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BLOOD FREAK - Brad Grinter, Scén : Steve Hawkes, 1971, États unis

Un bureau. Un homme moustachu, qui tente de prendre l'air docte, nous parle : "à tout moment, on est susceptible de rencontrer un catholique. Et qu'est-ce qu'un catholique ? Quelqu'un qui produira des changements, bons ou mauvais. On peut en rencontrer partout. Par exemple sur le bord de l'autoroute ..."

Et qu'est-ce que c'est que ces conneries ? s'interroge le spectateur, tandis que le film proprement dit démarre. A ce stade, on se demande, pour peu qu'on en ait quelque chose à faire, si le film est pro ou anti-catholique. La suite nous prouvera vite que la première solution est la bonne. Donc, Richard, un motard joué par le scénariste lui-même, Steve Hawkes, qui a le look d'Elvis Presley et le regard d'un mongolien, vient en aide sur le bord de l'autoroute à une jeune automobiliste en panne, Claire. Elle le ramène chez elle, où sa sœur, Ann, qui ne voit rien venir, reçoit quelques amis — rien que des sales drogués. Car, oui, affrontons la cruelle réalité, si Claire est une jeune femme très comme il faut et très croyante, Ann est une dévergondée qui fume des joints et qui couche avec des hommes. La première, d'ailleurs, ne manque pas de morigéner sa sœur : "Ton corps est le temple de l'esprit saint. Tu ne devrais pas le souiller ..."

Là, j'avoue, j'ai craqué et j'ai attendu un ou deux jours avant de me taper la suite. Parce qu'il faut vous dire que toute cette scène est interprétée par des acteurs dont Ed Wood n'aurait pas voulu et tournée par un réalisateur ayant autant de talent que Pierre Chevalier un lendemain de cuite. Max Pécas, à côté, c'est Orson Welles — et je ne plaisante pas ! Toutes les erreurs de narration cinématographiques sont là, c'est presque une joie de les comptabiliser. En outre, la vf a été réalisée par une bande d'individus lisant leur texte et allant parfois jusqu'à bafouiller. Il est possible que ça produise un effet irrésistible entre potes après un pack de bière, mais tout seul et à jeun, c'est assez pénible.

Ce soir, n'écoutant que mon courage, je me remets la cassette. Et voilà-t-y pas que j'ai droit au cours de catéchisme. Ah, que voilà un film édifiant ! Ou zédifiant ! Pendant cinq minutes, Claire explique les voies de Dieu à ses petits camarades. Chouette. Ensuite, elle emmène Richard chez son père, qui possède, semble-t-il un élevage de dindons, dans lequel se trouve aussi un labo avec des savants qui font des expériences. Non, me demandez pas. Comme notre motard est un peu paumé, le papa lui propose de travailler à la ferme, et Richard accepte. En parlant de ferme, c'est ainsi que continue de s'emmerder le spectateur, qui se demande s'il ne va pas renoncer, finalement, quand la vision d'Ann en bikini le pousse à continuer un peu son visionnement. Bien lui en prend, car c'est alors que le film décolle.

Figurez-vous qu'Ann la dévergondée a jeté son dévolu sur Richard. Elle le drague honteusement sans succès, puis tente de lui faire fumer un joint. Il refuse, méprisant. Alors, elle trouve l'argument massue : "Je ne pensais pas qu'un homme aussi fort que toi serait un lâche ..."

Traduction : "T'es même pas cap !" Et évidemment, le grand couillon tombe dans le panneau et fume le joint. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans, mais ça n'a pas l'air mauvais, parce que ça se concrétise presque immédiatement par un fou-rire monstrueux, à l'issue duquel a lieu la prévisible partie de jambes en l'air (mais damned ! on voit que dalle). Le lendemain, Richard va bosser à la ferme. Les scientifiques du labo lui proposent de participer à leurs expériences en tant que cobaye : il faut quelqu'un pour manger les volailles sur lesquelles ils expérimentent, afin de vérifier que la viande demeure comestible. Comme il hésite, ils lui proposent de la drogue en plus de son salaire ("Un extra en plus du bonus" déclare finement un des deux). Bon, Richard a fumé un joint la veille, d'accord, mais c'était par bravade ; sinon, depuis le début, il se déclare anti-drogue. Est-il logique qu'il accepte ce marché ? Non, mais par contre "C'est Dans Le Script". Donc il accepte. Le soir même, après le boulot, paf ! crise de manque ! Comme chacun sait, quand on fume un joint, le lendemain à la même heure, on fait une crise de manque. Toutes les notations concernant les drogues diverses sont d'ailleurs consternantes. "T'as sniffé de l'opium, ou quoi ?" demande un personnage, à un moment. A mon avis, le scénariste se shootait à la colle.

Bref, Richard est accro ! C'est affreux ! On appelle le dealer local, Jim, qui fournit un nouveau joint, et notre héros se sent mieux. Il empoigne l'affreux Jim, lequel a l'air aussi veule que Gainsbourg dans un peplum italien, et qu'est-ce qu'il fait ? Il lui casse la gueule ou il le bute avant d'aller se faire désintoxiquer ? Pas du tout : le vertueux Richard informe le vilain Jim que puisqu'il l'a accroché, il est bon pour le fournir gratuitement, ou que sinon panpan cucul. La psychologie de ce personnage est d'une cohérence rarement atteinte au cinéma.

Et le lendemain, retour à la ferme. Richard se tape une dinde rôtie fournie par ses nouveaux employeurs. Et presque aussitôt, il est pris de convulsions. Les scientifiques, dont on commence à soupçonner qu'ils ne travaillent pas tout à fait dans la légalité (mais ce point ne sera jamais explicité), paniquent et le laissent étendu dans l'enclos de la ferme jusqu'à la nuit. Et lorsqu'il s'éveille, Richard a ...

Je profite de cette occasion pour rappeler une règle importante : dans un film de série Z, quand un personnage mange, boit ou absorbe de quelque autre manière une substance liée de près ou de loin à un animal, de deux choses l'une ; a) il conserve forme humaine mais acquiert les pouvoirs de l'animal en question, ce qui lui permet souvent de faire une honorable carrière de super-héros b) il se change en un monstre basé sur l'animal. C'est bien entendu b) qui s'applique ici.

Quand il se réveille, donc, Richard a une tête de poulet. Enfin ... de dinde, sans doute, mais on dirait un poulet. Non, d'ailleurs, ce qu'on dirait vraiment, c'est une espèce de casque en carton pâte sur lequel on aurait collé des plumes et un bec en plastique. Mais bon, ça évoquerait plus le poulet que la dinde, quoi ...

Premier réflexe de Richard (vous auriez le même, à sa place, je suis sûr) : aller retrouver sa petite copine, Ann. Pour expliquer son aspect quelque peu surprenant, il lui fait lire une note racontant ce qui est arrivé. Réaction de la nana : "Mais enfin, Richard, si tu restes comme ça, que se passera-t-il si nous nous marions? A quoi ressembleront les enfants ?" Et ainsi de suite. Ce passage est authentiquement à pleurer de rire.

Il n'en reste pas moins que non seulement Richard a une tête de poulet, mais qu'en plus, il est en manque. (Eh oui, le joint fatal ...)

Ann, un brin affolée quand même, appelle sa sœur et lui demande de passer la voir très vite. Le scénario a dû changer en cours de tournage, parce qu'à la scène d'après, ce sont deux copains qui arrivent : de sales drogués barbus et chevelus. On leur présente le Richard nouveau.

Ils font "ah ..." Et puis on ne les reverra plus, c'était juste histoire de passer trois minutes.

Là-dessus, notre héros un brin gallinacé, rendu fou par le besoin de drogue, commence à égorger tous les drogués qu'il rencontre pour boire leur sang. A un moment, une fille témoin d'un des meurtres hurle: elle n'a dû réussir à le faire qu'une seule fois de façon crédible, parce qu'on entend dix fois de suite le même hurlement, au point qu'on dirait une sonnerie d'alarme. Les meurtres sont traités de manière résolument gore, mais gore au sens ou l'entendait Hershell Gordon Lewis : mannequins et peinture rouge. D'ailleurs, quand on sait que dans la version originale Richard se prénomme Herschell, ça donne à penser.

(Hein ?)

Une des victimes du monstre réussit à lui planter un couteau dans la tête, mais ça n'empêche pas le canard d'aller trancher à la scie circulaire la jambe du dealer qui vient d'étrangler Ann après avoir tenté de la violer. Non, cherchez pas de logique dans tout ça, y en a pas. Les personnages entrent dans le scénario et en sortent comme les usagers d'une station de métro.

Bref, enfin, le monstre s'écroule, terrassé. On voit des images d'un poulet décapité. Puis des mains qui déchirent une dinde censée être Richard.

Lequel se réveille.

Ce n'était qu'un rêve.

Merde alors. Arnaque !

Mais le plus beau reste à venir. Bon, Richard n'a pas une tête de poulet, certes, mais il est toujours accro au joint (scusez, j'ai du mal à écrire ça sans rire). Et c'est là qu'arrive Claire, la bible sous le bras, qui déclare : "Prie, Richard ! Demande à Dieu de t'aider dans cette épreuve. Je t'en prie." Et Richard, obéissant, joint les mains, lève les yeux au ciel, et s'exclame : "Seigneur ! Aide-moi !" "Je suis sûre qu'il t'aidera !" affirme Claire.

Sans transition, on se retrouve devant une plage, avec Ann en jolie tenue estivale. Et Richard arrive, fringant, visiblement désintoxiqué. La grâce divine l'a touché. Alléluia ! Les deux amants s'enlacent, s'embrassent, le mot fin s'inscrit sur l'écran, et le spectateur ramasse sa mâchoire inférieure tombée sur le tapis avec un bruit mou.

Ajoutez à cela une bande sonore qui hésite entre le rock psychédélique pompier (si, c'est possible), les bruitages électroniques, et la soupe guitare sèche variétoche, et vous aurez une idée du tableau.

Un tiers "Reefer Madness", un tiers "The Fly", et un énorme tiers « n’importe quoi ». Je rappelle le titre: Blood Freak. Un must!  Michel Pagel

BLOODLUST - Ralph Brooke avec Wilton Graf, 1959, États Unis

Une autre version à peine voilée du classique THE MOST DANGEROUS GAME. Deux jeunes couples visitent par erreur une île habitée par un riche excentrique dont le plaisir ultime est la chasse à l'homme. Quelques variations sur le thème: de futures victimes deviennent folles en liberté sur l'île, une des jeunes femmes est experte en Karaté, un peu de gore en noir et blanc...

On parle de petite production pour les ciné-parcs de l'époque, pas dénuée d'intérêt, mais pas de quoi écrire à un parent éloigné. Pour amateur de psychotronique.

À noter que c'est sorti en programme double avec ATOM AGE VAMPIRE sur dvd dans la nouvelle collection KILLER CREATURES, avec bandes annonces et dessin animé de Betty Boop entre les deux films, sympathique et peu dispendieux ! Mario Giguère

BLOOD MASK: The Possession of Nicole Lameroux -Dennis Devine avec Sally Dalton, Danielle De Luca, 2007, États Unis, 82m

Impression de déjà vu: une sorcière que l'on s'apprête à tuer avec un masque aux pointes de fers dirigées vers le visage promet de revenir tuer les descendants de ses bourreaux. Aujourd'hui, une collégienne entre en transe lorsqu'on parle des sorcières de Salem. Nicole sera tout de même invitée au party organisé par un copain, malgré le refus de son père, prêtre. Quatre jeunes donzelles et deux hommes vont donc se retrouver dans une maison dont un mec a les clés. Une maison baroque, qui inclut dans les sous-sol une salle de torture. Rapidement, il semble qu'un tueur est entré dans la maison, dont on n'arrive plus à ouvrir les portes. Les victimes sont retrouvées avec un masque identique pendant que Nicole est de plus en plus louche.

Comment actualiser LE MASQUE DU DÉMON de Mario Bava. Rien de bien original pour ce petit film indépendant qui ne trouvera grâce qu'auprès des amateur de jolies bimbos. On voit tout venir bien à l'avance, le gore n'est pas réellement efficace et la multiplication des masques, un par victime, le rend plus banal, si c'est possible. Ajoutez une dose de sado masochisme un peu tiède, une petite séance d'exorcisme tout aussi ridicule en final, des classes d'élèves pas convaincantes et il ne reste encore que la relative beauté des "actrices". Triste héritage pour Mario Bava. Mario Giguère

BLOOD NASTY - Richard Gabai/ Robert Strauss , 1989, États Unis    

Tagline : SHE DIDN'T WANT TO WHEN SHE WAS ALIVE. SHE DIDN'T HAVE A CHOICE WHEN SHE WAS DEAD.

Tourné à : L.A. et partiellement dans une maison en carton.

Musique : bouillie de bas étage.

Ray est le musclé de l'équipe, mais il doit prendre un avion. Ils sont trois; il y a avec lui une pétasse mal fagotée, et un type louche qui prétend être le cerveau. Cette équipe de choc déterre un cadavre de colombien pour lui voler... une bague en or. Une fois cela fait, Ray essuie un vilain coup de pelle derrière la tronche et tombe... dans la tombe. Un pieu à travers le bide l'achèvera. Il a raté son avion parce qu'il est mort, mais ce n'est pas grave, parce que celui-ci explose en plein vol. Il décide donc de revenir à la vie et d'aller se balader du côté de L.A. avec son pieu dans le ventre.

Vous l'aurez deviné, ça ne vole pas haut. Le résumé est délibérément confus, pour tenter de traduire en mots l'inanité de l'intrigue. Il est question d'assurances, d'un drame familial caricatural, de l'utilisation excessive de quelques jurons américains fort répandus... Le personnage principal, un "beach bum" de mauvais augure, est pathétique dès le début, particulièrement lorsqu'il tente de faire passer un peu de schizophrénie dans son jeu. Il traîne un ridicule accent sud-américain qui fait froid aux couilles.

On s'amuse un peu, beaucoup, selon l'humeur, et les situations confuses et improbables se succèdent à un rythme assez vif qui nous évite l'ennui. Linnea Quigley vient faire un tour et en profite pour se foutre à poil dès qu'elle en a l'occasion - nous ne sommes donc pas dépaysés - et feu Troy Donahue se remet de son rôle dans OUTRAGE avec un caméo d'agent d'assurance à chemise imprimée. Le gore est amusant, mais pas très graphique, et l'esthétique kitsch très 80's peut devenir risible assez rapidement. Un document précieux sur l'art nord-américain des années '80. Orloff

Un jeune homme traînant avec des vilains est sur le point d'aller prendre un avion pour retourner voir sa famille. Cependant, il ne se rendra pas à son vol pour cause de coups de pelle derrière la tête et les vilains, eux, prendront le vol, mais l'avion explosera. Oh la la... Pas de bol pour eux, mais notre jeune homme revient à la vie avec un poteau lui traversant le corps, possédé par un esprit maléfique qui fait son va-et-vient quand bon lui semble dans le corps du jeune innocent. La famille hérite d'une bonne somme des assurances, ils vont enfin pouvoir vivre sans gratter, mais le jeune homme vient frapper à leur porte, ressuscité.

Une comédie sanglante, ça vous dit ?! Celle-ci se laisse regarder sans trop de problèmes avec les mésaventures de la famille essayant de cacher l'existence du jeune homme, mais quand il se met à tuer, ça devient plus difficile. Certes, on vole bas mais la courte durée du film aide à ne pas trop s'ennuyer. Linnea Quigley est de la partie soit en déshabillé, soit complètement à poil, mais toujours plutôt nulle et Troy Donahue (du grand OUTRAGE de Fernandez) vient faire sa visite de temps à autre. La mise en scène, ben là, euh, faut pas chercher trop loin quand même... Bad Feeble

BLOOD OF THE BEAST - Georg Koszulinski, 2003, États Unis

Suite à la 3ème guerre mondiale qui a vu la disparition d'un tiers de la population de la planète, 98% de la population masculine se retrouve stérile. Seul moyen de palier au risque de dépopulation: le clonage. Dix neuf ans après la première vague de clones, des jeunes se voient soudain pris de violents malaises. Pris de convulsions, ils se transforment en êtres assoiffés de sang et s'attaquent à leurs congénères.

C'est sur ce pitch de départ que débute le film, autrement dit une mise en bouche prometteuse qui a le mérite de titiller notre imagination au plus haut point. L'introduction est faite à grands renforts de stock shots et annonce une mise en scène expérimentale relativement inédite dans le cinéma de fiction.

L'auteur s'attache à deux groupes de gens: des jeunes qui s'égarent en forêt suite à une panne de voiture et qui se font attaquer par des clones dégénérés, puis sur trois individus - dont un prêtre - enfermés dans une petite maison de campagne.

Georg Koszulinski a réalisé son film pour la somme ridicule de 1300$. Les images de la DV détonnent assez fortement avec les stock shots de scènes de guerre mais renforcent le côté schizophrène de l'entreprise. Le tout est assez bien construit et ne manque pas de dynamisme mais on peut également regretter le choix esthétique pris par le réalisateur quant à certains décors du film qui auraient facilement pu être plus soignés. Discutable également certains choix au niveau de la mise en scène et du montage, la fin du film virant alors dans une espèce de trip blairwitchien muet dans lequel les dialogues sont remplacés par des cartons, comme au début du XXème siècle, conférant au film une certaine incohérence.

Pas parfait donc, mais fort intéressant, BLOOD OF THE BEAST laisse espérer que son réalisateur bénéficiera de plus de moyen pour un prochain métrage et que son scénario soit tout aussi intelligent. Kerozene

Site de la production : substreamfilms.com  

BLOODY BIRTHDAY - Ed Hunt, 1981, États Unis            

Trois Enfants, une fille et deux garçons, arrivent au monde le jour d'une éclipse. Trois ti-monstres aux idées démoniaques : le nerd aux lunettes plus larges que sa face ; la tite-blonde au visage angélique mais hypocrite et l'autre un ti-blond qui est là comme parure. Nos trois garnements ont pété leur coche. Ils tuent le père de la fille, sa soeur, poursuivent une femme en voiture, et ont plein d'autres mésaventures de ce genre. Le fait que les trois mongoles n'ont pas de sentiments ni de conscience est dû au fait qu'ils sont nés le jour d'une éclipse et que ce jour-là Saturne, la planète des émotions, fut cachée par une autre planète, de là à savoir si c'est vrai faudrait demander a jojo. Je trouve que c'est un film qui s’écoute bien. Je ne sais pas si c'est à cause que ce sont des enfants qui tuent? ou le fait que c'est un film que j'ai vu étant jeunot ? Rana

BLOODTHIRSTY BUTCHERS - Andy Milligan, 1970, États Unis, 79m

This 1970 no-budget gorefest is now considered a grindhouse classic. Andy Milligan's version of SWEENY TODD: THE MAD BARBER OF FLEET STREET was produced in England by the legendary, late grade Z auteur, who wrote, shot, produced, directed, designed, costumed and sometimes acted in his films.

19th Century London, Fleet Street: a murderous barber cuts the throats and dismembers customers for their jewels. The victim's flesh is later cooked up in meat pies sold to the public in Maggie Lovett's bakery. Much badly acted melodrama and absurdly entertaining "dialogue" later the mounting death toll and greed lead to the mass murderer's undoing.

John Miranda is actually quite effective as Sweeny Todd as is Milligan regular Berwick Kaler as the "head butcher" and the rest of the cast tries really hard for credibility, perhaps too hard, but it all remains amusing and often spirals, as do the butcher's tools, into moments of inspired delirium, as in the frenetic climax. Get ready for a lot of bitchy, trashy one liners "I ain't apologizing to no one... you know what you are... a whore!" The gore effects are hilarously impoverished, chopped off rubber hands and fingers which don't bleed, etc. This played regularly on the US drive-in circuit in the early 70s making big bucks for producer William Mishkin but little for poor Andy.

On a two disc DVD package, with the even more demented THE RATS ARE COMING...THE WEREWOLVES ARE HERE! (1971) from Video Kart at bargain basement pricing. Fullscreen and murky video quality, which somehow suits Millagan's aesthetics. Robert Monell

BLUE SUNSHINE - Jeff Lieberman, 1976, États Unis 

Des gens portant la perruque pour cacher leur "casse de bain" avec des mèches de cheveux qui dépassent se transforment en fous meurtriers lorsque leur "secret" est découvert. C'est arrivé à l'ami de Jerry (Zalman King), qui n'a pas tardé à jeter trois ravissantes demoiselles dans un feu de foyer. Peu de temps après un cas similaire voit le jour. Mais qu'est-ce qui poussent ces gens normaux à commettre ces actes? Serait-ce leurs expériences psychédéliques de jeunesse? Ou tout simplement l'angoisse de la calvitie? Jerry mène l'enquête.

Malgré le fait qu'il a été réalisé par le responsable de REMOTE CONTROL, BLUE SUNSHINE est un excellent thriller qui m'a tenue en haleine tout le long de son déroulement. La musique est creepy à souhait, les maniaques chauves le sont tout autant et la réalisation elle-même respectable (quelques transitions sont assez inspirées). La performance des acteurs est dans le ton voulut et ils réussissent miraculeusement à se sauver du over-acting.

Bref, BLUE SUNSHINE est un très bon divertissement que je recommande à tous. Mathieu Prudent

BOARDING HOUSE - John Wintergate, 1982, États Unis

Aujourd'hui, un vrai de vrai nanar.

Titre français : FAMILY HOUSE PENSION DE FAMILLE (si, si, les deux)

Titre original : BOARDING HOUSE

Je ne sais pas qui a eu l'idée d'appeler ça "Family House", mais il n'était pas traducteur. Si ça se trouve, un traducteur est passé derrière, a barré et marqué "Pension de Famille". Et puis à l'arrivée, dans le doute, l'imprimeur a laissé les deux. Ceci pour vous donner une idée du sérieux de l'entreprise.

Bon, à part ça, ça date de 82, c'est signé John Wintergate, et la jaquette de la cassette vidéo fait nettement penser à un bon vieux slasher des familles (donc).

Deuxième signe d'alarme : avant même le générique, on nous signale que ce film a été tourné en HORROVISION. Oui, m'sieurs-dames. On ne nous avait plus fait ce coup-là depuis "The Beast must Die". Le gimmick stupide. Une voix, qui ressemble furieusement à celle de l'ami Dionnet mais je ne crois pas que ce soit lui néanmoins, nous annonce sur un ton pénétré qu'afin d'épargner des poursuites aux distributeurs de la vidéo (notez qu'on ne nous parle pas des patrons de salles de cinéma), les personnes sensibles sont priées de s'écarter du poste dès qu'une main gantée de noir apparaîtra à l'écran ou qu'on entendra le son suivant : "Dzouingggg !" (en gros).

Ça, c'est l'idée fabuleuse, les enfants. Parce que, comme dans tout bon film reposant sur l'élimination méthodique de sa distribution qui se respecte, il y a des fausses alertes, des guignols qui jouent à se faire peur, etc ... ; Seulement comme on n'a pas vu la main gantée ni entendu le Dzouing, on n'y croit pas une seconde. C'est très con.

Mais je vous rassure, l'Horrorvision ne consiste pas seulement en ça. Non non non. Elle permet aussi un nombre carrément effarant d'effets spéciaux à trois balles. Et quand je dis à trois balles, je pèse mes mots. N'importe lequel d'entre nous qui ne sait pas se servir d'une caméra arrive à les reproduire après trois jours d'entraînement.

Bon, deux mots du scénario. Après un générique sur fond de musique électronique, avec une "chanteuse" qui émet des plaintes à mi-chemin entre le cri d'horreur et le gémissement d'extase (juste à mi-chemin, c'est pas facile, essayez), pas désagréables à l'oreille d'ailleurs, on a droit aux caractères d'ordinateur qui s'affichent avec des bips. Dans son Encyclo, Michael Wheldon les décrit comme difficilement lisibles, ce qui laisse à supposer que le texte n'est pas répété par une voix-off dans l'original.

La V.F. supplée heureusement à ce manque, si bien que nous apprenons qu'un jour, un Prix Nobel et sa femme ont été retrouvés morts et mutilés dans leur maison. Le témoignage de leur petite fille, Debra, a permis de conclure à un double-suicide. Debra a par la suite été internée. La maison, elle, a été rachetée, mais les nouveaux propriétaires sont morts accidentellement (On nous montre les accidents en question, ce qui nous permet (Dzouing!) d'apercevoir pour la première fois la fameuse main gantée : le monsieur semble avoir été poussé et noyé dans sa piscine par une force invisible irrésistible.

Quant à la dame, elle est réduite en viande hachée par le broyeur de son évier qu'elle est en train de nettoyer. Enfin, on ne nous montre que sa main en train de se faire broyer, mais vu qu'ensuite, on nous dit qu'elle est morte, je suppose que le reste y est passé aussi.). La maison est encore revendue, et paf ! re-mort accidentelle du proprio, dont débarque alors le neveu, Jim, son légataire universel, notre héros.

Bon, vous allez voir la gueule du héros. Jim est une espèce de blondinet très sportif (pas culturiste mais la catégorie juste en dessous) qui fait de son mieux pour ressembler à Malcolm McDowell dans Caligula, ce qui n'est pas une très bonne idée quand on veut avoir l'air sympathique.

Jim est un gars un peu bizarre : par exemple, il écoute des cassettes type relaxation, avec une voix très douce qui lui dit de se détendre, mais dont il se sert pour ses exercices de télékinésie. Et en plus ça marche : il arrive vraiment à déplacer les objets par la force de son esprit. Mais, je vous rassure, à part ça, il n'a pas grand-chose du moine tibétain : dès qu'il hérite de la maison, en effet, il passe une petite annonce qui dit : "si tu as entre 18 et 25 ans, si tu es jolie, sexy et célibataire, je suis prêt à te louer une chambre dans ma pension de famille pour 100$ par mois." Bon, d'accord, c'est pas très cher mais enfin ... ; je ne sais pas : les filles, vous avez besoin d'un logement et vous voyez une annonce comme ça, vous y allez, vous ?

Et bien dans le film, elles y vont, elles se précipitent même, on refuse du monde. C'est l'invasion des bimbos venues de la sororité d'en-face. Sandy, Cindy, Debbie, Victoria (tiens, pas Vicky ?), etc ... ; On ne sait d'ailleurs pas très bien combien il y en a. Au début, Jim explique à la quatrième à se présenter qu'il ne lui reste plus qu'un placard à lui offrir (elle le prend, c'est pas la question), mais ensuite, on en voit jusqu'à une demi-douzaine. Bon, bref. Au passage, celle qui prend le placard, on a vaguement l'impression que ça va être l'héroïne, parce qu'elle est un peu moins top-model que les autres et qu'elle a l'air d'avoir des goûts simples et d'être pure et vierge, ce qui est un gage indéniable de survie dans les films d'horreur. Mais non, que dalle, son personnage n'aura aucune importance par la suite. D'ailleurs, dans l'ensemble, les filles ne sont que des silhouettes (harmonieuses au demeurant) qu'on peut aisément confondre. Seules sont un peu développées Victoria (notre héroïne, en fait), Sandy et Debbie.

Ah, oui, j'ai oublié de vous dire que dans la propriété, il y a aussi un jardinier, ex-vétéran du Vietnam, complètement pas bien dans sa tête, qui passe son temps à se balader avec les objets tranchants les plus divers dans le cadre de son travail.

Alors, là, vous vous dites : OK, on a compris, Jim va toutes se les taper une par une, juste avant qu'elles se fassent buter. Ben, pas du tout. Enfin, pas tout à fait. En fait, il ne s'en tape que trois (dont une en rêve) et il n'y en a qu'une qui se fait buter.

Mais n'anticipons pas. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, donc, Jim ne vient pas de se constituer un harem. Il se contente de se faire dorloter et d'avoir tout plein de jolies filles sous les yeux, ce qui est ma foi une faiblesse bien compréhensible, mais il ne les drague même pas. (Elles finiront par venir toutes seules, il faut bien quelques seins à l'air dans le film.) Dès les premiers jours, cependant, cette belle harmonie est gâtée par divers incidents, voire accidents, mais rien de grave pour le moment. Parmi les trucs bizarres, on remarque que Debbie creuse souvent la terre dans le parc, mais elle affirme s'occuper de ses fleurs. Bon, on veut bien la croire.

Alors que ça s'enlise pas mal, le scénariste trouve une idée : un ancien petit ami d'une des filles (Sandy) resurgit. Il s'appelle Richard et il a l'air d'un PDG quadragénaire pas sympa. Quand elle le voit arriver, Sandy se rappelle cette scène horrible durant laquelle il l'a violée. Ensuite, le scénariste change d'avis et on s'aperçoit qu'en fait, il veut l'épouser et qu'elle lui a demandé quinze jours de liberté pour réfléchir. Apparemment, ça fait plus de quinze jours qu'elle est partie, parce qu'il l'a fait rechercher par un détective privé (lequel a fini électrocuté dans la baignoire de la maison, par une vilaine main gantée qui a poussé le sèche-cheveux dans l'eau. Dzouing !). Du coup, Richard est très mécontent et ça s'engueule fort et il s'en va en disant qu'elle a intérêt à le rejoindre parce que non mais des fois.

Sur ces entrefaites, Victoria découvre les pouvoirs psy de Jim, trouve ça vachement bath et commence à s'exercer aussi à déplacer des trucs par la pensée. Comme elle en veut à Debbie qui lui a fait un coup en vache un peu plus tôt, elle s'arrange pour lui causer de petits désagréments.

Pof ! On arrive sur une plage (?) Jim et Sandy (?) (pourtant avant, il couchait seulement avec Machine, là, je sais plus laquelle) dans le plus simple appareil, se préparent à faire le signe de l'alligator à huit pattes, pour reprendre une des formules favorites de notre bon docteur bis. A ce moment-là, une main gantée apparaît (Dzouing !), s'empare d'une pierre, et en assène un bon coup sur le crâne de Jim. Puis, Sandy se met à saigner de partout, à hurler, et elle va se jeter dans la mer.

Et Jim se réveille sans blessure à la tête. C'était un rêve. Hein ? Eh, ça vaut pas ! Remboursez ! Si c'était un rêve, pourquoi on a vu la main et on a entendu dzouing, hein ? Notez que Sandy a disparu quand même, alors ce n'était peut-être pas un rêve. Merde, alors. Ceci constitue la seule interrogation que suscite le film (en dehors de "Etait-il vraiment nécessaire de le tourner ?", bien sûr).

Sandy a disparu, mais comme on a trouvé un mot de Richard disant qu'il la reprend avec lui (sic), personne ne s'inquiète et la vie continue son petit bonhomme de chemin. Sauf que Victoria commence à avoir tout plein d'hallus et de cauchemars, elle aussi, et qu'on essaie de nous faire croire que la tension monte vachement.

Entre temps, le jardinier se fait zigouiller (Dzouing ! Dzouing !) et Jim se tape Victoria sous la douche (Pas Dzouing ! Pas Dzouing !).

Et enfin, la tragédie explose (ouf) au bout d'une heure et demie, pendant la grande fête qu'organise Jim. La méchante, vous allez rire, c'est Debbie. Allons, vous ne vous souvenez pas ? Debra ! La petite fille des premiers morts, qui avait été internée. Eh ben, vous allez pas le croire, mais c'est elle ! Si ! Complètement cintrée. Apparemment, elle veut récupérer sa maison et elle tue quiconque s'y installe. Comme en plus, elle a des pouvoirs psys, ça se complique. Donc, c'est elle qui a tué tout le monde, soit physiquement, soit en provoquant des hémorragies internes et joyeusetés équivalentes par télékinésie. On a droit à un superbe combat final absolument ridicule, durant lequel Jim et Victoria unissent leurs forces pour lutter contre Debra, qui finit par succomber (sans blagues), et puis la maison brûle.

Et on retrouve l'ordinateur du début, qui nous apprend que le corps de Debra n'a jamais été retrouvé, et que le terrain sur lequel s'élevait la maison vient d'être revendu. Vous me suivez ?

Non, je ne crois pas qu'ils aient tourné la suite prévue.

Parce que franchement :

1) C'est tourné en vidéo. C'est dégueulasse.

2) La mise en scène et les dialogues sont du niveau d'une sitcom américaine moyenne. (D'ailleurs, hommage ou coup de patte ?, le générique de fin nous apprend que Victoria s'appelle Spelling. Tori Spelling. Get it ?) Parfois, il y a des gags qui font sourire, on se croirait presque dans une parodie, mais on se demande toujours s'il s'agit vraiment de comique volontaire. Par exemple, il y a une scène hilarante où une des filles est en train de prendre une douche, voit du sang couler des parois et panique totalement : on a un gros plan de ses seins qui se plaquent rythmiquement contre la paroi vitrée de la cabine, pendant qu'elle pousse des couinements de souris, et l'effet est carrément tordant. Le problème, c'est qu'a priori, il se voulait érotique.

3) Le montage est calamiteux. Vraiment. Tout en fondus au noir hyper-rapides avant que les acteurs aient fini de dire leur texte. Aucun rythme. Un étudiant de première année ferait mieux. (Pas un étudiant en cinéma, spécialement, n'importe quel étudiant).

4) La caractérisation des personnages rappelle un brin Voisin-Voisine, pour ceux qui s'en rappellent.

5) Le jeu des acteurs aussi.

6) Mais c'est encore pire parce qu'il y a un doublage de série télé américaine moderne, avec des voix qui annoncent leurs textes et qui sont infoutues de trouver une intonation juste.

7) J'ai déjà dit ce que je pensais des effets spéciaux.

8)Le scénariste nous prend pour des cons.

9) Le fait qu'il ait peut-être raison ne constitue pas une excuse.

10) Euh ... ; ben, je sais pas moi, c'est nul, quoi.

Vivement recommandé pour les longues soirées d'hiver entre nanarophiles confits dans la Poire Williams.

PS : j'ai oublié : vers le début, y a une séquence dans un hôpital psychiatrique, dont on ne comprend pas bien ce qu'elle vient foutre là, avant de se rappeler que Debra était internée et que c'est donc la scène où elle s'évade. Là, on voit une infirmière se pendre et un infirmier s'arracher sauvagement les tripes de porc qu'il avait cachées sous sa blouse. Oui, c'est gore. Non, on n'y croit pas.  Michel Pagel

BODY PARTS -  Eric Red avec Jeff Fahey, Kim Delaney, Lindsay Duncan, 1991, États Unis, 88m

Si un titre colle parfaitement à son contenu, c'est bien à cette petite série B sympatoche qu'il faut rendre hommage. Et même si le sujet à été maintes fois traité au cinéma, cette histoire se laisse siroter sans déplaisir:

Blessé dans un accident de voiture, le docteur Bill Chrushank, psychologue spécialisé dans les affaires criminelles, se voit greffer un nouveau bras par le docteur Alice Webb. Si l'opération est une réussite sur le plan chirurgical, Bill est depuis victime de terrifiantes hallucinations et sujet à d'inquiétants et inhabituels accès de violence. En enquêtant sur la cause de ces fâcheux effets secondaires, il découvre bientôt que son bras appartenait à tueur en série, Charlie Fletcher, que le Dr. Webb a sauvé de la chaise électrique... à des fins scientifiques ! Pis encore, d'autres accidentés ont bénéficié des autres membres de ce psychopathe !

le hic ? Le tueur cherche à se reconstituer, en rassemblant les propres "pièces" de son corps tel un puzzle... (amusant non ?)

Il va donc y avoir du membre arraché dans l'air !!...

On retrouvera ici sans aucune surprise tous les poncifs du genre, mais l'action soutenue, des effets sagement gore et une pirouette scénaristique amusante permettra à l'heureux bis-ovore de passer un moment sympa. Marc Evil

BODY SNATCHERS - Abel Ferrara, 1993, États Unis

Il faut d'abord avouer que le concept était intéressant: un réalisateur de thrillers ultra-violents qui décide de faire le remake d'un des plus grands films de science-fiction. Tout excité, je mets la vidéocassette et je suis sûr d'être en de bonne main quand les noms de Stuart Gordon et de Brian Yuzna apparaissent.

Grosse déception, Body Snatchers est un film de science-fiction très ordinaire, il est en fait très semblable à la série The Outer Limits, c'est moyen, pas mauvais, mais pas bon non plus. Le film n'a pas non plus le style de Ferrara, je crois bien qu'il a fait ce film dans le but de se payer un peu de cocaïne.

En terminant, j'aimerais remettre un prix spécial à Meg Tilly, ridicule lorsqu'elle se met à crier pour avertir les autres aliens de la présence d'humains, c'est pitoyable.

C'est meilleur que The Faculty, mais vous faites mieux de passer à côté. Oncle Freak

BONES - Ernest Dickerson, 2001, États Unis

Dans une banlieue insalubre d'une ville américaine se dresse un bâtiment vétuste à l'allure sinistre. Une bande de jeunes décide de reprendre cette demeure à l'abandon depuis plus de 20 ans pour y ouvrir une boîte de nuit. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que la baraque était celle de Jimmy Bones (Snoop Dogg), seigneur incontesté et généreux du quartier dans les années 1970 et crapuleusement assassiné chez lui par ses plus proches amis qui tentaient de lui faire écouler du crack dans les rues. Depuis, l'esprit de Jimmy Bones hante les lieux et malgré les recommandations de la voyante du quartier - et ex de Bones (Pam Grier) - les tenanciers de la boîte de nuit vont en subir les conséquences.

Ernest Dickerson aime le fantastique (DEMON KNIGHT) et les histoires à caractère social (c'est un pote à Spike Lee). Bien entendu, BONES ne se regarde pas pour son discours anti-drogue ou pour ses messages prônant la mixité raciale, ni même pour la présence de Snoop Dogg évidemment, mais bien pour son côté fantastique, comme la bonne série B qu'il est. Une série B tout de même joliment friquée, tournée en cinémascope dans des décors prometteurs, et qui commence sur les chapeaux de roue. Le film joue au ping pong entre l'histoire des jeunes ouvrant leur night-club en 2001 et les flash-back contant la fin Jimmy Bones en 1979. La recette fonctionne et la suite s'avère prometteuse. Malheureusement, quand survient le moment fatidique, Jimmy Bones ressuscite, entame une vendetta légitime et le film commence à se mordre la queue. Dommage, car Dickerson a du potentiel, comme il l'a démontré dans DEMON KNIGHT en 1995. Mais il n'évite malheureusement pas à éviter les clichés dans sa deuxième partie et termine son film de manière commune. Cependant, on peut se délecter des quelques effets spéciaux traditionnels du film - mais s'ils ne sont pas toujours réussis, notamment la résurrection de Jimmy Bones et quelques effets de maquillages grand-guignolesques qui rappellent même les orgies de latex surréalistes de films comme FREDDY V. Snoop Dogg ne s'en tire pas trop mal, Pam Grier est toujours aussi cool et passe ici de la coupe afro 70's à un look de voyante illuminée portant des dread locks bien crados, et quelques seconds rôles s'avèrent bien sympathiques comme le personnage d'Eddie Mack, sorte de macro moderne amateur de billard. BONES et ses relents de blaxploitation n'est donc pas un film indispensable, mais n'est pas désagréable à regarder. Kerozene

BOOGEYMEN The Killer Compilation, 2001, États Unis 

Il y a longtemps que j'attendais de trouver à prix raisonnable cette compilation des meilleurs moments de nos chers croquemitaines et finalement, ça vaut le détour, à prix raisonnable ! On a droit aux meilleurs moments de 17 tueurs, monstres ou démons, tel Freddy, Pinhead, Chucky, Candyman, Whishmaster, Jason ou Michael Myers. En prime des fiches signalétiques et surtout les bandes annonces des 17 films. Également une piste de commentaires de Robert Englund. Aussi, un jeu de 100 photos pour tester nos connaissances: nommez ce film ! Il y avait peu d'inconnus pour moi, sauf Simon du film the Ugly, qui a l'air intéressant. Idéal pour revoir les bandes annonces ou plonger dans l'atmosphère d'Halloween. Mario Giguère

BOOBY TRAP aka WIRED TO KILL - Francis Schaeffer, 1986, États Unis

Dans le futur - enfin, par rapport à 1986, une saloperie de maladie fait des ravages au sein de la population mondiale, le T.A.P.E.X., obligeant les autorités à créer des zones de quarantaine. En 1998, la maladie a été éradiquée, mais les zones de quarantaines existent toujours et abritent désormais les pires rebus de la société. Un des gangs part justement en vadrouille foutre la merde dans un quartier résidentiel, juste pour le fun, drogués par tous les orifices.

Steve est un jeune gars brillant, petit génie de l'électronique et musicien talentueux qui vit avec sa mère et sa grand-mère (ahum, oui, c'est pas moi qui le dit, hein), et il abrite Rebecca, une copine qui s'est fait chasser de chez elle par son père qui s'est trouvé une nouvelle pouf. Mais pas de bol, le gang débarque chez Steve, casse la gueule à la mère et casse les jambes de Steve. Mais Steve va se venger: sa grand-mère sera ensuite tuée, sa mère envoyée à l'hôpital, s'en est trop. Immobilisé dans une chaise roulante, il décide de mettre un terme aux agissements du gang avec l'aide de Rebecca, mais aussi de son robot Winston qu'il commande depuis chez lui grâce à un gant, véritable révolution technologique. La guerre est déclarée, le petit génie et ses gadgets contre les gros loubards défoncés.

Hum, voila qui n'est pas bien terrible, faux sous MAD MAX, on apprend pourtant qu'il y a eu une guerre, mais le décor de désolation n'existe que dans les zones de quarantaines. Mais le gang est bien présent et ses membres sont bien crétins. Le coup du petit génie de l'électronique gonfle, comme d'habitude - je sais pas pour vous mais moi ça me saoule - et les dialogues sont par moment d'une hallucinante connerie ! Est-ce du au doublage français ? Possible. Pas grand chose à garder dans ce bourbier en ce qui me concerne. Kerozene

the BOSTON STRANGLER - Richard Fleischer, 1968, États Unis

Inspiré d'une histoire vraie et un autre film que ca faisait un bail que je n'avais pas vu. Je ne sais pas comment la plupart part des gens le trouvent, ce film, mais moi j'aime bien. Le fait que le tueur soit carrément cinglé, les jeux de camera, Henry Fonda & George Kennedy dans le rôle d’enquêteur calme et reposé :ils sont excellents, ainsi que le dépravé qui est en admiration avec les sacs à main. L'intrigue nous tient en haleine. Après une bonne heure, quand on voit Curtis arriver, plombier et père de famille moderne, je ne sais pas pourquoi, mais on se doute toute suite que c'est lui le meurtrier, parce qu'il apparaît comme un cheveu sur la soupe. Un petit film qui m'a fait du bien de revoir. Rana

BRAIN DAMAGE aka ELMER LE REMUE MENINGES - Frank Henenlotter, 1987, États Unis  

Elmer (ou Aylmer en version originale) est une créature millénaire au physique d'étron tortilleur qui traversa les siècles tout en manipulant les humains grâce à sa merveilleuse faculté de pouvoir leur injecter une drogue hallucinogène directement dans le cerveau. Outre son statu de producteur de puissant psychotrope, le bestiaux est doué de la parole et s'avère même être un fin philosophe au cynisme appuyé quant à la nature de l'Homme. Mais Elmer a un gros défaut : il ne se nourrit qu'exclusivement de cervelle, et de cervelle humaine de préférence. Las de vivre au fond d'une baignoire, notre parasite quitte ses fournisseurs de bidoche et s'immisce dans la vie de Brian, un innocent choisi plus ou moins au hasard et à qui Elmer va faire découvrir les joies des paradis artificiels. Dès lors, Brian adopte le comportement d'un camé de base. Il devient asocial, délaisse ses proches, ne pense qu'à se défoncer la tête et tout ça sans vraiment se rendre compte qu'en échange il alimente son dealer en cerveaux tout frais, ce qui donne lieu à quelques moments d'anthologie dont une mémorable turlute sanglante dans l'arrière salle d'une boîte craignos.

Comment parler sérieusement des méfaits de la drogue tout en faisant un film drôle, irrévérencieux et gore ? Frank Henenlotter a trouvé l'équilibre parfait et parvient sans peine à décrire la descente au fond du trou d'un quidam quelconque (à grand renfort de scènes psychédéliques), les problèmes relationnels qui en découlent (la copine de Brian qui se rabat peu à peu vers son frère), la tentative de sevrage éprouvante (autrement plus marquante que celle de TRAINSPOTTING) jusqu'à la chute finale forcément tragique. On retrouve avec une certaine délectation ce qui faisait le charme de BASKET CASE (voir au passage le clin d'œil au premier film d'Henenlotter dans ELMER), à savoir une esthétique très " 42nd street " : une image au grain appuyé, des rues new-yorkaises période pré-Giuliani (à savoir insalubres et inquiétantes), des effets-spéciaux cheap mais efficaces, un cadrage simple et froid... Seule ombre au tableau, la musique qui schlingue le clavier bontempi, témoignage d'une époque à laquelle on est forcément attaché mais qui s'avère toujours aussi difficile à accepter. Kerozene

BRAIN DEAD - Adam Simon, 1990, États Unis

"Lobotomie" en français, ce film n'est pas celui de Peter Jackson, mais il est néanmoins très intéressant à regarder.  Mettant en vedette Bill Paxton (qui a joué le père ridicule dans Casper), il met en scène un chirurgien du cerveau opérant un dangereux psychopathe afin de l'adoucir. Bien que le film n'ait pas de structure propre et que le déroulement ne soit qu'une suite de délires plus ou moins cohérents, il passionne tout de même et c'est avec angoisse que l'on attend chaque revirement de situation. Et quand la psychose se met en branle, on ne peut que suivre tout ça en se demandant s'il vaut mieux rire ou s'inquiéter... Orloff

Le film plonge dans un délire des plus déroutant. Le spectateur rentre carrément dans la paranoïa du personnage et se laisse transporter dans les méandres d'un esprit dérangé. Quelque part, THE CELL n'a rien inventé.Le film est plutôt bien foutu, c'est un véritable plaisir que de se laisser entraîner et surprendre, certaines images chocs sont fort plaisante et le tout bénéficie d'un humour sympathique. Il y a aussi George Kennedy qui amène sa bedaine. Seul bémol, la bande son qui est vraiment à chier. Kerozene

BRAINSCAN - John Flynn, 1994, États Unis

Un ado se met à jouer à un jeu vidéo virtuel et fait la rencontre d'un mélange de Freddy et du Tall Man. Ensuite, ça va mal à coche parce que le flo a fait un meurtre en jouant et la police est après lui.

Tabarnak, ça se peut-tu un film plate de même, y'a tellement de trous dans le scénario, c'est hallucinant, y'avait des bouts où je comprenais rien.

Pis en plus, le film finit avec une joke plate, à éviter. Oncle Freak

The BRAIN THAT WOULDN'T DIE - Joseph Green avec Jason Evers, Virginia Leith, Leslie Daniels, Adele Lamont, Eddie Carmel, 1959, États Unis, 92m

Hummmm, le bon classique de série B dans la série " Le savant fou a perdu sa blonde mais a conservé sa tête, il ne reste qu'à lui trouver un corps ". On pense à Re-Animator et Frankenhooker, mais l'atmosphère est sérieuse et assez bonne, même si la réalisation est inégale. Virginia Leigh, qui joue la tête, est très bonne et la créature qui sort de l'entrepôt est réussie. La fin est assez abrupte, point faible d'un bon film comme il ne s'en fait plus, non monsieur ! Mario Giguère

Ah, celui-là, c'est un morceau de choix, se retrouvant sur toutes les listes possibles de Worst Movies of All Time. Et il y a de quoi : un médecin (donnant plus l'impression d'un chanteur de cabaret) qui perd sa fiancée dans un accident d'auto filmé de main de maître (et tout cela est de sa faute, maudit malade), réussit à conserver en vie la tête de l'infortunée dans un plat métallique, en espérant lui trouver un corps approprié pour exécuter une transplantation et ainsi tester un nouveau sérum de son cru. Il se met à chercher le parfait body chez des prostituées, des strip-teaseuses, des modèles, etc. Pendant ce temps, la tête se fait complice avec un espèce de mutant hideux (conséquence d'une expérience ratée) enfermé dans un placard à balais pour mettre fin à ce plan considéré inhumain. Et il n'y a aucune enquête policière (pénurie d'acteurs?)!

C'est à peu près ça l'histoire et c'est assez pour mettre l'eau à la bouche. La pauvre tête (quoique portant toujours du maquillage sur les paupières!) porte un casque de bain blanc (style cagoule de fétichiste) et communique verbalement avec le monstre captif. Ce dernier est d'une laideur réussie et il a bénéficie d'une scène préparant aux " gore movies " à venir, quand on le voit arrachant un bras à l'assistant du médecin, qui va beurrer les murs de liquide rouge en agonisant. C'est une des premières scènes de films d'horreur modernes où on voit tant de sang gicler. Et tout cela filmé avant BLOOD FEAST, le grand-père grand-guignolesque officiel! Dire que ce film n'a pas d'allure et est complètement illogique est lui payer un beau compliment. L'absurdité de tout ceci est follement divertissante et on sait très bien que le " héros " n'agit pas par amour, mais par désir de briser les Barrières de la Science. (Et il le veut, son maudit body féminin parfait, non?) C'est de le voir aller au club de danseuses Moulin Rouge, à peu près grand comme mon salon, avec deux ou trois tables chancelantes. Pas de danses-contact là, mais les filles semblent apprécier la clientèle au point de l'inviter dans la loge assez rapidement... pour conclure en " cat-fight " vigoureux!

Au palmarès des films à petit budget inoubliables des années '50, THE BRAIN THAT WOULDN'T DIE tient une place distinguée en haut de la liste. Tous les éléments sont en place pour une production d'horreur/sci-fi digne de ce nom : un savant détraqué, un gros monstre laid, un assistant de labo infirme, des expériences interdites, des belles filles en potentielles victimes (dont une qui semble un hommage à Bettie Page), une volonté vengeresse du personnage féminin principal, une finale tonitruante... ou presque. Malgré toutes les nombreuses invraisemblances, le film réussit à divertir grâce à son sujet à tendances perverses, mal joué mais possédant quand même une curieuse conviction tordue de la part des comédiens. Et que dire du concours de beauté qui nous promet cinq finalistes pour ne nous en montrer que quatre? Comment passer sous silence la technique manuelle du premier médecin qu'on observe en opération? Et ce cerveau exposé, sans aucune goutte de sang? J'adore!

Joué par Eddie Carmel, un géant de 7'6", le monstre (que plusieurs ont baptisé du charmant nom de Zippy sans qu'il soit mentionné ainsi pendant le film) demeure une figure impressionnante malgré tout. Chaque amateur de films d'horreur l'a prit en affection à un moment ou l'autre, même malgré la succulente scène du bras arraché. Et quelle tête! Ce film a été tourné en 1959, mais semble n'avoir pu bénéficier d'une sortie qu'en 1962. Jamais trop tard pour bien faire. Fortement recommandé parce qu'on s'y amuse ferme, malgré quelques passages muets longuets. Par contre, qu'arrive-t-il par la suite à la pauvre Doris, quand elle se réveillera dans les bras de ce mutant cannibale? J'exige une suite ou une version moderne! Blundering Man

Le BRAS DE LA VENGEANCE aka MR. INSIDE & MR. OUTSIDE  - Axel March, Téléfilm, 1974, États-Unis

Tony (Tony Lo Bianco) et Hal (Hal Linden), deux flics New Yorkais, reçoivent un appel d'un ex-collègue : un cambriolage serait en cours dans une représentation diplomatique. Ils se rendent sur les lieux, où une fusillade éclate. Blessé gravement à un bras, Tony doit être amputé. De retour au bureau, il apprend qu'il est suspendu par le FBI. Soupçonnant une machination, il se lance seul à la poursuite de la vérité et de son agresseur...

Tourné en grande partie dans les rues de New York, ce téléfilm a été produit par Philip d'Antoni, notamment à l'origine de réussites comme BULLITT, FRENCH CONNECTION ou THE SEVEN UPS. Grâce notamment à Tony Lo Bianco, un peu cabot mais excellent comme toujours, on retrouve un peu du charme des films précités ; un peu seulement, car les moyens sont ceux d'un simple téléfilm. L'inédite situation de départ (un homme seul, amputé qui plus est, contre les bandits et la police) ne donne donc pas lieu aux morceaux de bravoure escomptés. Le réalisateur insiste davantage sur les rapports entre les deux personnages principaux. Hal Linden présente d'ailleurs une ressemblance frappante avec Joe Spinnell, qui campera un MANIAC inoubliable sous la direction de William Lustig. Au bilan, c'est assez moyen, mais les fans de Tony Lo Bianco (dont je fais partie) peuvent se laisser tenter... Stelvio

The BREED - Michael Obvlowitz, 2001, États Unis

C'est dans un futur rapproché (qui ressemble étrangement aux années 2000 que l'on nous présentait dans les sci-fi des 70s - c'est-à-dire avec du vieux stock, ici créant un effet stylistique recherché), que nous plonge le réalisateur - au sens de véritable créateur artistique réfléchi - de ce petit bijou en toc. Un comédien noir surjoue un policier bad ass dont le partner et bon copain est assassiné par un criminel qui se révèle être un espèce de vampire (de là le titre francisé : Les nouveaux vampires). Jusque là, assez cliché vous me direz, mais attendez : le policier noir, afin de mener l'enquête, se voit coller un autre partner dont il ne veut rien savoir... et pourquoi? Parce qu'il est lui-même de cette race de nouveaux vampires!! Vous en voulez plus? Eh bien sachez qu'ils finiront par s'entendre et même par être de bons potes!! Tous ces rebondissements cachent une morale humaniste primordiale : nous pouvons tous nous entendre, aimons-nous les uns les autres, etc. Pour éviter tout sous-entendu homosexuel on fait bien comprendre que l'amour entre humain-vampire-black-blanc-chinois est possible et même souhaitable en introduisant (afin de remplacer le partner-vampire dans l'acte) une magnifique chinoise-vampire pour baiser le policier-noir-non-vampire. Aimons-nous donc les uns les autres dans les limites de l'hétérosexualité et des démonstrations machistes d'affection. À noter que ponctuer chaque scène d'un fondu au noir ne donne pas nécessairement du rythme au film. Attention : c'est le chauve leader de la populace de vampires pacifiques qui est l'assassin du partner. Et attention : on reconnaît une oeuvre artistique profonde aux citations que font les intercoms dans les postes de polices.

Commentaire du commis : "Je l'ai pas vu". Memorial BBQ

BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA aka Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia - Sam Peckinpah avec Warren Oates, Isela Vega, Emilio Fernandez, Gig Young, Robert Webber, Helmut Dantine, Kris Kristofferson, 1974, États Unis/Mexique, 112m

Un riche propriétaire terrien du Mexique apprend qu'un dénommé Alfredo Garcia a mis enceinte sa fille Teresa et il est prêt à donner un million de dollars à qui lui rapportera sa tête. Tous les chasseurs de primes et gangsters se mettent en chasse. Ayant eu vent de l'affaire par deux bandits américains qui ont montré la photo de Garcia un peu partout, un minable pianiste de bar, Bennie, se montre intéressé à les aider pour 10 000 dollars. Sachant par sa fiancée Elita qu'Alfredo Garcia est déjà mort et enterré, Bennie part avec elle récupérer sa tête dans la tombe du cimetière où il repose. Tous les deux croient que ce sera une promenade d'agrément et que la récompense leur permettra de sortir un peu de la misère pour leur mariage mais il n'en est rien. À peine Bennie a-t-il déterré la tombe et ouvert le cercueil qu'il est assommé et lorsqu'il se réveille, la tête d'Alfredo Garcia a disparu et Elita est morte. Fou de rage, Bennie retrouve ses agresseurs qu'il tue sans pitié et récupère la tête. Il élimine ensuite les gangsters qui l'ont engagé et qui voulaient le descendre au lieu de le payer puis se rend directement au domaine du ranchero pour lui remettre la tête de Garcia. Mais au lieu de prendre l'argent, il abat le riche Mexicain et quelques gardes en souvenir d'Elita et tente une sortie désespérée du domaine où la mort semble être la seule issue.

Après avoir souffert de l'establishment hollywoodien qui avait coupé des scènes dans son dernier film "PAT GARRETT & BILLY THE KID", Sam Peckinpah est parti se ressourcer au Mexique pour son film suivant. Le pessimisme et la désillusion alimentent cette oeuvre peu banale qui raconte l'histoire d'un minable perdant digne des bouquins de Faulkner ou de Hemingway. Peckinpah profite de l'occasion pour nous livrer une réflexion personnelle sur la condition humaine où la violence paroxystique est omniprésente et où la destinée de son héros est bien sûr inévitable. Malgré le cadre contemporain et le réalisme de la campagne mexicaine, Peckinpah a su donner une dimension baroque, voire surréaliste à cette descente aux enfers où les instincts se déchaînent furieusement (ex. Bennie qui parle tout seul à la tête coupée), même si le prétexte de base de l'intrigue apparait plutôt mince. Le spectateur se retrouve donc à la fois devant le dégoût que la violence sauvage procure en même temps qu'un sentiment profond de plaisir instinctif contradictoire envers cette même violence. On a fortement l'impression qu'une démence progressive habite le film au fur et à mesure de l'évolution du récit (il paraîtrait même que Peckinpah et Oates ont consommé pas mal de drogues comme la mescaline pendant le tournage). Sur le plan technique, on retrouve à nouveau les ralentis et les effets de montage qui font la signature de Peckinpah lors des scènes d'action et une remarquable utilisation d'extérieurs mexicains peu connus du public. La musique de Jerry Fielding est excellente et les interprètes sont diablement convaincants, en particulier Warren Oates dans le rôle de Bennie. Un chef-d'oeuvre qui ne laissera personne indifférent et qui gagne d'ailleurs de plus en plus d'admirateurs année après année malgré l'échec commercial que le film a connu lors de sa sortie. Mathieu Lemée

The BROWN BUNNY - Vincent Gallo, 2003, États Unis/Japon/France

Plus d'un an après sa controverse sortie cannoise, j'ai finalement pu visionner le dernier film de Gallo dans un des cinémas New Yorkais qui a daigne le présenter. Brown Bunny mieux connu sous le nom de "tsé le film ou le gars se fait sucer pour de vrai" est un film qui n'a en fait rien de très choquant. Malgré une scène de sexualité très explicite, Brown Bunny est un film touchant n'ayant rien de l'objet terrifiant décrit par les critiques qui semblent avoir voulu montrer au réalisateur qu'il faut être plus poli avec eux. Sans crier O génie, je crois que Gallo réussit habilement a mettre en scène les aléas d'une peine d'amour dans une lenteur et une sobriété apaisante et toute personnelle qui vient rompre avec la tradition moderne ou l'on essaye de tout verbaliser.

L'histoire est simple. Bud, un coureur a moto parcourt les Etats-Unis. Malgré quelques rencontres avec des filles, le souvenir de Daisy, son amour perdu, ne semble pas pouvoir s'effacer de sa mémoire. Le souvenir de la belle refait surface quelques fois dans le film jusqu'a se confondre avec la réalité dans une scène désormais célèbre. Bud est un homme a fleur de peau dont la tristesse et le malaise se reflètent partout dans le film. Images floues, teintes terreuses, filles aux noms de fleur, Gallo a une façon unique de filmer et de mettre en scène cette Amérique modeste ou poussent les bungalows et ou les gens ferment leur gueule quand ils n'ont rien a dire.

Loin de l'Amérique psycho-pop ou on a toujours un ami pour écouter nos problèmes, Bud vit sa peine en solitaire au volant de sa camionnette. Cette liaison avec Daisy est tellement peu montrée qu'on doute un peu de son existence. Chose certaine, cette fille lui a brise le coeur et aucune ne peut la remplacer. Daisy aurait été une copine d'enfance de Bud, mais les parents de la demoiselle n'en ont aucun souvenir. La scène de la fellation apparaît comme la façon ultime de se débarrasser de ce fantôme et de reprendre le contrôle sur cette situation dont il se croit la victime. Pur produit de son imagination, cette scène est paradoxalement on ne peut plus explicite. Et c'est malheureusement celle qui restera la carte de visite de ce film qui propose bien autre chose que de choquer. Quoique Roger Ebert en pense. Mongola Batteries

BUBBA HO-TEP - Don Coscarelli, 2002, États Unis 

Dans un hospice minable, un imitateur d'Elvis Presley nostalgique se prend pour le roi du rock, malgré sa blessure à la hanche qui l'oblige à utiliser une marchette. Il est bien nostalgique, s'ennuie de Priscilla, de sa fille et redoute l'infirmière qui vient chaque jour lui mettre la pommade sur son marteau-piqueur de l'amour qui a une boursoufle cancérigène. Lui et un noir qui se prétend le président Kennedy vont percevoir les signes révélateurs de visites nocturnes pas catholiques dans leur sanctuaire. Ils devront affronter une momie, le président dans sa chaise roulante, Elvis avec sa marchette et son Karaté !

Qui l'eut cru, sur une nouvelle de Joe R. Lansdale, Coscarelli nous monte un film qui prend bien son temps pour nous acclimater à ses vedettes et l'histoire folle qui a mené Elvis à l'hospice. Économie de moyens et d'acteurs, donc, mais un scénario béton qui mélange nostalgie et mythes pharaoniques avec un plaisir communicatif. Bruce Campbell est formidable dans le rôle du chanteur vedette, y allant de ses réflexions en voix off, savoureuses, tout comme Ossie Davis et son improbable président qui lance "Let's get decadent" au moment d'offrir des friandises interdites dans l'établissement. La momie est bien personnifiée, lente comme un Boris Karloff mais au look superbe. Une vraie belle surprise dont on annonce la suite, à voir ! Mario Giguère

Je suis passé au moins 20 fois devant la pochette en me disant "faut absolument que je vois ce film". Finalement, vous vous en doutez, je l'ai regardé. D'abord, il faut savoir une ou deux choses à propose de ce film. Comme beaucoup de films à petit budget (1M$ dans le cas de Bubba Ho Tep), le distributeur tente de nous vendre quelque chose que le film n'est pas vraiment; le côté Elvis VS Mummy du film. Bien entendu y'a de ça, mais ça fait en sorte que plusieurs personnes pensent que c'est un film d'action/horreur/comédie (surtout quand on a vu la bande annonce) alors que ce film est définitivement un film d'auteur, vraiment bien écrit, extrêmement bien interprété avec un cynisme très subtil.

En gros, on est dans un foyer de vieux au Texas. Dans ce foyer, y'a un gars, du nom de Sebastien Haff, ex imitateur d'Elvis qui prétend être Elvis qui a changé d'identité avec Haff (et en fait est plutôt convaincant à ce sujet) et un noir (Jack) qui prétend être JFK qui a été changé de couleur pour être dissimulé. Ces deux énergumènes vont se rendre compte qu'une momie vient la nuit voler les âmes des personnes du foyer pendant leur sommeil. Ils feront leur petite enquête et vous imaginez le reste...

Ce film nous fait voir sous un autre jour les personnes vieilles, malades et seules. On entre vraiment dans l'univers d'Elvis/Haff au point de croire totalement à son histoire et à vraiment aimer le bonhomme (joué avec brio par Bruce Campbell). On ne peux qu'apprécier Jack, le noir qui se prend pour JFK tant il est sincère. Bref, ils nous emmènent, par leur propre délire, dans un univers qui est le leur et ça fonctionne vraiment bien.

Ce film est lent et pourtant très efficace, c'est définitivement un drame avec un zeste de comédie. Bref, si vous voulez un film d'horreur / action / comédie, vous feriez mieux d'aller voir autre chose, c'est pas le film que vous cherchez. Fictio

BUFFY, THE VAMPIRE SLAYER - Fran Rubel Kuzui avec Kristy Swanson, Paul Reubens, Rutger Hauer, 1992, États Unis, 86m

Une adolescente très superficielle apprend à sa grande surprise qu'elle est l'élue qui doit combattre les vampires qui envahissent les environs de son collège.

Joss Whedon, scénariste, a été très frustré de voir son scénario galvaudé et a réussit, cinq ans plus tard, à repartir le concept dans la télésérie du même nom qui a connu un succès fort remarqué. Personnellement le film ne m'attirait pas plus qu'il ne le faut, le mélange horreur/humour étant à prime abord très éloigné de mes goûts, et le film traînant une réputation peu enviable. Effectivement, à part quelques moments réussis, l'ensemble du film a de la difficulté à trouver le ton. Pour exemple la mort très prolongée d'un cabotinage extrême de Paul Rubens. Il est tout de même surprenant de voir une telle brochette d'acteurs: Donald Sutherland en mentor, Rutger Hauer en maître vampire, Luke Perry en nouveau copain, Hilary Swank en cruche de premier ordre ou David Arquette qui fait son suceur de sang hystérique. Pas de franche réussite, un humour lourdingue, mais quelques bonnes séquences qui laissent justement deviner que le concept n'est pas en soit mauvais. Le comble: on a traduit Buffy par Bichette ! Sapristi.

C'était le deuxième et dernier film du réalisateur qui par la suite est devenu producteur exécutif sur près de 250 épisodes des séries BUFFY et ANGEL. Mario Giguère

BURNING DEAD - George Demick avec Vincent Ashby, Brian Canada, 2005, États Unis, 84m

Un jeune homme revient dans sa ville natale, Maxwell, rebaptisée MaxHell par un graffiti. Il est parti après le grand incendie qui a détruit presque tout le village et aussi sa famille. Il habite pour quelque temps chez son cousin, mais est rapidement en proie à des visions cauchemardesque de revenants brûlés qui lui en veulent. Il finira par se rappeler qu'il est responsable de ce feu, dans des circonstances tragiques ayant rapport à un sorcier dont il était devenu apprenti. Il découvre aussi que les apparitions ne sont pas que des visions, avec des résultats dramatiques.

Petit budget indépendant, mais un long métrage ambitieux dans sa forme et par son scénario. En effet, si la base du scénario rappelle SURVIVOR, un film de David Hemmings basé sur un roman de James Herbert, la dernière partie sombre dans la sorcellerie et on imagine que sur ce canevas, bien des cinéastes italiens avec des moyens plus conséquents auraient tiré un film plus spectaculaire. Au demeurant, le projet est plus ambitieux que ses moyens ne le lui permettent et le film repose sur les épaules de l'acteur principal, qui doit nous communiquer son désarroi et son apparente folie dans de nombreux dialogues. Son amour d'enfance a un accent de Nashville qui dérange un peu, mais au final, je n'ai pu que garder une bonne impression de BURNING DEAD, du genre à surveiller si le réalisateur poursuit dans la même veine. Mario Giguère

The BUTCHER aka the Harvest - Edward Gorsuch, 2006, États Unis, 84m

Amateur d'originalité, passez votre chemin. S'inspirant directement et sans vergogne des WRONG TURN ou encore du surprenant MONSTER MAN de Michael Davis, ce BUTCHER plutôt fadasse, respecte cependant scrupuleusement le quota d'un meurtre toutes les dix minutes, pour notre plus grande joie!
Quelques minutes après le début du film, 6 étudiants se retrouvent coincés en pleine nature, après un accident "provoqué" ! Surgit de nulle part, un camion fonce alors vers eux, son conducteur au visage horriblement croûté (genre je me suis endormie sur ma pizza..) ne semblant pas vouloir du tout leur venir en aide. Un décès plus tard, nos jeunes gens parviennent dans une ferme voisine, afin d'y trouver de l'aide, celle de la famille Mayhew, dont le fils justement vient de rentrer avec son camion ! Bientôt tous pris au piège, ils seront les victimes des propriétaires des lieux tous aussi dégénérés que bien organisés, qui se sont également fait une spécialité dans le massacre du neuneu de passage !
Si la fréquence des massacres empêche l'assoupissement, c'est plutôt la débilité des situations et des personnages (volontaire?) qui maintiendra l'amateur complètement éveillé ! Voir Mark, le macho de base du groupe ne s'exprimant que par des " Oh Shit " - " Oh Fuck " sans discontinuer, se plaindre de l'état de son 4x4 après l'accident qui à quand même coûté la moitié du corps à l'une de ses amies, ne pourra qu'arracher quelques sourires!

Alors même si ce Pizzaface reste bien au deçà de ses homologues au niveau du goromètre, il parviendra à nous distraire sans problème pour une soirée entre potes... Comme dirait l'autre: Slasher à rien, mais on s'ennuie pas trop ! Marc Evil

BUTTERFLY EFFECT aka L'Effet Papillon - Eric Bress, 2004, États Unis  

Un jeune homme (Ashton Kutcher) court se réfugier sous la table de son docteur dans un hôpital psychiatrique pour rédiger un écrit qui pourrait le sauver. Possédant un certain pouvoir grâce à ses notes pour changer son passé il tentera en premier lieu...

Non, ça marche pas, quelle connerie ce film finalement. 

Ok, calmos dead, ... tentera de sauver sa douce copine (Amy Smart) carrément oubliée et surtout son pitou juste avant de terminer ses études universitaires.

Jubilation de montage avec ambiance d'horreur paranormal saccadée dont les effets "motificateurs-flash-backés" de quelques secondes intéressantes sont malheureusement suivies de séquences souvent trop exagérées tel ce pouvoir lié aux journaux intimes permettant à son auteur de resurgir au moment de ses crises d'épilepsie antérieures. Suite à une enfance difficile auprès d'un père pédophile-encore! ?-(Eric Stoltz, heureux de revoir cette binette) la copine de l'acteur principal aura exemple 4-5 jeux d'acteurs. Désolé, ça devient lassant malgré certains moments possédant quelques images à textures gores.

A la mémoire d'Amanda Moses(?) 

Avec du Vancouver et une co-direction ainsi qu'au texte de J. Mackye Gruber (Final destination 2)... alors pourquoi "le premier long métrage d'Eric Bress" de la pub?

A surveiller tout de même ce Eric Bress, on sait jamais. ("Cellular", nooo!) Deadmonton

BULLY - LARRY CLARK, 2001, États Unis, 111m

Un groupe de jeunes ados, qui n’ont rien à faire dans la vie et qui ne font que boire, se droguer et baiser. En vienne, un jour à décider de supprimer l’un de leur ami parce qu’il abuse d’eux (violence verbale, violence physique, viol, etc.)

Tiré d’une histoire vrai. BULLY est très fort. Que ceux qui avaient aimé le très troublant KIDS, se jette sur ce film-là. Alors, que KIDS traitait de problème du sida avec panache (et avec un certain voyeurisme). BULLY, expose tant qu’a lui, le problème d’une jeune génération d’ados désabusés qui trouve le réconfort de leur mal de vivre dans la drogue, le sexe, etc.

Selon IMDB, le film serait classé R, mais selon ce que j’ai su. C’est bel et bien un NC-17. Par ailleurs, ce qu’on peut reprocher autant qu’a KIDS qu’a BULLY, c’est un certain voyeurisme assez complaisant. Non, ne sommes pas très loin d’un film d’adoexploitation. Mais encore là, LARRY CLARK, ne fait que montrer que ce que l’on voit dans les publicités où les adolescentes sont érotisées et exploitées le plus possible afin de gonfler les poches des compagnies. En tout cas, dites-vous que BULLY va BEAUCOUP PLUS LOIN que KIDS faisait. Autant sur le mode de l’érotisme ou sur celui du gore. Le film est décidément excellent, il est divertissant et amène un véritable débat sur la destiné d'une génération désabusée. Un excellent film. Au moins, je ne m'y suis pas endormi comme sur GUMMO ! Black Knight

Larry Clarke semble jammé sur le dos de cette jeunesse qui se voit habitée d'un "JE M'EN FOUTISME PROFOND" ainsi que d'un manque de respect envers soit et envers les autres. Ici on a droit a une gang de jeunes caves qui, avec négligence et instinct animal, baisent à gauche et a droite pour ensuite décider tout d'un coup sans avertissement de liquider un des leurs avec une innocence ridicule venant jusqu'a ternir l'appréciation finale du BARON. Ils planifient un meurtre sans vraiment se préparer (alibis, techniques, etc. ...) et s'amusent à raconter à tout vent leur but de liquider un être humain sans même se soucier de l'impossibilité de compléter un plan sordide de la sorte sans finir sa vie en taule !!

J'irais m'acheter un sofa que j'en parlerais pas autant à tout le monde !!

Pour agrémenter l'oeil masculin y a Bijou Phillips et Kelli Garner (derrière sa dentition étrange se cache une salope fort efficace)  qui font bien dans le genre et y'a Rachel Miner qui se cherche pratiquement des excuses pour se foutre à poil dans le maximum de scènes possibles. Quand même surprenant de voir la caméra se faufiler GRATUITEMENT et ce a maintes occasions sur l'intéressant corps des fillettes et ce même HABILLÉE !

J'en ressort avec des MIXED FEELINGS passant de très bon a poche... donc pas un très bon film mais c'est int&eacu