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I BURY THE LIVING - Albert Band avec Richard Boone, Theodore Bikel, Peggy Maurer, 1958, États Unis

"A creature to freeze your blood! A story to chill your soul!"

Le directeur d'un cimetière croît qu'il peut assassiner les gens simplement en piquant une punaise noire dans une carte géographique représentant les lots vendus du cimetière.

Sans être un grand chef-d'oeuvre, ce film se laisse très bien regarder et ne sombre jamais dans l'ennui. L'atmosphère et l'intrigue y sont très bien mené du début à la fin, Richard Boone donne une bonne performance dans le rôle du directeur funèbre et certaines "trouvailles" scénaristiques et visuelles viennent nous surprendre en court de route.

Malgré une finale un peu trop explicative qui vient gâcher l'intensité et l'atmosphère intrigante de la situation, I BURY THE LIVING est un petit bijou du cinéma d'horreur des années 50.

À voir absolument. Mathieu Prudent

Il est à noter que le réalisateur, Albert Band, est celui qui nous a donné plus tard "Zoltan, Hound of Dracula" et "Ghoulies 2"

Désigné pour s'occuper à son tour de l'administration du cimetière local, Robert Kraft (Richard Boone) est étonné et traumatisé de se rendre compte qu'en mettant des aiguilles noires sur une carte de l'endroit, les acheteurs du terrain meurent durant la nuit. Il a beau se confier à sa fiancée ( mais pourquoi dans les films des années 50, des homme murs sont toujours fiancés à de charmantes jeunes femmes ?) ou à ses oncles, voire la police, personne n'accorde de crédit à son histoire. Mais les morts s'accumulent...

D'une idée simple, peut-être trop simple pour un long métrage, et digne d'uns série comme TWILIGHT ZONE, on construit un scénario bien ficelé qui sait garder l'intérêt jusqu'à un final surprenant. La mise en scène est inventive, jouant sur le noir et blanc, figeant les images pour s'en éloigner à l'infini. Richard Boone remplit le cahier de charges, avec une idée au demeurant saugrenue. On le retrouvera tout bourru dans le rôle du chasseur de THE LAST DINOSAUR. On note au passage la présence d'Herbert Anderson, le papa de Denis la Menace, de la célèbre série télévisée du même nom ! Un bon moment de la part du regretté père de Charles Band, décédé en 2002. Mario Giguère

ICE aka ICE: L'ENFER DE GLACE aka ICE: TEMPETE DE GLACE AUX USA - Jean de Segonzac, 1998, États Unis

L'hémisphère nord de la planète se voit soudain plongé dans une nouvelle ère glaciaire due à un refroidissement du soleil... Six ans avant THE DAY AFTER TOMORROW du teuton Roland Emmerich, ce téléfilm catastrophe envisageait déjà les États-Unis pris dans une tempête de neige, mais avec moins de moyens et, forcément, des effets spéciaux moins tape à l'oeil. Le plus surprenant est de remarquer les similitudes que les deux films peuvent avoir, notamment lorsque l'un des protagonistes tente de sauver des livres des flammes dans un souci de préservation culturelle. On est au final presque tenté de dire que le film d'Emmerich est un honteux plagiat.

ICE ne se démarque pas des nombreux téléfilms catastrophe de cette vague post-ARMAGEDDON/VOLCANO, mais il a été le seul il me semble à aborder le thème de la glaciation. Pour les fans d'Udo Kier, celui-ci y tient un rôle de scientifique égoïste et arrogant qui lui sied à merveille, même s'il en fait un peu trop. Kerozene

The ICE PIRATES aka les GUERRIERS DE L'ESPACE - Stewart Raffill, 1984, États Unis 

Dans un futur très très lointain, suite à une guerre intersidérale, l'eau est devenue extrêmement rare. Une seule planète dans toute la galaxie en possède encore. Malheureusement, les cruels Space Templars en sont les seuls et uniques propriétaires et en profitent pour diriger l'univers entier. Seuls quelques pirates de l'espace leur mettent des bâtons dans les roues et leur volant des cargaisons de glace en transit de planète en planète. C'est une équipe de pirates qui tient le rôle des gentils dans ce film. En gros, ce sont les rebelles face à l'Empire, et d'ailleurs il y a aussi une jolie princesse. Princesse qui a perdu son père, et afin de le retrouver, elle sauve les pirates d'une cruelle castration pour qu'ils la guident vers le seul homme qui sait où se trouve son père. Son père étant, lui, le seul homme à avoir trouvé le 7èm Monde, une planète toute bleue, pleine d'eau !

Comédie de science-fiction produite par la MGM aujourd'hui quasi-inconnue, et il y a une bonne raison à cela: la sauce ne prend pas tout à fait. Clair qu'on rigole et qu'on ne passe pas un mauvais moment, mais ce n'est rien d'exceptionnel non plus, la majorité des gags étant plutôt navrants. On y trouve John Carradine dans le rôle d'un vieil empereur mourrant, Ron Perlman en pirate de seconde zone, pleins de robots très crétins, une scène de combat pendant laquelle une minute équivaut à une année, ce qui fait que la bataille se termine avec plein de vieux papys barbus. Détails: les gens regardent des matchs de ROLLERBALL à la télé, un plan est directement repris de LOGAN'S RUN, la MGM recycle...  Kerozene

IDENTITY - James Mongold avec Ray Liotta, John Cusack, Amanda Peet., 2003, États Unis

Par une nuit d'orage, 10 étrangers trouvent refuge à l'intérieur d'un hôtel en bordure de l'autoroute. L'une des femmes est blessée très sévèrement, parce que l'un d'entre eux l'avait frappé solidement avec sa voiture en raison de l'orage. Pendant que les personnes essayent de se loger pour passer la nuit, ils découvrent qu'ils sont assassinés les uns après les autres.

Je n'avais pas été aussi emballé par un film Hollywoodien depuis pas mal longtemps. Faut dire que c'est vaguement inspiré de la nouvelle les DIX PETITS NÈGRES d'Agatha Christie. Qui lui-même avait été plagié pour donner FIVE DOLLS FOR A AUGUST MOON. Il y a même une protagoniste qui fait référence au film de BAVA en disant:"Vous rappelez-vous ce film qui se passe sur une île où les invités meurent les uns après les autres ?" Hé bien, on retrouve presque la même ambiance ici. C'est un beau mix entre BAY OF BLOOD, FIVE DOLLS et de FRIDAY THE 13 ! Il y a des retournements de situations et la forme est plus travailler qu'à l'habitude avec quelques flashback assez incisif au début du film. Bien malin celui qui trouvera qui est le tueur. Il y a évidemment quelques invraisemblances et une fin assez étrange, mais c'est un film qui s'écoute très bien. Black Knight

I DREAM OF DRACULA - Jim Haggerty avec Michellina Shaffranski, 2003, États Unis, 75m

Priscilla et Roger sont un petit couple en apparence tout à fait banal, mais madame rêve qu'elle tue un homme et boit son sang presque à chaque nuit. En fait Roger et Jeanette, amie et psychologue qu'ils vont rencontrer, veulent rendre Priscilla folle pour avoir son riche héritage, les mécréants. Priscilla se renseigne sur le vampirisme et découvre un livre qui raconte l'histoire du vampirisme sous un jour très différent de ce que l'on voit au cinéma. Lorsqu'elle séduit le livreur de pizza et qu'on la retrouve avec son sang dans la bouche, elle perd la tête, comme tout le monde.

Ils en sont pas si rares, les films indépendants qui mélangent humour, érotisme et horreur et il faut bien avouer que si le mélange ne lève pas toujours, il faut bien admettre qu'ici la création d'un nouveau mythe n'est pas de refus. Beaucoup de blagues faciles, de personnages qui cabotinent et de vampirettes qui se dénudent, ce qui devrait plaire pour qui apprécie un film léger plein de clins d'oeil. Michellina Shaffranski joue aussi bien la femme nunuche que la vamp, mais point de Dracula au final, plutôt un Satan somme toute fort sage. Mario Giguère

 I DRINK YOUR BLOOD- David E. Durston, 1970, États Unis   

Une secte de hippies satanistes débarque dans une petite ville. Lors d'une cérémonie macabre où ils décapitent un poulet, une fille qui les espionnait se fait capturer. Le lendemain, elle revient, choquée. Les hippies investissent un hôtel abandonné et casse tout, torturent un des leurs en lui coupant la plante des pieds. Le grand-père de la fille choquée arrive alors avec son fusil mais ça tourne mal: les hippies lui administrent une bonne dose de LSD. Son petit fils, qui le récupère tout défoncé n'est pas content. Et après qu'il ai abattu un chien enragé, prélève du sang du chien et l'injecte à des gâteaux que les hippies achètent. Ceux-ci une fois contaminés pètent les plombs. Le massacre commence...

 Le film, plutôt de mauvais goût, n'hésite jamais à sombrer dans le sordide: une des filles du groupe, enceinte, se plante un pieu dans le ventre quand elle apprend qu'elle est enragée. Les animaux subissent: le poulet du début, des rats aussi se font butter pour les besoins du film. Une des filles contaminées copulent avec des habitants du bled et propage ainsi l'épidémie. Il y a moult décapitation et grosses baves balanches. J'ai appris que les personnes enragées avaient peur de l'eau... Alors quoi qu'on en dise, le film d'horreur a des vertus pédagogiques. Pas franchement agréable a regarder pour cause d'ambiance super glauque et énervante, ce film reste une curiosité morbide unique en son genre. Kerozene

I HATE YOU - Nick Oddo avec Marvin W. Schwartz , 2004, États Unis, 75m

Norman (Marvin W. Schwartz) est un stand up comic qui ne fait plus beaucoup rire. L'homme qui doit bien avoir près de 70 ans est obsédé par Jack L'éventreur et enfile les déclarations sur la notoriété qui arrive plus rapidement et plus éternellement aux tueurs en séries qu'aux bons comédiens ou aux bonnes personne tout court. Nous suivont Norman hors de son travail, ou il devient un tueur en série, des inconnus deviennent ses victimes, qui ne se méfient pas de lui. Malheureusement la police n'arrive pas à faire de lien entre ces meurtres et ne peut donc pas donner un nom, et une notoriété au tueur, ce qui frustre énormément Norman. Parfois il entames des conversations avec ses amis sur la mort, l'instinct de tuer qui anime les hommes de tout temps, les mises à mort les plus spectaculaires et les plus populaires.

Tournage vidéo en noir et blanc pour ce film très différent et très nihiliste, Norman posant sans cesse des questions sans réponse à son chat lorsqu'il est seul. Est-il vraiment dans la nature humaine de tuer ? Son vieil ami lui dit que non, sinon on se serait tous entretuées depuis longtemps. ALors d'où vient cette fascination palpable ? Pourquoi Jack L'Éventreur est-il plus connu que bien des personnes célèbres qui ont aidé l'humanité ? Nihiliste et noir, mais pas dénué d'un humour corrosif. Une mise en scène sobre qui convient bien au sujet. Remarquable. Mario Giguère

I LIKE TO HURT PEOPLE - Donald G. Jackson, 1985, États Unis 

Documentaire enrobé de fiction, I LIKE TO HURT PEOPLE suit principalement le lutteur THE SHEIK (Edward Farhat), son serpent et ses gérants, dont l'inénarrable et québécois EDDY "THE BRAIN" CREATCHMAN, blesser tous les lutteurs qui lui passent sous la main. On voit aussi le regretté ANDRE THE GIANT connu ici sous le nom de GÉANT FERRÉ, des nains et la première femme à avoir lutté dans le ring avec un homme, HEATHER FEATHER (pas vraiment un poids plume ), dont je n'avait jamais entendu parler. En scène également Abdullah the Butcher, Dory et Terry Funk, Dusty Rhodes et plusieurs vedettes de l'époque, dont ce jeune lutteur qui claironne de manière stupéfiante le titre du film. Le tout intercalé avec de faux commentaires de psychiatres sur les amateurs, des témoignages de familles qui aiment être sur place le samedi soir pour voir le sang couler. Car le SHEIK est un lutteur extrême avant la lettre qui, comme Abdullah, se sert d'objets plus ou moins cachés pour blesser ses adversaires, quand il ne les mord tout simplement pas ! Mike Tyson n'a rien inventé, tout comme la lutte actuelle, spectaculaire mais pas plus qu'à cette époque excessive. Le tout souvent rythmé sur une musique pop expressément écrite pour le film, reprenant... le titre du film.

À noter que le lutteur bien connu de la défunte ECW, SABU, est le neveu du lutteur connu sous le nom de THE SHEIK et qu'il a bien poursuivit la tradition de manière stupéfiante, ajoutant sauts et prises spectaculaire au répertoire ! Un documentaire coloré sur un monde particulier qui saura satisfaire les amateurs et les curieux, sorti par la compagnie New World. Mario Giguère

ILSA, GARDIENNE DU HAREM DES ROIS DU PÉTROLE aka Ilsa, Keeper of the Oil Sheik's Harem - Don Edmonds, 1976, États Unis/Canada, 1h33

Cet Ilsa n'est pas le meilleur de la série... un peu mou du g'noux, et ne comptez pas sur ce film pour mater les gros nibards à Dyanne Thorne, il n'en est question que 3 secondes à la fin...

Cette fois ci, Ilsa s'occupe de rabattre des filles dans le harem d'un cruel scheik, elle les prépare, les dresse au "plaisir" et tout ce genre de conneries... Ajouter par-dessus une dose d'espionnage international, de soulèvement rebelle et de tortures chiadés (dont un rigolo "explose foufoune"), et vous aurez une bonne idée des thèmes abordés.

Par contre, le film plaira sûrement aux fans d'Uchi Digart (et je sais qu'ils sont... pas nombreux!!) dans un de ses plus "long" rôle à l'écran. Amateur de l'Autrichienne à gros seins que l'on a pu voir dans Supervixen ou Cherry, Harry and Raquel, vous allez vous régaler! Il faut savoir d'ailleurs que cette nana fait partie d'un des modèles qui a le plus posée nue pour des magazines pour la petite histoire.

Bon, allez 9/20 va... Franfran

Le désert. Du sable à perte de vue, un chameau ou une dune ici et là, et un mirage de temps à autres. Ça fait rêver ! Ça en prenait aussi peu au public de l'époque pour "s'énerver le poil des jambes"... C'est dans ce cadre exotique que nous retrouvons cette fois-ci la douce Ilsa, qui après avoir été chassée d'Allemagne par la défaite des nazis, est maintenant au service d'un magnat pétrolier mégalo, le diablement ténébreux et barbu - et ridiculement nommé - El Sharif. Ce dernier s'obstine à exiger d'une multinationale pétrolière des prix exorbitants, s'attirant les foudres de leur comité exécutif qui travaille dans l'ombre afin de renverser son régime.

On a tout de suite envie de rigoler lorsqu'on voit se pointer la méchante Ilsa en haut des escaliers de son palace, flanquée de ses deux "assistantes" à afro. Dyanne Thorne est toujours bien en chair dans le deuxième volet de cette passionnante trilogie, qui laisse tomber le ton pseudo sérieux du premier pour glisser vers un incessant cabotinage parfaitement assumé. Les personnages sont grotesques et caricaturaux, le faux sang pisse et le mauvais goût devient la force du récit. On a droit à d'innombrables mauvais traitements infligés aux esclaves féminines - il faut bien profiter des opportunités offertes par le traditionnel harem - qui par ailleurs semblent avoir été sélectionnées avant tout pour leurs imposantes poitrines. À titre de curiosité, on y croise Uschi Digard et la pulpeuse Haji, une pin-up d'origine québécoise qui a beaucoup travaillé avec Russ Meyer.

Bien entendu, l'intrigue maîtresse est plutôt mince et tout suspense en est absent, confirmant l'impression qu'un "spectacle sadique" se déroule sans linéarité apparente sous nos yeux. Avec une mysogynie comparable seulement à celle de BLOODSUCKING FREAKS, un humour douteux et méprisant et des relents de pédophilie, ce Ilsa est le prototype même du film dit "d'exploitation", et on le regarde donc avec un sourire incrédule du début à la fin. L'image du DVD d'Anchor Bay est superbe et on a même droit au rigolo doublage français !

Distribution : Cinépix. Orloff

ILSA, SHE-WOLF OF THE SS  - Don Edmonds,  1974, États Unis, ANCHOR BAY DVD 

Ce film est né d'une commande passée au producteur David F. Friedman et au réalisateur Don Edmonds par les Québécois André Link et John Dunning, de Cinépix. Leur idée était simple : ils désiraient obtenir un film trash dans la lignée de Love Camp 7, qui avait très bien fonctionné commercialement au Québec. Cinépix se spécialisait d'ailleurs dans la distribution de films du genre, ayant aussi produit quelques fleurons nationaux du " bis " québécois : Valérie, L'initiation, L'amour humain, Pile ou face, Le diable est parmi nous... Link et Dunning étaient un peu les " Lesoeur " de Montréal.

Ils ont donc fourni un scénario atroce à Edmonds, en lui allouant un budget ridicule. Il tourna le film dans les décors de Hogan's Heroes, lieu qui avait également servi auparavant au tournage de Gone with the Wind. Le résultat, on le suppose, fut à la hauteur (?) des attentes de Link et Dunning : monstrueux, et certainement pas " for the easily upset ", comme le proclame la bande-annonce. Il ne faut donc pas s'étonner que la plupart des participants au film aient dissimulé leur identité sous un pseudonyme.

Le film accumule en effet scènes de sadisme sur scènes de sadisme pendant 90 minutes. Le tout présenté de façon assez explicite, dans un cadre mêlant sexe, horreur et camp de concentration nazi, donnait un cocktail assez malsain. De nos jours, un tel film aurait du mal à sortir sur les écrans nord-américains&ldots;

J'avais vu auparavant une seule fois ce film, voilà dix ans, et j'en gardais un souvenir quelque peu traumatisé. C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai inséré la version DVD d'Anchor Bay dans mon lecteur... et laissé le tout commencer.

Vu dix ans plus tard, le film m'a paru moins " raide ", malgré le nombre impressionnant de séquences cruelles, probablement à cause de son aspect kitsch. Plusieurs scènes semblent sortir tout droit d'une BD sado-masochiste, dont toutes celles impliquant Ilsa et son bel étalon américain. Il faut la voir se pâmer devant ce bonhomme qui explique à ses compagnons de chambre consternés qu'il est une erreur de la nature, puisqu'il peut " tenir le temps qu'il veut : peu longtemps, longtemps, ou toujours ".

C'est d'ailleurs lui qui fournit l'épine dorsale du film. Il raconte en effet comment Ilsa dirige le Camp nazi # 9, destiné à fournir des prostituées pour les bordels allemands, ou à faire des expériences douteuses pour le bénéfice de la cause du Reich. Les prisonnières sont les plus maltraitées, hélas ! Les hommes, eux, doivent satisfaire Ilsa et, comme ils échouent tous, ils finissent castrés... sauf ce bel Américain qui surgit un jour, victime d'une erreur des dirigeants allemands. Il s'efforcera de faire évader les prisonniers.

En plus de l'aspect kitsch, les décors miteux évoquent assez peu l'Allemagne nazie, contrairement au second volet de la série Ilsa qui parvenait à rendre l'impression d'exotisme assez convaincante. À mon avis, c'est tant mieux, car un film du genre qui serait crédible de A à Z serait insupportable. À cet égard, je n'oublie pas le très sinistre Men behind the sun qui donne une idée approximative d'une visite guidée en Enfer&ldots;

En bref, scénario mince, on le constate, mais le but du film ne consistait pas à raconter une histoire pleine de rebondissements. Il s'agit à mon sens du plus faible volet de la trilogie Ilsa, car le plus sérieux et le moins inventif. Les deux autres iraient croissants dans le sens du délire et de l'imagination, particulièrement le dernier volet (mon favori) Ilsa, Tigresse de Sibérie, tourné à Montréal par Jean Lafleur ! Ilsa, She-Wolf of the SS demeure surtout le document ahurissant d'une époque pas si lointaine (1974) où aller au cinéma pouvait vous exposer à voir des choses que vous n'auriez jamais pensé découvrir sur grand écran...

Le DVD de Anchor Bay permet de découvrir la bande-annonce d'époque (rien d'essentiel), mais surtout une piste de commentaire audio avec Dyanne Thorne, Don Edmonds et Friedman, lesquels s'amusent beaucoup et permettent de découvrir une arrière-scène assez fascinante, aidant à considérablement dédramatiser le film. Howard Vernon

The IMAGE aka The Punishment of Anne - Radley Metzger, 1975, États Unis

Le narrateur et personnage principal, Jean, est un auteur. L'émotivité appuyée de sa narration nous laisse croire qu'il se spécialise dans les bulletins de nouvelles. Ce détail agace le spectateur pendant un temps, mais celui-ci comprend plus tard que Carl Parker (le comédien interprétant Jean, qui semble-t-il aura été son dernier rôle, quel dommage) n'a pas été engagé pour l'étendue émotive de son jeu et de sa lecture de texte en voix off, mais pour la souplesse de sa queue. En effet, qui veut voir de solides érections?

Dans une soirée mondaine, Jean retrouve Claire, une vieille (d'un certain âge) connaissance qui s'occupe à entraîner les chiens et les jeunes filles à l'obéissance. Jean apprécie particulièrement la jeune bête que Claire a sous la botte et, en loser qu'il est, colle jusqu'à ce qu'on l'invite. S'ensuit une série de scènes magnifiques où Anne, la jeune bête, fait pipi par terre, fait pipi dans son bain, suce la queue molle de Jean, resuce la queue molle de Jean et se fait fouetter par Jean et Claire, qui ne sont pas très convaincants (ils vous donneront le goût de leur montrer comment on fait ça).

Au final, un dépliant touristique de Paris avec quelques photos BDSM aurait fait l'affaire. Et on ne se serait pas ennuyé de la musique accompagnant le drame (tout de même, sérieusement, j'ai bien aimé, et c'est inspiré d'un bouquin de la nana de Robbe-Grillet, qu'elle avait signé d'un pseudonyme, sans doute pour ne pas mourir de honte). Memorial BBQ

The INCREDIBLE PETRIFIED WORLD - Jerry Warren, 1957, États Unis 

John Carradine joue le rôle du savant qui a inventé une cloche sous-marine permettant à 4 personnes d'explorer les profondeurs de l'océan. Malheureusement, au premier essai, les câbles cassent et les pauvres se réfugient dans des cavernes contenant de l'air, avec le mince espoir de remonter jusqu'à la surface. Lorsqu'ils rencontrent un ermite qui a cherché pendant 14 ans un chemin de sortie, leur moral tombe au plus bas...

Le réalisateur/producteur Jerry Warren a une feuille de route toute psychotronique. Son premier film est l'inénarrable MAN BEAST. Il enchaînera aussi teenage zombies et accouchera du sublime WILD WILD WORLD OF BATWOMAN pour finir par "adapter" des films mexicains à petit budget. Ici, le budget est fort mince, les décors de grottes naturelles étant les seuls intéressants. Il se passe finalement peu de choses, même si la psychologie des femmes et des hommes est surprenante: les hommes étant d'éternels optimistes tandis qu'une photographe affirme que les femmes ne peuvent jamais éprouver de l'amitié pour d'autres femmes. Carradine est égal à lui-même mais on est content que le film se termine. La pochette du dvd d'Alpha Video promet une pieuvre géante que l'on ne verra jamais ! Mario Giguère

the INCREDIBLE TWO-HEADED TRANSPLANT  aka Mutation, l'homme a deux têtes - Anthony M Lanza, 1971, États Unis

La fascination extrême dont j'ai été saisi à la vue de cette pochette au club vidéo où je l'ai acheté tenait du miracle.  Tellement que je me demande même pourquoi j'ai attendu aussi longtemps avant de me le claquer.  Le récit est simple mais hilarant : un scientifique "en herbe" (il a son atelier chez lui  et tout ça n'a pas l'air très authentique) fait des expériences sur les animaux et son but principal est de (?!?) leur greffer une deuxième tête.  Il a un employé un peu retardé, qui est immense, et un beau matin un criminel échappé de l'asile débarque chez lui et emmène sa femme.  Il le rattrape, le tue, et décide de greffer sa tête sur le corps de Danny le trisomique.  La "créature" se mettra alors à tuer après s'être enfuie et le spectateur incrédule pouffera de rire à chaque fois.  Côté technique, le montage est bien, mais je n'ai pas encore compris pourquoi l'image était parfois en widescreen et parfois non. Il y a de belles trouvailles dans les plans de caméra et la rapidité de l'assemblage donne un ton alerte au film.  L'homme à deux têtes est puissant à regarder aller...  Quand on le voit de dos ou de côté, on remarque rapidement que les "spécialistes des effets spéciaux"  lui ont foutu une tête de caoutchouc sur l'épaule...  Quant aux plans de face, ils sont très serrés et le 2ème acteur est placé derrière le géant.  La musique est jouissive, je ne sais pas s'il existe une trame sonore, mais si vous avez envie de vous pisser dessus en vous faisant éclater la rate, je vous suggère fortement le visionnement de ce joyau oublié. Orloff

Du bon trash comme il ne se fait plus. Un brillant médecin (Bruce Dern) est un expert dans la transplantation de parties du corps, sa spécialité les têtes, après avoir fait ses expériences sur des animaux, son prochain exploit c'est de l’accomplir sur un être humain. Un jour, un dangereux criminel rentre chez lui, tue son jardinier (qui a comme fils une armoire à glace retardée) et kidnappe sa femme. Il part à sa poursuite, le blesse d'un coup de carabine et l'emporte à son laboratoire. Maintenant il a tout en main pour accomplir son expérience sur l’être humain. Il transplantera la tête du criminel sur celui du colosse retarder, son test sera un franc succès, mais imaginez le trouble que peu commettre le fou criminel avec le corps de la grosse brute, tout ça sur une musique psychédélique et réplique hilarante du genre:

-Tu peux faire l’expérience sur lui

-Mais non... j'ai promis à son père de prendre soin de lui quoi qui arrive

-Mais c'est un retardé, et personne ne se soucie d'eux

Faut dire que son assistant a un coeur. Rana

L'INCROYABLE HOMME QUI FOND aka The Incredible Melting Man - William Sachs, 1977, États Unis 

Je ne sais pas d'où sort cette nullité, ou même qui a eu l'idée de faire un film aussi minable, mais c'est toujours avec un grand sourire que je me laisse emporter par le récit sans balises précises. Tout commence calmement, avec les astronautes qui philosophent, puis survient l'ACCIDENT, et le seul survivant est radioactif... Il n'est pas très frais et fout le camp de l'hôpital où on le garde dans une des scènes les plus mémorables du Z, celle où l'infirmière fuit au ralenti puis passe à travers la porte vitrée... De toute beauté. Avec des effets sonores empruntés à THE SHINING, un incroyable homme qui font terrorisant pêcheurs, photographes et honnêtes nymphes, ce film dénonce habilement l'exploitation dont sont victimes les modèles de la part des photographes lubriques, l'injustice qui pèse sur les pêcheurs américains dont les rivières sont de plus en plus polluées, et l'ingratitude quotidienne vécue par le peuple noir américain. Ben oui, après que l'homme qui fond soit tombé sur des fils électriques dans une chute extraordinaire (et tout aussi divertissante) et se soit adossé à un paisible mur pour y fondre ses derniers fluides, qui c'est qui va se taper le nettoyage des débris ? Le pôv' concierge qui arrive tout pantelant. Bref, un film remarquable de connerie, admirable dans son ensemble et toujours un bon remède à la morosité ambiante les soirs de brosses entre amis. Orloff

INCUBUS - Leslie Stevens, 1965, États-Unis

Il est des films atypiques qui traversent le temps sans jamais, ou presque, rencontré d'équivalent. INCUBUS est de ceux-là. Seul long-métrage tourné en espéranto, il conte l'histoire de Marc (William Shatner, peu avant Star Trek), homme pur et plein d'amour, qu'une succube ne parvient pas à entraîner vers les Enfers. Vexée, elle fera appelle à un incube, démon perfide qui violera la soeur de Marc lors d'une messe noire plongée dans une lugubre nappe de fumée.

Surréaliste, théâtrale et fascinant, INCUBUS surprend. Réalisé par l'un des créateur de la série Outer Limits (mais aussi de Battlestar Galactica) et tourné dans un très beau noir et blanc parfaitement maîtrisé par le chef opérateur Conrad Hall (ELECTRA GLIDE IN BLUE, AMERICAN BEAUTY), il nous offre des plans-concepts d'une poésie cauchemardesque ainsi que quelques moments d'anthologie comme la naissance de l'incube ou le final qui fait la part belle à l'église. Le film tient en effet un discours de bigot qui pourrait se résumer à quelque chose comme Dieu est égal à l'Amour, l'Amour est toujours vainqueur donc Dieu est est toujours vainqueur. Que l'on adhère ou pas à cette philosophie manichéenne importe finalement peu, l'histoire est ce qu'elle est, c'est à dire un récit simpliste d'amour-haine-vengeance mille fois racontée auparavant. Ce qui importe est sa forme et non son fond (même si celui-ci est issu de bons sentiments). L'espéranto, la photo poétique, les décors à la limite de l'épouvante gothique, le jeu théâtral presque exagéré des acteurs (voir le jeu poussif de Milos Milos, l'incube qui ne cesse de lever les bras en roulant les yeux) offrent donc au film ses principaux atouts.

INCUBUS, en plus d'être un film culte, est un film maudit. D'abord parce qu'il a purement et simplement disparu pendant près de 30 ans, mais aussi parce que deux de ses acteurs ses sont suicidé l'année suivante: l'acteur Milos Milos mis fin à ses jours après avoir assassiné la femme de Mickey Rooney ainsi Ann Atmar, très belle femme, qui tenait le rôle de la soeur de Marc.Kerozene

Site officiel : incubusthefilm.com

The INDESTRUCTIBLE MAN - Jack Pollexfen, avec Lon Chaney, 1956, États Unis

Le coup classique du condamné à mort qui est ressuscité par hasard par un médecin et qui est devenu indestructible ! Malheureusement, il n'a plus de cordes vocales, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie, et quand on le brûle et qu'il vit toujours, ça va lui faire mal pas pour rire. Y a plein de gros plans de la face à Lon Chaney qui a l'air de mauvaise humeur et son ex-copine vas finir par marier le policier qui lui courait après, quelle triste histoire ! Mario Giguère

INFESTED - Josh Olson, 2002, États-Unis, Téléfilm, 1h21 

"Alors qu'ils se retrouvent à l'occasion d'un enterrement, des amis de longue date assistent avec effroi à l'invasion de leur ville d'origine par une étrange race de mouches mutantes carnivores."

Bigre, me dis-je en voyant ce résumé sur le programme du câble, quelle tranche de bis vais-je me payer en matant cet INFESTED sorti d'on ne sait où... Autant le dire d'emblée, ce téléfilm ne tient pas les promesses de son "pitch" absurde mais alléchant. (Mal) filmé en DV, dans un décor unique (une maison de campagne pour yuppies) sous-exploité, cette énième variation sur le thème de l'invasion animale ne tient pas la route plus de 10 minutes. Les mouches tueuses, qui dévorent les êtres humains de l'intérieur et les "zombifient" (maquillages sans intérêt) n'apparaissent que par de grotesques images de synthèse ou des bruitages navrants. Point de gore à l'horizon non plus, si ce n'est une scène, efficace mais brève, durant laquelle un des protagonistes utilise tous les objets tranchants qu'il a sous la main pour inciser sa jambe blessée et en extraire les vilains insectes qui s'y sont glissés... La seule idée amusante de ce script hyper-prévisible est la suivante : le leader de la résistance "anti-diptères" dans la maison assiégée se trouve être un dealer d'ecstasy adepte des thèses conspirationnistes. Vous l'aurez donc compris : inutile de perdre 80 minutes de votre temps à regarder cette bouse... Stelvio

INLAND EMPIRE - David Lynch avec Laura Dern, Jeremy Irons, 2006, États Unis/France/Pologne

J'ai vu, j'ai détesté. J'avais l'impression de regarder un film étudiant de cégep qui essaye d'être weird. Les plans de caméra étaient souvent affreux, le montage douteux. Que dieu punisse celui qui a inventé la caméra numérique portative, c'est laid et ça fait faire des trucs absolument affreux. Certaines scènes m'ont plus, mais ça ne comble pas le reste qui était sans intérêt... à mon avis bien sur (et mes amis)

Je suis habituellement fan du bonhomme, mais là, il dépasse les bornes avec ce truc.

P.S. J'ai bien aimé les quelques applaudissements polis à la fin du film et les 4 ou 5 personnes qui sont partie pendant la projection. Hermit


Lon Chaney

INNER SANCTUM MYSTERIES: THE COMPLETE MOVIE COLLECTION, 1943-1945, États Unis

Si la série Universal Monsters est une des plus célèbres du vénérable studio, la sortie de ce coffret nous rappelle que la série Inner Sanctum avait également bénéficié d'un certain succès. Mettant en vedette Lon Chaney Jr., ce groupe de films (tous d'une durée d'un petit peu plus d'une heure) a vu le jour suite à la popularité d'une émission radiophonique du même nom. Adaptant des mystères policiers parfois à la limite du fantastique ou du macabre, ces films furent une façon de contenter Chaney, qui en avait assez de jouer les éternels croque-mitaines. L'acteur prêtait sans relâche ses traits fatigués à Dracula, le monstre de Frankenstein, Kharis la momie ou encore Larry Talbot le loup-garou et en avait marre, surtout d'être comparé à son légendaire père, L'homme aux mille visages.

Curieusement, Chaney joue ici des hommes sophistiqués, bien en vue socialement (médecin, chercheur, avocat, etc.), portant somptueux complets et courtes cravates... et même une petite moustache à la Errol Flynn pour le rendre encore plus " homme du monde ". Force est de constater que ce genre de personnages ne lui convenait guère : Chaney semble un peu trop souvent mal à l'aise et joue sur le même registre dans chacun des six films. Curieusement pour un comédien au tempérament un peu bourru et plus habitué à interpréter des brutes, des monstres ou encore des innocents naïfs, il est ici plus souvent qu'autrement au cœur de triangles amoureux passionnés... en d'autres mots, l'écurie d'interprètes féminines des séries B d'Universal ne peuvent se passer de lui! Un véritable " chick magnet "! Oh baby!

Les cinq premiers films Inner Sanctum débutent tous avec la même introduction: une tête flottant dans une boule de cristal qui nous rappelle que n'importe qui peut commettre un meurtre... même vous. Oui, vous! Suit alors le générique, sur un fond de fumée. Inexplicablement, Pillow of Death ne contient pas cette séquence d'intro marrante.

CALLING DR. DEATH offre un Chaney expert en hypnotisme se retrouvant accusé du meurtre de son épouse infidèle. Pourra-t-il retrouver sa mémoire d'un week-end perdu pour prouver son innocence?

Peut-être le meilleur épisode de toute cette imposante poutine demeure WEIRD WOMAN, où l'élément fantastique est un peu plus présent, avec une menace supposée vaudoue qui pourrait venir de la nouvelle épouse " indigène " de notre héros. Est-ce cette dernière qui lance des sorts? D'où proviennent ces sons de tambours barbares?

DEAD MAN'S EYE contient la meilleure séquence d'horreur pure de la série, quand Chaney en artiste peintre se frotte par erreur les yeux avec de l'acide! Le gros plan de son faciès vaut à lui-même le prix d'entrée. La divine Acquanetta est également présente au générique, toujours aussi raide que dans son rôle phare de Captive Wild Woman, un an plus tôt. Mais quand tu es agréable à regarder...

Vient ensuite THE FROZEN GHOST, où un hypnotiseur (encore eux!) accusé de meurtre trouve refuge dans un musée de cire. Ici, quelques subtiles touches d'horreur résultent en un acceptable épisode et Martin Kosleck joue un vilain maniéré et constipé, que seul lui pouvait interpréter de la sorte.

STRANGE CONFESSION demeure plus un mélodrame social qu'une vraie intrigue policière. Voir Chaney en père de famille qui fait taire son nourrisson braillard (couché dans la litière!) en lui fourrant un bonbon dans la bouche vaut son pesant d'or. On espère que la scène finale nous montrera ce qu'il y a vraiment dans la mystérieuse valise du héros... mais la censure des années quarante veillait au grain.

On boucle la boucle avec le pénible PILLOW DEATH qui n'offre pas vraiment de surprises, avec un scénario guimauve de meurtres bizarres dans le domaine peut-être hanté d'une vénérable famille.

Un des problèmes majeurs de ces films est le fait que la distribution est tellement minime, qu'il demeure aisé d'identifier le (ou la) coupable assez tôt, faute d'une bonne brochette de suspects. Chaney, plus ou moins dans son élément, offre quand même un travail sincère qui l'honore. Il y avait quelque chose dans la personnalité de l'acteur qui résulte de notre part à un curieux plaisir de le voir dans le trouble (pour ne pas dire " dans la marde ", mes excuses à nos amis européens du Club). Le voir en sueurs grincer des dents à un je-ne-sais-quoi de satisfaisant. Rappelons que Lon Jr. avait été tout simplement génial dans le meilleur rôle de sa carrière, Lenny dans OF MICE AND MEN en 1939 (" Georges! Le lapin! ").

Curieux contraste de constater que ces petits films majoritairement médiocres se laissent tout de même bien regarder, surtout les quatre premiers. On reconnaît avec bonheur plusieurs comédiens de soutien d'Universal, pour la plupart en forme ici. Les metteurs en scène (Reginald Le Borg, Wallace Fox, Harold Young et John Hoffman) sont tous des techniciens habitués à de telles commandes. L'amateur de vieux films d'horreur pourra prendre un certain intérêt, mais le spectateur aux goûts plus modernes trouvera le tout d'un ennui mortel.

Si Chaney Jr. pensait devenir un acteur romantique de premier plan avec tout ceci, il se trompait. Ou encore a été dupé par les dirigeants d'Universal (" Juste un autre film de momie, Lon. Juste un. "). Le reste de sa carrière le verra se transformer en acteur de soutien de qualité (HIGH NOON, par exemple), tout en continuant à être vedette de films d'épouvante souvent confondants (INDESTRUCTIBLE MAN ou encore le DRACULA Vs. FRANKENSTEIN de 1971, tu parles d'une dégringolade). Blundering Man

INNOCENT BLOOD aka A FRENCH VAMPIRE IN AMERICA - John Landis, 1992, États Unis

Marie (Anne Parillaud), une jolie vampire française à la morale irréprochable (ou presque), traque les membres d'une bande de maffieux pour se nourrir. Après avoir bouffer l'un d'eux (Chazz Palmintieri), elle s'attaque à leur boss (Robert Loggia), vulgaire salopard au caractère bien trempé n'hésitant pas à user la gâchette de son flingue à la moindre contrariété. Malheureusement, les circonstances empêchent Marie de terminer ce vieux salopard qui se change à son tour en vampire. Plus que satisfait de sa nouvelle condition, il se met en tête de vampiriser à son tour les membres de son gang. Marie s'associe à un flic pour mettre fin à leurs agissements.

INNOCENT BLOOD a beau être un film tout ce qu'il y a de plus sympathique, il n'en est pas moins bancale, voire par moment carrément foireux. La recette horreur / comédie ne marche ici qu'à moitié ce qui a plutôt tendance à plomber le film. A côté de ça, les vampires se voient affublés de paire d'yeux phosphorescents quelque peu ridicules puisque l'effet spécial a pour effet de provoquer un violent strabisme divergent. Inutile de dire que l'aspect supposément effrayant en devient carrément ridicule. Quant à la bande son jazz-blues, elle donne carrément dans l'orchestration pouêt pouêt roublarde ce qui n'arrange définitivement pas les choses. Et finalement, Landis semble avoir privilégié les caméos au détriment de la narration en insérant quelques plans souvent inutiles de ses potes. Si les rôles de Tom Savini, Frank Oz, Sam Raimi ou Michael Ritchie ne dérangent pas outre mesure, les apparitions de Forrest J. Ackerman ou Dario Argento s'avèrent en revanche plus dérangeantes puisqu'elles consistent en des plans additionnels inutiles. Notons finalement une apparition de Linnea Quigley qui indique que le père Landis est un gros gros fan de bis polissons. Et ça, il le prouve dès le début en dévoilant une Anne Parillaud déambulant nue comme ver dans son appartement pour notre plus grand bonheur. La note d'intention est bonne, dommage que l'actrice française ne parvienne pas à convaincre totalement, en particulier face à un Robert Loggia en roue libre (fabuleux dans la scène finale) qui aligne quelques uns des dialogues les plus vulgaires de l'histoire du cinéma. Signalons l'injection de traces de cinéphilite aiguë propres à Landis via la présence de téléviseurs sur lesquels on peut voir quelques passage du CAUCHEMAR DE DRACULA, du DRACULA de Tod Browning, de PHANTOM OF THE RUE MORGUE lors de la scène de la morgue, ainsi que de L'INCONNU DU NORD EXPRESS d'Hitchcock. Le titre A FRENCH VAMPIRE IN AMERICA a été utilisé par les distributeurs du film se mettant ainsi à dos le réalisateur furieux. D'autant plus que le mot "vampire" n'est à aucun moment utilisé dans le film... Kerozene

IN THE WOODS - Lynn Drzick,  1999, États Unis, 90m avec : un monstre digne du bestiaire du club !

Pour Alex, pompier de son état, le cauchemar ne fait que commencer :Le dernier incendie sur lequel il intervient compte deux victimes, sa femme lui passe un savon parce qu'il s'est remis à boire et la partie de chasse en forêt avec son ami Wayne, qui devait être un plaisir, se transforme en cauchemar lorsqu'ils sont pris en chasse par une grosse bébête poilue sortie de nulle part, dont ils réchappent in extremis...
Manque de pot, au petit matin, sa femme s'est barrée et des morceaux de corps humains jonchent son jardin. Alors que la police enquête, Alex lui, est persuadé qu'une créature, qu'il a malencontreusement réanimé dans les bois, lui en veut... De nouveaux morceaux de barbaques humaines retrouvées près de chez lui semblent en être la preuve en tous les cas...

IN THE WOODS réussi le tour de force de passer pour un film des 70's alors qu'il a été réalisé près de 30 ans plus tard ! Fallait le faire. Le budget quasi inexistant oblige le réalisateur-producteur-scénariste à quelques prouesses techniques : varier les décors (un hangar en tôle vide, des bois feuillus, un simili de caserne en préfabriqué, un 3 pièces miteux), utiliser ces acteurs en remplacement de certains effets spéciaux coûteux (gros plans sur des visages grimaçants supposés refléter la peur), créer une tension permanente, par un jeu d'acteurs et des dialogues frisant le niveau zéro et enfin parvenir à concevoir une créature effrayante avec trois sous, ici une sorte de marionnette stylée Razorback issue tout droit du Muppet Show qui ravira les amateurs de créatures Bisseuses ! Quand à l'explication finale sur la présence de ces créatures "dans les woods" (et oui, il y en a plusieurs), il sera fortement recommander de préparer ces zygomatiques avant...

Du nanar, du vrai ! Marc Evil

The INVADER aka INVASION ALIEN aka INTRUSION ALIEN aka L'ÉLUE - Mark Rosman, 1997, États Unis 

Dans le style "film qui aligne les clichés sans aucune once d'originalité", THE INVADER fait office de référence. Un extraterrestre au look de leader de secte féconde Annie (Sean Young), jeune femme à priori stérile, en lui roulant le patin du siècle dans le but de perpétrer son espèce menacée par des êtres maléfiques. D'abord outrée, la jeune femme tombera inévitablement sous le charme du père d'un enfant qu'elle mettra au monde au bout de trois jours. Trois jours pendant lesquels le couple sera poursuivit dans les forêts du nord des États Unis par un tueur de l'espace qui manipulera les forces de police, dont l'officier Jack (le bedonnant Daniel Baldwin), petit ami d'Annie. Je n'hésite pas à spoiler le final de toutes manières connu de tout spectateur moyen : le méchant meurt, le bébé est sauvé, Annie n'est plus stérile ; ainsi elle et Jack pourront enfin avoir des enfants et vivre heureux comme des pinsons... 

On pense à TERMINATOR, avec cette femme qui enfantera du sauveur d'un peuple. Femme au départ " traquée " par le gentil papa dudit sauveur puis par celui qui fera tout pour empêcher ce dernier de venir au monde; on pense également à DARK ANGEL et ses extraterrestres venant se taper dessus sur Terre... et surtout, on imagine aisément tout le contenu du film au minimum trente minutes avant que celui-ci ne nous parvienne tant l'intrigue est téléphonée. Parmi les moments de relatives bravoures, signalons une introduction gentiment explosive avec une poursuite en vaisseaux spatiaux: beau vaisseau lisse et coloré pour le gentil alien, sombre machine de guerre à l'intérieur rougeâtre pour le méchant alien. Autant dire que d'entrée, on préfère ôter toute ambiguïté de peur de dérouter le public cible du film, à savoir la ménagère quarantenaire qui se reconnaîtra facilement dans le personnage de Sean Young... Kerozene

INVADERS FROM MARS aka LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE - William Cameron Menzies, 1953, États Unis

Un gamin féru d'astronomie observe en pleine nuit orageuse une soucoupe spatiale atterrir non loin de la demeure familiale. Légèrement paniqué, il se rue dans la chambre de ses parents, réveil son ingénieur de papa et lui explique les faits. Intrigué, le père revêt une jolie robe de chambre, se rend sur les lieux du crash puis disparaît. Au petit matin, il revient quelque peu transformé: le gentil papa attentionné qu'il était est devenu une sorte de sombre brute émotionnellement vide et doué d'une grande méchanceté. De plus, son fils découvre par hasard qu'il a une étrange cicatrice au niveau de la nuque. Paniqué, il alerte la police, puis l'armée, et découvre alors avec l'aide de ses vrais amis et des gentils militaires un vaisseau martien dissimulé sous la terre et dont les occupants kidnappent les gentils humains pour en faire des sbires au service du péril rouge, des sbires contrôlés via un émetteur implanté dans la nuque des victimes.

INVADERS FROM MARS est un des premiers films à illustrer la menace communiste via un sujet de science fiction. Le choix de la planète rouge paraît en effet logique d'un point de vue scientifique, mais sa couleur est également propice à la métaphore subtile - ben oui, ça peut paraître con comme ça, mais replacé dans son contexte, ça tient assez bien la route. Ce qui ne manquera pas de provoquer moult rigolades à la découverte des envahisseurs extraterrestres qui n'ont finalement pas grands choses du peuple soviétique tel que nous le connaissons: les Martiens sont des êtres bedonnants au soyeux pelage vert plein de plis, à la fermeture éclaire dorsale et à la démarche gauche et approximative. Munis de deux bras terminés par trois gros doigts boudinés leur grande taille est merveilleusement illustrée par l'utilisation de doublures naines ou pré pubères, déguisées en soldats américains et se tenant à proximité des bonshommes verts dans les plans larges. Quant à leur chef, il s'agit d'une sorte de foetus vert à grosse tête prisonnier d'un aquarium.

Les décors sont tantôt minimalistes (voir le commissariat de police aux murs d'une blancheur immaculée), tantôt psychotroniques (la galerie souterraine creusée par rayons infra-rouges martiens), tantôt les deux à la fois (l'intérieur du vaisseau au look très épuré). Ceci est dû à une pré production prévoyant de tourner le film en 3D, chose qui ne fut malheureusement pas possible au moment du tournage. Menzies affuble également son film de quelques stock shots de tanks de l'armée américaine faisant feu sur une cible indéfinie (du moins dans le contexte du film), et n'hésite surtout pas à réemployer le même plan à plusieurs reprises. Autant de maladresses qui rendent le film plaisant au moment du visionnement, mais objectivement, il faut bien admettre que le résultat est assez bancal. De plus le gamin héros est insupportable, et le final est assez déconcertant. Tobe Hooper en fit un remake en 1986, identique en tous points, excepté en ce qui concerne le look des martiens qui ressemblent cette fois à de grosses patates sur pattes.

Il semblerait que la version européenne du film sortie en 1953 ne contienne pas le final **** SPOILER ALERT **** dans lequel le gamin se réveil nous infligeant la triste découverte que le film n'était que l'illustration de son rêve. Mais... soudain apparaît une soucoupe dans le ciel étoilé..... **** END SPOILER ****. Kerozene

INVASION EARTH : ALIENS ARE HERE - Robert Skotak, 1988, États Unis, 82m

En musique, un Mégamix enchaîne plusieurs morceaux (comme un medley ou un pot-pourri, mais il s'agit d'un travail en studio), de différents ou d'un seul artiste. Dans INVASION EARTH : ALIENS ARE HERE on pourrait parler de Mega-Merde ou de pot-pourrave. Le principe reste identique, le fameux travail en studio en moins !

Replaçons cette daube dans son contexte : Une petite ville américaine, projette dans son unique salle de ciné un festival de " bandes annonces " ( !?), qui attire de nombreux spectateurs (une dizaine de personnes au total dont 1 clochard, deux minettes, deux ados, deux hell's, une bonne sœur, deux bouseux !...) Pendant la projection, une horde d'humanoïde à tête de cafards (6 au total) venus de l'espace investissent les lieux et à l'image de INVASION OF THE BODY SNATCHERS projeté dans la salle, commencent à conditionner les humains...

2 ados nourris aux films de SF, découvrent leurs agissements et vont tenter d'y mettre fin...

Si les films fauchés sont nombreux dans le cinéma que j'affectionne, tous ont souvent le mérite de tenter d'innover, voire de trouver une idée drôle, originale voire loufoque.

Ici rien de tout cela... et pourtant le film est fauché. Mais pire encore il est fait aussi preuve d'une malhonnêteté sans borne. 

Robert Skotak n'hésite pas à piller des bandes annonces et autres extraits de classiques de la science-fiction, pour en faire son propre film !

70 minutes d'extraits divers (sans rapport aucun) sur 82 minutes de films fallait oser !! et on appelle ça un réalisateur ?! Moi j'appelle ça un photocopieur...

Pas étonnant que cette chose restera son seul forfait !

Le très moyen TERROR IN THE AISLE (TERREUR DANS LA SALLE) de Andrew Kuehn en 84, s'était déjà frotté au genre, en présentant près de 90 mn d' extraits de films d'horreurs, des années 80 ( déjà sans queue ni tête). Mais lui avait opté pour un style très documentaire, réalisé sous forme d'hommage, accompagné des commentaires de Donald Pleasence...

Pour le fan, restera ici le plaisir, tout relatif, d'entr'apercevoir quelques minutes durant, les bandes annonces originales de grands classiques, et la tronche de quelques monstres, tous présents dans le bestiaire de notre cher Webmestre... (Bien que monté et livré en vrac de cette manière...)

A jeter aux oubliettes !... Marc Evil

INVASION OF THE BEE GIRLS aka l'Invasion des Femmes Abeilles aka Graveyard Tramps - Denis Sanders, Nicholas Meyer au scénario avec des vedettes du magazine playboy et des playboys de la série B, 1973, États Unis

Les dialoguistes ont concentré leurs efforts : 

- tous les personnages masculins bavardent de sexe, les plus responsables (des scientifiques et des policiers) enrobent leur propos d'un jargon gynécolo-psychanalitico-génétique,

- les personnages féminins se contentent d'émettre un méchant " bzzzz " en sautant toutes nues sur les spécimens masculins les plus timorés (les scientifiques), les autres, plus rustres, ayant déjà pris des initiatives par eux-mêmes.

Les actrices cachent souvent leur talent derrière de grosses lunettes de soleil. C'est d'ailleurs tout ce qu'elles cachent, le reste est bien visible.

Malgré une insensibilité apparente, ce sont les hommes qui ont leur coeur fragile dans cette histoire.

La vue " en mosaïque floutée comme à travers des yeux de mouches " confirme qu'il s'agit d'un film de genre c'est-à-dire un film d'insecte. 

Ce n'est guère un suspense vu que chacun peut le constater aujourd'hui : les femmes abeilles n'ont pas envahi très loin, elles sont beaucoup moins célèbres que les poulets grippés ou les moustiques chykungunieurs : assurément en raison du budget qui leur a été alloué.

Évidemment, je dois reconnaître que j'ai préféré leur compagnie à celle de " l'apiculteur " (Marcello Mastroianni chez les grecs).

Qu'on m'apporte un pot de miel pour mes expérimentations sur des biscottes. Bigeyes

INVASION OF THE SAUCER MEN aka INVASION OF THE HELL CREATURES aka SPACEMEN SATURDAY NIGHT - Edward L. Cahn, 1957, États Unis

Un samedi soir, un couple de jeunes voit sa soirée romantique perturbée par l'arrivée d'une soucoupe volante bleue pleine de petits hommes verts à tête de choux - pour un film en noir et blanc, ça commence très fort. Ces envahisseurs hauts comme trois pommes attaquent hommes et vaches (!) via des épingles surgissant du bout de leurs doigts afin d'injecter dans le corps de leur victime une forte dose d'alcool! Malheur à celui qui aura picoler avant sous peine d'overdose... Bien évidemment, les adultes ne croient guère à leur histoire et l'armée tente comme elle peut, c'est à dire difficilement, de dissimuler la présence d'extraterrestres. Seule la persévérance de nos jeunes tourtereaux, de leurs amis flirtant à la belle étoile et de leur cabriolet prénommé Elvis viendra à bout des nabots de l'espace!

Cette production AIP est un classique de la SF des années 1950 tellement populaire qu'en le regardant pour la première fois, j'avais l'impression de l'avoir déjà vu. Le film ne se prend pas la tête une seconde et fait preuve d'un humour bon enfant un rien moralisateur qu'on lui pardonne volontiers(l'alcool, c'est pas bien). Le film était clairement destiné aux drive-in remplis de jeunes ne sortant que très rarement du droit chemin et les brosse dans le sens du poil en évitant d'attaquer sérieusement les autorités, qu'elles soient parentales, policières ou militaires. Il est évident qu'aujourd'hui, l'intérêt principal réside en la présence des gnomes extraterrestres dealers d'alcool incarnés par des enfants vêtus de pyjama moulant et portant une gigantesque tête veineuse aux yeux globuleux, masque apparemment lourd et pénible à porter, surtout lorsqu'il s'agit de courir en pleine nature... Certains plans s'avèrent même étonnamment sanglants (toutes proportions gardées, nous sommes en 1957), comme lorsqu'un des envahisseurs perd une main (munie d'un oeil !) qui va se balader dans la nature, ou lorsque l'un d'eux s'attaque à la vache du paysan du coin et qu'il se fait crever un oeil d'un coup de corne. Kerozene

INVASION OF THE SPACE PREACHERS - Daniel Boyd avec Jim Wolfe, Guy Nelson, Eliska Hahn, 1990, États Unis 

Un comptable et un dentiste prennent leur courage à deux mains et sous le prétexte d'un congrès tristounet, question de laisser les femmes à la maison, partent passer une semaine dans un chalet perdu dans la nature. La cabane décrépite est invivable, mais l'optimisme est de rigueur. Coup de théâtre, on découvre un extraterrestre que l'on sauve et qui s'avère être un fort jolie blonde ! À la radio il n'y en a que pour le prédicateur du coin, au discours carrément hypnotique. Il y a un lien entre tout cela...

Deuxième de trois films réalisé par Daniel Boyd avec une équipe d'amateurs du Michigan. L'humour est très premier degré mais on sourit à plusieurs reprises, pour peu que l'on embarque dans le sujet. Curieux que le film débarque aussi tard chez Troma, il y a très peu de nudité et pas trop de violence. Les effets spéciaux tirent de la patte, mais le tout est fort sympathique sans être indispensable. Mario Giguère

INVINCIBLE - Jefery Levy, 2001, États Unis

Os (Billy Zane), guerrier deux fois millénaire devenu bon depuis sa rencontre avec La Guerrière Blanche, recrute quatre terriens pour faire face à son ancien acolyte et maître des Hommes de l'Ombre, l'ignoble Slate. Os a six jours pour former ses quatre élus représentants quatre éléments (l'eau, l'air, le feu et le métal) et empêcher la destruction pure et simple du monde. C'est dire s'il a la pression sur les épaules. Mais Os est détendu et même rigolard, car son coeur est plein d'amour et la vie est belle depuis que La Guerrière Blanche lui a ouvert son coeur aux sentiments...

Cette histoire digne d'un manga produite à destination du petit écran est un abominable fourre-tout visuel qui baigne dans la mièvrerie crétine et l'action puérile. Billy Zane et ses recrues font du kung-fu comme des boeufs sur des images ralenties montées avec les pieds pendant que la bande sonore dégueule une musique techno-rock vachement fun. Pauvre Billy Zane qui touche ici le fond. Si son jeu est encore potable (contrairement à ses prouesses d'artiste martial), on ne peut pas en dire autant du reste du casting et en particulier de David Field, interprète de Slate, et énorme caboteur. INVINCIBLE est un pur produit "fast-food", un film insipide qui recycle maladroitement le cinéma de Hong Kong, MATRIX, LE CINQUIEME ELEMENT et la culture comics US dans un gloubiboulga indigeste de CGI vomitifs et de scènes d'action risibles qui délivrent un message puant la guimauve chrétienne - chose on ne peut moins étonnante puisque ce machin est coproduit par Icon Entertainment, la boîte de Mel Gibson pour l'occasion associée à Jet Li. Kerozene

the INVISIBLE RAY - Lambert Hillyer, 1936, États Unis, 80m

Le docteur Rukh ( ne pas mélanger avec la petite sexologue ) a réussi à retrouver une météorite tombée il y a 225 millions d'années. Il en sera contaminé, mais possédera le Radium X qui peut détruire ou guérir. Sa jeune épouse et ses collègues ( dont Bela Lugosi ) le laisseront tomber, mais la vengeance du savant, qui brille maintenant dans le noir, sera terrible.

Les premières vingt minutes sont magnifiques, Karloff et Lugosi sont en forme, les décors sont majestueux, le concept scientifique intriguant. Malheureusement, le tout se transforme en histoire de jalousie et de vengeance très ordinaire, sans rythme précis. La fin est mièvre. Dommage. Mario Giguère

INVITATION - Jeff Burton avec Rick Kunzi, Johanna Lixey, 2003, États Unis, 82m

Des jeunes jouent au baseball et invitent le gros à se joindre à eux. Lorsqu'il part chercher une balle qu'il n'a pas attrapée, il se fait écraser par un camion. Quinze ans plus tard, la bande reçoit une invitation à aller passer une fin de semaine à la campagne. Ils sont accueillis par un vieil homme qui les laissent seuls pour la nuit... devinez ce qui va se passer !

Les ambitions de Jeff Burton sont évidentes rapidement, avec un prologue formaté slasher traditionnel. Il ne va pas tenter de renouer le genre et va utiliser son budget de film indépendant pour montrer qu'il peut bien faire avec un budget réduit. Certes, la réalisation est soignée et les acteurs inconnus sont dans le ton, mais les clichés usés du genre ne donnent qu'un intérêt mitigé aux amateurs de nouveauté. J'ai toujours cru que les indépendants devraient profiter de leur statut pour innover, mais ceux qui préfèrent que l'on ne "brasser pas l'enveloppe" devraient y trouver leur compte. Nudité et gore de mise.

site officiel: www.invitationmovie.com   Mario Giguère

IRON GIANT aka Le Géant de Fer - Brad Bird, 1999, États Unis, 86m

Une petit garçon solitaire fait une découverte spéciale dans les bois de sa petite ville. Un énorme robot venu des profonds de l'espace qui s'avère gentil et tout mignon. Mais, qui dit E.T, dit agents gouvernementaux sans scrupule qui sont prêts à tout pour capturer le doux robot de l'espace. Le géant de fer tentera de découvrir sa vraie nature avec l'aide du petit garçon et finira par obtenir une réponse sur ses origines.

Je me sentais heureux aujourd'hui, alors aussi bien parler d'un film qui continue encore aujourd'hui de me faire sourire. En fait ce film d'animation est un délice, un pur et simple délice. Brad Bird a réussi avec une histoire racontée de façon très simple à faire un des films d'animations les plus touchants que j'ai jamais vu. C'est grâce à sa façon de nous montrer cet énorme géant de fer qui immédiatement vient nous attendrir par sa bonté. Quand le robot est triste, le coeur nous pince. Quand il est heureux, le sourire nous monte jusqu'aux oreilles. En plus, l'animation est tout simplement incroyable avec une dose d'actions et de scènes plutôt enlevantes.

Le film a été créé pour un public assez jeune c'est vrai mais la philosophie qui s'en dégage et qui probablement était aussi fait pour les enfants ( La notion de choix revient tellement que ça en devient une jolie propagande) est magnifique et touchera aussi les plus grands. Un magnifique message qui est traduit de superbe façon dans ce film succulent et génial mélangeant tendresse et humour avec brio. Abba

The IRON MASK - Allan Dwan avec Douglas Fairbanks, Marguerite de La Motte, Dorothy Revier, 1929, États Unis

Mon intérêt pour les oeuvres d'Alexandre Dumas ne se tarissant pas, je recherche donc les nombreux films adaptés de ses romans. Cette production de 1929 inspirée des deux suites des TROIS MOUSQUETAIRES fait la belle part entre adaptation et  surprises de taille. Pour sans doute respecter et embellir la phrase célèbre UN POUR TOUS, TOUS POUR UN, on retrouvera ici les quatre amis unis jusqu'à la toute fin. Il en allait bien différemment chez Dumas, qui opposait D'Artagnan et  Atos, plutôt royalistes, à  Aramis qui complotait pour  remplacer le roi par son frère jumeau, le célèbre prisonnier au masque de fer, entraînant le naïf Portos. Dans le film on a plutôt le vrai roi qui sera emprisonné et masqué. On respectera le détail de la mort de Portos, mais dans un contexte très différent. Les quatre amis finiront au ciel, littéralement, joyeux compagnons jusqu'à la fin !   

La réalisation est vive et les décors magnifiques. Le rythme est étonnamment très rapide. J'ai vu la version racontée par Fairbanks, l'original étant muet. La narration passe bien et Fairbanks est très athlétique dans son rôle, y allant de cascades nombreuses et surprenantes.  Bref, bien des surprises pour qui a lut les romans, mais une production de haut calibre qu'il fait bon regarder ! Mario Giguère

The ISLAND - Michael Bay, 2005, États Unis

Film high-concept de Michael Bay, scénarisé entre autres par les deux génies ayant mis au monde The Goonies 2 (videogame), les réflexions Historiques et philosophiques ont été chié sous supervision du professeur Ricardo Colletto-Mott's.

Des faux poulets pas de tête, pas de plumes, pas de pattes, sont fabriqués biochimiquement pour remplacer les morceaux de vrais poulets dans les buckets de PFK que les riches de la société du futur consomment. Les savants ayant mis au point la formule du clone de poulet ont rapidement compris que les morceaux étaient moins savoureux si le poulet se trouvait dépourvu d'une âme - ce sont donc des volailles de chair, doués d'émotions et tout, qui sont fabriquées en labos. Par contre, afin de ne pas bouleverser les coeurs sensibles dans la société, on tait ce détail et on fait plutôt croire que nos faux poulets ne sont que des tas de chair dégueus, que l'on découpe puis trempe dans la sauce (celle qui fait peur). Sponsorisés jusqu'au trou du cul, les faux poulets jouent à la XboX, admirent la beauté de la nouvelle Cadillac, et se désaltèrent avec de l'Aquafina (je souligne ce détail plutôt troublant dans la thématique du film où le "sponsor" - le vrai poulet voulant éviter de se retrouver dans un bucket puis trempé dans la sauce - est présenté comme un méchant prêt à dépenser ses millions de façon selfish et immorale... Michael Bay a une drôle de façon de faire de la pub, ou alors il a pas trop compris son propre film, contradictoire à plus d'un niveau d'ailleurs).

Afin de ne pas éveiller les soupçons des faux poulets, on leur fait croire qu'ils sont les survivants d'une grande épidémie ayant annihilé la volaille du monde entier. Et afin de leur expliquer la disparition de leurs copains jour après jour, une loterie est mise en place : le gagnant (celui qui se ramasse en réalité dans le bucket puis dans la sauce) quitte la colonie pour aller vivre sur the island, seul endroit naturel ayant survécu à l'épidémie, une espèce de ferme paradisiaque où les poulets sont heureux, libres et ont des dents. Les faux poulets sont caves alors chaque jour ils espèrent gagner la loterie - bon, le parallèle avec le spectateur et le star system nourri à grands coups de close-ups esthétiques par Michael Bay est là encore assez facile à faire (et on nage toujours dans les paradoxes) mais l'ignorance est douce, et les faux poulets et les spectateurs vivront plus heureux niaiseux.

Mais vous l'aurez deviné, un faux poulet et sa conjointe fausse poule, parviennent à découvrir la vérité, à éviter les chasseurs de poulets mis à leur trousse (et Dieu que c'est long et pénible) et à revenir libérer leurs faux amis juste avant qu'on ne les passe à la douche (oh oui, oh oui, on dirait un film de faux poulets sans prétention, mais c'est un grand discours incohérent sur le racisme et la ségrégation! - bon, j'admets qu'il faut interpréter, réfléchir, car tout ça est très subtile et échappera inévitablement au spectateur pas de tête, pas de plumes etc. qui ira innocemment voir ce petit film).

Au final, un film d'une richesse philosophique indéniable, un film coup-de-poing qui marquera son époque ainsi que les générations à venir. Un film qui vaut pas les 10$ à l'entrée et qui vous forcera à sneaker dans une autre salle pour capitaliser un minimum sur votre investissement. Pour moi, ce fut Childstar de Don McKellar, et pour vous, qu'est-ce que ce sera? Memorial BBQ

This ISLAND EARTH aka Les SURVIVANTS de L'INFINI - Joseph M. Newman, 1955, États Unis

Le début est plutôt réussi. C’est un film qui a manifestement bénéficié d’un budget important, les acteurs sont  bons, il règne un sens of wonder pas déplaisant du tout. Hélas, le film s’encroûte terriblement dès qu’on pénètre dans le vaisseau spatial en route vers Metaluna. Plus grave encore, il n’y a plus d’histoire. Fini. Sur Metaluna, il  ne se passe presque rien, sauf la menace d’un mutant. Un seul pauvre mutant, finalement pas tellement dangereux après tout. Mais bon, il baigne sur toute la séquence finale une aura surréaliste qui m’a plu ; il se dégage une certaine grandeur dans la destruction lente et implacable de la planète. En bout de ligne, une expérience curieuse  que le visionnement de ce film qui a tout de même beaucoup influencé le look des films de SF jusqu’à 2001 et bien sûr Star Wars. Joel Champetier

ISLAND OF DR. MOREAU - John Frankenheimer, 1996, États Unis 

Ce film est basé sur le roman homonyme de H. G. Wells, qui a donné lieu à plusieurs adaptations cinématographiques. Disons-le d'emblée : celle-ci est particulièrement catastrophique. Le scénario est pourtant écrit par Richard Stanley, estimé pour ses films DUST DEVIL et HARDWARE. Stanley devait d'ailleurs originellement réaliser ISLAND OF DR. MOREAU avant d'être congédié et remplacé par John Frankenheimer, un cinéaste d'expérience, mais relativement conventionnel.

Au final, on se retrouve avec une adaptation qui trahit le roman d'origine, remplaçant les aspects critiques de l'œuvre littéraire au profit du spectaculaire. Cette vision très hollywoodienne de l'univers wellsien se résume par une scène-clé : des monstres barbus et grognants, à bord d'une jeep, qui tirent partout avec des mitraillettes. Quand on pense que l'œuvre initiale est un roman anglais victorien, la comparaison se passe de commentaires.

Le scénario suit les mésaventures d'Edward Douglas, un naufragé recueilli par l'assistant du Dr. Moreau. Ce dernier, sur son île, poursuit des expériences scientifiques dans le but de donner naissance à une nouvelle humanité : il s'agit de greffer des gênes à des animaux et de pratiquer divers croisements. Mais voilà, les animaux sont difficiles à contrôler...

Ridiculement grimé, Marlon Brando campe un Dr. Moreau maniéré et grotesque, lié d'amitié avec un monstre-nain ressemblant au Mini-Me de la série Austin Powers. Val Kilmer ne peut s'empêcher de balancer des répliques à l'emporte-pièce en se la jouant " beau gosse avide de faire ses preuves dans le registre cynique aventurier ". Comme dans la version cinématographique de 1932 avec Bela Lugosi, Stanley a cru bon d'utiliser un rôle féminin de faire-valoir absent du roman de Wells : la femme-chat Aissa. À l'époque incorporée au scénario de 1932 probablement pour lui injecter un érotisme sous-jacent, elle sert ici d'enjeu amoureux pour le pauvre Edward Douglas, aventurier égaré dans l'île maudite de Moreau.

Si le début n'est pas trop mauvais, le reste s'enlise rapidement dans une sorte de film d'action pyrotechnique à base de monstres ridicules, d'explosions et de musique symphonique. On dirait une sorte d'épisode de STAR TREK (pour les maquillages et l'allure des monstres) gonflé sur grand écran et un peu plus violent que l'original.

En bref : On dégage, svp. Howard Vernon

I SPIT ON YOUR GRAVE aka Day of the woman - Zeir Zarchi, 1978, États Unis

Ce film sur le viol est assez terrible et sa réputation houleuse n'est pas usurpée!

En effet, il s'agit d'une jeune fille (campée par Camille Keaton, petite nièce du grand comique!?) qui se retire à la campagne pour écrire un livre.

Ce serait sans compter sur les redneck débiles qui semblent peupler toute bonne "campagne" américaine! En effet, la brave jeune fille ne se rend pas compte qu'elle excite tous les dégénérés mentaux du coin qui ont pas du souvent voir de gonzesses dans leur vie.

Du coup, ceux-ci lui tendent une embuscade, et s'ensuit certainement l'une des plus longue et éprouvante scène de viol de l'histoire du cinéma! Les mecs ne la lâchent jamais, et ne lui laissent aucun espoir. Ils projettent finalement de la tuer, mais le coup est raté à cause du plus demeuré d'entre eux.

C'est ensuite la dernière partie du film, où la jeune fille va se venger sauvagement de ses agresseurs en utilisant curieusement ses charmes pour les attirer dans divers pièges. Ces crétins tombant complètement dans le panneau à chaque fois!

Bon, on peut dire que ce n'est pas trop le genre de film qu'on va se mettre pour se fendre la gueule entre copain un dimanche soir, mais il faut reconnaître que l'interprétation de Camille Keaton est exceptionnelle. Les scènes de viol sont très cru, et la nudité constante de la jeune fille durant cette longue partie du film ajoute à sa fragilité face à ces brutes, mais n'est pas du tout utilisé comme un argument excitant.

Très dur donc, et un peu dans la lignée de "Délivrance" (en plus terrible bien sur)! Franfran

I SPIT ON YOUR CORPSE, I PISS ON YOUR GRAVE - Eric Stanze, 2001, États Unis, SoV. 72m

Une femme est kidnappée par son ancien petit ami qui s'est évadé de prison. Une surprise lui est réservée dans le sous-sol: trois hommes ligotés. Les tables tourneront lorsque la dame perdra la carte et tuera son kidnappeur pour ensuite tourner le couteau vers les trois hommes, des salauds l'ayant malmené dans le passé...

Premier film sorti de la nouvelle étiquette de Sub Rosa, le Sub Rosa Extreme, on nous sert ici un plat qu'on identifie au générique comme étant un " sleazy exploitation movie ". On ne se trompe pas. Stanze est un metteur en scène de talent dans le milieu des micro-budgets: j'avais apprécié son SAVAGE HARVEST (tourné lors de son adolescence), son ICE FROM THE SUN (film " epic " magnifiquement tourné en Super 8 ) et bien sûr son SCRAPBOOK (tourné pour une bouchée de pain, mais ô combien efficace), le film qui le rendit célèbre. Ici, Stanze était engagé à démarrer la nouvelle étiquette proposée par Ron Bonk (le mec derrière Sub Rosa) et de superviser par la suite toutes les