emprunte une direction totalement inattendue. Alors que n'importe qui pourrait s'attendre à voir Django partir à la recherche des meurtriers de sa femme afin d'assouvir son désire de vengeance, on assiste à une sidérante et destructrice plongée dans la névrose de ce personnage blessé en son plus fort intérieur. L'homme bon et doux du début se transforme en psychopathe au regard fou que rien ne semble pouvoir arrêter, pas même la mort, comme il le prouve lors d'un duel plongé dans le noir et où les seules sources lumineuses sont les cendres des cigares des deux adversaires. Siciliano parvient sans peine à représenter la folie du personnage grâce à une photo judicieusement travaillée, jouant brillamment avec les ombres sur le visage marqué de Gianni Garko, ici très convaincant. Cependant le récit est traité de manière un peu abrupte et la continuité s'en ressent, donnant l'impression que quelques scènes ont finies sur le sol de la salle de montage. Dommage, mais cela n'empêche pas d'apprécier ce métrage violent et joliment réalisé dont le final superbe, accompagné par une mélodie obsédante, justifie à lui seul le visionnement. Kerozene

DJANGO TIRE LE PREMIER aka Django spara per primo - Alberto de Martino avec Glenn Saxon, Ida Galli, 1966, Italie  

Django, ramène la dépouille de son défunt papa dans un bled poussiéreux afin d'en toucher la rançon. Il apprend après que son père possédait la moitié de la ville et que son partenaire, un certain Custer, l'a horriblement trahit. Django ne va pas se laisser faire, nom de nom. Western spaghetti sans trop de relief, beaucoup moins sombre et violent que le premier DJANGO de Sergio Corbucci, on y retrouve les clichés du genre: bagarre de saloon, poursuite dans le désert, musique "à la Morricone", etc... Mais ça se regarde sans déplaisir. Kerozene

DJANGO STRIKES AGAIN aka Django 2: il grande ritorno - Nello Rosssati avec Franco Nero, 1987, Italie

Crisse de Crisse, Un rip-off de RAMBO en DJANGO!! HAHAHAHAH .

Vraiment une merde ce film, Moi qu-y avait adoré l'original... Voila que Franco Nero se promène avec un petit tabarnak comme sidekick, il shoot presque au bazooka et pousse des wise-crack!!!

NONNNNNNNNNNNNNNNNNNN , Avoid like the plague!!! Mouni

A FISTFUL OF DOLLARS aka Pour une poignée de dollars aka Per un pugno di dollari - Sergio Leone avec Clint Eastwood, Gian Maria Volonte, Marianne Koch, Josef Egger, Wolfgang Lukschy, Daniel Martin, Margherita Lozano, Carol Brown, 1964, Italie, 100m

Un pistolero solitaire arrive un beau matin dans une petite ville située à la frontière du Mexique. Deux familles de bandits s'y livrent une guerre mortelle pour le monopole du trafic d'armes et d'alcool: les Rodos et les Baxter. L'arrivée de l'étranger en ville ne fait pas la joie de tous ces hors-la-loi mais lorsqu'il abat quatre hommes des Baxter qui voulaient l'intimider, les Rodos acceptent de l'engager comme mercenaire. Le mystérieux homme sans nom en profite alors pour aggraver le conflit entre les deux familles afin qu'ils s'éliminent l'un l'autre pendant que lui s'enrichit à leurs dépends. C'est ainsi qu'il enlève Marisol, la maîtresse de Ramon Rodos, le plus dangereux tireur de cette famille pour la donner au Baxter afin qu'elle serve de monnaie d'échange pour libérer des prisonniers. Mais Ramon et les Rodos ont découvert son petit manège et après l'avoir sauvagement battu, ils vont éliminer définitivement tous les membres de la famille Baxter. L'homme sans nom parvient cependant à s'échapper et après s'être remis de ses blessures dans une cachette sûre, il réapparaît au village pour régler leurs comptes à Ramon et au reste de la famille Rodos tout en libérant Marisol.

Ce film de Sergio Leone, le premier de sa fameuse trilogie des "DOLLARS", n'est pas, contrairement à ce que certains pensent, le premier western européen ou italien car il y en eût bien d'autres avant celui-ci. Mais l'énorme succès du film et le style de mise en scène de Leone ont cependant posé les bases de ce qu'allaient être les ingrédients du "western-spaghetti": personnages sales et pas rasés, gros plans alternés avec des plans larges, paysages d'un soleil brûlant ou d'une pluie diluvienne, violence accentuée, contexte mexicain, héros démystifiés, longs duels au pistolet, musique lancinante. L'intrigue s'inspire ici évidemment de "YOJIMBO", film de samouraïs d'Akira Kurosawa, mais Leone a su éviter le plagiat en prenant soin à ce que le dialogue de son film soit complètement différent de celui de son homologue japonais tout en allant également puiser des idées dans la pièce de Goldoni: "Arlequin, serviteur de deux maîtres". Si le ton est volontiers original de par une caméra souple aux cadrages soignés et par son héros conçu comme une abstraction ou une figure de style sans substance, on y retrouve quand même des éléments propres au western classique américain. L'importance de la trame sonore d'Ennio Morricone dans la création d'ambiance et la narration du film n'est plus à faire, tout comme le jeu extraordinaire de Clint Eastwood et de Gian Maria Volonte, qui devinrent tous deux rapidement des révélations et des vedettes. Et pourtant, cet excellent western de Leone n'était qu'une ébauche ou un prototype à côté de ce qui allait suivre. Toute personne qui ne connaît cependant pas le western à l'italienne se doit de visionner cette oeuvrette en premier lieu pour mieux apprécier le genre. Soulignons que les Américains avaient donné un nom au personnage d'Eastwood (Joe!) dans un premier doublage à l'époque: une grosse aberration!!! Mathieu Lemée

LE GAUCHER aka The Left Handed Gun - Arthur Penn, 1958, États Unis

J'ai revu récemment lors d'un cycle western,"le gaucher" d'Arthur Penn, et qu'elle n'a pas été ma surprise à la fin de la projection de m'entendre dire qu'il s'agissait certainement du plus ennuyeux film que j'avais vu depuis longtemps.

Qualitativement, certaines séquences soit disaaant comiques, notamment la "bataille des sacs de farine", n'ont rien à envier au final d' "On continue à l'appeler Trinité"; Ah si pourtant ! Lorsqu'une telle pantalonnade s'insère au coeur d'un salmigondis infâme de sous tragédie aux relents de psychanalyse, cela devient le "fer de lance " du nouveau western. La bonne blague! Car enfin serai-je donc si obtus ! Si mauvais spectateur, pour être le seul imbécile à être consterné devant ce film.Mais nous savons tous oh combien la critique est Thésée et l'art Hyppolite, je vais donc essayer d'apporter les preuves de ce que j'avance:

Que le film transforme un nabot prognate et à moitié bossu, raciste et psychotique au dernier degré en un beau ténébreux(Paul Newman) romantiquement tourmenté, ça n'est certainement pas le plus grave, après tout bien d'autre metteur en scène s'y sont attelés, et n'est-ce pas John Ford qui disait "dans l'Ouest, quand la légende est plus belle que la réalité alors on imprime la légende!"

Non ce qui est insupportable, c'est d'avoir voulut à tout pris mettre de la psychologie et qui plus est de la psychanalyse dans ce film qui n'en ressort que plus grotesque. Tous les acteurs sont nuls, Newman cligne des yeux pour nous prouver combien ça tempête sous son crane, et il ne lui manque qu'une toge pour jouer les Césars actor's studio. Quant aux "mexicains de service", ils sont quasiment tous interprétés par des yankees à l'accent foireux, habillés des" traditionnelles" guenilles blanches et de chapeaux de paille miteux, ils sont très gentils et passent leur temps à danser "folkloriquement " la même chose durant tout le film ( des mexicains comme les aiment les gringos .)

Pourtant Ford avait déjà donné l'exemple, avant! Comme quoi Penn était très con à cette époque(soyons magnanime, il réalisera plus tard "little big man")et uniquement obnubilé par l'originalité de son projet.

La critique d'hier et d'aujourd'hui est unanime et place "le gaucher" au pinacle, et un comble loue sans retenue la "géniale direction d'acteur".

Toutes passions apaisées, convenons que le film baigne dans une ambiance glauque, trouble qui a du constituer l'élément déclencheur des discours laudatifs qu'il a provoqué; Billy parvient à inquiéter au cours de la scène ou il rencontre Pat Garett, et deux ou trois séquences nous tirent de l'ennui: le lezard offert en cadeau, et la lune criblée de plomb dans une flaque.

Pour en rester dans le domaine freudien, le meilleur "acteur" du film, par sa présence, est sans aucun doute le colt 45 à canon long que Newman ne cesse d'exhiber tout au long du film. Quand je vous disais que l'ambiance était trouble !  Jess Cougouar

Le GRAND SILENCE aka The Great Silence aka Il Grande Silenzio - Sergio Corbucci avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff, Luigi Pistilli, Vonetta McGee, Mario Brega, Jacques Toulouse, Marisa Merlini, 1969, Italie/France 105 minutes

En 1898 dans l'état américain de l'Utah, le froid extrême de la saison hivernale pousse les bandits, les bûcherons et les paysans à traverser les forêts et à piller les villages pour survivre et avoir de quoi se nourrir. Cela fait alors l'affaire des chasseurs de primes qui en profitent même pour abuser de la situation auprès de la populace. Le plus cruel d'entre eux, Tigrero, arrive à Snow Hill et s'avère encore plus détesté par les habitants que les bandits. Arrive alors un inconnu surnommé Silence, car il est muet, et qui tient tête aux chasseurs de primes. Une jeune femme de race noire, Pauline, dont le mari a été tué par Tigrero, demande à Silence de tuer celui-ci. Ne tirant qu'en cas de légitime défense, Silence essaie alors de provoquer Tigrero en duel mais en vain. Un nouveau shériff, arrivé sur les lieux pour rétablir l'ordre, parvient à arrêter Tigrero et à le mettre en prison. Son commanditaire, Pollicut, banquier véreux et juge de paix de Snow Hill, paye alors les hommes de main du chasseur de primes pour abattre Silence avec qui il a un vieux compte à régler, mais sans succès. Alors que l'amour naît entre Silence et Pauline, Tigrero s'évade, tue le shériff qui l'a arrêté puis sème la terreur à Snow Hill avec ses hommes de main. Il réussit même à descendre Silence en duel pour ensuite massacrer ses prisonniers et toucher comme si de rien n'était l'argent des primes.

Après "DJANGO", le réalisateur italien a de nouveau marqué de son empreinte le western italien avec un autre film culte inoubliable. Présenté comme une sorte de fable prolétaire où les méchants ne sont pas ceux que l'on croit, le film illustre avec efficacité une vision saisissante et farouchement cynique de l'Ouest américain. Les extérieurs enneigés où se situe l'action contribuent à augmenter la sauvagerie et la dureté du récit car la violence et le sang y apparaissent encore plus graphique, tout en se démarquant des autres westerns-spaghettis se déroulant majoritairement sous un soleil de plomb ou une pluie diluvienne. À travers ce climat de sadisme brutal, Corbucci en profite pour injecter à l'intrigue une forte dose d'humour noir où l'irrévérence ne fait pas dans la demi-mesure. Audacieuse fût également pour l'époque la présentation à l'écran sans concessions d'une relation amoureuse entre le héros blanc de couleur et une femme de race noire. La mise en scène, en plus d'être techniquement au point, est aussi étourdissante que le reste et ménage ses effets spectaculaires afin de surprendre le spectateur jusqu'à une conclusion imprévisible et inoubliable qui est livrée comme un vrai coup de poing à la figure. Une autre splendide musique composée par Ennio Morricone vient à nouveau contribuer à la réussite de l'ensemble. Jean-Louis Trintignant compose magistralement son personnage de héros muet et mystérieux mais il se fait tout de même damner le pion par Klaus Kinski qui joue à la perfection son rôle de chasseur de primes salopard et archi-crapuleux, annonçant ainsi les protagonistes fous qu'il incarnera pour le réalisateur Werner Herzog. Autant le dire franchement: vous devez absolument voir ce western, maintenant devenu un classique du genre, et illico presto! Mathieu Lemée

GRINGO JOUE SUR LE ROUGE aka GRINGO MISE SUR LE ROUGE aka SEVEN DOLLARS ON THE RED aka SEVEN DOLLARS TO KILL aka SETTE DOLLARI SUL ROSSO - Alberto Cardone, 1966, Italie

Johnny Ashley (Anthony Steffen), dit Gringo, retrouve sa (superbe) femme assassinée. Mais le plus dur est encore que son fils Jerry âgé de deux ans ait été kidnappé! L'auteur du larcin, un bandit mexicain gras du bide (Fernando Sancho) a effectivement décidé de prendre le gamin sous son aile et de l'élever avec sa femme incapable de lui offrir un fils. Gringo va alors dédier sa vie à la recherche de son fils. Des années plus tard, Gringo porte toujours les mêmes fringues, chevauche toujours le même cheval et poursuit toujours le même objectif ; et pendant ce temps là, son fils est devenu le digne héritier de son père adoptif: un cruel bandit à la gâchette aussi rapide que gratuite...

GRINGO JOUE SUR LE ROUGE ne semble avoir été fait que pour son final shakespearien, pour cette fameuse et attendue confrontation du père avec son fils, tant les 75 premières minutes apparaissent confuses et bâclées. Durant ce temps, les différents gunfight ponctuant le récit sont incompréhensibles: on ne sait trop qui tire sur qui, ni pourquoi ; l'ellipse représentant les vingt années séparant l'introduction du film et sa suite est quasiment inexistante - rien ne laisse en effet supposer qu'autant de temps ne ce soit écoulé avant de voir enfin le fils adulte discuter avec son père adoptif. Durant sa période de recherche, Gringo - qui affiche une face de chien battu - se forge une réputation de vigilante peu enviable, et là encore, les maladresses scénaristiques sont légion. Mais quand arrivent enfin les deux dernières scènes du film, celui-ci gagne une ampleur remarquable. Les morceaux de trompettes écrits par Francesco De Massi deviennent soudainement prenants, l'ambiance devient sombre et pesante et même quelques timides mais réussis mouvements de caméra viennent s'ajouter à ce palmarès alors inespéré, jusqu'à la dramatique confrontation finale prenant place sous une pluie diluvienne et se concluant sur une note d'un pessimisme prévisible, mais efficace. GRINGO JOUE SUR LE ROUGE est un film malheureusement inégal, mais qui finalement apportera suffisamment de satisfaction aux amateurs du genre. Kerozene

L'HOMME DES HAUTES PLAINES aka HIGH PLAINS DRIFTER - Clint Eastwood, 1973, États Unis

Clint le cow-boy débarque sa dégaine de pistolero poussiéreux dans un petit village rongé par la peur et le remord. Après avoir exécuté trois salopards et violé une femme, il s'attire la sympathie des villageois à la recherche de protection contre trois meurtriers sur le point de sortir de prison. Le cavalier sans nom se prête alors à un jeu de manipulation pervers et sournois dans le but de faire payer à ces lâches l'exécution au fouet de leur ancien shérif. Dès lors, notre homme profite de son statut de sauveur providentiel, abuse des femmes, nomme le nain du village au poste de maire et de shérif exécute sans hésitation les réfractaires. En résumé, il sème le trouble au sein d'une communauté coupable qui ne connaîtra jamais le sens du mot rédemption.

Pour sa deuxième réalisation, Eastwood signe - en cinémascope - un western à l'opposé des glorieuses aventures yankees de John Wayne et applique là une approche sans doute issue de son héritage leonien. Son personnage, sorte d'amalgame fantomatique entre l'homme sans nom de la trilogie des dollars de Sergio Leone et le Diable lui-même, véhicule avec lui une aura fascinante de cruauté sans concession. Cynique, arrogant et méprisant, il met en avant l'hypocrisie d'hommes et de femmes se réfugiant honteusement derrière des valeurs morales et chrétiennes auxquelles eux-mêmes ne croient guère. Et jamais il n'est permis de le lui reprocher. Il amène le récit vers une fin brutale, alors que le village a été entièrement repeint de couleur rouge puis judicieusement rebaptisé Hell, lors de laquelle son dernier acte quasi apocalyptique vient confirmer le pendant surréaliste du film. Superbe. Kerozene

  L'HOMME, L'ORGUEIL ET LA VENGEANCE aka PRIDE AND VENGEANCE aka MAN: HIS PRIDE AND HIS VENGEANCE aka MAN, PRIDE & VENGEANCE aka L'UOMO, L'ORGOGLIO, LA VENDETTA - Luigi Bazzoni, 1968, Italie / Allemagne

Prosper Mérimée n'est pas franchement le type d'auteur que me fait saliver. Il représente plutôt la frange d'écrivains qui me gonflaient royalement quand je passais mon bac, du genre de ceux que tu espères ne pas croiser lors de l'oral final. Du coup, lorsque j'apprends en visionnant le générique d'ouverture du film ci-présent que celui-ci est " librement inspiré " du Carmen de Mérimée, mon enthousiasme ramasse du plomb dans l'aile. Et la suite ne fait que confirmer cette crainte, car derrière ses apparences de western dans la grande tradition, L'HOMME, L'ORGUEIL ET LA VENGEANCE est se trouve être un " vrai-faux " western. Le vrai, c'est parce que le héros est incarné par Franco Nero, que le film a été vendu comme étant une suite de DJANGO dans certains pays (Allemagne), que le méchant a la gueule de Klaus Kinski et que la deuxième moitié du film se déroule dans un désert plein de cow-boys à cheval qui vont jusqu'à attaquer une diligence. Le faux, c'est parce que le film ne se déroule pas dans l'Ouest Américain mais dans l'Espagne du XIXème et que la première moitié du film se déroule à Séville. Il y a de quoi être dérouté.

L'histoire ? Celle de la jolie Carmen, incarnée par Tina Aumont : gitane tête à claque, femme fatale arrogante, voleuse et manipulatrice de première qui mène par le bout du nez un flic naïf (Franco Nero), gros benêt transit d'amour qui en perdra ses galo